12/10/2013

Marina Tsvetaeva, femme d'aucun compromis / Marina Tsvetaeva, mujer de ningún compromiso

Dans “7 femmes” Lydie Salvayre consacre 43 pages à Marina Tsvetaeva (1892 - 1941). J'ai délibérément omis beaucoup d'éléments dont la Révolution russe ainsi que la biographie commentée de Marina.
Voici des extraits qui, j'espère, vous feront comprendre sa personnalité.
 
En “ 7 mujeres” Lydie Salvayre le dedica 43 páginas a Marina Tsvetaeva (1892 - 1941). Omití deliberadamente muchos elementos entre los cuales la Revolución rusa, así como la biografía comentada de Marina.
Aquí unos extractos que, espero, os harán comprender su personalidad.
 
Pour accompagner la lecture, la voix d' Elena Frolova chante un poème de Marina
Para acompañar la lectura, la voz de Elena Frolova canta un poema de Marina


Ce cri qui donne le frisson fut celui d'une écorchée vive qui affirma, avec une intransigeance folle, que là où il y avait la poésie, il y avait le monde.
Une femme qui (…) ne céda jamais à l'accouplement effroyable du conformisme et de la terreur qui sévissaient alors dans sa Russie natale.
Et qui décida d'en finir lorsque la misère ajoutée à la déréliction et à une politique meurtrière étranglèrent définitivement sa parole poétique, indéfectiblement liée à sa capacité d'aimer”
Ese grito estremecedor fue el de una despellejada viva capaz de afirmar, con una total intransigencia, que allí donde existe la poesía, existe el mundo.
Una mujer que (…) no cedió nunca al espantoso apareamiento entre el conformismo y el terror que reinaba entonces en su Rusia natal. Eso la decidió a poner fin a su vida cuando la miseria, añadida al desamparo y a una política asesina, estrangularon definitivamente su palabra poética, unida indefectiblemente a su capacidad de amar.”
 
Elle s'appelait Marina Tsvetaeva, et la poésie, disaient ses proches, sourdait d'elle et jaillissait comme l'eau vive des fontaines.
Une poésie (…) qui procédait d'un sentiment d'exil fondamental (…) doublé d'un goût de la vérité dont elle ne pouvait ou ne voulait diluer la violence. “Et maintenant je vous avoue une de mes vilaines passions, écrivit-elle à Pasternak: tenter les gens (les éprouver) par une sincérité excessive, sans précédent...La tentation par la vérité. Qui la supportera?
Ils furent rares ceux qui la supportèrent, et là fut en partie son malheur.”
Se llamaba Marina Tsvetaeva, y la poesía, decían sus allegados, manaba de ella y brotaba como el agua viva de las fuentes.
Una poesía (…) que procedía de un sentimiento de exilio fundamental (…) añadido a una inclinación por la verdad de la cual no podía o no quería diluir la violencia. “Ahora os confieso una de mis feas pasiones, le escribía a Pasternak: tentar a la gente (ponerlos a prueba) por una sinceridad excesiva, sin precedentes... La tentación por la verdad. ¿Quien lo soportará?
Pocos fueron los que lo soportaron, y de allí vino, en parte, su desgracia.”
 
 
Elle disait qu'elle était condamnée aux mots (…) condamnée à vouloir l'impossible qui émane du domaine des mots.
Elle disait qu'elle ne tenait pas la plume, que c'était la plume qui la tenait”
Decía que estaba condenada a las palabras(...) condenada a querer el imposible que emana del mundo de las palabras.
Decía que no era ella quien sostenía la pluma, que era la pluma la que la sostenía a ella.”
 
Cette écriture, de son vivant, se heurta à une surdité quasi totale et qui, d'une certaine façon, la tua.
Toutes les lettres qu'elle envoya aux écrivains lors de son exil français demeurèrent sans réponse, et presque tous ses manuscrits refusés.
Elle en éprouva un désespérant sentiment d'exclusion. C'est, à n'en pas douter, ce sentiment, joint à des conditions d'existence effroyables, qui la poussa à regagner, avec au cœur un terrible pressentiment, la Russie soviétique qu'elle avait fuie en 1920 et où elle finit par se pendre en 1941, deux ans après son retour.”
Esta escritura, durante su vida, tropezó con una sordera casi total que, de alguna manera, la mató.
Todas las cartas que envió a los escritores, durante su exilio francés, permanecieron sin respuesta, y casi todos sus manuscritos fueron rechazados.
Todo eso hizo que sufriera un desesperante sentimiento de exclusión. Es ese sentimiento el que, sin duda, unido a unas condiciones de existencia espantosas, la empujó a regresar, con un intimo y terrible presentimiento, a la Rusia soviética de la cual había huido en 1920 y en la que acabaría por ahorcarse en 1941, dos años después de su vuelta.” 
 
