12/08/2017

Au plus haut de nous-mêmes / En lo más alto de nosotros mismos

Sans aucun doute les épreuves d’athlétisme du moment ont-elles un rôle dans le choix de ce poème, mais surtout les encouragements reçus et donnés au long de ma vie .
 
Sin ninguna duda las pruebas de atletismo del momento tienen algo que ver con la elección de este poema, pero sobre todo los ánimos recibidos y dados a lo largo de mi vida.
 
 
DULCE CHACÓN (Madrid 1954-2003)

 

 
La construction d’un rêve
 
On a toujours le temps pour un rêve.
 
Il est toujours temps de se laisser emporter
par une passion qui nous entraîne vers le désir.
 
Il est toujours possible de trouver la force
nécessaire pour prendre son envol et se diriger vers
le haut.
 
Et c’est là, là seulement sur les hauteurs ,que
nous pouvons déployer nos ailes de toute leur
extension.
 
Là seulement, au plus haut de nous-mêmes,
au plus profond de nos inquiétudes,
que nous pourrons écarter les bras, et voler.
 
(Trad: Colette)
 
 
 
Nafissatou Thiam saut en longueur
 
 
 

LA CONSTRUCCIÓN DE UN SUEÑO

Siempre hay tiempo para un sueño.
  Siempre es tiempo de dejarse llevar
por una pasión que nos arrastre hacia el deseo.

Siempre es posible encontrar la fuerza
necesaria para alzar el vuelo y dirigirse hacia
lo alto.

Y es allí, y solo allí, en la altura, donde
podemos desplegar nuestras alas en toda su
extensión.

Solo allí, en lo más alto de nosotros mismos,
en lo más profundo de nuestras inquietudes,
podremos separar los brazos, y volar.

 

29/07/2017

Ce qui fut et ce qui manque.../ Qué ha sido y qué falta...

 Le rire, si absent en poésie...l'eau, si rare en tant de lieux.
La risa, tan ausente en poesía...el agua, tan escasa en tantos lugares.

1 poema de “El cielo de los topos” (2015), de Bruno Montané Krebs (Chile 1957)

 

Salvador Dali, "Muchacha en la ventana"



L’eau

Avec la mémoire des fleurs et le bruit
ton regard bouge dans l’eau.
Cette musique est le mouvement de tes yeux,
ces silences les pensées
qui, du fond, montent
au point de te rendre heureuse.
On sait en regardant l’eau
ce qui fut et ce qui manque
on pense à ce qui fait bouger
corps et orages.
Ton regard s’allume sous le toit
brillant de l’eau qui traverse les pores,
les cellules, l’éclat du ciel.
Et tu ris.
 
(trad: Colette)
 

EL AGUA

Con la memoria de las flores y el ruido
tu mirada se mueve en el agua.
Esa música es el movimiento de tus ojos,
estos silencios los pensamientos
que desde el fondo suben
a punto de hacerte feliz.
Al mirar el agua se sabe
qué ha sido y qué falta,
se piensa en qué mueve
cuerpos y tormentas.
Tu mirada se enciende bajo el brillante
techo del agua que traspasa los poros,
las células, el resplandor del cielo.
Y te ríes.

 

22/07/2017

Tout près../ Muy cerca...

Le choix du poème d'aujourd'hui  est dû, en partie, à la lecture  dans un journal local qu'entre vendredi et dimanche dernier, un demi million de passagers sont passés par l'aéroport de Palma de Mallorca, soit 6.800 par heure. De la folie. (Le total des îles Baléares compte un petit million d’habitants)
 
La elección del poema de hoy es debida, en parte, a la lectura en un diario local diciendo que entre el viernes pasado y el domingo, medio millón de pasajeros transitaron por le aeropuerto de Palma de Mallorca. O sea 6.800 por hora. Una locura.
 

Écrit en catalan par le Valencien Josep Piera, j'ai mis la version originale, sa traduction en espagnol et en français.



