06/11/2016

Ce que j'ai vu / Lo que he visto

Je connais tous les contes
 
León Felipe
 
Je ne sais pas beaucoup de choses, c'est vrai.
Je ne dis que ce que j'ai vu.
Et j'ai vu:
que le berceau de l'homme se berce avec des contes,
que les cris d'angoisse de l'homme se noient avec des contes,
que le pleur de l'homme se colmate avec des contes,
que les os de l'homme s'enterrent avec des contes,
et que la peur de l'homme...
a inventé tous les contes.
Je ne sais pas beaucoup de choses, c'est vrai,
mais on m'a endormi avec tous les contes...
et je connais tous les contes.
 (Trad: Colette)
 
Leonora Carrington, peintre surréaliste anglo-mexicaine 1917-2011
 
Sé todos los cuentos
León Felipe
 
Yo no sé muchas cosas, es verdad.
Digo tan sólo lo que he visto.
Y he visto:
que la cuna del hombre la mecen con cuentos,
que los gritos de angustia del hombre los ahogan con cuentos,
que el llanto del hombre lo taponan con cuentos,
que los huesos del hombre los entierran con cuentos,
y que el miedo del hombre...
ha inventado todos los cuentos.
Yo no sé muchas cosas, es verdad,
pero me han dormido con todos los cuentos...
y sé todos los cuentos.

29/10/2016

Le secret du raisin / El secreto de la uva





C'est le temps des raisins. Ici on dit “uvas con queso saben a beso”. Autrement dit: avec du fromage, les raisins ont le goût des baisers.
Irrésistibles donc...
 
 
Extrait /extracto de
 
Eduardo Galeano
 

 


El libro de los abrazos
 
Le livre des étreintes

 

 
 
Le raisin et le vin
 
A l'agonie, un homme des vignes parla à l'oreille de Marcela.
Avant de mourir il lui révéla son secret:
 
Le raisin, chuchota-t-il, est fait de vin.
 
Marcela Pérez-Siva me le conta, et je pensai: si le raisin est fait de vin, peut-être sommes-nous les mots qui racontent ce que nous sommes.

 (trad: Colette)

 

 
La uva y el vino
 
Un hombre de las viñas habló, en agonía, al oído de
Marcela. Antes de morir, le reveló su secreto:
 
La uva le susurró está hecha de vino.
 
Marcela Pérez-Silva me lo contó, y yo pensé: si la uva
está hecha de vino, quizás nosotros somos las palabras
que cuentan lo que somos.
 
 
 
 

Bonne semaine!

23/10/2016

Sur le tableau / Sobre le cuadro



Cette semaine j'aimerais vous consulter .
Voilà que dans le petit musée du monastère de Cura  j'ai été extrêmement surprise en voyant ce tableau-sculpture de la Crucifixion de Jésus.
Ma tête a échafaudé des tas d'hypothèses, certaines vraiment saugrenues; aucune explication n'était donnée sur place.
Ce genre artistique vous est-il familier?

 

 

 


Esta semana me gustaría consultaros.

Verán; en el pequeño museo del monasterio de Cura estuve extremadamente sorprendida al ver este cuadro-esculptura de la Crucifixión de Jesús.
Mi cabeza elaboró varias hipótesis, algunas realmente descabelladas.
¿Os es familiar ese tipo de arte?

15/10/2016

Soif / Sed


Septembre fut un mois d'excursions; la chaleur avait diminué.
Septiembre fue un mes de excursiones; había disminuido el calor.
 
L'une d'elles nous emmena dans le centre de l'île appelé Es Pla. Ce plat est décoré par-ci par-là de hautes collines (ou petites montagnes). Et devinez qui a édifié sa demeure en haut, jouissant d'une vue fabuleuse, d'un calme inégalable? Des moines, bien sûr.
Una de ellas nos llevó al centro de la isla llamado Es Pla. Esa llanura está decorada aquí y allá de altas colinas (o pequeñas montañas). Y adivinad ¿quién edificó allí su morada, gozando de una vista fabulosa, de una quietud incomparable? Unos monjes, claro.
 
