galice

  • Sur le dos d'un violon / A lomos de un violín

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    Un poème surréaliste de la galicienne Blanca Andreu (La Coruña, 1959)

     

    Photo Colette, port de Valldemossa
     
     
     

     

    Marine

    Je t'ai vu, océan
    je t'ai galopé
    sur le dos d'un violon
    de bois poli
    d'un lutrin courbe
    de couleur du cerisier
    et tu étais, océan
    un champ
    d'herbe bleue
    en mouvement.

    Comme si tu étais
    l'oubli même
    je t'ai visité
    océan
    empereur des eaux
    miroir profond du ciel
    et j'ai vu dans tes éternelles barbes d'écume
    des céréales bleues et des fleurs du silence.
    (trad: Colette)
    "El sueño oscuro" 1994
     
    Photo Colette , miroirs de lune?
     
    Marina

    Blanca Andreu‏


    Te he visto, océano
    te he galopado
    a lomos de un violín
    de madera pulida
    de un potro alabeado
    del color del cerezo
    y eras, océano
    un prado
    de hierba azul
    en movimiento.

    Como si fueras
    el propio olvido
    te he visitado
    océano
    emperador de las aguas
    espejo profundo del cielo
    y he visto en tus eternas barbas de espuma
    cereales azules y flores del silencio.

    "El sueño oscuro" 1994 

     

  • Douleurs et ombres / Rosalía de Castro / Dolores y sombras

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    Rosalia de Castro est née en 1837 en Galice, à Saint Jacques de Compostelle de “parents inconnus”. Pas si inconnus que ça, mais sa mère, fille-mère comme on disait à l'époque, n'osa pas la déclarer et son père, un prêtre, ne put pas le faire. Pas facile en effet, ni alors (sacrilège), ni aujourd'hui.
    Pendant les cinq premières années de sa vie elle fut élevée par des soeurs de son père. Mais après, sa mère, affrontant la société, décida de l'éduquer elle-même.
    Un lien très étroit se crée alors entre la mère et la fille. Rosalía ne reprochera jamais à sa mère de l'avoir abandonnée et a pour elle un amour sans borne, admire son courage.
    Rosalía reçoit une éducation sommaire dans la campagne de Galice.

    Rosalía de Castro nació en 1837 en Galicia, Santiago de Compostela, de “padres desconocidos”. No tan desconocidos pero su madre, madre soltera, no se atrevió a declararla y su padre, un sacerdote, no pudo. No era fácil, ni entonces (sacrilegio) ni ahora tal vez.
    Durante los cinco primeros años de su vida fue criada por unas hermanas de su padre. Pero después, enfrentándose a la sociedad, su madre decidió educarla ella misma.
    Un lazo muy estrecho se estableció entre madre e hija y Rosalía nunca le reprochó su abandono a su madre, la adora, admira.
    Su educación escolar fue básica, en el campo gallego.



    À 19 ans elle part à Madrid, écrit la première série de Poèmes Flores, en espagnol, d'inspiration romantique. Puis elle rencontre et se marie avec le journaliste et intellectuel connu Manuel Martínez Murguía qui l'introduit dans le monde, l'encourage à écrire, à publier. Elle écrira en galicien.
    Deux malheurs successifs, la mort de sa mère adorée et celle d'un enfant d'un an, la plongent dans une douleur immense. Elle écrira des poèmes déchirants. 

    A los 19 años se marcha a Madrid, escribe su primera serie de poemas Flores, en español, de inspiración romántica. Luego encuentra y se casa con el periodista e intelectual Manuel Martínez Murguía que la introduce en el mundo, la anima a escribir, a publicar.
    Dos desgracias sucesivas, la muerte de su madre querida y la de un hijo de un año la sumergen en un inmenso dolor. Escribe varios poemas desgarradores.
     
    Pour aujourd'hui nous en resterons là de sa vie, nous en savons assez pour comprendre le poème que j'ai choisi.
    La mort déguisée en ombre noire, omniprésente.
    Ce poème est devenu une des chansons les plus emblématiques de la musique galicienne car le musicien Xoán Montés Capón (1840) a uni mots et musique.
    Luz Casals, Carlos Nuñoz, deux grands artistes pour interpréter ce poème-chanson en galicien.

    Llegados a este punto de su vida, nos pararemos, sabemos bastante para entender el poema que elegí.
    La muerte disfrazada de sombra negra, omnipresente.
    Este poema se ha convertido en una de las canciones más emblemáticas gallegas ya que el músico  Xoán Montés Capón (1840) unió palabras y música.

     



    Voici le poème en espagnol et ma traduction en français. 

    Negra sombra Rosalía de Castro

     

     

    Cuando pienso que te fuiste,
    negra sombra que me asombras,
    a los pies de mis cabezales,
    tornas haciéndome mofa.

     

    Quand je pense que tu es partie,
    ombre noire qui m'inquiètes,
    à mon chevet,
    tu reviens te moquer de moi.

     

    Cuando imagino que te has ido,
    en el mismo sol te me muestras,
    y eres la estrella que brilla,
    y eres el viento que zumba.

     

    Quand j'imagine que tu t'en es allée,
    en plein soleil tu te montres,
    et tu es l'étoile qui brille,
    et tu es le vent qui bruit.

     

     
    Si cantan, eres tú que cantas,
    si lloran, eres tú que lloras,
    y eres el murmullo del río
    y eres la noche y eres la aurora.

     

    S'ils chantent, c'est toi qui chantes,
    s'ils pleurent, c'est toi qui pleures,
    et tu es le murmure du ruisseau,
    et tu es la nuit et l'aurore.

     

    En todo estás y tú eres todo,
    para mí y en mi misma moras,
    ni me abandonarás nunca
    sombra que siempre me asombras.

     

    Tu es en tout et tu es tout,
    pour moi et en moi tu vis,
    jamais tu ne m'abandonneras
    ombre qui toujours m'inquiètes.  

     

     (Trad en français: Colette)