No cal anar molt lluny.
Ni trepitjar descalç viaranys plens de vidres
ni ofegar-se en el mar per tal de beure llum,
la llum, paraula mítica, metàfora de seny.
Allò que cerques ho tens davant de tu.
Per gaudir un infern no cal prendre vaixell.
No cal anar tan lluny.
Siga cau, siga avenc, drecera, cingle, foc;
no cal fugir enlloc; mira-ho tot prop i a punt:
objectes, cels, mons, paraules,
horitzons, presons, éssers o murs.
No cal anar més lluny.
Només l'esguard i el tacte
aboleixen distàncies.
(...)
 
Cants i encants.
 
Devant chez moi, cet été /Delante de mi casa, este verano

 

 
 

 

Pas besoin d'aller très loin.

Ni de marcher pieds nus sur des chemins semés de verre

ni de se noyer dans la mer pour boire de la lumière,

la lumière, mot mythique, métaphore de sagesse.

Ce que tu cherches est là, devant toi.

Pour jouir d'un enfer pas besoin de prendre un bateau.

Il ne faut pas aller si loin.

Que ce soit un terrier, ou un abîme, un raccourci, des rochers, du feu;

inutile d’échapper nulle part; regarde, tout est près et prêt:

objets, ciels, mondes, mots.

Pas besoin d'aller plus loin.

Seuls le regard et le toucher

abolissent les distances.
 
(...) 

Josep Piera
 

(trad: Colette)

 
 

 

No hace falta ir muy lejos.
Ni pisar descalzo senderos llenos de cristales
ni ahogarse en el mar para beber su luz,
la luz, palabra mítica, metáfora de la sensatez
Aquello que buscas lo tienes ante tí.
Para gozar un infierno no hace falta embarcarse
No hace falta ir tan lejos.
Sea madriguera, sea sima, atajo, risco, fuego;
no hace falta escapar; míralo todo cerca y a punto:
objetos, cielos, mundos, palabras,
horizontes, cárceles, seres o muros.
No hace falta ir más lejos
Solo la mirada y el tacto
anulan las distancias.
Josep Piera
 
(Trad: AH et MAH, gracias)

08/07/2017

Arrivé jusqu'ici / Llegado hasta aqui

Quel âge avait Pedro Mairal, ce brillant écrivain (romans, contes et poèmes) Argentin de 47 ans, quand il écrivit ce poème-bilan? Peut-être 30 ans, l'âge moyen qu'atteint  un cheval…
¿Cuántos años tenía Pedro Mairal, ese brillante escritor (novelas, cuentos y poemas) Argentino de 47 años, cuando escribió este poema? Tal vez 30 años, edad media que alcanza un caballo….
 
Offrande
 
J'ai l'âge où meurent les chevaux,
l'âge où l'arbre
s'offre tout entier au ciel.
Ma peur est une faune secrète qui me cherche,
de la mer je ne suis qu'un nombre de vagues.
J'ai des dents et des peines et des souliers,
j'ai une fête éternelle qui parfois me convoque.
Je connais une femme, peut-être, sauf le mystère
du ventre des étoiles de la nuit.
Je ne sais combien de soleils il reste à ma poitrine,
je sais qu'il a fait bon vivre et j'élève ces années
comme une offrande brûlante.
Par dessus le taureau d'ombre des jours,
par dessus le dégoût et la peur et les miroirs,
je suis arrivé jusqu'ici.
(Trad: Colette)
 
OFRENDA Pedro Mairal
 
Tengo la edad en la que mueren los caballos,
la edad en la que el árbol
se ofrece entero al cielo.
Mi miedo es una fauna secreta que me busca,
del mar soy sólo un número de olas.
Tengo dientes y penas y zapatos,
tengo una fiesta eterna que a veces me convoca.
Conozco a una mujer, tal vez, salvo el misterio
de la panza de estrellas de la noche.
Yo no sé cuántos soles le quedan a mi pecho,
yo sé que ha sido bueno vivir y alzo estos años
como una ofrenda ardiendo.
Por encima del toro de sombra de los días,
por encima del asco y el miedo y los espejos,
he llegado hasta aquí.
 