 

C'est du haut de l'une d'elles, dont je vous parlerai dans le prochain billet, que j'ai pris cette photo panoramique; là aussi que j'ai pensé à ce poème...tout était si sec.
 
Desde lo alto de una de ellas, os hablaré de ella en la próxima entrada,  saqué esta foto panorámica; allí también pensé en este poema...todo estaba tan seco.
 
 

 

 
Épitaphe
 
Un oiseau vivait en moi.
Une fleur voyageait dans mon sang.
Mon cœur était un violon.
J'aimai et n'aimai pas. Mais parfois
on m'aima. Moi aussi me
réjouissaient: le printemps,
les mains jointes, l'heureux.
Je dis que l'homme doit l'être!
Ci-gît un oiseau.
Une fleur.
Un violon.
 
(Trad: Colette)
 
Epitafio
J. Gelman
 
Un pájaro vivía en mí.
Una flor viajaba en mi sangre.
Mi corazón era un violín.
Quise o no quise. Pero a veces
me quisieron. También a mí
me alegraban: la primavera,
las manos juntas, lo feliz.
¡Digo que el hombre debe serlo!
Aquí yace un pájaro.
Una flor.
Un violín.

08/10/2016

Noyé dans la brume du Grand Tout / Anegado en la bruma del Gran Todo


Poursuivons avec François Cheng et ses interrogations sur la beauté.(voir billet précédent)
Sigamos con François Cheng y sus preguntas sobre la belleza.(ver nota anterior)

"Envisager, dévisager, est-ce à dire que nous sommes condamnés à rester éternellement à l'extérieur, face à l'univers vivant et sa beauté?
Une ultime interrogation, inévitablement, nous assaille: nous sommes sensibles à la beauté, mais l'univers, lui, reste apparemment indifférent, comme expliquer ce paradoxe?
"Contemplar, escrutar, ¿significa eso que estamos condenados a quedarnos eternamente al exterior, frente al universo vivo y su belleza?
Una última interrogación nos invade inevitablemente: somos sensibles a la belleza, pero el universo queda aparentemente indiferente, ¿cómo explicar esa paradoja? 
 
Nous tombons en extase devant tel paysage, tel arbre, telle fleur, alors qu'eux-mêmes s'ignorent et nous ignorent. Sommes-nous enfermés dans notre subjectivisme bien vain, pour ne pas dire ridicule?
Nos extasiamos delante de tal paisaje, tal árbol, tal flor, mientras ellos mismos se ignoran y nos ignoran. ¿Estamos nosotros encerrados en nuestro subjetivismo vano, por no decir ridículo? 
 
Il y a peut-être une autre compréhension possible. Pour la cerner, il me faudrait faire un détour par la peinture chinoise. On connaît plus ou moins cette peinture pour l'avoir vue par-ci par-là, dans des expositions ou à travers des reproductions. On y admire de grands rouleaux représentant d'immenses paysages, dans lesquels figurent toujours un ou plusieurs petits personnages.
Pour un œil occidental habitué à la peinture classique où les personnages sont campés au premier plan et le paysage relégué à l’arrière fond, le petit personnage dans le tableau chinois paraît complètement perdu, noyé dans la brume du Grand Tout. 
 
 
Tal vez haya otra comprensión posible. Para delinearla, tendría que desviarme por la pintura china. Conocemos más o menos esa pintura por haberla visto aquí y allá en exposiciones o en reproducciones. Admiramos grandes rollos con inmensos paisajes, en los cuales siempre figuran uno o varios pequeños personajes.
Para un ojo occidental acostumbrado a la pintura clásica donde los personajes están esbozados en primer plano y el paisaje relegado al trasfondo, el pequeño personaje del cuadro chino parece completamente perdido, anegado en la bruma del Gran Todo. 
 
