22/06/2013

Du frison au flamenco / Del frisón al flamenco

Il y a une semaine à peine j'ignorais tout du “Frison”, cette langue parlée...en Frise bien sûr, c'est à dire le Nord des Pays Bas, et dans une petite partie de l'Allemagne. Langue indo-européenne elle ressemble à du vieil anglais, mais aussi au néerlandais et au bas-allemand.
 
C'est beau la Frise, c'est vert, c'est surtout marin. 
 
 
 

Et puis il y a des frisons (race de chevaux) et des frisonnes (race de vaches) ;-)
 
 
 
 
 
Bon, bien, vous dites-vous, mais quel est le lien avec l'Espagne? J'y viens...
 
En Frise donc habite une jeune femme à la voix superbe, qui s'appelle Nynke Laverman et vient de sortir son quatrième album intitulé “Alter”.
La démarche originale, qu'elle avait déjà suivie avec les fados, c'est d'adapter un texte en frison à une musique étrangère, ici, le flamenco. Elle a fait appel à Javier Limón, une des figures les plus connues du flamenco en Espagne.
Celui-ci a tenu à faire le voyage en Frise pour s'imprégner de cette terre, se familiariser avec la langue.
 
Voici un extrait de la composition du dernier disque. Autant vous dire que je n'en comprends pas un mot, mais c'est si beau...
 
 
 
Hace apenas una semana ignoraba todo del “Frisón” , esa lengua hablada...en Frisia, claro, es decir el Norte de los Países Bajos, y en una pequeña parte de Alemania. Idioma indo-europeo el frisón se parece al viejo inglés pero también al neerlandés y al bajo-alemán.
 
Frisia es bonita, es verde y sobre todo es marítima.
Y hay “frisones” (raza de caballos) y “frisonas” (raza de vacas) ;-)
 
 
Bueno, bueno, pensaréis, pero ¿ cuál es el lazo con España ? Ahí voy...
 
En Frisia, pues, vive una mujer joven con una voz preciosa que se llama Nynke Laverman y acaba de sacar su cuarto albúm titulado “Alter”..
 
El procedimiento original que ya había seguido con los fados, consiste en adaptar un texto en frisón a una música extranjera, aquí el flamenco. Llamó a Javier Limón, una de la figuras más destacadas del flamenco. Este insistió en hacer el viaje a Frisia para impregnarse de aquella tierra, familiarizarse con el idioma.
 
Aquí un extracto de la composición de su último disco. No entiendo ni una palabra, pero qué bonito...(arriba)
 
 
 
Aquí, rubia, en un fado-frisón / ici, blonde, dans un fado-frison. 
 
 

05/11/2011

García Lorca, La peine noire / Romance de la pena negra

Federico García Lorca, j’y reviens encore et encore...

Aujourd’hui ce poème qui réunit ses thèmes de prédilection : les gitans,  les chevaux, la nature, la mer, la tristesse…

 

Siempre vuelvo a Federico García Lorca.

Hoy este poema que reúne sus temas de predilección: los gitanos, los caballos, la naturaleza, el mar, la tristeza…

 

 

 

Romance de la peine noire

 

Les coups de bec des coqs
creusent, cherchent l’aurore,
quand de la colline sombre
descend Soledad Montoya.
De cuivre jaune, sa chair
sent le cheval et l’ombre.
Ses seins, noires enclumes,
gémissent des chansons rondes.

Soledad: Qui cherches-tu
seule et à cette heure?
Je cherche qui je veux,

dis-moi, si cela t’importe?
Je chercher ce que je cherche,
ma joie et ma personne.
Soledad de mes chagrins,
cheval qui s’emballe,
finit par trouver la mer
et les vagues le dévorent.
Ne me rappelle pas la mer
car la peine noire pousse
au pays des olives
sous la rumeur des feuilles.
Soledad, comme tu es triste !
Quelle peine désolante !
Tu pleures du jus de citron
si aigre à l’attente et à la bouche.
Que ma peine est grande ! Je traverse
ma maison comme une folle

traînant mes nattes,

de la cuisine à l’alcôve.

Quelle tristesse ! Ma chair

et mon linge deviennent noir jais.
Aïe ! Mes chemises de fil !
Aïe ! Mes cuisses de pavot !
Dans la source aux alouettes
Soledad lave ton corps
et laisse ton cœur
en paix, Soledad Montoya.

****

Tout en bas chante le fleuve:
volant de ciel et de feuilles.
De fleurs de citrouille,
l’aube se couronne.
Oh ! Peine des gitans !
Peine pure et toujours seule.
Oh ! Peine de source occulte
et d’aurore lointaine !

(traduction CM/ MAH)

 

 

Voici une version chantée, flamenco ; émotions.

