iriarte

  • Sauvage sauge / Salvaje salvia

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    Fable / Fábula de  Tomás de Iriarte (Tenerife 1750- Madrid 1791)

    El té y la salvia
    Le thé et la sauge


    Algunos sólo aprecian la literatura extranjera, y no tienen la menor noticia de la de su nación
    Certains n'apprécient que la littérature étrangère, et n'ont pas la moindre nouvelle de celle de leur pays.



     

    Le thé, venant de l'empire chinois,
    rencontra la sauge sur le chemin.
    Elle lui dit: “Où vas-tu compère?”
    En Europe je vais, commère,
    où je sais qu'on m'achète à bon prix”.
    Moi - répondit la sauge -je vais en Chine,
    car là-bas avec grande estime
    on me reçoit pour le goût et la médecine.
    En Europe on me traite de sauvage,
    et jamais je n'ai pu faire fortune”.
    Que Dieu te garde. Tu ne voyageras pas en vain,
    car il n'y a aucun pays
    qui n'applaudisse et paye avec plaisir
    tout ce qui vient de l'étranger”.

     

    El té, viniendo del imperio chino,
    se encontró con la salvia en el camino.
    Ella le dijo: «¿Adónde vas, compadre?»
    «A Europa voy, comadre,
    donde sé que me compran a buen precio».
    «Yo -respondió la salvia- voy a China,
    que allá con sumo aprecio
    me reciben por gusto y medicina.
    En Europa me tratan de salvaje,
    y jamás he podido hacer fortuna».
    «Anda con Dios. No perderás el viaje,
    pues no hay nación alguna
    que a todo lo extranjero no dé
    con gusto aplausos y dinero». 

    Sauge, salvia, du latin salvere...la plante qui sauve/ la planta que salva



    Que la sauge me pardonne,
    car au commerce sa devise s’oppose.
    Si je parlais du commerce littéraire,  
    je ne défendrais pas le contraire,
    car en lui pour certains est vice
    ce qui en général est bénéfice;
    et un Espagnol qui peut-être réciterait
    cinq cent vers de Boileau et el Tasso*,
    il se peut qu'il ne sache pas encore
    en quelle langue les écrivit Garcilaso*. 
     
    La salvia me perdone,
    que al comercio su máxima se opone.
    Si hablase del comercio literario,
    yo no defendería lo contrario,
    porque en él para algunos es un vicio
    lo que es en general un beneficio;
    y español que tal vez recitaría
    quinientos versos de Boileau y el Tasso,
    puede ser que no sepa todavía
    en qué lengua los hizo Garcilaso.

    Traduction: Colette


    Torquato Tasso (Sorrento, 1544 – Roma, 1595) fue un poeta italiano/ fût un poète italien.
    Garci Lasso de la Vega (Toledo, entre 1498-1536), más conocido/ plus connu comme- como Garcilaso de la Vega, fue un poeta y militar español del Siglo de Oro/ fût un poète et militaire espagnol du Siècle d'Or.