24/01/2016

Entre eux / Entre ellos

 

Bonne journée!
 
¡Qué tengáis un buen día!
 
 
Photo Colette, Nord de Mallorca
 

 

 
Le mur
il ne sait rien de la mer

La mer
elle ne sait rien du mur

Entre eux
le va-et-vient du vent
 
La pared
no sabe nada del mar

El mar
no sabe nada de la pared

Entre ellos
el vaivén del viento

(Trad, Colette) 
 
extrait de Komboloï, Werner Lambersy

08/02/2014

Véhémences

Vicente Huidobro (poète chilien)



(...)

Voilà la mer
La mer grande ouverte
Voilà la mer soudain brisée
Afin que l’œil voie le commencement du monde
Voilà la mer
D'une vague à l'autre il y a le temps de la vie
De ses vagues à mes yeux il y a la distance de la mort

(Trad: Colette)

 

(...)

He ahí el mar
El mar abierto de par en par
He ahí el mar quebrado de repente
Para que el ojo vea el comienzo del mundo
He ahí el mar
De una ola a la otra hay el tiempo de la vida
De sus olas a mis ojos hay la distancia de la muerte

  

     Monumento Al mar

De Últimos Poemas Póstumo, 1948

                            

 

La mer s'exprimait avec une véhémence angoissée, mais les hommes ne le comprenaient pas      

 

 
El Roto / El País 6/02/2014
 

 

 

Foto El País - Asturias 4/02/2014



13/10/2012

Baudelaire en automne / Baudelaire en otoño

Lire et relire.
L'automne revient, ponctuel, la mer est inchangée.
Varie avec l'âge le cheminement de nos pensées.
Ce texte de Baudelaire me semble si différent aujourd'hui,  a si peu à voir avec la lecture d'antan.
 

 

Leer y releer
Vuelve el otoño, puntual, el mar está igual.
Varía con la edad el recorrido de nuestros pensamientos.
Este texto de Baudelaire me parece tan distinto hoy, poco que ver con la lectura de antaño.


                                                              
José Saborit , pintor y poeta/escritor Valenciano    
 

Confiteor de l’artiste  Charles Baudelaire

   Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de pointe plus acérée que celle de l’Infini.

   Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.

Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.  

Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle me révoltent… Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu.

 
                                 Photo: Colette
 
Confiteor del artista
 Charles Baudelaire

    ¡Qué penetrante es el final de los días de otoño! ¡Ah, penetrante hasta el dolor! Pues hay ciertas sensaciones deliciosas, cuya vaguedad no excluye la intensidad; y no hay punta más acerada que la del Infinito.
    ¡Gran delicia la de ahogar la mirada en la inmensidad del cielo y del mar! La soledad, el silencio, la incomparable castidad del azul, la pequeña vela que se estremece en el horizonte, y que por su pequeñez y su aislamiento imita mi irremediable existencia, la melodía monótona del oleaje; todas esas cosas piensan por mí, o yo pienso por ellas (¡pues en la grandeza de la meditación, el yo se pierde rápido!); esas cosas piensan, digo, pero musical y pintorescamente, sin argucias, sin silogismos, sin deducciones.
    No obstante, esas ideas, ya salgan de mí o broten de las cosas, se toman bien pronto demasiado intensas. La energía dentro de la voluptuosidad crea un malestar y un sufrimiento positivo. Mis nervios demasiado tensos sólo producen ya vibraciones dolorosas y chillonas.
    Y ahora, la profundidad del cielo me consterna; me exaspera su nitidez. Me sublevan la insensibilidad del mar, la inmutabilidad del espectáculo ...
    ¿Habrá que sufrir eternamente, o eternamente huir de lo bello? ¡Déjame, Naturaleza, hechicera sin piedad, rival siempre victoriosa! ¡Cesa de tentarme, en mis deseos y en mi orgullo! El estudio de la belleza es un duelo en el que el artista grita de espanto antes de ser vencido. 
 
Traducción de Nydia Lamarque 1º edición, 1961, México, Editorial Aguilar.

