04/02/2012

Silences et bruits d'arbres /Silencios y ruidos de árboles

Une vieille photo retrouvée, quelques arbres qui entouraient la maison de grand-mère.

Tous les étés, les jeux de ma jeunesse.

Des lieux, des arbres, des moments de vie.

Una vieja foto encontrada, unos árboles que rodeaban la casa de la abuela.

Cada verano, los juegos de mi juventud.

Lugares, árboles, momentos de vida.

 

El Bourlette.jpg

Deux rangées de marronniers devant ma maison natale en Flandres ; là c’était se rouler et donner gaiment des coups de pied dans les couches humides et colorées des feuilles tombées, et ouvrir les coques dures des fruits en se blessant les mains, et admirer les pyramides de fleurs blanches qui annonçaient les vacances.

 

Dos filas de castaños ante mi casa natal en Flandes; allí era revolcarse y dar alegres patadas a las capas húmedas y coloradas de hojas caídas, y abrir las duras cápsulas de los frutos hiriéndose las manos, y admirar las pirámides de flores blancas que anunciaban las vacaciones.

 

L'Arbre

 

L'arbre attendait.

Puis il fit sombre.

 

Il restait là-bas.

L'enfant le regardait.

 

Il dit : il fait nuit.

Et cela dit il rentra

 

On dîna. On veilla.

Et l'arbre ? dit-il.

 

Se demanda l'enfant

Sous le clair de lampe

 

L'enfant à qui l'arbre

Vint fermer les yeux.

Mohammed Dib

 

 

El árbol

 

El árbol esperaba.

Después oscureció.

 

Se quedaba allí.

El niño lo miraba.

 

Dijo: hace de noche.

Y dicho esto entró en casa.

 

Cenamos. Velamos.

¡Y el árbol? dijo.

 

Se preguntó el niño

Bajo la luz de la lámpara.

 

El niño a quien el árbol

Vino a cerrar los ojos.

Mohammed Dib

(Trad: Colette)


Dans mes souvenirs diffus de la première année passée en Espagne, aux îles Canaries, ce sont les gigantesques avocatiers chargés de fruits; puis ce fut la découverte sur une autre île, Ibiza, des amandiers et oliviers qui me suivront ici à Majorque.

En mis difusos recuerdos del primer año pasado en España, en las islas Canarias, son los gigantescos aguacates cargados de frutos; luego fue el descubrimiento en otra isla, Ibiza, de los almendros y olivos que me seguirán hasta aquí, Mallorca.

 

VERANO 2008 014.jpg

Ici …hésitation. Et puis non, pourquoi choisir? Les palmiers et les pins, tous deux habitent mon paysage quotidien.

Solitaire, le palmier aux gestes lents se suffit à lui seul, il est le décor. Tandis que ce sont les forêts de pins qui donnent la couleur générale; odeurs et bruits dans le vent.

Aquí....hesitación. Pero no,¿por qué elegir? Las palmeras y los pinos, ambos habitan mi paisaje cotidiano.

Solitaria, la palmera de gestos lentos se basta a si misma, ella es el decorado. Mientras que son los bosques de pinos que dan el color general; olores y ruidos en el viento.


25/12/2011

Vague au bout de son errance / Ola al final de su andanza

Pour une fin d'année voluptueuse, recherche de poèmes sensuels, délicatement érotiques.
Partir vers le Sud, le Maghreb, et découvrir, enchantée, la poésie de
Mohammed Dib.

Para un fin de año voluptuoso, búsqueda de poemas sensuales, delicadamente eróticos.
Dirigirme hacia el Sur, el Magreb, y descubrir, encantada, la poesía de Mohammed Dib.


Horizon féminin

gestes
de même longueur
dans le présent
et l'après
de même fraîcheur
dans l'espoir
et l'après
de même lenteur
dans la fatigue
et l'après

Horizonte femenino


gestos
igual de largos
en el presente
y el después
igual de frescos
en la esperanza
y el después
igual de lentos
en la fatiga
y el después

(Trad: Colette)

Picasso la femme nue couchée ou la dormeuse 1932.jpg

 

 

 

Les marches de la mer

rien ne sera dit
porté par le désir
jusqu'aux lèvres

ce murmure
plus monte la marée
sonne l'hallali

mêmes hanches mêmes reins
vague au bout de son errance
vive à vanner

ô rivages pour abus tendres
et la main première conviée
d'un vœu à tirer ce feu

Los peldaños de la mar

nada será dicho
llevado por el deseo
hasta los labios

ese murmullo
más sube la marea
suena el hallali*

las mismas caderas el mismo talle
ola al final de su andanza
viva a reventar

oh riveras para abusos tiernos
y la mano primera convidada
de un deseo de disparar ese fuego

(Trad: Colette)


"L'air qu'il fait entendre sur son clavecin est une musique intérieure qui parle au cœur"
Jean Déjeux, dans Hommage à Mohammed Dib
"El aire que deja oír en su clavicordio es una música interior que habla al corazón"

Illustration: Picasso, 1932, Femme nue couchée ou la dormeuse

**Hallali: toque de acoso, término de caza cuando el ciervo está acorralado.