 

 

 

24/06/2017

Les assiettes-souvenirs / Los platos-recuerdos

 Ana Pérez Cañamares
Santa Cruz de Tenerife, 1968

 

 

LES ASSIETTES offertes par ma mère
sont maintenant ternes et démodées.
 
Quand nous faisons le ménage
elles nous regardent tels des malades agonisants
qui ne comprennent pas ce que nous leur voulons.
 
Mais ce sont les assiettes de ma mère
qui ne m’offrira jamais plus
rien.
Si un jour nous nous décidions à les jeter
j’essayerai d’avoir sa voix en tête :
les choses, ma fille, ne sont que des choses”.
 
Ma mère n’est pas dans l’assiette.
Ma mère est dans le pain que je mange.
Trad: Colette
 
463
http://souris-blanche.over-blog.com/pages/De_vieilles_choses-1230162.html

 
LOS PLATOS que me regaló mi madre
están ya deslucidos y pasados de moda.

Cuando hacemos limpieza
nos miran como enfermos agonizantes
que no entienden qué queremos de ellos.

Pero son los platos que me regaló mi madre
que ya nunca volverá a regalarme
nada.
Si un día nos decidiéramos a tirarlos
intentaré escuchar su voz en mi cabeza:
“las cosas, hija, son sólo cosas“.

Mi madre no está en un plato.
Mi madre está en el pan que como.

03/06/2017

La mémoire de la liberté / La memoria de la libertad

"L'écrivain Almudena Grandes revendique le rôle de la mémoire et le journalisme dans la défense de la liberté et de la pluralité lors de la remise des prix Ortega y Gasset 2009"
Source: http://sociedad.elpais.com/sociedad/2009/05/18/actualidad/1242597614_850215.html


"J’ai appris de ma tante Charo qu’en Espagne il y avait une chose qui s’appelait la censure et qui rendait malheureux des gens qui ne le méritaient pas. Il est juste que ce fût d’elle que je l’apprenne, car ce fût elle aussi qui m’apprit à lire les journaux. Elle en achetait plusieurs par jour, certains le matin, d’autres l’après-midi, et elle les lisait avec un appétit minutieux, détendu, plaisir printanier de qui savoure une glace une soirée de mai, allumant une Chestefield avec le bout de la précédente, et sautant toujours, religieusement, les articles d’opinion. - Et pourquoi croient-ils ceux-là que je dépense tant d’argent en journaux? - disait-elle entre temps -. Mais pour me former ma propre opinion bien sûr, comme si j’avais besoin de connaître la leur!
Ces jours où l’odeur de fumée se confondait à l’arôme âpre et encré du papier journal m’ont appris que la mémoire de la liberté, c’est la liberté.
 
La liberté sans mémoire, une fleur de serre, fragile et anémique, faible, délicate, peut-être intéressante par sa pâleur mais toujours exposée à échouer au moindre contretemps, changement de température, arrosage inadéquat, un simple courant d’air. Moi je le sais parce que j’ai grandi dans un pays sans liberté, mais j’ai vu comment resplendissait sa mémoire dans les yeux de certaines femmes de ma famille qui, en l’évoquant, redevenaient jeunes, heureuses, et aussi libres qu’elle l’avaient été un jour.”
 
(Trad:Colette)

 
 
"La escritora Almudena Grandes reivindica el papel de la memoria y el periodismo en la defensa de la libertad y la pluralidad en su discurso en la entrega de los premios Ortega y Gasset 2009"
Fuente: http://sociedad.elpais.com/sociedad/2009/05/18/actualidad/1242597614_850215.html


