13/06/2013

Magnificence / Magnificencia

Félix María de Samaniego 1745-1801, fabuliste espagnol, était d'ascendance noble et argentée ce qui lui permit de fairedes études en France où on peut supposer, sans trop se tromper, qu'il a pris connaissance des fables de La Fontaine.



Félix María de Samaniego 1745-1801, fabulista español, era de familia noble y adinerada lo que le permitió estudiar en Francia donde se puede suponer sin equivocarse mucho, que supo de las fábulas de Jean de La Fontaine.


Nous poursuivons avec la même fable que dans le dernier billet: le ton est ici différent, le lion plus majestueux, magnanime, un peu pédant, le rat est devenu une souricette...


Seguimos con la misma fábula: el tono es aquí diferente, el león más majestuoso, un poco magnánimo y pedante, la rata se ha trasformado en un ratoncillo... 

 

Le Lion et la souris

  

Une petite souris était prisonnière

 des griffes d'un lion; la malheureuse

 ne fut pas attrapée dans telle souricière

 pour vol de lard ni de fromage,

 mais parce qu'avec d'autres elle dérangeait

 le lion, qui dans son antre se reposait.

 Elle demande pardon, pleurant son insolence;

 à l'entendre implorer sa royale clémence,

 le roi répond d'un ton majestueux:

 - Titus ne dirait pas mieux - “Je te pardonne”.

 Un peu plus tard le lion chassant trébuche

 sur un filet caché dans les taillis:

 il veut en sortir, mais il reste prisonnier;

 il assourdit la jungle de rugissements féroces.

 La souris, libre, qui l'entend,

 arrive en courant: diligente elle ronge

 les noeuds du filet de telle façon

 qu'enfin elle rompt les liens de la bête sauvage.

 

 
Il convient au puissant

 d'avoir pitié des malheureux;

 il se peut qu'il ait besoin

 de l'aide d'un plus nécessiteux.

 

(trad. Colette, // Traduction ardue, vos suggestions seront bienvenues.)


 

EL LEÓN Y EL RATÓN


Estaba un ratoncillo aprisionado
en las garras de un león; el desdichado
en la tal ratonera no fue preso
por ladrón de tocino ni de queso,
sino porque con otros molestaba
al león, que en su retiro descansaba.
Pide perdón, llorando su insolencia;
al oír implorar la real clemencia,
responde el rey en majestuoso tono
—no dijera más Tito—: «Te perdono».
Poco después cazando el león tropieza
en una red oculta en la maleza:
quiere salir, mas queda prisionero;
atronando la selva ruge fiero.
El libre ratoncillo, que lo siente,
corriendo llega: roe diligente
los nudos de la red de tal manera,
que al fin rompió los grillos de la fiera.

 

 

Conviene al poderoso
para los infelices ser piadoso;
tal vez se puede ver necesitado
del auxilio de aquel más desdichado.

09/06/2013

La reconnaissance / El agradecimiento

Une fable, trois versions. 
Aujourd'hui celle d'Esope; viendront ensuite, au cours de la semaine, celles de Samaniego, le fabuliste espagnol, et de Jean de la Fontaine.
Una fábula, tres versiones.  
Hoy la de Esopo; vendrán despúes, a lo largo de la semana, las de Samaniego, el fabulista español, y de Jean de la Fontaine.

 

 

 

Le lion et le rat

 

Ésope

 

 

 

Un lion dormait paisiblement quand un rat vint jouer sur son corps. Le lion s'éveilla et l'attrapa rapidement; le rat sur le point d'être mangé lui demanda grâce, assurant qu’il saurait reconnaître ce bienfait le moment venu. Le lion se mit à rire et le laissa aller.
Or qu’advint-il ? C’est que, peu après, au rat reconnaissant le lion dut à son tour la vie.
Pris par des chasseurs, il fut attaché à un arbre parune corde. Le rat entendit ses gémissements, accourut, rongea la corde tout autour et délivra le lion.
« Tu vois, dit-il, tu te moquais de moi l’autre jour ; tu ne t’attendais pas à être payé de retour. Sache que les rats aussi sont capables de reconnaissance. »

Ne méprise jamais les promesses des petites gens honnêtes. Le moment venu, elles les tiendront.

(version trouvée sur la toile que j'ai un peu adaptée)

 

 
illustration Gustave Doré

 

 

El león y el ratón

 

Esopo

Dormía tranquilamente un león, cuando un ratón empezó a juguetear encima de su cuerpo. Despertó el león y rápidamente atrapó al ratón; y a punto de ser devorado, le pidió éste que le perdonara, prometiéndole pagarle cumplidamente llegado el momento oportuno. El león echó a reir y lo dejó marchar.
Pocos días después unos cazadores apresaron al rey de la selva y le ataron con una cuerda a un frondoso árbol. Pasó por ahí el ratoncillo, quien al oír los lamentos del león, corrió al lugar y royó la cuerda, dejándolo libre.
Días atrás le dijo: te burlaste de mí pensando que nada podría hacer por tí en agradecimiento. Ahora es bueno que sepas que los pequeños ratones somos agradecidos y cumplidos.

Nunca desprecies las promesas de los pequeños honestos. Cuando llegue el momento las cumplirán.