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  • Paellas, couleur safran / Paellas color azafrán

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    Trop sèches, ou insipides, ou pâteuses. Chiches en riz. Très onéreuses, voilà des défauts communs des paellas. Ah, ça, c’est tout un art et aucune ne se ressemble !

    Demasiado secas, o insípidas, o pastosas. Escasas en arroz. Muy onerosas, ahí son los defectos comunes de las paellas. ¡Ha, es todo un arte y ninguna se parece!

     

    Un peu d’histoire...La paella, mot d’origine latine « patella » puis du vieux français « paele » désignait la poêle plate avec, non un manche mais deux anses que vous connaissez sans doute. De la poêle au plat, voilà la paella moderne (notez que les 2 LL se prononcent Y et non L, comme dans paya).

    paella-valenciana-la-autentica-r.jpg

    Son origine se trouve à Valencia aux XVº et XVIª siècles dans les zones maraîchères et humides (Albufera) où l’on cultive riz et légumes. Un plat complet auquel on ajoutait des morceaux de lapin, canard, des oiseaux, des escargots, enfin ce qu’on avait sous la main en plus des légumes de saison. Et du safran. La paella aux crustacés, dont on ignore si elle est contemporaine de la première, est née…au bord de la Méditerranée, bien sûr.

    On cuisait lentement le tout sur un feu de branches d’oranger. Je pourrais vous raconter tant d’autres choses, mais il vous suffira de taper « histoire de la paella »…Mr Google vous dira tout.

    Un poco de historia…La paella, palabra de origen latina “patela” luego del francés antiguo “paele” designaba la sartén plana sin mango pero con dos asas que sin duda conocen. De la sartén al plato…

    Su origen se encuentra en Valencia en los siglos XV y XVI en las zonas hortenses y húmedas (Albufera) donde se cultiva arroz y verduras. Un plato completo al cual se añadía trozos de conejo, pato, pájaros, caracoles, en fin, lo que se tenía a mano junto con las verduras de temporada. Y azafrán.Se ignora si la paella de mariscos data de la misma época pero nació…al borde del Mediterráneo. ¡Sí!

    Se cocía lentamente el arroz en un fuego con leña de naranjos. Les podría contar tantas otras cosas sobre este plato, pero les bastará teclear “historia de la paella” y el señor Google les dirá todo.

    paella cerámica.jpg

     

    Traditionnellement ce sont les hommes qui la préparent, enfin qui la cuisent car les petites mains qui coupent tous les ingrédients à l’avance…c’est comme pour les barbecues, vous voyez ? Mais quand on est nombreux, les dimanches en famille, un repas avec des amis, c’est un repas complet et facile, qui plaît à tous et qui s’adapte à la bourse de chacun : tout dépend des ingrédients qu’on y met.

    Mon amie italienne m’a raconté qu’invitée à un dîner chez des voisins allemands, elle a eu du mal à avaler une paella avec du poulpe et des saucisses…à chacun se recette  mais les puristes Valenciens s’en émeuvent souvent.

     

    Son los hombres los que tradicionalmente la preparan, bueno que la cuecen ya que, al igual que con las barbacoas, son “las pequeñas manos” las que cortan antes todos los ingredientes… ¿ven lo que quiero decir? Pero cuando hay muchos comensales, los domingos en familia, una comida entre amigos, es un plato completo y fácil, que agrada a todos y se adapta al bolsillo de cada cual: todo depende de los ingredientes elegidos.

    Mi amiga italiana me contó que, invitada a una cena en casa de unos vecinos alemanes, le costó tragar una paella con pulpo y salchichas… a cada cual su receta pero los Valencianos a menudo se escandalizan...

     

    paella leña.jpg

    Suite à cela, je me suis demandé si vous aussi vous aviez mangé des paellas spéciales, si on en trouvait surgelées ou fraîches en Norvège, au Canada, en Suisse ou ailleurs. Peut-être même en préparez-vous ? Racontez-moi por favor.

    Después de eso me pregunté si ustedes también habían comido paellas especiales, si encontraban ese plato congelado o fresco en Noruega, Canadá, Suiza u otras partes. ¿Tal vez lo preparan ustedes mismos? Cuéntenme por favor.

     

     

     

  • C'était d'autres temps / Eran otros tiempos

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    Aujourd'hui une chanson de Rozalen, auteure-compositrice-chanteuse née à Albacete en 1986.

    Elle y relate une conversation avec sa grand-mère.
    Dure réalité de la période de la guerre civile...



    Tais-toi
    ne rouvre pas la plaie
    pleure toujours en silence
    ne soulève pas de rancœurs, ce village est si petit…
    c’était d’autres temps.
    (bis)
     
    Tous l’appelaient Juste
    Juste de nom et d’action
    l’aîné de cinq frères
    élégant, le plus prudent d’un petit village de la Sierra De Segura
    tailleur et bûcheron de profession.
    Il s’entendait avec l’Ascensión, une brunette, celle d’Amalio
    une des rares qui lisait
    étudiait la nuit pendant les trois mois d’hiver
    lui, il chantait dans les rues toujours gai une chanson.
    Fin ‘38 sont appelés à la guerre
    la génération la plus jeune
    celle de « l’année du biberon »
    ils montèrent dans le camion comme si d’une fête il s’agissait
    mais il fut le seul qui ne revint pas.
     
    Et maintenant j’arrive à t’entendre chanter
    ton visage se dessine dans l’harmonie de ce lieu
    et maintenant j’arrive à t’entendre chanter
    si tu on ne soigne la blessure elle fait mal, elle suppure, ne trouve pas la paix.
     
    Après treize jours sans nouvelles la joie d’une seconde
    arrive une lettre…..
    une autre de son compagnon
    ce fut une balle nous disait le journal
    j’ai gardé sa cuiller, sa veste militaire et le briquet.
    La mère déjà descend la côte criant : « Canailles vous me l’avez tué ! »
    sans une fleur
    sans un adieu
    pour seule tombe, son cœur.
     
