19/02/2017

Le mur du doute / El muro de la duda

Le doute est un des noms de l’intelligence.
 
La duda es uno de los nombres de la inteligencia.
 
Jorge Luis Borges
 

Oui, pourtant je me doute qu'il y a certains doutes dont vous vous passeriez bien vous aussi...

 
 DOUTE
 
Combien d'insomnies me faut-il pour
abattre le mur du doute?
Combien d'ombres? Combien de luttes?
Il faut que je sache aujourd'hui -avant ton éveil-
si c'est le matin qui éclaire,
ou si c'est toi qui éclaires le matin.

(Trad Colette)

DUDA
 
¿Cuantos insomnios me hacen falta para
derrumbar el muro de la duda?
¿Cuántas sombras? ¿Cuántas luchas?
Hoy tengo que saber -antes que despiertes-
si la mañana es la que alumbra,
o si eres tú la que alumbra la mañana.

08/05/2016

Léve-toi et vis! / ¡Levántate y vive!

Lève-toi et vis! / ¡Levántate y vive!

 

Je crois que la vérité est parfaite pour les mathématiques, la chimie, la philosophie, mais pas pour la vie. Dans la vie, l’illusion, l’imagination, le désir, l’espoir comptent plus. (Ernesto Sabato)
(lu sur le bog de Lali)

 


Qué costumbre tan salvaje...
Quelle coutume si sauvage...


Jaime Sabines
 
     Quelle coutume si sauvage que celle d'enterrer les morts!, de les tuer, de les néantiser, de les effacer de la terre! C'est les traiter traîtreusement, c'est leur nier la possibilité de revivre.
 Moi j'attends toujours que les morts se lèvent et brisent le cercueil et disent joyeusement: pourquoi pleures-tu?
C'est pour cette raison que l'enterrement m'effraye. On assujettit le couvercle, l'introduit, lui met la pierre dessus, et puis de la terre, tras, tras, tras, pelletée après pelletée, mottes, poussière, pierres, tassant, solidifiant, tu restes là, de là tu ne sors plus.
Après, les couronnes, les fleurs, les pleurs, les baisers me font rire. C'est une moquerie: pourquoi l'ont-ils enterré?, pourquoi ne l'ont-ils pas laissé dehors jusqu'à ce qu'il sèche, jusqu'à ce que ses os nous parlent de sa mort? Ou pourquoi ne l'ont-ils pas brûlé, ou donné aux animaux, à un fleuve?

Il faudrait qu'il y ait une maison de repos pour les morts, ventilée, propre, avec de la musique et de l'eau courante. Il y en aurait au moins deux ou trois qui, chaque jour, se lèveraient pour vivre.
(Trad: Colette)


¡Qué costumbre tan salvaje esta de enterrar a los muertos!, ¡de matarlos, de aniquilarlos, de borrarlos de la tierra! Es tratarlos alevosamente, es negarles la posibilidad de revivir. 
Yo siempre estoy esperando a que los muertos se levanten, que rompan el ataúd y digan alegremente: ¿por qué lloras? 
Por eso me sobrecoge el entierro. Aseguran las tapas de la caja, la introducen, le ponen lajas encima, y luego tierra, tras, tras, tras, paletada tras paletada, terrones, polvo, piedras, apisonando, amacizando, ahí te quedas, de aquí ya no sales.
Me dan risa, luego, las coronas, las flores, el llanto, los besos derramados. Es una burla: ¿para qué lo enterraron?, ¿por qué no lo dejaron fuera hasta secarse, hasta que nos hablaran sus huesos de su muerte? ¿O por qué no quemarlo, o darlo a los animales, o tirarlos a un río? 
Había de tener una casa de reposo para los muertos, ventilada, limpia, con música y con agua corriente. Lo menos dos o tres, cada día, se levantarían a vivir.
Jaime Sabines

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Curieusement je n'ai trouvé aucune biographie online de ce grand poète mexicain du XXºs. En voici une en anglais: http://francais.agonia.net/index.php/author/0009497/index...
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01/05/2016

Poches trouées / Bolsillos rotos

La semaine dernière je vous avais parlé du mexicain Fernando del Paso; la
 
 poésie n'est pas sa spécialité, mais voici un court poème bien d'actualité ici:
 
 la déclaration annuelle des revenus doit être rentrée pour le 30 juin...
 
La semana pasada os hablé del mejicano Fernando del Paso; la poesía no es su
 
 especialidad, pero he aquí un poema corto de mucha actualidad: la 
 
declaración de la renta...
 
 
 

 

INDIGENCE

              Fernando del Paso
 
J'ai gaspillé l'arc en ciel.
Les hirondelles que j'avais destinées à divers poèmes
sont dans le rouge.
Mon compte de crépuscules est congelé.
Je dois au fisc trois mille cinq cent papillons.
(Trad Colette)
 

 

http://lifestyle.trendencias.com/shopping/bueno-bonito-y-barato-joyas-de-papel
 

Inopia 

  Fernando del Paso

He despilfarrado el arcoíris.
Las golondrinas que tenía destinadas a varios poemas
están en números rojos.
Mi cuenta de atardeceres está congelada.
Le debo al fisco tres mil quinientas mariposas.