29/07/2017

Ce qui fut et ce qui manque.../ Qué ha sido y qué falta...

 Le rire, si absent en poésie...l'eau, si rare en tant de lieux.
La risa, tan ausente en poesía...el agua, tan escasa en tantos lugares.

1 poema de “El cielo de los topos” (2015), de Bruno Montané Krebs (Chile 1957)

 

Salvador Dali, "Muchacha en la ventana"



L’eau

Avec la mémoire des fleurs et le bruit
ton regard bouge dans l’eau.
Cette musique est le mouvement de tes yeux,
ces silences les pensées
qui, du fond, montent
au point de te rendre heureuse.
On sait en regardant l’eau
ce qui fut et ce qui manque
on pense à ce qui fait bouger
corps et orages.
Ton regard s’allume sous le toit
brillant de l’eau qui traverse les pores,
les cellules, l’éclat du ciel.
Et tu ris.
 
(trad: Colette)
 

EL AGUA

Con la memoria de las flores y el ruido
tu mirada se mueve en el agua.
Esa música es el movimiento de tus ojos,
estos silencios los pensamientos
que desde el fondo suben
a punto de hacerte feliz.
Al mirar el agua se sabe
qué ha sido y qué falta,
se piensa en qué mueve
cuerpos y tormentas.
Tu mirada se enciende bajo el brillante
techo del agua que traspasa los poros,
las células, el resplandor del cielo.
Y te ríes.

 

22/07/2017

Tout près../ Muy cerca...

Le choix du poème d'aujourd'hui  est dû, en partie, à la lecture  dans un journal local qu'entre vendredi et dimanche dernier, un demi million de passagers sont passés par l'aéroport de Palma de Mallorca, soit 6.800 par heure. De la folie. (Le total des îles Baléares compte un petit million d’habitants)
 
La elección del poema de hoy es debida, en parte, a la lectura en un diario local diciendo que entre el viernes pasado y el domingo, medio millón de pasajeros transitaron por le aeropuerto de Palma de Mallorca. O sea 6.800 por hora. Una locura.
 

Écrit en catalan par le Valencien Josep Piera, j'ai mis la version originale, sa traduction en espagnol et en français.



No cal anar molt lluny.
Ni trepitjar descalç viaranys plens de vidres
ni ofegar-se en el mar per tal de beure llum,
la llum, paraula mítica, metàfora de seny.
Allò que cerques ho tens davant de tu.
Per gaudir un infern no cal prendre vaixell.
No cal anar tan lluny.
Siga cau, siga avenc, drecera, cingle, foc;
no cal fugir enlloc; mira-ho tot prop i a punt:
objectes, cels, mons, paraules,
horitzons, presons, éssers o murs.
No cal anar més lluny.
Només l'esguard i el tacte
aboleixen distàncies.
(...)
 
Cants i encants.
 
Devant chez moi, cet été /Delante de mi casa, este verano

 

 
 

 

Pas besoin d'aller très loin.

Ni de marcher pieds nus sur des chemins semés de verre

ni de se noyer dans la mer pour boire de la lumière,

la lumière, mot mythique, métaphore de sagesse.

Ce que tu cherches est là, devant toi.

Pour jouir d'un enfer pas besoin de prendre un bateau.

Il ne faut pas aller si loin.

Que ce soit un terrier, ou un abîme, un raccourci, des rochers, du feu;

inutile d’échapper nulle part; regarde, tout est près et prêt:

objets, ciels, mondes, mots.

Pas besoin d'aller plus loin.

Seuls le regard et le toucher

abolissent les distances.
 
(...) 

Josep Piera
 

(trad: Colette)

 
 

 

No hace falta ir muy lejos.
Ni pisar descalzo senderos llenos de cristales
ni ahogarse en el mar para beber su luz,
la luz, palabra mítica, metáfora de la sensatez
Aquello que buscas lo tienes ante tí.
Para gozar un infierno no hace falta embarcarse
No hace falta ir tan lejos.
Sea madriguera, sea sima, atajo, risco, fuego;
no hace falta escapar; míralo todo cerca y a punto:
objetos, cielos, mundos, palabras,
horizontes, cárceles, seres o muros.
No hace falta ir más lejos
Solo la mirada y el tacto
anulan las distancias.
Josep Piera
 
(Trad: AH et MAH, gracias)

20/05/2017

Idiote ma poule? ¿Idiota mi gallina?

