07/07/2018

Assis ou couchés? / ¿Sentados o tumbados?

L'amour est une ortie qu'il faut moissonner chaque instant si l'on veut faire la sieste étendu à son ombre.”

El amor es una ortiga que uno debe segar a cada instante si se quiere dormir tendido en su sombra.”

Pablo Picasso
 
Picasso La siesta 1919
 
 
 
La sieste, ce moment délicieux pendant les après-midi d’été...
 
Énormément de peintres de tous pays ont croqué ces endormissements:
 
En voici quelques uns, espagnols. Tous s'intitulent La siesta ou Siesta.
 
 
La siesta, ese momento delicioso durante las tardes de verano…
 
Muchísimos pintores de todos los países han pintado esas somnolencias, he aquí algunos.
 
Españoles. Todos se titulan La siesta o Siesta
 
 
Siestes couchés, siestas tumbados
 
Goya
 
Joaquin Sorolla 1912          
 
Siestes assis, siestas sentados
 
La Migdia, Ramón Martí Alsina 1884

 

 

 

Julio Romero de Torres 1874-1930        


Siestes confortables? ¿Siestas confortables?

Miguel Prieto Anguita 1947

 

Román Ribera Cirera (1849-1935)                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                




 


 Et puis cette siesta-ci  qui me plaît tant, d'un Colombien, si reconnaissable. Finalmente esta siesta que tanto me gusta del Colombiano tan reconocible.

Fernando Botero (1932-   )
 

24/06/2018

Si j'étais.../ Si fuera...

Latitude

Juan Ramón Jiménez



Si j'étais comme un lieu de la mer ou du ciel;
le même et un autre toujours, avec les vagues,
le même et un autre toujours, avec les nuages;
ferme et errant,
hésitant et sûr de lui,
attendant et solitaire,
rencontré et inconnu,
aimé et oublié, et libre et prisonnier,
- un autre et le même toujours, avec mes nuages,
avec mes vagues -!

 

 
 
Sud de l'île de Mallorca

Latitud J.R. Jimenéz
 
¡Si fuera yo como un lugar del mar o el cielo;
el mismo y otro siempre son las olas,
el mismo y otro siempre con las nubes;
firme y errante,
dudoso y cierto,
aguardador y solitario,
encontrado y desconocido,
amado y olvidado, y libre y preso,
-otro y el mismo siempre, con mis nubes,
 
con mis olas-!
 
 

02/06/2018

Une belle vie, adios Señora


María Dolores Pradera, 93 ans vient de disparaître. Une toute grande dame de la chanson et de la scène de théâtre espagnoles. Une dame à l'esprit fin et rempli d'humour et à la voix grave, qui laisse un énorme répertoire de chanson espagnole et de musiques sud-américaines. Des sujets d'hier et de toujours, des fados, coplas, rancheras, balades et boléros.
Quelle chanson choisir? Je les aime toutes.

 




Acaba de desaparecer, a sus 93 años, maría Dolores Pradera, la gran dama de la canción española y del teatro. Une dame fina, inteligente, llena de humor. Su voz grave nos deja un repertorio enorme, temas de ayer y de siempre, fados, coplas, rancheras, baladas y boleros.
¿Qué canción elegir? Me gustan todas.

19/05/2018

Passion / Pasión

 

Fable de Samaniego (1745-1801)
Les fourmis
 
 
Ce qu'aujourd'hui sont les fourmis,
Étaient les hommes d'antan:
De leurs biens propres et de ceux d'autrui
Ils faisaient leur provision.
Jupiter, qui depuis des siècles
Observait cette passion,
N'en pouvant plus,
En fourmis les transforma:
Ils changèrent de forme;
Et d'habitudes? Jamais.
(Trad: Colette)
 

 

Photo Kwarkito "Eurogroupe fourmis"  
 
Las hormigas 
Fábulas, Samaniego 
 Lo que hoy las hormigas son,
 Eran los hombres antaño:
 De lo propio y de lo extraño
 Hacían su provisión.
 Júpiter, que tal pasión
 Notó de siglos atrás,
 No pudiendo aguantar más,
 En hormigas los trasforma:
 Ellos mudaron de forma;
 ¿Y de costumbres? Jamás.