Mais si, avec un peu de patience et d'abandon, l'on consent à contempler ce paysage mû par le souffle de l'infini, jusqu'à y pénétrer en profondeur, on finit par prêter attention à ce petit personnage, à s'identifier à cet être sensible qui, placé à un point privilégié, est en train de jouir du paysage. On s'aperçoit qu'il en est le point névralgique, qu'il est l’œil éveillé et le cœur battant d'un grand corps. Il est pour ainsi dire le pivot autour duquel se déploie le paysage, de sorte que celui-ci peu à peu devient son paysage intérieur. (...)” 
 
En Europe parfois aussi...A. Sisley 1899, Courbe de la Seine à Saint-Cloud
 
Pero si, con un poco de paciencia y de abandono, consentimos en contemplar ese paisaje movido por el soplo del infinito, hasta penetrarle, acabamos por prestar atención a ese pequeño personaje, a identificarnos con ese ser sensible que, situado en un punto privilegiado, está disfrutando del paisaje. Notamos que es él el punto neurálgico, que es el ojo despierto y el corazón batiente de un gran cuerpo. Es, por así decir, el eje alrededor del cual se despliega el paisaje, de tal forma que este se convierte en su paisaje interior.(...)” (trad: Colette)

04/10/2016

Dépasser les clichés / Superar los clichés

Nous ne sommes pas tous des artistes; mais tous nous avons part à la beauté. En réalité, nous sommes tous plus ou moins artistes. Le simple fait de vivre suppose un certain art de vivre. Nous savons par exemple disposer des fleurs pour égayer notre demeure, dresser l'oreille pour écouter un chant d'oiseau, jouir d'un jardin au printemps ou du coucher du soleil sur la mer. Tout cela est bien. Toutefois, si nous voulons dépasser les clichés, dépasser l'habitude de réserver la beauté à seulement quelques moments privilégiés, nous devons apprendre à habiter poétiquement la terre comme l'a proposé le poète Hölderlin. Car la beauté, ce don qui nous est offert sans réserve, est omniprésente. Il faut savoir en capter les plus humbles manifestations. Ces fleurs anonymes qui poussent dans les fentes d'un trottoir, ce rayon de soleil qui soudain fait chanter un vieux mur, ce cheval pensif au milieu d'un pré après la pluie, cet enfant qui offre un caillou coloré à un vieillard sur son banc; ces fragrances et saveurs que la mémoire réveille...
 
Extrait de:
Œil ouvert et cœur battant
Comment envisager et dévisager la beauté
François Cheng.
 
p.53 éd. Poche Desclée de Brouwer
 
 
Foto Colette
 
No todos somos artistas; pero todos participamos a la belleza. En realidad, todos somos más o menos artistas. El simple hecho de vivir supone un cierto arte de vivir. Sabemos por ejemplo disponer flores para alegrar nuestro hogar, aguzar el oído para escuchar un canto de pájaro, disfrutar de un jardín en primavera o del ocaso en el mar. Todo esto está bien. Sin embargo, si deseamos superar los clichés, superar la costumbre de reservar la belleza a sólo unos momentos privilegiados, tenemos que aprender a habitar poéticamente la tierra como lo propuso el poeta Hölderlin. Ya que la belleza, ese don que se nos da sin reserva, está omnipresente. Hay que saber capturar sus más humildes manifestaciones. Esas flores anónimas que crecen en las rendijas de una acera, esos rayos de sol que hacen de repente cantar una vieja pared, ese caballo pensativo en medio de un prado después de la lluvia, ese niño que le regala un guijarro coloreado a un anciano en su banco; esas fragancias y sabores que la memoria despierta...
Trad: Colette
 
(Por lo que veo este librito no está traducido todavía pero os puedo recomendar la lectura tan bonita de “Cinco meditaciones sobre la belleza” del mismo François Cheng.)