Dans un jardin où des orangers procurent de l'ombre, un beau poulailler; une vingtaine de poules et quelques coqs.

Depuis sa prime jeunesse une des poules, libertaire et têtue, ma préférée, a décidé que le terrain qui leur est alloué est ..monotone? Toujours est-il que ses excursions sont journalières. Dernièrement, (nous faisons des travaux de rénovation dans la maison), elle s'héberge pour pondre dans un endroit charmant...

 

Stupides les poules? F.García Lorca semble le penser,
Voici une partie d'un récit, un peu surréaliste, écrit par lui pour des enfants.
 
En un jardín donde unos naranjos proporcionan sombra, un bonito gallinero; unos veinte gallinas y unos gallos.
Desde su tierna juventud una gallina, libertaria y testaruda, mi preferida, ha decidido que el terreno que les está asignado es---¿monótono? El hecho es que sus excursiones son diarias. Últimamente (hacemos unas obras de renovación de la casa), se alberga para poner su huevo en un sitio encantador...
 

¿Estúpidas las gallinas? F. García Lorca parece pensarlo.
Aquí una parte de un relato , algo surrealista, escrito por él para los niños.
 
 
La Gallina                      La Poule
Federico García Lorca  (Trad:Colette)
 
Había una gallina que era idiota. He dicho
idiota. Pero era más idiota todavía. Le
picaba un mosquito y salía corriendo. Le
picaba una avispa y salía corriendo.
Le picaba un murciélago y salía corriendo
.…
Il y avait une poule qui était idiote. J’ai dit
idiote. Mais elle était encore plus qu'idiote. Si la
piquait un moustique, elle partait en courant. Si la
piquait une abeille, elle partait en courant.
La piquait une chauve-souris, elle partait en courant.
------
La gallina idiota odiaba los huevos. Le
gustaban los gallos, es cierto, como les
gusta a las manos derechas de las personas
esas picaduras de las zarzas o la iniciación
del alfilerazo. Pero ella odiaba su propio
huevo. Y sin embargo no hay nada más
hermoso que un huevo.
 
La poule idiote détestait les œufs. Elle
aimait les coqs, c’est vrai, autant qu’aiment
les mains droites des gens ces
piqûres de ronces ou une
piqûre d’épingle. Mais elle détestait son propre
œuf. Pourtant il n’y a rien de plus
beau qu’un œuf.
 
Recién sacado de las espigas, todavía
caliente, es la perfección de la boca, el
párpado y el lóbulo de la oreja. La mejilla
caliente de la que acaba de morir. Es el
rostro. ¿No lo entendéis? Yo sí. Lo dicen los
cuentos japoneses, y algunas mujeres
ignorantes también lo saben.

  

À peine sorti des épis, encore
chaud, c’est la perfection de la bouche, de la
paupière et du lobe de l’oreille. C’est le
visage. Vous ne comprenez pas? Moi si. Les
contes japonais le disent, et certaines femmes
ignorantes le savent aussi.
 
No quiero defender la belleza enjuta del
huevo, pero ya que todo el mundo alaba la
pulcritud del espejo y la alegría de los que se
revuelcan en la hierba, bien está que yo
defienda un huevo contra una gallina idiota.
...
Je ne veux pas défendre la faible beauté de
l’œuf, mais comme tout le monde loue la
propreté du miroir y la joie de ceux qui se
roulent dans l’herbe, il est bon que je
défende un œuf contre une poule idiote.

 

01/04/2017

Un tigre-poète / Un tigre-poeta

Un tigre
 
MERCEDES ESCOLANO, Cádiz, España, 1964

 

 
Je pense à un tigre. Il descendra en ville
à l’heure où s’ouvrent les bars
et se répand un intense parfum
humain. La nuit tombe. Assoiffé
il s’accoudera au bar et boira
quelques verres les yeux allumés
du brillant sinistre et métallique,
souple sa langue, parfumé le local
avec le va-et-vient continuel des clients.
Du fond parvient un blues élastique et le hurlement
endiablé des machines à sous.
Il observe en silence et trempe ses crocs.
La griffe que cache sa chemise le trahit.
Personne ne dirait -à son aspect-
que c’est un cruel assassin de la jungle,
mais plutôt un homme peu pressé, indolent,
incapable de s’inventer
une autre routine.
Chaque vendredi, tendre et solitaire,
il commettra un crime sans autre trace
qu’un poème oublié sur le bar.
 