 

12/05/2018

Al-Andalus, l'amour des fleurs / El amor por la flores

J'ai lu que l'amour pour les fleurs dans la poésie (et dans l'art) de Al-Andalus se devait à ce que les berbères et les musulmans venaient de terres arides, désertiques. Une telle explosion de couleurs et d’odeurs les enchantèrent. Cela me semble une explication fort plausible.
Voici le poème le plus connu sur le sujet.



Leí que el amor por la flores en la poesía (y en el arte) de Al-Andalus se debía a que los musulmanes y bereberes procedían de tierras áridas, desérticas. Tal explosión de colores y olores les encantó. Eso me parece una explicación muy plausible.
Aquí va el poema más conocido sobre el tema.

 

 

JARDIN- JARDÍN

Yusuf ibn Harun ar-Ramadi

 
Le myrte, le lys, le jasmin vigoureux et la giroflée ont grand mérite et s’emparent des jardins.

Mais bien plus grand est le mérite de la rose.

Le myrte est-il autre chose que l’arôme qui s’éteint une fois jeté au feu? 
La rose, même fanée, laisse dans l’eau un parfum qui dure après elle.
 Le mal du lys est très commun: après un instant il descend dans la tombe.
 Le jasmin est humble d’origine, mais son odeur est solennelle et orgueilleuse.
Le caractère de la giroflée est perturbé, tout comme un voleur, elle s’éveille après les prières du soir.
La rose est la dame des jardins, bien qu’elle soit la servante du rose des joues.
(Trad.Colette)

El mirto, la azucena, el jazmín lozano y el alhelí tienen gran mérito y con él se enseñorea el jardín.

Pero el mérito de la rosa es aún mayor.


¿Acaso es el mirto otra cosa que aroma que se extingue arrojado al fuego?
La rosa, aun marchita, deja en el agua perfume que perdura tras de ella.
El mal de la azucena es muy común: tras un instante baja a la tumba.
El jazmín es humilde en sus orígenes, pero su aroma es solemne y orgulloso.
El carácter del alhelí está trastornado, es como un ladrón, se despierta tras la oración de la noche.


La rosa es la señora de los jardines, aunque es sierva de la rosa de las mejillas.

ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI también llamado ABU YENIS nació en Córdoba. Grandes tinieblas cubren la vida y obra de este autor. Ya antes de los disturbios originados por guerra civil, a finales del siglo X, se había asentado en el Reino Taifa de Zaragoza,
Murió probablemente en el año 1022 aunque otras fuentes citan el 1013.

ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI appelé aussi Abu Yenis est né à Cordoue. On sait fort peu de sa vie, de son œuvre, avant les grands troubles de guerriers de la fin du Xº siècle, il s'était établi dans le Royaume de Taifa de Saragosse.
Il est mort probablement en l'an 1022, certaines sources citent 1013..

 

05/05/2018

Poésie du temps de Al-Andalus

Pour commencer, quelques rappels historiques…

 

Tintero nazarí /Encrier Nazarí XIVºs  .http://elpoderdelaalhambra.com/piezas-destacadas/tintero-nazari/
 

Nous sommes un peu avant l’an 711 ; l’Espagne, à l’exception des Asturies, de la Cantabrie et du Pays basque, constituent le royaume des Wisigoths. Et l'Hispanie ne jouit pas d’une grande stabilité politique au moment où les musulmans partent à sa conquête

La naissance et la formation de Al-Andalus se sont faites progressivement, les conquêtes se réalisèrent entre 711 et 716. Toute l’Espagne (et l'actuel Portugal) fut envahie excepté le Pays Basque et quelques régions montagneuses de Cantabrie. Les musulmans tentèrent de s’étendre en France mais, vous le savez, ils furent vaincus à Poitiers (732) et se replièrent sur la péninsule ibérique.
Et ils décident d’établir leur capitale à Cordoue, apparemment fascinés par le Guadalquivir.



Al-Andalus (711-1492) est devenu dès le IXº siècle un foyer de haute culture et attira de nombreux savants, artistes….
Sur la Terre D’Islam qu’est Al Andalus, diverses populations aux cultures différentes se mêlaient : les musulmans (arabes, berbères, muladi) et européens musulmans, les slaves musulmans, puis les juifs et les chrétiens (mozarabes).

Alors mes amis, quand j’ai décidé de me plonger dans la poésie (en arabe mais largement traduite en espagnol ;-))  datant de cette longue époque musulmane, je me suis très vite vue submergée par un nombre incalculable de poètes, de poèmes écrits en arabe pendant les différents siècles.

