28/01/2017

Un enfant en août / Un niño en agosto

Le billet précédent terminait sur ces vers de José Carlos Llop:

Le temps est un
et il n'y a pas de paradis perdus,
seuls des regards
qui ont perdu leur éclat.”
 
Solstice se lit sans hâte, il n’y a aucune intrigue. Si les souvenirs d’enfance de l’auteur se situent à Majorque, sur la côte nord-est, il n’est pas besoin d’être d’ici pour se sentir bien dans ce récit. De fait il pourrait avoir été écrit dans n’importe quel pays ou île méditerranéens.
 
 

 

 
Vous ne trouverez aucune nostalgie ni réflexion sur la situation politique du moment (dernière époque de la dictature de Franco), car l’auteur a décidé, et c’est vraiment réussi, de ne nous raconter que ce que lui, très jeune garçon, voyait.
L’auteur rejette l’idée qu’il s’agisse d’une œuvre de stricte mémoire “car je ne suis même pas la piste d’une forme de littérature autobiographique: l’enfant n’est pas l’axe du récit, il est le regard sur le paysage du récit; ceci arrive car le narrateur n’a pas encore de voix littéraire, il ne fait que regarder”.
Il s’agit d’un regard inaugural, qui découvre les chose pour la première fois et, confesse-t-il, c’est le début “de quelques chose de très important dans la naissance d’un écrivain, apprendre à les nommer, qui est l’équivalent de les posséder.””*
 
Chaque mois d’août une Simca couleur cerise venait chercher la famille du lieutenant colonel Llop pour l’amener à Betlem (Bethléem en majorquin), à 85km de Palma: un vrai voyage! Et arriver à une zone militaire protégée où la famille s’installait dans une maison rustique au confort spartiate.
Le paysage aux alentours, sec, aride, était comme un désert africain dit-il. 
 
Ce mois d’août est pour le gamin comme un séjour au paradis. La vie y est ordonnée, rituelle; comme le bain de mer avant le déjeuner où, sur le chemin du retour, sa mère lui versait de l’eau fraîche sur la tête pour lui éviter l’insolation. Son père, homme autoritaire dont il fait un très beau portrait, a une façon particulière de marcher avec sa cane, en mouvements décomposés, qui le fascine.
 
Le plaisir de ce roman se trouve dans de simples histoires d’odeurs, d’arbustes, de lumières, d’un mulet fou, de poissons pêchés à l’aube avec son frère, d’oiseaux qu’il observe, de jeux de société, d’une mère délicate, d’un monde fait uniquement de sa famille, des quelques soldats qui y vivent...
 
 
La entrada anterior terminaba con estos versos de José Carlos Llop:
 
El tiempo es uno
y no hay paraísos perdidos,
sólo miradas
que han perdido el brillo.”
 
Solstice se lee sin prisa, no hay ninguna intriga. Si los recuerdos de infancia del autor se sitúan en Mallorca, en la costa noreste, no hace falta ser de aquí para encontrarse bien en este relato. De hecho podría haber sido escrito en cualquier país o isla del Mediterráneo.
No encontraréis ninguna nostalgia ni reflexión sobre la situación política del momento (última etapa dela dictadura de Franco), ya que el autor ha decidido, con gran acierto, contarnos solo lo que él, un jovencito, veía. 
 
 
 
Rechaza el autor que se trate de una obra estrictamente memorística, "pues ni siquiera voy de la mano de una forma de literatura autobiográfica: el niño no es el eje del relato, sino que es la mirada sobre el paisaje del relato, y eso sucede porque el narrador no tiene aún voz literaria, sólo mira".
Se trata de una mirada inaugural, que descubre las cosas por vez primera y, confiesa, es el inicio "de algo muy importante en el origen del escritor, que es aprender a nombrarlas, el equivalente a poseerlas".*
 
