07/08/2016

Récoltes / Cosechas

 

 

 

 
 

 

 
Oignons doux et géants, entre 800gr et 1kg!

 

 

 


Noyée sous des kilos de tomates, poivrons, citrons et autres; la tête plongée dans les conserves et les bains Marie, j'avais pensé ne pas faire de billet cette semaine.
Puis j'ai eu envie de vous montrer ce champ qui longe notre terrain.
Bonne semaine!



Sumergida bajo kilos de tomates, pimientos, limones y otros; la cabeza metida en las conservas y los baños María, había pensado no publicar nada esta semana.
Luego me entraron las ganas de enseñaros este campo que linda con nuestro terreno.
¡Qué tengáis una buena semana!

 

 
 

 

 

14/08/2010

Frivolité de fin d'été /Frivolidad de fin de verano

Trois ans de suite, 2001, 2002, 2003, Elvira Lindo publia dans le journal El País une série de courts récits basés sur ses vacances estivales dans un village espagnol. Fiction et réalité se mélangent avec un humour décapant dans cette saga familiale où elle narre le quotidien (apparemment banal), ironise sur les vanités de notre société, l’observe en  s’amusant énormément.

Pour tous ceux qui ont le moral raplapla, voilà la traduction d’une partie de « Que c’est romantique  » publié en 2003 (Otro verano contigo, ed. Aguilar, Tinto de verano 3)

 

Para  los que tienen la moral por los suelos, he aquí unos pasajes de una de las crónicas humorísticas  escritas por Elvira Lindo y publicadas por el diario El País durante los veranos 2001, 2002 y 2003.

Esta está sacada de “Tinto de verano 3” “Otro verano contigo” y se llama "Qué romántico"

 

Notes : pour la compréhension de l’extrait : son mari est l’écrivain Antonio Muñoz Molina qu’elle appelle ici « mon saint ».

 

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expo gioia 001.jpg « Grande nouvelle : nous avons eu une tomate.

       La figure de mon saint était un poème quand il est entré le légume miniature à la main. Trois jours durant il refusa de le mordre mais moi, voyant qu’il pourrissait, je l’ai coupé en deux (pour cela les femmes nous avons plus de sang froid) et nous l’avons mangé. Aïe, ce couple d’intellectuels partageant une tomate de leur propre récolte. Je trouve cela fort tendre.

         (…) quand mon saint s’assied sur le perron et contemple notre parcelle de cent mètres, comme Scarlett regardait Tara, je lui demande : « Chéri, sans vouloir t’offenser, crois-tu qu’arrivera le jour où tous les efforts que tu fais, et que je valorise, aboutiront à nous faire une petite salade ?,  car si nous allons de tomate en tomate tous les 15 jours, je trouve que c’est un peu coïtus interruptus ». « Qui sait » me répond-il, « peut-être que nous ne le verrons pas, mais nos petits-enfants mangeront des pommes de ce pommier et chaque bouchée contiendra toutes nos ardeurs ». Il m’en tomba une larme qu’il interpréta comme un signe de mon extrême sensibilité, bien que la vérité soit que moi, penser que je suis morte et que des descendants mangent ce qui est à moi, ça me fait chier. Pourquoi le nier.

     Mais ces discussions frugales ne peuvent dissimuler ce qui saute aux yeux : nous sommes amoureux. ( …). Que sonnent les violons ! Javier Sampedro dit, c’est à la fois illustratif et amusant, que nous tombons amoureux par l’odeur , parce que nous nous voyons comme de bons reproducteurs (nous, nous n’avons plus que des tomates), et à cause de notre doigt majeur. L’histoire du majeur est ce que je trouve le plus sensé. Surtout pour une femme ce doigt du milieu peut être définitif. Lázaro Carreter le disait déjà : " L’orgasme des hommes est analogique, celui des femmes, digital ."Ce doigt du milieu…je le trouve fondamental." (trad. Colette)

 

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“Grandes noticias: hemos tenido un tomate.

      La cara de mi santo era un poema cuando entró con la diminuta hortaliza en la mano. Estuvo tres días sin querer hincarle el diente pero yo, viendo que se nos pudría, lo partí por la mitad (la mujeres para eso tenemos más sangre fría) y nos lo comimos. Ay, esa pareja de intelectuales compartiendo un tomate de su propia cosecha. Lo encuentro entrañable.

    (…) cuando mi santo se sienta en el pollete, contemplando nuestra parcela de cien metros, como escarlata miraba Tara, yo le pregunto:”Cariño, no te molestes por la pregunta pero, ¿crees que llegará un día en que todo ese esfuerzo que estás haciendo, y que yo valoro, dé para que nos hagamos siquiera una ensalada?, porque si vamos de tomate en tomate cada 15 días, lo encuentro un poco coitus interruptus”. “Quién sabe”. Me contesta, “tal vez nosotros no lo veamos, pero nuestros nietos comerán manzanas de este manzano y en cada bocado estarán contenidos todos nuestros anhelos”. Se me cayó una lágrima, que él interpretó como signo de mi extremada sensibilidad, aunque la verdad es que a mí, pensar en estar yo muerta y unos descendientes comiéndose lo mío, me jode. A qué negarlo.

 

   Pero esas frugales discusiones no pueden disimular lo que a la vista está: estamos enamorados.(…) ¡Que suenen los violines! Dice Javier Sampedro, que ilustra a la par que entretiene, que nos enamoramos por el olor, porque nos vemos pinta de buenos reproductores (nosotros ya sólo tenemos tomates), y por nuestro dedo medio. Lo del dedo medio es lo que encuentro más sensato. Sobre todo para una mujer ese dedo medio puede ser definitivo. Ya lo decía Lázaro Carreter:”El orgasmo de los hombre es analógico, y el de las mujeres, digital”. Ese dedo medio…lo encuentro fundamental”.