On y parle d’amour, de fleurs et de parfums, de vin, de séparations, puis vers la fin, de la perte d’un paradis. Que choisir, quels poèmes traduire en français ?
En voici deux pour commencer.

Le poète Ibn Darray (958-1030) 
 
Si en les jardins où il habite
ne peux voir mon maître
dans les jardins du rêve
aurons notre rencontre

(Trad: Colo, MAH)

Le poète Ibn Baqi (m. 1145):

 

Quand le voile de la nuit
s’étend sur la terre,
du vin le plus odorant
            à ma belle je lève mon verre
.
Tel un baudrier tombe
sur moi sa chevelure,
et comme le guerrier prend
de sa main droite l’épée
j’enlace, moi, son cou,
qui au cygne ressemble.

       

Mais à voir que déjà s’incline,
fatiguée, la tête,
doucement je sépare
le bras dont elle m’enlace
et je pose sur ma poitrine
sa tempe, pour qu’elle y dorme.
Aïe! Mon coeur heureux
bat avec grande force.
Que cet oreiller est agité!
en lui ne pourra dormir.


(Trad: Colette, MAH)

Notes :
Si le sujet vous intéresse, voici le lien d’une superbe émission de Arte:

https://vimeo.com/101877438

Et aussi, à lire:
http://balises.bpi.fr/histoire/al-andalus------le-passe-a...

Jarrón de las gacelas, arte Nazarí. (Alhambra-Granada)
 

Para empezar, unos datos históricos...

Estamos en el año 711, España, a la excepción del País Vasco, de Cantábria y de Asturias constituyen el reino Visigodo. Hispania no goza de una gran estabilidad política en el momento en que los musulmanes deciden conquistarla.

 

El nacimiento y la formación de Al-Andalus se hizo de forma progresiva, las conquistas se escalonaron entre 711 y 716. España entera, excepto el País Vasco y algunas regiones montañosas de Catabria, fue invadida.

Los musulmanes intentaron extenderse en Francia pero, lo sabéis, fueron derrotados en Poitiers (732) y se replegaron en la península ibérica.

 

Decidieron establecer su capital en Córdoba, fascinados, por lo visto, por el Guadalquivir.

 

Desde el siglo IX Al-Andalus (711-1492) fue un foco de alta cultura y atrajo a muy numerosos eruditas, artistas…

En la tierra de Islam que era Al-Andalus, se mezclaban poblaciones de diversas culturas: los musulmanes (árabes, bereberes, muladi) y europeos musulmanes, los eslavos musulmanes, finalmente los judíos y los cristianos (mozárabes).

Entonces amigos, cuando decidí sumergirme en la poesía de esa época, me vi rápidamente desbordada por un número incalculable de poetas, de poemas escritos en árabe durante esos siglos.

 En ellos se habla de amor, de flores, de perfumes, de vino, de separaciones, y luego hacia el final, de la pérdida de un paraíso.

¿Cuáles elegir, cuáles traducir al francés?

Aquí, y para empezar, dos de ellos.

 

 
 
https://3.bp.blogspot.com/-lPAXkK0J8vw/Wulyuu7KrMI/AAAAAA...
 
El poeta  Ibn Darray (958-1030)
 
Si en los jardines que habita
me impiden ver a mi dueño,
en los jardines del sueño
nos daremos una cita.
 
http://enciclopedia.us.es/index.php/Archivo:Mihrab_mezqui...



EL poeta Ibn Baqi (m. 1145):
 
Cuando el manto de la noche
se extiende sobre la tierra,
del más oloroso vino
brindo una copa a mi bella.
Como talabarte cae
sobre mí su cabellera,
y como el guerrero toma
la limpia espada en la diestra,
enlazo yo su garganta,
que a la del cisne asemeja.
 
Pero al ver que ya reclina,
fatigada, la cabeza,
suavemente separo
el brazo con que me estrecha,
y pongo sobre mi pecho
su sien, para que allí duerma.
¡Ay! El corazón dichoso
me late con mucha fuerza.
¡Cuán intranquila almohada!
No podrá dormir en ella.

