Espaces, instants - Page 5

  • Moudre les instants / Moler los instantes

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    Peut-être parce que l’été ici tout est immobile - l’air chaud, le ciel sans nuages, la nature figée – ai-je choisi un autre poème “qui tourne”. Cette fois c’est un moulin, non non pas celui de Don Quichotte!, nous sommes au Chili avec le poète surréaliste Vicente Huidobro.

     
     

     

    http://www.urbansketchers.org/2014/11/by-marc-taro-holmes-in-montreal-qc-ca.html
     

     

     
    Moulin, Vicente Huidobro.
     
    Plus qu’un âne, le vent est patient.
     
    Tourne tourne tourne
    Moulin qui moud les heures
    Bientôt arrivera le printemps
    Et tes ailes seront couvertes de fleurs
     
    Tourne tourne tourne
    Moulin qui moud les jours
    Bientôt arrivera l’été
    Et tu auras des fruits sur ta tour
     
    Tourne, tourne tourne
    Moulin qui moud les mois
    Bientôt viendra l’automne
    Et tu seras triste sur ta croix
     
    Tourne tourne tourne
    Moulin broyeur d’années
    Bientôt viendra l’hiver
    Et tes larmes gèleront
     
    Voici le vrai moulin
    N’oubliez jamais sa chanson
    ll fait la pluie et le beau temps
    Il fait les quatre saisons
     
    Moulin de mort, moulin de vie
    Mouds les instants comme une montre
    Eux aussi sont des grains Moulin de la mélancolie
    Farine du temps qui rendra nos cheveux blancs.
    (Trad: Colette)
     
     
     
     
    Molino V. Huidobro
     
    El viento más que un asno es paciente.
     
    Gira gira gira
    Molino que mueles las horas
    Pronto será la primavera
    Y tendrás tus alas cubiertas de flores
     
    Gira gira gira
    Molino que mueles los días
    Pronto será el estío
    Y tendrás frutos en tu torre
     
    Gira gira gira
    Molino que mueles los meses
    Pronto vendrá el otoño
    Y estarás triste en tu cruz
     
    Gira gira gira
    Molino moledor de años
    Pronto vendrá el invierno
    Y se helarán tus lágrimas
     
    He aquí el verdadero molino
    No olvidéis jamás su canción
    Él hace llover y hace el buen tiempo
    Él hace las cuatro estaciones
     
    Molino de la muerte Molino de la vida
    Muele los instantes como un reloj
    Éstos también son granos Molino de la melancolía
    Harina del tiempo que pondrá nuestros cabellos blancos.
     
    Vicente Huidobro (Chileno)
    Paris,1922
  • Tourne, mon coeur / Gira, corazón

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    Aujourd’hui un poème de Lorca; sous sa plume une superbe envolée d’images qui lui viennent en s’adressant à une girouette.

    J’espère qu’en traduction-français vous arriverez à percevoir le rythme et la beauté qui en ressortent.

     

     
    http://www.forging-ahead.co.uk/windvane.htm

    Girouette

    Federico Garcia Lorca



    Vent du Sud,
    brun, ardent,
    ton souffle sur ma chair
    apporte un semis de regards
    brillants et le parfum
    des orangers.
    Tu fais rougir la lune
    et sangloter
    les peupliers captifs, mais tu arrives
    trop tard!
    J'ai déjà enroulé la nuit de mon histoire
    sur l'étagère!
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Vent du nord,
    ours blanc du vent!
    Tu souffles sur ma chair,
    tout frissonnant d'aurores
    boréales,
    avec ta traîne de spectres
    capitaines,
    et riant de Dante
    aux éclats.
    Ô polisseur d'étoiles!
    Mais tu arrives trop tard.
    L'armoire est vermoulue
    et j'ai perdu la clé.
     
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Brises, gnomes et vents
    venus de nulle part.
    Moustiques de la rose
    pétales en pyramides.
    Vents alizés sevrés
    parmi les rudes arbres,
    flûtes dans la bourrasque,
    laissez-moi!
    De lourdes chaînes ancrent
    mes souvenirs,
    et captif est l’oiseau
    qui dessine le soir
    de ses trilles.
     
