12/11/2011

Je suis une pause / Soy una pausa

Entre partir et rester

Entre partir et rester doute le jour,
amoureux de sa transparence.
...

Tout est visible et tout est évasif,
tout est près et tout est intouchable.

Les papiers, le livre, le verre, le crayon
reposent à l'ombre de leurs noms.
...

L’instant se dissipe. Sans bouger,
je reste et je pars: je suis une pause.


(Trad. Colette)

Octavio Paz.

ciel noir 1.jpg

Entre irse y quedarse

Entre irse y quedarese duda el día,
enamorado de su transparencia.
...

Todo es visible y todo es elusivo,

todo está cerca y todo es intocable.


Los papeles, el libro, el vaso, el lápiz

reposan a la sombra de sus nombres.
...

Se disipa el instante. Sin moverme,
yo me quedo y me voy: soy una pausa.

Octavio Paz.

Faire une pause, m'envoler pour quelques jours;
quand on vit sur une île, tout déplacement est un voyage.
Je vous retrouverai vers la fin du mois et " vous souhaite le meilleur", comme on dit en espagnol.
Tomar una pausa, coger el vuelo por unos días;
cuando se vive en una isla, cada desplazamiento es un viaje.
Nos volveremos a encontrar a final de mes, os deseo lo mejor.


Photo: OM, merci!

29/10/2011

Questions / Preguntas

Mario Benedetti, (Paso de los Toros, 1920 - Montevideo, 2009) Écrivain et poète uruguayen, le plus renommé de la seconde moitié du XXº siècle. Vous avez peut-être lu La Trêve….

(biografía aquí)

"C'est quand on croit posséder toutes les réponses, qu'on s'aperçoit qu'on a changé les questions", plaisantait-il.

« Es cuando uno cree tener todas las respuestas que se da cuenta que han cambiado las preguntas » bromeaba.

Je connaissais bien sa poésie et avais décidé de publier aujourd’hui son « Qu’arriverait-il ? » si fort et intemporel, quand j’ai découvert qu’il avait écrit beaucoup de haïkus, en voici deux avant ce poème.

Ya conocía su poesía y había decidido publicar hoy “¿Qué pasaría?”, tan fuerte e intemporal, cuando descubrí que había escrito muchos haïkus; aquí van dos de ellos antes del poema.


Pasan las nubes                          
 IMG_5320 [].JPG

y el cielo queda limpio               

de toda culpa                               

Passent les nuages

et le ciel devient clair

de toute faute



Jardines Alfabia 032.jpgDrama cromático                        

el verde es un color                     

que no madura 

 

 Drame chromatique

le vert est une couleur

qui ne mûrit pas (Trad- Colette)

 

 

Qu'arriverait-il ?

Qu'arriverait-il si nous nous réveillions un jour
en réalisant que nous sommes la majorité ?
Qu'arriverait-il si tout à coup une injustice,
une seule, était rejetée par tous,
tous autant que nous sommes, pas quelques-uns,
ni certains, mais tous ?
Qu'arriverait-il si au lieu de rester divisés
nous nous multipliions, nous nous additionnions,
et affaiblissions l'ennemi qui interrompt nos pas ?

 

Qu'arriverait-il si nous nous organisions
et si nous affrontions nos oppresseurs sans armes,
silencieux, nombreux,
regardant par millions la face de nos oppresseurs,
sans vivats, sans applaudissements,
sans sourires, sans tapes sur l'épaule,
sans hymnes partisans,
sans cantiques ?

 

Qu'arriverait-il si j’implorais pour toi, qui es si loin,
et toi pour moi, qui suis si loin,
et nous deux pour les autres, qui sont très loin,
et les autres pour nous, qui sommes si loin ?
Qu'arriverait-il si les cris d'un continent
étaient les cris de tous les continents ?
Qu'arriverait-il si nous nous prenions en main
au lieu de nous lamenter ?
Qu'arriverait-il si nous brisions les frontières
et que nous avancions et avancions,
et avancions, et avancions encore ?

 

Qu'arriverait-il si nous brûlions tous les drapeaux
pour n'en avoir qu'un seul, le nôtre,
celui de tous, ou mieux aucun,

car nous n’en avons nul besoin ?
Qu'arriverait-il si nous cessions brusquement d'être des patriotes
pour devenir des humains ?
Je ne sais pas. Je me le demande.
Qu'arriverait-il ?

Mario Benedetti

Traduction proposée par Lieucommun .

Je m’en suis largement inspirée, mais y ai apporté quelques modifications.

¿Qué pasaría?

¿Qué pasaría si un día despertamos
dándonos cuenta de que somos mayoría?
¿Qué pasaría si de pronto una injusticia,
sólo una, es repudiada por todos,
todos que somos todos, no unos,
no algunos, sino todos?
¿Qué pasaría si en vez de seguir divididos
nos multiplicamos, nos sumamos
restamos al enemigo que interrumpe nuestro paso,

Qué pasaría si nos organizáramos
y al mismo tiempo enfrentáramos sin armas,
en silencio, en multitudes,
en millones de miradas la cara de los opresores,
sin vivas, sin aplausos,
sin sonrisas, sin palmadas en ¡os hombros,
sin cánticos partidistas,
sin cánticos?

¿Qué pasaría si yo pidiese por vos que estás tan lejos
y vos por mí que estoy tan lejos,
y ambos por los otros que están muy lejos,
y los otros por nosotros aunque estemos lejos?

24/09/2011

Animaux en balade / Animales de paseo

Puigpunyent 003.jpgMon village est mince : une seule rue, très longue et en pente, comme un trait d’union isolé entre la montagne et la plaine. Pas de place centrale car il n’existe pas de centre ; l’église se trouve tout en bas, le couvent abandonné tout en haut.

Serait-ce parce que l’église n’est pas au milieu du village que nous nous y sentons si bien ?

A part le bar ou le centre sportif, il offre peu de distractions, alors tout le monde se balade, surtout en fin d’après-midi, vers 19-20h.

Enfants, vélos, adultes, vieux, chiens, poussettes se croisent, se saluent tous. « Adeu !  Adeu ! ».*

 

Mi pueblo es delgado: una única calle, muy larga y empinada, como un guión aislado entre la montaña y la llanura. No hay plaza central ya que no existe ningún centro; la iglesia está abajo del todo, el convento abandonado arriba del todo.

¿Será porque la iglesia no está en medio del pueblo que estamos aquí tan a gusto?

Excepto el bar y el polideportivo, ofrece pocas distracciones y por lo tanto todo el mundo se pasea, sobre todo por la tarde.

Niños, bicicletas, adultos, viejos, perros, cochecitos de bebés se cruzan, se saludan todos: “Adeu! Adeu!”

