27/08/2016

Les mots de la mer / Las palabras del mar

Après tous ces billets estivaux, revenons un peu à la poésie.
Después de todas esas entradas estivales, volvamos un poco a la poesía.
María Elena Walsh, de père anglais et mère argentine, était écrivain, poète, dramaturge, musicienne, compositeur...et spécialisée dans les écrits et chants pour enfants.
María Elena Walsh, de padre inglés y madre argentina, era escritora, poetisa, dramaturgo, músico, compositora...y especializada en los escritos y canciones para niños.
Mais aujourd'hui, et parce que les levers de soleil sont si beaux en ce moments, voici ce poème.
Pero hoy, y porque los amaneceres son tan bonitos en este momento, aquí este poema.
 
 Pour accompagner votre lecture, cette courte vidéo intitulée:
Le son de l'aube. Mallorca

 



María Elena Walsh (Buenos Aires 1930-2011) - Chico Novarro (Santa Fe-Argentina 1934-)
 
Aube de l'oubli
 
Aube,
heure zéro.
Je ressuscite parmi les ténèbres et j'attends;
j'entends tomber la rosée
là-bas au loin à l'aurore.
 
Aube
de cendre.
Dehors la nuit agonise
et résonne un obscur tambour
dans le fond de mon cœur.
 
Aube de l'oubli,
je reviens peut-être
d'un pays perdu parmi les rêves
où toujours tu veux me parler
avec les mêmes mots de la mer.
 
Aube,
heure zéro.
J'espérais t'oublier et je t'aime.
Sentinelle de l'éternité
ma douleur jamais ne se repose.
(Trad: Colette)
 
 
 
Alba de olvido
 
Madrugada,
hora cero.
Resucito en tinieblas y espero
mientras oigo el rocío caer
allá lejos al amanecer.

Madrugada
de ceniza.
Por afuera la noche agoniza
y retumba un oscuro tambor
en el fondo de mi corazón.

Alba de olvido,
vuelvo quizás
de un país entre sueños perdido
donde siempre me quieres hablar
con las mismas palabras del mar.


Madrugada,
hora cero.
Esperaba olvidarte y te quiero.
Centinela de la eternidad
mi dolor no descansa jamás.
 
 
 

02/04/2016

Un souffle / Un soplo

 

 
Souffle
(La fanfare sauvage)

Pressée par le temps,
à chaque instant je donne son rythme.
Comme je ne suis qu'un souffle
dans le présent des jours,
je ne recherche plus un seul chemin.
Marcher, sauter, ou courir,
m'est indifférent.
Parfois je m'arrête.
Je peux savoir, je peux ignorer.
Parfois je doute.
Certitudes et obscurités,
passent comme moi,
comme un souffle
de vie et de sens.
Mais je ne me rends pas.
(Trad: Colette)
 
Agatha Belaya, A Puff, un soplo, un souffle
 
 
 
 
SOPLO 
 
(La fanfarria salvaje) 

Asediada por el tiempo,
a cada momento le doy su ritmo.
Como soy nada más que un soplo
en el ahora de los días,
ya no busco un solo camino.
Caminar, o saltar, o correr,
me da lo mismo.
A veces me detengo.
Puedo saber, puedo ignorar.
A veces dudo.
Certezas y  oscuridades,
transcurren como yo,
como un soplo
de vida y de sentido.
Pero no me rindo

 

 
*Jacinta Lanusse nació en Buenos Aires, ciudad en la que reside. Es cantante lírica
 
profesional y pertenece al Coro Estable del Teatro Colón. Su temprana inclinación
 
por las letras la llevó a realizar estudios en la Facultad de Filosofía y Letras de la UBA,
 
además de estudios de francés e inglés.
 
Jacinta Lanusse est née à Buenos Aires, ville où elle vit. Elle est cantatrice lyrique
 
professionnelle et appartient au Choeur Permanent du Théâtre Colón.
 
Son attrait pour les Lettres lui fit réaliser des études à la Faculté de Philosophie et
 
Lettres; de plus elle a étudia le français et l'anglais.

 

06/12/2015

Dans la marge / En el margen



Roberto Juarroz (Argentina 1925-1995)
Décima poesía vertical
 


Il m'est arrivé de rêver des mots.
Les mots ne me laissent pas dormir.
Ils me cognent depuis l'envers du décor,
personnages subversifs
qui arrivent à déchirer le rideau
et pour toujours changer l’œuvre.

Les mots n'attendent pas.
Jusque quand dureront-ils?
Ils sont comme des gouttes de sang
qui tombent sur le texte
et parfois aussi dans la marge.

Mais ils ne se contentent pas des formes du jour,
de la veille éclairée entre la vie et la mort.
Le texte est infini
la marge l'est aussi.
Peut-être le texte devrait-il être dans la marge.

Le rêve est une région abandonnée
ou du moins disponible
à la nécessaire entrée du verbe.
 
(Trad: Colette)
 
 
He llegado a soñar con las palabras.
Las palabras no me dejan dormir.
Me golpean desde atrás del decorado,
personajes subversivos
que hasta llegan a rasgar el telón
para cambiar siempre la obra. 
 
Las palabras no esperan.
¿Hasta cuándo durarán?
Son como gotas de sangre
que van cayendo sobre el texto
y también a veces en el margen. 
 
Pero no les bastan las figuras del día,
la vigilia ilustrada entre la vida y la muerte.
El texto es infinito
y también lo es el margen. 
 
Quizá el texto debiera estar en el margen.
El sueño es una región abandonada
o por lo menos disponible
para la entrada necesaria del verbo.