    Les choses qui s'en vont jamais ne reviennent,
    tout le monde le sait,
    et dans la foule des vents
    il est vain de se plaindre.
     
    N'est-ce pas, peuplier, maître de la brise?
    Il est vain de se plaindre!
     
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Juillet 1920
     
    Fuente Vaqueros, Grenade.
    (Trad:Colette)
     

    Veleta


    Federico García Lorca
     
    Viento del Sur,
    moreno, ardiente,
    llegas sobre mi carne,
    trayéndome semilla
    de brillantes
    miradas, empapado
    de azahares.
    Pones roja la luna
    y sollozantes
    los álamos cautivos, pero vienes
    ¡demasiado tarde!
    ¡Ya he enrollado la noche de mi cuento
    en el estante!
    Sin ningún viento,
    ¡hazme caso!,
    gira, corazón;
    gira, corazón.
    Aire del Norte,
    ¡oso blanco del viento!
    Llegas sobre mi carne
    tembloroso de auroras
    boreales,
    con tu capa de espectros
    capitanes,
    y riyéndote a gritos
    del Dante.
    ¡Oh pulidor de estrellas!
    Pero vienes
    demasiado tarde.
    Mi almario está musgoso
    y he perdido la llave.
    Sin ningún viento,
    ¡hazme caso!,
    gira, corazón;
    gira, corazón.
    Brisas, gnomos y vientos
    de ninguna parte.
    Mosquitos de la rosa
    de pétalos pirámides.
    Alisios destetados
    entre los rudos árboles,
    flautas en la tormenta,
    ¡dejadme!
    Tiene recias cadenas
    mi recuerdo,
    y está cautiva el ave
    que dibuja con trinos
    la tarde.
    Las cosas que se van no vuelven nunca,
    todo el mundo lo sabe,
    y entre el claro gentío de los vientos
    es inútil quejarse.
    ¿Verdad, chopo, maestro de la brisa?
    ¡Es inútil quejarse!
    Sin ningún viento.
    ¡hazme caso!
    gira, corazón;
    gira, corazón.
     
  • Variété de syle / Variedad de estilos

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    Il y a quelques jours mourait, à 70 ans, le peintre Miguel Ángel Campano. Je n’avais jamais entendu son nom, ni vu aucun de ses tableaux, et pourtant lui, et quelques autres peintres ont été des artistes clés dans le renouvellement de la peinture après la mort de Franco. De plus il a fréquemment séjourné à Majorque. On ne peut tout connaître…
     
     
    Mistral Detalle 1982, MA Campano
     
    Vers les années ‘80 il s’est installé à Paris où il abandonne les schémas géométriques rigides pour une abstraction plus gestuelle (dans la ligne du mouvement américain Action painting). Il est très inspiré par Cézanne (et a séjourné en Provence pour réaliser une série de tableaux) et Poussin a toujours été un grand maître pour lui. Puis, vers les années 85 il pratique en même temps une peinture abstraite dépouillée et un naturalisme réaliste extrême.
    Dans les œuvres qui suivent vous verrez un mélange de styles, et c’est ce perpétuel changement, cette évolution qui m’a semblé intéressante. 
     
    1987 Naturaleza muerta
     
    Comme il le dit lui-même: “ J’ai eu en ma faveur la chance d’avoir toujours été très rebelle, très contradictoire. Je ne suis pas intéressé par ce qu’on appelle un style. Il y a des peintres qui passent leur vie à chercher le style. Ce qui compte souvent chez un artiste c’est l’attitude...”
    Il a obtenu le Prix National des Arts Plastiques en 1996
     
    1988 MA Campano
     
    Hace unos días moría, a los 70 años, el pintor Miguel Angel Campano. Nunca había oído su nombre ni visto ninguna de sus obras. Sin embargo él y otros artistas fueron importantes en el renuevo de la pintura española después de la muerte de Franco. Además pasó largas temporadas en Mallorca. No se puede conocer todo…
     
     
    1988 MA Campano
     
    Hacia los años ‘80, instalado en París, abandona los “rígidos esquemas geométricos por una abstracción gestual, en la línea de la escuela del movimiento norteamericano Action Painting.” *
    Le inspiran mucho Cézanne (viajó por la Provenza francesa para realizar cuadros) y Poussin que fue para él un gran maestro.
    Luego, hacia los ‘85 practica al mismo tiempo une pintura abstracta, despojada, y un naturalismo realista extremo.
     