    Mais maintenant j’arrive à t’entendre chanter
    ton visage se dessine dans l’harmonie de ce lieu
    et maintenant j’arrive à t’entendre chanter
    si on ne soigne la blessure elle fait mal, elle suppure, ne trouve pas la paix.
     
     
    ***Aime-moi fillette, aime-moi fillette, aime-moi toujours
    Aime-moi autant, aime-moi autant que je t’aime
    en échange je te donnerai
    la viennoiserie, la viennoiserie et le bon café
    la viennoiserie, la viennoiserie et le bon café
    (trad : Colette)
  • Quelques mots pour vous / Unas palabras para ustedes

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    Je fais miens ces mots de Julos Beaucarne pour vous souhaiter une Bonne Année.

    Hago mías la palabras de Julos Beaucarne* para desearos un Feliz Año.

     

    Foto Toni Catany

     

     

    Je rêve d'un concert que je donnerais où je pourrais me taire pendant deux heures
    Et que personne ne s'ennuie
    Je rêve de me taire et de passer mon temps à vous écouter vous raconter
    Je rêve de n'avoir plus rien à dire
    (...)
    Je rêve de passer ma vie à aller rendre visite à tout un chacun chez lui, à l'écouter
    Je rêve de m'asseoir dans les fauteuils de tout le monde

     

    (texte complet en voix et musique, superbe, dans la vidéo plus bas)

     

    Sueño con dar un concierto donde me pudiera callar durante dos horas

    Y que nadie se aburriera

    Sueño con callarme y pasar el tiempo escuchando vuestra historia

    Sueño con no tener nada más que decir

    (...)

    Sueño con pasarme la vida visitando a cada uno en su casa, a escucharle

    Sueño con sentarme en los sillones de cada uno.

    (Trad: Colette)

     

    * Julos Beaucarne es un poeta y cantante belga.

     

  • En balade / De paseo

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    L’automne, touristes repartis, est le temps des balades. Il faisait gris et doux en ce dimanche de novembre.
     
    Quand on se trouve à Fornalutx, un des plus beaux villages de l’île, il est difficile de croire que la mer n’est qu’à 7km. À l’image de Soller, située à 4km de distance, ce petit village est entouré de montagnes et est construit sur un flanc du sommet le plus haut de l’île Le Puig Mayor (1445m).
     
    Il semble avoir été fondé durant la période arabe, «-utx » étant le suffixe mozarabe de « lieu ».
    Toujours est-il qu’il a été parfaitement conservé, toutes les maisons sont en pierre, les toits en tuiles ; le village est soigné et vert, sans être pour autant « léché ».
    Alors oui, il faut avoir de bonnes jambes pour y circuler, tout est en pentes et escaliers, le village est construit à plusieurs étages.
     
    Ce qui m’a le plus impressionnée en arrivant c’est le décor montagneux.
     

     

     

     

     

    Nous circulons, lentement...

     

     

     

     

    La place de l'église. Église gothique, avec des réformes baroques, de 1639
     
     
    Dans le village, le lavoir (le manque de lumière ce jour ne m’a pas permis d’en faire de belles photos mais j'en ai trouvé une sur cet intéressant site : https://viagallica.com/baleares/lang_es/ville_fornalutx.htm)
     
     
     
    Puis la Mairie dont le dessous des tuiles, comme dans pas mal de maisons du village, ont des dessins intéressants qui avaient pour but d’éloigner les différents maux des habitants de la maison.
    (les photos sont de la Maire, un peu haut pour moi!) http://www.ajfornalutx.net/municipi/teules/fotos.ct.html
     
     
    Autre particularité que l’on retrouve partout à Mallorca (j’ignore si cela existe ailleurs), ce sont les "couvre bas de portes" qui empêchent l’eau de pluie de passer .
     
     
    « Bon dia », « Bon dia », les habitants répondent gentiment, contents sans doute que les visiteurs parlent leur langue.
    Un village qui a reçu de nombreux prix, en autres pour sa parfaite intégration dans la nature. Nous y retournerons bientôt.
     
     
  • La manie de voyager / La manía de viajar

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    Dans son roman Brouillard, Miguel de Unamuno écrivait en 1913:
     
    "La manie de voyager provient de la topophobie et non de la “philotopie”*; celui qui voyage beaucoup fuit chaque lieu qu'il laisse, et ne recherche pas chaque lieu où il arrive"(Trad, Colette)
     
    Qu’en pensez-vous?
    Moi je suis  du genre sédentaire, mais une courte excursion hors de mon île de temps en temps me plaît.
     
    En su novela Niebla, Miguel de Unamuno escribía en 1914: 
     
    La manía de viajar viene de topofobia y no de filotopía*; el que viaja mucho va huyendo de cada lugar que deja, y no buscando cada lugar a que llega”.
     
    ¿Qué pensáis de ello?

    Van Gogh, Le laboureur dans un champ, 1889
     
     
    NB:
     
    *La topophobie, est une peur irrationnelle de certains lieux déterminés.
     
    *Philotopie est un néologisme et l’opposé du précédent, donc amour pour les lieux.
     
     
    *La topofobia es el sentimiento de un miedo o un temor irracional, enfermizo, persistente, injustificado y anormal a ciertas situaciones, eventos, lugares o sitios.
     
    Filotopía es un neologismo, y el contrario del anterior,o sea amor por los lugares.
     
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  • Désorientation / Desorientación

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    Silvia Baron Supervielle, vous vous en souvenez? Nous en avions parlé et lu certains poèmes en 2014.

