27/11/2016

Tristes les armes qui ne sont la parole / Tristes armas si no son la palabra

C’est la courte vie, surprenante, affreusement tragique, faite de rencontres décisives et d’une production poétique très abondante de Miguel Hernández dont je voudrais vous parler aujourd’hui.
La page du blog “Esprits nomades” sur ce poète est si belle, si complète ( http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/hernandez/h...) que je me demande comment l'aborder autrement…
 
Es de la corta vida de Miguel Hernández, sorprendente, trágica, hecha de encuentros decisivos y de una producción poética abundante, de lo que hoy querría hablaros.
 
Nous sommes à Orihuela, aux environs d'Alicante, en 1910. Dans une famille de chevriers naît en octobre Miguel Hernández. Une famille pauvre, une maison très modeste. Il fréquente l'école, ce qui à l'époque n'était pas obligatoire, jusqu'à 14 ans, puis aide la famille en étant berger.
Sa vie c’est la terre, les palmiers, orangers, figuiers, et puis mettre son oreille sur le ventre plein des chèvres, brebis.
 
Estamos en Orihuela, en los alrededores de Alicante, en 1910. Nace en una familia de cabreros. Una familia pobre, una casa muy modesta. A pesar de no ser obligatorio va a la escuela hasta los 14 años y ayuda a la familia haciendo de pastor. Si vida es la tierra, las palmeras, los naranjos, las higueras, las cabras, las ovejas.
 
Mais, autodidacte, d’une intelligence supérieure, il lit tout ce qui lui tombe sous la main, les poètes, spécialement, et c'est fort curieux, Góngora. Curieux, car les vers de ce dernier sont cultes, compliqués, tortueux, remplis de tournures latines, de métaphores inattendues...Et vers l'âge de 16 ans, inspiré par lui et Saint Jean de la Croix, Miguel se met à écrire ses premiers poèmes.
 
Autodidacta, dotado de gran inteligencia, lee todo lo que encuentra, poesía especialmente y curiosamente a Góngora. Curiosamente ya que los versos de este ultimo son cultos, complicados, tortuosos, llenos de formas latinas, de metáforas inesperadas… Y hacia sus 16 años, inspirado por Góngora y San Juan de la Cruz escribe sus primeros poemas.
 
 
Si je suis sorti de la terre,
si je suis né d'un ventre
malheureux et pauvre,
ce ne fut que pour devenir
le rossignol des malheurs,
l'écho de la malchance,
et pour chanter et répéter
à qui se doit de m'écouter,
tout ce qui se réfère
aux peines, aux pauvres et à la terre.
(Extrait de “Assis sur les morts”)
 
 
Si yo salí de la tierra,
si yo he nacido de un vientre
desdichado y con pobreza,
no fue sino para hacerme
ruiseñor de las desdichas,
eco de la mala suerte,
y cantar y repetir
a quien escucharme debe
cuanto a penas, cuanto a pobres,
cuanto a tierra se refiere.
(extracto de “Sentado sobre los muertos”)
 
 
Très vite il est attiré par Madrid où tout se passe. Plusieurs séjours dans cette ville où il rencontre Lorca et surtout Pablo Neruda, de six ans son aîné, qui le prend sous son aile, lui fait prendre conscience de la souffrance du peuple, et peu à peu il deviendra communiste. Miguel a 21-22 ans. Ses amis poètes sont Républicains, il s’unit à eux, la guerre civile approche, il la sent venir, le vit dans ses poèmes.
 
Pronto es atraído por Madrid donde todo ocurre. Allí encuentra a Lorca y sobre todo a Pablo Neruda que, seis años mayor que él, le toma bajo su manto, le hace ser consciente del sufrimiento del pueblo y poco a poco, bajo esa influencia, se hará comunista. Miguel tiene 21 – 22 años. Sus amigos poetas son Republicanos. La guerra civil se aproxima, la siente, la vive en sus poemas.
 