     
    1991 MA Campano
     
    En las obras que siguen, veréis un mezcla de estilos y es ese cambio perpetuo, esa evolución que me han interesado.

    Como dice él mismo: “He tenido a mi favor la suerte de que he sido siempre muy díscolo, muy contradictorio. No me interesa lo que llaman el estilo. Hay pintores que se pasan la vida buscando el estilo.Muchas veces lo que cuenta más en un artista es la actitud.”

    Miguel Ángel Campano obtuvo el Premio Nacional de Artes Plásticas en 1996
     
     
     
     
    Parmi ses oeuvres plus récentes / Entre sus obras más recientes:
     
    2002

     

    2001
  • Un baîllement d'ironie / Un bostezo de ironía

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    Il y a, comme chaque été, des aubes magnifiques et relativement fraîches, seuls moments du jour où il fait bon se balader.
    Que ce soit près de la mer ou à la campagne où je vis, à 6h du matin on y rencontre plus d’animaux que d’humains. Pourtant ces derniers sont souvent déjà au travail, certains ont des horaires flexibles qui leur permettent, c’est bien heureux, de commencer dès l’aube.
     
     

     

     

     

     
     
    La lumière, vous le voyez, est superbe. Une amie qui n’est pas d’ici me le faisait remarquer, l’air semble humide: rien de plus vrai! Tout est mouillé le matin sur cette île. C’est excellent pour les plantes et les arbres, moins pour les humains…
     
     

     

    Mais ne perdons pas nos bonnes habitudes et quittons-nous cette semaine avec un poème.
     
     
    Avec le sourire de l’âme
     
    JORGE REYES (Quito, Ecuador 1905-1977)
     
    Lentement
    il s'éveilla
    avec un bâillement d'ironie
    au tic tac d'une montre
    qui s'endormait de vieillesse...
     
    Moi je m'éveille...
    et sa main
    sur mon épaule
    me chante la chanson
    de ce fragile sourire
    de l'âme.
     
    (Trad: Colette)
    NB: En espagnol "se fue despertando", impersonnel, m'a obligée à choisir "il" ou "elle". L'option de "il" est donc tout à fait arbitraire.
     
     
     
    CON SONRISA DEL ALMA
     JORGE REYES (Quito, Ecuador 1905-1977)
     
    Se fue
    despertando
    con bostezo de ironía
    al tic tac de un reloj
    que de viejo se dormía…
     
    Despierto yo…
    y su mano
    en mi hombro
    me canta la canción
    de esa frágil sonrisa
    del alma
     
  • Léger frémissement de la peau / Tenue temblor de la piel

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    Goytisolo, vous connaissez peut-être ce nom. Mais ils étaient trois frères dans le monde des lettres. Le plus connu est l’écrivain Juan Goytisolo, puis celui qui nous occupe aujourd’hui, José Agustín le poète, et finalement Luís le romancier.
     
    Tous trois ont connu, enfants, la guerre civile et l’horreur de voir leur mère tuée lors d’un bombardement de Barcelone par l’aviation franquiste en 1938.
    José Agustín (1928-1999) était un homme d’une très grande sensibilité, vous le verrez dans le poème, assez dépressif aussi. Mais rien de triste dans ce poème que j’ai traduit du mieux que j’ai pu.
     
    On entend les oiseaux
     
    L’aube. On entend les oiseaux
    comme perdus dans la brume;
    le silence élève leurs chants
    jusqu’à la pénombre de la pièce.
    Il perçoit un très faible tremblement
    qui fait frémir la peau qu’il aime,
    douce dans son rêve. Très lentement
    il la recouvre du drap
    pour éviter qu’elle ne s’éveille.
    Mais déjà des bras l'enveloppaient
    et s’accrochaient à son corps:
    éternité fut ici douceur
    miel et jasmin. Bien plus tard
    on entendait encore le chant des oiseaux.
     