21/04/2018

Avec du safran, la paëlla / Con azafrán , la paella

 

Trop sèches, ou insipides,  ou pâteuses. Chiches en riz. Très onéreuses, voilà des défauts communs des paellas. Ah, ça, c’est tout un art et aucune ne se ressemble !
Demasiado secas, o insípidas, o pastosas. Escasas en arroz. Muy onerosas, ahí son los defectos comunes de las paellas. ¡Ha, es todo un arte y ninguna se parece!
 
                                                                                                 
Un peu d’histoire...La paëlla, mot d’origine latine « patella » puis du vieux français « paele » désignait la poêle plate avec, non un manche mais deux anses que vous connaissez sans doute. De la poêle au plat, voilà la paella moderne (notez que les 2 LL se prononcent Y et non L, comme dans paya, d’accord ?)
Son origine se trouve à Valencia aux XVº et XVIª siècles dans les zones maraîchères et humides (Albufera) où l’on cultive riz et légumes. Un plat complet auquel on ajoutait des morceaux de lapin, canard, des oiseaux, des escargots, enfin ce qu’on avait sous la main en plus des légumes de saison. La paella aux crustacés, dont on ignore si elle est contemporaine de la première, est née…au bord de la Méditerranée, oui !
On cuisait lentement le tout sur un feu de branches d’oranger. Je pourrais vous raconter tant d’autres choses, mais il vous suffira de taper « histoire de la paella »…Mr Google vous dira tout.
Un poco de historia…La paella, palabra de origen latina “patela” luego del francés antiguo “paele” designaba la sartén plana sin mango pero con dos asas que sin duda conocen. De la sartén al plato…
Su origen se encuentra en Valencia en los siglos XV y XVI en las zonas hortenses y húmedas (Albufera) donde se cultiva arroz y verduras. Un plato completo al cual se añadía trozos de conejo, pato, pájaros, caracoles, en fin, lo que se tenía a mano junto con las verduras de temporada. Se ignora si la paella de mariscos data de la misma época pero nació…al borde del Mediterráneo. ¡Sí!
Se cocía lentamente el arroz en un fuego con leña de naranjos. Les podría contar tantas otras cosas sobre este plato, pero les bastará teclear “historia de la paella” y el señor Google les dirá todo.
 
 
 Peinture: Conrado Meseguer
pintura-de-conrado-meseguer.jpg  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Traditionnellement ce sont les hommes qui la préparent, enfin qui la cuisent car les petites mains qui coupent tous les ingrédients à l’avance…c’est comme pour les barbecues, vous voyez ? Mais quand on est nombreux, les dimanches en famille, un repas avec des amis, c’est un repas complet et facile, qui plaît à tous et qui s’adapte à la bourse de chacun : tout dépend des ingrédients qu’on y met.
Mon amie italienne m’a raconté qu’invitée à un dîner chez des voisins allemands, elle a eu du mal à avaler une paella avec du poulpe et des saucisses…à chacun sa recette !
 
Son los hombres los que tradicionalmente la preparan, bueno que la cuecen ya que, al igual que con las barbacoas, son “las pequeñas manos” las que cortan antes todos los ingredientes… ¿ven lo que quiero decir? Pero cuando hay muchos comensales, los domingos en familia, una comida entre amigos, es un plato completo y fácil, que agrada a todos y se adapta al bolsillo de cada cual: todo depende de los ingredientes elegidos.
Mi amiga italiana me contó que, invitada a una cena en casa de unos vecinos alemanes, le costó tragar una paella con pulpo y salchichas… ¡a cada cual su receta!
 
Suite à cela, je me suis demandé si vous aussi vous aviez mangé des paëllas spéciales, si on en trouvait surgelées ou fraîches en Belgique, au Canada, en Suisse ou ailleurs. Peut-être même en préparez-vous ? Racontez-moi.
 
Después de eso me pregunté si ustedes también habían comido paellas especiales, si encontraban ese plato congelado o fresco en Noruega, Canadá, Suiza u otras partes. ¿Tal vez lo preparan ustedes mismos? Cuéntenme.
 

14/04/2018

Idylle / Idilio

 

 




Idylle
À Enrique Durán
Federico GARCÍA LORCA
 
Tu voulais que je te dise
le secret du printemps.
 
Mais je garde le secret
tout autant que le sapin.
 
Arbre dont les mille doigts
indiquent mille chemins.
 
Je ne te dirai jamais, mon amour,
pourquoi, lent, le fleuve coule.
 
Mais je mettrai dans ma voix coupée
le ciel cendré de ton regard.
 
