18/08/2013

Silences II / Silencios II

Une dame très cultivée, mélomane et poétesse, Tutú García Sidón est galicienne et vit actuellement à La Coruña.
Un prénom étrange Tutú? Oui, dit-elle, en riant, que voulez-vous, quand on s'appelle “Esclavitud”... (c'était le nom de sa grand-mère)
Sa poésie est généralement agréable et très simple ;  j'ai sélectionné cette “nana” (berceuse) pour ses quatre premiers vers.
Et aussi en souvenir de lointaines mais innombrables, inoubliables, nuits blanches à bercer mes enfants, à leur chantonner sur un ton de plus en plus énervé, épuisé...
 
Berthe Morisot
 
Una señora muy culta, melómana y poetisa, Tutú García Sidón es gallega y vive en A Coruña.
¿Un nombre extraño Tutú? Sí, dice riéndose, qué quiere cuando una se llama Esclavitud... (era el nombre de su abuela).
Su poesía es generalmente agradable y muy  simple; he seleccionado esta nana por sus cuatro primeros versos. 
Y también en recuerdo de lejanas pero innumerables, inolvidables, noches en vela meciendo a mis hijos, canturreándoles en un tono cada vez más nervioso, agotado...
 
Le silence se déchaussa
 
Le silence se déchaussa
et passa sur la pointe des pieds
très doucement, doucement
pour ne pas l'éveiller.
Mon enfant dort
dans son berceau d'argent,
posé et tranquille
entre des draps blancs.
 
La lune caresse
son petit visage rose,
les orangers en fleur
parfument la pièce.
Dors, ma vie,
un ange veille sur toi;
Dors et ne t'éveille pas
jusqu'à ce que pointe l'aube.
(Trad: Colette, Summer Watosn)
 
 
Se descalzó el silencio 
 Tutú García Sidón
 
Se descalzó el silencio
y pasó de puntillas
muy quedito, quedito
para no despertarle.
Es que duerme mi niño
en su cuna de plata,
reposado y tranquilo
entre sábanas blancas.
 
Le acaricia la luna
su carita rosada,
los naranjos en flor
le perfuman la estancia.
Duérmete, vida mía,
que te vela tu ángel;
Duerme y no te despiertes
hasta que se asome el alba.

 
Je suppose que beaucoup de berceuses parlent d'anges, mais la sachant mélomane, comment ne pas faire le lien avec ce poème de Lamartine, transposé en opéra dans cet air si connu: “ Berceuse de Jocelyn”?
 
Supongo que muchas nanas hablan de ángeles, pero sabiendo que es melómana, ¿cómo no pensar en el poema de Lamartine traspuesto en ópera por Godard en este refrán tan conocido?
 
Tant de sopranos et ténors l'ont chanté..que choisir? La version qui m'a le plus émue est celle de Summer Watson.
Lo han cantando multitud de sopranos, tenores...¿cuál elegir? La versión que más me emocionó es la de Summer Watson.

                                

Berceuse de Jocelyn

Poème de Lamartine et opéra de Benjamin Godard




    
Oh ne t'éveille pas encor
Pour qu'un bel ange de ton rêve
En déroulant son long fil d'or,
Enfant, permette qu'il s'achève.
Dors, dors, le jour à peine a lui.
Vierge Sainte, veillez sur lui.

Sous l'aile du Seigneur loin du bruit de la foule
Et comme un flot sacré qui doucement s'écoule
Nous avons vu les jours passer après les jours
Sans jamais nous lasser d'implorer son secours.

13/11/2010

Un berceuse de Lorca / Una canción de cuna de Lorca

JUAN CARDONA Llados Mi espacio Flamenco.jpg
Joan Cardona Llados 1877-1957 (soliloquiosflamencos.blogspot.com)

García Lorca avait observé que, contrairement aux berceuses européennes qui sont douces et tendres, les « chansons de berceau »  espagnoles, du nord au sud (excepté au Pays Basque) étaient tristes :

Gracía Lorca había observado que, al contrario que las nanas europeas que son dulces y tiernas, las canciones de cuna españolas, del norte al sur (excepto en el País Vasco), eran tristes:

“Il y a quelques années, me promenant dans les alentours de Granada, j’entendis chanter une femme du village qui endormait son enfant. J’avais toujours remarqué la tristesse aiguë des berceuses de notre pays ; mais jamais je n’avais ressenti cette vérité si concrète comme ce jour-là. En m’approchant de la chanteuse pour noter la chanson j’ai observé que c’était un belle andalouse, gaie et sans le moindre tic de mélancolie ; mais une tradition vive travaillait en elle et elle exécutait fidèlement l’ordre, comme si elle écoutait les vieilles voix impérieuses qui glissaient dans son sang. Depuis lors j’ai essayé de recueillir des berceuses de partout en Espagne ; j’ai voulu savoir comment les femmes de mon pays endormaient leurs enfants, et après un temps j’ai eu l’impression que l’Espagne emploie ses mélodies pour imprégner le premier sommeil de ses enfants. »

"Hace unos años, paseando por las inmediaciones de Granada, oí cantar a una mujer del pueblo mientras dormía a su niño. Siempre había notado la aguda tristeza de las canciones de cuna de nuestro país; pero nunca como entonces sentí esta verdad tan concreta. Al acercarme a la cantora para anotar la canción observé que era una andaluza guapa, alegre sin el menor tic de melancolía; pero una tradición viva obraba en ella y ejecutaba el mandado fielmente, como si escuchara las viejas voces imperiosas que patinaban por su sangre. Desde entonces he procurado recoger canciones de cuna de todos los sitios de España; quise saber de qué modo dormían a sus hijos las mujeres de mi país, y al cabo de un tiempo recibí la impresión de que España usa sus melodías para teñir el primer sueño de sus niños"

Federico García Lorca -Conferencias
Las nanas infantiles 1930.

 

 

Avec Lorca au piano! En voici les paroles. "Galapaguito" que j'ai traduit par "petite tortue" est
ici, un terme affectueux.

Berceuse de Séville (F.G. Lorca)

Cette petite tortue
n’a pas de mère ;
l’a enfanté un gitane,
l’a jeté à la rue.
N’a pas de mère, oui,
n’a pas de mère, non ;
n’a pas de mère,
l’a jeté à la rue.

Ce petit enfant
n’a pas de berceau ;
son père est menuisier
et lui en fera un.

Nana de Sevilla (F.G. Lorca)

Este galapaguito
no tiene mare;

lo parió una gitana,

lo echó a la calle.

No tiene mare, sí,

no tiene mare, no;

no tiene mare,
lo echó a la calle.


Este niño chiquito

no tiene cuna;

su padre es carpintero
y le hará una.