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  • Le silence est ma voix / El silencio es mi voz

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    Après “Sagesse de l’herbe” que j’avais tant aimé, je découvre “Journal d’une pierre” d’Anne Le Maître.
     
    https://alm-bleudeprusse.blogspot.com/  
     
     
    Comme un cahier très soigné à emporter avec soi, à chaque page un court texte poétique et une illustration en noir encre, gris et blanc réalisée par elle-même. L’ensemble est des plus réussis.
     
     
    Diario de una piedra” por Anne Le Maître
    El librito, como un cuaderno muy cuidado para llevar consigo, en cada página un texto corto y una ilustración hecha por ella en tinta china, gris y blanco. El conjunto es precioso.
     
    J’ai choisi deux pages et les ai traduites en espagnol.
     
    VI
    Pierre à secret
    pierre à mémoire
     
            je dis
     
    Pierre de patience
    et de silence
     
    Sans chagrin
    sans voix
    sans espoir
     
    Que connais-tu des larmes
    que sais-tu d’être tendre
    que sais-tu de l’amour
    que sais-tu de la joie
    que je pourrais t’apprendre?
     
    VII
     
    - Et à qui parles-tu,
    toi qui bruisses et qui geins
    et de quoi?
    Et pourquoi?
     
    La leçon
    je la donne
     
    Se taire est mon langage
    le silence
           est ma voix.
     
                              …
    Ce que j’ai dans le cœur,
    dit la pierre,
    m’appartient.
                                   
    Carte postale Anne Le Maître, photo Colo
     
     
     

     

    VI
    Piedra de secretos
    piedra de memoria
     
              digo
     
    Piedra de paciencia
    y de silencio
     
    Sin pena
    sin voz
    sin esperanza
     
    ¿Qué sabes de las lágrimas
    qué sabes de ser tierno
    qué sabes del amor
    qué sabes de la alegría
    que podría enseñarte?
     
    VII
     
    - ¿Y con quién hablas,
    tú que susurras y gimes
    y de qué?
    Y por qué?
     
    La lección
    la doy yo
     
    Callar es mi lenguaje
    el silencio
    es mi voz
     
    ---------
     
    Lo que tengo en el corazón,
    dice la piedra
    me pertenece.
     
    (Trad: Colette)

    Vous trouverez une présentation et une page sur le blog d’Anne: https://alm-bleudeprusse.blogspot.com/2019/12/parution-dhiver.html
     
     
     
     
  • Amère est l'eau des mers / Amarga es el agua de mar

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    La balade de l’eau de mer

     

    F. Garcia Lorca

    À Emilio Prados
    (chasseur de nuages)

     

    La mer

    sourit au loin

    Dents d’écume,

    lèvres de ciel.

     
    Que vends-tu, ô fille trouble
    les seins à l’air?
     
    Je vends, monsieur, l’eau
    des mers.
     
    Qu’as-tu, ô jeune noir
    dans ton sang mêlé?
     
    J’ai, monsieur, l’eau
    des mers.
     
    Ces larmes salées
    d’où viennent-elles, mère?
     
    Je pleure, monsieur, l’eau
    des mers.
     
    Cœur, et cette amertume
    grave, où naît-elle?
     
    Fort amère
    est l’eau des mers!
     

    La mer

    sourit au loin

    Dents d’écume,

    lèvres de ciel.

     

     
    (Trad:Colette)
     
     (Une traduction, un peu différente, aux éditions Gallimard 1954 ici: http://expositions.bnf.fr/lamer/cabinet/anthologie/bibliotheque/19.htm)
     
    Dessin signé F. Garcia Lorca
     
    La balada del agua del mar
     
    F. Garcia Lorca
     
    A Emilio Prados
    (cazador de nubes)
     
    El mar
    sonríe a lo lejos.
    Dientes de espuma,
    labios de cielo.
     
    ¿Qué vendes, oh joven turbia
    con los senos al aire?
     
    Vendo, señor, el agua
    de los mares.
     
    ¿Qué llevas, oh negro joven,
    mezclado con tu sangre?
     
    Llevo, señor, el agua
    de los mares.
     
    Esas lágrimas salobres
    ¿de dónde vienen, madre?
     
    Lloro, señor, el agua
    de los mares.
     
    Corazón, y esta amargura
    seria, ¿de dónde nace?
     
    ¡Amarga mucho el agua
    de los mares!
     
    El mar
    sonríe a lo lejos.
    Dientes de espuma,
    labios de cielo.
  • Savoir nommer / Saber nombrar

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    Nous revenons une fois encore à Alejandra Pizarnik.
    Volvemos una vez más a Alejandra Pizarnik.
     
     
    elle se dénude dans le paradis
    de sa mémoire
    elle ignore le féroce destin
    de ses visions
    elle a peur de ne savoir nommer
    ce qui n'existe pas
    (Trad: Colette)
     
    ella se desnuda en el paraíso
    de su memoria
    ella desconoce el feroz destino
    de sus visiones
    ella tiene miedo de no saber nombrar
    lo que no existe
     
    expliquer avec des mots de ce monde
    que de moi sortit un bateau qui m'emporta
     
    (trad:Colette)
     
    explicar con palabras de este mundo
    que partió de mí un barco llevándome
     
     
     
    Je lisais et traduisais ces courts poèmes quand je me suis demandé si cette difficulté à nommer l’avait poussée à s’exprimer aussi d’une autre façon qu’avec des mots. Et j’ai trouvé ça:
    Leía y traducía esos cortos poemas cuando me pregunté si esa dificultad en nombrar le había empujado a expresarse también de otra forma que con palabras. Y encontré esto:
     
    Seul le fragile reste

     

    La cage est devenue oiseau et s'est envolée  

     

     

     

    Je demande le silence * (détail)

     

    Ce voyage fut une erreur *

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     
  • La guitare de F. García Lorca

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    Le piano et la guitare furent les inséparables compagnons de vie de Frederico.
    Voici deux poèmes dédiés à la guitare: pleurs et sanglots, images...reflets d'une époque.