Marina et Sergueï Efron - leur mariage
 
Femme d'aucun compromis “..son refus, par exemple, de répondre aux attentes des cercles parisiens de l'émigration russe, malades d'une nostalgie qui n'était pas la sienne. (…)
Et son même refus d'adresser un compliment à Staline comme la plupart s'y pliaient.”
Tsvetaeva était de cette poignée d'insensés pour qui vivre se confondait avec le refus farouche de prendre un quelconque parti, et ce aux fins de protéger une liberté intérieure qui leur était précieux, leur unique, leur inestimable bien.”
Mujer de ningún compromiso “..su negativa, por ejemplo, a responder a las expectativas de los círculos parisinos de la emigración rusa, enfermos de una nostalgia que no era la suya. (…)
Como el rechazo a enviar algún cumplido a Stalin, a lo que la mayoría se había sometido.”
Tsvetaeva pertenecía a ese puñado de insensatos para los que vivir se confundía con el rechazo feroz a tomar cualquier partido, y eso a fin de proteger una libertad interior que les era preciosa, su única, su inestimable fortuna.”
 
Lydie voue une admiration sans borne à la correspondance entre Marina et Pasternak: “(...) une des plus belles correspondances qu'il m'ait été donné de lire (…).
Correspondance d'âme à âme, de rêve à rêve,
" De mon rêve j'ai
Sauté dans le tien.”
Une correspondance Où chacun devient meilleur, le plus juste, le plus sensible lecteur de l'autre, dans une complicité telle qu'elle les fait égaux.
Où les deux, descendant jusqu'aux grands fonds d'eux-mêmes, finissent par se joindre et, amoureusement, s'entre-influencer.”
Lydie profesa una admiración sin limites a la correspondencia entre Marina y Pasternak: “(...) una de las más bellas correspondencias que he podido leer (…)
Correspondencia de alma a alma, de sueño a sueño,
De mi sueño
al tuyo he saltado.”
Una correspondencia “En la que cada uno se vuelve mejor, el más certero, el más sensible lector del otro, en tal complicidad que les hace iguales.
Donde los dos, bajando hasta tocar el fondo de ellos mismos, acaban por encajarse y, amorosamente influenciarse.”
 
Marina, Rilke , Pasternak
 
Ce qui n'empêche nullement Tsvetaeva d'aimer d'un amour inentamable son mari Sergueï Efron et de s'enticher à intervalles très réguliers d'un homme ou d'une femme sur qui elle a jeté son dévolu.
(…) Amours qui sont courtes folies.
(…) Aventures où elle se jette, se rue, à bride abattue, Cheval ruant rompt l'attache.
Grâce auxquelles, perdant toute mesure, elle s'exalte jusqu'au délire. Mais c'est un bien. Car l'homme, écrit-elle, ne voit correctement le monde que dans la suprême exaltation”
Eso no impide a Tsvetaeva amar de un amor sin merma a su marido Sergueï Efron ni encapricharse a intervalos muy regulares de un hombre o una mujer en los que ella se hubiera fijado.
(…) Amores que son cortas locuras.
(…) Aventuras en las que se echa, se abalanza, desenfrenada, Caballo encabritado rompe las bridas.
Gracias a esos amores, desmesurada, se exalta hasta el delirio. Pero no se daña. La persona, escribe, tansolo en la suprema exaltación ve correctamente el mundo.”
 
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Des liens en français:
 
 - Une biographie, une bibliographie, des extraits, un forum, des liens : http://tsvetaeva.free.fr/index.html

-  Un dossier sur le site esprits nomades
- Deux blogs-amis qui y font mention:
 
  En español: una dirección con muchos poemas de ella, una corta biografía






21/09/2013

"Sept folles je vous dis" / Siete locas os digo

7 chapitres pour 7 femmes présentées de façon très personnelle par Lydie Salvayre.
7 capítulos para 7 mujeres presentadas por Lydie Salvayre de una manera muy personal.
 
En attendant que vous le lisiez, car vous allez le lire, vous aurez, peu à peu, quelques extraits de tranches de vie et des poèmes de: Emily Brontë, Marina Tsvetaeva, Virginia Woolf, Colette, Sylvia Plath, Ingeborg Bachmann et Djuna Barnes.
Antes de que lo leáis, ya que lo leeréis, tendréis poco a poco, algunos extractos de retazos de vida y poemas de: Emily Brontë, Marina Tsvetaeva, Virginia Woolf, Colette, Sylvia Plath, Ingeborg Bachmann y Djuna Barnes.
 
Pour toutes, écrire et vivre étaient un tout et “vivre sans écrire revenait à mourir” écrit Lydie qui fit aussi un sombre constat: “... ces femmes vécurent presque toutes un destin malheureux”.
Para todas ellas, escribir y vivir era un todo y « vivir sin escribir equivalía a morir »nos dice Lydie y al mismo tiempo hace esta constatación sombría : « ...esas mujeres vivieron, casi todas, un destino desgraciado »
 
Mais, vous verrez, les récits ne sont pas noirs, l'auteure a veillé à y mettre de la légèreté, des touches d'humour, souvent entre parenthèses.
Pero, ya veréis, los relatos no son negros; la autora se ha cuidado, con frecuencia entre paréntesis, en poner pinceladas de humor, de la levedad. 
 
