Espaces, instants - Page 2

  • Un air de guitares / Una melodía con guitarras

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    L'air s'appelle Mediterranean Sundance, quoi de plus approprié?

    La melodía se llama Mediterranean Sundance, nada más apropiado.

    Pas besoin de vous présenter Paco de Lucía je crois, quant à Al Di Meola, que je ne connaissais pas, c'est un guitariste américain de Jazz fusion.

    No importa presentaros Paco de Lucía creo, en cuanto a Al Di Meola, que yo no conocía, es un guitarriste americano de Jazz fusion. 




    Bonne écoute, avec ou sans pas de danse...

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  • De fleurs et d'insectes / De flores e insectos

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    A travers les vitres bien fermées, je regarde l'agitation sur le buddleia, l'arbre à papillons. Puis sur le bougainvillier, alors là je sors. Tant pis s'il fait 37º à l'ombre, il faut voir et photographier cela de près.

     

     

     

     

    A través de los cristales bien cerrados, miro la agitación encime del buddleia, el árbol de las mariposas. Luego en la buganvilia, y entonce salgo. Ni importa si hace 37º a la sombra, hay que ver i fotografiar eso de cerca.



    Plus loin c'est la lavande où de curieux insectes qui s'affairent. Qui sont-ils? Peut-être des guêpes géantes...
    Il faut être insecte pour rester ainsi exposés au soleil....!
    Más allá es la lavanda donde curiosos insectos trajinan. ¿Quién son? Tal taz avispas gigantes.
    ¡Hay que ser insecto para quedar así expuesto al sol....!
     
     
     
     

     

    Revenue à l'ombre de la terrasse, des centaines d'abeilles butinent sur les fleurs de la vigne vierge, un bourdonnement presque assourdissant
    . Qui a dit que la nature est silencieuse?
     J'entends et lis que partout le nombre d'abeilles, de papillons, diminue, on sait pourquoi. Nous sommes certainement des privilégiés et il faut croire que les habitants des alentours sont très soucieux de leur environnement.
     
    De vuelta a la sombra de la terraza, centenas de abejas liban en las flores de la parra virgen, un zumbido muy fuerte.
    ¿Quién ha dicho d que la naturaleza es silenciosa?
    Oigo por todo que el número de abejas, de mariposas, disminuye, se sabe por qué. Somo sin duda unos privilegiados y hay que creer que los habitantes de los alrededores son muy cautelosos con su entorno.
     
    Bonne semaine, que pasen una buena semana.
     
  • Découvertes / Descubrimientos

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    Il vous est peut-être arrivé de vous rendre dans un musée et de vous dire que le bâtiment, les salles, sont plus intéressants et beaux que les œuvres exposées.
    C’est ce qui m’est arrivé en visitant le CCA d’Andratx. Il est vrai que je n’avais aucune idée des expositions en cours, que je suis peut-être mal tombée comme on dit.
     
    http://www.ccandratx.com/es/c1/inicio.html
     
     
     
     
    http://www.ccandratx.com/es/c1/inicio.html
     
    Voici ce qu’en dit le prospectus (cliquez, il y a photos qui défilent aussi): “ Le CCA Andratx a été crée en 2001 par Jacob et Patricia Asbaek. L’édifice de 4.000m2 en référence à l ‘architecture traditionnelle, s’intègre parfaitement dans l’impressionnant paysage de montagnes et est un des centres d’art contemporain les plus grands des Baléares et du reste de l’Europe." (Trad: Colette)
     
    Ce centre, qui accueille des artistes en résidence, semble destiné d’abord aux étrangers (ou fréquenté par eux); l’agréable jeune femme à l’accueil ne parlait que vaguement l’espagnol, mais les divers feuillets explicatifs étaient en plusieurs langues. 
     
    http://www.ccandratx.com/es/c1/inicio.html
     
    Si je n’ai pas été sensible aux œuvres présentée dans les énormes salles, dans une alcôve j’ai découvert un artiste danois, Bent Holstein, qui m’a inspirée. Une petite série de photos sur lesquelles il a peint, une légère inspiration japonaise ai-je pensé.
     

     

     

     

     

     
    Rentrée chez moi j’ai vu que cet artiste est connu, qu’il a une variété de styles, a beaucoup exposé, et...que son œuvre est très intéressante.

    Tal vez le ha ocurrido ir a un museo y pensar que el edificio, las salas, son más inteŕesantes y bellos que las obras expuestas..

    Es lo que me pasó al vistar el CCA de Andratx. Bien est cierto que no tenía ni idea de las exposiciones en curso y que tal vez caí mal.
     
     
    El prospecto  (donde podeís ver muchas fotos) dice esto: “El CCA Andratx fue fundado en 2001 por Jacob y Patricia Asbaek. El edificio de 4.000 m2 de estilo minimal, con referencias a la arquitectura tradicional, se integra perfectamente en el impresionante paisaje de montaña convirtiéndose en uno de los centros de arte contemporáneo más grandes de las Baleares y del resto de Europa.”
     