 


J’appelle la jeunesse
Sang qui ne déborde,
jeunesse qui n’ose,
ni est sang, ni jeunesse,
ni brillent, ni fleurissent.

 

Corps qui naissent vaincus,
vaincus et tristes meurent:
âgés d’un siècle ils arrivent,
et sont vieux à l’arrivée.
(trad: Colette)
 
Llamo a la juventud
Sangre que no se desborda,
juventud que no se atreve,
ni es sangre, ni es juventud,
ni relucen, ni florecen.
 
Cuerpos que nacen vencidos,
vencidos y grises mueren:
vienen con la edad de un siglo,
y son viejos cuando vienen.
 
 
 
Miguel Hernández se marie et a un fils qui, pour son grand malheur et celui de sa femme, meurt à moins d’un an. Il en aura un autre, mais Miguel ne sera plus chez lui.
Miguel Hernández se casa, tiene un hijo que desgraciadamente muere con menos de un año. Tendrá otro pero Miguel ya no estará en su casa.
 
Il prend une part fort active dans la Guerre civile, essaye de fuir au Portugal, est arrêté à la frontière et condamné à mort. L’intervention de ses amis, dont Pablo Neruda bien sûr, font commuer cette peine en 30 ans de prison. Mais il mourra avant, de tuberculose, à 32 ans, par manque de soins.
 
Toma parte activa en la guerra civil, trata de huir a Portugal pero es arrestado en la frontera y condenado a muerte. La intervención de sus amigos, entre los cuales Pablo Neruda, consigue rebajar la pena a 30 años de prisión. Pero morirá en prisión, a los 32 años, de una tuberculosis.
 
Tristes guerras
Tristes guerras
si no es amor la empresa.
Tristes, tristes.
Tristes armas
si no son las palabras.
Tristes, tristes.
Tristes hombres
si no mueren de amores.
Tristes, tristes.
 
Tristes guerres
Tristes guerres
si l’amour n’en est le but.
Tristes, tristes.
Tristes les armes
qui ne sont la parole.
Tristes, tristes.
Tristes hommes
s’ils ne meurent d’amour.
Tristes, tristes.
(Tard: Colette)
 
Ce récit de sa vie est forcément très incomplet mais vous donne une idée de l’homme, du poète.
Este relato de su vida es, por fuerza, muy incompleto pero os dará una idea del hombre y del poeta.

REF: Pour ceux qui comprennent un peu l’espagnol, il y a ce récit, émouvant, de sa femme: http://mujeresiluminandosombras.blogspot.com.es/2010/10/b...
Dans “J’avoue que j’ai vécu” Pablo Neruda parle longuement de Miguel Hernández. Je publierai l’extrait dans le prochain billet.
En “Confieso que he vivido” Pablo Neruda habla mucho de Miguel Hernández, publicaré en la próxima entrada esta parte del libro.

 

 
 

23/05/2015

D'amour et de pluie / De amor y lluvia

 










Pluie  Juan Gelman
 
aujourd'hui il pleut beaucoup, beaucoup,
on pourrait croire qu'on veut laver le monde.
mon voisin d'à côté regarde la pluie
et pense écrire une lettre d'amour/
une lettre à la femme qui partage sa vie
qui prépare ses repas lave son linge fait l'amour avec lui
et ressemble à son ombre/
mon voisin jamais ne dit de mots d'amour à sa femme/
il entre à la maison par la fenêtre et non par la porte/
par une porte on entre en beaucoup d'endroits/
au travail, à la caserne, à la prison, en tous les bâtiments du monde/
mais non au monde/
ni dans une femme/ni dans l'âme/
c'est-à-dire/en ce tiroir ou ce navire ou cette pluie que nous appelons ainsi/
comme aujourd'hui/qu'il pleut beaucoup/
et que cela pèse d'écrire le mot amour/
parce que l'amour est une chose et le mot amour autre chose/
et que seule l'âme sait où les deux se rencontrent/
et quand/et comment/ mais que sait-on de l'âme/
c'est pourquoi mon voisin ressent des perturbations dans sa bouche des mots qui font naufrage/
des mots qui ne savent pas qu'il pourrait faire soleil
parce qu'ils naissent et meurent la nuit même de l'amour/
et qui laissent dans la pensée des lettres qui ne seront jamais écrites/
comme le silence qu'il y a entre deux roses/
ou comme moi/qui écris des mots
dédiés à mon voisin qui regarde la pluie/
à la pluie/
à mon coeur exilé/ 

