04/08/2018

Un baîllement d'ironie / Un bostezo de ironía

 

Il y a, comme chaque été, des aubes magnifiques et relativement fraîches, seuls moments du jour où il fait bon se balader.
Que ce soit près de la mer ou à la campagne où je vis, à 6h du matin on y rencontre plus d’animaux que d’humains. Pourtant ces derniers sont souvent déjà au travail, certains ont des horaires flexibles qui leur permettent, c’est bien heureux, de commencer dès l’aube.
 
 

 

 

 

 
 
La lumière, vous le voyez, est superbe. Une amie qui n’est pas d’ici me le faisait remarquer, l’air semble humide: rien de plus vrai! Tout est mouillé le matin sur cette île. C’est excellent pour les plantes et les arbres, moins pour les humains…
 
 

 

Mais ne perdons pas nos bonnes habitudes et quittons-nous cette semaine avec un poème.
 
 
Avec le sourire de l’âme
 
JORGE REYES (Quito, Ecuador 1905-1977)
 
Lentement
il s'éveilla
avec un bâillement d'ironie
au tic tac d'une montre
qui s'endormait de vieillesse...
 
Moi je m'éveille...
et sa main
sur mon épaule
me chante la chanson
de ce fragile sourire
de l'âme.
 
(Trad: Colette)
NB: En espagnol "se fue despertando", impersonnel, m'a obligée à choisir "il" ou "elle". L'option de "il" est donc tout à fait arbitraire.
 
 
 
CON SONRISA DEL ALMA
 JORGE REYES (Quito, Ecuador 1905-1977)
 
Se fue
despertando
con bostezo de ironía
al tic tac de un reloj
que de viejo se dormía…
 
Despierto yo…
y su mano
en mi hombro
me canta la canción
de esa frágil sonrisa
del alma
 

27/12/2014

Contre-jour de mon ombre / Contraluz de mi propia sombra.

Poema Cosas Absurdas / Poème Choses Absurdes

 

de 

 

 Rosa Amelia Alvarado Roca (poetisa ecuatoriana 1944 -  )

 

 

 

Seethrough, Ken Orton    

 

 

 

Le soleil me connaît bien
qui sort chaque matin
mais se couche quand je veux,
parfois il dort à midi,
parfois il souffre d'insomnie,

 

il entre par la fenêtre
avec la familiarité du maître de maison,
se mire longuement dans le miroir,
me sourit,
me fait un clin d’œil,
pendant un moment
il reste accroché à ma pupille,

 

ensuite il s'en va en dansant,
batifole avec une hâte joyeuse
et se perd dans les fentes
du contre-jour de mon ombre.

 

 

                                             (Trad: Colette)

Westlight Ken Orton

 

 

El sol me conoce bien
sale cada mañana,
pero se acuesta cuando yo quiero,
a veces duerme al mediodía,
a veces padece de insomnio,


entra por la ventana
con la familiaridad del dueño de casa,
se mira largamente en el espejo,
me sonríe,
me hace un guiño,
por un momento
se queda atrapado en mi pupila,


luego se va danzando,
jugueteando con alegre premura
para perderse por las hendijas
del contraluz de mi propia sombra.