 

Rencontre fortuite hier avec un jeune vétérinaire,  allergique aux poils de chiens et de chats, qui promène en laisse  son petit cochon vietnamien.

 « Faut voir la tête des gens âgés » me dit-il hilare, « éberlués, il rajustent leurs lunettes en s’exclamant : Mem, això no és un ca, és un porc ! » *

 

Encuentro fortuito ayer con un joven veterinario, alérgico a los pelos de perros y gatos y que pasea con una correa su pequeño cerdo vietnamita.

“Hay que ver la cara que pone la gente mayor” me dice riéndose, “alucinados, ajustan sus gafas y exclaman: Mem, això no és un ca, es un porc!”

**Majorquin : - Adios, cette façon de se saluer est curieuse et intéressante, non ?

                       -  Voyons, ce n’est pas un chien, c’est un cochon !

 

Les alentours se prêtent aux promenades de tous genres, la mer exceptée : si elle n’est pas loin à vol d’oiseau, rien n’est loin ici,  elle est derrière la montagne.

La lumière est si belle en ce moment…

Plumeros 001.jpg

 

Vous connaissez peut-être ce délicieux roman poétique « Platero et moi » de Juan Ramón Jimenez, je lui dédierai mon prochain billet, mais aujourd’hui voici un poème de cet ex prix Nobel, si sensible aux charmes de la nature.

 

Los alrededores se prestan a  paseos de todo tipo, exceptuando el mar: aunque está cerca a vuelo de pájaro, nada queda lejos aquí, está detrás de la montaña.

La luz es tan bella en este momento.

 

Conocéis sin duda  la novela deliciosamente poética “Platero y yo” de J. R. Jiménez, le dedicaré mi próxima nota, pero hoy un poema de ese ex premio Nóbel, tan sensible a los encantos de la naturaleza.

 

 

Jardín    J. R. Jimenez

Yo no sé cómo saltar
desde la orilla de hoy
a la orilla de mañana.

El río se lleva, mientras,
la realidad de esta tarde,
a mares sin esperanza.

Miro al oriente, al poniente,
miro al sur y miro al norte.

Toda la verdad dorada
que cercaba al alma mía,
cual con un cielo completo,
se cae, partida y falsa.

Y no sé cómo saltar
desde la orilla de hoy
a la orilla de mañana.

 

Je ne sais comment sauter

de la rive d’aujourd’hui

à la rive de demain.

 

Tandis que la rivière emporte

la réalité de ce soir,

à des mers sans espoir.

 

30 enero 2010 005.jpgJe regarde à l’orient, au couchant,

je regarde au sud, je regarde au nord.

 

Toute la vérité dorée

qui cernait mon âme,

qui, avec un ciel entier,

tombe, brisée et fausse.

 

Je ne sais comment sauter

de la rive d’aujourd’hui

à la rive de demain.

 

 

 

 

 

Photos et traductions: Colette

 

 

 

17/09/2011

Contes de Supervielle / Cuentos de Supervielle

J’ignore ce qui m’a poussée à glisser, au dernier moment, « L’enfant de la haute mer » de Supervielle dans mon sac rouge. Oui, je devais l’avoir lu il y a longtemps, mais aucun souvenir précis ; alors la mer peut-être, mais aussi son poids plume.

Des huit contes, ce sont le premier (qui a donné son titre au recueil publié en 1931) et le dernier, « La piste et la mare » qui m’ont enchantée, pas seulement par leurs histoires, mais plutôt par l’imagination et l’immense originalité dans l’agencement des mots.

Ignoro lo que me empujó a introducir, en el último momento, “La niña de alta mar” de Supervielle en mi bolsa roja. Debía haberlo leído hace mucho tiempo, pero no tenía ningún recuerdo preciso; tal vez el mar, o su peso ligero.

De los ocho cuentos, son el primero (que le dio su título a la recopilación publicado en 1931) y el último, “La pista y la charca” los que me han encantado, no sólo por sus historias, sino más bien por la imaginación y la inmensa originalidad en la disposición de las palabras.

 

Extrait de « L’enfant de la haute mer ». La fillette a 12 ans.

 

 - Elle n’était pas très jolie à cause de ses dents un peu écartées, de son nez un peu trop retroussé, mais elle avait quelques taches de douceur, je veux dire de rousseur. Et sa petite personne commandée par des yeux gris, modestes mais très lumineux, vous faisait passer dans le corps, jusqu’à l’âme, une grande surprise qui arrivait du fond des temps.

 

« …vous faisait passer, jusqu’à l’âme, une grande surprise qui arrivait du fond des temps. »  Que ne donnerais-je, moi, pour avoir écrit cette phrase ?

 

Extracto de « La niña de alta mar ». La chica tiene 12 años.

 

- No era muy guapa por culpa de sus dientes algo separados, de su nariz demasiado respingona, pero tenía algunas pecas muy dulces. Y su personita guiada por unos ojos grises, modestos pero muy luminosos, os hacía pasar por el cuerpo, hasta el alma, una gran sorpresa que llegaba desde tiempos remotos.

 

“…os hacía pasar por el cuerpo, hasta el alma, una gran sorpresa que llegaba desde tiempos remotos.” ¿Qué no daría yo por haber escrito esa frase?

Costa Suroeste Mallorca.jpg

 

 Trois extraits de « La piste et la mare »

- Florisbela approuva. Le marchand eût voulu faire de même tout de suite, mais n’entendant pas bien l’espagnol, il ne comprit le sens de cette phrase qu’au bout de quelques secondes après avoir confronté secrètement les mots dans le fond de son oreille.

 

- La viande cuite, le fermier et les siens s’assirent à table, et dans un coin, le Turc aux pieds propres, osseux et tristes. (Quand le visage est obligé de sourire pour des besoins professionnels, il faut bien que notre humaine tristesse se réfugie quelque part.)

 

- Le Turc commençait à sentir sa fatigue. Une pensée, flèche perdue, par qui lancée ?, lui traversa l’esprit.

 

Tres extractos de « La pista y el charco »

 

- Florisbela asintió. Al mercante le hubiera gustado hacer lo mismo enseguida, pero al no entender bien el español, sólo comprendió el sentido de esa frase unos segundos después de haber secretamente confrontado las palabras en el fondo de su oído.

 

- Una vez la carne hecha, el granjero y los suyos se sentaron en la mesa, y en un rincón, el Turco de los pies limpios, huesudos y tristes. (Cuando la cara está obligada a sonreír por motivos profesionales, nuestra humana tristeza necesita refugiarse en alguna parte.)

 

- El Turco empezó a sentir su fatiga. Un pensamiento, una flecha perdida, ¿por quién lanzada?, le cruzó la mente.

