12/11/2016

Sauvage sauge / Salvaje salvia

Fable / Fábula de  Tomás de Iriarte (Tenerife 1750- Madrid 1791)

El té y la salvia
Le thé et la sauge


Algunos sólo aprecian la literatura extranjera, y no tienen la menor noticia de la de su nación
Certains n'apprécient que la littérature étrangère, et n'ont pas la moindre nouvelle de celle de leur pays.



 

Le thé, venant de l'empire chinois,
rencontra la sauge sur le chemin.
Elle lui dit: “Où vas-tu compère?”
En Europe je vais, commère,
où je sais qu'on m'achète à bon prix”.
Moi - répondit la sauge -je vais en Chine,
car là-bas avec grande estime
on me reçoit pour le goût et la médecine.
En Europe on me traite de sauvage,
et jamais je n'ai pu faire fortune”.
Que Dieu te garde. Tu ne voyageras pas en vain,
car il n'y a aucun pays
qui n'applaudisse et paye avec plaisir
tout ce qui vient de l'étranger”.

 

El té, viniendo del imperio chino,
se encontró con la salvia en el camino.
Ella le dijo: «¿Adónde vas, compadre?»
«A Europa voy, comadre,
donde sé que me compran a buen precio».
«Yo -respondió la salvia- voy a China,
que allá con sumo aprecio
me reciben por gusto y medicina.
En Europa me tratan de salvaje,
y jamás he podido hacer fortuna».
«Anda con Dios. No perderás el viaje,
pues no hay nación alguna
que a todo lo extranjero no dé
con gusto aplausos y dinero». 

Sauge, salvia, du latin salvere...la plante qui sauve/ la planta que salva



Que la sauge me pardonne,
car au commerce sa devise s’oppose.
Si je parlais du commerce littéraire,  
je ne défendrais pas le contraire,
car en lui pour certains est vice
ce qui en général est bénéfice;
et un Espagnol qui peut-être réciterait
cinq cent vers de Boileau et el Tasso*,
il se peut qu'il ne sache pas encore
en quelle langue les écrivit Garcilaso*. 
 
La salvia me perdone,
que al comercio su máxima se opone.
Si hablase del comercio literario,
yo no defendería lo contrario,
porque en él para algunos es un vicio
lo que es en general un beneficio;
y español que tal vez recitaría
quinientos versos de Boileau y el Tasso,
puede ser que no sepa todavía
en qué lengua los hizo Garcilaso.

Traduction: Colette


Torquato Tasso (Sorrento, 1544 – Roma, 1595) fue un poeta italiano/ fût un poète italien.
Garci Lasso de la Vega (Toledo, entre 1498-1536), más conocido/ plus connu comme- como Garcilaso de la Vega, fue un poeta y militar español del Siglo de Oro/ fût un poète et militaire espagnol du Siècle d'Or.

07/06/2015

Qui le fera? ¿Quién lo hará?

 

Les fabulistes, on le sait, étaient des“copieurs”, ou du moins, pour être plus
délicate, s'inspiraient largement de leurs prédécesseurs.
Ainsi Felix María de Samaniego s'est-il imprégné de Jean de La Fontaine,
qui lui a “bien lu” Esope et Abstémius,( humaniste italien du XVe siècle
qui a publié une centaine de fables latines dans un recueil appelé
l’«Hecatomythion ») entre autres.
Voici donc une fable qui s'appelle “Conseil tenu par les rats” chez
La Fontaine et”Congrès des souris” chez Samaniego.
Los fabulistas, bien se sabe, eran unos “copiones”, o por lo menos,
para ser más delicada, encontraban mucho inspiración en sus
predecesores.
Así Felix María de Samaniego se impregnó de jean de la Fontaine
quien a su vez leyó atentamente a Esopo y Abstemius (humanista
italiano del XVº que publicó une centena de fábulas latinas en una
recopilación llamada “ Hecatomythion”
Aquí va una fábula que en francés de La Fontaine se llama
“Concejo tenido por las ratas”, y en español, con Samaniego
“Congreso de ratones”

Congrès des souris / Samaniego

 

  Depuis le grand Zapirón, le blanc et blond,

Qui après les eaux du déluge
Fut père universel de tout chat,
Ce fut Miauchat
Qui de façon la plus sanglante
Poursuivit la malheureuse gente souris. Ce qui est sûr c'est que, obligés par la persécution, les malheureux à Souripolis tinrent leur congrès. L'éloquent Rongefromage proposa Qu'on lui mette un grelot, et grâce au bruit de ce dernier ils échapperaient à la mort. Le projet ils approuvèrent un à un, ¿Qui devra l'exécuter? Ça, personne. J'ai la vue courte. Moi, je suis très vieux. Moi j'ai la goutte”, disaient-ils. Le conseil Se termina comme beaucoup de par le monde. On propose un projet à brûle-pourpoint: On l'approuve: on en fait un deuxième. Quel prodige! Mais, l'exécution? Voilà le conte. (Traduction: Colette)