 
  1. EMILY BRONTË
 
Un seul roman publié de son vivant : Les Hauts de Hurlevent.
Una sola novela publicada en vida : Cumbres Borrascosas.
 
 
 
 
« Parfois, le livre ouvert sur sa poitrine, elle s'interrompt de lire comme le font tous les lecteurs du monde et parcourt el Mundo por dentro, comme aurait dit Quevedo, à la poursuite d'un songe, ou d'une image, ou de rien, ou d'une histoire pleine de bruits et de rebonds qui ira grossir les Gondal Chronicles.
« Algunas veces, el libro abierto sobre su pecho, interrumpe la lectura como lo hacen todos los lectores del mundo y recorre el Mundo por dentro, como habría dicho Quevedo, a la búsqueda de un sueño, o de una imagen, o de nada, o de una historia llena de ruidos y sobresaltos que engordará las Gondal Chronicles.
 
 
 
Si vide d'espoir est le monde du dehors
Que deux fois précieux m'est le monde du dedans.
Et son esprit l'emporte loin, très loin des quatre murs qui l'entourent, par delà les collines du Yorkshire, dans une Italie irréelle, dans une Espagne faramineuse, ou ailleurs, ailleurs, sur la mer adriatique aux côtés de Shelley, en vertu de cette loi mystérieuse qui veut que nous n'imaginons que cela qui nous manque, élan qui l'amènera bientôt à écrire un roman, Les Hauts de Hurlevent, lequel renverra d'une gifle le réalisme à la misère : je veux dire à sa soumission à l'utile, à ses significations bien fixées et à sa fermeture totale à l'idée d'infini. »
Tan vacío de esperanza está el mundo de fuera
que dos veces preciado me parece el mundo de dentro.
Y su mente la lleva lejos, muy lejos de las cuatro paredes que la rodean, más allá de las colinas de Yorkshire, a una Italia irreal, a una España asombrosa, o más allá, más allá, sobre el mar Adriático al lado de Shelley, en virtud de esa misteriosa ley según la cual sólo nos imaginamos aquello que nos falta; ese impulso la llevará pronto a escribir una novela, Cumbres borrascosas, la cual devolverá de un golpe el realismo a la miseria: quiero decir a su sumisión a lo útil, a sus significados bien establecidos y a la incomprensión total de la idea de infinito.
 
Les Hauts de Hurlevent, et son héros, inoubliable, Haethcliff. « ...roman que je lis à quinze ans, me transporte. »

 
 
« Heathcliff, heath bruyère et cliff falaise,
Heathcliff, le ciel et l'enfer, le Bien et le Mal, la grâce et la laideur.
Heathcliff passionné, excessif, sexy à mort (dans mes imaginations lubriques, je lui prête les traits de Laurent Terzieff, mon idole du moment), dont le seul regard fait tomber les femmes en catalepsie (James Dean peut aller se rhabiller) et qui renvoie à leur fadeur tous ces personnages romanesques faits de pâte molle, comme il en pleut.
Heathcliff intransigeant, comme moi me dis-je. Solitaire, comme moi me dis-je. Dur à la douleur, comme moi. Orgueilleux, comme moi. D'une sensibilité si vive qu'elle peut sembler une arrogance.
Comme moi, comme moi.
Heathcliff c'est moi. Sa nature est la mienne,.
Révélation.
Du coup je me coiffe à la diable.
Je fais la gueule (..)
 
 
 
Cumbres borrascosas, y su héroe, inolvidable, Haethcliff, « novela que leo a los quince años, me arrebata. »
 
Heathcliff, de heath brezoy cliff acantilado.
Heatthcliff, el cielo y el infierno, el Bien y el Mal, el donaire y la fealdad.
Heatthcliff apasionado,excesivo, sexy a ultranza (en mis imaginaciones lubricas, le doy los rasgos de Laurent Terzieff, mi ídolo del momento) que con sólo su mirada hace caer a las mujeres en catalepsia (James Dean no tiene nada que hacer) y que resalta la insipidez de todos esos personajes novelescos hechos de pastaflora que tanto abundan.
Heatthcliff intransigente, como yo. Solitario, como yo. Resistente al dolor, como yo. Orgulloso, como yo. De una sensibilidad tan a flor de piel que puede parecer una arrogancia.
Como yo, como yo.
Heatthcliff soy yo. Su natura es la mía.
Revelación.
Por eso me peino a lo diablo.
Me pongo de morros (..)
 
Lydie Salvayre 7 femmes. édition Perrin 2013