    Ese centro, que acoge artistas en residencia, parece destinado a los extranjeros ( o frecuentado por ellos); la agradable señorita en la entrada/taquilla apenas hablaba español, pero los distintos folletos eran en varios idiomas.
     
     http://www.ccandratx.com/es/c1/inicio.html
     
    Si no fui sensible a las obras presentadas en las salas enormes, en una recamara descubrí un artista danés, Bent Holstein, que me inspiró. Una pequeña serie de fotos sobre las cuales ha pintado. Una inspiración ligeramente japonesa pensé.
     

     

     
    De vuelta en casa vi que ese artista es conocido, que tiene una variedad de estilos, ha expuesto mucho y que es muy interesante.
  • Gris et très frais / Gris y muy fresco

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    12 juin, il fait 16º ce matin, et gris.
    Ceci m'a fait penser à republier un article d'il y a 9 ans et que j'aime bien.


    Ennuyeux le gris? ¿Aburrido el gris?



    Il n’est pas facile d’avouer son attirance pour le gris, il a mauvaise réputation : ennui, manque de caractère, mauvaise mine...Mais il me plaît depuis ma jeunesse; je me souviens que toujours je voulais que les pulls que me tricotait ma mère soient de cette couleur.
     
    No resulta fácil confesar su gusto por el gris, tiene mala fama: aburrimiento, falta de carácter, mala cara…Pero me agrada desde mi juventud; me acuerdo que siempre quería que los jerséis que mi madre tejía fueran de ese color. 
     
     
     
    Le gris, s’il n’est pas une couleur, est une « valeur d’intensité lumineuse dont la perception par l’œil humain se situe entre le blanc et le noir » (Wikipedia) qui possède une variété infinie de nuances. Voilà bien tout son intérêt !
     
    El gris, si bien no es un color, es un “valor de intensidad luminosa cuya percepción por el ojo humano se sitúa entre el blanco y el negro” (Wikipedia) que tiene una variedad infinita de facetas. ¡De ahí todo su interés!
     
    Tristes ou monotones la femme-fleur de Picasso ou ce ciel gris?
     
     
    Mirad la mujer-flor de Picasso, esta foto de un cielo gris. ¿Son acaso tristes? ¿Monótonos?
     
     
    On remarque souvent en peinture que le gris sert de fond, il donne du relief aux autres couleurs. La couleur que Cézanne choisit pour les murs de son atelier est un gris qu'il a conçu à base de noir, de blanc, d'ocres et de bleus. Il disait : « On n'est pas un peintre tant qu'on n'a pas fait un gris ». Et ce gris, il l'avait observé en plein air, lorsqu'il allait peindre ses paysages. Il avait constaté que pour qu'une séance de peinture soit bonne, il fallait que le ciel soit gris clair. 
     


    Con frecuencia vemos en pintura que el gris sirve de trasfondo, pone de relieve los otros colores. El color que Cézanne escoge para las paredes de su taller es un gris elaborado a partir del negro, el blanco, ocre y azul. Cézanne decía:”No se es pintor mientras no se ha hecho un gris”. Y este gris, lo había observado al aire libre, pintando paisajes. Había constatado que hacía falta que el cielo sea gris claro para que una sesión de pintura fuera buena.
     
    Enfin, en navigant entre le noir et le blanc, le gris permet à la pensée d’éviter le manichéisme et laisse place au doute, à la subtilité. Comme dit Michel Pastoureau dans « Le petit livre des couleurs » (un beau cadeau à faire), « Pour nous, il (le gris, sa couleur préférée) évoque la tristesse, la mélancolie, l'ennui, la vieillesse; mais, à une époque où la vieillesse n'était pas si dévalorisée, il renvoyait au contraire à la sagesse, à la plénitude, à la connaissance. Il en a gardé l'idée d'intelligence (la matière grise) ».
     
    Para terminar, navegando entre el negro y el blanco, el gris permite al pensamiento evitar el maniqueísmo y deja espacio para la duda, la sutilidad. Como dice Michel Pastoureau en “El pequeño libro de los colores” (un bonito regalo para ofrecer), “Para nosotros, el gris (su color preferido) evoca la tristeza, la melancolía, el aburrimiento, la vejez; pero, en una época en que la vejez no estaba tan desvalorizada, significaba sabiduría, plenitud, conocimiento. Ese color ha guardado la idea de inteligencia (la materia gris)”.
     
    Oh, ce billet est un peu décousu... comme les nuages aux nuances gris-tourterelle-fumée qui se poursuivent derrière ma vitre.
    Oh, esta nota es un poco descosida….como las nubes de matices gris-tórtola y humo que se persiguen tras mi cristal.
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  • Questions / Preguntas

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    En prose et sans ponctuation ce poème de Juan Gelman.
     
    Un peu de travail mental vous sera nécessaire..
     
     
     
    Poema en prosa y sin puntuación de Juan Gelman.
     
    Hay que pensar leyendo...
     