 

 

Congrès des souris / Granville


Congreso de los ratones / Samaniego
Desde el gran Zapirón, el blanco y rubio, Que después de las aguas del diluvio Fue padre universal de todo gato, Ha sido Miauragato Quien más sangrientamente Persiguió a la infeliz ratona gente. Lo cierto es que, obligada De su persecución la desdichada, En Ratópolis tuvo su congreso. Propuso el elocuente Roequeso Echarle un cascabel, y de esa suerte Al ruido escaparían de la muerte. El proyecto aprobaron uno a uno, ¿Quién lo ha de ejecutar? eso ninguno. «Yo soy corto de vista. Yo muy viejo. Yo gotoso», decían. El concejo Se acabó como muchos en el mundo. Proponen un proyecto sin segundo: Lo aprueban: hacen otro. ¡Qué portento! Pero ¿la ejecución? Ahí está el cuento.

 

 

Voici, pour vous rafraîchir la mémoire, la fable de La Fontaine.
 

 

 

 

 

Conseil tenu par les rats / La Fontaine

 

Un chat, nommé Rodilardus,
Faisait de rats telle déconfiture
Que l'on n'en voyait presque plus,
Tant il en avait mis dedans la sépulture.
Le peu qu'il en restait, n'osant quitter son trou
Ne trouvait à manger que le quart de son soû,
Et Rodilard passait, chez la gent misérable,
Non pour un chat, mais pour un diable.
Or, un jour qu'au haut et au loin
Le galand alla chercher femme,
Pendant tout le sabbat qu'il fit avec sa dame,
Le demeurant des rats tint chapitre en un coin
Sur la nécessité présente.
Dès l'abord, leur doyen, personne fort prudente,
Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus tard,
Attacher un grelot au cou de Rodilard ;
Qu'ainsi, quand il irait en guerre,
De sa marche avertis, ils s'enfuiraient sous terre ;
Qu'il n'y savait que ce moyen.
Chacun fut de l'avis de Monsieur le Doyen :
Chose ne leur parut à tous plus salutaire.
La difficulté fut d'attacher le grelot.
L'un dit : « Je n'y vas point, je ne suis pas si sot, »
L'autre : « Je ne saurais. » Si bien que sans rien faire
On se quitta. J'ai maints chapitres vus,
Qui pour néant se sont ainsi tenus ;
Chapitres, non de rats, mais chapitres de moines,

Voire chapitres de chanoines.

 

 

 

Un gato, llamado Rodilardo,
causaba entre las ratas tal estrago
y las diezmaba de tal manera
que no osaban moverse de su cueva. 
Así, con tal penuria iban viviendo
que a nuestro gato, el gran Rodilardo,
no por tal lo tenían, sino por diablo.
Sucedió que un buen día en que Rodilardo
por los tejados buscaba esposa,
y mientras se entretenía con tales cosas,
reuniéronse las ratas, deliberando
qué remedio tendrían sus descalabros.
Habló así la más vieja e inteligente:
-Nuestra desgracia tiene un remedio:
¡atémosle al gato un cascabel al cuello!
Podremos prevenirnos cuando se acerque,
poniéndonos a salvo antes que llegue. 
Cada cual aplaudió entusiasmada;
esa era la solución ¡estaba clara!
Mas poco a poco reaccionaron las ratas,
pues ¿cuál iba a ser tan timorata?
¡Quién iba a atarle el cascabel al gato! 
Así he visto suceder más de una vez
-y no hablo ya de ratas, sino de humanos-:
¿a quién no lo han golpeado los desengaños?

Tras deliberaciones, bellas palabras,
grandes ideas... y, en limpio, nada.

 

 

13/06/2013

Magnificence / Magnificencia

Félix María de Samaniego 1745-1801, fabuliste espagnol, était d'ascendance noble et argentée ce qui lui permit de fairedes études en France où on peut supposer, sans trop se tromper, qu'il a pris connaissance des fables de La Fontaine.



Félix María de Samaniego 1745-1801, fabulista español, era de familia noble y adinerada lo que le permitió estudiar en Francia donde se puede suponer sin equivocarse mucho, que supo de las fábulas de Jean de La Fontaine.


Nous poursuivons avec la même fable que dans le dernier billet: le ton est ici différent, le lion plus majestueux, magnanime, un peu pédant, le rat est devenu une souricette...


Seguimos con la misma fábula: el tono es aquí diferente, el león más majestuoso, un poco magnánimo y pedante, la rata se ha trasformado en un ratoncillo... 

 

Le Lion et la souris

  

Une petite souris était prisonnière

 des griffes d'un lion; la malheureuse

 ne fut pas attrapée dans telle souricière

 pour vol de lard ni de fromage,

 mais parce qu'avec d'autres elle dérangeait

 le lion, qui dans son antre se reposait.

 Elle demande pardon, pleurant son insolence;

 à l'entendre implorer sa royale clémence,

 le roi répond d'un ton majestueux:

 - Titus ne dirait pas mieux - “Je te pardonne”.