    Avant deux poèmes, courts comme tous ses poèmes en français, je vous remets en mémoire ses propres mots:


    -" J'écrivais des poèmes et des contes en espagnol, mais je ne pensais pas sérieusement à écrire. J'ai pas mal tardé à changer de langue. Pour faire plaisir à mes amis, qui voulaient lire quelque chose de moi, j'ai essayé de me traduire, mais c'était de longs poèmes, parfois des sonnets. Alors je me suis mise à écrire en français. Ça m'a beaucoup plu, je voyais les choses d'une autre façon. J'avais peur de cette nouvelle langue et je soupçonne que c'est pour cela que j'ai écrit des poèmes courts. Ce fut la révélation d'un style et avec lui, d'un univers. Ces poèmes me rendaient mon image, la solitude dans laquelle je me trouvais. L'idée me vint que je pouvais être écrivaine. Pas parce que mes poèmes étaient en français mais parce qu'ils étaient dans une autre langue. Les mots étaient lointains. La désorientation me convenait."
    S. Baron Supervielle



    "–Yo escribía poemas y cuentos en español, pero no pensaba seriamente en escribir. Tardé bastante en cambiar de lenguaje. Por complacer amigos, que querían leer algo mío, traté de traducirme, pero eran poemas largos, a veces sonetos. Entonces me puse a escribir en francés. Me gustó mucho, veía las cosas de otra manera. Le temía a la nueva lengua y sospecho que por ello escribí poemas breves. Fue la revelación de un estilo y con él, de un universo. Esos poemas me devolvían mi imagen, la soledad en la que estaba. Me vino la idea que podía ser una escritora. No porque mis poemas estuvieran en francés sino porque estaban en otra lengua. Las palabras estaban lejos. La desorientación me convenía."

    Essais pour un espace
    (extrait)


    que personne
    ne ferme mes
    paupières
     
    je veux te
    voir déranger
    l’éternité
     
     
     
    que nadie
    me cierre
    los párpados
     
    quiero
    verte molestar
    la eternidad



    fresque, flûtiste



    le flûtiste
    de l’espace
    se promène
    en scrutant
    l’accord
    disparu

    (Dans “Sur le fleuve”) 


                     el flautista

                     del espacio
                     se pasea
                     oteando
                     el acorde
                    desvanecido
     
      (trad: Colette)


    Sur le magnifique site Terres de Femmes, un court texte de S.B.Supervielle: https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2005/04/silvia_baron_su.html
     
  • De saison / De temporada

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    De belles promenades cette semaine, la lumière est superbe, la température parfaite pour gambader. Dès dimanche, d'après les spécialistes météo, ce sera cheminée-bouquins. Et sûrement des poèmes, on ne peut rien vous cacher.

    https://verdakoko.com/alimentos-de-temporada-en-mallorca-en-otono/


    Après la récolte des coings, ces gros fruits râpeux, confection de pâte de ce fruit. Pas trop sucrée mais citronnée ici. Un long travail réalisé par señor Colo. Des douceurs à offrir.                                     

                                                                 
                                                            

     

                                                                  

     


    Au passage devant un centre de plante, tout me rappelle que la Toussaint est proche. C'est joli, le jeune sud-américain qui termine de ranger les pots me regarde photographier son œuvre: "estoy contento que le guste".
     Aucune tombe à garnir, mes parents et beaux-parents ont été incinérés et leurs cendres répandues sous de grands arbres. C'est bien ainsi.

     



    De retour chez moi, et parce qu'un superbe soleil brille, je "vois" tout à coup que la vigne vierge a pris, en peu de jours, des couleurs de saison, qu'un incessant va et vient d' oiseaux s'alimente des petits fruits noirs.
    C'est fou le nombre de choses qu'on voit sans les regarder.




    Passez une bonne semaine.

  • Une brise / Una brisa

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    Le ciel est redevenu bleu, la terre, les rues sèchent. Plus de mille volontaires nettoient la boue. Le village de Sant Llorenç retrouve peu à peu son visage.

    Mais les larmes...cruelle nature, parfois.

    Il fallait un poème lumineux pour terminer cette semaine si difficile sur l’île. Le bilan est de 12 morts et un enfant toujours introuvable.

    C’est Pedro Salinas, encore lui, qui m’a apporté un peu de légèreté.

     

     

     
    Variation IX
    Temps d’île
     
    Qui m’appelle de la voix
    d’un oiseau qui chante?
     
    Quel amour m’aime, quel amour
    m’invente des caresses,
     
    caché entre deux airs,
    simulant la brise?
     
    Le palmier, qui l’a mis
    - celui qui m’évente
     
    avec des souffles d’ombres et de soleil -
    là où je le voulais?
     
    Le sable, qui l’a lissé,
    si lisse, si lisse,
     
    pour qu’en traits légers, légers,
    ma main m’écrive,
     
    sur une amante invisible,
    sur une amante cachée,
     
    Parmi la pudeur de l’écume,
    message d’ondines?
     
    Pourquoi me donne-t-on tant de bleu,
    sans que je le demande,
     
    le ciel qui l’invente,
    la mer qui l’imite?
    (...)
    (Trad. Colette)

    -
    Variación IX
    Tiempo de isla
    Pedro Salinas
     
     
    ¿Quién me llama por la voz
    de un ave que pía?
     
    ¿Qué amor me quiere, qué amor
    me inventa caricias,
     
    escondido entre los aires,
    fingiéndose brisa?
     
    La palmera ¿quién la ha puesto
    - la que me abanica
     
    con soplos de sombra y sol -
    donde yo quería?
     
    La arena ¿quién la ha alisado,
    tan lisa, tan lisa,
     
    para que en rasgos levísimos
    la mano me escriba,
     
    de amante que nunca he visto,
    de amante escondida,
     
    entre pudores de espuma,
    mensajes de ondina?
     
    ¿Por qué me dan tanto azul,
    sin que lo pida,
     
    el cielo que se lo inventa,
    el mar, que lo imita?
     