Tourne autour de moi, ma brune!
Et prends soin de mes feuilles.
 
Tourne encore, tourne toujours
jouant à la noria de l’amour.
 
Même si je le voulais, je ne peux te dire,
hélas, le secret du printemps.
 
(Trad:Colette)
 
 
 
 
Idilio de Federico García Lorca

A Enrique Durán

Tú querías que yo te dijera

el secreto de la primavera.
 


Y yo soy para el secreto

lo mismo que es el abeto.
 


Árbol cuyos mil deditos

señalan mil caminitos.
 


Nunca te diré, amor mío,

por qué corre lento el río.
 


Pero pondré en mi voz estancada

el cielo ceniza de tu mirada.
 


¡Dame vueltas, morenita!

Ten cuidado con mis hojitas.
 


Dame más vueltas alrededor,

jugando a la noria del amor.
 


¡Ay! No puedo decirte, aunque quisiera,

el secreto de la primavera.

07/04/2018

Il y a cinq ans.../ Hace cinco años...

Il y a cinq ans donc, je publiais ce poème et j'y ai pensé en allant revoir la côte nord de l'île qui, à cette époque, avait brûlé. Calcinés les pins, les plantes, un spectacle désolant.
Et cinq ans plus tard... 
Hace cinco años pues, publicaba este poema y volví a pensar en él yendo a ver la costa norte de la isla que, en aquella época,se había quemado. Calcinados los pinos, la plantas, un espectáculo desolador.
Y cinco años más tarde...
 
 
2013   (clic pour agrandir)                                                    2018
                                                 
 

 

 

 
 
 

 

 

 

Des cistes en fleur, partout

 

 

 

 
 
 
 
 (poème déjà publié il y a 5 ans mais vous l'avez peut-être oublié:-)))
 
On dit que les plantes ne parlent pas

Rosalía de Castro 

 

 
On dit que ni les plantes, ni les sources, ni les oiseaux ne parlent,
Non plus la vague et ses grondements, ni les astres et leur brillance,
On le dit, mais c'est faux, car toujours quand je passe,
Ils murmurent et s'exclament:
- Voilà la folle rêvant
De l'éternel printemps de la vie et des champs,
Et déjà bien vite, bien vite, elle aura les cheveux blancs,
Et tremblante, gelée, elle voit que le givre couvre le champ.
 
 
- Il y a des cheveux blancs sur ma tête, et du givre dans les champs,
Mais je continue à rêver, pauvre, incurable somnambule,
À l'éternel printemps de la vie qui s'éteint
Et à la persistante fraîcheur des champs et des âmes,
Bien que les uns se fanent et les autres s'embrasent.
 
 
Astres et sources et fleurs, ne médisez pas de mes rêves,
Sans eux, comment vous admirer et comment vivre sans eux?
 
(Trad: Colette) 

Dicen que no hablan las plantas

Rosalía de Castro



Dicen que no hablan las plantas, ni las fuentes, ni los pájaros,
Ni el onda con sus rumores, ni con su brillo los astros,
Lo dicen, pero no es cierto, pues siempre cuando yo paso,
De mí murmuran y exclaman:
—Ahí va la loca soñando
Con la eterna primavera de la vida y de los campos,
Y ya bien pronto, bien pronto, tendrá los cabellos canos,
Y ve temblando, aterida, que cubre la escarcha el prado.

—Hay canas en mi cabeza, hay en los prados escarcha,
Mas yo prosigo soñando, pobre, incurable sonámbula,
Con la eterna primavera de la vida que se apaga
Y la perenne frescura de los campos y las almas,
Aunque los unos se agostan y aunque las otras se abrasan.

Astros y fuentes y flores, no murmuréis de mis sueños,
Sin ellos, ¿cómo admiraros ni cómo vivir sin ellos?

24/03/2018

Cris et chants dans les oliviers / Gritos y cantos en los olivos

Paysage
F. García Lorca
 
Le champ
d’oliviers
s’ouvre et se ferme
comme un éventail.
Sur l’oliveraie
un ciel effondré
et une pluie sombre
d’étoiles froides.
Tremble le jonc et pénombre
au bord de la rivière.
L’air gris moutonne.
Les oliviers sont
chargés
de cris.
Un vol
d’oiseaux captifs,
qui remuent leurs très longues
queues dans l’obscurité.

