27/05/2017

Parfum d'un visage disparu / Perfume de un rostro desaparecido

Deux courts poèmes d’Alejandra Pizarnik, cette poétesse Argentine si vénérée là-bas, si peu connue de notre côté dont je vous avais longuement parlé ici
 
Dos poemas cortos de Alejandra Pizarnik, esa poetisa Argentina tan venerada en su país de la cual os había hablado aquí.
 
 
INFANCIA
 
Hora en que la yerba crece
en la memoria del caballo.
El viento pronuncia discursos ingenuos
en honor de las lilas,
y alguien entra en la muerte
con los ojos abiertos
como Alicia en el país de lo ya visto.
 
Enfance
 
Heure où pousse l’herbe
dans la mémoire du cheval.
Le vent prononce des discours ingénus
en honneur aux lilas,
et quelqu’un entre dans la mort
les yeux ouverts
comme Alice dans le pays du déjà vu.
 
(Trad:Colette)
 
  
 
 


 
Sens de son absence
 
si j’ose
regarder et dire
c’est pour son ombre
si doucement unie
à mon nom
là au loin
dans la pluie
dans ma mémoire.
Par son visage
qui brûlant dans mon poème
disperse joliment
un parfum
de visage aimé disparu
 
(Trad:Colette)
 
SENTIDO DE SU AUSENCIA
 
si yo me atrevo
a mirar y a decir
es por su sombra
unida tan suave
a mi nombre
allá lejos
en la lluvia
en mi memoria
por su rostro
que ardiendo en mi poema
dispersa hermosamente
un perfume
a amado rostro desaparecido
 

28/01/2017

Un enfant en août / Un niño en agosto

Le billet précédent terminait sur ces vers de José Carlos Llop:

Le temps est un
et il n'y a pas de paradis perdus,
seuls des regards
qui ont perdu leur éclat.”
 
Solstice se lit sans hâte, il n’y a aucune intrigue. Si les souvenirs d’enfance de l’auteur se situent à Majorque, sur la côte nord-est, il n’est pas besoin d’être d’ici pour se sentir bien dans ce récit. De fait il pourrait avoir été écrit dans n’importe quel pays ou île méditerranéens.
 
 

 

 
Vous ne trouverez aucune nostalgie ni réflexion sur la situation politique du moment (dernière époque de la dictature de Franco), car l’auteur a décidé, et c’est vraiment réussi, de ne nous raconter que ce que lui, très jeune garçon, voyait.
L’auteur rejette l’idée qu’il s’agisse d’une œuvre de stricte mémoire “car je ne suis même pas la piste d’une forme de littérature autobiographique: l’enfant n’est pas l’axe du récit, il est le regard sur le paysage du récit; ceci arrive car le narrateur n’a pas encore de voix littéraire, il ne fait que regarder”.
Il s’agit d’un regard inaugural, qui découvre les chose pour la première fois et, confesse-t-il, c’est le début “de quelques chose de très important dans la naissance d’un écrivain, apprendre à les nommer, qui est l’équivalent de les posséder.””*
 
Chaque mois d’août une Simca couleur cerise venait chercher la famille du lieutenant colonel Llop pour l’amener à Betlem (Bethléem en majorquin), à 85km de Palma: un vrai voyage! Et arriver à une zone militaire protégée où la famille s’installait dans une maison rustique au confort spartiate.
Le paysage aux alentours, sec, aride, était comme un désert africain dit-il. 
 
Ce mois d’août est pour le gamin comme un séjour au paradis. La vie y est ordonnée, rituelle; comme le bain de mer avant le déjeuner où, sur le chemin du retour, sa mère lui versait de l’eau fraîche sur la tête pour lui éviter l’insolation. Son père, homme autoritaire dont il fait un très beau portrait, a une façon particulière de marcher avec sa cane, en mouvements décomposés, qui le fascine.
 