    Puisque tu navigues dans mon sang et connais mes limites et m’éveilles au milieu du jour pour me coucher dans ton souvenir et que tu es furie de ma patience pour moi dis-moi ce que diable je fais pourquoi j'ai besoin de toi qui es muette seule me parcourant raison de ma passion pourquoi je désire te remplir de moi seul et t'envelopper et t’épuiser me mêler à tes petits os et tu es l’unique patrie contre les bêtes l'oubli.”


    (Trad:Colette)

     

     
     
    Ya que navegas por mi sangre y conoces mis límites y me despiertas en la mitad del día para acostarme en tu recuerdo y eres furia de mí paciencia para mí dime qué diablos hago por qué te necesito quién eres muda sola re recorriéndome razón de mi pasión por qué quiero llenarte solamente de mí y abarcarte acabarte mezclarme a tus huesitos y eres única patria contra las bestias el olvido”.
  • Au-delà de l'ultime horizon / Más allá del último horizonte

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    Le poème d’aujourd’hui est un peu le prolongement du billet de

    la semaine dernière.

     

    Il est de Vicente Huidobro, poète Chilien qui a eu tant d’influence

    sur les surréalistes,.

     

    El poema de hoy es de alguna forma la prolongación de la entrada

    de la semana pasada.

     

    Es de Vicente Huidobro, poeta chileno que tanta influencia tuvo

    sobre los surrealistas.

     

     

    «... La poésie n’est autre chose que l’ultime horizon qui est, à son tour, l’arête où les extrêmes se touchent, où il n’y a ni contradiction ni doute. Le poète vous tend la main pour conduire au-delà de l’ultime horizon, plus haut que la pointe de la pyramide, en ce champ qui s’étend au-delà du vrai et du faux, au-delà de la vie et de la mort, au-delà de l’espace et du temps, au-delà de la raison et de l’imaginaire, au-delà de l’esprit et de la matière. » Vicente Huidobro, Madrid 1921


    "... la poesía no es otra cosa que el último horizonte, que es, a su vez, la arista en donde los extremos se tocan, en donde no hay contradicción ni duda.El poeta os tiende la mano para conduciros más allá del último horizonte, más arriba de la punta de la pirámide, en ese campo que se extiende más allá de lo verdadero y lo falso, más allá de la vida y de la muerte, más allá del espacio y del tiempo, más allá de la razón y la fantasía, más allá del espíritu y la materia." Vicente Huidobro, Madrid, 1921
     
    Aujourd’hui un poème qui vous emmène loin et tout près, dont certains vers pourraient être un roman, où n’existe aucune limite. Mieux vaut se laisser porter, se laisser faire avec plaisir.

    Rob Gonsalves
    https://culturainquieta.com/es/arte/pintura/item/14984-la-pintura-surrealista-de-rob-gonsalves-nos-hace-creer-en-lo-imposible.html
     
     
    IMPOSSIBLE

    de Vicente Huidobro

    Impossible de savoir quand ce coin de mon âme s’est endormi
    et quand il fera à nouveau partie de mes fêtes intimes
     
    Ou si ce morceau est parti pour toujours
    Ou bien s’il fut volé et se trouve entier dans un autre
     
    Impossible de savoir si l’arbre primitif sent encore en son être le vent millénaire
    Si tu te souviens du chant de la mère quaternaire
    Et des cris de ton rapt
    Et de la voix sanglotante de l’océan qui venait d’ouvrir les yeux
     
    Et qui agitait les mains et pleurait dans son berceau
     
    Pour vivre nous n’avons pas besoin de tant d’horizons
    Les têtes de coquelicot que nous avons mangées souffrent pour nous
    Mon amandier parle pour une partie de moi-même
    Je suis près et je suis loin
     
    En mon temps bref, j’ai des centaines d’époques
    En mon être profond, j’ai mille lieues
    Cataclysmes de la terre accidents de planètes
    Et quelques étoiles de deuil
    Tu te souviens de quand tu étais un son entre les arbres
    Et de quand tu étais un petit rayon vertigineux?
     
    Maintenant nous avons la mémoire trop chargée
    Les fleurs de nos oreilles pâlissent
    Je vois parfois des reflets de plumes sur ma poitrine
    Ne me regarde pas avec tant de fantasmes
     
    Je veux dormir je veux entendre à nouveau les voix perdues
    Comme les comètes qui sont passées à un autre système
     
    Où étions-nous? Dans quelle lumière et dans quel silence?
    Oû serons-nous?
    Tant de choses tant de choses tant de choses
     
    Je souffle pour éteindre tes yeux
    Tu te souviens de quand tu étais un soupir entre deux branches?
    (Trad:Colette)
     
     
    Van Gogh, Oliviers
     

    Imposible

    de Vicente Huidobro


    Imposible saber cuándo ese rincón de mi alma se ha dormido
    y cuándo volverá otra vez a tomar parte en mis fiestas íntimas

    O si ese trozo se fue para siempre
    O bien si fue robado y se encuentra íntegro en otro

    Imposible sabe si el árbol primitivo adentro de su ser siente todavía el viento milenario
    Si tú recuerdas el canto de la madre cuaternaria
    Y los grandes gritos de tu rapto
    Y la voz sollozante del océano que acababa de abrir los ojos

    Y agitaba las manos y lloraba en su cuna

    Para vivir no necesitamos tantos horizontes
    Las cabezas de amapola que hemos comido sufren por nosotros
    Mi almendro habla por una parte de mí mismo
    Yo estoy cerca y estoy lejos

    Tengo centenares de épocas en mi breve tiempo
    Tengo miles de leguas en mi ser profundo
    Cataclismos de la tierra accidentes de planetas
    Y algunas estrellas de luto
    ¿Recuerdas cuando eras un sonido entre los árboles
    Y cuando eras un pequeño rayo vertiginoso?