 (Poème de la séguidilla gitana dans "Poemas de Cante Jondo")
 

(Trad: Colette)

La suerte de los olivos José Luís García

Paisaje
F, Garcia Lorca
 
El campo
de olivos
se abre y se cierra
como un abanico.
Sobre el olivar
hay un cielo hundido
y una lluvia oscura
de luceros fríos.
Tiembla junco y penumbra
a la orilla del río.
Se riza el aire gris.
Los olivos,
están cargados
de gritos.
Una bandada
de pájaros cautivos,
que mueven sus larguísimas
colas en lo sombrío.
 (Poema de la seguidilla gitana en "Poemas de Cante Jondo")

Ces derniers jours ce ne sont pas des oiseaux mais des enfants qui ont chanté dans notre vieil olivier.
Estos últimos días no son pájaros sino niños que cantaron en nuestro viejo olivo.

Olivo blog.png

Photo Colette, 2018, Puipunyent, Mallorca

24/02/2018

Un soubresaut de gratitude / Un sobresalto de gratitud

 Quand nous sommes arrivés elle était recroquevillée, minuscule, dans un coin de sa chaise roulante. 

Ensuite elle a souri.
Février, hiver. 
 
C’est l’isolement des vieilles gens accru par le froid qui m’a fait choisir cet extrait du roman « Pleine lune » d’Antonio Muñoz Molina, un grand roman. (si vous ne l'avez pas lu, cliquez sur le lien vous en saurez plus).
 
 
Es el aislamiento de los mayores, aumentado por el frío, que me ha hecho elegir ese pasaje de la novela “Plenilunio” de Antonio Muñoz Molina, una gran novela.
 
Resultado de imagen de plenilunio muñoz molina
 
 
« Il passait trop de temps seul, s’imprégnant lentement d’oubli et de vieillesse à laquelle il ne croyait pas et il n'y faisait au fond pas fort attention, de la même façon qu’il ne s'arrêtait pas à penser à la fadeur des aliments sans sel, au froid du carrelage de sa chambre, à la laideur et mauvaise odeur de la bonbonne de gaz qui le réchauffait, contemporaine du vase bleu électrique et des fauteuils et du canapé tapissés de plastique vert. Il laissait de côté ses tracas et ne se plaignait pas de sa solitude, mais quand il reconnut le visiteur qui se tenait face à lui, dans la maigre lumière du hall d’entrée, silencieux, malhabile, sans encore dire son nom, il eut une effusion impudique de jovialité, un soubresaut de gratitude qui lui humidifia les yeux et éveilla les émotions les plus cachées de son âme, tendresse antique et nostalgie sans motif, remords plus beau et plus ferme que les souvenirs déjà en partie effacés qui le provoquaient. »
(Trad. Colette, je ne possède pas la version en français) 
 
 
https://i2.wp.com/www.lechangeoirdecriture.fr/wp-content/uploads/2016/11/Pleine-Lune.png

 


 
Pasaba solo demasiado tiempo, contaminándose despacio de postergación y vejez a la que no daba crédito y a la que en el fondo no se fijaba mucho, igual que no se paraba a considerar el tedio de los alimentos sin sal, el frío de las baldosas de su cuarto, la fealdad y el mal olor de la bombona de butano con la que se calentaba, contemporánea del jarrón azul eléctrico y de los sillones y el sofá tapizados de plástico verde. No hacía caso de su pesadumbre ni se quejaba de su soledad, pero cuando reconoció al visitante que permanecía frente a él, en la luz escasa del recibidor, callado, inhábil, aún sin decir su nombre, tuvo una efusión impúdica de jovialidad, un sobresalto de gratitud que le humedeció los ojos y le despertó las emociones más escondidas de su alma, ternura antigua y nostalgia sin motivo, remordimiento más precioso y más firme que los recuerdos ya en parte borrados que lo provocaban.”
 
 

10/02/2018

Amère est l'eau des mers / Amarga es el agua de mar

La balade de l’eau de mer

 

F. Garcia Lorca

À Emilio Prados
(chasseur de nuages)

 

La mer

sourit au loin

Dents d’écume,

lèvres de ciel.

 
Que vends-tu, ô fille trouble
les seins à l’air?
 
Je vends, monsieur, l’eau
des mers.
 
Qu’as-tu, ô jeune noir
dans ton sang mêlé?
 
J’ai, monsieur, l’eau
des mers.
 