Cada mes de agosto un Simca color cereza venía a buscar la familia del teniente coronel Llop para llevarla a Betlem a unos 85 km de Palma, un verdadero viaje! Y llegar a una zona militar protegida donde la familia se instalaba en una casa rústica de confort espartano. El paisaje alrededor, árido y seco, era como el desierto africano, dice.
Ese mes de agosto es para el chico como una estancia en el paraíso. La vida es ordenada, ritual; como el baño de mar antes de comer donde, en el camino de vuelta, su madre le echaba agua fresca en la cabeza para evitarle una insolación. Su padre, un hombre autoritario del cual hace un bonito retrato, tiene una forma particular de mover su bastón al andar, en movimientos descompuestos, que le fascina.
El placer de esta novela se encuentra en simples historias de olores, de arbustos, de luces, de un burro loco, de peces pescados al alba con su hermano, de pájaros que observa, de juegos, de una madre atenta y delicada, de un mundo hecho de su sola familia, de unos pocos soldados y del calor.
 

21/01/2017

L'éclat des regards / El brillo de las miradas

Comme annoncé,  José Carlos Llop . Cet écrivain et poète Majorquin contemporain dont des amies françaises et belges m’ont parlé! Je devrais sans doute passer plus de temps dans les librairies de Palma...
J’ai lu “Le rapport Stein” en Français car il n’est plus édité en espagnol. Puis on m’a offert “Solstice” (en français aussi) et, enchantée, j’ai acheté un livre de ses poèmes intitulé “La Dádiva”. (L’offrande). J’ignore s’ils sont traduits en français, mais je me suis lancée à en traduire un.
Loin d’être choisi au hasard, il introduit parfaitement les thèmes de ce bijou qu’est le roman Solstice dont nous parlerons prochainement.

Cómo anunciado, José Carlos Llop. Este escritor y poeta Mallorquín contemporáneo del cual amigas francesas y belgas me hablaron! Debería sin duda pasar más tiempo en las librerías de Palma…
Leí “El informe Stein” en francés pues está descatalogado en español. Luego me regalaron “Solsticio” (también en francés) y, encantada, compré uno de sus libros de poesía”La Dádiva”. Ignoro si los poemas están traducidos al francés, pero me lancé y traduje uno.
Lejos de ser elegido al azar, introduce perfectamente los temas de esa joya que es la novela Solsticio de la cual os hablaré muy pronto.
 
Lalique, femme libellule
 
 
 
 
 
Carte postale cubiste
 
L'odeur des algues est un baume
amené d'Alexandrie
par un navire romain
vu de moi seul. Une libellule
est un Lalique et un crabe qui avance,
l'ombre que trace la douleur
dans la vie des hommes.
C'est dans ces eaux que se mirèrent les dieux
comme dans les thermes de l'Olympe.
 
Les chèvres surveillent
le passage des bateaux, l'argent de l'horizon
là où finit le monde.
Les pins sont des émeraudes
dans la mine bleue de l'air.
Le temps est un
et il n'y a pas de paradis perdus,
seuls des regards
qui ont perdu leur éclat.
 
(traduction Colette)

 

 
 
Postal cubista
 
El olor de las algas es un bálsamo
traído de Alejandría
por una nave romana
que sólo yo veo. Una libélula
es un Lalique y un cangrejo que avanza,
la sombra que el dolor traza
en la vida de los hombres.
En estas aguas se miraron los dioses
como en las termas del Olimpo.
 
Las cabras vigilan
el paso de los buques, la plata del horizonte
donde el mundo se acaba.
Los pinos son esmeraldas
en la mina azul del aire.
El tiempo es uno
y no hay paraísos perdidos,
sólo miradas
que han perdido el brillo.
 
La Dádiva, p.40. Colección Calle Del Aire Sevilla Renacimiento.

12/04/2015

Les mains au vert / Las manos en lo verde

Occupée à explorer les espaces, souvent lointains,  j'en perds parfois  de vue les instants sur ce blog.
Ocupada en la exploración de los espacios, a menudo lejanos, a veces pierdo de vista los instantes en este blog.

Mes instants sont verts en ce moment.

Mis instantes en este momento son verdes.

Un panier et un sécateur à la main, je décide une après-midi de faire la récolte du sauvage et cultivé sur notre terrain.
Una cesta y unas tijeras de podar en las manos, decido, una tarde, cosechar lo salvaje y lo cultivado en nuestro terreno.

