23/09/2017

Comme toi / Cómo tú

Un message d’espoir” dit Paco Ibañez avant de chanter ce poème de León Felipe (poète espagnol, exilé après la guerre civile,  Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968) et il ajoute: ‘”celui qui lutte n’est pas mort”. 
Un poème dédié à nous tous, les petites gens.
 
 
 
 
 
Comme toi León Felipe
 
 
Ainsi est ma vie,
pierre,
comme toi. Comme toi,
petite pierre;
comme toi
pierre légère;
comme toi,
galet qui roule
sur les chemins
et les trottoirs;
comme toi,
humble caillou des routes;
comme toi
qui par les jours d’orage
t’aplatis
dans la boue de la terre
et puis
scintilles
sous les sabots
et sous les roues;
comme toi, qui n’as même pas servi
à être pierre
d’une halle de marché,
ni pierre d’un tribunal,
ni pierre d’un palais,
ni pierre d’une église;
comme toi,
pierre aventureuse;
comme toi
qui, peut-être, n’es faite
que pour une fronde,
pierre petite
et
légère...
 
(Trad: Colette)
 
 
 
Cómo tú León Felipe ( Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968)
 
Así es mi vida,
piedra,
como tú. Como tú,
piedra pequeña;
como tú,
piedra ligera;
como tú,
canto que ruedas
por las calzadas
y por las veredas;
como tú,
guijarro humilde de las carreteras;
como tú,
que en días de tormenta
te hundes
en el cieno de la tierra
y luego
centelleas
bajo los cascos
y bajo las ruedas;
como tú, que no has servido
para ser ni piedra
de una lonja,
ni piedra de una audiencia,
ni piedra de un palacio,
ni piedra de una iglesia;
como tú,
piedra aventurera;
como tú,
que tal vez estás hecha
sólo para una honda,
piedra pequeña
y
ligera…
 
 
Paco Ibañez
No está muerto quien pelea”