 

Traductions: Colette

Photo Côte Mallorca, Israel Pampín

01/09/2011

Jamais contente / Nunca contenta

 

 

JAMAIS CONTENTE (1949) NORGE

 

Dans le vent, la rose a soif,

Dans la main, la rose a froid,Un rose de sable du temps.JPG

Dans la nuit, la rose a faim,

Dans le jour, la rose a peur.

Sur le sein, la rose est bien.

Sur le sein, la rose meurt.

 

NUNCA CONTENTA

 

En el viento, la rosa tiene sed,

El la mano, la rosa tiene frío,

De noche, la rosa tiene hambre,

De día, la rosa tiene miedo.

Sobre un pecho, la rosa está bien.

Sobre un pecho, la rosa muere.

 

 

Roses de sables, roses des vents...voici une rose-rumba au rythme endiablé:

 

 

 

 

 

 

 

Et cette délicieuse recette de gelée de rose de Veb:

 

GELEEROSE.jpg

 

C'est avec plaisir que j’ajouterai à ce billet tout envoi relatif à la rose, grognonne ou pas....

Con mucho gusto añadiré a esta nota cualquier envio realtivo a la rosa, gruñoña o no....

 

MERCI HOMME LIBRE POUR CET AJOUT MUSICAL SI DOUX.


 

 

 

À VOTRE SANTÉ ACRATOPÈGE!

 

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24/08/2011

NORGE, deux poèmes

Géo Norge.jpgSur mes étagères
Un recueil de poèmes intitulé
REMUER CIEL ET TERRE
de NORGE (Bruxelles 1898-1990)


"De son vrai nom Georges Mogin il signa Géo Norge, puis, simplement Norge !
Ce qui caractérise Norge, en sus de sa profonde humanité, c'est la variété de sa palette, l'étendue de son registre. Norge écrit souvent autrement que Norge ! Il s'exprime en longs vers sinueux et musicaux aussi bien qu'en poèmes drus, comme sculptés dans la langue. Norge aime jouer avec les mots auxquels, ce faisant, il révèle parfois leur propre profondeur sémantique.
Jean Tordeur, qui a préfacé ses « Oeuvres poétiques » (Seghers 1978), le décrit comme « un iconoclaste tonique de pleine terre, de pleine santé, doué d'un inaltérable amour de l'humain (…) délibérément à l'écart, dans sa pensée et dans son écriture, des modes, des chapelles, des institutions, des gloses sémantiques ou structurelles - qu'il a en horreur - Norge tient que la poésie est faite pour plaire, pour charmer… »". source: ici

 

 

 

Une chanson

Une chanson bonne à mâcher
Dure à la dent et douce au cœur.
Ma sœur, il ne faut pas te fâcher,
Ma sœur.

Une chanson bonne à mâcher
Quand il fait noir, quand il fait peur,
Comme à la lèvre du vacher,
La fleur.

Une chanson bonne à mâcher,
Qui aurait le goût du bonheur,
Mon enfance et de tes ruchers
L'odeur.

 

 

Una canción

Una canción buena para mascar
Dura al diente y dulce al corazón.
Hermana mía, no te enfades,

Hermana.

Una canción buena para mascar
Cuando oscurece, cuando hay miedo,
Como en labio del vaquero,
La flor.

Una canción buena para mascar
Que tendría el gusto de la felicidad,
Mi infancia y de tus colmenas
El olor.

(Trad. MAH y Colette)

 

 


Dans la section du recueil "Remuer ciel et terre" intitulée FAMINES 1950, ce poème de NORGE

LE TRÔNE

J'ai si faim et j'ai si froid
Disait,
Disait ce peuple à son roi
Mauvais.

Ces cris ne le touchaient pas
Beaucoup.
Aux plus criards, il coupa
Le cou.

Cette histoire dura très
Longtemps
Et ce méchant roi vivait
Content.

Mais le Ciel ne semblait pas
D'accord,
Car un jour, Dieu le frappa
De mort.

Puis, Dieu se mit à sa place
Au trône.
Chants, cortèges, fleurs et châsses,
Couronne!

Pas de pain et pas de feu
Pleurait,
Pleurait ce peuple et son Dieu
Riait.


En la sección"HAMBRUNAS" 1950 del libro titulado Remover Cielo y Tierra de NORGE, este poema.

EL TRONO

Tengo tanto hambre y tanto frío
Decía,
Decía ese pueblo a su rey
Malo

Esos gritos no le afectaban
Mucho
A los más ruidosos les cortó
El cuello.

Esta historia duró mucho
Tiempo
Y ese rey maligno vivía
Contento.

Pero el cielo no parecía
De acuerdo
Puesto que un día Dios le golpeó
De muerte.

Luego Dios se puso en su sitio
En el trono.
Cánticos, cortejos, flores, sagrarios.
¡Corona!

Ni pan ni fuego
LLoraba
Lloraba ese pueblo y su Dios
Reía.
(Trad. MH y Colette)


14/08/2011

"Traverser...l'illusion tenace d'être quelque chose" / "Traspasar...el trompo ubicuo de ser algo"

«  C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité de vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe. »

 

Philippe Delerm

Extrait de La Première Gorgée de bière

 

“Sorprende todo lo que la voz sola puede decir de una persona que queremos – su tristeza, su cansancio, su fragilidad, su intensidad de vivir, su alegría. Sin los gestos, el pudor desaparece, la transparencia se instala.”

IMG_0153.jpg

 

Inaugurer la transparence

 

 

Inaugurer la transparence,

voir à travers un corps, une idée,

un amour, la folie,

distinguer sans obstacle l'autre côté,

traverser de part en part

l'illusion tenace d'être quelque chose.

non seulement pénétrer du regard dans la roche

mais ressortir aussi par son envers.

 

Et plus encore:

Inaugurer la transparence

c'est abolir un côté et l'autre

et trouver enfin le centre.

Et c'est pouvoir suspendre la quête

parce qu'elle n'est plus nécessaire,

parce qu'une chose cesse d'être interférence

parce que l'au-delà et l'en deçà se sont unis;

 

Inaugurer la transparence

c'est te découvrir à ta place

 

ROBERTO JUARROZ

Poésie Vertical

 

 

 

Inaugurar la tranparencia

 

 

 

Inaugurara la transparencia.

Ver a través de un cuerpo, de una idea,Lucien Levy-Dhurmer portrait de Mademoiselle Carlier.jpg

de un amor, de la locura,

divisar sin estorbos el otro lado,

traspasar de parte a parte

el trompo ubicuo de ser algo.

No sólo penetrar con el ojo la roca

sino también salir por su revés.

 

Y algo más todavía ;

inaugurar la transparencia

es abolir un lado y el otro

y encontrar por fin el centro.

