12/11/2016

Sauvage sauge / Salvaje salvia

Fable / Fábula de  Tomás de Iriarte (Tenerife 1750- Madrid 1791)

El té y la salvia
Le thé et la sauge


Algunos sólo aprecian la literatura extranjera, y no tienen la menor noticia de la de su nación
Certains n'apprécient que la littérature étrangère, et n'ont pas la moindre nouvelle de celle de leur pays.



 

Le thé, venant de l'empire chinois,
rencontra la sauge sur le chemin.
Elle lui dit: “Où vas-tu compère?”
En Europe je vais, commère,
où je sais qu'on m'achète à bon prix”.
Moi - répondit la sauge -je vais en Chine,
car là-bas avec grande estime
on me reçoit pour le goût et la médecine.
En Europe on me traite de sauvage,
et jamais je n'ai pu faire fortune”.
Que Dieu te garde. Tu ne voyageras pas en vain,
car il n'y a aucun pays
qui n'applaudisse et paye avec plaisir
tout ce qui vient de l'étranger”.

 

El té, viniendo del imperio chino,
se encontró con la salvia en el camino.
Ella le dijo: «¿Adónde vas, compadre?»
«A Europa voy, comadre,
donde sé que me compran a buen precio».
«Yo -respondió la salvia- voy a China,
que allá con sumo aprecio
me reciben por gusto y medicina.
En Europa me tratan de salvaje,
y jamás he podido hacer fortuna».
«Anda con Dios. No perderás el viaje,
pues no hay nación alguna
que a todo lo extranjero no dé
con gusto aplausos y dinero». 

Sauge, salvia, du latin salvere...la plante qui sauve/ la planta que salva



Que la sauge me pardonne,
car au commerce sa devise s’oppose.
Si je parlais du commerce littéraire,  
je ne défendrais pas le contraire,
car en lui pour certains est vice
ce qui en général est bénéfice;
et un Espagnol qui peut-être réciterait
cinq cent vers de Boileau et el Tasso*,
il se peut qu'il ne sache pas encore
en quelle langue les écrivit Garcilaso*. 
 
La salvia me perdone,
que al comercio su máxima se opone.
Si hablase del comercio literario,
yo no defendería lo contrario,
porque en él para algunos es un vicio
lo que es en general un beneficio;
y español que tal vez recitaría
quinientos versos de Boileau y el Tasso,
puede ser que no sepa todavía
en qué lengua los hizo Garcilaso.

Traduction: Colette


Torquato Tasso (Sorrento, 1544 – Roma, 1595) fue un poeta italiano/ fût un poète italien.
Garci Lasso de la Vega (Toledo, entre 1498-1536), más conocido/ plus connu comme- como Garcilaso de la Vega, fue un poeta y militar español del Siglo de Oro/ fût un poète et militaire espagnol du Siècle d'Or.

24/09/2016

Jouer à oui et non / Jugar al sí y al no

 

Balançoire 
 
                               Gerardo Diego 1896-1987
 
 
À cheval sur le bord du monde
un rêveur jouait à oui et non
 
Les pluies de couleurs
émigraient au pays des amours
 
 
 
Vol de fleurs
 
 
Fleurs du oui
 
 
Fleurs du non
 
 
Couteaux dans l'air
qui lui déchirent la chair
forment un pont
 
 
Oui
 
 
Non
 
 
Chevauchait le rêveur
Des oiseaux arlequins
 
 
ils chantent le oui
 
 
ils chantent le non

(Trad: Colette)
 
 
Une balançoire en Équateur, lisez ceci, c'est extraordinaire: http://voyagerloin.com/actualite/activites-sport/equateur-balancoire-flippante-du-monde-face-volcan-en-eruption/
 
 
 
 
 
Columpio 
                                                Gerardo Diego
 
A caballo en el quicio del mundo
un soñador jugaba al sí y al no

Las lluvias de colores
emigraban al país de los amores



Bandadas de flores


Flores de sí


Flores de no

Cuchillos en el aire
que le rasgan las carnes
forman un puente





No

Cabalgaba el soñador
Pájaros arlequines


cantan el sí


cantan el no

10/09/2016

Tout jeter / Tirarlo todo

Dans la série “poésie du quotidien” voici Amalia Bautista, le nettoyage est à l'honneur aujourd'hui, mais pas seulement...

En la serie “poesía de lo cotidiano”, Amalia Bautista nos habla de la limpieza, pero no sólo de ella....

Oceanic's kitchen Yacek Yerka      
 
                   
On va faire un grand nettoyage

 

 
On va faire un grand nettoyage
et on va jeter toutes les choses
qui ne nous servent à rien, ces
choses que nous n'employons plus, ces
autres qui ne font que prendre la poussière,
celles que nous évitons de trouver car
elles nous plongent dans les plus amers souvenirs,
celles qui nous font mal, occupent de la place
ou que nous n'avons jamais voulues proches.
 
On va faire un grand nettoyage
ou, mieux encore, un déménagement
qui nous permette d'abandonner les choses
sans même les toucher, sans nous salir,
les laissant là où elles ont toujours été;
c'est nous qui allons partir, mon cœur,
pour recommencer à accumuler.
Ou bien nous allons mettre le feu à tout
et rester tranquilles, avec cette image
des braises du monde devant les yeux
et le cœur deshabité.
 