Ces larmes salées
d’où viennent-elles, mère?
 
Je pleure, monsieur, l’eau
des mers.
 
Cœur, et cette amertume
grave, où naît-elle?
 
Fort amère
est l’eau des mers!
 

La mer

sourit au loin

Dents d’écume,

lèvres de ciel.

 

 
(Trad:Colette)
 
 (Une traduction, un peu différente, aux éditions Gallimard 1954 ici: http://expositions.bnf.fr/lamer/cabinet/anthologie/bibliotheque/19.htm)
 
Dessin signé F. Garcia Lorca
 
La balada del agua del mar
 
F. Garcia Lorca
 
A Emilio Prados
(cazador de nubes)
 
El mar
sonríe a lo lejos.
Dientes de espuma,
labios de cielo.
 
¿Qué vendes, oh joven turbia
con los senos al aire?
 
Vendo, señor, el agua
de los mares.
 
¿Qué llevas, oh negro joven,
mezclado con tu sangre?
 
Llevo, señor, el agua
de los mares.
 
Esas lágrimas salobres
¿de dónde vienen, madre?
 
Lloro, señor, el agua
de los mares.
 
Corazón, y esta amargura
seria, ¿de dónde nace?
 
¡Amarga mucho el agua
de los mares!
 
El mar
sonríe a lo lejos.
Dientes de espuma,
labios de cielo.

20/01/2018

Monsieur le beau / Señor guapo

LE CANARD ET LE SERPENT 
 
Tomás de Iriarte (Tenerife 1750- Madrid 1791), fabuliste.
 
Au bord d’un étang
disait un canard:
À quel animal donna le ciel
les dons qu’il m’a donnés?
Je suis d’eau, de terre et d’air.
Quand de marcher je me fatigue
si j’en ai envie, je vole,
si j’en ai envie, je nage.”
Un serpent futé,
qui l’écoutait,
d’un sifflement l’appela
et lui dit: “Monsieur le beau,
il ne faut pas tant vous vanter;
Car vous ne marchez comme un daim,
ni ne volez comme le faucon
ni ne nagez comme le barbeau.
Et sachez ainsi
que l’important et rare
n’est pas savoir de tout
mais d’être adroit en quelque chose.”
 
Il vaut mieux bien savoir une chose, que beaucoup, mal.
(Trad:Colette)
 
*Voir note sous le billet
 
 
 


 
 
El pato y la serpiente           Tomas de Iriarte
 
A orillas de un estanque
diciendo estaba un pato:
«¿A qué animal dio el cielo
los dones que me ha dado?
Soy de agua, tierra y aire.
Cuando de andar me canso,
si se me antoja, vuelo,
si se me antoja, nado.»
Una serpiente astuta,
que le estaba escuchando,
le llamó con un silbo,
y le dijo: «Seor guapo,
no hay que echar tantas plantas;
pues ni anda como el gamo,
ni vuela como el sacre,
ni nada como el barbo.
Y así tenga sabido
que lo importante y raro
no es entender de todo,
sino ser diestro en algo.»
 
Más vale saber una cosa bien, que muchas mal. 
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Note: il est fort intéressant de découvrir qu'un fabuliste français, de moi totalement inconnu, Don Juan Laurencin,  né le 17 janvier 1733, et mort le 21 janvier 1812 a écrit la même fable (les fabulistes, depuis Ésope, se sont tous copiés, c'est connu)

Sur le bord d’un étang, très-content de lui-même,
S’écrioit un Canard d’une arrogance extrême :
Dans toute la nature est-il un animal
Qu’on puisse m’égaler? non , je n’ai point d’égal.
Seul j’ai reçu tous les dons en partage ;
Je possède mille attributs divers;
Je marche et fends les airs,
Et puis, quand il me plait, je nage….
Il eût continué ; mais un rusé Serpent,
Ennuyé de sa gasconnade,
S’approchant, lui dit : camarade,
Tout beau; ne vous vantez pas tant.
Le Daim court mieux que vous ; le Rouget, à la nage,
Auroit aussi sur vous de l’avantage ;
Et quant à voler, le Faucon
Pourroit bien vous donner leçon.
Ainsi sachez, soit dit sans vous déplaire,
Vous , qui vous croyez sans égal,
Qu’il vaut beaucoup mieux savoir faire
Bien une chose , que cent mal.
« Le Canard et le Serpent »
Ceux qui donnent les meilleurs avis ne sont pas toujours les plus sages. J’aurois dû profiter moi – même de la leçon du Serpent.