24/09/2016

Jouer à oui et non / Jugar al sí y al no

 

Balançoire 
 
                               Gerardo Diego 1896-1987
 
 
À cheval sur le bord du monde
un rêveur jouait à oui et non
 
Les pluies de couleurs
émigraient au pays des amours
 
 
 
Vol de fleurs
 
 
Fleurs du oui
 
 
Fleurs du non
 
 
Couteaux dans l'air
qui lui déchirent la chair
forment un pont
 
 
Oui
 
 
Non
 
 
Chevauchait le rêveur
Des oiseaux arlequins
 
 
ils chantent le oui
 
 
ils chantent le non

(Trad: Colette)
 
 
Une balançoire en Équateur, lisez ceci, c'est extraordinaire: http://voyagerloin.com/actualite/activites-sport/equateur-balancoire-flippante-du-monde-face-volcan-en-eruption/
 
 
 
 
 
Columpio 
                                                Gerardo Diego
 
A caballo en el quicio del mundo
un soñador jugaba al sí y al no

Las lluvias de colores
emigraban al país de los amores



Bandadas de flores


Flores de sí


Flores de no

Cuchillos en el aire
que le rasgan las carnes
forman un puente





No

Cabalgaba el soñador
Pájaros arlequines


cantan el sí


cantan el no

17/09/2016

Jouer à ne pas se perdre / Jugar a no perderse

Si la littérature s'est emparée du sablier pour signifier le temps qui passe et nous mène inexorablement vers la mort, cet objet, tombé en désuétude, avait jadis de multiples usages; navigation, cuisine, église (messe)...
 
Si la literatura ha convertido el reloj de arena en signo del tiempo que pasa y nos lleva irremediablemente a la muerte, ese objeto, hoy en desusso, tenía antaño múltiples usos; navegación, cocina, iglesia (misa)...
 
El reloj de arena (Le sablier) José Cirilo Henao, alcalde(maire)-artista Colombiano
 

 

 
Le sablier
joue
à se remplir de lumière
à se vider d'ombre.
Nous le retournons
jouons à ne pas nous perdre
à ne pas nous vider de lumière
à ne pas nous remplir d'ombre.
 
(Trad: Colette)
 
 
Jorge H Cadavid (poète et essayiste Colombien (1962-   ))
 
 
El reloj de arena
juega
a llenarse de luz
a vaciarse de sombra.
Nosotros le damos vuelta
jugamos a no perdernos
no vaciarnos de luz
no llenarnos de sombra.
 

10/09/2016

Tout jeter / Tirarlo todo

Dans la série “poésie du quotidien” voici Amalia Bautista, le nettoyage est à l'honneur aujourd'hui, mais pas seulement...

En la serie “poesía de lo cotidiano”, Amalia Bautista nos habla de la limpieza, pero no sólo de ella....

Oceanic's kitchen Yacek Yerka      
 
                   
On va faire un grand nettoyage

 

 
On va faire un grand nettoyage
et on va jeter toutes les choses
qui ne nous servent à rien, ces
choses que nous n'employons plus, ces
autres qui ne font que prendre la poussière,
celles que nous évitons de trouver car
elles nous plongent dans les plus amers souvenirs,
celles qui nous font mal, occupent de la place
ou que nous n'avons jamais voulues proches.
 
On va faire un grand nettoyage
ou, mieux encore, un déménagement
qui nous permette d'abandonner les choses
sans même les toucher, sans nous salir,
les laissant là où elles ont toujours été;
c'est nous qui allons partir, mon cœur,
pour recommencer à accumuler.
Ou bien nous allons mettre le feu à tout
et rester tranquilles, avec cette image
des braises du monde devant les yeux
et le cœur deshabité.
 