Y es poder no seguir

porque ya no es preciso,

porque una cosa deja de ser interferencia

porque el más allá y el más aca se han unido.

 

Inaugurar la transparencia

es hallarte en tu sitio.

Armando 1.jpg

 

 

 

Vieillir, c'est découvrir la transparence, brûler les frontières, fondre les limites, abattre les paravents... Y a-t-il plus passionnant voyage que celui de la vie ?  

 

Maria Casarès

Extrait de Résidence privilégiée

Envejecer, es descubrir la transparencia, quemar las fronteras, diluir los límites, derribar las mamparas… ¿Existe algún viaje más apasionante que el de la vida?

 

 Photos:1) Toile et photo Ken Orton (Thanks a lot!)

            2) Toile de  Lucien Levy-Dhurmer / Portait de Mlle Carlier

          3) Photo Armando Ribeiro (¡Gracias!)

 

 

 

 

23/07/2011

Vagues de sable /Olas de arena

« L’homme écrit sur le sable
Moi ça me convient bien ainsi
L’effacement ne me contrarie pas,
A marée descendante je recommence »
Jean Dubuffet.

 

 “El hombre escribe en la arena

A mi me conviene así

Su borrado no me contraría

A marea baja vuelvo a empezar”

Jean Dubuffet.

sable2.jpg

« Sable du temps » auteure franco-suisse du blog Voix de l’oubli et Colette se sont unies cette semaine pour mitonner ce billet sur…le sable.

Des moments d’échanges passionnants, enrichissants, à distance, nous ne nous sommes jamais vues ; si loin, et pourtant si proches.

                                                                Magie des mots ...

 

 

 

            Sables mouvants Jacques Prévert

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

 

                                                              

                                                                         ARENAS MOVEDIZAS  Jacques Prévert               

 

Demonios y maravillas
    Vientos y mareas
           A lo lejos ya el mar se ha retirado

Y tú
   Como un alga dulcemente acariciada por el viento
           En las arenas del lecho te agitas entre sueños
                Demonios y maravillas
            Vientos y mareas
          A lo lejos ya el mar se ha retirado
           Pero en tus ojos entreabiertos

Dos pequeñas olas se han quedado
               Demonios y maravillas
                   Vientos y mareas
          Dos pequeñas olas para ahogarme.
(trad.Colette)

 

 

 

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De sable et d'eau

 

Le Vent de la mer m'a soufflé

j’ai mille ans

mais je n’ai pas le temps.

Château de sable

lève l'ancre !

l'océan se retire

et t'emporte

vers d' autres rivages,

là où la vague

n'atteindra jamais la dune

là où s'enlisent les rêves

frangés d'écume.

Glisse à travers les reflets

de brume grise,

caresse les mots,

fils d'or et d'argent

entrelacés,

révèle nos serments oubliés

et disparais

dans l'émouvance des sables

du temps.

(texte : Sable du temps)

 

Ajout un peu surréaliste d’un ami doué :

 

Le vent de la mer m’a soufflé

silence !

des mots, un colosse

majestueux, si lent,

ici, Victor Hugo Boss.

 

De arena y agua

 

El Viento del mar me ha susurrado

tengo mil años

pero no tengo tiempo.

Castillo de arena

¡levanta el ancla!

El océano se retira

Y te lleva

Hacia otras orillas

allá donde la ola

jamás alcanzará la duna

allá donde se hunden los sueños

festoneados de espuma.

Resbala entre los reflejos

de bruma gris,

acaricia las palabras,

hilos de oro y plata

entrelazados,

 desvela nuestros juramentos olvidados

y desaparece

en las arenas movedizas

del tiempo.

 

Texto: Sable du temps.

 

Añadido un poco surrealista de un amigo talentoso:

 

El viento del mar me ha susurrado

¡silencio!

de las palabras, un coloso

majestuoso, tan lento,

aquí Víctor Hugo Boss.

 

 

                                                 Vague de sable,

Arena0.jpg

 

 

de dunes en châteaux, joue sur le vent, emplis les seaux multicolores des enfants sur la grève, et quand viendra le soir, effleure de mille grains nos yeux endormis. (S. du T.)

 

                                                  Ola de arena,

 de dunas en castillos, juega en el viento, llena los cubos multicolores de los niños en la playa, y cuando venga la noche, roza de mil granitos nuestros ojos dormidos.

 

Photos 1 et 2, Sable du temps, photo 3 prise au Sénégal par I. Pampín, ¡gracias!

Traductions en español, Colette

 

11/06/2011

Anges clandestins / Ángeles clandestinos

Si ce que je te montre et ce que je te donne te semblent moindres que ce que je te cache, ma balance est pauvre, ma glane est sans vertu.

Les Matinaux (1950)

René Char

 

Si lo que te enseño y lo que te doy te parecen menos importante que lo que te escondo,

mi balanza es pobre, mi búsqueda sin virtud.

Los Matinales, René Char

 

 

 

fleurs insectes 040.jpg

 

        Si las nubes no anticipan... de Raúl Gómez Jattin (Colombien)


Si las nubes no anticipan en sus formas la
historia de los hombres
Si los colores del río no figuran los designios del
Dios de las Aguas
Si no remiendas con tus manos de astromelias las
comisuras de mi alma
Si mis amigos no son una legión de ángeles
clandestinos Qué será de mí

 

Si les nuages n’anticipent…R. Gómez Jattin

 

Si les nuages n’anticipent dans leurs formes

l’histoire des hommes

Si les couleurs du fleuve ne figurent les desseins du

Dieu des Eaux

Si tu ne raccommodes de tes mains d’astromelia les

commissures de mon âme

Si mes amis ne sont une légion d’anges

clandestins Qu’en sera-t-il de moi (Trad. Colette)

 

 

 

fleurs insectes 010.jpgNuages et éclaircies ; le buddléia en fleurs a lancé des invitations tous azimuts. Sans distinction de taille ni de couleur, les convives se livrent dès l’aube, qui gaiement, qui lascivement, qui laborieusement à un festin sans nom. Il y en a même qui en profitent pour faire une sieste. Je les ai observés des heures durant.

 

 

 

 

 fleurs insectes 024.jpg

Nubes y claros; el buddleia en flor ha lanzado invitaciones « todos azimut ».

Sin distinción de talla ni de color, los convidados se dedican desde el alba, quien alegremente, quien lascivamente, quien laboriosamente a un festín sin nombre. Los hay incluso que aprovechan para echar una siesta. Los he observado durante horas.

 

.

 

 

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30/04/2011

Une mer, une île, un homme / Un mar, una isla, un hombre

Un billet à quatre mains, à deux voix.  Una nota a cuatro manos, a dos voces.