    (…)
     
  • Un génereux solitaire / Un generoso solitario

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    Inutile de vous dire que dans ma Flandre natale le caroubier était pour moi inexistant ou alors un arbre de romans, de Pagnol peut-être. C'est en arrivant ici, il y a une quarantaine d'années,  que j'ai peu à peu découvert la générosité et la beauté de cet arbre, sa forme et les multiples usages de ses fruits, des gousses brunes et sucrées dont les graines de poids égal, 0,2 grammes, ont servi de mesure pour les pierres précieuses et les perles, le carat. Sur ce site diverses informations intéressantes.


    La farine de caroube a la couleur et le goût du cacao pur, ne contient pas de gluten. On peut le mélanger à d'autres farines pour en faire du pain, à du riz dans des gâteaux...Ses gousses servent principalement d'aliment pour le bétail mais aussi dans les produits pharmaceutiques et dans la parfumerie, ainsi, ai-je lu, que dans les crèmes glacées..

    Mais je vous emmène en balade dans l'arrière pays de mon île sur la piste de cet arbre, de son ombre. Il était 19h. Nous avions deux buts précis: voir ce qu'il était advenu d'un vieux tronc couché et ramener des caroubes pour nos lapins.
     
     
    Foto Colette, Caroubier près de Calvia
     

    No vale la pena deciros que en mi Flandes natal el algarrobo no existía. Y si existía era un árbol de novelas, quizás de Pagnol. Fue al llegar aquí, hace unos cuarenta años, cuando, poco a poco, descubrí la generosidad y la belleza de este árbol, su forma y los múltiples usos de sus frutos, unas vainas marrones y azucaradas cuyos granos de idéntico peso, 0,2gramos, sirvieron de medida para las piedras preciosas y las perlas: el quilate.
     
    La harina de algarrobas tiene el color y el gusto del cacao puro y no contiene gluten. Se puede mezclar a otras harinas para hacer pan, al arroz en los pasteles…Se usa principalmente como alimento para animales pero también en perfumería, productos farmacéuticos y, leí, helados.
     
    Os llevo de paseo al interior de mi isla en busca de este árbol y su sombra. Eran las 19h y teníamos dos fines precisos: ver qué había ocurrido con un viejo tronco acostado y traer algarrobas para nuestros conejos.


    Foto Colette, Mallorca 2018


     

    Un sac de caroubes vite rempli.

     

     


     
     
    Et voilà le vieux tronc couché.
    Non seulement il ne s'est pas désintégré mais, deux ans plus tard, il semble avoir repris vigueur.
     

     

    Le Caroubier


    Sur le chemin du retour un bel exemplaire, mi-couché, bien vert.

  • Tourne, mon coeur / Gira, corazón

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    Aujourd’hui un poème de Lorca; sous sa plume une superbe envolée d’images qui lui viennent en s’adressant à une girouette.

    J’espère qu’en traduction-français vous arriverez à percevoir le rythme et la beauté qui en ressortent.

     

     
    http://www.forging-ahead.co.uk/windvane.htm

    Girouette

    Federico Garcia Lorca



    Vent du Sud,
    brun, ardent,
    ton souffle sur ma chair
    apporte un semis de regards
    brillants et le parfum
    des orangers.
    Tu fais rougir la lune
    et sangloter
    les peupliers captifs, mais tu arrives
    trop tard!
    J'ai déjà enroulé la nuit de mon histoire
    sur l'étagère!
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Vent du nord,
    ours blanc du vent!
    Tu souffles sur ma chair,
    tout frissonnant d'aurores
    boréales,
    avec ta traîne de spectres
    capitaines,
    et riant de Dante
    aux éclats.
    Ô polisseur d'étoiles!
    Mais tu arrives trop tard.
    L'armoire est vermoulue
    et j'ai perdu la clé.
     
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Brises, gnomes et vents
    venus de nulle part.
    Moustiques de la rose
    pétales en pyramides.
    Vents alizés sevrés
    parmi les rudes arbres,
    flûtes dans la bourrasque,
    laissez-moi!
    De lourdes chaînes ancrent
    mes souvenirs,
    et captif est l’oiseau
    qui dessine le soir
    de ses trilles.
     
    Les choses qui s'en vont jamais ne reviennent,
    tout le monde le sait,
    et dans la foule des vents
    il est vain de se plaindre.
     
    N'est-ce pas, peuplier, maître de la brise?
    Il est vain de se plaindre!
     
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Juillet 1920
     
    Fuente Vaqueros, Grenade.
    (Trad:Colette)
     

    Veleta


    Federico García Lorca
     
    Viento del Sur,
    moreno, ardiente,
    llegas sobre mi carne,
    trayéndome semilla
    de brillantes
    miradas, empapado
    de azahares.
    Pones roja la luna
    y sollozantes
    los álamos cautivos, pero vienes
    ¡demasiado tarde!
    ¡Ya he enrollado la noche de mi cuento
    en el estante!
    Sin ningún viento,
    ¡hazme caso!,
    gira, corazón;
    gira, corazón.
    Aire del Norte,
    ¡oso blanco del viento!
    Llegas sobre mi carne
    tembloroso de auroras
    boreales,
    con tu capa de espectros
    capitanes,
    y riyéndote a gritos
    del Dante.
    ¡Oh pulidor de estrellas!
    Pero vienes
    demasiado tarde.
    Mi almario está musgoso
    y he perdido la llave.
    Sin ningún viento,
    ¡hazme caso!,
    gira, corazón;
    gira, corazón.
    Brisas, gnomos y vientos
    de ninguna parte.
    Mosquitos de la rosa
    de pétalos pirámides.
    Alisios destetados
    entre los rudos árboles,
    flautas en la tormenta,
    ¡dejadme!
    Tiene recias cadenas
    mi recuerdo,
    y está cautiva el ave
    que dibuja con trinos
    la tarde.
    Las cosas que se van no vuelven nunca,
    todo el mundo lo sabe,
    y entre el claro gentío de los vientos
    es inútil quejarse.
    ¿Verdad, chopo, maestro de la brisa?
    ¡Es inútil quejarse!
    Sin ningún viento.
    ¡hazme caso!
    gira, corazón;
    gira, corazón.
     