Trad: Colette
 

Vamos a hacer limpieza general

Amalia Bautista

 
Vamos a hacer limpieza general
y vamos a tirar todas las cosas
que no nos sirven para nada, esas
cosas que ya no utilizamos, esas
otras que no hacen más que coger polvo,
las que evitamos encontrarnos porque
nos traen los recuerdos más amargos,
las que nos hacen daño, ocupan sitio
o no quisimos nunca tener cerca.

Vamos a hacer limpieza general
o, mejor todavía, una mudanza
que nos permita abandonar las cosas
sin tocarlas siquiera, sin mancharnos,
dejándolas donde han estado siempre;
vamos a irnos nosotros, vida mía,
para empezar a acumular de nuevo.
O vamos a prenderle fuego a todo
y a quedarnos en paz, con esa imagen
de las brasas del mundo ante los ojos
y con el corazón deshabitado.

09/07/2016

Une main amicale / Una mano amiga

Du seuil d’un rêve on m'appela…
C’était la bonne voix, la voix aimée.
— Dis-moi: viendras-tu avec moi visiter l’âme?…

À mon cœur parvint une caresse.
Avec toi, toujours… Et dans mon rêve j’avançai
par une galerie longue et nue,
sentant m’effleurer la robe pure,
doucement palpiter la main amicale.
(Trad: Colette)
Antonio Machado

Desde el umbral de un sueño me llamaron...
Era la buena voz, la voz querida.
-Dime: ¿vendrás conmigo a ver el alma?...
Llego a mi corazón una caricia.
-Contigo siempre...Y avancé en mi sueño
por una larga, escueta galería
sintiendo el roce de la veste pura
y el palpitar suave de la mano amiga.
 
Antonio Machado
 
 
 
 
Luís Enrique Gómez (Cuba)

 

 

14/05/2016

Garcia Lorca, l'ombre / G. Lorca, la sombra

L'ombre de mon âme

 

 Garcia Lorca

 

 

L'ombre de mon âme
s'enfuit dans un couchant d'alphabets,
brouillard de livres
et de mots.

L'ombre de mon âme !

J'ai atteint la ligne où cesse
la nostalgie,
et là, la goutte de pleur se transforme,
albâtre de l'esprit

L'ombre de mon âme !

Le flocon de la peine
s'achève,
mais il me reste raison et substance
de mon ancien midi de lèvres,
mon ancien midi
des regards.

Un trouble labyrinthe
d'étoiles voilées
emmêle mes espoirs
presque fanés.

L'ombre de mon âme !

Une hallucination
Aspire mes regards.
Je vois le mot amour
démantelé

Rossignol !
Mon rossignol !
Chantes-tu encore ?


Mix d'une traduction trouvée sur la Toile (sans nom d'auteur) et de version personnelle-Colette.
 

"Derrière chez moi" Photo Colette

 

La sombra de mi alma
 
Federico García Lorca
 
 
La sombra de mi alma
huye por un ocaso de alfabetos,
niebla de libros
y palabras.

¡La sombra de mi alma!

He llegado a la línea donde cesa
la nostalgia,
y la gota de llanto se transforma
alabastro de espíritu.

(¡La sombra de mi alma!)

El copo del dolor
se acaba,
pero queda la razón y la sustancia
de mi viejo mediodía de labios,
de mi viejo mediodía
de miradas.

Un turbio laberinto
de estrellas ahumadas
enreda mi ilusión
casi marchita.

¡La sombra de mi alma!

Y una alucinación
me ordeña las miradas.
Veo la palabra amor
desmoronada.

¡Ruiseñor mío!
¡Ruiseñor!
¿Aún cantas?
 

16/01/2016

Sur le dos d'un violon / A lomos de un violín

Un poème surréaliste de la galicienne Blanca Andreu (La Coruña, 1959)

 

Photo Colette, port de Valldemossa
 
 
 

 

Marine

Je t'ai vu, océan
je t'ai galopé
sur le dos d'un violon
de bois poli
d'un lutrin courbe
de couleur du cerisier
et tu étais, océan
un champ
d'herbe bleue
en mouvement.

Comme si tu étais
l'oubli même
je t'ai visité
océan
empereur des eaux
miroir profond du ciel
et j'ai vu dans tes éternelles barbes d'écume
des céréales bleues et des fleurs du silence.
(trad: Colette)
"El sueño oscuro" 1994
 
Photo Colette , miroirs de lune?
 
Marina

Blanca Andreu‏


Te he visto, océano
te he galopado
a lomos de un violín
de madera pulida
de un potro alabeado
del color del cerezo
y eras, océano
un prado
de hierba azul
en movimiento.

Como si fueras
el propio olvido
te he visitado
océano
emperador de las aguas
espejo profundo del cielo
y he visto en tus eternas barbas de espuma
cereales azules y flores del silencio.