(Trad:Colette)
 
Juan Gris, 1912, Hombre en el bar
 

 

Un tigre 
 
MERCEDES ESCOLANO, Cádiz 1964 
 
Pienso en un tigre. Bajará a la ciudad
a la hora en que abren los bares
y se expande un intenso perfume
humano. Anochece. Sediento
se acodará en la barra y beberá
unas copas con los ojos prendados
del brillo siniestro y metálico,
dúctil su lengua, aromado el local
con un vaivén continuo de clientes.
De fondo un blues elástico y el rugir
endiablado de las máquinas tragaperras.
Observa en silencio y remoja sus fauces.
Le delata la garra que esconde su camisa.
Nadie diría —por su aspecto—
que es un cruel asesino de la selva,
sino un hombre sin prisas, indolente,
incapaz de inventar
se otra rutina.
Cada viernes, tierno y solitario,
cometerá un crimen sin más rastro
que un poema olvidado sobre la barra.
 

04/02/2017

Roses ou blanches, sur ciel gris ou bleu / Rosas o blancas, sobre cielo azul o gris.

Cette semaine, et parce que les amandiers sont en fleurs, je vous ai traduit, en espagnol et français, un poème catalan de saison.
 
Esta semana os he traducido, al español y al francés, un poema de temporada,
 
Joan Maragall (Barcelona 1860-1911),  est considéré comme un des père de la poésie catalane moderniste / Es considerado uno de los padres de la poesía catalana modernista.
 
Sorolla, almendro en flor

L'ametller / Joan Maragall

 
A mig aire de la serra
veig un ametller florit.
Déu te guard, bandera blanca,
dies ha que t'he delit!

Ets la pau que s'anuncia
entre el sol, núvols i vents...
No ets encara el millor temps
però en tens tota l'alegria.
 
 
 
El almendro
 
A media altura de la sierra
veo un almendro florido
Dios te guarde, bandera blanca,
hace días que te he deseado!
 
Eres la paz que se anuncia
entre el sol, nubes y vientos…
Todavía no eres el mejor tiempo
pero tienes toda su alegría.
(Trad: Colette)
 
31 janvier 2017, photo Colette
 
L’amandier
 
À mi-hauteur de la sierra
je vois un amandier fleuri.
Dieu te garde, drapeau blanc,
il y a des jours que je t’attends!
 
Tu es la paix qui s’annonce
entre soleil, nuages et vents…
Tu n’es pas encore le meilleur temps
mais tu en as toute la joie.
 
(Trad: Colette)


Pour en savoir plus sur le Catalan, langue de la famille occitane, et qu'on parle aussi ici sur mon île (avec quelques variantes), infos ici
 

10/12/2016

En l'air / En el aire


Jorge Boccanera, né en Argentine en 1952.
Poète et journaliste.
 
Par petites touches, je vous propose de découvrir sa poésie.
Voyons si la première, qui amène le sourire, vous plait.
 
A modo de pinceladas, os propongo descubrir su poesía.
La de hoy me hizo sonreír.
 

Juan Gelman (à gauche) et son ami Jorge Boccanera

 

Chances
 
Hasard n'est pas jeter une pièce en l'air.
Ni même attendre le pile ou face...
Hasard est attraper la pièce en l'air
            et fuir sans laisser de trace.
 
(Trad: Colette)
 
 
 
Suertes
Azar no es arrojar una moneda al aire.
Ni siquiera esperar el cara o cruz...
Azar es atrapar la moneda en el aire
               y huir sin dejar rastro.

27/08/2016

Les mots de la mer / Las palabras del mar

Après tous ces billets estivaux, revenons un peu à la poésie.
Después de todas esas entradas estivales, volvamos un poco a la poesía.
María Elena Walsh, de père anglais et mère argentine, était écrivain, poète, dramaturge, musicienne, compositeur...et spécialisée dans les écrits et chants pour enfants.
María Elena Walsh, de padre inglés y madre argentina, era escritora, poetisa, dramaturgo, músico, compositora...y especializada en los escritos y canciones para niños.
Mais aujourd'hui, et parce que les levers de soleil sont si beaux en ce moments, voici ce poème.
Pero hoy, y porque los amaneceres son tan bonitos en este momento, aquí este poema.
 