La première est celle de Dominique, amie virtuelle, qui tient un blog littéraire de haut vol, A sauts et à gambades, et qui a lu " Méditerranée, Tumultes de la houle"  de Baltasar Porcel et la mienne qui possède "Baleares" du même B. Porcel et qui connais bien Majorque, ses histoires d'invasions et de pirates...c'est un peu long, vous êtes prêts?

La primera es la de Dominique, amiga virtual, que tiene un blog literario de mucha calidad, A sauts et à gambades, y que ha leido "Mediterrània. Onatges tumultuosos" de Baltasar Porcel y la mía que posee "Baleares" del mismo B. Porcel y que conoce bien Maloorca, sus historias de incvasiones y de piratas...es un poco largo, ¿listos?

 

enero 2011 018.jpg

" Chaque jour de chaque été se lève et la lumière ne semble pas venir des cieux, mais s’élever, légère, fraîche, insolente, de la terre : les arbres et les talus s’amplifient lentement et se parent d’une délicate tonalité. Puis le soleil se renverse : les monts et les vallées se teignent d’un doré si intense, si clair qu’il stupéfie. "

« Cada día de cada verano amanece y la luz no parece venir del cielo sino levantarse, ligera, fresca, insolente, de la tierra: los árboles y los taludes se amplifican lentamente y se visten de una tonalidad delicada. Luego el sol se vuelca: los montes y los valles se tiñen de un dorado tan intenso, tan claro que deja estupefacto”


L’homme de l'île  / El hombre de la isla

Baltasar_Porcel.jpgNé à Majorque, dans le village d’Andratx en 1937, décédé en 2009, fils d’une famille d’agriculteurs et pêcheurs, B. Porcel décida jeune qu’il voulait être écrivain.

"Il a construit son monde magique et mythique autour de la terre, pauvre, d’Andratx avec des contrebandiers, des émigrants de Cuba, des marins intrépides, des histoires fantastiques et crédibles qu’il a rendus actuels avec les changements du tourisme et de la corruption » (El País 2009).

"Construyó su mundo mágico y mítico alrededor de la tierra pobre de Andratx, con contrabandistas, emigrantes a Cuba, marineros atrevidos, historias fantásticas y creíbles, que hizo actuales con los cambios del turismo y la corrupción.” (El País 2009)

Il a publié un grand nombre de romans et sa vie fut intense, vous pouvez lire une belle biographie de lui dans le Magazine Littéraire.

Publicó un gran número de novelas y tuvo una vida intensa, podéis leer una biografía interesante en La Vanguardia.

Tout comme dans son livre sur la Méditerranée, dans Baleares il offre avec beaucoup d’amour non dénué d’une touche d’ironie et d’un bon sens critique, une vision historico-socio-artistique des îles et un très grand nombre de photos.

Al igual que en su libro sobre el Mediterráneo, en Baleares ofrece con mucho amor no desprovisto de un toque de ironía ni de sentido crítico, una visión histórica-socio-artística des las islas y un gran número de fotos.

Le livre de la mer / El libro del mar

Baltasar Porcel est l’auteur d’un livre monde, un livre qui tisse des liens historiques, artistiques, littéraires entre les pays, les villes qui bordent la Méditerranée. Un livre pour conter sept mille ans d’histoire de cette mer vecteur de civilisation.
Comme un très grand récit de voyage il nous emmène de la
Grèce au delta du Nil, d’Istambul à l’Andalousie, de Corfou à Jérusalem, de Malte à ...Venise... car il prend aussi quelques libertés avec la géographie. On navigue et l’on marche d’île en île, de ports en ports.

Baltasar Porcel es el autor de un libro mundo, un libro que teje lazos históricos, artísticos, literarios entre los países, las ciudades que lindan el Mediterráneo. Un libro para contar siete mil años de historia de ese mar vector de civilización.

Como si fuera un relato muy grande de viaje nos lleva de Grecia al delta del Nilo, de Estambul a Andalucía, de Corfú a Jerusalén, de Malta a…Venecia…ya que se permite algunas libertades con la geografía. Navegamos y andamos de isla en isla, de puerto en puerto.

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C’est un guide tout à fait extraordinaire car les escales sont nombreuses, Porcel aime le vagabondage aussi bien historique que littéraire et l’on est comblé. Tous les héros de cette Méditerranée sont conviés, les Romains, les armées de Scipion l’Africain, Barberousse et les chevaliers de Malte, Soliman le magnifique, sans oublier Ulysse et Achille au plus fort de la bataille.
Le monde littéraire est là aussi : Pline racontant l’éruption du Vésuve, les poètes Andalous, Lampedusa le sicilien célébrant la mort de son monde.
On comprend en le lisant l’attrait qu’exerce la Méditerranée depuis des siècles et comment elle a su prendre dans ses filets aussi bien Byron le héros de Missolonghi que Nietzsche réfugié à Rapallo.  Son récit a le lyrisme des grandes épopées et l’érudition d’une encyclopédie.

Es una guía absolutamente extraordinaria ya que las escalas son numerosas, a Porcel le gusta el vagabundeo tanto histórico como literario y nos colma. Todos los héroes de ese Mediterráneo están convidados, los romanos, los ejércitos de Scipio el Africano, Barbarossa y los caballeros de Malta, Soliman el magnífico, sin olvidar a Ulises y Aquiles en el momento más tenso de su batalla.

El mundo literario también está presente: Pline contando la erupción del Vesuvio, los poetas andaluces, Lampudesa el siciliano celebrando la muerte de su mundo.

Al leerlo se entiende el atractivo que ejerce el Mediterráneo desde hace siglos y cómo ha sabido retener en sus redes tanto Byron el héroe de Missolonghi que Nietzsche refugiado en Rapallo. Su relato tiene el lirismo de las grandes epopeyas y la erudición de una enciclopedia.



Baltasar Porcel qui présidait un Institut de recherche sur la Méditerranée, était un homme de convictions et il réussit parfaitement à vous convaincre sans jamais ennuyer. La vie économique, les batailles, les inventions, la mythologie, le livre couvre tous les champs sans jamais nous égarer.
Il cherche tout ce qui relie, qui rassemble : les paysages, les mêmes oliviers, les orangers, les forêts de châtaigniers, et le parfum de thym de la garrigue.
Un hymne bercé par les musiques du sud, car B Porcel veut croire que malgré les conflits du passé, les guerres civiles, et elles furent nombreuses et sanglantes, le bassin méditerranéen peut être une terre d’unité et de solidarité.