"El sueño oscuro" 1994 

 

30/05/2015

Se nourrir / Alimentarse

 

 

Vivre sans manger

 

(Trad: Colette)

 

Il est de plus en plus fréquent de partager sa table avec des gens qui considèrent leur devoir de vous informer des nutriments que contient chaque aliment sur votre assiette. Si tu commandes des sardines ils te rappellent leur haut contenu en Oméga-3; s'il s'agit de brocolis comment contourner ses propriétés anti cancérigènes; si on mange avec du thé (de plus en plus fréquent) on célèbre son potentiel antioxydant et diurétique; si la salade contient des noix on commente le pouvoir énergétique et les bontés cardiovasculaires; si c'est du saumon il faut rappeler à chaque bouchée qu'on est en train de donner un coup de pied au mauvais cholestérol; (…). Moi, je le confesse, tout ça me dépasse.

 

Je m'indigne devant cette tendance à juger les aliments en effaçant tout aspect hédoniste et social; ces derniers exercent sûrement une influence plus décisive sur le bien-être que le stricte récit de leurs propriétés.

 

Je lis que les super créatifs de Sylicon Valley sont enthousiasmés par de petites poudres appelées Soylent qui, mélangées à de l'eau, évitent de passer par cette terrible épreuve qu'est manger un plat comme il faut. Soylent est un composant nutritif qui fut crée en 2003 par un ingénieur software dans le but d'épargner de l'argent et de ne perdre de temps ni dans la préparation du repas ni dans cette demi-heure perdue où on le déguste. Ce régime, qui se prend à la paille et permet à l'exécutif de ne pas quitter son ordinateur des yeux, n'est pas accepté par la science comme un substitut de la nourriture mais il y a des “branchés” qui l'adoptent avec enthousiasme.

 

Je considère que cela constitue un manque de respect envers ceux qui n'ont rien à se mettre sous la dent.
 
 

 

 

 

 

 

Soylent
Soylent

 

 

 

Vivir sin comer

 

 


Cada vez es más frecuente compartir mesa con personas que consideran que han de informarte de los nutrientes que contiene cada alimento que hay sobre el plato. Si pides sardinas te recuerdan su alto contenido en Omega-3; si la cosa va de brócoli cómo obviar sus propiedades anticancerígenas; si se come con té (cada vez más frecuente) se celebra su potencial antioxidante y diurético; si la ensalada lleva nueces se comenta el poder energético y las bondades cardiovasculares; si se trata de salmón hay que recordar que con cada bocado estamos dándole la patada al colesterol malo; (...)
Yo, lo confieso, no puedo con tanto.
Me indigna esa tendencia a juzgar los alimentos borrando cualquier aspecto hedonista o social, que finalmente seguro que ejerce una influencia más decisiva en el bienestar que la relación estricta de sus propiedades. Leo que los creativos guays de Sylicon Valley están entusiasmados con unos polvitos llamados Soylent que mezclados con agua le evitan a uno el mal trago de comerse un plato como Dios manda. Soylent es un compuesto nutritivo que fue diseñado en 2003 por un ingeniero de
software con el fin de ahorrar dinero y no perder tiempo ni en la preparación de comida ni en esa media hora preciosa que se va en consumirla. Esta dieta, que se toma con pajita y permite al ejecutivo no apartar la mirada del ordenador, no está aceptada por la ciencia como un sustitutivo de la comida pero hay modernetes que la están abrazando con entusiasmo. Considero que no es más que una falta de respeto hacia aquellos que no tienen comida que llevarse a la boca.

 

03/04/2015

Un rêve qui finit si mal / Un sueño que termina tan mal

Leonardo Padura n'a visiblement peur de rien et se lance avec brio dans des styles, des genres si différents, qu'on se demande parfois au fil de la lecture de “L'homme qui aimait les chiens” s'il est bien l'auteur des différents chapitres de ce roman!

 

LeonardoPadura parece no temer nada y, valiente, se lanza con talento en estilos y géneros tan diferentes que a leer “El hombre que amaba a los perros” uno se pregunta a veces si se trata del mismo autor a lo largo de los diferentes capítulos de la novela!

 

 

 

 





















L'immense documentation qu'il a réunie ici, le lien qu'il réussit à tisser entre la vie / l'exil de Trotski, l'évolution de son jeune meurtrier Ramón Mercader à Barcelone, la montée de Hitler et la situation à Cuba, font de ce roman une œuvre majeure.

...le roman est comme une extraordinaire fresque qui parcourt les idéologies de gauche dans ces années-là*, depuis L’union Soviétique à la guerre civile espagnole et la II Guerre Mondiale, dans une rêve dont il en resta rien, lobotomisé par une gigantesque machinerie de destruction massive et par ses propres querelles internes, combats et désirs de pouvoir. Trotskistes, communistes, marxistes, menchévistes, anarchistes...apparaissent se disputant la terre de l'utopie, incapables de mener à bon port nulle part dans le monde le rêve le plus puissant qu'un homme ait jamais pu imaginer, un rêve qui finit par être un cauchemar terrifiant.”
*période 1930-1940
source: http://revistadeletras.net/el-hombre-que-amaba-a-los-perr... (trad: Colette)

La inmensa documentación aquí reunida, el lazo que consigue hilar entre la vida / el exilio de Trotski, la evolución de su joven asesino Ramón Mercader en Barcelona, el ascenso de Hitler, la situación en Cuba, hacen de esta novela una obra mayor.