    El piano y la guitarra fueron los inseparables compañeros de vida de Federico.
    Aquí dos poemas dedicados a la guitarra: llantos y sollozos, imágenes...reflejos de una época.

     

     

    Las seis cuerdas, F, García Lorca

    La guitarra
    hace llorar a los sueños.
    El sollozo de las almas
    perdidas
    se escapa por su boca
    redonda.
    Y como la tarántula,
    teje una gran estrella
    para cazar suspiros,
    que flotan en su negro
    aljibe de madera.


    1924

     

     

     

    Les six cordes

      

    La guitare
    fait pleurer les songes.
    Le sanglot des âmes
    perdues
    s'échappe par sa bouche
    ronde.

    Et comme la tarentule,
    elle tisse une grande étoile
    pour chasser les soupirs
    qui flottent dans sa noire
    citerne en bois.

    (Federico Garcia Lorca, Poème du Cante jondo.
    Poésies 1921-1927)

     

    (trad: Colette)

     

     

     

    Dessins de Lorca

     

     

     

    La guitarra

    Empieza el llanto
    de la guitarra.
    Se rompen las copas de la madrugada.
    Empieza el llanto de la guitarra.


    Es inútil callarla.
    Es imposible callarla.
    Llora monótona
    como llora el agua,
    como llora el viento
    sobre la nevada.
    Es imposible callarla.
    Llora por cosas
    lejanas.
    Arena del Sur caliente
    que pide camelias blancas.
    Llora flecha sin blanco,
    la tarde sin mañana,
    y el primer pájaro muerto
    sobre la rama.
    !Oh guitarra!
    Corazón malherido
    por cinco espadas. 

     

     

     Celui-ci me fait sourire...este me hace sonreir

     

     

    La guitare, Federico García Lorca




    Commence la plainte
    de la guitare.
    Les cimes de l'aube se brisent.
    Commence la plainte de la guitare. 
     
    Inutile de la faire taire.
    Impossible de la faire taire.
    Plainte monotone,
    comme le pleur de l'eau,
    comme le pleur du vent
    sur la neige.
    Impossible de la faire taire.
    Elle pleure sur des choses
    lointaines.
    Sable du Sud brûlant
    qui désire de blancs camélias.
    Elle pleure la flèche sans but,
    le soir sans lendemain,
    et le premier oiseau mort
    sur la branche.
    O guitare !
    Coeur transpercé
    par cinq épées.



    (Poème du cante jondo)Trad: Colette

    Un site qui explique la relation de Lorca avec la guitare

  • Joan Miró et Ubu

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    Ubu, Alfred Jarry et puis cette chanson de Dick Annegard qu'ados on chantait à tue-tête, enchantés par le petit zizi et le gros cul, la femme infâme...et le roi-tyran qui “est mouru”.
     
     

     

     

    JoanMiró fut fasciné par ce tyran: " Maintenant tout le monde voit clairement que ce que Alfred Jarry a imaginé était en fait Franco et les siens. C'est la raison pour laquelle Ubu m'a fasciné pendant les années de franquisime, et c'est la raison pour laquelle je l'ai dessiné si souvent”.

    Un aspect peu connu de Miró celui de résistant au franquisme, de sa lutte contre le dictateur, pour la liberté.

    Il l'a illustrée abondamment dans trois séries de dessins: Ubu Roi, L'enfance d'Ubu, Ubu aux Baléares.

     

     

     

     

     

     

     Une partie, celle que j'ai vue, les dessins sont fort amusants, se trouve au Musée Es Baluard, Palma de Majorque. 

     

     
    (clic pour agrandir)

     

    Il existe une pièce de théâtre, “Mori y Merma” sur le même thème: les décors et marionnettes sont été entièrement réalisés par Miró.

     

     

     
    Ubú, Alfred Jarry, y esta canción en francés del holandés Dick Annegarn que, niña, canturreaba porque habla del pito pequeño y del culo gordo del tirano, de su mujer, infame, y del rey “que ha morido”.

     

    Joan Miró fue fascinado por ese tirano: “Ahora todo el mundo ve claro que aquello que Alfred Jarry imaginó era en realidad Franco y los suyos. Esta es la razón por la cual Ubú me ha fascinado durante los años del franquismo, y es la razón por la cual lo he dibujado tan a menudo".

     

    Un aspecto poco conocido el del artista resistente al franquismo, de su lucha contra el dictador, por la libertad.

     

    La ilustró en numerosos dibujos de tres series: Ubú Rey, La infancia de Ubú, Ubú en las Baleares. Una parte de ellos, los que ví, son muy divertidos, se encuentra en el Museo es Baluard, Palma de Mallorca.

     

     

    Existe una obra de teatro, “Mori y Merma” que trata del mismo tema: el decorado y las marionetas fueron realizados por Miró.