aube

  • Un baîllement d'ironie / Un bostezo de ironía

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    Il y a, comme chaque été, des aubes magnifiques et relativement fraîches, seuls moments du jour où il fait bon se balader.
    Que ce soit près de la mer ou à la campagne où je vis, à 6h du matin on y rencontre plus d’animaux que d’humains. Pourtant ces derniers sont souvent déjà au travail, certains ont des horaires flexibles qui leur permettent, c’est bien heureux, de commencer dès l’aube.
     
     

     

     

     

     
     
    La lumière, vous le voyez, est superbe. Une amie qui n’est pas d’ici me le faisait remarquer, l’air semble humide: rien de plus vrai! Tout est mouillé le matin sur cette île. C’est excellent pour les plantes et les arbres, moins pour les humains…
     
     

     

    Mais ne perdons pas nos bonnes habitudes et quittons-nous cette semaine avec un poème.
     
     
    Avec le sourire de l’âme
     
    JORGE REYES (Quito, Ecuador 1905-1977)
     
    Lentement
    il s'éveilla
    avec un bâillement d'ironie
    au tic tac d'une montre
    qui s'endormait de vieillesse...
     
    Moi je m'éveille...
    et sa main
    sur mon épaule
    me chante la chanson
    de ce fragile sourire
    de l'âme.
     
    (Trad: Colette)
    NB: En espagnol "se fue despertando", impersonnel, m'a obligée à choisir "il" ou "elle". L'option de "il" est donc tout à fait arbitraire.
     
     
     
    CON SONRISA DEL ALMA
     JORGE REYES (Quito, Ecuador 1905-1977)
     
    Se fue
    despertando
    con bostezo de ironía
    al tic tac de un reloj
    que de viejo se dormía…
     
    Despierto yo…
    y su mano
    en mi hombro
    me canta la canción
    de esa frágil sonrisa
    del alma
     
  • Nuages / Nubes

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                                 Photo Colette, aube à Puigpunyent, Mallorca 2014
     
                Nuages ( Jorge Luis Borges)
    I. Pas une chose au monde qui ne soit
    nuage. Nuages, les cathé­drales,
    pierre impo­sante et bibliques ver­rières,
    qu’aplanira le temps. Nuage l’
    Odys­sée,
    mou­vante, comme la mer, neuve
    tou­jours quand nous l’ouvrons. Le reflet
    de ta face est un autre, déjà, dans le miroir
    et le jour, un laby­rinthe impal­pable.
    Nous sommes ceux qui partent. Le nuage
    nom­breux qui s’efface au cou­chant
    est notre nuage. Telle rose
    en devient une autre, indé­fi­ni­ment.
    Tu es nuage, tu es mer, tu es oubli.
    Tu es aussi ce que tu as perdu.
    Nuages (I), Jorge Luis Borges, Les Conju­rés,
    tra­duc­tion par Claude Este­ban,

                             Photo Colette, aube à Puigpunyent, Mallorca 2014


    NUBES   (de Jorge Luis Borges)
     
    1. No habrá una sóla cosa que no sea
      una nube. Lo son las catedrales
      de vasta piedra y bíblicos cristales
      que el tiempo allanará. Lo es la Odisea,
      que cambia como el mar. Algo hay distinto
      cada vez que la abrimos. El reflejo
      de tu cara ya es otro en el espejo
      y el día es un dudoso laberinto.
      Somos los que se van. La numerosa
      nube que se deshace en el poniente
      es nuestra imagen. Incesantemente
      la rosa se convierte en otra rosa.
      Eres nube, eres mar, eres olvido.
      Eres también aquello que has perdido.
                            Photo Colette, Mallorca
     
     
     
     
     

    Nubes II (extracto) JL Borges
    (...)
    ¿Qué son las nubes? ¿Una arquitectura
    del azar? Quizá Dios las necesita
    para la ejecución de Su infinita
    obra y son hilos de la trama oscura.
    Quizá la nube sea no menos vana
    que el hombre que la mira en la mañana.
     