 Un peu plus tard le lion chassant trébuche

 sur un filet caché dans les taillis:

 il veut en sortir, mais il reste prisonnier;

 il assourdit la jungle de rugissements féroces.

 La souris, libre, qui l'entend,

 arrive en courant: diligente elle ronge

 les noeuds du filet de telle façon

 qu'enfin elle rompt les liens de la bête sauvage.

 

 
Il convient au puissant

 d'avoir pitié des malheureux;

 il se peut qu'il ait besoin

 de l'aide d'un plus nécessiteux.

 

(trad. Colette, // Traduction ardue, vos suggestions seront bienvenues.)


 

EL LEÓN Y EL RATÓN


Estaba un ratoncillo aprisionado
en las garras de un león; el desdichado
en la tal ratonera no fue preso
por ladrón de tocino ni de queso,
sino porque con otros molestaba
al león, que en su retiro descansaba.
Pide perdón, llorando su insolencia;
al oír implorar la real clemencia,
responde el rey en majestuoso tono
—no dijera más Tito—: «Te perdono».
Poco después cazando el león tropieza
en una red oculta en la maleza:
quiere salir, mas queda prisionero;
atronando la selva ruge fiero.
El libre ratoncillo, que lo siente,
corriendo llega: roe diligente
los nudos de la red de tal manera,
que al fin rompió los grillos de la fiera.

 

 

Conviene al poderoso
para los infelices ser piadoso;
tal vez se puede ver necesitado
del auxilio de aquel más desdichado.

09/06/2013

La reconnaissance / El agradecimiento

Une fable, trois versions. 
Aujourd'hui celle d'Esope; viendront ensuite, au cours de la semaine, celles de Samaniego, le fabuliste espagnol, et de Jean de la Fontaine.
Una fábula, tres versiones.  
Hoy la de Esopo; vendrán despúes, a lo largo de la semana, las de Samaniego, el fabulista español, y de Jean de la Fontaine.

 

 

 

Le lion et le rat

 

Ésope

 

 

 

Un lion dormait paisiblement quand un rat vint jouer sur son corps. Le lion s'éveilla et l'attrapa rapidement; le rat sur le point d'être mangé lui demanda grâce, assurant qu’il saurait reconnaître ce bienfait le moment venu. Le lion se mit à rire et le laissa aller.
Or qu’advint-il ? C’est que, peu après, au rat reconnaissant le lion dut à son tour la vie.
Pris par des chasseurs, il fut attaché à un arbre parune corde. Le rat entendit ses gémissements, accourut, rongea la corde tout autour et délivra le lion.
« Tu vois, dit-il, tu te moquais de moi l’autre jour ; tu ne t’attendais pas à être payé de retour. Sache que les rats aussi sont capables de reconnaissance. »

Ne méprise jamais les promesses des petites gens honnêtes. Le moment venu, elles les tiendront.

(version trouvée sur la toile que j'ai un peu adaptée)

 

 
illustration Gustave Doré

 

 

El león y el ratón

 

Esopo

Dormía tranquilamente un león, cuando un ratón empezó a juguetear encima de su cuerpo. Despertó el león y rápidamente atrapó al ratón; y a punto de ser devorado, le pidió éste que le perdonara, prometiéndole pagarle cumplidamente llegado el momento oportuno. El león echó a reir y lo dejó marchar.
Pocos días después unos cazadores apresaron al rey de la selva y le ataron con una cuerda a un frondoso árbol. Pasó por ahí el ratoncillo, quien al oír los lamentos del león, corrió al lugar y royó la cuerda, dejándolo libre.
Días atrás le dijo: te burlaste de mí pensando que nada podría hacer por tí en agradecimiento. Ahora es bueno que sepas que los pequeños ratones somos agradecidos y cumplidos.

Nunca desprecies las promesas de los pequeños honestos. Cuando llegue el momento las cumplirán.

16/09/2012

Transformation

Fable de Samaniego (1745-1801)

Les fourmis
 
Ce qu'aujourd'hui sont les fourmis,
Étaient les hommes d'antan:
De leurs biens propres et de ceux d'autrui
Ils faisaient leur provision.
Jupiter, qui depuis des siècles
Observait cette passion,
N'en pouvant plus,
En fourmis les transforma:
Ils changèrent de forme;
Et d'habitudes? Jamais.
(Trad: Colette)


En quoi Jupiter nous transformait-il aujourd'hui?

IMG_1293.JPG



Las hormigas 

Lo que hoy las hormigas son,
 
Eran los hombres antaño:
 De lo propio y de lo extraño
 
Hacían su provisión.
 
Júpiter, que tal pasión
 
Notó de siglos atrás,
 No pudiendo aguantar más,
 
En hormigas los trasforma:
 
Ellos mudaron de forma;
 
¿Y de costumbres? Jamás.
Fábulas, Samaniego

¿En qué nos trasformaría Jupiter hoy en día?