    Ahora tenemos la memoria demasiado cargada
    Las flores de nuestras orejas palidecen
    A veces veo reflejos de plumas en mi pecho
    No me mires con tantas fantasmas
    Quiero dormir quiero oír otra vez las voces perdidas
    Como los cometas que han pasado a otros sistemas

    ¿En dónde estábamos? ¿En qué luz en qué silencio?
    ¿En dónde estaremos?
    tantas cosas tantas cosas tantas cosas

    Yo soplo para apagar tus ojos
    ¿Recuerdas cuando eras un suspiro entre dos ramas?
  • Dichotomies / Dicotomías

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    INSTANTS / Instantes

    Colonne du journal El País du 28 mai /mayo 2019 par Juan José Millás

    "Je lis à mon petit-fils un livre d’enfants intitulé Les contraires. À mesure que j’avance je me rends compte que je suis en train d’introduire dans sa tête la pensée binaire qui nous a tant fait souffrir au cours de l’Histoire. Disons que je lui fends le cœur sans qu’il s'en rende compte. Moi-même je n’y prends pas garde jusqu'à la page quatorze ou quinze. Nous voilà tous les deux, enfin, chacun dans son rôle, dociles et obéissants comme les moutons qui paissent derrière la clôture. Près/loin. Dedans/dehors. En haut/en bas. Devant/derrière. Grand/petit. Long/court. Large/étroit. Mouillé/sec, Chaud/froid. Dur/mou. Lent/rapide.

     

    Les illustrations ne laissent aucun doute sur l’existence des contraires mais il reste impossible de vérifier où termine le petit et où commence le grand, par exemple, car les limites ne sont pas dessinées.

    La frontière est un lieu confus pour la pensée des enfants, même pour l’adulte. De là les barbelés .De là, Trump. De là le sentiment national. De là, l’autre, ce qui est autre.

    Quand nous fermons le conte, le gamin saute de mes genoux, le corset de la culture un peu plus serré dans son esprit qu’avant d’y monter. Plus ajusté. Sa capacité de déduction le conduira avec le temps à la création de nouvelles dichotomies culturelles. Jeune/vieux, Homme/femme. National/étranger. Blanc/noir. Riche/pauvre. Savant/ignorant.

     

    Il aura l’aide, dans la construction de cette pensée dissociée, des livres d’école, des journaux, de la télé, de la radio, des magasines. Le monde, dans sa tête, se conformera à un jeu d’oppositions, et pas comme une possibilité de rencontres. Bien que peut-être, un jour, en parcourant les écrits de son grand-père (mort/vivant), il trouve cet article et s’y arrête pour méditer quelques instants."

    (Traduction Colette)

    abuelo-contando-cuento.png

    https://adriboschmagazine.wordpress.com/2015/07/17/el-mejor-regalo-de-los-abuelos/

     

    "Leo a mi nieto un libro infantil titulado Los contrarios. A medida que avanzo, me doy cuenta de que estoy introduciendo en su cabeza el pensamiento binario que tanto nos ha hecho sufrir a lo largo de la Historia. Digamos que le parto el corazón sin que él se dé cuenta. Yo mismo no reparo en ello hasta la página catorce o quince. Ahí estamos los dos, en fin, cada uno en su papel, dóciles y obedientes como ovejas que pastan tras la valla. Cerca / lejos. Dentro / fuera. Arriba / abajo. Delante / detrás. Grande / pequeño. Largo / corto. Ancho / estrecho. Seco / mojado. Caliente / frío. Duro / blando. Lento / rápido.

    Las ilustraciones no dejan lugar a dudas sobre la existencia de los contrarios, pero resulta imposible averiguar dónde termina lo pequeño y comienza lo grande, por ejemplo, pues no están dibujados sus límites. La frontera es un lugar confuso para el pensamiento infantil, incluso para el adulto. De ahí las concertinas. De ahí Trump. De ahí el sentimiento nacional. De ahí el otro, lo otro. Cuando cerramos el cuento, el crío salta de mis rodillas con el corsé de la cultura un poco más ceñido en su mente de lo que lo estaba cuando se subió. Más apretado. Su capacidad de deducción le conducirá con el tiempo a la creación de nuevas dicotomías culturales. Joven / viejo. Hombre / mujer. Nacional / extranjero. Blanco / negro. Rico / pobre. Sabio / ignorante.