Trad: Colette
 

Vamos a hacer limpieza general

Amalia Bautista

 
Vamos a hacer limpieza general
y vamos a tirar todas las cosas
que no nos sirven para nada, esas
cosas que ya no utilizamos, esas
otras que no hacen más que coger polvo,
las que evitamos encontrarnos porque
nos traen los recuerdos más amargos,
las que nos hacen daño, ocupan sitio
o no quisimos nunca tener cerca.

Vamos a hacer limpieza general
o, mejor todavía, una mudanza
que nos permita abandonar las cosas
sin tocarlas siquiera, sin mancharnos,
dejándolas donde han estado siempre;
vamos a irnos nosotros, vida mía,
para empezar a acumular de nuevo.
O vamos a prenderle fuego a todo
y a quedarnos en paz, con esa imagen
de las brasas del mundo ante los ojos
y con el corazón deshabitado.

03/09/2016

Repasser / Planchar

Ce dimanche je reçois ce message d'une amie: “Je termine mon repassage sur la terrasse, j'ai failli m'envoler!”
Moi aussi j'avais prévu de repasser, après ma sieste, mais dans la salle de bains, l'endroit le plus frais de la maison. En écoutant la radio.
Certain(e)s regardent la TV, d'autres mettent de la musique en réalisant cette tâche domestique, parfois longue, toujours précise.
Le soir, en parcourant des blogs, je suis tombée sur ce poème amusant que je vous ai traduit.
 

 

Picasso

 

 
 
Este domingo recibo este mensaje de una amiga: “Termino de planchar en la terraza, ¡estuve a punto de coger el vuelo!”
Yo también había previsto planchar, después de la siesta, pero en el cuarto de baño, el sitio más fresco de la casa. Escuchando la radio.
Unos (unas) miran la TV, otros (otras) ponen música al realizar esa tarea doméstica, a veces larga, siempre precisa.
Por la noche encontré este poema divertido en un blog.

 

 
Poésie domestique
 
Par quel obscur caprice du destin
par quelle facétie perverse du hasard
par quelle conspiration cruelle et insoupçonnable
par quel dessein d'un sombre pouvoir...
 
Si je m'y efforce
et m'organise, et me programme
et fais tout mon possible,
épuise la vitesse...
 
Mais si le divin et le terrestre
complotent
et bien que j'aie écrit ceci un lundi
je continue à me demander pourquoi
je finis toujours par repasser les dimanches!
 
 
Trad: Colette
 
 
Poesía doméstica
Por qué oscuro capricho del destino
por qué broma perversa de la suerte
por cuál conjuro cruel e insospechado
por cuál designio de algún poder siniestro

Si yo lo intento
y me organizo, y me programo
y hago hasta más de lo posible
apuro prisas

Pero si lo divino y terrenal
se confabulan
y aún cuando esto lo haya escrito un lunes
sigo preguntándome por qué
siempre termino planchando los domingos!
 
 

27/08/2016

Les mots de la mer / Las palabras del mar

Après tous ces billets estivaux, revenons un peu à la poésie.
Después de todas esas entradas estivales, volvamos un poco a la poesía.
María Elena Walsh, de père anglais et mère argentine, était écrivain, poète, dramaturge, musicienne, compositeur...et spécialisée dans les écrits et chants pour enfants.
María Elena Walsh, de padre inglés y madre argentina, era escritora, poetisa, dramaturgo, músico, compositora...y especializada en los escritos y canciones para niños.
Mais aujourd'hui, et parce que les levers de soleil sont si beaux en ce moments, voici ce poème.
Pero hoy, y porque los amaneceres son tan bonitos en este momento, aquí este poema.
 
 Pour accompagner votre lecture, cette courte vidéo intitulée:
Le son de l'aube. Mallorca

 



María Elena Walsh (Buenos Aires 1930-2011) - Chico Novarro (Santa Fe-Argentina 1934-)
 
Aube de l'oubli
 
Aube,
heure zéro.
Je ressuscite parmi les ténèbres et j'attends;
j'entends tomber la rosée
là-bas au loin à l'aurore.
 