La novela resulta ser un extraordinario fresco que recorre las ideologías de izquierda en aquellos años, desde la Unión Soviética  a la Guerra Civil española y la II Guerra Mundial, en un sueño que se quedó en nada, lobotomizado por una gigantesca maquinaria de destrucción masiva y por sus propias e internas inquinas, combates y deseos de poder. Trotskistas, comunistas, marxistas, menchevistas, anarquistas… aparecen disputándose la tierra de la utopía, incapaces de llevar a buen puerto en ninguna parte del mundo el sueño más poderoso que hombre alguno hubiera jamás imaginado, un sueño que acabó siendo una aterradora pesadilla.”
fuente http://revistadeletras.net/el-hombre-que-amaba-a-los-perr...

îles Malgrats, crépuscule
Crépuscule îles Malgrats, Mallorca. foto Colette




Il y a également un personnage fort attachant, un écrivain cubain, Yván, qui tente de garder la tête froide, d'observer tranquillement la situation. Le “Je”.
Padura nous livre de belles pages poétiques comme celle-ci:


« La densité de l’air était une caresse sur la peau et de la mer étincelante s’élevait à peine un murmure apaisant. On pouvait sentir là combien le monde, certains jours, dans des moments magiques, nous offre la trompeuse impression d’être un lieu accueillant, fait à la mesure des rêves et des plus étranges désirs de l’homme. La mémoire, pénétrée de cette atmosphère détendue, parvenait à s’égarer et à faire oublier les rancœurs et les peines.

 

Assis sur le sable, le dos appuyé au tronc d’un casuarina, j’allumai une cigarette et fermai les yeux. Dans une heure le soleil se coucherait, mais comme cela devenait habituel dans ma vie, je n’éprouvais aucune impatience et n’avais aucune expectative. Ou plutôt je n’avais presque rien : et presque sans le presque ! Tout ce qui m’intéressait à ce moment-là, c’était le plaisir de voir arriver le crépuscule, ce cadeau de l’instant fabuleux où le soleil s’approche de la mer argentée du golfe et dessine un sillage de feu à sa surface. Au mois de mars, avec la plage déserte, la promesse de cette vision m’apportait une sorte de sérénité, un état proche de l’équilibre qui me réconfortait et me permettait de croire encore à l’existence palpable d’un petit bonheur, fait à la mesure de mes maigres ambitions.”

 

Leonardo PADURA, L’homme qui aimait les chiens, Cuba, 2009

 

Traduit de l’Espagnol (Cuba) par René SOLIS et Elena ZAYAS, avec le concours du Centre National du Livre, 671 pages.

Un roman, long, qui m'a passionnée.

 

En esta novela, un escritor cubano, Yván, el “Yo” intenta mantener la cabeza fría, de observar tranquilamente la situación.

 

Padura nos ofrece unas preciosas páginas poéticas como esta:

 

El aire tenía una densidad que acariciaba la piel, y el mar, refulgente, apenas producía un murmullo adormecedor. Allí se podía sentir como el mundo, en días y momentos mágicos, nos ofrece la engañosa impresión de ser un lugar afable, hecho a la medida de los sueños y los mas extraños anhelos humanos. La memoria, imbuida por aquella atmósfera reposada, conseguía extraviarse y que se olvidaran los rencores y las penas.

 

Sentado en la arena, con la espalda apoyada en el tronco de una casuarina, encendí un cigarro y cerré los ojos. Faltaba una hora para que cayera el sol, pero, como ya iba siendo habitual en mi vida, yo no tenia prisas ni expectativas. Mas bien casi no tenia nada: y casi sin el casi. Lo único que me interesaba en ese momento era disfrutar del regalo de la llegada del crepúsculo, el instante fabuloso en que el sol se acerca al mar plateado del golfo y le dibuja una estela de fuego sobre la superficie. En el mes de marzo, con la playa prácticamente desierta, la promesa de aquella visión me provocaba cierto sosiego, un estado de cercanía al equilibrio que me reconfortaba y todavía me permitía pensar en la existencia palpable de una pequeña felicidad, hecha a la medida de mis también disminuidas ambiciones.”

Una novela, larga, que me ha apasionado.

28/03/2015

Poètes, travaillons / Poetas, trabajemos

Voici ma contribution au 17º printemps des poètes...un peu en retard mais ni les poètes ni le printemps ne m'en tiendront rigueur je pense.

L'insurrection poétique

Une poétesse espagnole, Gloria Fuertes García (Madrid, 28 juillet 1917 - 27 novembre 1998)

 

Una contribución, con algo de retraso, al movimiento francés “La primavera de los poetas”. Este año el tema era “La insurrección poética”.

 

 

 

 

NO PERDAMOS EL TIEMPO
Ne perdons pas de temps

 

Gloria Fuertes

 

 

Si el mar es infinito y tiene redes,
si su música sale de la ola,
si el alba es roja y el ocaso verde,
si la selva es lujuria y la luna caricia,
si la rosa se abre y perfuma la casa,
si la niña se ríe y perfuma la vida,
si el amor va y me besa y me deja temblando...

 

Si la mer est infinie et a des filets,
si sa musique sort de la vague,
si l'aube est rouge et le crépuscule vert,
si la jungle est luxure et la lune caresse,
si la rose s'ouvre et parfume la maison,
si la fillette rit et parfume la vie,
si l'amour va et me baise et me laisse tremblante....