Le plaisir de ce roman se trouve dans de simples histoires d’odeurs, d’arbustes, de lumières, d’un mulet fou, de poissons pêchés à l’aube avec son frère, d’oiseaux qu’il observe, de jeux de société, d’une mère délicate, d’un monde fait uniquement de sa famille, des quelques soldats qui y vivent...
 
 
La entrada anterior terminaba con estos versos de José Carlos Llop:
 
El tiempo es uno
y no hay paraísos perdidos,
sólo miradas
que han perdido el brillo.”
 
Solstice se lee sin prisa, no hay ninguna intriga. Si los recuerdos de infancia del autor se sitúan en Mallorca, en la costa noreste, no hace falta ser de aquí para encontrarse bien en este relato. De hecho podría haber sido escrito en cualquier país o isla del Mediterráneo.
No encontraréis ninguna nostalgia ni reflexión sobre la situación política del momento (última etapa dela dictadura de Franco), ya que el autor ha decidido, con gran acierto, contarnos solo lo que él, un jovencito, veía. 
 
 
 
Rechaza el autor que se trate de una obra estrictamente memorística, "pues ni siquiera voy de la mano de una forma de literatura autobiográfica: el niño no es el eje del relato, sino que es la mirada sobre el paisaje del relato, y eso sucede porque el narrador no tiene aún voz literaria, sólo mira".
Se trata de una mirada inaugural, que descubre las cosas por vez primera y, confiesa, es el inicio "de algo muy importante en el origen del escritor, que es aprender a nombrarlas, el equivalente a poseerlas".*
 
Cada mes de agosto un Simca color cereza venía a buscar la familia del teniente coronel Llop para llevarla a Betlem a unos 85 km de Palma, un verdadero viaje! Y llegar a una zona militar protegida donde la familia se instalaba en una casa rústica de confort espartano. El paisaje alrededor, árido y seco, era como el desierto africano, dice.
Ese mes de agosto es para el chico como una estancia en el paraíso. La vida es ordenada, ritual; como el baño de mar antes de comer donde, en el camino de vuelta, su madre le echaba agua fresca en la cabeza para evitarle una insolación. Su padre, un hombre autoritario del cual hace un bonito retrato, tiene una forma particular de mover su bastón al andar, en movimientos descompuestos, que le fascina.
El placer de esta novela se encuentra en simples historias de olores, de arbustos, de luces, de un burro loco, de peces pescados al alba con su hermano, de pájaros que observa, de juegos, de una madre atenta y delicada, de un mundo hecho de su sola familia, de unos pocos soldados y del calor.
 

25/04/2015

L'enfance d'Edmée

Extraits de “Une enfance vierviétoise” (clic) Edmée de Xhavée

 

Extractos de una novela de Edmée de Xhavée (no traducida al español), escritora belga, donde habla de su infancia en la ciudad belga de Verviers.

 

 

 

 

 

C'est le chapitre “La magie du cinéma” que j'ai choisi, peut-être parce que chez moi cet art visuel était exclu (ni cinéma, ni TV), mais surtout pour les nombreux sourires que cette écriture si vivante a provoqués.
 

  "Le mercredi après-midi, ma mère nous emmenait au cinéma.
C'était le summum dans l'échelle des plaisirs du côté de sa famille.
(…) ..elle avait sa collection d'autographes et parfois nous pouvions la regarder ensemble, religieusement. J'aimais particulièrement les photos de Jean Marais, oh combien enjolivées d'une longue et élégante dédicace personnelle où il l'appelait par son prénom et lui demandait des nouvelles de son chien! De là à le considérer comme un oncle lointain, il n'y avait qu'un pas!

 

(…)

 

  El miércoles por la tarde, mi madre nos llevaba al cine.
Era el súmmum en la escala de los placeres en su familia. (…) ...ella tenía una serie de autógrafos y a veces podíamos mirarla juntos, religiosamente. Me gustaban en particular las fotos de Jean Marais, tan embellecidas por una larga y elegante dedicatoria personal donde le llamaba por su nombre y le preguntaba por su perro! De ahí a considerarle como un tío lejano, sólo había un paso!