Baltasar Porcel, que presidía un Instituto de investigación sobre el Mediterráneo, era un hombre de convicciones y consigue perfectamente convencernos sin aburrirnos en absoluto. La vida económica, las batallas, las invenciones, la mitología, el libro cubre todos los campos sin perdernos nunca. Él busca todo lo que liga, une: los paisajes, los mismos olivos, los bosques de castaños, y el perfume del tomillo de la landa.

Un himno mecido por las músicas del sur ya que B. Porcel quiere creer que, a pesar de los conflictos del pasado, las guerras civiles, que fueron numerosas y sangrientas, la cuenca mediterránea puede ser una tierra de unidad y de solidaridad.

gallos 017.jpgLe livre se termine chez lui à Majorque avec une touche intimiste qui vibre de son amour pour sa terre natale.

"Je marche au milieu de l’herbe verte, masse souple, pleine de chardons tendres qui seront beaux et agressifs. Il souffle un vent très léger et majestueux, qui apporte de vagues parfums de mer et de sève. Les dernières fleurs de l’amandier, fermeté laiteuse, sentent le miel. Mais l’arbre fruitier le plus généreux est le citronnier, avec sa succession constante de citrons, la merveille jaune et son parfum enivrant."

El libro se termina en su casa, Mallorca, con un toque intimista que vibra por su amor a su tierra natal.

“Ando por la hierba verde, masa flexible, llena de cardos tiernos que serán bonitos y agresivos. Sopla un viento muy ligero y majestuoso, que trae vagos perfumes de mar y savia. Las últimas flores del almendro, firmeza lechosa, huelen a miel. Pero el árbol frutal el más generoso es el limonero con su sucesión constante de limones, la maravilla amarilla y su perfume embriagador” (Trad: Colette)

Le livre : Baltasar Porcel - Méditerranée, Tumultes de la houle Baltasar Porcel  Traduit de l’espagnol par Nelly Lhermillier - Actes Sud 1998

En catalán: Mediterrània. Onatges tumultuosos

Un peu d'histoire / Un poco de historia

Bref historique des premières invasions basé sur le livre Baleares de B. Porcel.

Breve histórico de las primeras invasiones basado en el libro Baleares de B. Porcel.

 

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Comme la plupart des îles de la Méditerranée, Majorque, et malgré qu’on l’appelle « Isla de la calma », a toujours vu arriver des vagues de visiteurs-envahisseurs.

Avant 992, date de l’occupation arabe qui dura jusqu’en 1229, l’île fut « visitée » tour à tour par les grecs, les romains qui fondèrent Palma et Pollença, les vandales et les byzantins.

Les arabes apportèrent énormément sur le plan de l’agriculture, de l’extraction de l’eau, - ces moulins à vent que vous pouvez encore voir partout dans la plaine.

Et de tous temps, des pirates de tous bords. Ce qui décida le Roi Jaime I de chasser les arabes de l’île.

« La conquête de Jaime I, roi de la Couronne catalano-aragonaise, en 1229, a été due en bonne partie à la piraterie qu’exerçaient sur les navires catalan les maures de l’archipel, alors les Almohades. »

Como la mayor parte de las islas del Mediterráneo, Mallorca, y a pesar de su apodo « Isla de la calma », siempre ha visto llegar olas de visitantes-invasores.

Antes de 992, fecha de la ocupación árabe que duró asta 1229, la isla fue “visitada” alternativamente por los griegos, los romanos que fundaron Palma y Pollença, los vándalos y los bizantinos.

Los árabes aportaron muchísimo en el plan de la agricultura, de la extracción del agua, - esos molinos de viento que todavía podéis ver en la llanura.

Y en todas las épocas, piratas de todos tipos. Es lo que decidió el Rey Jaime I de expulsar los árabes de la isla.

“La conquista de Jaime I, rey de la Corona catalana-aragonesa, en 1229, fue ya debida en buena parte a la piratería que ejercían sobre las naves catalanas los moros del archipiélago, entonces los almohades.”

 

Nombre d’entre eux venaient d’Afrique du Nord ou même de Turquie pour piller.

B. Porcel écrit que les arabes, excellents navigateurs, arrivaient sur de petites embarcations pour voler ou kidnapper des paysans, ce qui les intéressait bien plus que combattre, tandis que les turcs, moins habiles en mer, étaient des lutteurs féroces.

Mais ne croyez pas, ajoute-t-il, que les insulaires étaient des anges ! Non seulement ils se défendaient mais ils « rendaient visite » aux arabes pour essayer de récupérer les chrétiens pris en esclavage (Cervantès par exemple).

Que les côtes soient des endroits dangereux a eu d’innombrables conséquences : les villages sont intérieurs, seuls quelques pêcheurs vivaient au bord de mer, les habitants, méfiants, vivent repliés sur eux-mêmes dit Porcel, l’alimentation en est affectée… (un autre billet suivra qui parlera de culture et cuisine, oui !)

 

Muchos de ellos venían de África del Norte o incluso de Turquía para pillar. B. Porcel escribe que los árabes, excelentes navegadores, llegaban montados en pequeñas embarcaciones para robar o secuestrar campesinos, lo que les interesaba mucho más que combatir, mientras que los turcos, menos hábiles en el mar, eran luchadores feroces.

¡Pero no se crean, añade, que los isleños eran ángeles! No sólo se defendían sino que “visitaban” a los árabes para recuperar a los cristianos raptados cogidos como esclavos (Cervantes por ejemplo).

Que las costas sean lugares peligrosos tuvo innumerables consecuencias: los pueblos son interiores, sólo algunos pescadores vivían al borde del mar, los habitantes, desconfiados, viven replegados sobre si mismos dice B. Porcel, la alimentación se ve afectada… (otra nota seguirá que hablará de cultura y cocina,¡sí!)

 

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Je terminerai ce billet par une fête commémorative, historico ludique qui a lieu en divers endroits de la Méditerranée et de Majorque, « Moros y Cristianos ».

Au village de Sóller elle a lieu le second lundi de mai et elle commémore l’exploit réalisé en 1561 quand la population locale s’opposa à une attaque de pirates turcs et algériens. Si elle a une base religieuse c’est son côté théâtral qui frappe le plus. Imaginez : la moitié de la population, principalement les jeunes, s’habille en maures, l’autre en chrétiens de l’époque (on dit que les habitants préfèrent être maures, mais… ?). Les combats commencent au port où débarquent les pirates qui gagnent les deux premières batailles. Se croyant déjà vainqueurs ils se rendent dans la ville où, sur la place, un guet-apens leur est tendu et le combat final est remporté…par les chrétiens.

Dans ce chaos les femmes jouèrent un rôle important : elles tuèrent deux pirates avec une barre en fer et elles sont honorées pour ce haut fait.

Grand merci à Israel Pampín pour les photos de la FIRA de Sóller!