Ce poème figure dans le livre "Isso" publié par l'Université de Brasilia en 2004
http://jean.dif.free.fr/Textes/Nl20051.html



Lluvia Juan Gelman
 
hoy llueve mucho, mucho,
y pareciera que están lavando el mundo
mi vecino de al lado mira la lluvia
y piensa escribir una carta de amor/
una carta a la mujer que vive con él
y le cocina y le lava la ropa y hace el amor con él
y se parece a su sombra/
mi vecino nunca le dice palabras de amor a la
mujer/
entra a la casa por la ventana y no por la puerta/
por una puerta se entra a muchos sitios/
al trabajo, al cuartel, a la cárcel,
a todos los edificios del mundo/ pero no al mundo/
ni a una mujer/ni al alma/
es decir/a ese cajón o nave o lluvia que llamamos así/
como hoy/que llueve mucho/
y me cuesta escribir la palabra amor/
porque el amor es una cosa y la palabra amor es otra cosa/
y sólo el alma sabe dónde las dos se encuentran/
y cuándo/y cómo/
pero el alma qué puede explicar/
por eso mi vecino tiene tormentas en la boca/
palabras que naufragan/
palabras que no saben que hay sol porque nacen y
mueren la misma noche en que amó/
y dejan cartas en el pensamiento que él nunca
escribirá/
como el silencio que hay entre dos rosas/
o como yo/que escribo palabras para volver
a mi vecino que mira la lluvia/
a la lluvia/
a mi corazón desterrado/

 

27/11/2010

Pur désir /Puro deseo

Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir.  

                   René Char (Fureur et mystère)

El poema es el amor realizado del deseo permanecido deseo.

 

Qu’ajouter? Mon billet de cette semaine est le résultat de plusieurs jours d’immersion, délicieuse, dans la poésie de René Char et de Pablo Neruda. Et de traductions. Oh, même si j’y ai beaucoup travaillé, elles ne sont pas parfaites et j’accepte volontiers toute suggestion de votre part.

¿Qué podría añadir? Mi nota de esta semana es el resultado de varios días de deliciosa inmersión en la poesía de René Char y de Pablo Neruda. Y de traducciones. O, aunque trabajé mucho, no son perfectas y acepto con mucho gusto cualquier sugerencia.

 

 

Le noeud noir   René Char (Chant de la Balandrane 1977)

 

Je me redis, Beauté,

ce que je sais déjà,

Beauté mâchurée

d’excréments, de brisures.

Tu es mon amoureuse,le noeud noir Seurat.jpg

je suis ton désirant.

Le pain que nous cuisons

dans les nuits avenantes,

tel un vieux roi s’avance

en ouvrant ses deux bras.

 

Allons de toutes parts.

Le rire dans nos mains,

jamais isolément.

Corbeille aux coins tortus,

nous offrons tes ressources.

Nous avons du marteau

la langue aventureuse.

Nous sommes des croyants

pour chemins muletiers.

 

 

Moins la clarté se courbe

plus le roseau se troue

sous les doigts pressentis.

 

 

El nudo negro René Char (Chant de la Balandrane 1977)

 

Me repito, Belleza,

lo que ya sé,

Belleza tiznada

de excrementos, hecha trizas.

Eres mi enamorada,

soy tu suspirante.Dali-enigmedudesir.jpg

El pan que cocemos

en las noches acogedoras,

cual rey anciano se adelanta

los dos brazos abiertos.

 

Vámonos por todas partes,

con la risa en las manos,

nunca separados.