 Pour accompagner votre lecture, cette courte vidéo intitulée:
Le son de l'aube. Mallorca

 



María Elena Walsh (Buenos Aires 1930-2011) - Chico Novarro (Santa Fe-Argentina 1934-)
 
Aube de l'oubli
 
Aube,
heure zéro.
Je ressuscite parmi les ténèbres et j'attends;
j'entends tomber la rosée
là-bas au loin à l'aurore.
 
Aube
de cendre.
Dehors la nuit agonise
et résonne un obscur tambour
dans le fond de mon cœur.
 
Aube de l'oubli,
je reviens peut-être
d'un pays perdu parmi les rêves
où toujours tu veux me parler
avec les mêmes mots de la mer.
 
Aube,
heure zéro.
J'espérais t'oublier et je t'aime.
Sentinelle de l'éternité
ma douleur jamais ne se repose.
(Trad: Colette)
 
 
 
Alba de olvido
 
Madrugada,
hora cero.
Resucito en tinieblas y espero
mientras oigo el rocío caer
allá lejos al amanecer.

Madrugada
de ceniza.
Por afuera la noche agoniza
y retumba un oscuro tambor
en el fondo de mi corazón.

Alba de olvido,
vuelvo quizás
de un país entre sueños perdido
donde siempre me quieres hablar
con las mismas palabras del mar.


Madrugada,
hora cero.
Esperaba olvidarte y te quiero.
Centinela de la eternidad
mi dolor no descansa jamás.
 
 
 

01/05/2016

Poches trouées / Bolsillos rotos

La semaine dernière je vous avais parlé du mexicain Fernando del Paso; la
 
 poésie n'est pas sa spécialité, mais voici un court poème bien d'actualité ici:
 
 la déclaration annuelle des revenus doit être rentrée pour le 30 juin...
 
La semana pasada os hablé del mejicano Fernando del Paso; la poesía no es su
 
 especialidad, pero he aquí un poema corto de mucha actualidad: la 
 
declaración de la renta...
 
 
 

 

INDIGENCE

              Fernando del Paso
 
J'ai gaspillé l'arc en ciel.
Les hirondelles que j'avais destinées à divers poèmes
sont dans le rouge.
Mon compte de crépuscules est congelé.
Je dois au fisc trois mille cinq cent papillons.
(Trad Colette)
 

 

http://lifestyle.trendencias.com/shopping/bueno-bonito-y-barato-joyas-de-papel
 

Inopia 

  Fernando del Paso

He despilfarrado el arcoíris.
Las golondrinas que tenía destinadas a varios poemas
están en números rojos.
Mi cuenta de atardeceres está congelada.
Le debo al fisco tres mil quinientas mariposas.

07/02/2016

Baiser raté / Beso fallido

Ne parlons pas du premier, mais de celui, ou ceux, ratés.
Promesse de délice
puis...
C'est si fragile un baiser: un éternuement, une porte qui claque, un fou rire..

No hablemos del primero, sino del o de los  totalmente fallidos.
Promesa de delicia luego...
Es tan frágil un beso: un estornudo, una puerta golpeada, una risa...

 
Il y a toujours un intrus
Claribel Alegría (Nicaragua 1924-    )

Un regard parfois
un geste engourdi
une phrase
une odeur
le baiser qui en nous unissant
nous sépare
(Trad: Colette)
Détail du baiser de E. Munch
 
 
Siempre hay un intruso
 Claribel Alegría (Nicaragua 1924-   )

Una mirada a veces
un gesto entorpecido
una frase
un olor
el beso que al unirnos
nos separa.

20/12/2015

Une lumière musicale / Una luz musical

Le silence rond de la nuit
 
Federico García Lorca
 

 

Le silence rond de la nuit
Sur la portée musicale
De l'infini.
Moi je sors nu en rue,
Ivre de vers
Perdus.
Le noir,
criblé
Par le chant du grillon,
Retient ce feu follet
Mort,
Du son.
Cette lumière musicale
Que perçoit
L'esprit.
Les squelettes de mille papillons
Dorment dans mon enceinte.
 