 

¿Qué importancia tiene todo eso,
mientras haya en mi barrio una mesa sin patas,
un niño sin zapatos o un contable tosiendo,
un banquete de cáscaras,
un concierto de perros,
una ópera de sarna?

 

Quelle importance revêt tout cela,
tant qu'il y aura dans mon quartier une table sans pattes,
un enfant sans souliers ou un comptable qui tousse,
un banquet de déchets,
un concert de chiens,
un opéra de gale?

 

Debemos inquietarnos por curar las simientes,
por vendar corazones y escribir el poema
que a todos nos contagie.
Y crear esa frase que abrace todo el mundo;
los poetas debiéramos arrancar las espadas,
inventar más colores y escribir padrenuestros.
Ir dejando las risas en la boca del túnel
y no decir lo íntimo, sino cantar al corro;
no cantar a la luna, no cantar a la novia,
no escribir unas décimas, no fabricar sonetos.

 

Il faut nous en soucier et guérir les semences,
panser les cœurs et écrire le poème
qui nous contamine tous.
Et créer cette phrase qui embrasse le monde entier;
nous les poètes nous devrions arracher les épées,
inventer plus de couleurs et écrire des Notre Père.
Laisser les rires à l'entrée du tunnel
et ne pas dire l'intime, mais chanter en chœur;
ne pas chanter la lune, ni la fiancée,
ne pas écrire des dizains, ni fabriquer des sonnets.

 

Debemos, pues sabemos, gritar al poderoso,
gritar eso que digo, que hay bastantes viviendo
debajo de las latas con lo puesto y aullando
y madres que a sus hijos no peinan a diario,
y padres que madrugan y no van al teatro.

 

Nous devons, car nous savons, huer le puissant,
crier ce que je dis, car il y en a assez qui vivent
sous des tôles et mal vêtus et hurlant
et des mères qui ne peignent pas leurs enfants tous les jours
et des pères qui se lèvent tôt et ne vont pas au théâtre.

 

 
Adornar al humilde poniéndole en el hombro nuestro verso;
cantar al que no canta y ayudarle es lo sano.
Asediar usureros y con rara paciencia convencerles sin asco.
Trillar en la labranza, bajar a alguna mina;
ser buzo una semana, visitar los asilos,
las cárceles, las ruinas; jugar con los párvulos,
danzar en las leproserías.

 

Poetas, no perdamos el tiempo, trabajemos,
que al corazón le llega poca sangre.

 

Orner l'humble d'un de nos vers sur l'épaule;
chanter pour celui qui ne chante pas et l'aider est bien.
Assiéger les usuriers et avec une patience infinie, les convaincre sans dégoût.
Battre le grain dans les champs, descendre dans une mine;
être plongeur une semaine, visiter les asiles,
les prisons, les ruines; jouer avec les enfants,
danser dans les lazarets.

 

Poètes, ne perdons pas de temps, travaillons,
car peu de sang arrive au cœur.

(Trad:Colette)

20/12/2014

Sur les pas de Goya III / Siguiendo los pasos de Goya

Voici le dernier billet sur Goya. Non point que j'en aie fait le tour; je voulais simplement, parce que je me suis passionnée, montrer des aspects moins connus de sa peinture.

Après ces deux premiers billets où son œuvre est agréable, douce et belle, voici que le ton change: il devient féroce, sarcastique...que s'est-il passé?
 
Devenu peintre officiel du Roi, de la cour, un énorme succès (il a peint environ 200 portraits de nobles et familles), il est subitement atteint d'une maladie grave (on ignore encore exactement laquelle) et est devenu complètement sourd. 

(À ce propos lisez cet article magnifique, “le chien de Goya”, sur Terre de Femmes)(clic)
 
Rage et désespoirs du peintre.
Changements d'humeur, de vision de la vie aussi. Solitude.
 
Et voici une série de 80 gravures, en 1799, Los Caprichos où il ridiculise la société dans laquelle il vit, avec une prédilection pour le clergé, ceux qui maintiennent l'ordre et les superstitions, les nobles...leur contenu est satyrique, irrévérencieux et audacieux.
 
J'en ai choisi quelques uns. (clic pour agrandir)

 

 

 

 

 

 
 
Ils sont déjà plumés



 
Personne ne nous a vus

                                  VOLAVERUNT
 





                                       L'élève en saura plus
 



 

                                         Ils tomberont tous
 
 
Aquí va la última entrada sobre Goya. No es que haya dado una visión general de su obra, simplemente quería, porque me apasioné, enseñar algunos aspectos menos conocidos de su pintura.
 
Después de las dos primeras entradas donde su obra es agradable, dulce y bella, cambia el tono: se vuelve feroz, sarcástico...¡qué pasó?
 
Nombrado pintor oficial del rey, de la Corte, un gran éxito (pintó unos 200 retratos de nobles y familias), padece una enfermedad grave (todavía se ignora cual) y se volvió completamente sordo.
 
Rabia y desesperanzas del pintor.
Cambios de humor, de visión de la vida también. Soledad.
Realiza 80 grabados, en 1799, Los Caprichosdonde ridiculiza la sociedad en la cual vive, con una predilección por el clero, los que mantienen el orden, las supersticiones, los nobles...su contenido es satírico, irreverencioso y audaz.
 