 

 

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Terminaré por una fiesta conmemorativa, historica-lúdica que tiene lugar en varios sitios del Mediterraneo y de Mallorca, “Moros y Cristianos”.

En el pueblo de Sóller tiene lugar el segundo lunes de mayo y conmemora la hazaña realizada en 1561 cuando la población local se opuso a un ataque de piratas turcos y argelinos. Si tiene una base religiosa es su lado teatral el que más llama la atención.

Imaginad: la mitad de la población, los jóvenes en mayoría, se viste de moros, la otra mitad de cristianos de la época (se dice que los habitantes prefieren ser moros, pero…?). Los combates empiezan en el puerto donde desembarcan los piratas que ganan las dos primeras batallas. Creyéndose ya vencedores, se dirigen a la ciudad donde, en la plaza, una trampa les espera y el combate final lo ganan…los cristianos.

En este caos las mujeres tuvieron un papel importante: mataron a dos piratas con una barra de hierro y se les honora por ese acto de valentía.

Muchas gracias a Israel Pampín por las fotos de la FIRA de Sóller

24/04/2011

Tant de silences / Tantos silencios

C’est l’immense variété des silences qui m’a intéressée cette semaine (à commencer par celui de ma connexion Internet que voici arrangée.)

 

Silence rempli d’émotions venant du Venezuela avec A. E. Blanco (1896-1955).

Silence surprenant, amusant du Chilien Pablo Neruda (1904-1973)

 

Et finalement, ces sculptures du Mexicain Rivelino qui sont autant de cris pour la liberté d’expression, pour le droit à la parole. Faites pour de grands espaces à l’air libre, vous les avez peut-être vues dans votre pays car elles ont beaucoup voyagé : regardez ici.

 

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Es la inmensa variedad de los silencios lo que me ha interesado esta semana (y para empezar el de mi conexión Internet ahora arreglada)

 

Silencio lleno de emoción del venezolano A.E. Blanco (1896-1955).

Silencio sorprendente, divertido del Chileno Pablo Neruda (1904-1973).

 

Y finalmente, estas esculturas del mexicano Rivelino que son gritos para la libertad de expresión, para el derecho a la palabra. Hechas para grandes espacios al aire libre, tal vez las habéis visto en vuestro país ya que viajaron mucho; mirad aquí.

 

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Silencio Andrés Eloy Blanco

 

Cuando tú te quedes muda,    

cuando yo me quede ciego,

nos quedarán las manos.

 

Cuando tú te pongas vieja

cuando yo me ponga viejo,

nos quedarán los labios

y el silencio.

 

Cuando tú te quedes muerta,   

cuando yo me quede muerto,    

tendrán que enterrarnos juntos

y en silencio;                             

 

y cuando tú resucites,             

cuando yo viva de nuevo,        

nos volveremos a amar

en silencio;

 

y cuando todo se acabe

por siempre en el universo,       

será un silencio de amor

el silencio.                                  

Silence

Quand tu seras muette,

quand je serai aveugle,

il nous restera les mains.


Quand tu deviendras vieille,

et quand je deviendrai vieux,

il nous restera les lèvres

et le silence.


Quand toi tu seras morte,

et moi je serai mort,

ils devront nous enterrer ensemble

en silence;


et quand tu ressusciteras,

quand je revivrai,

nous nous aimerons à nouveau

en silence;


et quand tout finira

pour toujours dans l’univers,

ce sera un silence d’amour

le silence                                                                                                           


 

Silencio Pablo Neruda

 

 

Yo que crecí dentro de un árbol

tendría mucho que decir, oranges 1.jpg

pero aprendí tanto silencio

que tengo mucho que callar

 

y eso se conoce creciendo

sin otro goce que crecer,

sin más pasión que la substancia

sin más acción que la inocencia,

y por dentro el tiempo dorado

hasta que la altura lo llama

para convertirlo en naranja.

 

Silence P. Neruda

 

Moi qui ai grandi à l’intérieur d’un arbre

j’aurais beaucoup à dire,

mais j’ai appris tant de silence

que j’ai beaucoup à taire

 

et cela s’apprend en grandissant

sans autre plaisir que grandir,

sans plus de passion que la substance,

sans plus d’action que l’innocence,

et en dedans le temps doré

jusqu’à ce que la hauteur l’appelle

pour le transformer en orange.

 

Traductions: Colette

 

Foto 1: http://www.elmundo.es/elmundo/2009/11/22/cultura/1258912481.html

Foto 2. http://www.elmanana.com.mx/notas.asp?id=219895

 

 

 

14/04/2011

Le plaisir de l'orchidée / El placer de la orquídea

Une balade autour de chez moi, des herbes et fleurs folles et surtout la découverte d’orchidées-abeille sauvages.

 

 Un paseo alrededor de mi casa, hierbas y flores “al natural” y sobretodo el descubrimiento de orquídeas-abeja salvajes.

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“Nous sommes des architectes de la pensée. Nous vivons dans de grandes transes.

Et nous sommes souvent devenus animal. Nous avons déjà parlé aux brins d’herbe et aux grands arbres.

Nous sommes dans l’éclosion du printemps.

Nous suivons le rythme des saisons. Nous savons reprendre des forces. Et nous savons répandre notre énergie.

Nous sommes dans la palpitation des corps et des choses. » (Extrait de La Vie de Fabrice Caravaca découvert ici)

 

 

 

orchideas 011.jpg« Somos arquitectos del pensamiento. Vivimos en grande trances.

Y a menudo nos hemos vuelto animales.

Ya hemos hablado a las briznas de hierba y a los árboles grandes.

 Estamos en la eclosión de la primavera.

Seguimos el ritmo de las estaciones.

 Sabemos recobrar fuerzas. Y sabemos difundir nuestra energía.

Estamos en la palpitación des los cuerpos y de las cosas.” (Extracto de “La Vie de Fabrice Caravaca. Trad. Colette)

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 Música
En la selva se oye la música de la barca subiendo
por el río.
A una orquídea le da por gritar de placer.
Muchos árboles están furiosos. No duermen bien
sus hojas,
sacuden con rabia las raíces y le gritan a la barca
de la música.
A mi madre la Anaconda no le importa.
Ella vive muy ocupada dándole vueltas a la tierra,
cargando en su barriga los árboles, los animales y
la gente.

 

Poema de Juan Carlos Galeano encontrado aquí.

 

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Musique

Dans la jungle on entend la musique de la barque qui remonte

le fleuve.

Une orchidée se met à crier de plaisir.

Beaucoup d’arbres sont furieux. Leurs feuilles

ne dorment pas bien,

ils secouent avec rage les racines et ils engueulent  la barque

de la musique.

Ma mère l’Anaconda ne s’en fait pas.