  Ma mère était disciplinée et implacable pour certaines choses, comme l'heure des repas, le fait qu'on n'ouvrait pas la porte ni ne répondait au téléphone pendant cette heure inviolable, etc...Mais elle s'abandonnait volontiers à une tranquille anarchie pour d'autres aspects de la vie. C'est ainsi que le départ pour le cinéma était un moment flottant dans le temps. L'horaire exact de ce départ était...quand elle était prête. (…)

  Mi madre era disciplinada e implacable para ciertas cosas, como la hora de las comidas, la interdicción de abrir la puerta o contestar al teléfono durante esa hora inviolable, etc...Pero se abandonaba fácilmente a una anarquía tranquila en otros aspectos de su vida. Así la hora de salida para ir al cine era un momento flotante en el tiempo. El horario exacto de esa salida era...cuando ella estaba lista. (…)

 

 
Verviers, rue du Collège


(Note de Colette / Nota: “L' anarchie horaire” de sa mère faisait qu'ils arrivaient souvent au milieu, ou aux trois quarts du film. Ils regardaient donc les annonces, les nouvelles, bref y restaient jusqu'à ce qu'ils aient vu le film en entier, avec des pauses, des entractes / La “anarquía horaria” de su madre tenía como consecuencia que a menudo llegaban en medio, o a tres cuartos de la película: Miraban pues los anuncios, las noticias, y se quedaban hasta haber visto las peli entera, con pausas, entreactos)

 

  Enfin le grand film commençait. Jamais nous n'avons été déçus. Ma mère, qui avait aimé le cinéma bien avant nous, nous avait exercé l’œil aux trucages. Nous étions fiers de reconnaître les découpages, décors, mannequins, faux indiens (“Des Américains avec des fausses dents”, expliquait-elle). Nous savions que Tarzan ne se battait pas avec un vrai lion, mais plutôt avec “une peau de lion descente de lit”. Que Samson retenait un mur de carton-pâte. Que Doris Day faisait semblant de conduire – et c'était tant mieux car elle n'arrêtait pas de parler et ne regardait pas la route bien qu'elle tourne son volant de gauche à droite avec un rythme de métronome. (…)

 

 

  Al fin la gran película empezaba. Nunca estuvimos decepcionados. Mi madre, a la que le había gustado el cine mucho antes que a nosotros, nos había acostumbrado a ver los trucajes. Estábamos orgullosos de reconocer el guión técnico, el decorado, los maniquíes, los falsos indios (“Unos Americanos con dientes postizos” explicaba ella). Sabíamos que Tarzán no luchaba en duelo con un león de verdad, sino con “una piel de león alfombra”. Que Sansón aguantaba una pared de cartón piedra. Que Doris Day mimaba conducir – y era mejor así ya que no paraba de hablar y no miraba la carretera aunque daba volantazos a diestra y siniestra con el ritmo de un metrónomo. (...)

 

 

 

 

 

 

  La fin du grand film nous amenait ainsi à un nouvel entracte, plus court – occasion d'analyser le film et de comparer nos subtilités quant à la meilleure interprétation – et le début de complément de choix, avec le mourant de la fin en pleine santé. Le coupable encore nimbé d'innocence, la future jeune épousée en train de jouer à la marelle. Qu'importait. Nous étions contents de savoir, déjà, à quoi nous en tenir à leur sujet! Et nous espérions que ma mère ne se souviendrait plus exactement du moment auquel nous étions entrés. Mais c'était peine perdue et sa rigueur incorruptible nous rappelait à la réalité: elle remettait ses lunettes dans leur étui qui faisait un petit clac oh combien fatal, chuchotait: “C'est ici qu'on était”, et nous nous en allions.