Si señor Colo s'occupe du potager, je suis en charge de la cuisine, des conserves.

Si el señor Colo se ocupa de la huerta, yo me encargo de la cocina, de las conservas.
 
 
esparragos verdes mallorca

L'hiver est pépère, voyons ce qu'il y a en ce début de printemps: d'abord, je le sais car tous les majorquins en cueillent le long des routes, les minces asperges vertes sauvages dont le feuillage pique fort, puis les jeunes artichauts remplis de fourmis...que font-elles là?
Je me dirige ensuite vers le champ de fèves des marais: en ce moment elles sont fines et la cosse parsemée de petits grains pas encore très développés est délicieuse. On mange le tout.
Ne pas oublier au passage quelques oignons frais, l'ail est encore vert, celui de l'an dernier fera l'affaire...des brins de romarin, du laurier frais, de la sauge et puis un sac de bettes.
Quelques fleurs et retour en cuisine.

verduras primavera mallorca 
 
El invierno es tranquilo; veamos que nos aporta este principio de primavera: para empezar – lo sé ya que los mallorquines los colectan a lo largo de las carreteras y de los caminos – los delgados espárragos trigueros salvajes verdes con su follaje picante, luego las alcachofas llenas de hormigas...¿qué hacen ahí?
Me dirijo ahora hacia el campo de habas: en este momento son finas y las vainas salpicadas de granos poco desarrollados son deliciosas. Se come todo.
Sin olvidarse al pasar de las cebollas tiernas, algunas briznas de romero, laurel fresco, un poco de salvia y una bolsa de acelgas.
Algunas flores y de vuelta en la cocina.
 

Ambiance: mettre de la musique. France inter, toujours en grève, fera l'affaire le temps de nettoyer tous ces légumes " Mon pire ennemi, celui que je vois dans la glace.." chante Alain Chamfort. Le mien en ce moment sont les limaçons logés dans les feuilles de bettes!
Suivi de "Ton baiser mousse...Plus je t'embrasse, plus j'aime t'embrasser..." Mmmm
 
potaje verduras Colo


Dans une grande casserole en terre cuite, je fais revenir dans de l' huile d’olive oignons, ail, fèves et artichauts, des herbes, un petit poivrons piquant, du sel. Puis ce sera le tour des mini asperges.
Je recouvre le tout d'eau et ajoute un pot de haricots blancs précuits.
Mijotons.

En una cazuela grande de barro, hago un sofrito con aceite de oliva, cebollas, ajo, habas y alcachofas, hierbas, una guindilla, sal. Luego habrá que añadir los espárragos trigueros. Recubro con agua y añado un bote de habas precocinadas.
Cocer a fuego lento.
 croquettes feuilles de bettes
Avec le vert des bettes, j'ai fait des croquettes en écoutant un CD de Joan Manuel Serrat.."Sombras de la China"; chanter en les roulant dans la chapelure....
Con el verde de las acelgas hice unas croquetas mientras escuchaba un CD de Joan Manuel Serrat “Sombras de la China”; cantar al rebozarlas con pan rallado...

Avec le reste des asperges, une omelette.

Con el resto de los espárragos una tortilla.

Enfin les fleurs. A table!

Por fin las flores. ¡A comer!

 

10/01/2015

Pause

 

 
 
Voici quelques mots d'Antoni Xumet extraits du beau volume "Majorque, l'île aux poètes" Édition Illador, trilingue, majorquin, espagnol et français.

 

 "Dans le livre de nos destinées, on devine des fautes d'orthographe"(p.11)*

 

Ce blog restera entre parenthèses pour un temps, le temps pour des "blouses vertes et blanches" de repartir à la pêche d'un truc de nature inconnue logé dans mon corps.

Portez-vous bien et à bientôt.

 

 
 
Rafel Joan, pintor mallorquín

 

 

 "En el libro de nuestro destino, se intuyen faltas de ortografía" (p11)*

 

 
Unas palabras de Antoni Xumet sacadas del precioso libro “Majorque, l'île aux poètes”, Edición Illador, trilingüe, mallorquín, castellano, francés.