Elegí algunos.

28/05/2011

Un cumul d'indignations, allons! /Un cúmulo de indignaciones, ¡vamos!

                          Para qué vivir tan separados                             
Si la tierra nos quiere juntar
Si este mundo es uno y para todos
Todos juntos vamos a vivir

 

(Todos juntos- Las Jaivas, Chile)    

                             

Pourquoi vivre si séparés

Si la terre veut nous réunir

Si ce monde est un et pour tous

Tous ensemble nous allons vivre.

 

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L'indignation, la juste et vraie indignation, ce sentiment plus subtil que la colère, j'ai essayé de la cerner et j'ai trouvé ceci: 

"La plus belle interprétation que l'on puisse donner de ce sentiment  est celle que Platon présente dans un mythe sous le nom de réminiscence. Avant de s'incarner dans notre corps, notre âme a séjourné dans un lieu divin où elle a pu contempler la justice parfaite. Elle en a conservé un souvenir trop faible pour rendre l'injustice impossible, mais assez fort pour rendre le spectacle de l'injustice intolérable." http://agora.qc.ca/dossiers/Indignation

 

La indignación, la justa y verdadera indignación, ese sentimiento más sútil que la cólera, intenté cercarla y he aquí lo que encontré:

"La más bella interpretación que se puede dar de este sentimiento es la que Platón presenta en un mito bajo el nombre de reminiscencia. Antes de encarnarse en nuestro cuerpo, nuestra alma ha morado en un lugar divino donde ha podido contemplar la justicia perfecta. De ello ha conservado un recuerdo demasiado débil para hacer que la injusticia sea imposible, pero bastante fuerte para hacer que el espectáculo de la injusticia sea intolerable." (Trad Colette) http://agora.qc.ca/dossiers/Indignation

 

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La cause est juste; ne pas avoir peur, ne jamais se décourager.

 

"Allons, ne craignons rien. Notre avenir bien qu’incertain réserve bien des miracles. Ne craignons rien et soyons solidaires. Nous ne croyons ni aux étendards ni aux frontières. Nous croyons aux paroles et aux accolades. Nous pensons que nous sommes frères. Le monde est là : terre, mers, océans et ciel et nous. (…) Et nous sommes la vie.

 

Allons, ne craignons rien. Faisons en sorte que notre courage ne s’épuise pas. Ne baissons jamais les bras. Nos bras sont levés au ciel et pleins de force. Ce sont des bras de bâtisseurs." (…)

LA VIE Fabrice Caravaca.

 

La causa es justa; no temer nada, no desanimarse nunca.

 

"Vamos, no temamos nada. Aunque incierto, nuestro porvenir nos guarda muchos milagros. No temamos nada y seamos solidarios. No creemos ni en las banderas ni en las fronteras. Creemos en las palabras y en los abrazos. Pensamos que somos hermanos. El mundo está allí: tierra, mares, océanos y cielo y nosotros. (…) Y somos la vida.

 

Vamos, no temamos nada. Procuremos que nuestro ánimo no se agote. No bajemos nunca los brazos. Nuestros brazos están alzados hacia el cielo y llenos de fuerza. Son brazos de edificadores." (…)

LA VIDA Fabrice Caravaca. (Trad. Colette)

 

 

 

23/02/2011

23F, un coup d'État raté / 23F, un golpe de Estado fallido

teniente_coronel_Guardia_Civil_Antonio_Tejero.jpgCe fut le 23 février, « el 23-F » 1981 vers 18h.

Il y a 30 ans de cela.

Franco était mort depuis 6 ans.

La transition faisait son chemin, poco a poco, prudemment, le sol espagnol semblait s’affermir.

Puis tout à coup surgit dans la salle du Congrès l’arme au poing, le colonel Tejero tirant en l’air en hurlant : « Restez tranquilles… Tout le monde à terre… asseyez-vous bordel ! » 

Stupéfaction, panique dans le pays entier… des blindés dans les rues de Valencia… on avait presque oublié la dictature.

Les nouvelles étaient contradictoires ;  les amis réunis chez nous pour écouter la radio, pour que je leur traduise aussi ce qu’en disait la radio française.

 L’intervention décisive du Roi, chef des armées, à 1h00 du matin. « À 01h00 du matin, Juan Carlos Ier intervient à la télévision, en uniforme de capitaine général des armées pour s'opposer au coup d'État, défendre la Constitution… « (Wikipedia).

L’armée retourne dans les casernes, les insurgés seront punis.

Un  sentiment de fragilité qui a mis des années à s’estomper.

Il n’y a que 30 ans de cela….

 

Fue el 23 de febrero, « El 23F » 1981 hacia las 18h.  

Hace 30 años.

Hacía 6 años que Franco había muerto.

La transición hacía su camino, poco a poco, prudentemente, el suelo español parecía volverse más firme.

Cuando de repente surgió en la sala de Congreso, arma al puño, el coronel Tejero disparando y vociferando " Quietos....todo el mundo al suelo.... ¡Se sienten, coño!".Tanques en Valencia.jpg

Estupefacción, pánico en el país entero…unos vehículos blindados en las calles de Valencia… casi habíamos olvidado la dictadura.