Yo aprendí de mi tía Charo que en España había una cosa que se llamaba censura y que hacía infeliz a gente que no se lo merecía. Justo fue que lo aprendiera de ella, porque ella fue también quien me enseñó a leer periódicos. Todos los días compraba varios, unos por la mañana, otros por la tarde, y los leía con un apetito minucioso, relajado, el placer primaveral de quien paladea un helado en una tarde de mayo, encendiendo un Chesterfield con la colilla del anterior, y saltándose siempre, religiosamente, los artículos de opinión. - ¿Y para qué se creerán estos que me gasto yo tanto dinero en periódicos? -decía mientras tanto-.
¡Pues para formarme mi propia opinión, naturalmente, ni que me hiciera falta conocer la suya!
Aquellos días en los que el olor del humo se confundía con el aroma áspero y entintado del papel de periódico, me enseñaron que la memoria de la libertad, es libertad.
La libertad sin memoria, una flor de invernadero, frágil y anémica, débil, delicada, interesante quizás en su palidez, pero expuesta siempre a fracasar por cualquier contratiempo, un cambio de temperatura, un riego inadecuado, una simple corriente de aire. Yo lo sé porque crecí en un país sin libertad, pero vi cómo resplandecía su memoria en los ojos de algunas mujeres de mi familia, que al evocarla, volvían a ser jóvenes, felices, y tan libres como fueron una vez.”
 

13/05/2017

Reconnaissante / Agradecida

ENRIQUETA ARVELO LARRIVA (VENEZUELA, 1886-1962)
 
ÉMOTION ET AVANTAGE DE LA PROFONDEUR ÉTABLIE
 
Merci à ceux qui s'en furent par l'obscur sentier
écrasant les feuilles brunies.
À ceux qui me dirent: attends-nous sous cet arbre.

Merci à ceux qui s'en furent chercher du feu pour leurs cigarettes
me laissant seule
emmêlée dans de petits soleils d’une ombre odorante.

Merci à ceux qui s'en furent chercher de l'eau pour ma soif
me laissant là
à boire l'eau essentielle d'un monde ébranlé.

Merci à ceux qui me laissèrent à écouter un chant boisé
et à voir, ensommeillée, 
les troncs bordés de laines fanées. 

Maintenant je marche, indemne, parmi les gens.
 
(Trad: Colette)
 
 
 
EMOCIÓN Y VENTAJA DE LA PROBADA PROFUNDIDAD 
 
Gracias a los que se fueron por la vereda oscura 
moliendo las hojas tostadas.
A los que me dijeron: espéranos bajo ese árbol.

Gracias a los que se fueron a buscar fuego para sus cigarrillos
y me dejaron sola
enredada en los soles pequeños de una sombra olorosa. 

Gracias a los que se fueron a buscar agua para mi sed 
y me dejaron ahí
bebiéndome el agua esencial de un mundo estremecido. 

Gracias a los que me dejaron oyendo un canto enselvado
y viendo soñolienta
los troncos bordados de lanas marchitas.

Ahora voy indemne entre las gentes. 

Source/fuente: http://www.tinta-china.net/ealarriva.htm 
 

06/05/2017

Pepita

Une histoire inattendue, pleine de succès, de rebondissements que celle que nous a racontée Vita Sackville-West dans son livre Pepita et que sa petite-fille, Juliet Nicolson, vient de narrer dans A House Full of Daughters .
Una historia inesperada, llena de éxitos y de imprevistos, la que nos contó Vita en su libro Pepita y que su nieta, Juliet Nicolson acaba de narrar en A House Full of Daughters.
 
Vita, vous le savez sans doute, vécut une histoire d’amour avec Virginia Woolf. (Le film Vita et Virginia sort au cinéma cette année 2017) ; Pepita était sa grand-mère.

Vita, probablemente lo sabéis, vivió una historia de amor con Virginia Woolf (La película Vita y Virginia sale en el cine este año); Pepita era su abuela.
 
