27/10/2018

De saison / De temporada

De belles promenades cette semaine, la lumière est superbe, la température parfaite pour gambader. Dès dimanche, d'après les spécialistes météo, ce sera cheminée-bouquins. Et sûrement des poèmes, on ne peut rien vous cacher.

https://verdakoko.com/alimentos-de-temporada-en-mallorca-en-otono/


Après la récolte des coings, ces gros fruits râpeux, confection de pâte de ce fruit. Pas trop sucrée mais citronnée ici. Un long travail réalisé par señor Colo. Des douceurs à offrir.                                     

                                                             
                                                        

 

                                                              

 


Au passage devant un centre de plante, tout me rappelle que la Toussaint est proche. C'est joli, le jeune sud-américain qui termine de ranger les pots me regarde photographier son œuvre: "estoy contento que le guste".
 Aucune tombe à garnir, mes parents et beaux-parents ont été incinérés et leurs cendres répandues sous de grands arbres. C'est bien ainsi.

 



De retour chez moi, et parce qu'un superbe soleil brille, je "vois" tout à coup que la vigne vierge a pris, en peu de jours, des couleurs de saison, qu'un incessant va et vient d' oiseaux s'alimente des petits fruits noirs.
C'est fou le nombre de choses qu'on voit sans les regarder.




Passez une bonne semaine.

11/11/2017

Chauds ou froids, frissons / Cálidos o fríos, escalofríos

Les premiers froids sont arrivés, soudain. Brrr. Il y a une semaine on déjeunait encore sur la terrasse...

Derrière ma fenêtre fermée (Colette)    


 Deux courts poèmes du majorquin Antonio Rigo ( Palma de Mallorca 1957)

 

 

Le silence de la montagne
brisé par le son
de l'herbe qui germe,
le bruit de la ville
écrasé par le silence
de la feuille qui croît.
 
(Trad: Colette)
 
 
El silencio de la montaña
roto por el sonido
de la hierba que brota,
el ruido de la ciudad
aplastado por el silencio
de la hoja que crece.
 
 
 
En amour et
en poésie
l'important
est de garder
au chaud le
frisson.
(Trad: Colette)
 
 
En el amor y
la poesía
lo importante
es mantener
caliente el
escalofrío.
 
 
Antonio Rigo
Extrait /Extracto de:
Albúm blanco
 

04/11/2017

Je me souviens de toi.../ Te recuerdo....

Un poème de saison aujourd’hui.
 
Pablo Neruda
 
Je me souviens de toi telle que tu étais en ce dernier automne:
un simple béret gris, le cœur en paix.
Dans tes yeux combattaient les feux du crépuscule.
Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton âme.

Enroulée à mes bras comme un volubilis,
les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.
Bûcher de stupeur où ma soif brûlait.
Douce jacinthe bleue tordue sur mon âme.

Je sens voyager tes yeux et l'automne est distant:
béret gris, cris d'oiseau, cœur où l'on est chez soi
et vers eux émigraient mes désirs si profonds
et tombaient mes baisers, joyeux comme des braises.

Ciel vu d'un bateau. Champs vus des collines:
lumière, étang de paix, fumée, ton souvenir.
Au-delà de tes yeux brûlaient les crépuscules.
Sur ton âme tournaient les feuilles de l'automne.
 
(Traduction trouvée sur la Toile, sans nom d’auteur, modifiée par moi)
 
Photo Colette, prise près de chez moi    
 
Te recuerdo como eras en el último otoño.
Eras la boina gris y el corazón en calma.
En tus ojos peleaban las llamas del crepúsculo.
Y las hojas caían en el agua de tu alma.

Apegada a mis brazos como una enredadera,
las hojas recogían tu voz lenta y en calma.
Hoguera de estupor en que mi sed ardía.
Dulce jacinto azul torcido sobre mi alma.

Siento viajar tus ojos y es distante el otoño:
boina gris, voz de pájaro y corazón de casa
hacia donde emigraban mis profundos anhelos
y caían mis besos alegres como brasas.

Cielo desde un navío. Campo desde los cerros.
Tu recuerdo es de luz, de humo, de estanque en calma!
Más allá de tus ojos ardían los crepúsculos.
Hojas secas de otoño giraban en tu alma.
 

19/11/2016

Fiat lux

Foto Colette, Puigpunyent nov. 2016

 Dans toute chose il y a une faille. C'est ainsi qu'entre la lumière.

En cada cosa hay un fallo. Así es como entra la luz.

 

There is a crack in everything. That's how light gets in.
 


Paroles chanson Anthem de Leonard Cohen

30/10/2012

Un matin d'automne presque banal / Una mañana de otoño casi banal

Tout semblait normal ce matin: ciel mi-nuageux, température douce, la vigne vierge rougissante. 
Todo parecía normal esta mañana: cielo medio nublado, temperatura suave, la parra virgen enrojeciendo.


Un jour d'automne comme un autre.
Plaisir de constater que mes avocats s'arrondissent (pourquoi n'en cultive-t-on pas ici? Ils poussent parfaitement sur mon terrain où il fait plus froid qu'en bien des endroits de l'île), les grenades imitent les avocats mais en rosissant.



Un día de otoño como cualquier otro.
El placer de constatar que mis aguacates redondean (¿por qué no se cultivan aquí? Crecen perfectamente en mi terreno donde hace bastante más frío que en muchos sitios de la isla), las granadas imitan a los aguacates pero coloreándose de rosa.


Il était tôt et les seules rencontres furent animales. Je flâne donc parmi les bosquets, le nez en l'air j'observe un chat qui fait de même. 
 
Era pronto y sólo me encontré con unos animales. Vago por el sotobosque, levanto la vista para observar a un gato que hace lo mismo.
Total, nada que señalar hasta que a la vuelta, pasando por el cercado-prado de cabras, la vi que me miraba.
 
Bref, rien à signaler jusqu'à ce qu'au retour, passant devant l'enclos-prairie aux chèvres, je l'ai vue qui me regardait.



Un regard...ce regard. Una mirada...esa mirada.
 
Je suis rentrée inquiète, ruminant cette phrase lue dans L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera:
“La vraie bonté ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu'il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux.”

Volví, inquieta, rumiando esta frase leída en “La insoportable levedad del ser” de Milan Kundera:
“La verdadera bondad sólo se puede manifestar con toda pureza y en toda libertad hacia los que no representan ninguna fuerza. El verdadero test de la humanidad (el más radical, que se sitúa a un nivel tan profundo que escapa a nuestra mirada), son las relaciones con los que están a su merced: los animales.”
(Trad: Colette)