            Nuages ll (extrait) JL Borges
     
            (...)
            Que sont les nuages? Une architecture
            du hasard? Dieu, peut-être, en a-t-il besoin
            pour l'exécution de son oeuvre infinie.
            Ils sont le fil d'une trame obscure.
            Le nuage, peut-être, est aussi vain
            que l'homme qui le regarde dans le matin.
             (Trad: Colette)
     

  • Matinale / Matutina

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    (clic et c'est encore mieux!)

     
    Un chemin derrière mon village, il est 7h10 du matin. Je marche.

    Lentement le jour se lève, le caroubier, le sol se colorent. Ombres.

    Est-ce la paresse de se lever tôt qui rend l'aube moins populaire chez les photographes que le coucher du soleil?

    Ne jamais rater le début d'un jour, j'y tiens fort; que serait une journée mi-commencée?

    Un camino detrás de mi pueblo, son las 7h10. Ando.

    Lentamente se levanta el día, el algarrobo, el suelo se colorean. Sombras.

    ¿Será la pereza de madrugar lo que hace que, entre los fotógrafos, el alba sea menos popular que la puesta del sol?


    Me parece muy importante no pasar por alto el principio del día; ¿que sería de un día medio-empezado?
  • Saveurs, parfums des heures /Sabores, perfumes de las horas

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    Rares sont les aubes qui m’échappent.

    Une journée me semble perdue, ou dure à récupérer si, assise sur une marche en pierre sèche, un café à la main, je rate ce moment.

    Tout aussi important est l’instant, car ça va très vite, où le soleil fatigué se glisse derrière la montagne.

    Ce sont mes heures.

    Heures. Chacun a les siennes.

     

    Pocas son las albas que se me escapan.

    Un día me parece perdido, o difícil de recuperar si, sentada en un peldaño de piedra, con un café en la mano, me pierdo este momento.

    Igual de importante es el instante, porque va muy deprisa, en el que el sol cansado se desliza tras la montaña.

    Son mis horas.

    Horas. A cada cual las suyas.

     

    20 febrero 020.jpg

     

      

    Heure

                       P.Reverdy

     

    Un œil se ferme à l’horizon
                         L’autre se lève
    Combien de temps faut-il pour parcourir la nuit
    Le bruit et la lumière
    Étoiles et grelots
                Quelqu’un sur la montagne a jeté son manteau
                         Et derrière
                                           L’eau
                Le soleil éteint qui tombe
    Et le chant plus gai d’un oiseau
                Le tour du monde
                                  Tout se dresse autour du rideau
                           Les voix qui montent vont plus haut
                           ou les marches plus basses
                                  Celui qui redescend
                                  Marche la tête basse
    L’ombre s’allonge
                                  Le ciel s’éclaire
    On écoute les bruits tomber tout près du mur
                                         Contre la terre

     

    Poème lu sur le site Terre de femmes, Angèle Paoli/Terres de femmes

     

    foto colo.jpg

    Foto: I.Pampín. 

    Hora

                           Reverdy

    Un ojo se cierra en el horizonte

                 El otro se levanta

    Cuánto tiempo hace falta para recorrer la noche

    El ruido y la luz

    Estrellas y cascabeles

                   Alguien en la montaña ha tirado su abrigo

                       Y detrás

                                          El agua

                  El sol apagado que cae

    Y el canto más alegre de un pájaro

               La vuelta al mundo

                                  Todo se eleva alrededor de la cortina

                         Las voces que suben van más alto

                         O los peldaños más bajos

                                  El que vuelve a bajar

                                   Anda cabizbajo

    La sombra se alarga

                                    El cielo se alumbra

    Se escucha caer los ruidos muy cerca de una pared

                                                             Contra la tierra   (Trad. Colette)