    Le ayudarán en la construcción de este pensamiento disociado los libros de texto, los periódicos, la tele, la radio, las revistas. El mundo, en su cabeza, se conformará como un juego de oposiciones, no como una posibilidad de encuentros. Aunque tal vez un día, de mayor, revisando los textos de su abuelo muerto (muerto / vivo), dé con esta columna y se detenga a meditar unos instantes."

  • Routine / Rutina

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    Elvira Sastre, jeune poète, écrivain, traductrice et philologue espagnole, née à 
    Ségovie en 1992, est déjà très connue et a publié plusieurs recueils de poèmes. 
    J'ai été très surprise et  frappée par la maturité dont elle fait preuve dans le 
    poème qui suit.

    Elvira Sastre, joven poeta, escritora, traductora  y filóloga española, nacida en
     Segovia en 1992, es ya muy conocida y ha publicado varios poemarios.
    Me ha sorprendido la madurez que enseña en el poema que sigue.

    L'habitude de nous habiter
     
    Je me demande si c'est ça:
    les mots qui s'ajustent aux notes,
    le calme de l'équilibre minuscule
    et le minime soubresaut qui sort du dedans,
    le
    bien d'autrui
    qui
    déjà
    est
    nôtre.
     
    Je me demande si c'est ça
    le souvenir au présent,
    la main experte tendue sans à peine effleurer,
    un silence confortable habitant entre les regards,
    la routine
    qui
    déjà
    est
    constante.
     
    Chaque nuit
    j'embrasse la réponse
     

    (Trad:Colette)

    Equilibrio Jorge Morrone

    Equilibrio, Jorge Morrone

     

    ELVIRA SASTRE
     

    EL HÁBITO DE HABITARNOS


    Me pregunto si es esto:
    las palabras encajando en las notas,
    la calma del equilibrio minúsculo
    y el mínimo sobresalto que sale de dentro,
    lo
    ajeno
    que
    ya
    es
    propio.

    Me pregunto si es esto:
    el recuerdo en presente,
    la mano experta tendida sin rozar apenas,
    un silencio cómodo habitando entre miradas,
    la
    rutina
    que
    ya
    es
    perenne.

    Cada noche
    abrazo la respuesta.

     

     

  • Nos petits rêves / Nuestros pequeños sueños

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    Poète et narrateur Irakien né en 1944, Sargon Bulous (ou Bulus)s’installa en 1967 à Beyrouth où il travailla comme journaliste et traducteur. Postérieurement il émigra aux États-Unis. Ses recueils de poèmes sont peu connus et traduits à ma connaissance.
     
    Poeta y narrador iraquí nacido en 1944, Sargón Bulus se trasladó en 1967 a Beirut, donde trabajó como periodista y traductor. Posteriormente emigró a Estados Unidos y desde 1980 vive en San Francisco. Sus libros de poemas no están, que yo sepa, traducidos al español.
     
    Le poème qui suit a été traduit en espagnol par Milagros Nuin et en français par moi.
     
     
    La femme qui volait avec le vent Sargón Bulus (o Boulus).
     
     

    Si tu voyais cette femme qui vole avec le vent
    qui porte dans les yeux
    les signes d’un orage à venir
    et les cheveux coiffés en tourbillons,
    n’hésite pas, préviens-moi,
    peut-être n’est-elle qu’un de mes désirs,
    peut-être est-elle celle que j’ai cherché par monts et par vaux…



    Je la trouverai peut-être dans une ruelle déserte,
    un enfant dans les bras, ou penchée à une fenêtre,
    ou encore la reconnaîtrai-je par un sifflotement, un fragment de chanson
    qui dirait de belles choses sur l’éloignement
    et la distance.



    Si seulement tu la voyais sur les ailes d’un papillon
    volant, collée au goudron du pavement
    les yeux troublés par les absurdes ornements de l’histoire
    et la poitrine chargée de cris de tristesse de tout un peuple
    et ses fruits solitaires,
    comme des pierres dans un panier…



    Amène-la au marché des boutiques fermées
    là où le vent souffle entre les planches,
    aux alentours du village où nous sommes nés
    et avons rêvé nos rêves,
    nos petits rêves...

    et que nous avons abandonné.

     
     (Trad:Colette)
     
    Mural-Beirut.
    Cortesía: Al Arabiya
     
     
     

    “La mujer que vuela con el viento”, de Sargón Bulus

     
     
    Si vieras a esa mujer que vuela con el viento
    llevando en sus ojos
    los signos de una tormenta venidera
    y con el pelo envuelto en torbellinos,
    no dudes, avísame,
    quizás ella sólo sea un anhelo mío,
    quizás sea ella a quien he buscado por aldeas y pueblos…
     
    Tal vez la encuentre en un callejón desierto,
    con un niño entre los brazos, o asomada a una ventana,
    o quizás la reconozca en un silbido, en un fragmento de canción
    que hable de cosas hermosas sobre el alejamiento
    y la distancia.
     