 

 
 
 
Remontons le temps...l’histoire commence avec une enfant d’ascendance gitane dans un quartier de Malaga, Josefa Durán (Málaga, 1830 – Turín, 1871) , plus connue comme Pepita Oliva (ou de Oliva), L’Étoile d’Andalousie, qui devint danseuse et célèbre grâce à une danse appelée Cachucha ou Olé.
Remontemos en el tiempo...la historia empieza con una niña de ascendencia gitana en un barrio de Málaga, Josefa Durán (Málaga, 1830 – Turín, 1871) , más conocida como Pepita Oliva (o de Oliva), la Estrella andaluza, que se hizo bailarina y famosa gracias a un baile llamado Cachucha u Olé.
 

 

Qui était cette femme si extraordinaire? D’abord elle voyagea dans toute l’Europe: Angleterre, Norvège, France, Allemagne...formant partie d’une série de danseuses espagnoles qui furent la coqueluche des théâtres. Elle, elle éveillait des passions, provoquait une fièvre qui fut d’ailleurs nommée delirium Pepitatorum!!
Pero ¿quién era esa mujer tan extraordinaria? Primero viajó por toda Europa: Inglaterra, Francia, Alemania...formando parte de un grupo de bailarinas españolas que fueron los ídolos de los teatros. Ella despertó tales pasiones, que provocaba una fiebre que fue nombrada delirium Pepitatorum!!

 

Elle influença la mode espagnole, volants, dentelles noires, grands décolletés, mantilles, “tailles impossibles grâce à la torture du corsage et les cheveux noués et entrelacés avec une fleur”*
Et pas seulement la mode, vous connaissez peut-être la “Polca-Pepita” de Johann Strauss.

Pepita tuvo influencia en la moda española, volantes, encajes negros, gran escotes, mantillas, “las cinturas imposibles gracias a las torturas del corpiño y los cabellos recogidos y entrelazados con una flor.”*
Y no solo la moda, tal vez conocéis la “Polca-Pepita” de Johann Strauss.



 
Mais la vie scandaleuse de Pepita commença quand elle tomba amoureuse d’un aristocrate: le diplomate Lionel Sackville-West, secrétaire de l’Ambassade d’Angleterre en Allemagne. Tous deux étaient mariés: elle avec son maître de ballet (Juan de Oliva); mais leur romance se poursuivit. Ils partirent habiter à Arcachon et eurent 2 fils et 3 filles, dont Victoria, la mère de Vita.
Pero la vida escandalosa de Pepita comenzó cuando se enamoró de un aristócrata: el diplomático Lionel Sackville-West, secretario de la Embajada de Inglaterra en Alemania. Ambos estaban casados, ella con su maestro de ballet (Juan de Oliva); pero su romance siguió. Se fueron a vivir a Arcachón (Francia) y tuvieron 2 hijos y 3 hijas, una de ellas era Victoria, la madre de Vita.
Pepita mourut à 41 ans des suites de couche. (Il y eut ensuite un grand scandale après sa mort quand ses enfants réclamèrent la paternité du diplomate! La mère de Vita fut répudiée par la société victorienne, enfant d’une relation adultère)
Vita avait toujours été fascinée par cette grand-mère et avait sans doute quelques traits de son caractère...extravagant.
 
Pepita murió a los 41 años de puerperio. ( Luego hubo un gran escándalo cuando sus hijos reclamaron la paternidad del diplomático! La madre de Vita fue repudiada por la sociedad victoriana como hija de padres adúlteros).
A Vita siempre le había fascinado su abuela y tenía sin duda algunos rasgos de su carácter...extravagante
 
Nota: Para escribir esta entrada me inspiré en gran medida del magnifico artículo de El País:
 

22/04/2017

Doutes et amples horizons / Dudas y anchos horizontes

 
Quand j'arriverai à la vieillesse
-si j'y arrive-
et me regarderai dans le miroir
et compterai mes rides
comme une délicate orographie
de peau distendue.
Quand je pourrai compter les marques
qu'ont laissé les larmes
et les préoccupations,
et que déjà mon corps répondra lentement
à mes désirs,
quand je verrai ma vie enrobée
de veines bleues,
de profondes cernes,
et que je lâcherai ma chevelure blanche
pour m’endormir tôt
-comme il se doit-
quand viendront mes petits-enfants
s’asseoir sur mes genoux
rouillés par le passage de tant d’hivers,
je sais qu’encore mon cœur
sera -rebelle- à tictaquer
et que les doutes et les amples horizons
salueront aussi
mes matins.