  • Le banc / El banco

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    Un banc, des livres en tout genre, papier et stylo pour traduire des poèmes...tout est prêt pour une pause. Le temps de refaire le plein d'idées et de mots et je reviens.
    Si vous passez, prenez place; je  vous attends à l'ombre.
     

    Un banco, libros de todos tipos, papel y boli para traducir poemas....todo está listo para una pausa. El tiempo de llenar la libreta con ideas y poemas y vuelvo.
    Si pasáis por aquí, tomad asiento, os espero a la sommbra.
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  • Al-Andalus, l'amour des fleurs / El amor por la flores

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    J'ai lu que l'amour pour les fleurs dans la poésie (et dans l'art) de Al-Andalus se devait à ce que les berbères et les musulmans venaient de terres arides, désertiques. Une telle explosion de couleurs et d’odeurs les enchantèrent. Cela me semble une explication fort plausible.
    Voici le poème le plus connu sur le sujet.



    Leí que el amor por la flores en la poesía (y en el arte) de Al-Andalus se debía a que los musulmanes y bereberes procedían de tierras áridas, desérticas. Tal explosión de colores y olores les encantó. Eso me parece una explicación muy plausible.
    Aquí va el poema más conocido sobre el tema.

     

     

    JARDIN- JARDÍN

    Yusuf ibn Harun ar-Ramadi

     
    Le myrte, le lys, le jasmin vigoureux et la giroflée ont grand mérite et s’emparent des jardins.

    Mais bien plus grand est le mérite de la rose.

    Le myrte est-il autre chose que l’arôme qui s’éteint une fois jeté au feu? 
    La rose, même fanée, laisse dans l’eau un parfum qui dure après elle.
     Le mal du lys est très commun: après un instant il descend dans la tombe.
     Le jasmin est humble d’origine, mais son odeur est solennelle et orgueilleuse.
    Le caractère de la giroflée est perturbé, tout comme un voleur, elle s’éveille après les prières du soir.
    La rose est la dame des jardins, bien qu’elle soit la servante du rose des joues.
    (Trad.Colette)

    El mirto, la azucena, el jazmín lozano y el alhelí tienen gran mérito y con él se enseñorea el jardín.

    Pero el mérito de la rosa es aún mayor.


    ¿Acaso es el mirto otra cosa que aroma que se extingue arrojado al fuego?
    La rosa, aun marchita, deja en el agua perfume que perdura tras de ella.
    El mal de la azucena es muy común: tras un instante baja a la tumba.
    El jazmín es humilde en sus orígenes, pero su aroma es solemne y orgulloso.
    El carácter del alhelí está trastornado, es como un ladrón, se despierta tras la oración de la noche.


    La rosa es la señora de los jardines, aunque es sierva de la rosa de las mejillas.

    ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI también llamado ABU YENIS nació en Córdoba. Grandes tinieblas cubren la vida y obra de este autor. Ya antes de los disturbios originados por guerra civil, a finales del siglo X, se había asentado en el Reino Taifa de Zaragoza,
    Murió probablemente en el año 1022 aunque otras fuentes citan el 1013.

    ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI appelé aussi Abu Yenis est né à Cordoue. On sait fort peu de sa vie, de son œuvre, avant les grands troubles de guerriers de la fin du Xº siècle, il s'était établi dans le Royaume de Taifa de Saragosse.
    Il est mort probablement en l'an 1022, certaines sources citent 1013..

     
  • Poésie du temps de Al-Andalus

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    Pour commencer, quelques rappels historiques…

     

    Tintero nazarí /Encrier Nazarí XIVºs  .http://elpoderdelaalhambra.com/piezas-destacadas/tintero-nazari/
     

    Nous sommes un peu avant l’an 711 ; l’Espagne, à l’exception des Asturies, de la Cantabrie et du Pays basque, constituent le royaume des Wisigoths. Et l'Hispanie ne jouit pas d’une grande stabilité politique au moment où les musulmans partent à sa conquête

    La naissance et la formation de Al-Andalus se sont faites progressivement, les conquêtes se réalisèrent entre 711 et 716. Toute l’Espagne (et l'actuel Portugal) fut envahie excepté le Pays Basque et quelques régions montagneuses de Cantabrie. Les musulmans tentèrent de s’étendre en France mais, vous le savez, ils furent vaincus à Poitiers (732) et se replièrent sur la péninsule ibérique.
    Et ils décident d’établir leur capitale à Cordoue, apparemment fascinés par le Guadalquivir.



    Al-Andalus (711-1492) est devenu dès le IXº siècle un foyer de haute culture et attira de nombreux savants, artistes….
    Sur la Terre D’Islam qu’est Al Andalus, diverses populations aux cultures différentes se mêlaient : les musulmans (arabes, berbères, muladi) et européens musulmans, les slaves musulmans, puis les juifs et les chrétiens (mozarabes).

    Alors mes amis, quand j’ai décidé de me plonger dans la poésie (en arabe mais largement traduite en espagnol ;-))  datant de cette longue époque musulmane, je me suis très vite vue submergée par un nombre incalculable de poètes, de poèmes écrits en arabe pendant les différents siècles.

    On y parle d’amour, de fleurs et de parfums, de vin, de séparations, puis vers la fin, de la perte d’un paradis. Que choisir, quels poèmes traduire en français ?
    En voici deux pour commencer.

    Le poète Ibn Darray (958-1030) 
     
    Si en les jardins où il habite
    ne peux voir mon maître
    dans les jardins du rêve
    aurons notre rencontre

    (Trad: Colo, MAH)

    Le poète Ibn Baqi (m. 1145):

     

    Quand le voile de la nuit
    s’étend sur la terre,
    du vin le plus odorant
                à ma belle je lève mon verre
    .
    Tel un baudrier tombe
    sur moi sa chevelure,
    et comme le guerrier prend
    de sa main droite l’épée
    j’enlace, moi, son cou,
    qui au cygne ressemble.