 

  El final de la gran película nos llevaba a un nuevo entreacto, más corto – ocasión de analizar la película y de comparar nuestras sutilezas en cuanto a la mejor interpretación – y el principio del complemento de excepción, con el moribundo del final en plena salud. El culpable todavía aureolado de inocencia, la futura joven novia jugando a rayuela. No importaba. Estábamos contentos de saber, ya, lo qué había que pensar de ellos! Y esperábamos que mi madre no se acordara exactamente del momento en el cual habíamos entrado. Pero era en vano y su rigor incorruptible nos devolvía a la realidad: colocaba sus gafas en el estuche, lo cerraba con un pequeño clac fatal, y susurraba: “Es aquí donde empezamos”, y nos marchábamos."

Son blog: https://edmeedexhavee.wordpress.com/
Trad: Colette

19/02/2011

La nature, l'enfance et Lorca / La naturaleza, la infancia y Lorca

lorca libro.jpgEn mi  “Obras completas” de G.G. Lorca, muy gastado, unas entrevistas.

 

-¿Mi vida? ¿Es que yo tengo vida? Estos mis años, todavía me parecen niños. Las emociones de la infancia están en mí. Yo no he salido de ellas. Contar mi vida sería hablar de lo que soy, y la vida es un relato de lo que se fue. Los recuerdos, hasta los de mi alejada infancia, son en mí un apasionado tiempo presente…

 

 

Dans mon “Oeuvres complètes » de G.G. Lorca, fort usé,  quelques interviews.

 

-Ma vie? Ai-je une vie? Les ans que j’ai appartiennent encore à l’enfance.

Les émotions de l’enfance sont en moi. Je n’en suis pas sorti. Raconter ma vie serait parler de ce que je suis, et la vie est un récit de ce qui s’en est allé. Les souvenirs, même ceux de mon enfance la plus lointaine, sont en moi un temps présent passionné….

 olivo1.jpg

-Y se lo contaré. Es la primera vez que hablo de esto, que siempre ha sido mío solo, íntimo, tan privado, que ni yo mismo quise nunca analizarlo. Siendo niño, viví en pleno ambiente de naturaleza. Como todos los niños, adjudicaba a cada cosa, mueble, objeto, árbol, piedra, su personalidad. Conversaba con ellos y los amaba. En el patio de mi casa había unos chopos. Una tarde se me ocurrió que los chopos cantaban. El viento, al pasar por entre sus ramas, producía un ruido variado en tonos, que a mí se me antojo musical. Y yo solía pasarme las horas acompañando con mi voz la canción de los chopos…

 

- Et je vous le raconterai. C’est la première fois que j’en parle, cela n’a toujours appartenu qu’à moi seul, intime, si privé que même moi je n’ai jamais voulu l’analyser. Enfant j’ai vécu en pleine  nature. Comme tous les enfants, j’assignais à chaque chose, meuble, objet, arbre, pierre, sa personnalité. Je conversais avec eux et je les aimais. Dans le patio de ma maison il y avait des peupliers. Un après-midi j’ai eu l’idée que les peupliers chantaient. Le vent, en passant entre leurs branches, produisait un bruit aux tons variés, qui à moi me sembla musical. Et j’avais l’habitude de passer les heures à accompagner de ma voix la chanson des peupliers…

 

-Amo a la tierra - dice Lorca -. Me siento ligado a ella en todas mis emociones. Mis más lejanos recuerdos de niño tienen sabor de tierra. La tierra, el campo, han hecho grandes cosas en mi vida. Los bichos de la tierra, los animales, las gentes campesinas, tienen sugestiones que llegan a muy pocos. Yo las capto ahora con el mismo espíritu de mis años infantiles. De lo contrario, no hubiera podido escribir Bodas de Sangre. Este amor a la tierra me hizo conocer la primera manifestación artística...

 

 

-J’aime la terre - dit Lorca-. Je me sens lié à elle dans toutes mes émotions. Mes souvenirs d’enfance les plus lointains ont une saveur de terre.

La terre, la campagne, ont fait de grandes choses dans ma vie. Les bestioles de la terre, les animaux, les gens des campagnes ont des suggestions qui touchent bien peu de gens. Je les capte maintenant avec le même esprit que dans mes années infantiles.