 

Este blog permanecerá entre paréntesis durante algún tiempo, el tiempo para que unas batas verdes y blancas realicen la pesca de un chisme de origen desconocido.

 

Pasadlo bien y hasta pronto.

 

*trad. française Margarida Llabrés et Bernard Pons

 

 Trad. español Antoni Xumet

17/08/2014

Matinale / Matutina

(clic et c'est encore mieux!)

 
Un chemin derrière mon village, il est 7h10 du matin. Je marche.

Lentement le jour se lève, le caroubier, le sol se colorent. Ombres.

Est-ce la paresse de se lever tôt qui rend l'aube moins populaire chez les photographes que le coucher du soleil?

Ne jamais rater le début d'un jour, j'y tiens fort; que serait une journée mi-commencée?

Un camino detrás de mi pueblo, son las 7h10. Ando.

Lentamente se levanta el día, el algarrobo, el suelo se colorean. Sombras.

¿Será la pereza de madrugar lo que hace que, entre los fotógrafos, el alba sea menos popular que la puesta del sol?


Me parece muy importante no pasar por alto el principio del día; ¿que sería de un día medio-empezado?

16/07/2011

Balade fraîcheur aux jardins d'Alfabia / Paseo fresco en los jardines de Alfabia

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Deux jours de temps gris, suffocants, 33º sans le moindre soupir d'air.
L'idée de nous réfugier dans les jardins arabes d'Alfabia fut excellente: ombre et eau omniprésents, une impression de fraîcheur.
Dos días de tiempo gris, sofocantes, 33º sin el mínimo suspiro de aire.

La idea de refugiarnos en los jardines árabes de Alfabia fue excelente: sombra y agua omnipresentes, una impresión de frescura.

Dans ces jardins où, à part les bougainvilliers et les agapanthes, il reste peu de fleurs, j'ai été impressionnée par les troncs d'arbre tordus. De vraies sculptures, regardez:
En esos jardines donde, menos las buganvillas y los agapantos, quedan pocas flores, me han impresionado los troncos retorcidos.
Verdaderas esculturas, mirad:

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Et de l'eau, partout, même au plus fort de l'été. Merveilleux! Une source est située à quelques pas de la maison, à 60m de hauteur; elle provient de la Sierra qui entoure, protège la maison et le jardin, d'où son nom Alfabia,"amphore".
Y agua, por todas partes, incluso en medio del verano. ¡Maravilloso! Una fuente está situada a unos pasos de la casa, a unos 60m de altura; proviene de la Sierra que rodea, protege la casa y el jardín, de ahí su nombre Alfabia "ánfora".

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 Fin de cette excursion hors du temps. Je vous souhaite une joyeuse journée.
Fin de esta excursión fuera del tiempo. Os deseo un día alegre.

 

21/05/2011

On the rocks

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Le vent courbe les joncs sur le rocher superbe,
Et de l'enfant qui chante il emporte la voix.
O vent ! que vous courbez à la fois de brins d'herbe !
Et que vous emportez de chansons à la fois !

 

Victor Hugo, Promenade dans les rochers II (extrait, lire le poème entier ici)

 

 

 

El viento acuesta los juncos sobre la magnífica roca,

Y del niño que canta la voz arrastra.

¡Oh viento! ¡Cuántas briznas de hierba curvas a la vez!

¡Y cuántas canciones a la vez te llevas!

 

Victor Hugo, Paseo por las rocas II (extracto) Trad.Colette…no rima, ¡lo siento!

 

 

mayo 2011 035.jpgDimanche matin gris-pluie. Direction centre-sud, à Cap Blanc, le nom est le même en majorquin qu’en français, en espagnol c’est Cabo Blanco.

 Un endroit si spécial, solitaire, bordé d’une falaise qui de loin semble blanche, où se dresse un phare blanc, où volent  et nichent de nombreuses mouettes, mais surtout où le vent souffle avec force, quasi en permanence. Les quelques arbustes existants sont penchés, l’écume a creusé des trous dans la roche qui couvre le sol.

Et curieusement, à notre enchantement, nous découvrons en regardant de près que de minuscules plantes, fleurs et lichens ont réussi à s’installer dans des sortes de mini baignoires laissées par la mer. S’agenouiller et admirer.