 

Découverte d'un peintre contemporain, originaire de Valencia, José Saborit. L'art de peindre la mer. Pour en voir plus:

 

Descubrimiento de un pintor contemporáneo, Valenciano, José Saborit. El arte de pintar el mar.

28/05/2012

Sans vent / Sin viento


Ce matin à l'aube, et cela va durer quelques mois, régnait un calme plat, le vent sommeillait encore...

Le mot « Calme » date du XVº et signifiait cessation de vent ; il ne prendra le sens d'absence d'agitation ou tranquillité que vers 1670.

Du grec ancien χαῦμα, khaûma « forte chaleur » par l’intermédiaire de calma dans une langue ibérique (castillan, catalan, aragonais) où, dans le langage des marins, on associa cette chaleur suffocante à l'absence de vent. .

C'est l'absence de vent, celle qui contrarie les navigateurs à voile mais apaise les esprits qui va faire l'objet de deux billets. Commençons en poésie, nous poursuivrons par le surnom de Mallorca, «  la isla de la calma ».

islas.jpg


Esta mañana, al alba, y durará unos meses, reinaba una calma chica, aún reposaba el viento...
La palabra Calma:

Lo interesante comienza con las sorpresas que encierra la palabra calma.
De la voz griega karma surgió la palabra latina cauma, ambas con el significado de ‘calor sofocante’.
En el naciente castellano se dijo calma, y en el argot de los marineros, la palabra se asoció con la ausencia de viento, que hacía sentir un calor abrasador.
Entonces, se empezó a hablar de «la mar en calma», cuando la naturaleza no cedía el viento indispensable para navegar.”
(fuente:
http://www.illac.com.mx/profiles/blogs/2062895:BlogPost:375.)

Es la ausencia de viento, la que contraria a los navegadores a vela pero tranquiliza la mente que será el objeto de dos entradas. Empecemos con un poema, proseguiremos por el apodo de Mallorca, isla de la calma.

barco.jpg




Calme

José María Hinojosa


À Luís Buñuel

Où finit la mer?

Où commence le ciel?

Les bateaux s'en vont flottant

ou prennent leur envol?

L'horizon s'est perdu

dans le jeu mimétique

du ciel et des eaux.

Le mouvement s'est fondu,

en une seule couleur

bleu, le bleu calme.

Le couleurs se fondent;

le mouvement s'éteint.

Ne reste qu'une seule couleur;

aucun vent.

Où finit la mer?

Où commence le ciel?

Trad: Colette


IMG_0905.JPG


Calma


José María Hinojosa

A Luis Buñuel


¿Dónde se acaba el mar?

¿Dónde comienza el cielo?

¿Los barcos van flotando

o remontan el vuelo?

Se perdió el horizonte,

en el juego mimético

del cielo y de las aguas.

Se fundió el movimiento,

en un solo color

azul, el azul quieto.

Se funden los colores;

se apaga el movimiento.

Un solo color queda;

no existe barlovento.

¿Dónde se acaba el mar?

¿Dónde comienza el cielo?

25/12/2011

Vague au bout de son errance / Ola al final de su andanza

Pour une fin d'année voluptueuse, recherche de poèmes sensuels, délicatement érotiques.
Partir vers le Sud, le Maghreb, et découvrir, enchantée, la poésie de
Mohammed Dib.

Para un fin de año voluptuoso, búsqueda de poemas sensuales, delicadamente eróticos.
Dirigirme hacia el Sur, el Magreb, y descubrir, encantada, la poesía de Mohammed Dib.