 Las noticias eran contradictorias; los amigos reunidos en nuestra casa para escuchar la radio, para que les tradujera lo que decía de ello la radio francesa.

La intervención decisiva del Rey, jefe de los ejércitos, a la 1 de la madrugada. “A la 01h00 Juan Carlos interviene por televisión, en uniforme de capitán general de los ejércitos para oponerse al golpe de Estado, defender la Constitución…” (Wikipedia)

El ejército vuelve a sus cuarteles, los insurrectos serán castigados.

Un sentimiento de fragilidad que tardó años en disiparse.

Sólo han pasado 30 años…

 

Je vous recommande ce film-documentaire sur la guerre civile réalisé par l'espagnol José Luís Peñafuerte. Il a obtenu en 2010 le prix Magritte en Belgique.

Os recomiendo esta película-documental realizada en 2010 por José Luís Peñafuerte. Obtuvo en 2010 el premio Magritte en Bélgica.

Tambien / aussi, este artículo publicado en El País el domingo pasado /cet article (en espagnol) publié dans le journal El País dimanche dernier. ¿Qué hicieron los personajes de la vida política el 23 de febrero 1981 a las 18h? Que firent les personnages politiques le 23 février 1981 à 18h?

 

 

14/08/2010

Frivolité de fin d'été /Frivolidad de fin de verano

Trois ans de suite, 2001, 2002, 2003, Elvira Lindo publia dans le journal El País une série de courts récits basés sur ses vacances estivales dans un village espagnol. Fiction et réalité se mélangent avec un humour décapant dans cette saga familiale où elle narre le quotidien (apparemment banal), ironise sur les vanités de notre société, l’observe en  s’amusant énormément.

Pour tous ceux qui ont le moral raplapla, voilà la traduction d’une partie de « Que c’est romantique  » publié en 2003 (Otro verano contigo, ed. Aguilar, Tinto de verano 3)

 

Para  los que tienen la moral por los suelos, he aquí unos pasajes de una de las crónicas humorísticas  escritas por Elvira Lindo y publicadas por el diario El País durante los veranos 2001, 2002 y 2003.

Esta está sacada de “Tinto de verano 3” “Otro verano contigo” y se llama "Qué romántico"

 

Notes : pour la compréhension de l’extrait : son mari est l’écrivain Antonio Muñoz Molina qu’elle appelle ici « mon saint ».

 

 Cliquer pour agrandir les photos

expo gioia 001.jpg « Grande nouvelle : nous avons eu une tomate.

       La figure de mon saint était un poème quand il est entré le légume miniature à la main. Trois jours durant il refusa de le mordre mais moi, voyant qu’il pourrissait, je l’ai coupé en deux (pour cela les femmes nous avons plus de sang froid) et nous l’avons mangé. Aïe, ce couple d’intellectuels partageant une tomate de leur propre récolte. Je trouve cela fort tendre.

         (…) quand mon saint s’assied sur le perron et contemple notre parcelle de cent mètres, comme Scarlett regardait Tara, je lui demande : « Chéri, sans vouloir t’offenser, crois-tu qu’arrivera le jour où tous les efforts que tu fais, et que je valorise, aboutiront à nous faire une petite salade ?,  car si nous allons de tomate en tomate tous les 15 jours, je trouve que c’est un peu coïtus interruptus ». « Qui sait » me répond-il, « peut-être que nous ne le verrons pas, mais nos petits-enfants mangeront des pommes de ce pommier et chaque bouchée contiendra toutes nos ardeurs ». Il m’en tomba une larme qu’il interpréta comme un signe de mon extrême sensibilité, bien que la vérité soit que moi, penser que je suis morte et que des descendants mangent ce qui est à moi, ça me fait chier. Pourquoi le nier.

     Mais ces discussions frugales ne peuvent dissimuler ce qui saute aux yeux : nous sommes amoureux. ( …). Que sonnent les violons ! Javier Sampedro dit, c’est à la fois illustratif et amusant, que nous tombons amoureux par l’odeur , parce que nous nous voyons comme de bons reproducteurs (nous, nous n’avons plus que des tomates), et à cause de notre doigt majeur. L’histoire du majeur est ce que je trouve le plus sensé. Surtout pour une femme ce doigt du milieu peut être définitif. Lázaro Carreter le disait déjà : " L’orgasme des hommes est analogique, celui des femmes, digital ."Ce doigt du milieu…je le trouve fondamental." (trad. Colette)

 

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“Grandes noticias: hemos tenido un tomate.

      La cara de mi santo era un poema cuando entró con la diminuta hortaliza en la mano. Estuvo tres días sin querer hincarle el diente pero yo, viendo que se nos pudría, lo partí por la mitad (la mujeres para eso tenemos más sangre fría) y nos lo comimos. Ay, esa pareja de intelectuales compartiendo un tomate de su propia cosecha. Lo encuentro entrañable.

    (…) cuando mi santo se sienta en el pollete, contemplando nuestra parcela de cien metros, como escarlata miraba Tara, yo le pregunto:”Cariño, no te molestes por la pregunta pero, ¿crees que llegará un día en que todo ese esfuerzo que estás haciendo, y que yo valoro, dé para que nos hagamos siquiera una ensalada?, porque si vamos de tomate en tomate cada 15 días, lo encuentro un poco coitus interruptus”. “Quién sabe”. Me contesta, “tal vez nosotros no lo veamos, pero nuestros nietos comerán manzanas de este manzano y en cada bocado estarán contenidos todos nuestros anhelos”. Se me cayó una lágrima, que él interpretó como signo de mi extremada sensibilidad, aunque la verdad es que a mí, pensar en estar yo muerta y unos descendientes comiéndose lo mío, me jode. A qué negarlo.