(Trad: Colette)

*André Derain -  Madame Matisse au kimono

 

 
Desafío a la vejez Gioconda Belli
Cuando yo llegue a vieja
-si es que llego-
y me mire al espejo
y me cuente las arrugas
como una delicada orografía
de distendida piel.
Cuando pueda contar las marcas
que han dejado las lágrimas
y las preocupaciones,
y ya mi cuerpo responda despacio
a mis deseos,
cuando vea mi vida envuelta
en venas azules,
en profundas ojeras,
y suelte blanca mi cabellera
para dormirme temprano
-como corresponde-
cuando vengan mis nietos
a sentarse sobre mis rodillas
enmohecidas por el paso de muchos inviernos,
sé que todavía mi corazón
estará -rebelde- tictaqueando
y las dudas y los anchos horizontes
también saludarán
mis mañanas.
 
 
*André Derain (Chatou, 1880 - Garches, 1954) peintre fauviste, grand ami de Matisse.

15/04/2017

Fauves dorés / Doradas fieras

 
Sans doute, oui sans doute un billet sur nos 17 lapins nouveaux-nés accompagné d’adorables photos aurait-il été plus approprié en ces jours de Pâques.
Mais non, c’est un poème surréaliste d’Octavio Paz qui m’a étonnée, m'a fait sourire et me demander où il avait été chercher tant de choses à dire sur...deux yeux.
 
Tal vez, sí tal vez una entrada sobre nuestros 17 conejitos recién nacidos , acompañada de fotos muy monas hubiera sido más apropiado en estos días de Pascua.
Pero no, es un poema surrealista de Octavio Paz que me ha sorprendido, hecho sonreír y preguntarme de dónde había sacado tantas cosas que decir sobre...dos ojos.
 
Octavio Paz ( Mexique 1914-1998)
 
Tes yeux 
 
Tes yeux sont la patrie
de l'éclair et de la larme,
silence disert,
tempêtes sans vent, mer sans vagues,
oiseaux prisonniers, fauves dorés endormis,
topazes impies comme la vérité,
automne dans une clairière
où la lumière chante sur l’épaule
d'un arbre, et où toutes les feuilles sont oiseaux,
plage que le matin trouve constellé d'yeux,
panier de fruits de feu,
mensonge nourricier,
miroirs de ce monde, porte de l'au delà,
pulsation tranquille de la mer à midi
absolu qui scintille,
désert.
 
traduction Colette (inspirée par celle d’ E. Dupas )
 
 
Silvana Canetti (Uruguay)
" Los ojos de Ariadna"
 
 
Tus ojos O. Paz
TUs ojos son la patria
del relámpago y de la lágrima,
silencio que habla,
tempestades sin viento,
mar sin olas, pájaros presos,
doradas fieras adormecidas,
topacios impíos como la verdad,
otoño en un claro del bosque
en donde la luz canta en el hombro
de un árbol y son pájaros todas las hojas,
playa que la mañana
encuentra constelada de ojos,
cesta de frutos de fuego,
mentira que alimenta,
espejos de este mundo,
puertas del más allá,
pulsación tranquila del mar a mediodía,
absoluto que parpadea, páramo.
 

08/04/2017

Souvenirs citadins / Recuerdos urbanos

Les lieux communs
 
 
Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974

 

 
La ville se conserve dans le souvenir,
pliée et disponible,
comme une carte affective
sur qui la mémoire a signalé
d’une croix la rue
et le bar et la terrasse
et la cafétéria
et le petit bout de trottoir
où l’on a entrevu un instant
un bonheur insaisissable.
 