    (Trad:Colette)
     
    Toulouse Lautrec Femme couchée au lit, lithographie        
     
     
     
    Se oyen los pájaros J.A Goytisolo
     
    El alba. Se oyen los pájaros
    como perdidos en la niebla;
    el silencio sube sus cantos
    a la penumbra de la estancia.
    El percibe un temblor muy tenue
    que estremece la piel que ama
    dulce en su ensueño. Muy despacio
    la va cubriendo con la sábana
    por evitar que se desvele.
    Pero unos brazos le envolvían
    y se ciñeron a su cuerpo:
    eternidad fue aquí lisura
    miel y jazmín. Mucho más tarde
    aún se oía el cantar los pájaros. 
     
     
    Un autre poème de lui, mis en musique/chanson par Paco Ibañez ici:
     
  • Une autre fenêtre / Otra ventana

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    Poursuivons sur le thème de la fenêtre, mais sous un angle bien différent...

     

    Une autre fenêtre
    Miguel Angel Zapata (Perú, 1955)
     
    On se lasse d’être seul à délirer
    avec sa fenêtre au milieu de la rue,
    parmi la neige qui traîne
    sa blancheur dans les ruelles oubliées.
    On se lasse de sortir pour chercher
    la même femme à la chevelure
    jusqu’aux pieds.
     
    Peut-être est-ce cela l'art de la solitude :
    écrire, écrire encore l’île avec son ciel lilas
    et la sveltesse du phare qui verse sa lumière sur
    nos cheveux en désordre.
    Peut-être est-ce seulement ça : une boussole sans mémoire
    pour les temps à venir.
     
    (Trad : Colette)
     

    fenêtre, ventana

    Otra ventana

    Miguel Angel Zapata (Perú, 1955)
     
    Uno se cansa de estar solo delirando
    con su ventana en medio de la calle,
    entre la nieve que arrastra
    su blancor por los callejones olvidados.
    Uno se cansa de salir a buscar la
    misma mujer con el cabello
    largo hasta los pies.

    Tal vez en eso consista el arte de la soledad:
    escribir repetidas veces la isla con su cielo lila
    y la esbeltez del faro que derrama su luz sobre
    nuestro cabello alborotado.
    Tal vez sea sólo eso: una brújula sin memoria
    para el tiempo que vendrá.
  • Seulement voir / Solamente ver

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    Roberto Juarroz, 1925-1995; poète Argentin, un des meilleurs selon l'avis général et le mien en particulier:-)
    Son oeuvre est réunie sous un unique titre: Poésie Verticale.
    "Dans l'un de ses derniers recueils, Treizième poésie verticale, publié en 1993, Roberto Juarroz forme le vœu de parvenir à « dessiner les pensées comme une branche se dessine sur le ciel ».(wiki)

     

     

    Ventana, Ernest Descals




    Il dessinait partout des fenêtres.
    Sur les murs trop hauts,
    sur les murs trop bas,
    sur les parois obtuses, dans les coins,
    dans l'air et jusque sur les plafonds.


    Il dessinait des fenêtres comme s'il dessinait des oiseaux.
    Sur le sol, sur les nuits,
    sur les regards tangiblement sourds,
    sur les environs de la mort,
    sur les tombes, les arbres.

    Il dessinait des fenêtres jusque sur les portes.
    Mais jamais il ne dessina une porte.
    Il ne voulait ni entrer ni sortir.
    Il savait que cela ne se peut.
    Il voulait seulement voir : voir.
    Il dessinait des fenêtres.

     

     Partout.

     

    (Douzième poésie verticale, traduction de Fernand Verhesen)
     
    Roberto Juarroz 1925-1995, considerado como el mejor poeta argentino de su tiempo, así lo veo yo también, reunió toda su obra bajo un mismo título, Poesía Vertical.
    En su Trigésima y última Poesía Vertical, 1993, emite el deseo de dibujar los pensamientos como una rama se dibuja sobre el cielo.
     
     
    Beatriz Kohn, Caracas, 1939
     
     
    Dibujaba ventanas en todas partes.
    En los muros demasiado altos,
    en los muros demasiado bajos,
    en las paredes obtusas, en los rincones,
    en el aire y hasta en los techos. 
     