 

   Pero esas frugales discusiones no pueden disimular lo que a la vista está: estamos enamorados.(…) ¡Que suenen los violines! Dice Javier Sampedro, que ilustra a la par que entretiene, que nos enamoramos por el olor, porque nos vemos pinta de buenos reproductores (nosotros ya sólo tenemos tomates), y por nuestro dedo medio. Lo del dedo medio es lo que encuentro más sensato. Sobre todo para una mujer ese dedo medio puede ser definitivo. Ya lo decía Lázaro Carreter:”El orgasmo de los hombre es analógico, y el de las mujeres, digital”. Ese dedo medio…lo encuentro fundamental”.

 

19/03/2010

Et s'il suffisait d'y croire.../ Y si bastase con creerselo...

- (Moi)  Non, je n’en connais pas les détails. Oui, j’ai vu les affiches en ville. 

- (D.) Moi je suis si ému d’apprendre que les gens s’unissent pour faire renaître  un peu d’espoir.

-(Yo) No, no conozco los detalles. Sí, he visto los carteles en la ciudad.

-(Él) A mi me emociona mucho saber que la gente se une para que renazca un poco de esperanza.

 

C’était il y a quinze jours, une conversation avec un jeune journaliste espagnol qui vit en Allemagne.

Il me parlait de «  Eso, lo arreglamos entre todos ». (Ça, on va l’arranger tous ensemble).

Era hace unos quince días, una conversación con un joven periodista que vive en Alemania.

 

Ce n’est un secret pour personne, l’Espagne est fort patraque ; des millions de personnes tirent le diable par la queue, accumulent dettes et frustrations, le moral est à zéro.

Et une idée a surgi : http://estosololoarreglamosentretodos.org/

No es un secreto para nadie, España está muy pachucha; millones de personas lo están pasando canutas, acumulan las deudas y las frustraciones, el ánimo está por los suelos. Y surgió una idea.

http://estosololoarreglamosentretodos.org/ Aquí tienen toda la información.

 

« Il y a quelques mois Jaime, un professionnel du marketing, a pensé qu’il fallait faire quelque chose pour déloger l’état de découragement que la crise a provoqué parmi nous (…) la première chose à faire était récupérer la confiance. (…) Il fit ce qu’il savait faire : il rédigea un plan de marketing qu’il perfectionna avec Susana, sa femme.

Une fois prêt, ils le présentèrent à la Chambre de Commerce qui pensait ce que nous pensons tous et qui s’enthousiasma, prit contact avec les entreprises les plus importantes du pays pour requérir leur aide. Celles-ci n’hésitèrent pas et apportèrent leur aide de manière anonyme et désintéressée. (…)

La dernière partie de l’histoire commence maintenant et tu en es le protagoniste, nous le sommes tous. (…) arrêter de penser que les autres vont solutionner nos problèmes.

On va commencer à arranger ça, et c’est nous qui allons le faire… »

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De très nombreuses personnalités de tous bords soutiennent cette initiative, les journaux également, et à ce jour 77.810 personnes se sont inscrites sur le site pour témoigner, encourager, raconter comment ils s’en sortent, ce qu’ils ont mis sur pied.

Numerosas personalidades de distintos mundos sostienen esa iniciativa, también los periódicos, y a día de hoy 77.810 personas se han apuntado en el sitio web para dar su testimonio, animar, contar cómo se las arreglan, lo que han emprendido.

 

Je ne sais si « ça » va s’arranger rapidement, mais envisager le futur ensemble avec le sourire, c’est important, non ?

No sé si « eso » se arreglará rápidamente, pero mirar juntos hacia el futuro con una sonrisa es importante, ¿no?

 

castells.jpgPour terminer je vous traduis ce petit texte que m’a envoyé ce jeune journaliste ému. (Merci D.)

“Tandis qu’elle descendait du mur, elle vit au loin, sur le sol du salon, un morceau de sucre à moitié cassé et elle courut vers lui. En s’approchant elle se rendit compte qu’il était bien plus grand qu’elle ne pensait et, craignant qu’on ne marche dessus ou qu’il soit balayé et jeté à la poubelle, elle décida d’agir. Elle appela ses sœurs soldates et ses cousines ouvrières, et toutes ensemble, de façon organisée, elles mirent rapidement le trésor à l’abri. »

 

Os dejo con este breve texto que me mandó ese joven periodista emocionado. (Gracias D.)

"Mientras bajaba por la pared, divisó a lo lejos un trozo de terrón de azúcar, medio destrozado en el suelo del salón y corrió a por él. Al acercarse se percató de que era mucho más grande de lo que creía y, ante el miedo de que fuera pisado, o barrido y tirado a la basura, decidió actuar. Llamó a sus hermanas soldado y a sus primas obreras y entre todas, de forma organizada, pusieron el tesoro a cubierto rápidamente."

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