    Si sólo la vieras en las alas de una mariposa
    volando pegada al alquitrán del pavimento
    con los ojos enturbiados por los absurdos adornos de la historia
    y el pecho cargado con gritos de tristeza de todo un pueblo
    y sus frutos solitarios,
    como piedras en un cesto…
     
    Tráela al mercado de las tiendas cerradas
    donde el viento sopla entre las maderas,
    a las afueras del pueblo en que nacimos
    y soñamos nuestros sueños,
    nuestros pequeños sueños…
    y lo abandonamos.
     
     
     
    Publicado por primera vez en el periódico Al—Hayat Publicado en el periódico el 8 de octubre de 2003)
     
    Trad al español, Milagros Nuin
     
     
  • Paellas, couleur safran / Paellas color azafrán

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    Trop sèches, ou insipides, ou pâteuses. Chiches en riz. Très onéreuses, voilà des défauts communs des paellas. Ah, ça, c’est tout un art et aucune ne se ressemble !

    Demasiado secas, o insípidas, o pastosas. Escasas en arroz. Muy onerosas, ahí son los defectos comunes de las paellas. ¡Ha, es todo un arte y ninguna se parece!

     

    Un peu d’histoire...La paella, mot d’origine latine « patella » puis du vieux français « paele » désignait la poêle plate avec, non un manche mais deux anses que vous connaissez sans doute. De la poêle au plat, voilà la paella moderne (notez que les 2 LL se prononcent Y et non L, comme dans paya).

    paella-valenciana-la-autentica-r.jpg

    Son origine se trouve à Valencia aux XVº et XVIª siècles dans les zones maraîchères et humides (Albufera) où l’on cultive riz et légumes. Un plat complet auquel on ajoutait des morceaux de lapin, canard, des oiseaux, des escargots, enfin ce qu’on avait sous la main en plus des légumes de saison. Et du safran. La paella aux crustacés, dont on ignore si elle est contemporaine de la première, est née…au bord de la Méditerranée, bien sûr.

    On cuisait lentement le tout sur un feu de branches d’oranger. Je pourrais vous raconter tant d’autres choses, mais il vous suffira de taper « histoire de la paella »…Mr Google vous dira tout.

    Un poco de historia…La paella, palabra de origen latina “patela” luego del francés antiguo “paele” designaba la sartén plana sin mango pero con dos asas que sin duda conocen. De la sartén al plato…

    Su origen se encuentra en Valencia en los siglos XV y XVI en las zonas hortenses y húmedas (Albufera) donde se cultiva arroz y verduras. Un plato completo al cual se añadía trozos de conejo, pato, pájaros, caracoles, en fin, lo que se tenía a mano junto con las verduras de temporada. Y azafrán.Se ignora si la paella de mariscos data de la misma época pero nació…al borde del Mediterráneo. ¡Sí!

    Se cocía lentamente el arroz en un fuego con leña de naranjos. Les podría contar tantas otras cosas sobre este plato, pero les bastará teclear “historia de la paella” y el señor Google les dirá todo.

    paella cerámica.jpg

     

    Traditionnellement ce sont les hommes qui la préparent, enfin qui la cuisent car les petites mains qui coupent tous les ingrédients à l’avance…c’est comme pour les barbecues, vous voyez ? Mais quand on est nombreux, les dimanches en famille, un repas avec des amis, c’est un repas complet et facile, qui plaît à tous et qui s’adapte à la bourse de chacun : tout dépend des ingrédients qu’on y met.

    Mon amie italienne m’a raconté qu’invitée à un dîner chez des voisins allemands, elle a eu du mal à avaler une paella avec du poulpe et des saucisses…à chacun se recette  mais les puristes Valenciens s’en émeuvent souvent.

     

    Son los hombres los que tradicionalmente la preparan, bueno que la cuecen ya que, al igual que con las barbacoas, son “las pequeñas manos” las que cortan antes todos los ingredientes… ¿ven lo que quiero decir? Pero cuando hay muchos comensales, los domingos en familia, una comida entre amigos, es un plato completo y fácil, que agrada a todos y se adapta al bolsillo de cada cual: todo depende de los ingredientes elegidos.

    Mi amiga italiana me contó que, invitada a una cena en casa de unos vecinos alemanes, le costó tragar una paella con pulpo y salchichas… a cada cual su receta pero los Valencianos a menudo se escandalizan...

     

    paella leña.jpg

    Suite à cela, je me suis demandé si vous aussi vous aviez mangé des paellas spéciales, si on en trouvait surgelées ou fraîches en Norvège, au Canada, en Suisse ou ailleurs. Peut-être même en préparez-vous ? Racontez-moi por favor.

    Después de eso me pregunté si ustedes también habían comido paellas especiales, si encontraban ese plato congelado o fresco en Noruega, Canadá, Suiza u otras partes. ¿Tal vez lo preparan ustedes mismos? Cuéntenme por favor.

     

     

     

  • Le tour du monde / La vuelta al mundo

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    Aujourd’hui simplement un poème de Pierre Reverdy, un poète un peu oublié hélas.