Passe une jeunesse de brises folles
Sur la rivière.
 

(Trad: Colette) 

Feux follets / Fuegos fatuos          
 
El silencio redondo de la noche
Federico García Lorca
El silencio redondo de la noche
Sobre el pentagrama
Del infinito.
Yo me salgo desnudo a la calle,
Maduro de versos
Perdidos.
Lo negro, acribillado
Por el canto del grillo,
Tiene ese fuego fatuo,
Muerto,
Del sonido.
Esa luz musical
Que percibe
El espíritu.
Los esqueletos de mil mariposas
Duermen en mi recinto.

Hay una juventud de brisas locas
Sobre el río.

31/10/2015

Si c'était-elle! ¡Si será ella!

Nocturno       Rúben Darío (1867-1916, Nicaragua)

Un poème dans la pure ligne Romantique

Silence de la nuit, douloureux silence
nocturne...Pourquoi l'âme tremble-t-elle ainsi?
J'entends le bourdonnement de mon sang,
une douce tempête passe dans mon crâne.
Insomnie! Ne pas dormir et
pourtant
rêver. Être l
'auto-sujet
de dissection spirituelle, l'auto-Hamlet!
Diluer ma tristesse
dans un vin de nuit
dans le merveilleux cristal des ténèbres...
Et je me dis: à quelle heure viendra l'aube?
Une porte s'est fermée...
Quelqu'un est passé...
L’horloge a sonné trois heures...Si c'était elle!
 
Trad: Colette
 
Photo gentiment prêtée par Kwarkito, merci! http://kwarkito.blogspot.com.es/  

 

 
 
Silencio de la noche, doloroso silencio
nocturno… ¿Por qué el alma tiembla de tal manera?
Oigo el zumbido de mi sangre,
dentro de mi cráneo pasa una suave tormenta.
¡Insomnio! No poder dormir y, sin embargo,
soñar. Ser la auto-pieza
de disección espiritual, ¡el auto-Hamlet!
Diluir mi tristeza
en un vino de noche
en el maravilloso cristal de las tinieblas…
Y me digo: ¿a qué hora vendrá el alba?
Se ha cerrado una puerta…
Ha pasado un transeúnte…
Ha dado el reloj tres horas… ¡Si será ella!...
 

Le voici traduit en anglais (pas par moi)

Silence of the night, painful silence,
Nocturne... Why does my soul tremble like this?
I hear the low hum of my blood.
I watch a calm storm pass inside my skull.
Insomnia! Not to sleep, and perchance
to dream. To be the whole soliloquy
of spiritual dissection, my Hamlet!
To dissolve my sadness
in one night's wine,
in the marvelous crystal darkness...
And then I wonder: When will it be dawn?
A door just closed...
Someone is passing on the street...
The clock strikes three...It must be Her!

03/10/2015

Pluie dans le patio / Lluvia en el patio

Dans les pays asiatiques il n'y a que deux saisons: la sèche et l'humide.
Cette mousson si attendue, indispensable à la vie, causant parfois des catastrophe aussi.

 

En los países asiáticos sólo hay dos estaciones: la seca y la húmeda. Ese monzón tan esperado, indispensable para la vida, causando a veces desastres también.

J'y pense ce matin en regardant la campagne inondée; les oiseaux se bousculent dans les immenses flaques, et j'imagine les semences se gorgeant goulûment d'eau.

 

 

Pienso en ello esta mañana mirando al campo inundado; los pájaros se atropellan en los inmensos charcos, y me imagino las simientes llenándose de agua con gula.

Voici cette semaine un poème de J.L. Borges avec ce vers intraduisible et génial:
 Esta semana un poema de Borges y este verso tan conseguido:

 

" Y el curioso color del colorado."

 


Pluie, patio, père...

 

Lluvia, patio, padre...

 

"La pluie"

 

 
Brusquement le soir s'est éclairé

 

car déjà tombe la pluie fine.

 

Elle tombe ou tomba. La pluie est une chose

 

qui bien sûr survient dans le passé

 

 

 

Celui qui l'entend tomber a retrouvé

 

Le temps où le sort heureux

 

Lui révéla une fleur appelée rose

 

et la curieuse couleur qu'est le carmin.