    Dibujaba ventanas como si dibujara pájaros.
    En el piso, en las noches,
    en las miradas palpablemente sordas,
    en los alrededores de la muerte,
    en las tumbas, los árboles. 
     
    Dibujaba ventanas hasta en las puertas.
    Pero nunca dibujó una puerta.
    No quería entrar ni salir.
    Sabía que no se puede.
    Solamente quería ver: ver.
    Dibujaba ventanas. 
     
    En todas partes.
     
  • Assis ou couchés? / ¿Sentados o tumbados?

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    L'amour est une ortie qu'il faut moissonner chaque instant si l'on veut faire la sieste étendu à son ombre.”

    El amor es una ortiga que uno debe segar a cada instante si se quiere dormir tendido en su sombra.”

    Pablo Picasso
     
    Picasso La siesta 1919
     
     
     
    La sieste, ce moment délicieux pendant les après-midi d’été...
     
    Énormément de peintres de tous pays ont croqué ces endormissements:
     
    En voici quelques uns, espagnols. Tous s'intitulent La siesta ou Siesta.
     
     
    La siesta, ese momento delicioso durante las tardes de verano…
     
    Muchísimos pintores de todos los países han pintado esas somnolencias, he aquí algunos.
     
    Españoles. Todos se titulan La siesta o Siesta
     
     
    Siestes couchés, siestas tumbados
     
    Goya
     
    Joaquin Sorolla 1912          
     
    Siestes assis, siestas sentados
     
    La Migdia, Ramón Martí Alsina 1884

     

     

     

    Julio Romero de Torres 1874-1930        


    Siestes confortables? ¿Siestas confortables?

    Miguel Prieto Anguita 1947

     

    Román Ribera Cirera (1849-1935)                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                




     


     Et puis cette siesta-ci  qui me plaît tant, d'un Colombien, si reconnaissable. Finalmente esta siesta que tanto me gusta del Colombiano tan reconocible.

    Fernando Botero (1932-   )
     
  • Quitter l'enfance / Dejar la infancia

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    Hier sur la place du village, ils étaient partout, couraient derrière un ballon ou juste pour le plaisir, le besoin de courir.
    Les enfants sont en vacances.
    S’il existe multitude de poèmes sur l’enfance, voici le premier que je lis sur sa fin.
     
    Ayer en la plaza del pueblo, estaban por todas partes, corrían tras una pelota o por el placer, la necesidad de correr.
    Los niños están de vacaciones.
    Si existen multitud de poemas sobre la infancia, he aquí el primero que leo sobre su fin.

    ÁNGEL RUIZ DEL ÁRBOL (La Habana, Cuba. 1956).
     
     

    Toboggans

     

    Je parcours les rues qui
    jadis étaient des rues.
    Je suis sur les places qui
    avant étaient l'enfance.
    Je descends, degré par degré,
    par des escaliers qui avant
    étaient des toboggans.

    Et à la chute, je me découvre
    seul au milieu de rien.
    Rien qui pour les autres est tout.
    Rien ne reste déjà de cela…
    Et cela, qui était tout,
    Maintenant c’est le rien.
    Et les doutes.
    (Trad: Colette)
     
     
    Escaleras La Habana-Cuba

     

     

     

    ÁNGEL RUIZ DEL ÁRBOL (La Habana, Cuba. 1956).


    Toboganes
    Transcurro en calles que
    Antes eran calles.
    Sucedo en plazas que
    Antes eran infancia.
    Desciendo, peldaño a peldaño,
    Por escaleras que antes
    Eran toboganes.
     
    Y al caer me descubro
    Solo en medio de la nada.
    Nada que para otros es todo.
    Nada queda ya de aquello…
    Y aquello, que era todo,
    Ahora es la nada.
    Y las dudas.

     

  • Si j'étais.../ Si fuera...

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    Latitude

    Juan Ramón Jiménez



    Si j'étais comme un lieu de la mer ou du ciel;
    le même et un autre toujours, avec les vagues,
    le même et un autre toujours, avec les nuages;
    ferme et errant,
    hésitant et sûr de lui,
    attendant et solitaire,
    rencontré et inconnu,
    aimé et oublié, et libre et prisonnier,
    - un autre et le même toujours, avec mes nuages,
    avec mes vagues -!