     

    HEURE


    Un œil se ferme à l’horizon
                         L’autre se lève
    Combien de temps faut-il pour parcourir la nuit
    Le bruit et la lumière
    Étoiles et grelots
                Quelqu’un sur la montagne a jeté son manteau
                         Et derrière
                                           L’eau
                Le soleil éteint qui tombe
    Et le chant plus gai d’un oiseau
                Le tour du monde
                                  Tout se dresse autour du rideau
                           Les voix qui montent vont plus haut
                           ou les marches plus basses
                                  Celui qui redescend
                                  Marche la tête basse
    L’ombre s’allonge
                                  Le ciel s’éclaire
    On écoute les bruits tomber tout près du mur
                                         Contre la terre
     

     

     
     
    Hora
     
    Un ojo se cierra en el horizonte
                  El otro se levanta
    Cuánto tiempo hace falta para recorrer la noche
    El ruido y la luz
    Estrellas y cascabeles
             Alguien en la montaña ha tirado su abrigo
                         Y detrás
                                El agua
             El sol apagado que cae
    Y el canto más alegre de un pájaro
              La vuelta al mundo
                             Todo se alza alrededor de la cortina
                     Las voces que suben van más alto
                     o los escalones más bajos
                           El que vuelve a bajar
                           Anda cabizbajo
    Se alarga la sombra
                           Se ilumina el cielo
    Se escuchan los ruidos caer muy cerca del muro
                            Contra la tierra
    (Trad:Colo)

     

     

  • Rires et larmes / Risas y lágrimas

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    C’est en 1988 que Miquel Barceló réalise avec des amis un premier voyage au Mali. Fasciné par cet univers si nouveau il y achète une maison, y retourne souvent:"pour retrouver ce rapport à la vie qui me manque ici, même si j’y séjourne moins longtemps qu’avant. Je n’ai jamais ri nulle part dans le monde comme là-bas. En Occident, on paie pour rire au cinéma."


    Miquel Barceló realiza con unos amigos su primer viaje a Mali en 1988.
    Fascinado por ese universo tan nuevo, compra una casa y vuelve a menudo ”para reencontrar esa relación con la vida que me falta aquí, incluso si mis estancias son menos largas que antaño. Nunca me he reído en ninguna parte del mundo como allí. En Occidente, se paga para reír en el cine.”(Trad Colette)

     

     

    Au Mali il réalise quantité de dessins et d’aquarelles pleins de vie, il y découvre le sable, ses couleurs et nuances.
    Malheureusement le pays est devenu trop dangereux à cause des attaques djihadistes, et depuis 2012 il ne peut plus y rejoindre son atelier.
    En Malí realiza cantidad de dibujos y acuarelas llenos de vida, de colores, matices de la arena.
    Por desgracia el país se ha vuelto demasiado peligroso por los ataques yihadistas y desde el año 2012 no puede volver a su taller africano.

     

     

     

    -Qu’est ce qui te manque le plus du Mali?
    -Je crois que ce qui me manque le plus parmi tout c’est le rire, Avec mes amis chaque jour nous avions mal aux tripes de rire parce que chez moi venaient quelques 50 personnes boire du thé ou de la bière et raconter des histoires hommes et femmes.
     
    -Et comment étaient les histoires?
    -Des histoires à eux. Ils te racontent la même histoire qu’ils t’ont racontée cinquante fois, mais améliorée, il s’agit d’aller en améliorant. Ça je l’ai appris de Paul Bowles à Tanger, parce qu’il retranscrivait les histoires du marché, des conteurs d’histoires analphabètes. (Trad: Colette)


    -¿Qué es lo que más echas de menos de Malí?
    -Creo que lo que más echo de menos es la risa, entre todo. Con mis amigos cada día nos podía doler la tripa de reír porque a mi casa venían como cincuenta personas a beber té o cerveza y a contar historias, hombres y mujeres.
    -¿Y cómo eran esas historias?
    -Historias suyas. Te vuelven a contar la misma historia que te han contado cincuenta veces, pero mejorada, se trata de ir mejorando. Yo esto lo aprendí de Paul Bowles en Tánger, porque él transcribía las historias del mercado, de los contadores de historias analfabetos.  

     

     

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    Depuis, et c’est en partie le thème de sa dernière exposition (2018), la Méditerranée et les migrants sont pour lui un thème de préoccupation. Une mer menaçante, des barques vides...
     
    Il est évident que c'est quelque chose qui me concerne beaucoup : un grand nombre des personnes qui meurent noyées en Méditerranée - et je suis de la Méditerranée - sont originaires du Mali, un pays où j'ai vécu de nombreuses années" (...) "J'ai toujours la sensation que ce sont des gens que je connais personnellement."
     
     
    (Selon l’ONU l'an dernier, au moins 2.262 migrants sont "morts ou portés disparus" en tentant de traverser la Méditerranée)
    Desde entonces, y es en parte el tema de su última exposición, el Mediterráneo y los inmigrantes son para él un tema de preocupación. Un mar amenazador, unas barcas vacías...
     
     
     
    es evidente que es algo que me concierne mucho: un gran número de las personas que mueren ahogadas en el Mediterráneo son de Mali, un país donde viví muchos años. (…) Siempre tengo la sensación que son personas que conozco personalmente”
     
    Trad. Colette
     
  • Fascination

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    Miquel Barceló, une œuvre riche et variée Nous en avions déjà parlé ici.

