mère

  • Les assiettes-souvenirs / Los platos-recuerdos

    Imprimer

     Ana Pérez Cañamares
    Santa Cruz de Tenerife, 1968

     

     

    LES ASSIETTES offertes par ma mère
    sont maintenant ternes et démodées.
     
    Quand nous faisons le ménage
    elles nous regardent tels des malades agonisants
    qui ne comprennent pas ce que nous leur voulons.
     
    Mais ce sont les assiettes de ma mère
    qui ne m’offrira jamais plus
    rien.
    Si un jour nous nous décidions à les jeter
    j’essayerai d’avoir sa voix en tête :
    les choses, ma fille, ne sont que des choses”.
     
    Ma mère n’est pas dans l’assiette.
    Ma mère est dans le pain que je mange.
    Trad: Colette
     
    463
    http://souris-blanche.over-blog.com/pages/De_vieilles_choses-1230162.html

     
    LOS PLATOS que me regaló mi madre
    están ya deslucidos y pasados de moda.

    Cuando hacemos limpieza
    nos miran como enfermos agonizantes
    que no entienden qué queremos de ellos.

    Pero son los platos que me regaló mi madre
    que ya nunca volverá a regalarme
    nada.
    Si un día nos decidiéramos a tirarlos
    intentaré escuchar su voz en mi cabeza:
    “las cosas, hija, son sólo cosas“.

    Mi madre no está en un plato.
    Mi madre está en el pan que como.
  • Naissances poétiques / Nacimientos poéticos

    Imprimer

    Sur le thème “naître” voici deux poèmes, totalement différents.

    Sobre el tema « nacer » he aquí dos poemas, totalmente distintos.

     

    Le premier est de la Paraguayenne et contemporaine Lourdes Espínola.

    Peu de mots, un message clair et fort.

    El primero es de la Paraguaya y contemporánea Lourdes Espínola

    Pocas palabras, un mensaje claro y fuerte.

     

    Nacer Mujer

     

    La alternativa:
    Saltar del balcón; despedazarlo.
    Faldas, abanico, hilo, aguja:
    me desnudo y rebelo.
    ¡Basta de mirar la vida
    desde este balcón!
    Cárcel semicircular
    tímpano sordo, sorda boca
    grito y digo
    del solitario oficio de escribirMaja_celestina_balcon_Goya.jpg

    Manuscrito de internas visiones
    espejos de mujer abriéndose.
    Nazco
    rompiendo venenosos manantiales. (L.Espínola)

     

                                          
    Naître femme

     

    L’alternative:

    Sauter du balcon; le déchiqueter.

    Jupes, éventail, fil, aiguille :

    je me dénude et rebelle.

    Fini de regarder la vie

    du balcon !

    Prison semi-circulaire

    tympan sourd, sourde bouche

    je crie et dis                                                                                          

    du solitaire travail d’écrire.

    Manuscrit de visions internes

    miroirs de femme s’ouvrant.

    Je nais

    brisant de venimeuses sources. (trad. Colette M.) Peinture, Goya.

     

    Le second est nostalgique ; retrouver l’enfance perdue et ses douceurs est le sujet de ce poème, pas fort connu, d’Antonio Machado (1875-1939). Si vous connaissez peu et/ou mal l’homme, sa vie, ses mots, prenez le temps de lire ceci.

    El segundo es nostálgico; volver a encontrar la infancia perdida y sus dulzuras  es el tema de ese poema, poco conocido, de Antonio Machado.

     

    Renacimiento

     

    Galerías del alma... ¡El alma niña!
    Su clara luz risueña;
    y la pequeña historia,
    y la alegría de la vida nueva...
    ¡Ah, volver a nacer, y andar camino,
    ya recobrada la perdida senda!
    Y volver a sentir en nuestra mano
    aquel latido de la mano buena
    de nuestra madre... Y caminar en sueñosMazerine Argentine belgique.jpg
    por amor de la mano que nos lleva.

    En nuestras almas todo
    por misteriosa mano se gobierna.
    Incomprensibles, mudas,
    nada sabemos de las almas nuestras.
    Las más hondas palabras
    del sabio nos enseñan

    lo que el silbar del viento cuando sopla
    o el sonar de las aguas cuando ruedan. (A. Machado)

    Renaissance

     Galeries de l’âme…L’âme, ma fille!

    Sa claire lumière souriante;

    et la petite histoire

    et la joie de la vie nouvelle…

    Ah, renaître et faire du chemin

    le sentier perdu enfin retrouvé !

    Et à nouveau sentir dans notre main

    le battement de la bonne main

    de notre mère…Et marcher en rêve

    par amour de la main qui nous mène.

     

    Tout dans nos âmes

    par une main mystérieuse est gouverné.

    Incompréhensibles, muettes,

    nous ne savons rien de nos âmes.

    Les plus profondes paroles

    du sage nous enseignent

    ce que dit le sifflement du vent quand il souffle

    ou  le murmure de l’eau quand elle roule. (Trad. Colette M.)