Aube
de cendre.
Dehors la nuit agonise
et résonne un obscur tambour
dans le fond de mon cœur.
 
Aube de l'oubli,
je reviens peut-être
d'un pays perdu parmi les rêves
où toujours tu veux me parler
avec les mêmes mots de la mer.
 
Aube,
heure zéro.
J'espérais t'oublier et je t'aime.
Sentinelle de l'éternité
ma douleur jamais ne se repose.
(Trad: Colette)
 
 
 
Alba de olvido
 
Madrugada,
hora cero.
Resucito en tinieblas y espero
mientras oigo el rocío caer
allá lejos al amanecer.

Madrugada
de ceniza.
Por afuera la noche agoniza
y retumba un oscuro tambor
en el fondo de mi corazón.

Alba de olvido,
vuelvo quizás
de un país entre sueños perdido
donde siempre me quieres hablar
con las mismas palabras del mar.


Madrugada,
hora cero.
Esperaba olvidarte y te quiero.
Centinela de la eternidad
mi dolor no descansa jamás.
 
 
 

20/08/2016

Tout en couleurs / En colores

 

Foto Colette


 

Le dernier jour des fêtes de mon village, Puigpunyent, a lieu depuis des années une bataille d'eau. C'est follement amusant.
La rareté de ce liquide précieux sur l'île (bon, pour les touristes il y a tout ce qu'il faut!), a transformé cette année l'eau en poudres de couleurs, une copie de la fête hindoue du printemps, Holi. Et ce fut tout aussi amusant pour les enfants...
 
El último día de fiestas en mi pueblo, Puigpunyent, tiene lugar desde hace años una batalla de agua. Es divertidísimo.
La escasez de ese precioso líquido en la isla (bueno, no les falta nada a los turistas) ha trasformado este año el agua en polvos de colores, una copia de la fiesta hindú de la primavera, Holi.
Fue la mar de divertido para los niños...
 






 








PLaza de Son Bru, Puigpunyent,  Holi, la fiesta de colores. Fotos Colette
 


...les ados, les jeunes parents...
 ... los adolescentes, jóvenes padres...

 


Fotos Colette

 

 


...les chiens. Tiens, ont-ils trouvé ça rigolo?
... y los perros. Anda, ¿a ellos les pareció divertido? 
 


 



 
Puigpunyent, fiestas 2016

 

 

 

 

12/08/2016

Rafel Joan à/en Canyamel

Loin est si relatif...Il suffit d'une heure et demie de voiture pour traverser toute l'île.

Lejos es tan relativo...Basta con hora y media de coche para cruzar toda la isla.

Cette imposante tour carrée datant du XIIIº siècle, située près d'Artà (côte est), est donc loin pour un habitant de Palma.

Esta imponente torre cuadrada del siglo XIII, situada cerca de Artà (costa este), queda lejos, pues, para un habitante de Palma.

 
 
 

 

 
 

De style gothique et en parfait état (restaurée) elle ne m'intéressait pas spécialement à priori mais un peintre d'ici, Rafel Joan y exposait quelques unes de ses toiles et je tenais à m'y rendre.

 

De estilo gótico y en perfecto estado (restaurada) no me interesaba especialmente, a priori, pero un pintor de aquí, Rafel Joan, exponía unos cuadros y quería verlos.

 
 
 

Plantée en pleine campagne, mais près de la mer, cette tour servait, comme toutes celles qui longent les côtes de Majorque, à surveiller et prévenir de l'arrivée de corsaires. Mais celle-ci servait aussi de refuge pour les habitants. Une fois à l'intérieur, je n'ai eu aucun mal à imaginer des familles entières, terrorisées, passant là parfois des jours et des nuits enfermés jusqu'à ce que tout danger soit éloigné. Deux amples étages, des murs épais. Puis le troisième étage était celui des défenseurs. Une large vue sur la mer, les collines et la plaine, des créneaux.