On dirait des jardins lilliputiens, habilement agencés.

 

Domingo por la mañana, gris-lluvia. Dirección centro-sur, a Cabo Blanco, Cap Blanc en mallorquín.Roca lichens tania.jpg

Un lugar tan especial, solitario, bordeado por un barranco que de lejos parece blanco, donde domina un faro blanco, donde vuelan y anidan multitud de gaviotas, pero sobre todo donde sopla, casi siempre, con fuerza el viento. Los pocos arbustos existentes están encorvados y la espuma del mar ha cavado hoyos en la roca que cubre el suelo.

Y curiosamente, para nuestro encanto descubrimos, al mirar de cerca, que unas plantas minúsculas, flores y líquenes han conseguido instalarse en unas mini bañeras dejadas por el mar. Arrodillarse y admirar.

Parecen unos jardines liliputienses, hábilmente agenciados.

 

Photos: 1-2 Colette, 3 Tania (gracias) Clic pour agrandir les photos.

27/02/2011

En vert / En verde

 

Une balade lente ce sameenero 2011 014.jpgdi; mon île est une belle-verte en cette fin février.
Du vert à respirer, à déguster, contempler....à caresser aussi, pourquoi pas?
Un paseo lento este sábado; mi isla es una guapa-verde en este fin de febrero.
Verde para respirar, paladear, contemplar...acariciar tambien, ¿por qué no?

 

 

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Champ d'artichauts

 

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Romarin....Respirez!   Romero...¡respirad!
Triguero.jpgl

Asperges sauvages, espárragos trigueros; de délicieuses omelettes.

 

 

Escrito con tinta verde Octavio Paz

La tinta verde crea jardines, selvas, prados,
follajes donde cantan las letras,
palabras que son árboles,
frases que son verdes constelacions.
(...)

Écrit à l'encre verte
Octavio Paz

L'encre verte crée jardins, forêts, prés,
feuillages où chantent les lettres,
mots qui sont des arbres,
phrases qui sont de vertes constellations.
(..)

 

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04/09/2010

Troncs et mystères /Troncos y misterios

Dix-neuf artistes majorquins de naissance ou d’adoption ont été réunis pour une exposition dans le jardin et deux salles d’un restaurant, près de Santa Eugenia, en pleine campagne. (Vidéo de présentation ici). Le 13 août, soir de l’inauguration, il y avait trop de monde – déjà rien que leurs familles... m’a soufflé mon compagnon -, pour bien voir. Nous avons donc regardé, salué, parlé un moment avec l’un ou l’autre des exposants. Mais une seconde visite vendredi dernier a été des plus intéressantes.

Aujourd’hui je ne vous parlerai que de deux artistes réunis autour du thème de l’Arbre : Lluís López, et Sandra Lehnis.

Diez y nueve artistas mallorquines de nacimiento o de adopción han sido reunidos para una exposición en el jardín y dos salas de un restaurante, cerca de Santa Eugenia, en medio del campo. (Video de presentación aquí). El 13 de agosto, día de la inauguración, había demasiada gente – ya sólo con sus familias…me susurró mi compañero – para bien ver. Entonces miramos, saludamos, charlamos con el uno y el otro de los exponentes. Pero una segunda visita el viernes pasado fue de lo más interesante.

Hoy sólo os hablaré de dos artistas reunidos alrededor del tema del Árbol: Lluís López y Sandra Lehnis.

expo gioia 006.jpg

(clic pour agrandir les photos)

Faites d’une seule pièce, les sculptures de bois d’olivier de L. López, on les emporterait en catimini si leur taille le permettait. L’artiste semble dénuder le tronc pour y trouver une forme, une âme, pour le rendre aérien par endroits, le faire danser à d’autres. Mes photos ne sont pas très bonnes, mais visitez son site ici.

expo gioia + cena vecinos 013.jpg

Hechas de una sola pieza, las esculturas de madera de olivo de L. López, uno se las llevaría a escondidas si su tamaño lo permitiera. El artista parece desnudar el tronco para encontrar allí una forma, un alma, para volverle aéreo en unas partes, hacerle bailar en otras. Mis fotos no son muy buenas, pero visitad su website aquí.

