03/08/2012

Fuir / Huir

 

Fuir.

L'idée est peu glorieuse, lamentable même; battre en retraite ou s'échapper au hasard.

Mais il est une fuite délicieuse, celle dans l'imaginaire qui est, selon Eugène Ionesco"... une évasion, elle est audace, invention."

Fuir le brouhaha, la cohue des plages, se fuir soi-même parfois en se noyant dans la multitude ou d'autres paradis artificiels.

Je suis de l'avis de Leonardo da Vinci “C'est à tort que les hommes se plaignent de la fuite du temps, en l'accusant d'être trop rapide, sans voir qu'il s'écoule à la bonne vitesse.”
Quelle est la bonne vitesse?
En cet été, oh, pas fort différent des précédents pour ce qui est de la chaleur et où la lenteur régente nos vies, je me demande où fuir.
J'ai deviné la fraîcheur de cette cave, dans le village d'Alaró.
Je suis de l'avis de Leonardo da Vinci “C'est à tort que les hommes se plaignent de la fuite du temps, en l'accusant d'être trop rapide, sans voir qu'il s'écoule à la bonne vitesse.”
Quelle est la bonne vitesse?
En cet été, oh, pas différent des précédents pour ce qui est de la chaleur et où la lenteur régente nos vies, je me demande où fuir.

Huir
La idea es poco gloriosa, incluso lamentable; batirse en retirada o escapar al azar.

Pero existe una huida deliciosa hacia el mundo imaginario que es, según Eugène Ionesco”...una evasión, es audacia, invención”.

Huir del guirigay, del tropel de las playas, huir a veces de si mismo  sumergiéndose en la multitud o en otros paraísos artificiales.

La fuga del tiempo, ah, ¡qué cosa!
Soy de la opinión de Leonardo da Vinci. “Se equivocan los hombres cuando se quejan de la fuga del tiempo, acusándole de ser demasiado rápido, sin ver que fluye a la velocidad adecuada”.
¿Cuál es la velocidad adecuada?
En este verano, no diferente a los anteriores en cuanto al calor, y donde la lentitud rige nuestras vidas, me pregunto dónde huir.

He adivinado la frescura en este sótano, en el pueblo de Alaró.

J'ai deviné la fraîcheur de cette cave, dans le village d'Alaró.
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Sinon, cette superbe grotte bleue vue au cours d'une excursion à l'île de Cabrera.
Fuir la chaleur, la lenteur-limace, est-ce de la lâcheté?
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Sino, esta magnífica cueva azul vista en una excursión a la isla de Cabrera.
Huir del calor, de la lentitud de babosa, ¿es cobardía?

04/12/2010

La folle imagination / Esa loca imaginación

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Julián, un petit garçon du village, a 4 ans et ne veut apprendre ni à lire ni à écrire car, clame-t-il, il sera  mécanicien de nuages. C’est lui et son imagination qui m’ont fait repenser à ce passage de « La folle du logis » de l’écrivaine Rosa Montero.

«  … dans le travail de romancier il y a quelque chose d’encore plus important que ce tintement de mots, c’est l’imagination, les rêveries, ces autres vies fantastiques et occultes que nous avons tous. Faulkner disait qu’un roman «  est la vie secrète d’un écrivain, l’obscure frère jumeau d’un homme ».

Et Sergio Pitol, (…) ajoute: « Un romancier est un homme qui entend des voix, ce qui l’assimile à un dément ».

(…) il me semble qu’en réalité cette imagination débridée nous assimile plus aux enfants qu’aux lunatiques. Je crois que les humains, nous entrons tous dans l’existence sans savoir bien distinguer le réel du rêve ; de fait, la vie infantile est en grande partie imaginaire.

Le processus de socialisation, ce que nous appelons éduquer, ou mûrir, ou grandir, consiste précisément à tailler les efflorescences capricieuses, à fermer les portes du délire, à amputer notre capacité à rêver éveillés ; et malheur à celui qui ne saura pas sceller cette fissure entre les deux côtés car il sera probablement considéré comme un pauvre fou.

Le romancier a donc le privilège de continuer à être un enfant, de pouvoir être un fou, de maintenir le contact avec ce qui est informe. «  L’écrivain est un être qui n’arrive jamais à devenir adulte », dit Martín Amis dans son beau livre autobiographique Expérience, et il doit bien le savoir car il a tout l’aspect d’un Peter Pan un peu fané qui refuse avec entêtement de vieillir. ».

(Trad : Colette . Extrait de « La folle du logis » R. Montero)

 

PS : ce billet est pour ceux qui ont gardé un brin de folie, un zeste d’enfance, des nuages plein les cheveux.

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Julián, un niño del pueblo, tiene 4 años y no quiere aprender ni a leer ni a escribir ya que, dice, será mecánico de nubes. Son él y su imaginación los que me han hecho recordar ese pasaje de “La loca de la casa” de Rosa Montero.

“…en el oficio de novelista hay algo aún más importante que ese tintineo de palabras, y es la imaginación, las ensoñaciones, esas otras vidas fantásticas y ocultas que todos tenemos. Decía Faulkner que una novela “es la vida secreta de un escritor, el oscuro hermano gemelo de un hombre”.Y Sergio Pirol (…) añade:” Un novelista es un hombre que oye voces, lo cual lo asemeja con un demente”.

(…) me parece que en realidad esa imaginación desbridada nos asemeja más a los niños que a los lunáticos. Creo que todos entramos en la existencia sin saber distinguir bien lo real de lo soñado; de hecho, la vida infantil es en buena medida imaginaria. El proceso de socialización, lo que llamamos educar, o madurar, o crecer, consiste precisamente en podar las florescencias fantasiosas, en cerrar las puertas del delirio, en amputar nuestra capacidad para soñar despierto; y ay de aquel que no sepa sellar esa fisura con el otro lado, porque probablemente será considerado un pobre loco.

Pues bien, el novelista tiene el privilegio de seguir siendo un niño, de poder ser un loco, de mantener el contacto con lo informe. “El escritor es un ser que no llega jamás a hacerse adulto” dice Martín Amis en su hermoso libro autobiográfico Experiencia, y él debe saberlo muy bien, porque tiene todo el aspecto de un Peter Pan algo marchito que se niega empeñosamente a envejecer”. Extracto de “La loca de la casa” R.Montero