27/01/2018

L'illusion d'embrasser / La ilusión de besar

-C'est un poème du XVIIIº ou XIXº siècle? me demande el señor M.

-Non, de la première moitié du XXª, pourquoi?

-C'est la forme...qui me semble d'un autre temps.
 
Ah, bon, peut-être, mais l'érotisme n'a pas d'âge.
 
-¿Es un poema del siglo XVII o XIX,? me pregunta el señor M.
- No, es de la primera mitad del siglo XX, ¿por qué?
-Es la forma... que me parece anticuada.
-Ha, bueno, tal vez, pero el erotismo no tiene edad.

 

La caresse perdue            Alfonsina Storni
 (le prochain billet sera consacré à cette incontournable poétesse Argentine)
 
S’échappe de mes doigts la caresse sans cause,
s’échappe… Dans le vent, en passant,
la caresse qui erre sans destin ni objet,
la caresse perdue- qui la recueillera?
 
J’ai pu aimer cette nuit avec une infinie pitié,
j’aurais pu aimer le premier arrivant.
Personne n’arrive. Le sentiers fleuris sont solitaires.
La caresse perdue, errera...errera…
 
Si on te baise les yeux cette nuit, voyageur,
si un doux soupir fait frémir les branches,
si t’opprime les doigts une petite main
qui te prend et te laisse, et t’obtient et s’en va.
 
Si tu ne vois pas cette main, ni cette bouche qui embrasse,
si c’est l’air qui tisse l’illusion d’embrasser,
oh, voyageur, toi aux yeux ouverts comme le ciel,
fondue dans le vent, me reconnaîtras-tu?
 
(Trad: Colette)
 
Temple de l'amour - 1916 - Auguste Rodin
 

La caricia perdida de Alfonsina Storni

 

Se me va de los dedos la caricia sin causa,
se me va de los dedos… En el viento, al pasar,
la caricia que vaga sin destino ni objeto,
la caricia perdida ¿quién la recogerá? 

 
Pude amar esta noche con piedad infinita,
pude amar al primero que acertara a llegar.
Nadie llega. Están solos los floridos senderos.
La caricia perdida, rodará… rodará… 

 
Si en los ojos te besan esta noche, viajero,
si estremece las ramas un dulce suspirar,
si te oprime los dedos una mano pequeña
que te toma y te deja, que te logra y se va. 

 
Si no ves esa mano, ni esa boca que besa,
si es el aire quien teje la ilusión de besar,
oh, viajero, que tienes como el cielo los ojos,
en el viento fundida, ¿me reconocerás?