           

    Mais à voir que déjà s’incline,
    fatiguée, la tête,
    doucement je sépare
    le bras dont elle m’enlace
    et je pose sur ma poitrine
    sa tempe, pour qu’elle y dorme.
    Aïe! Mon coeur heureux
    bat avec grande force.
    Que cet oreiller est agité!
    en lui ne pourra dormir.


    (Trad: Colette, MAH)

    Notes :
    Si le sujet vous intéresse, voici le lien d’une superbe émission de Arte:

    https://vimeo.com/101877438

    Et aussi, à lire:
    http://balises.bpi.fr/histoire/al-andalus------le-passe-arabo-berbere-de-leurope

    Jarrón de las gacelas, arte Nazarí. (Alhambra-Granada)
     

    Para empezar, unos datos históricos...

    Estamos en el año 711, España, a la excepción del País Vasco, de Cantábria y de Asturias constituyen el reino Visigodo. Hispania no goza de una gran estabilidad política en el momento en que los musulmanes deciden conquistarla.

     

    El nacimiento y la formación de Al-Andalus se hizo de forma progresiva, las conquistas se escalonaron entre 711 y 716. España entera, excepto el País Vasco y algunas regiones montañosas de Catabria, fue invadida.

    Los musulmanes intentaron extenderse en Francia pero, lo sabéis, fueron derrotados en Poitiers (732) y se replegaron en la península ibérica.

     

    Decidieron establecer su capital en Córdoba, fascinados, por lo visto, por el Guadalquivir.

     

    Desde el siglo IX Al-Andalus (711-1492) fue un foco de alta cultura y atrajo a muy numerosos eruditas, artistas…

    En la tierra de Islam que era Al-Andalus, se mezclaban poblaciones de diversas culturas: los musulmanes (árabes, bereberes, muladi) y europeos musulmanes, los eslavos musulmanes, finalmente los judíos y los cristianos (mozárabes).

    Entonces amigos, cuando decidí sumergirme en la poesía de esa época, me vi rápidamente desbordada por un número incalculable de poetas, de poemas escritos en árabe durante esos siglos.

     En ellos se habla de amor, de flores, de perfumes, de vino, de separaciones, y luego hacia el final, de la pérdida de un paraíso.

    ¿Cuáles elegir, cuáles traducir al francés?

    Aquí, y para empezar, dos de ellos.

     

     
     
    https://3.bp.blogspot.com/-lPAXkK0J8vw/Wulyuu7KrMI/AAAAAAAAI2Y/Z_Z98HUjeOo0V2euWTjmFX8TLFXRrumPgCLcBGAs/s1600/arquetacalifal.jpg
     
    El poeta  Ibn Darray (958-1030)
     
    Si en los jardines que habita
    me impiden ver a mi dueño,
    en los jardines del sueño
    nos daremos una cita.
     
    http://enciclopedia.us.es/index.php/Archivo:Mihrab_mezquita_persa_Kashan,_(1226).jpg



    EL poeta Ibn Baqi (m. 1145):
     
    Cuando el manto de la noche
    se extiende sobre la tierra,
    del más oloroso vino
    brindo una copa a mi bella.
    Como talabarte cae
    sobre mí su cabellera,
    y como el guerrero toma
    la limpia espada en la diestra,
    enlazo yo su garganta,
    que a la del cisne asemeja.
     
    Pero al ver que ya reclina,
    fatigada, la cabeza,
    suavemente separo
    el brazo con que me estrecha,
    y pongo sobre mi pecho
    su sien, para que allí duerma.
    ¡Ay! El corazón dichoso
    me late con mucha fuerza.
    ¡Cuán intranquila almohada!
    No podrá dormir en ella.
  • Avec du safran, la paëlla / Con azafrán , la paella

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    Trop sèches, ou insipides,  ou pâteuses. Chiches en riz. Très onéreuses, voilà des défauts communs des paellas. Ah, ça, c’est tout un art et aucune ne se ressemble !
    Demasiado secas, o insípidas, o pastosas. Escasas en arroz. Muy onerosas, ahí son los defectos comunes de las paellas. ¡Ha, es todo un arte y ninguna se parece!
     
                                                                                                     
    Un peu d’histoire...La paëlla, mot d’origine latine « patella » puis du vieux français « paele » désignait la poêle plate avec, non un manche mais deux anses que vous connaissez sans doute. De la poêle au plat, voilà la paella moderne (notez que les 2 LL se prononcent Y et non L, comme dans paya, d’accord ?)
    Son origine se trouve à Valencia aux XVº et XVIª siècles dans les zones maraîchères et humides (Albufera) où l’on cultive riz et légumes. Un plat complet auquel on ajoutait des morceaux de lapin, canard, des oiseaux, des escargots, enfin ce qu’on avait sous la main en plus des légumes de saison. La paella aux crustacés, dont on ignore si elle est contemporaine de la première, est née…au bord de la Méditerranée, oui !
    On cuisait lentement le tout sur un feu de branches d’oranger. Je pourrais vous raconter tant d’autres choses, mais il vous suffira de taper « histoire de la paella »…Mr Google vous dira tout.
    Un poco de historia…La paella, palabra de origen latina “patela” luego del francés antiguo “paele” designaba la sartén plana sin mango pero con dos asas que sin duda conocen. De la sartén al plato…
    Su origen se encuentra en Valencia en los siglos XV y XVI en las zonas hortenses y húmedas (Albufera) donde se cultiva arroz y verduras. Un plato completo al cual se añadía trozos de conejo, pato, pájaros, caracoles, en fin, lo que se tenía a mano junto con las verduras de temporada. Se ignora si la paella de mariscos data de la misma época pero nació…al borde del Mediterráneo. ¡Sí!
    Se cocía lentamente el arroz en un fuego con leña de naranjos. Les podría contar tantas otras cosas sobre este plato, pero les bastará teclear “historia de la paella” y el señor Google les dirá todo.
     