Cesta con picos tuertos,

ofrecemos tus recursos.

Tenemos del martillo

la lengua aventurera.

Somos creyentes

Para caminos muleros.

 

Cuanto menos se dobla la claridad,

más se ahueca la caña

bajo los dedos presentidos.

(Trad. Colette)

 

 

Déjame sueltas las manos  Pablo Neruda

 

Déjame sueltas las manos

y el corazón, déjame libre!

Deja que mis dedos corran

        por los caminos de tu cuerpo.

La pasión – sangre, fuego, besos -

me incendia a llamaradas trémulas.

Ay, tú no sabes lo que es esto!

 

Es la tempestad de mis sentidos

   doblegando la selva sensible de mis nervios.

Es la carne que grita con sus ardientes lenguas!

Es el incendio!

Y estás aquí, mujer, como un madero intacto

  ahora que vuela toda mi vida hecha cenizas

hacia tu cuerpo lleno, como la noche, de astros!

 

Déjame libre las manos

          y el  corazón, déjame libre!

      Yo sólo te deseo, yo sólo te deseo!

No es amor, es deseo que se agosta y se extingue,

es precipitación de furias,

          acercamiento de lo imposible,

pero estás tú,

                   estás para dármelo todo,

y a darme lo que tienes a la tierra viniste-

como yo para contenerte,

y desearte,

y recibirte!

 

Laisse mes mains dénouées  Pablo Neruda

 

Laisse mes mains dénouées

et le cœur, laisse-moi libre !

Laisse courir mes doigts

        sur les chemins de ton corps.

La passion – sang, feu, baisers –

m’incendie de flammes tremblantes.

Aïe, tu ignores ce que c’est !

 

C’est la tempête de mes sens

  gagnant la jungle sensible de mes nerfs.

C’est la chair qui crie de ses langues ardentes !

C’est l’incendie !

Et tu es ici, femme, comme une bûche intacte

  maintenant que toute ma vie faite cendres vole

vers ton corps plein d’astres, comme la nuit !

 

Laisse mes mains dénouées

        et le cœur , laisse-moi libre !

   Je ne fais que te désirer, je ne fais que te désirer !

Ce n’est pas de l’amour, c’est du désir qui se flétrit et s’éteint,

pagaille de furies,

      approche de l’impossible,

mais tu es là,

               là pour tout me donner

et pour tout me donner tu es venue sur terre –

comme moi pour te contenir,

et te désirer,

et te recevoir !

(Trad. Colette)

 

 Illustrations: Seurat, le noeud noir / Dali, l'énigme du désir

 

 

 

 

25/09/2010

Cadeaux d'amour /Regalos de amor

Il est des personnages littéraires attachants et celui de Florentino Ariza dans L’amour aux temps du choléra de G.García Márquez en est certainement un.

Amoureux fou depuis l’enfance de Fermina Daza qui ne correspond pas à ses sentiments, il « n’apprit jamais à écrire sans penser à elle » et décida d’offrir son lyrisme aux amoureux « sans plume » en écrivant gratuitement leurs lettres d’amour.

Ce n’est pas triste, lisez plutôt.

 

Hay personajes literarios atractivos y el de Florentino Ariza en El amor en los tiempos del cólera de G. García Márquez es uno de ellos.

Enamorado locamente desde la infancia de Fermina Daza y no correspondido, “nunca aprendió a escribir sin pensar en ella” y decidió ofrecer su lirismo a los enamorados implumes escribiendo gratuitamente sus cartas de amor.

No tiene desperdicio.