 

 

La démarche de Sandra Lehnis (website), Suissesse installée depuis quatre ans sur l’île et avec qui j’ai agréablement bavardé lors de cette deuxième visite, est vraiment originale. Ce qui l’intéresse c’est l’espace entre les arbres; quelque chose de mystérieux s’y passe me dit-elle.

 

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Animus Mundi est le titre d’un ensemble de peintures. « Le rythme des champs infinis d’amandiers et d’oliviers à Majorque compose Animus Mundi ».

Neu9_h9.jpg« L’espace entre le sol et la couronne des arbres a éveillé mon intérêt. C’est l’endroit où se passe l’invisible et mon objectif est de le rendre visible. Le rythme et l’emplacement de chaque arbre –représentés par des cercles et des troncs- sont la porte d’entrée de ce sujet. »

El planteamiento de Sandra Lehnis (website), Suiza instalada en la isla desde hace cuatro años y con quien charlé agradablemente en esta segunda visita, es realmente original. Lo que le interesa es el espacio entre los árboles; algo misterioso ocurre allí, me dijo.

Animus Mundi es el título de un conjunto de pinturas.”El ritmo infinito de los campos de almendros y olivos en Mallorca compone Animus Mundi”.

“El espacio entre el suelo y la copa de los árboles despertó mi interés. Es el lugar donde ocurre lo invisible y mi objetivo es volverle visible. El ritmo y el emplazamiento de cada árbol- representados por círculos y troncos- son la puerta de entrada de ese tema”.

Sandra 2.jpg

L’idée de mystères, d’ondes invisibles circulant entre les arbres est fort séduisante, isn’t it ?

La idea de misterios, de ondas invisibles circulando entre los árboles es muy seductora, ¿no?

 

PS: Gracias Sandra por toda la información y el permiso de reproducción.

17/04/2010

Cris et chants d'oiseaux / gritos y cantos de pájaros

5 avril 2010 Albufera 023.jpg

 

Albufera; el origen de la palabra es el árabe البحيرة al-buhayra, « La laguna » o « el pequeño mar »

L’origine du mot est l’arabe البحيرة al-buhayra, « La lagune » ou « la petite mer ».

 

5 avril 2010 Albufera 007.jpgUne promenade, simplement. Dans le parc naturel de l’Albufera. Un vendredi matin à 9h. L’heure est importante si on veut y voir oiseaux et canards, tortues …Ou alors le soir, à la tombée du jour.

Surtout pas, comme nous l’avions fait, le lundi de Pâques vers 11h. Adorables, oui, tous ces bambins en bicyclette qui fonçaient sur les chemins étroits en criant. Invincibles avec leurs petits casques : vite se garer, vite ! Nous n’avions qu’entraperçu un canard égaré …ou sourd ?

 

Un paseo, simplemente. En el parque natural de la Albufera : Un viernes a las 9 de la mañana. La hora es importante si se quiere ver pájaros y patos, tortugas…O por la tarde, a la puesta del sol.

Y no, como lo habíamos hecho, el lunes de Pascuas a las 11.

Adorables, sí, todos esos chiquillos en bicicleta que arremetían sobre los estrechos caminos, gritando. Invencibles con sus cascos: apartarse, ¡rápido!

Sólo habíamos entrevisto un pato extraviado… ¿o sordo?

 

Donc l’excursion nature le vendredi suivant fut un délice. Sac à dos, jumelles, appareil photo, 9avril 2010 Albufera 034.jpgune bouteille d’eau. Quelques adultes, sans doute des professionnels, observant ou prenant des photos avec un matériel impressionnant.

Sur les sentiers bordés de roseaux et d’une graminée appelée « chamiza », on entend plus qu’on ne voit. Et on peste de ne pas voir celui ou celle qui chante. Mais dès qu’on s’attarde près d’une étendue d’eau, caché dans un abri ou immobile sur la berge, c’est la fête.

La excursión naturaleza del viernes siguiente fue una delicia. Mochilas, prismáticos, cámara de fotos, una botella de agua. Algunos adultos, tal vez profesionales, observaban o sacaban fotos con un material impresionante.

