fenêtre

  • Une autre fenêtre / Otra ventana

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    Poursuivons sur le thème de la fenêtre, mais sous un angle bien différent...

     

    Une autre fenêtre
    Miguel Angel Zapata (Perú, 1955)
     
    On se lasse d’être seul à délirer
    avec sa fenêtre au milieu de la rue,
    parmi la neige qui traîne
    sa blancheur dans les ruelles oubliées.
    On se lasse de sortir pour chercher
    la même femme à la chevelure
    jusqu’aux pieds.
     
    Peut-être est-ce cela l'art de la solitude :
    écrire, écrire encore l’île avec son ciel lilas
    et la sveltesse du phare qui verse sa lumière sur
    nos cheveux en désordre.
    Peut-être est-ce seulement ça : une boussole sans mémoire
    pour les temps à venir.
     
    (Trad : Colette)
     

    fenêtre, ventana

    Otra ventana

    Miguel Angel Zapata (Perú, 1955)
     
    Uno se cansa de estar solo delirando
    con su ventana en medio de la calle,
    entre la nieve que arrastra
    su blancor por los callejones olvidados.
    Uno se cansa de salir a buscar la
    misma mujer con el cabello
    largo hasta los pies.

    Tal vez en eso consista el arte de la soledad:
    escribir repetidas veces la isla con su cielo lila
    y la esbeltez del faro que derrama su luz sobre
    nuestro cabello alborotado.
    Tal vez sea sólo eso: una brújula sin memoria
    para el tiempo que vendrá.
  • Siesta

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    Borges, le grand; des tas de spécialistes ont traduit ses poèmes et je n'aurais jamais osé me lancer si je n'avais lu celui-ci qui est assez abordable et si imagé.

    La traduction du vers marqué par une étoile ne me satisfait pas vraiment mais je n'arrive pas à faire mieux en respectant le poème de JL Borges.

    Borges, el grande; un montón de especialistas han traducido sus poemas y nunca me hubiera atrevido al no haber leído este, bastante ameno y tan lleno de imágenes.

     

     

    Jorge Luis Borges

    SIESTA     SIESTE

    Des foules de soleil
        bloquent la maison
    et le temps intimidé stagne
    derrière les volets
        verts comme des cannaies
    Laissant tout de côté
        retrouvons notre corps
      pareil à une vaine annotation  *
    jusqu’à ce que les cloches débordantes
            versent le soir
    et s'agenouille le ciel humilié
    et nous nous vêtons de paysages prévus
     
     (trad. timide, Colette)
     
    Fenêtre au caractère ombrageux (Ph. JEA/DR). Du blog Mosaïques 2
     
    Muchedumbres de sol
        bloquean la casa
    y el tiempo acobardado se remansa
    detrás de las persianas
        verdes como cañaverales
    Margenándolo todo
          hallamos nuestro cuerpo
       como una misma acotación inútil
    hasta que las campanas rebosantes
                vierten la tarde
    y se arrodilla el humillado cielo
    y nos vestimos de previstos paisajes