(clic pour agrandir)escher_hands.pngM.C. Escher, hands

 

« Son souvenir le plus plaisant de cette époque fut celui d’une jeune fille très timide, presque une petite fille, qui lui demanda en tremblant de lui écrire une réponse à une lettre irrésistible qu’elle venait de recevoir, et que Fernando Ariza reconnut pour l’avoir écrite lui-même la veille au soir. Il répondit dans un style différent, en accord avec l’émotion et l’âge de la jeune fille, et avec des lettres qui semblaient venir d’elle car il savait imiter aussi une écriture pour chaque occasion selon le caractère de chacun. Il l’écrivit en imaginant ce que Fermina Daza lui aurait répondu à lui si elle l’avait aimé autant que cette créature désemparée aimait son prétendant. Deux jours plus tard, en effet, il dût écrire aussi la réponse du fiancé avec la calligraphie, le style et la sorte d’amour qu’il avait employés dans la première lettre ; et ce fut ainsi qu’il termina impliqué dans une correspondance fébrile avec lui-même. Moins d’un mois plus tard, les deux vinrent, séparément, le remercier pour ce que lui-même avait proposé dans la lettre du fiancé et accepté avec dévotion dans la réponse da la fille : ils allaient se marier. » (Trad. Colette)

 

« Su recuerdo más grato de aquella época fue el de una muchachita muy tímida, casi una niña, que le pidió temblando escribirle una respuesta para una carta irresistible que acababa de recibir, y que Florentino Ariza reconoció como escrita por él la tarde anterior. La contestó con un estilo distinto, acorde con la emoción y la edad de la niña, y con una letra que también pareciera de ella, pues sabía fingir una escritura para cada ocasión según el carácter de cada quien. La escribió imaginándose lo que Fermina Daza le hubiera contestado a él si lo quisiera tanto como aquella criatura desamparada quería a su pretendiente. Dos días después, desde luego, tuvo que escribir también la réplica del novio con la caligrafía, el estilo y la clase de amor que le había atribuido en la primera carta, y fue así como terminó comprometido en una correspondencia febril consigo mismo. Antes de un mes, ambos fueron por separado a darle las gracias por lo que él mismo había propuesto en la carta del novio y aceptado con devoción en la respuesta de la chica: iban a casarse.”

29/05/2010

Définir l'amour , un poème de Quevedo

ceci n'est pas un rossignolIMG_7368.JPG

 

 

Mai, mois des amours. Mayo, mes de los amores.

Aujourd’hui un poème sur l’amour, amour qu’ont chanté à tue-tête les rossignols mâles et noctambules qui perchent derrière chez moi durant ces nuits de mai.

Passez un bonne semaine et, comme on dit en espagnol, soyez sages, et sinon, discrets.

Hoy un poema sobre el amor, amor que cantaron a viva voz los ruiseñores machos noctámbulos que habitan detrás de mi casa.

Les deseo una buena semana: sed buenos, y si no podéis, discretos.

 

Francisco de Quevedo 1580-1645

 

 

DEFINIENDO EL AMOR  Soneto

 

Es hielo abrasador, es fuego helado,

es herida, que duele y no se siente,

es un soñado bien, un mal presente,

es un breve descanso muy cansado.

 

Es un descuido, que nos da cuidado,

un cobarde, con nombre de valiente

un andar solitario entre la gente,

un amar solamente ser amado.

 

Es una libertad encarcelada,

que dura hasta el postrero parasismo,

enfermedad que crece si es curada.

 

Este es el niño Amor, este es tu abismo:

mirad cuál amistad tendrá con nada,

el que en todo es contrario de sí mismo.


 

POUR DÉFINIR L'AMOUR Sonnet

 

Il est glace brûlante, feu gelé,

une plaie douloureuse qu’on ne sent,

il est un bien rêvé, un mal présent,

un bref repos très fatigué.

 

Il est abandon, qui nous tient occupés,

un lâche au nom de vaillant

une marche solitaire parmi les gens,

un vouloir absolu d’être aimé.

 

Il est liberté prise en ses liens,

qui dure jusqu’au délire ultime,

maladie qui croît si on en prend soin.

 

Tel est l’enfant Amour, tel est ton abîme:

voyez quelle amitié il aura avec rien,

lui qui est tout le contraire de lui-même.

 

Traduction Colette Museur (inspirée de celle de Jacques Ancet pour quelques rimes). Pour la métrique, bon, c'est pas vraiment ça...