Sinon je n’aurais pas pu écrire Noces de sang. C’est cet amour de la terre qui m’a fait connaître la première manifestation artistique…

 

 (Foto olivos: http://revista.consumer.es/web/es/20070301/actualidad/informe1/71301.php)

04/12/2010

La folle imagination / Esa loca imaginación

imagination.jpg

 

 

 

Julián, un petit garçon du village, a 4 ans et ne veut apprendre ni à lire ni à écrire car, clame-t-il, il sera  mécanicien de nuages. C’est lui et son imagination qui m’ont fait repenser à ce passage de « La folle du logis » de l’écrivaine Rosa Montero.

«  … dans le travail de romancier il y a quelque chose d’encore plus important que ce tintement de mots, c’est l’imagination, les rêveries, ces autres vies fantastiques et occultes que nous avons tous. Faulkner disait qu’un roman «  est la vie secrète d’un écrivain, l’obscure frère jumeau d’un homme ».

Et Sergio Pitol, (…) ajoute: « Un romancier est un homme qui entend des voix, ce qui l’assimile à un dément ».

(…) il me semble qu’en réalité cette imagination débridée nous assimile plus aux enfants qu’aux lunatiques. Je crois que les humains, nous entrons tous dans l’existence sans savoir bien distinguer le réel du rêve ; de fait, la vie infantile est en grande partie imaginaire.

Le processus de socialisation, ce que nous appelons éduquer, ou mûrir, ou grandir, consiste précisément à tailler les efflorescences capricieuses, à fermer les portes du délire, à amputer notre capacité à rêver éveillés ; et malheur à celui qui ne saura pas sceller cette fissure entre les deux côtés car il sera probablement considéré comme un pauvre fou.

Le romancier a donc le privilège de continuer à être un enfant, de pouvoir être un fou, de maintenir le contact avec ce qui est informe. «  L’écrivain est un être qui n’arrive jamais à devenir adulte », dit Martín Amis dans son beau livre autobiographique Expérience, et il doit bien le savoir car il a tout l’aspect d’un Peter Pan un peu fané qui refuse avec entêtement de vieillir. ».

(Trad : Colette . Extrait de « La folle du logis » R. Montero)

 

PS : ce billet est pour ceux qui ont gardé un brin de folie, un zeste d’enfance, des nuages plein les cheveux.

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Julián, un niño del pueblo, tiene 4 años y no quiere aprender ni a leer ni a escribir ya que, dice, será mecánico de nubes. Son él y su imaginación los que me han hecho recordar ese pasaje de “La loca de la casa” de Rosa Montero.

“…en el oficio de novelista hay algo aún más importante que ese tintineo de palabras, y es la imaginación, las ensoñaciones, esas otras vidas fantásticas y ocultas que todos tenemos. Decía Faulkner que una novela “es la vida secreta de un escritor, el oscuro hermano gemelo de un hombre”.Y Sergio Pirol (…) añade:” Un novelista es un hombre que oye voces, lo cual lo asemeja con un demente”.

(…) me parece que en realidad esa imaginación desbridada nos asemeja más a los niños que a los lunáticos. Creo que todos entramos en la existencia sin saber distinguir bien lo real de lo soñado; de hecho, la vida infantil es en buena medida imaginaria. El proceso de socialización, lo que llamamos educar, o madurar, o crecer, consiste precisamente en podar las florescencias fantasiosas, en cerrar las puertas del delirio, en amputar nuestra capacidad para soñar despierto; y ay de aquel que no sepa sellar esa fisura con el otro lado, porque probablemente será considerado un pobre loco.

Pues bien, el novelista tiene el privilegio de seguir siendo un niño, de poder ser un loco, de mantener el contacto con lo informe. “El escritor es un ser que no llega jamás a hacerse adulto” dice Martín Amis en su hermoso libro autobiográfico Experiencia, y él debe saberlo muy bien, porque tiene todo el aspecto de un Peter Pan algo marchito que se niega empeñosamente a envejecer”. Extracto de “La loca de la casa” R.Montero