(Trad: Colo)
Extrait de "Las palabras y los días"
 
 
 
Antwerpen, Anvers, Amberes, ma ville natale
 
Los lugares comunes
 
Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974
 
La ciudad se conserva en el recuerdo,
doblada y disponible,
como un mapa afectivo
en el que la memoria ha señalado
con una cruz la calle
y el bar y la terraza
y la cafetería
y el trocito de acera
donde se adivinó por un instante
una felicidad esquiva. 
 
(De Las palabras y los días)

01/04/2017

Un tigre-poète / Un tigre-poeta

Un tigre
 
MERCEDES ESCOLANO, Cádiz, España, 1964

 

 
Je pense à un tigre. Il descendra en ville
à l’heure où s’ouvrent les bars
et se répand un intense parfum
humain. La nuit tombe. Assoiffé
il s’accoudera au bar et boira
quelques verres les yeux allumés
du brillant sinistre et métallique,
souple sa langue, parfumé le local
avec le va-et-vient continuel des clients.
Du fond parvient un blues élastique et le hurlement
endiablé des machines à sous.
Il observe en silence et trempe ses crocs.
La griffe que cache sa chemise le trahit.
Personne ne dirait -à son aspect-
que c’est un cruel assassin de la jungle,
mais plutôt un homme peu pressé, indolent,
incapable de s’inventer
une autre routine.
Chaque vendredi, tendre et solitaire,
il commettra un crime sans autre trace
qu’un poème oublié sur le bar.
 
(Trad:Colette)
 
Juan Gris, 1912, Hombre en el bar
 

 

Un tigre 
 
MERCEDES ESCOLANO, Cádiz 1964 
 
Pienso en un tigre. Bajará a la ciudad
a la hora en que abren los bares
y se expande un intenso perfume
humano. Anochece. Sediento
se acodará en la barra y beberá
unas copas con los ojos prendados
del brillo siniestro y metálico,
dúctil su lengua, aromado el local
con un vaivén continuo de clientes.
De fondo un blues elástico y el rugir
endiablado de las máquinas tragaperras.
Observa en silencio y remoja sus fauces.
Le delata la garra que esconde su camisa.
Nadie diría —por su aspecto—
que es un cruel asesino de la selva,
sino un hombre sin prisas, indolente,
incapaz de inventar
se otra rutina.
Cada viernes, tierno y solitario,
cometerá un crimen sin más rastro
que un poema olvidado sobre la barra.
 

18/03/2017

Nuit témoin / Noche testigo

Un jour je reçois ce gentil message:
"Je suis auteure, poète. Et je tombe sur votre blog à deux reprises en faisant de petites recherches.
Je suis très sensible à la poésie espagnole.

Je vous remercie de m'avoir fait découvrir de grands poèmes."

Signé: Laurine Rousselet.

Nous prenons contact, et sur mon offre de traduire/publier un ou deux de ses poèmes...voici le premier.

Un día recibo un mensaje muy amable y alentador de la poetisa francesa Laurine Rousselet. No la conocía y le ofrecí traducir un par de poemas suyos al español. Aquí tienen el primero:

 

Robinet Testart, Hypsipyle écrivant. Manuscrit, vers 1496-1498 © Bnf, Paris, FR 875

 

 
 
la fièvre se tient dans la valise
gagnée par le temps et l’itinérance
ouvrir sa trousse
y fourrer de l’écrire
du bleu et des galets
des rendez-vous capables
 
le ciel n’est pas pastel
il coûte des rideaux de pluie
ombres
déflagrations
 
sauter dans la vie
les deux pieds trempés d’incertitude
 
Laurine Rousselet
Extrait de: Nuit témoin, éditions Isabelle Sauvage, Plounéour-Ménez, France, 2016.
                                 
 
la fiebre está en la maleta
vencida por el tiempo y los traslados
abrir el estuche
embutir lo escrito
el azul y los guijarros
y las citas posibles
 
El cielo no es apastelado
cuesta cortinas de lluvia
sombras
estallidos
 
saltar a la vida
los pies empapados de incertidumbre.
 