Horizon féminin

gestes
de même longueur
dans le présent
et l'après
de même fraîcheur
dans l'espoir
et l'après
de même lenteur
dans la fatigue
et l'après

Horizonte femenino


gestos
igual de largos
en el presente
y el después
igual de frescos
en la esperanza
y el después
igual de lentos
en la fatiga
y el después

(Trad: Colette)

Picasso la femme nue couchée ou la dormeuse 1932.jpg

 

 

 

Les marches de la mer

rien ne sera dit
porté par le désir
jusqu'aux lèvres

ce murmure
plus monte la marée
sonne l'hallali

mêmes hanches mêmes reins
vague au bout de son errance
vive à vanner

ô rivages pour abus tendres
et la main première conviée
d'un vœu à tirer ce feu

Los peldaños de la mar

nada será dicho
llevado por el deseo
hasta los labios

ese murmullo
más sube la marea
suena el hallali*

las mismas caderas el mismo talle
ola al final de su andanza
viva a reventar

oh riveras para abusos tiernos
y la mano primera convidada
de un deseo de disparar ese fuego

(Trad: Colette)


"L'air qu'il fait entendre sur son clavecin est une musique intérieure qui parle au cœur"
Jean Déjeux, dans Hommage à Mohammed Dib
"El aire que deja oír en su clavicordio es una música interior que habla al corazón"

Illustration: Picasso, 1932, Femme nue couchée ou la dormeuse

**Hallali: toque de acoso, término de caza cuando el ciervo está acorralado.

02/10/2010

Le vent de P.Neruda /El viento de P.Neruda

Les îles Malgrats, îlettes au sud-ouest de mon île, semblent en plein jour de simples rochers. Au coucher du soleil, fouettées par le vent, les voilà.

Las islas Malgrats, unas minúsculas islitas al suroeste de mi isla, parecen de día simples rocas. Aquí las tienen, batidas por el viento, a la puesta del sol.

 

puesta de sol malgrats 001.jpg

Le vent est un cheval :

  écoute comme il court

 à travers mer et ciel.

 

Il veut m’emmener : écoute

comme il parcourt le monde

   pour m’emmener au loin.

              ---------

Laisse courir le vent

  couronné d’écume,

qu’il m’appelle et me cherche

   galopant dans l’ombre,

   tandis que moi, submergépuesta de sol malgrats 005.jpg

   sous tes grands yeux,

  pour cette seule nuit

je me reposerai, mon amour. (Le vent dans l’île. Pablo Neruda)

 

El viento es un caballo:

   óyelo cómo corre

por el mar, por el cielo.

 

Quiere llevarme: escucha

 cómo recorre el mundo

   para llevarme lejos.

       -------

Deja que el viento corra

  coronado de espuma,

que me llame y me busque

  galopando en la sombra,

   mientras yo, sumergido

     bajo tus grandes ojos,

        por esta noche sola

    descansaré, amor mío. (El viento en la isla. Pablo Neruda)

 

 

 

Ode à la mer de Pablo Neruda est un beau et long poème, il ressemble à une prière, vous le trouverez ici dans une excellente traduction de Ricard Ripoll i Villanueva.

 Oda al mar de Pablo Neruda es un poema precioso, largo, parecido a una plegaria; lo encontraréis aquí con una traducción de Ricard Ripoll i Villanueva

 

 

puesta de sol malgrats 014.jpg

En voici les derniers vers / Aquí tienen los últimos versos.

 

Nous résoudrons tout

petit à petit :

nous t’obligerons, mer,

nous t’obligerons, terre,

à faire des miracles,

car en nous-mêmes,

dans la lutte,

il y a le poisson, il y a le pain,

il y a le miracle.

 

Todo lo arreglaremos

poco a poco:

te obligaremos , mar

te obligaremos, tierra,

a hacer milagros,

porque en nosotros mismos,

en la lucha,

está el pez, está el pan,

está el milagro.

10/08/2010

En relisant Colette.../Releyendo a Colette...

« Au lieu d'aborder des îles, je vogue donc vers ce large où ne parvient que le bruit solitaire du coeur, pareil à celui du ressac. Rien ne dépérit, c'est moi qui m'éloigne, rassurons-nous. Le large, mais non le désert. »

Le Fanal bleu

S. Gabrielle Colette

 

mar y flores 001.jpg

“En lugar de abordar las islas, bogo hacia ese mar abierto donde sólo llega el ruido solitario del corazón, semejante al de la resaca. Nada se marchita; soy yo quien se aleja, tranquilicémonos. El mar abierto, no el desierto.”

El fanal azul

S. Gabrielle Colette

 

Photo prise dimanche, en face de Cala Gamba