 

 
 

11/11/2017

Chauds ou froids, frissons / Cálidos o fríos, escalofríos

Les premiers froids sont arrivés, soudain. Brrr. Il y a une semaine on déjeunait encore sur la terrasse...

Derrière ma fenêtre fermée (Colette)    


 Deux courts poèmes du majorquin Antonio Rigo ( Palma de Mallorca 1957)

 

 

Le silence de la montagne
brisé par le son
de l'herbe qui germe,
le bruit de la ville
écrasé par le silence
de la feuille qui croît.
 
(Trad: Colette)
 
 
El silencio de la montaña
roto por el sonido
de la hierba que brota,
el ruido de la ciudad
aplastado por el silencio
de la hoja que crece.
 
 
 
En amour et
en poésie
l'important
est de garder
au chaud le
frisson.
(Trad: Colette)
 
 
En el amor y
la poesía
lo importante
es mantener
caliente el
escalofrío.
 
 
Antonio Rigo
Extrait /Extracto de:
Albúm blanco
 

28/10/2017

Avec acharnement / Con ensañamiento

Un conte court de Ramón Gómez de la Serna (Espagne, 1888-1963). 
 
Le docteur Alejo mourut assassiné. Indubitablement, il mourut étranglé.
Personne n’était entré dans la maison, indubitablement personne, et bien que le docteur dormait, avec, par hygiène, la porte du balcon ouverte, son appartement était si haut qu’on ne pouvait supposer que l’assassin était entré par là.
 
La police ne trouvait pas la piste de ce crime et était sur le point d’abandonner l’affaire quand l’épouse et la servante du mort arrivèrent, épouvantées, à la Préfecture. 
D’un saut du haut de l’armoire elle était tombée sur la table, les avait regardées, les avait vues, et s’était enfuie ensuite dans la chambre; une main solitaire et vive comme une araignée. Elles l’avaient laissée là, enfermée à clé dans la chambre.
 
La police et le juge, terrorisés, se rendirent sur place. C’était leur devoir. Ils eurent bien du mal à attraper la main, mais ils le firent et chacun lui attrapa un doigt, car elle était vigoureuse comme si en elle résidait toute la force d’un homme fort.
 
Que faire d’elle? Quelle lumière apporterait-elle sur l’événement? Comment la condamner? À qui appartenait cette main?
 
Après une longue pause, le juge eut l’idée de lui donner un stylo pour qu’elle déclare par écrit.
La main écrivit alors:” Je suis la main de Ramiro Ruiz, vilement assassiné par le docteur à l’hôpital et dépecé avec acharnement dans la salle de dissection. J’ai rendu justice”.
(Trad: Colette)
 
Le titre de ce conte est...La Main
 
Study of feet and hands, 1818 Théodore de Géricault

Un cuento breve de Ramón Gómez de la Serna (España, 1888-1963)

El doctor Alejo murió asesinado. Indudablemente murió estrangulado.
Nadie había entrado en la casa, indudablemente nadie, y aunque el doctor dormía, por higiene, con el balcón abierto, era tan alto su piso que no era de suponer que por allí hubiese entrado el asesino.
La policía no encontraba la pista de aquel crimen, y ya iba a abandonar el asunto, cuando la esposa y la criada del muerto acudieron despavoridas a la Jefatura. Saltando de lo alto de un armario había caído sobre la mesa, las había mirado, las había visto, y después había huido por la habitación, una mano solitaria y viva como una araña. Allí la habían dejado encerrada con llave en el cuarto.
Llena de terror, acudió la policía y el juez. Era su deber. Trabajo les costó cazar la mano, pero la cazaron y todos le agarraron un dedo, porque era vigorosa corno si en ella radicase junta toda la fuerza de un hombre fuerte.

 ¿Qué hacer con ella? ¿Qué luz iba a arrojar sobre el suceso? ¿Cómo sentenciarla? ¿De quién era aquella mano?
Después de una larga pausa, al juez se le ocurrió darle la pluma para que declarase por escrito. La mano entonces escribió: «Soy la mano de Ramiro Ruiz, asesinado vilmente por el doctor en el hospital y destrozado con ensañamiento en la sala de disección. He hecho justicia».
 
El título de este cuento es...LA MANO