18/12/2010

Un instant, un flocon / Un instante, un copo de nieve

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 Je ne pense pas que la vie soit courte. Elle nous donne généralement assez de temps pour réaliser une multitude de projets et de rêves. La vie nous permet de rectifier certaines erreurs, de nous enfoncer dans d’autres aussi, c’est comme ça.

 L’inconvénient majeur c’est qu’elle ne nous offre pas de seconde chance, une deuxième vie.

 

Parlons aujourd’hui de l’instant, du moment présent. Dans son roman « Dolce agonia » lu il y a longtemps, N. Huston se prend pour Dieu (encore une !) et règle le destin d’un groupe de vieux amis. J’avais souligné un passage où elle fait un parallèle que j’aimerais partager  avec vous :
« La neige lui avait toujours semblée  traîtresse, trompeuse, chaque flocon une minuscule étoile étincelante, toute légèreté et toute douceur, prête à vous fondre sur  la langue et sur la peau, alors que leur lente accumulation était une force meurtrière capable de faire déraper une voiture, s’effondrer les toits, s’abattre les arbres ; oui, elle arrêtait tout, bloquait tout, vous empêchait d’avancer, de rejoindre vos proches (…)

Exactement comme le temps, se dit-il maintenant. Chaque instant en lui-même sans poids, imperceptible, un minuscule éclat de cristal qui vous fond sur la langue, alors que leur accumulation est une force meurtrière, les années vous enfoncent, recouvrant tout et estompant les différences…Comment faite, mon Dieu, pour franchir les énormes congères du Temps ? On s’acharne sur elles pour les écarter, les repousser sur les bords de la route, mais entre-temps, sur la chaussée elle-même, la neige s’est transformée en neige dangereuse, provoquant des accidents, précipitant les gens dans la mort…alors que tout avait commencé de façon si innocente, un instant l’un après l’autre… »

 

 

 

No creo que la vida sea corta. Generalmente nos da tiempo suficiente para realizar multitud de proyectos y sueños. La vida nos permite rectificar algunos errores pero también podemos hundirnos en otros.

El gran inconveniente es que no nos ofrece una segunda oportunidad, una segunda vida.

 

Hablemos hoy del instante, del momento presente. La escritora Nancy Huston, en su  novela “Dolce agonia”, se cree Dios y decide el destino de un grupo de viejos amigos. En uno de los párrafos hace un paralelismo que me gustaría compartir:

 

“La nieve siempre le había parecido traidora, engañosa, cada copo una minúscula estrella relumbrante, toda  ligereza y toda dulzura, lista para derretirse en la lengua o en la piel, mientras que su acumulación era una fuerza mortífera capaz de hacer resbalar a los coches, derrumbar los tejados, tumbar los árboles, sí, paraba todo, lo bloqueaba todo, os impedía avanzar, reuniros con vuestros parientes…

Exactamente como el tiempo pensó ahora. Cada instante, sin peso propio, imperceptible, un minúsculo destello de cristal que se derrite en la lengua, mientras que su lenta acumulación es una fuerza mortífera, los años nos hunden, recubriendo todo y esfumando las diferencias… ¿Cómo hacer, Dios mío, para franquear los glaciares del Tiempo? Uno se empeña en apartarlos, empujarlos a las orillas de la carretera pero, entretanto, en la misma calzada, la nieve se transforma en hielo peligroso, provoca accidentes, precipita gente hacia la muerte…cuando todo había empezado de manera tan inocente, un instante, uno tras otro…” (trad. Colette)

 

Foto: I Pampín ( c'est derrière chez moi, es detrás de mi casa)