En los senderos lindados de cañas y de una gramínea llamada “chamiza”, se oye más que se ve. Y uno rabia de no ver el o la que canta. Pero basta con quedarse cerca de una extensión de agua, escondido en un mirador o inmóvil en la orilla y es la fiesta.

 

9avril 2010 Albufera 020.jpg

 

 

Pablo Neruda

El poeta se despide de los pájaros

 

(…)

Yo, poeta
popular, provinciano, pajarero,
fui por el mundo buscando la vida:
pájaro a pájaro conocí la tierra;
reconocí dónde volaba el fuego:
la precipitación de la energía
y mi desinterés quedó premiado
porque aunque nadie me pagó por eso
recibí aquellas alas en el alma
y la inmovilidad no me detuvo.

 

Le poète prend congé des oiseaux

 

Moi, poète

Populaire, provincial, oiseleur,

Je parcourus le monde en cherchant la vie:

D’oiseau en oiseau je connus la terre ;

Je reconnus où volait le feu :

La précipitation de l’énergie

Et mon désintérêt fut récompensé

Car bien que personne ne m’ait payé pour cela

Je reçus ces ailes sur l’âme

Et l’immobilité ne m’arrêta pas. (trad. Colo)

12/03/2010

Solitudes / Soledades

Une épaisse couche de neige, et c’est la seconde fois en un mois, a couvert les îles Baléares cette semaine. C’est rare et si beau que voici une photo de mes palmiers.

Una espesa capa de nieve, y es la segunda vez en un mes, ha cubierto las islas Baleares esta semana. Ocurre raras veces y es tan bonito que les pongo una foto de mis palmeras.

10 marzo nieve 2010 002.jpg

C’est l’isolement des vieilles gens accru par le froid qui m’a fait choisir cet extrait du roman « Pleine lune » d’Antonio Muñoz Molina, un superbe roman.

Es el aislamiento de los mayores, aumentado por el frío, que me ha hecho elegir ese pasaje de la novela “Plenilunio” de Antonio Muñoz Molina, una magnífica novela.

 

« Il passait trop de temps seul, s’imprégnant lentement d’oubli et de vieillesse à laquelle il ne croyait pas et il n'y faisait au fond pas fort attention, de la même façon qu’il ne s’arrêtait pas à penser à la fadeur des aliments sans sel, au froid du carrelage de sa chambre, à la laideur et mauvaise odeur de la bombonne de gaz qui le réchauffait, contemporaine du vase bleu électrique et des fauteuils et du canapé tapissés de plastique vert. Il laissait de côté ses tracas et ne se plaignait pas de sa solitude, mais quand il reconnut le visiteur qui se tenait face à lui, dans la maigre lumière du hall d’entrée, silencieux, malhabile, sans encore dire son nom, il eut une effusion impudique de jovialité, un soubresaut de gratitude qui lui humidifia les yeux et éveilla les émotions les plus cachées de son âme, tendresse antique et nostalgie sans motif, remords plus beau et plus ferme que les souvenirs déjà en partie effacés qui le provoquaient. » (Trad. Colo, je ne possède pas la version en français)

pleine lune muñoz molina.jpg

“Pasaba solo demasiado tiempo, contaminándose despacio de postergación y vejez a la que no daba crédito y a la que en el fondo no se fijaba mucho, igual que no se paraba a considerar el tedio de los alimentos sin sal, el frío de las baldosas de su cuarto, la fealdad y el mal olor de la bombona de butano con la que se calentaba, contemporánea del jarrón azul eléctrico y de los sillones y el sofá tapizados de plástico verde. No hacía caso de su pesadumbre ni se quejaba de su soledad, pero cuando reconoció al visitante que permanecía frente a él, en la luz escasa del recibidor, callado, inhábil, aún sin decir su nombre, tuvo una efusión impúdica de jovialidad, un sobresalto de gratitud que le humedeció los ojos y le despertó las emociones más escondidas de su alma, ternura antigua y nostalgia sin motivo, remordimiento más precioso y más firme que los recuerdos ya en parte borrados que lo provocaban.”