(Trad: Colette)
 

01/03/2017

D'autres cieux / Otros cielos

Foto Colette, 27 de febreo 2017


 
Autre ciel  Mario Benedetti
 
Il n'existe pas d'éponge pour laver le ciel
mais même si tu pouvais le savonner
et ensuite lui jeter des seaux et des seaux de mer
et le tendre au soleil pour qu'il sèche
il manquerait toujours l'oiseau en silence
(Trad: Colette)
 
 

Otro cielo  Mario Benedetti

No existe esponja para lavar el cielo
pero aunque pudieras enjabonarlo
y luego echarle baldes y baldes de mar
y colgarlo al sol para que se seque
siempre faltaría el pájaro en silencio
 
                                                        


                                                                --------------
Ces vers pour vous dire aussi que ce blog prend une pause-vacances: je m'en vais vers des cieux aussi gris, je crois, mais remplis de voix, de sourires chaleureux...
 
 
Source photo
 
 
 
Estos versos para deciros que este blog coge una pausa, me voy hacia unos cielos también grises, creo, pero hacia voces y sonrisas calurosas... 

25/02/2017

Additionner / Sumar

Ida Vitale* (poète, traductrice, essayiste, professeur et critique littéraire Uruguayenne), 93 ans, est née à Montevideo. Fuyant la dictature, elle partit au Mexique (1974) puis plus tard aux États Unis où elle réside encore.
L’exil peut être une expérience dramatique et terrible ou une chose merveilleuse. En ce qui me concerne j’ai beaucoup souffert de éloignement de mes proches, j’en ai bavé, mais au bout d’un petit moment je me suis sentie vraiment enrichie. Le Mexique m’a donné non seulement le confort d’un monde agréable, mais aussi l’occasion de me sentir utile par des traductions, des cours...et quelque chose pour laquelle je n’arrêterai jamais de remercier ce pays, qui est son énorme ouverture à celui qui venait du dehors.”(Trad: Colette)
 
Ida Vitale (poeta, traductora, ensayista, profesora y crítica literaria uruguaya) tiene 93 años y nació en Montevideo. Huyendo de la dictadura, se fue a México (1974) y más tarde a los Estados Unidos donde reside actualmente.
 
El exilio puede ser una experiencia dramática y terrible o una cosa maravillosa. En mi caso me dolió mucho alejarme de mi gente, lo pasé muy mal, pero al poco tiempo me sentí mucho más enriquecida. México me dio no solo la comodidad de un mundo agradable, sino la oportunidad de sentirme útil con traducciones, con clases… y eso es algo que jamás dejaré de agradecerle a ese país, su enorme apertura hacia el que venía de fuera”.


Additions
                                                          Cheval et cavalier sont déjà deux animaux
 
Un plus un, dit-on. Et on pense:
une pomme plus une pomme,
un verre plus un verre,
des choses toujours identiques.

 

Quel changement que
un plus un soit un puritain
plus un gamelan,
un jasmin plus un arabe,
une nonne et une falaise,
un chant et un masque,
encore une garnison et une damoiselle,
l’espérance de quelqu’un
plus le rêve de l’autre.
 
(Ne possédant pas ce livre, la traduction est de moi. Je suis sûre que Silvia Baron Supervielle a fait mieux!)
 
*Note: Ida Vitale a reçu en 2015 le prix Reina Sofía,  la plus haute distinction de la poésie ibéro-américaine qui consacre la poète uruguayenne comme une des voix les plus importantes de la poésie de langue espagnole.
 
Mural de Diego Rivera "La marcha de la humanidad"
 
Sumas
                                          caballo y caballero son ya dos animales

Uno más uno, decimos. Y pensamos:
una manzana más una manzana,
un vaso más un vaso,
siempre cosas iguales.

Qué cambio cuando
uno mas uno sea un puritano
más un gamelán,
un jazmín más un árabe,
una monja y un acantilado,
un canto y una máscara,
otra vez una guarnición y una doncella,
la esperanza de alguien
más el sueño de otro.

  De
"Reducción del infinito" 2002