 

 

Situada en medio del campo, pero cerca del mar, esa torre, al igual que todas las que bordean las costas de Mallorca, servían para vigilar y avisar de la llegada de corsarios. Pero esta servía también de cobijo para los habitantes. Una vez dentro, no tuve ninguna dificultad para imaginar a familias enteras, aterrorizadas, pasando allí a veces días y noches enteros hasta que el peligro se alejara. Dos pisos amplios, paredes espesas. El tercer piso era el de los defensores. Desde las almenas una vista sin obstáculos sobre el mar, las colinas y la llanura.

 
 
Rafel Joan, expo Torre Canyamel

 

Rafel Joan, expo Torre Canyamel
 
 

Les toiles de Rafel Joan exposées au rez-de-chaussée semblent avoir été peintes pour ce lieu précis tant elles s’intègrent dans les murs et représentent le paysage aux alentours. La présentation est parfaite, la lumière douce. Ma fille et moi y étions seules: silence et beauté.

Los cuadros de Rafel Joan expuestos en la planta baja parecen haber sido pintados para este lugar por lo bien que se integran en las paredes y representan el paisaje alrededor. La presentación es perfecta, la luz suave.

Estábamos solas allí mi hija y yo: silencio y belleza.

 
 
Expo Torre Canyamel, Rafel Joan

 

Rafel Joan, expo Torre Canyamel

 

1º piso Torre Canyamel
 

Un petit escalier en colimaçon et nous voilà au premier. Ici c'est la mer qu'on aperçoit par les fenêtres et le fond de la mer et ses poissons qui est présent sur les toiles. Certaines sont lumineuses, d'autres me plaisent moins.

 

Una escalerilla de caracol y llegamos al primer piso. Aquí es el mar el que se entreve por las ventanas y el fondo del mar con sus peces lo que está representado en los cuadros. Algunas pinturas son luminosas, otras me gustan menos.

 
 

Au fond de la pièce un joli escalier en bois, ajouté à posteriori, nous mène au haut de la tour. Là, l'art c'est la nature qui entoure la tour, et on aperçoit une autre tour. Elles communiquaient à l'aide de signaux de fumée; on dit que la tour de Canyamel ne fut jamais prise par l'Ennemi.

 

En el fondo de la habitación una bonita escalera de madera, añadida con posteridad, nos lleva a lo alto de la torre. El arte es la naturaleza que nos rodea y desde allí se divisa otra torre. Comunicaban entre sí con señas de humo; se dice que la Torre Canyamel nunca fue tomada por el Enemigo.


 

 

Almenas / Créneaux

 

 

 

 

En el fondo de la habitación una bonita escalera de madera, añadida con posteridad, nos lleva a lo alto de la torre. El arte es la naturaleza que nos rodea y desde allí se divisa otra torre. Comunicaban entre sí con señas de humo; se dice que la Torre Canyamel nunca fue tomada por el Enemigo.
 
 

07/08/2016

Récoltes / Cosechas

 

 

 

 
 

 

 
Oignons doux et géants, entre 800gr et 1kg!

 

 

 


Noyée sous des kilos de tomates, poivrons, citrons et autres; la tête plongée dans les conserves et les bains Marie, j'avais pensé ne pas faire de billet cette semaine.
Puis j'ai eu envie de vous montrer ce champ qui longe notre terrain.
Bonne semaine!



Sumergida bajo kilos de tomates, pimientos, limones y otros; la cabeza metida en las conservas y los baños María, había pensado no publicar nada esta semana.
Luego me entraron las ganas de enseñaros este campo que linda con nuestro terreno.
¡Qué tengáis una buena semana!