    Examinons aujourd’hui un thème animalier de sa peinture.

     

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  • Illuminer la nuit / Iluminar la noche

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    Poursuivons une semaine encore avec GiocondaBelli et le thème de l’enfance, de l’éphémère.
    Sigamos otra semana con Gioconda Belli y el tema de la infancia, de lo efímero.
     
     
    Le Tombeau des Lucioles -Isao Takahata-1988

     
    Lucioles


    A cinq heures du soir,
    Quand la lumière perd de son brillant
    Et le jardin se submerge dans la dernière ardeur du jour,
    J’entends le bruyant groupe d’enfants
    Qui sortent chasser des lucioles.

     

    Ils courent dans la prairie,
    Se dispersent entre les arbustes,
    Crient leur excitation, palpent leur éblouissement.
    Se forme un cercle autour de la petite
    Qui montre le creux de ses mains illuminé
    Scintillant.
     
    Ancien métier humain
    Celui de vouloir éteindre la lumière.
     
    Te souviens-tu de la dernière fois que nous avons cru pouvoir illuminer
    la nuit?

     

    Le temps nous a vidés d’éclat.
    Mais l’obscurité
    Est toujours peuplée de lucioles.
     
    (Trad: Colette)

    Luciérnagas

     

    A las cinco de la tarde
    Cuando el resplandor se queda sin brillo
    Y el jardín se sumerge en el último hervor dorado del día
    Oigo el grupo bullicioso de niños
    Que salen a cazar luciérnagas.

    Corriendo sobre el pasto
    Se dispersan entre los arbustos,
    Gritan su excitación, palpan su deslumbre
    Se arma un círculo alrededor de la pequeña
    Que muestra la encendida cuenca de sus manos
    Titilando.

    Antiguo oficio humano
    Este de querer apagar la luz.

    ¿Te acordás de la última vez que creímos poder iluminar
    la noche?

    El tiempo nos ha vaciado de fulgor.
    Pero la oscuridad
    Sigue poblada de luciérnagas.
  • C'eût été si beau / Hubiera sido tan hermoso

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    Gioconda Belli née le 9 décembre 1948 à Managua, est une poète et romancière nicaraguayenne dont nous avons déjà parlé ici.
    Elle est peut-être connue en France pour sa sensualité ou sexualité libérée , son engagement révolutionnaire, mais pas beaucoup plus. Elle a cependant écrit de beaux romans et de nombreux poèmes sur la maternité, la vieillesse, la nature...

     

     

    https://www.philippegronon.com/fr/84-philippe-gronon/oeuvres-works/127-chateaux-de-sable-sand-castles

     

     

    Châteaux de Sable


      Gioconda Belli

    Pourquoi ne m'as tu pas dit que tu bâtissais
    ce château de sable ?

    C'eût été si beau
    pouvoir entrer par s
    a petite porte,
    parcourir ses couloirs salés,
    t'attendre aux parterres de coquillages,
    en te parlant depuis le balcon
    la bouche pleine d'écume blanche et transparente
    comme mes mots,
    ces mots frivoles que je te dis,
    qui n'ont que le poids
    de l'air entre mes dents.

    Il est si beau de contempler la mer.

    Elle aurait été si belle la mer
    depuis notre château de sable,
    pourléchant le temps
    avec la tendresse
    dense et profonde de l'eau,
    divaguant sur les histoires qu'
    on nous contait
    quand, enfants, nous étions un seul pore
    ouvert à la nature.

    Maintenant, à marée haute, l’eau a emporté
    ton château de sable.

    Elle a emporté les tours,
    les fossés,
    la petite porte par où nous
    serions passés
    à marée basse,
    quand la réalité est loin
    et qu'il y a des châteaux de sable

    sur la plage... 

     
     (Trad: Colette inspirée par celle de E. Dupas)
     
     
     Castillos de arena
    Gioconda Belli.
     
    ¿Por qué no me dijiste que estabas construyendo
    ese castillo de arena?
     
    Hubiera sido tan hermoso
    poder entrar por su pequeña puerta,
    recorrer sus salados corredores,
    esperarte en los cuadros de conchas,
    hablándote desde el balcón
    con la boca llena de espuma blanca y transparente
    como mis palabras,
    esas palabras livianas que te digo,
    que no tienen más que el peso
    del aire entre mis dientes.
     
    Es tan hermoso contemplar el mar.
     
    Hubiera sido tan hermoso el mar
    desde nuestro castillo de arena,
    relamiendo el tiempo
    con la ternura
    honda y profunda del agua,
    divagando sobre las historias que nos contaban
    cuando, niños, éramos un sólo poro
    abierto a la naturaleza.
     
    Ahora el agua se ha llevado tu castillo de arena
    en la marea alta.
     
    Se ha llevado las torres,
    los fosos,
    la puertecita por donde hubiéramos pasado
    en la marea baja,
    cuando la realidad está lejos
    y hay castillo de arena
    sobre la playa. . .