     
     Peinture: Conrado Meseguer
    pintura-de-conrado-meseguer.jpg  
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    Traditionnellement ce sont les hommes qui la préparent, enfin qui la cuisent car les petites mains qui coupent tous les ingrédients à l’avance…c’est comme pour les barbecues, vous voyez ? Mais quand on est nombreux, les dimanches en famille, un repas avec des amis, c’est un repas complet et facile, qui plaît à tous et qui s’adapte à la bourse de chacun : tout dépend des ingrédients qu’on y met.
    Mon amie italienne m’a raconté qu’invitée à un dîner chez des voisins allemands, elle a eu du mal à avaler une paella avec du poulpe et des saucisses…à chacun sa recette !
     
    Son los hombres los que tradicionalmente la preparan, bueno que la cuecen ya que, al igual que con las barbacoas, son “las pequeñas manos” las que cortan antes todos los ingredientes… ¿ven lo que quiero decir? Pero cuando hay muchos comensales, los domingos en familia, una comida entre amigos, es un plato completo y fácil, que agrada a todos y se adapta al bolsillo de cada cual: todo depende de los ingredientes elegidos.
    Mi amiga italiana me contó que, invitada a una cena en casa de unos vecinos alemanes, le costó tragar una paella con pulpo y salchichas… ¡a cada cual su receta!
     
    Suite à cela, je me suis demandé si vous aussi vous aviez mangé des paëllas spéciales, si on en trouvait surgelées ou fraîches en Belgique, au Canada, en Suisse ou ailleurs. Peut-être même en préparez-vous ? Racontez-moi.
     
    Después de eso me pregunté si ustedes también habían comido paellas especiales, si encontraban ese plato congelado o fresco en Noruega, Canadá, Suiza u otras partes. ¿Tal vez lo preparan ustedes mismos? Cuéntenme.
     
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  • Vaillante Alfonsina II / Valiente Alfonsina II

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     (Suite du billet précédent)
     
    Sa vie est plus que remplie ces années-là : elle publie de la poésie, dicte des conférences et est professeur dans une école publique, dans une académie de musique et donne des cours du soir...elle est heureuse. Mais vers les années '20 cet excès de travail la mène à un épuisement physique et émotionnel, on dirait burn out de nos jour...repos total à la Mar de Plata. Mais bien vite Alfonsina a besoin d’argent pour subvenir aux besoins de son fils et elle reprend son rythme. 
    Trop vite.
     
    Su vida esta más que ocupada durante esos años : publica poesía, da conferencias, es profesora en una escuela publica, también en una academia de música e imparte cursos nocturnos… es feliz. Pero hacia los años '20 este exceso de trabajo la lleva a un agotamiento físico y emocional (ahora diríamos burn out) acaba en una cura de reposo total en el Mar de Plata. Sin embargo, Alfonsina, pronto necesitará dinero para cubrir las necesidades de su hijo y retomará su ritmo. Demasiado pronto.
     
    Alfonsina, Mar de Plata
     
     
    Vers la fin des années vingt, et malgré ses crises nerveuses, c’est une femme qui a acquis une renommée dans un milieu masculin, qui siège avec de grands noms de la vie intellectuelle, dont HoracioQuiroga avec qui elle a eu une relation intime.
    A finales de los años veinte, y a pesar de sus crisis nerviosas, es una mujer que ha adquirido notoriedad en un medio eminentemente masculino, que tiene su sitio entre los grandes nombres de la vida intelectual como el de Horacio Quiroga con el que tuvo una relación intima.
     
    Si jusque là sa poésie avait une forme très traditionnelle, dans “Ocre” publié en 1925 (elle a 33 ans) ses vers deviennent plus introspectifs, ses autoportraits plus ironiques, elle ose même élaborer une théorie sexuelle dans une trilogie.
    Elle a maintenant découvert que la cause de ses douleurs n’est pas les hommes mais elle-même . Que ces derniers ne peuvent que lui apporter des amours éphémères mais, comme elle vit les meilleurs moments de sa vie, cela ne la préoccupe pas. Tout comme la laissent indifférente certains critiques qui la traitent d’immorale.
    Si hasta ahora su poesía tenia una forma bastante tradicional, en « Ocre » a partir de 1925 (tiene 33 años) sus poemas se vuelven más introspectivos, sus autorretratos más irónicos, osa, incluso, elaborar una teoría sexual. Ha descubierto que la causa de sus dolores no son los hombres sino ella misma. Que estos últimos tan solo pueden aportarla amores efímeros. Pero ni eso, ni cierta criticas que la tratan de inmoral, la preocupan.
     
     
     
    Mais, vous l’attendiez, les choses commencent à se gâter. D’abord par la représentation d’une pièce de théâtre qu’elle a écrite, sa première, où ses idées féministes sont interprétées comme des accusations contre les hommes, et qui est suspendue après trois représentations. Elle en est très peinée et indignée.
    Ensuite les Ultraïstes, ce nouveau mouvement poétique argentin, lancent des critiques acerbes sur ses vers intimistes.
    Elle décide alors de voyager, connaît la “Génération de ‘27”, va à Paris et en rentrant son style change; elle se libère de la forme, et adopte une façon plus visuelle de représenter les émotions, une vision du monde instable et précaire, des images qui nous arrivent “chargées de violence et tensions; l’angoisse métaphysique est l’épine dorsale de ses poèmes”.*
    Pero, ustedes lo esperaban, las cosas empiezan a estropearse. Primero por la representación de su primera obra de teatro en la que sus ideas feministas son interpretadas como acusaciones contra los hombres y que es suspendida después de tres representaciones. Esto la deja apenada e indignada.
    Después por las acerbas criticas sobre sus versos intimistas que lanzan los Ultraístas, un nuevo movimiento poético argentino.
    Decide viajar, conoce la « Generación del 27 », visita París y otras ciudades europeas y a la vuelta su estilo cambia; se libera de la forma y adopta una manera mas visual de representar las emociones, una visión del mundo inestable y precaria; imágenes que nos llegan « cargadas de violencia y tensión ; la angustia metafísica es la espina dorsal de sus poemas ».*
     