     

     
     
    Sud de l'île de Mallorca

    Latitud J.R. Jimenéz
     
    ¡Si fuera yo como un lugar del mar o el cielo;
    el mismo y otro siempre son las olas,
    el mismo y otro siempre con las nubes;
    firme y errante,
    dudoso y cierto,
    aguardador y solitario,
    encontrado y desconocido,
    amado y olvidado, y libre y preso,
    -otro y el mismo siempre, con mis nubes,
     
    con mis olas-!
     
     
  • Le banc / El banco

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    Un banc, des livres en tout genre, papier et stylo pour traduire des poèmes...tout est prêt pour une pause. Le temps de refaire le plein d'idées et de mots et je reviens.
    Si vous passez, prenez place; je  vous attends à l'ombre.
     

    Un banco, libros de todos tipos, papel y boli para traducir poemas....todo está listo para una pausa. El tiempo de llenar la libreta con ideas y poemas y vuelvo.
    Si pasáis por aquí, tomad asiento, os espero a la sommbra.
    Lien permanent Catégories : billet 4 commentaires
  • Une belle vie, adios Señora

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    María Dolores Pradera, 93 ans vient de disparaître. Une toute grande dame de la chanson et de la scène de théâtre espagnoles. Une dame à l'esprit fin et rempli d'humour et à la voix grave, qui laisse un énorme répertoire de chanson espagnole et de musiques sud-américaines. Des sujets d'hier et de toujours, des fados, coplas, rancheras, balades et boléros.
    Quelle chanson choisir? Je les aime toutes.

     




    Acaba de desaparecer, a sus 93 años, maría Dolores Pradera, la gran dama de la canción española y del teatro. Une dame fina, inteligente, llena de humor. Su voz grave nos deja un repertorio enorme, temas de ayer y de siempre, fados, coplas, rancheras, baladas y boleros.
    ¿Qué canción elegir? Me gustan todas.

  • Entre jeux de lueurs / Entre juegos de luces

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    Julia de Burgos (1914-1953)


    Voici le troisième billet consacré à la poésie de la portoricaine Julia de Burgos.  Le premier était un pas vers le féminisme, ici. 
    Dans le second une sélection de vers sensuels et musicaux,
    ici.  Aujourd'hui, un poème délicat. J'ai gardé la belle traduction de E. Dupas
      

    Presque l'aube


    Presque l'aube,
    comme dire  ruisseau plongeant dans la source
    comme dire étoile,
    comme dire colombe ailée au ciel.

    Cette nuit a fui
    presque l'aurore, presque la pleine lune entre des montagnes
    comme une sensation d'hirondelle
    qui picore son illusion sur une branche.

    l'Aube, sans ailes pour fuir,
    retour d'émotion jusqu'à l'âme
    grains de maïs brûlés d'amour entre mes mains
    que l'assaut de l'amour a rendues chastes.

    Nuit déchirée au temps répété,
    ville prisonnière d'essences hautes,
    comme une clarté tu brises mon esprit
    tu enfermes mon émotion comme une geôle. 

     
    Amour muet et lointain...
    Timide petite voix d'un dahlia,
    je te veux ainsi, intime,
    sans te savoir aux portes du matin,
    presque souriante, ouverte entre les rires,
    entre les jeux de lueurs, presque l'aube...
     
     

    traduit de l'espagnol par E. Dupas

    Aube sur champ de pavots- Oleh Rak

     

    Casi alba,
    como decir arroyo entre la fuente,
    como decir estrella,
    como decir paloma en cielo de alas.

    Esta noche se ha ido casi aurora,
    casi ronda de luna entre montañas,
    como una sensación de golondrina
    al picar su ilusión en una rama.

    Amanecer, sin alas para huirse,
    regreso de emoción hasta su alma,
    palomitas de amor entre mis manos
    que al asalto de amor subieron castas.

    Noche rasgada al tiempo repetido,
    detenida ciudad de esencias altas,
    como una claridad rompes mi espíritu,
    circundas mi emoción como una jaula.