 

 
 

 

 

30/07/2016

Cees Nooteboom poète / poeta

Cees Nooteboom est à mes yeux une sorte d'homme universel. Ce Hollandais écrivain, voyageur, essayiste, hispaniste est aussi, je viens de le découvrir, poète.
Comme vont les choses... très intéressée par un billet d'une amie sur une étude faite par cet écrivain de tableaux de Jérôme Bosch, je l'ai commandé et suis absolument passionnée (je vous en parlerai quand je l'aurai terminé).
Dans les premières pages, C. Nooteboom cite quelques vers de lui-même. Tiens, tiens...! Je trouve des poèmes de lui, traduits en espagnol, avec l'original en néerlandais. Qui peut m'aider à réaliser une bonne traduction en français (sa poésie est peu traduite dans cette langue, c'est curieux)? Une amie belge, Adrienne s'y est gentiment collée, dank u well!
 
 
 
 
Cees Nootebomm es a mis ojos una especie de hombre universal. Ese holandés escritor, viajero, ensayista, hispanista es también, lo acabo de descubrir, poeta.
Como van las cosas...muy interesada por una entrada en el blog de una amiga lectora acerca de un estudio realizado por C. Nooteboom sobre cuadros de El Bosco, lo encargué y me apasiona.(Os hablaré de él en cuanto lo haya terminado).
En las primeras páginas cita unos versos suyos...así lo descubrí. Encontré unos poemas traducidos al español con la versión original en holandés. ¿Quién me puede ayudar para su traducción al francés? Otra amiga-blog, Adrienne, me echó una mano. Dank u well!
 

ASS

 

Poëzie kan nooit over mij gaan, 
noch ik over poëzie. 
Ik ben alleen, het gedicht is alleen, 
en de rest is van wormen. 
Ik stond aan de straten waar de woorden wonen, 
boeken, brieven, berichten, 
en wachtte.
Ik heb altijd gewacht.

De woorden, in lichte of duistere vormen, 
veranderden mij in een duister of lichter iemand. 
Gedichten passeerden mij 
en herkenden zichzelf als een ding. 
Ik kon het zien en me zien.

 

Nooit komt er een einde aan deze verslaving. 
Eskaders gedichten zijn op zoek naar hun dichters. 
Ze dwalen zonder commando door het grote 
district van de woorden 
en verwachten het aas van hun volmaakte, 
gesloten, gedichte, gemaakte 
en onaantastbare

vorm.

 

 
 
 
 
Asticot
 

Le poème ne peut jamais parler de moi
Ni
moi de la poésie.
Je suis seul, le poème est seul,
et le reste est aux asticots.
Je me trouvais dans les rues où habitent les mots,
les livres, les lettres, les annonces,
et j'attendais.
J'ai toujours attendu.

Les mots, de forme légère ou sombre,
me changeaient en quelqu'un de plus sombre ou de plus léger.
Les poèmes passaient devant moi
et se reconnaissaient comme une chose.
Je pouvais le voir et me voir.

Jamais cette servitude ne prend fin.
Des escadrons de poèmes sont à la recherche de leurs poètes.
Ils errent sans commandement par le grand
territoire des mots
et attendent la charogne de leur forme
parfaite, rimée, fabriquée
et intouchable.

Trad: Adrienne-Colette

Cebo

La poesía nunca puede hablar de mí,
ni yo de la poesía.
Yo estoy solo, el poema está solo,
y el resto es de los gusanos.
Me detuve en las calles donde viven las palabras,
libros, cartas, informes,
y esperé.


Siempre supe esperar.
Las palabras, con sus formas claras u oscuras,
me volvieron más oscuro o más claro.
Los poemas me alcanzaron
y se reconocieron como objetos.
Yo pude verlo y verme.


No tiene fin esta adicción.
Escuadrones de poemas están buscando sus poetas.
Vagan sin mando por el amplio
territorio de las palabras
y aguardan el cebo de su perfecta,
hermética, condensada, acabada
e irreductible
forma.


Traducción de Fernando García de la Banda