     
    À Paris
     
    Quatre ans plus tard elle publie “Mascarilla y trébol” où dominent les images sombres, parfois grotesques: c’est le moment où on lui a diagnostiqué un cancer du sein. Elle vit affreusement mal la mutilation et durant les deux années suivantes, son état empirant, elle voit clairement venir la mort.
    À ce moment-là également, Alfonsina qui est découragée et souffre énormément,  reçoit la nouvelle que son très cher ami Horacio Quiroga, ainsi que sa fille Eglé qu’Alfonsina aimait beaucoup, se sont suicidés.
    Nous savons, par un poème dédié à Quiroga, qu’elle admirait la décision courageuse de l’écrivain ; suicide décidé, libre. 

     
    Cuatro años más tarde publica « Mascarilla y trébol »libro en el que dominan imágenes sombrías, grotescas algunas veces : es el momento en que ha sido diagnosticada de cáncer de pecho. Vive muy mal esta mutilación y su estado, que no hace más que empeorar, la lleva a ver claramente venir la muerte. Al mismo tiempo recibe la noticia de que Su gran amigo Horacio Quiroga y su hija se han suicidado. Sabemos, por un poema dedicado a Quiroga que ella admiraba la decisión del escritor : suicidio decidido, libre.
     
     
    Monument Afonsina Storni, Mar de Plata
     
     
    Elle part à La Mar de Plata, pour se reposer dit-elle.
    Mais...
    Par une nuit par une nuit pluvieuse, un nuit de douleurs intenses,  et après avoir écrit une lettre à son fils, elle se jette dans le mer. Octobre 1938.

     
    Nous avons, une sorte de testament, ce poème (que l’écrivain Felix Luna a repris pour en faire cette chanson, si connue de tous je crois “Alfonsina y el mar". La musique est du pianiste Argentin Ariel Ramirez).
    Se va al Mar de Plata para descansar, dice ella.
    Pero…
    Una noche lluviosa, una noche de dolores intensos y después de haber escrito una carta a su hijo, se tira al mar. Octubre 1938.
    Tenemos una especie de testamento, este poema. (El escritor Felix Luna se ha servido de el para hacer la tan conocida canción « Alfonsina y el mar » La música es del pianista argentino Ariel Ramirez).
     
     
    Voici d’abord le poème :
    Primero el poema :
     
    Je vais dormir , 1938(traduction Egon Kragel)
     
    Dents de fleurs, coiffe de rosée,
    mains d’herbe, toi ma douce nourrice,
    prépare les draps de terre
    et l’édredon sarclé de mousse.
    Je vais dormir, ma nourrice, berce-moi.
    Pose une lampe à mon chevet;
    une constellation, celle qui te plaît;
    elles sont toutes belles : baisse-la un peu.
    Laisse-moi seule : écoute se rompre les bourgeons…
    un pied céleste te berce de tout là-haut
    et un oiseau esquisse quelques voltes
    pour que tu puisses oublier… Merci. Ah, une dernière chose :
    s’il venait à me téléphoner
    dis-lui qu’il n’insiste pas et que je suis sortie…

    Voy a dormir (1938)
     
    Dientes de flores, cofia de rocío,
    manos de hierbas, tú, nodriza fina,
    tenme prestas las sábanas terrosas
    y el edredón de musgos escardados.

    Voy a dormir, nodriza mía, acuéstame.
    Ponme una lámpara a la cabecera;
    una constelación; la que te guste;
    todas son buenas; bájala un poquito.

    Déjame sola: oyes romper los brotes...
    te acuna un pie celeste desde arriba
    y un pájaro te traza unos compases

    para que olvides... Gracias. Ah, un encargo:
    si él llama nuevamente por teléfono
    le dices que no insista, que he salido...
     
     
    Et voici, je vous ai traduit les paroles de la chanson. J’ai choisi comme interprètes d’abord celle qui la première fois l’a enregistrée, Mercedes Sosa en 1969, puis une autre version, plus rythmée, qui m’a profondément émue. Les voilà.
    Alfonsina et la mer
     
    Sur le sable mou que lèche la mer
    Sa petite empreinte ne revient pas
    Un sentier unique de peine et silence arriva
    À l’eau profonde
    Un sentier unique de peines muettes arriva
    À l’écume.
     

    Dieu sait quelle angoisse t’accompagna
    Quelles anciennes douleurs tu as cachées
    Pour t’allonger bercée par le chant
    Des caracolas (conques) marines
    La chanson que chante dans l’obscur fond de la mer
    La caracola (conque)



    Tu t’en vas Alfonsina avec ta solitude
    Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher?
    Une voix antique de vent et de sel
    Te flatte l’âme et l’emmène
    Et tu t’en vas, comme en rêve,
    Endormie, Alfonsina, vêtue de mer



    Cinq petites sirènes t’emporteront
    Par des chemins d’algues et de corail
    Et des hippocampes fluorescents feront
    Une ronde à tes côtés
    Et les habitants de l’eau vont bientôt
    Jouer à tes côtés



    Baisse un peu la lampe
    Laisse-moi dormir, ma nourrice, en paix
    Et s’il appelle ne lui dis pas que j’y suis
    Dis-lui qu’Alfonsina ne revient pas
    Et s’il appelle ne lui dis jamais que j’y suis
    Dis que je suis partie
    (Trad : Colette)