    Amor callado y lejos...
    tímida vocecita de una dalia,
    así te quiero, íntimo,
    sin saberte las puertas al mañana,
    casi sonrisa abierta entre las risas,
    entre juego de luces, casi alba...
     



    Biographies de Julia de Burgos
    En español:

     
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  • Passion / Pasión

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    Fable de Samaniego (1745-1801)
    Les fourmis
     
     
    Ce qu'aujourd'hui sont les fourmis,
    Étaient les hommes d'antan:
    De leurs biens propres et de ceux d'autrui
    Ils faisaient leur provision.
    Jupiter, qui depuis des siècles
    Observait cette passion,
    N'en pouvant plus,
    En fourmis les transforma:
    Ils changèrent de forme;
    Et d'habitudes? Jamais.
    (Trad: Colette)
     

     

    Photo Kwarkito "Eurogroupe fourmis"  
     
    Las hormigas 
    Fábulas, Samaniego 
     Lo que hoy las hormigas son,
     Eran los hombres antaño:
     De lo propio y de lo extraño
     Hacían su provisión.
     Júpiter, que tal pasión
     Notó de siglos atrás,
     No pudiendo aguantar más,
     En hormigas los trasforma:
     Ellos mudaron de forma;
     ¿Y de costumbres? Jamás.
    
    
     
  • Al-Andalus, l'amour des fleurs / El amor por la flores

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    J'ai lu que l'amour pour les fleurs dans la poésie (et dans l'art) de Al-Andalus se devait à ce que les berbères et les musulmans venaient de terres arides, désertiques. Une telle explosion de couleurs et d’odeurs les enchantèrent. Cela me semble une explication fort plausible.
    Voici le poème le plus connu sur le sujet.



    Leí que el amor por la flores en la poesía (y en el arte) de Al-Andalus se debía a que los musulmanes y bereberes procedían de tierras áridas, desérticas. Tal explosión de colores y olores les encantó. Eso me parece una explicación muy plausible.
    Aquí va el poema más conocido sobre el tema.

     

     

    JARDIN- JARDÍN

    Yusuf ibn Harun ar-Ramadi

     
    Le myrte, le lys, le jasmin vigoureux et la giroflée ont grand mérite et s’emparent des jardins.

    Mais bien plus grand est le mérite de la rose.

    Le myrte est-il autre chose que l’arôme qui s’éteint une fois jeté au feu? 
    La rose, même fanée, laisse dans l’eau un parfum qui dure après elle.
     Le mal du lys est très commun: après un instant il descend dans la tombe.
     Le jasmin est humble d’origine, mais son odeur est solennelle et orgueilleuse.
    Le caractère de la giroflée est perturbé, tout comme un voleur, elle s’éveille après les prières du soir.
    La rose est la dame des jardins, bien qu’elle soit la servante du rose des joues.
    (Trad.Colette)

    El mirto, la azucena, el jazmín lozano y el alhelí tienen gran mérito y con él se enseñorea el jardín.

    Pero el mérito de la rosa es aún mayor.


    ¿Acaso es el mirto otra cosa que aroma que se extingue arrojado al fuego?
    La rosa, aun marchita, deja en el agua perfume que perdura tras de ella.
    El mal de la azucena es muy común: tras un instante baja a la tumba.
    El jazmín es humilde en sus orígenes, pero su aroma es solemne y orgulloso.
    El carácter del alhelí está trastornado, es como un ladrón, se despierta tras la oración de la noche.


    La rosa es la señora de los jardines, aunque es sierva de la rosa de las mejillas.

    ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI también llamado ABU YENIS nació en Córdoba. Grandes tinieblas cubren la vida y obra de este autor. Ya antes de los disturbios originados por guerra civil, a finales del siglo X, se había asentado en el Reino Taifa de Zaragoza,
    Murió probablemente en el año 1022 aunque otras fuentes citan el 1013.

    ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI appelé aussi Abu Yenis est né à Cordoue. On sait fort peu de sa vie, de son œuvre, avant les grands troubles de guerriers de la fin du Xº siècle, il s'était établi dans le Royaume de Taifa de Saragosse.
    Il est mort probablement en l'an 1022, certaines sources citent 1013..