09/12/2017

Sourires et images

C’était à la frontière avec la Guinée Bissau, tout au sud du Sénégal. Nous sommes restés une semaine dans ce petit village.
 
Ce n’était pas vraiment un endroit touristique (à part un club Med. dont les clients ne sortent pas ou peu) mais il y a de nombreux résidents européens, retraités, qui y passent la saison sèche. Principalement des français et des belges.
 
Il y avait le doux Adama, avec son magasin savamment installé sur son vélo. Il était fier Adama car lors de la course cycliste il était“le troisième africain”. “Les français étaient forts” disait-il, moi je pense qu’ils avaient de meilleurs vélos…
 
 
Il y avait la souriante Mané qui m’a enseigné à préparer un poulet yassa, délicieux. Les cubes de bouillon Jumbo sont omniprésents dans leur cuisine.
 
Il y avait Moudou qui, à 7h30, passait, bonnet de laine et veste à longues manches. Il faisait 23º. “Vous avez froid Moudou?” “Oui, il fait froid”.
 
Et tant d’autres qui semblaient si contents qu’on parle avec eux (ils disent que certains européens les ignorent...relents de colonialisme). Les pêcheurs et les ramasseurs de coquillages vides (ils les vendent pour faire du coquillé, un mélange de morceaux de coquillages et de ciment).
 

 

 
Les plages, immenses, étaient vides d’humains, seuls des chiens puis des vaches. 
 

 

 
 
Et la poésie me direz-vous? Elle est partout: les sourires et la lumière jaunâtre à l’aube, rosâtre le soir, cet arbre qui semble porter une jupe, des coquillages sur la plage qui semblent être des papillons…
 

 

 
 
C’était la première fois que je sortais de l’Europe. Ce voyage m’a énormément intéressée, bouleversée aussi.
 
Dans le prochain billet, un poème et un bois sacré...l’animisme est très présent là-bas.
 
Lo siento amigos españoles, tuve pereza esta vez de traducirlo al español. Pero tenéis las fotos...

19/11/2016

Fiat lux

Foto Colette, Puigpunyent nov. 2016

 Dans toute chose il y a une faille. C'est ainsi qu'entre la lumière.

En cada cosa hay un fallo. Así es como entra la luz.

 

There is a crack in everything. That's how light gets in.
 


Paroles chanson Anthem de Leonard Cohen

08/01/2011

La voix de la fée / La voz del hada

 

Paul-Gauguin-Fatata-Te-Miti-.jpg

Pour commencer l’année, deux courts  poèmes de l’ Iranienne Forough Farrokhzad

Para empezar el año, dos poemas cortos de la iraní Forough Farrokhzad

 

 

Moi
Je connais une petite fée triste
Qui demeure dans un océan
Et joue son coeur dans un pipeau de bois
Doucement doucement
Une petite fée triste
Qui la nuit venue d'un baiser meurt
Et à l'aube d'un baiser renaît.

 

Yo

Conozco una pequeña hada triste

Que vive en un océano

Y toca su corazón en una flauta de madera

Suavemente suavemente

Una pequeña hada triste

Quien, venida la noche, de un beso muere

Y al alba de un beso resucita. (trad Colette)


Forough Farrokhzad (poète iranienne 1935-1967)

`

Tanha sedast ke mimanad - Il n’y a que la voix qui reste- Sólo queda la voz

 

La voix, la voix, seulement la voix

La voix du désir de l’eau de couler

La voix de l’écoulement de la lumière sur la féminité de la terre

La voix de la formation d’un embryon de sens...

 

La voz, la voz, sólo la voz

La voz del deseo de correr del agua

La voz del discurso de la luz sobre la feminidad de la tierra

La voz de un embrión de sentido… (trad. Colette)

Foroukh Farrokhzâd

 

Poèmes trouvés sur : http://www.pierdelune.com/farrok3.htm

 Illustration: Gauguin. Fatata te Miti