 

 

 

Cette pluie qui aveugle les vitres

 

Réjouira dans des quartiers perdus

 

Les noirs raisins d'une treille en un certain

 

 

 

Patio qui n'existe plus. Le soir

 

Mouillé m'apporte la voix, la voix désirée

 

De mon père qui revient et qui n'est pas mort.

 

 

 

(trad: Colette)

 

 

 

"Comme beaucoup, je tiens qu'un poème est intraduisible, mais qu'il peut être recréé dans une autre langue (je sais bien qu'en bonne logique, il suffirait d'un seul vers bien traduit pour réfuter cette assertion). Tout dépend, bien sûr, de ce qu'on entend par "bien traduit". Pour moi, je suis nominaliste; je me méfie des affirmations abstraites, et je préfère m'en tenir aux cas particuliers."

 

Jorge Luis Borges

 

 

"La lluvia"

 

 

Bruscamente la tarde se ha aclarado

 

Porque ya cae la lluvia minuciosa.

 

Cae o cayó. La lluvia es una cosa

 

Que sin duda sucede en el pasado.

 

 

 

Quien la oye caer ha recobrado

 

El tiempo en que la suerte venturosa

 

Le revelo una flor llamada rosa

 

Y el curioso color del colorado.

 

 

 

Esta lluvia que ciega los cristales

 

Alegrara en perdidos arrabales

 

Las negras uvas de una parra en cierto

 

 

 

Patio que ya no existe. La mojada

 

Tarde me trae la voz, la voz deseada

 

De mi padre que vuelve y que no ha muerto
 

 

 

 

 

 

12/07/2015

Dehors et dedans / Fuera y dentro

Toujours la canicule, alors voici un poème féministe et amusant d'une  

contemporaine de Gioconda Belli, Ana María Rodas.
 

Le poème en espagnol et sa belle traduction je les ai trouvés ici

 

 

 



                               Miss Hulk

 

 

 

Je suis une femme incroyable
 
                  quand je m’énerve
 
                  je grandis

                  je deviens vert

                         je déchire tout

en dedans.
 
                           Bill Bixby
 
                           fait tout cela
mais 
 
lui
 
c’est
 
un homme
 
il le fait
 
                 en dehors. 
 


                             Ms. Hulk

 

Soy una mujer increíble

                  cuando me enojo

                   crezco

                 me pongo verde

                 desgarro todo

adentro.

                       Bill Bixby                  

                              hace todo eso

pero

 él

es
 
hombre
 
lo hace

           a fuera.



Nota: Bill Bixby, si vous l'ignoriez est l'acteur qui joue Hulk / el el actor 

que representa a Hulk

20/06/2015

De l'oubli / Del olvido

Elvira Alejandra Quintero (1960 - )est une poétesse colombienne dontj'ai déjà traduit un poèmeici. Celui qui suit m'a beaucoup émue. 

 
Elvira Alejandra Quintero (1960 -   ) es une poetisa colombiana de la cual ya publiqué un poema aquí. El que sigue me conmovió mucho.



Matías Vergara
Matías Vergara, La danza de las invisibles
 
Del olvido
 
Brilla un misterio
en los ojos de mi madre
al navegar el aire coloreado de la mañana
interrogando algo que existe más allá
anterior a nosotras
En el patio de palomas al viento
mamá relata la leyenda de su infancia
y sus manos de vuelo
dibujan para mí entre sus fantasmas
los abuelos que no conocí
De l'oubli
Un mystère brille
dans les yeux de ma mère
tandis que navigue l'air colorié du matin
interrogeant ce qui existe plus loin,
antérieur à nous
Dans le patio de colombes au vent
maman relate la légende de son enfance
et ses mains en vol
dessinent pour moi parmi ses fantômes
les grands-parents que je ne connus pas.
Madre agua de los ríos donde se lava el tiempo
Madre lluvia
Madre fuego de olvido
Madre furia
Madre grito escondido en su ternura dispersa
Madre sombra
Madre soledad de amor detenido en los espejos
 