 

 

 

 

Romance de la pena negra

 

Las piquetas de los gallos
cavan buscando la aurora,
cuando por el monte oscuro
baja Soledad Montoya.
Cobre amarillo, su carne,
huele a caballo y a sombra.
Yunques ahumados sus pechos,
gimen canciones redondas.
Soledad, ¿por quién preguntas
sin compaña y a estas horas?
Pregunte por quien pregunte,
dime: ¿a ti qué se te importa?
Vengo a buscar lo que busco,
mi alegría y mi persona.
Soledad de mis pesares,
caballo que se desboca,
al fin encuentra la mar
y se lo tragan las olas.
No me recuerdes el mar,
que la pena negra, brota
en las tierras de aceituna
bajo el rumor de las hojas.
¡Soledad, qué pena tienes!
¡Qué pena tan lastimosa!
Lloras zumo de limón
agrio de espera y de boca.
¡Qué pena tan grande! Corro
mi casa como una loca,
mis dos trenzas por el suelo,
de la cocina a la alcoba.
¡Qué pena! Me estoy poniendo
de azabache carne y ropa.
¡Ay, mis camisas de hilo!
¡Ay, mis muslos de amapola!
Soledad: lava tu cuerpo
con agua de las alondras,
y deja tu corazón
en paz, Soledad Montoya.
***
Por abajo canta el río:
volante de cielo y hojas.
Con flores de calabaza,
la nueva luz se corona.
¡Oh pena de los gitanos!
Pena limpia y siempre sola.
¡Oh pena de cauce oculto
y madrugada remota!

 

 

22/05/2010

La guitare de Paco de Lucía

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Paco, c’est le diminutif de Francisco et il y avait tant de Paco(s) dans le quartier où il jouait enfant, que pour le distinguer on l’appelait Paco de Lucía, le prénom de sa mère.

Lui c’est le génie de cette famille de 5 enfants dont le père, modeste tocaor* de réunions d’aficionados, avait pris la ferme résolution de faire de ses enfants de grands artistes du flamenco afin que jamais ils n’aient les difficultés économiques qu’il avait vécues. Et il les fit travailler dur.

Paco es el genio de una familia de 5 hijos; el padre, modesto tocaor de reuniones de aficionados había tomado la firme resolución de convertir sus hijos en grandes artistas del flamenco para que nunca tuvieran que enfrentarse a las dificultades económicas que él había vivido. Y les hizo trabajar duro.

Paco est devenu un révolutionnaire* et un virtuose du flamenco et ce mois de mai 2010  il a été décoré Doctor Honoris Causa par la meilleure université de la planète pour les musiciens, Berklee College of Music de Boston. Le premier espagnol de l’histoire.  Mais ce ne sont pas les honneurs qui l’attirent : « pour moi les honneurs sont toujours un emmerdement…Il faut voyager et de plus, ici,  il me faut mettre la toque, je me sens si ridicule avec une toque…De plus, je n’aime pas qu’on m’encense, les louanges m’ont toujours fait honte, mais il y a une chose qui me fait bouger du canapé de ma maison, c’est le flamenco ». Paco de Lucía a réussi à sortir le flamenco de la catégorie de musique folklorique andalouse, chose à laquelle il a travaillé depuis toujours.

Paco se convirtió en un revolucionario* y en un virtuoso del flamenco y en este mes de mayo 2010 fue decorado Doctor Honoris Causa por la mejor universidad del planeta para los músicos,  Berklee College of Music de Boston. El primer español de la historia. Pero no son los honores lo que le llama la atención.” A mi me parece que los honores son una lata (Y eso que yo nunca digo que un premio es importante porque para mi siempre es un coñazo)….Te toca viajar y además hay que ponerse el birrete…Por otro lado, no me gusta que me halaguen, siempre me ha dado vergüenza, pero si hay algo por lo que me muevo del sofá de mi casa es por el flamenco.” Paco de Lucía ha conseguido sacar el flamenco de la categoría de música folclórica andaluza, meta que persigue desde siempre.

Je ne vais pas vous raconter toute sa vie, mais il a  connu très tôt Camarón de la Isla, un cantaor*; on dit qu’il en « tomba amoureux pour toujours », du moins ont-ils joué, enregistré et fait des tournées ensemble jusqu’au décès prématuré de ce dernier.

No os voy a contar toda su vida, conoció muy pronto a Camarón de la Isla, un cantaor; se dice que “se enamoró de él para siempre”, por lo menos tocaron, grabaron e hicieron giras juntos hasta la muerte prematura de este.

 

Peut-être avez-vous eu la chance de le voir sur scène, sinon dans un des films de Carlos Saura, Carmen ou Flamenco. Ou d’assister à ce magnifique concert avec John Mc Lauhlin et Al Di Meola.

Tal vez hayan tenido la suerte de verle en el escenario, o en las películas Carmen o Flamenco de Carlos Saura. O de asistir a este magnífico concierto con John Mc Lauhlin y Al Di Meola.

 

Paco de Lucía est occupé à enregistrer un nouveau disque; à 63 ans il veut surprendre, se surprendre aussi. A la question :

-Qu’est-ce qu’il vous reste à faire

-Mais…tout ! La seule chose que j’ai faite dans ma vie a été jouer de la guitare. Une vie extrêmement pauvre, imagine-toi ! (El País 8-5-2010)

Paco de Lucía está grabando un nuevo disco; a sus 63 años quiere sorprender, sorprenderse también. A la pregunta:

-¿Qué le queda por hacer?

- Pues…¡todo! Lo único que he hecho en mi vida ha sido tocar la guitarra. ¿Una vida pobrísima, imagínate!

 

*Tocaor et cantaor sont les termes employés pour les guitaristes et chanteurs de flamenco.

*Sa permanente inquiétude innovatrice lui a valu des reproches des gardiens de l’orthodoxie, mais il est devenu le plus grand révolutionnaire de la musique flamenco.

*Su permanente inquietud innovadora provocó los reproches de los guardianes de la ortodoxia, pero se convirtió en el mayor revolucionario de la música flamenca.

Les informations proviennent du journal El País et de Flamenco world.com

Las informaciones vienen del periódico El País y de Flamenco world.com