Mère eau des rivières où se lave le temps
Mère pluie
Mère feu d'oubli 

Mère furie

Mère cri caché dans une tendresse éparse

Mère ombre
Mère solitude d'amour arrêté dans les miroirs
Su magia hace brotar de los baúles
los trajes que la abuela Alejandrina
vistió para el abuelo
en tardes felices
cuando su amor era un secreto y una daga
baúl cajita de Pandora
magia al revés
herida oculta en el alma lacerada
historia desviada
Sa magie fait jaillir des coffres
les habits que la grand-mère Alejandrina
vêtit pour le grand-père
lors de soirées heureuses
quand son amour était un secret et une dague
coffre petite boite de Pandore
magie à l'envers
blessure occulte dans l'âme lacérée
histoire détournée
La voz de mi madre
nombra y canta las palabras de la abuela:
adiós
tarde gris
verano dulce
y su sonrisa cura espejos rotos
y hospitales desahuciados
pule versos
canciones
poemas antiguos
y remienda lentejuelas
de fiestas gozadas hace siglos
Las palabras de mi madre
señalan la falta y el remedio que no llega
el tren que no halló la estación
el vidrio roto
Un hombre de sombrero
Paraguas
bastón y gestos elegantes ronda su leyenda
una mujer dormida
una niña que llora junto a la valija de la abuela
Y yo busco la infancia de mi madre
y la visto con mi delantal blanco
le ofrezco mis cuadernos
y ayudo a sus manos de niña en sus tareas
y quisiera ser yo su madre
para borrar su pena y protegerla


La voix de ma mère
 
nomme et chante les mots de la grand-mère: 
 
adieu
soirée grise
doux été
et son sourire guérit les miroirs cassés
et les hôpitaux condamnés
arrondit vers
chansons
poèmes anciens
et rafistole les paillettes
de fêtes célébrées il y a des siècles
Les mots de ma mère
signalent la faute et le remède qui n'arrive pas
le train qui ne trouva pas la gare
le verre cassé
Un homme au chapeau
Parapluie
bâton et gestes élégants rôde dans sa légende
une femme endormie
une fillette qui pleure à côté de la valise de sa grand-mère
Et moi je cherche l'enfance de ma mère
et je l'habille de mon tablier blanc
je lui offre mes cahiers
et j'aide dans ses travaux ses mains de petite fille
et je voudrais être sa mère
pour effacer sa peine et la protéger
Mi madre
Entonces busco en ella
el rostro desconocido de mi abuela
y presiento en ambas
el amor que atormentará mis historia
cuando crezca
Ma mère
Alors je cherche en elle
le visage inconnu de ma grand-mère
et en elles je pressens
l'amour qui tourmentera mes histoires
quand je grandirai.

(Trad: Colette)

De:
Memorias de Alejandrina

12/10/2014

Des bracelets de feuilles / Pulseras de hojas

Tout comme la semaine dernière, cette semaine sera placée sous le signe “visite”. La campagne qui attend nos amis m'a fait traduire ce poème, si imagé, d'Octavio Paz.


Al igual que la semana pasada, esta semana será una de ·visitas. El campo que espera a nuestros amigos me hizo pensar en este poema tan lleno de bonitas imágenes de Octavio Paz.


Visites Octavio Paz
 
 
A travers la nuit urbaine de pierre et sécheresse
la campagne entre dans ma chambre.
Elle allonge des bras verts couverts de bracelets d'oiseaux,
de bracelets de feuilles.
A la main une rivière.
Le ciel de la campagne entre aussi,
avec son panier de joyaux fraîchement coupés.
Et la mer s'assied à mes côtés,
elle étend sa traîne si blanche sur le sol.
Du silence jaillit un arbre à musique.
De l'arbre pendent tous les mots superbes
qui brillent, mûrissent, tombent.
Sur mon front, grotte qu'habite un éclair...
Mais tout s'est peuplé d'ailes.
(Trad: Colette)
 
 
                                Photo Colette


Visitas Octavio Paz

 

A través de la noche urbana de piedra y sequía
entra el campo a mi cuarto.
Alarga brazos verdes con pulseras de pájaros,
con pulseras de hojas.
Lleva un río de la mano.
El cielo del campo también entra,
con su cesta de joyas acabadas de cortar.
Y el mar se sienta junto a mí,
extendiendo su cola blanquísima en el suelo.
Del silencio brota un árbol de música.
Del árbol cuelgan todas las palabras hermosas
que brillan, maduran, caen.
En mi frente, cueva que habita un relámpago...
Pero todo se ha poblado de alas.