Elle vit fort occupée à faire des tours de la terre

et charge dans son ventre les arbres, les animaux et

les gens.

J.C. Galeano

(Trad : Colette)

 

 

Juan Carlos Galeano (Caquetá, Colombia, 1958). Poeta, traductor y profesor universitario. Miembro fundador de la revista de poesía Ulrika. Ha publicado: Baraja inicial (Poesía, 1986), El pollo sin cabeza de Charles Simic (traducción, 1999), Los muertos y los vivos de Sharon Olds (traducción, 2001), Polen y escopetas (ensayo, 1997) y Amazonia (poesía, 2003).

09/04/2011

Rencontre de vents / Encuentro de vientos

 

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“Toda cultura nace de la mezcla, del encuentro, de los choques. Por el contrario, a raíz del aislamiento mueren las civilizaciones” Octavio Paz

 

 "Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l'inverse, c'est de l'isolement que meurent les civilisations." Octavio Paz

 

 

 

Hier et toujours c’est le mexicain Octavio Paz  et ses vers qui m’ont séduite, emmenée danser dans l’espace ; instants magiques.

Ayer y siempre el mejicano Octavio Paz y sus versos me han seducido, llevado a bailar en el espacio; instantes mágicos.

 

 

 

 

                           Viento          Octavio Paz

Cantan las hojas,
bailan las peras en el peral;
gira la rosa,
rosa del viento, no del rosal.

Nubes y nubes
flotan dormidas, algas del aire;
todo el espacio
gira con ellas, fuerza de nadie.

Todo es espacio;
vibra la vara de la amapola
y una desnuda
vuela en el viento lomo de ola.

Nada soy yo,
cuerpo que flota, luz, oleaje;
todo es del viento
y el viento es aire siempre de viaje.

 

Vent   O. Paz

 

Chantent les feuilles,

dansent les poires sur le poirier ;

tourne la rose,

rose du vent, pas du rosier.

 

Nuages et nuages

flottent endormis, algues de l’air ;

tout l’espace

tourne avec eux, force de personne.

 

Tout est espace ;

vibre la  tige du coquelicot

et l’un, nu,

vole dans le vent dos de la vague.

 

Rien je suis,

corps qui flotte, lumière, houle ;

tout est au vent,

et le vent est de l’air toujours en voyage.

(Trad. Colette)

 

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Extrait d’une interview d’Octavio Paz datant du 2 septembre 1992 dans le journal belge Le Soir.

 

- De quelle époque datent vos premiers poèmes?


 - J'inventais des poèmes quand j'étais enfant mais je ne les écrivais pas de manière délibérée: des imitations, c'est normal! Aristote dit que l'homme est surtout l'animal capable d'imiter. C'est ce qui nous permet d'apprendre, et la création commence comme un pastiche: il faut l'accepter ainsi, même chez Mozart.
Après vient la transgression.
Et l'amour de la transgression. Ce «passage à travers» n'a pas la même importance pour tout le monde, peut-être pas pour moi, alors qu'elle en a eu tant pour les surréalistes. J'aimais beaucoup la transgression sur le plan moral, philosophique, politique, ce qu'on appelle la subversion, mais, au point de vue littéraire, je suis plus attaché à une idée de perfection, au sens de rendre perfectible.

 Les amis de Breton aimaient la poésie dans une sorte de spontanéité alors que, moi, je crois que la poésie doit pouvoir résister à l'érosion du temps, qu'elle doit se couler dans la forme d'un poème.

 

 

 Extracto de una entrevista a Octavio Paz del 2 de septiembre 1992 en el periódico belga Le Soir.

 ¿De qué época datan sus primeros poemas?

Inventaba poemas cuando era niño, pero no los escribía de forma deliberada: imitaciones, ¡es normal! Aristóteles dice que el hombre es sobre todo capaz de imitar. Es lo que nos permite aprender, y la creación empieza como un plagio, hay que aceptarlo así, incluso con Mozart.

Luego viene la trasgresión.

Y el amor de la trasgresión. Ese “tránsito” no tiene la misma importancia para todo el mundo, tal vez no para mí, y sin embargo tanta para los surrealistas. Me gustaba mucho la trasgresión en el plano moral, filosófico, político, lo que se llama la subversión, pero, desde el  punto de vista literario, estoy más ligado a una idea de perfección, en el sentido de volverse perfectible.

A los amigos de André Breton les gustaba la poesía como un tipo de espontaneidad mientras que, yo, creo que la poesía debe poder resistir a la erosión del tiempo, que debe moldearse en la forma de un poema.

(Trad: Colette)

 

(Photo 1, CM, JEA, Photo 2, CM)

19/02/2011

La nature, l'enfance et Lorca / La naturaleza, la infancia y Lorca

lorca libro.jpgEn mi  “Obras completas” de G.G. Lorca, muy gastado, unas entrevistas.

 

-¿Mi vida? ¿Es que yo tengo vida? Estos mis años, todavía me parecen niños. Las emociones de la infancia están en mí. Yo no he salido de ellas. Contar mi vida sería hablar de lo que soy, y la vida es un relato de lo que se fue. Los recuerdos, hasta los de mi alejada infancia, son en mí un apasionado tiempo presente…

 

 

Dans mon “Oeuvres complètes » de G.G. Lorca, fort usé,  quelques interviews.

 

-Ma vie? Ai-je une vie? Les ans que j’ai appartiennent encore à l’enfance.

Les émotions de l’enfance sont en moi. Je n’en suis pas sorti. Raconter ma vie serait parler de ce que je suis, et la vie est un récit de ce qui s’en est allé. Les souvenirs, même ceux de mon enfance la plus lointaine, sont en moi un temps présent passionné….

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-Y se lo contaré. Es la primera vez que hablo de esto, que siempre ha sido mío solo, íntimo, tan privado, que ni yo mismo quise nunca analizarlo. Siendo niño, viví en pleno ambiente de naturaleza. Como todos los niños, adjudicaba a cada cosa, mueble, objeto, árbol, piedra, su personalidad. Conversaba con ellos y los amaba. En el patio de mi casa había unos chopos. Una tarde se me ocurrió que los chopos cantaban. El viento, al pasar por entre sus ramas, producía un ruido variado en tonos, que a mí se me antojo musical. Y yo solía pasarme las horas acompañando con mi voz la canción de los chopos…

 

- Et je vous le raconterai. C’est la première fois que j’en parle, cela n’a toujours appartenu qu’à moi seul, intime, si privé que même moi je n’ai jamais voulu l’analyser. Enfant j’ai vécu en pleine  nature. Comme tous les enfants, j’assignais à chaque chose, meuble, objet, arbre, pierre, sa personnalité. Je conversais avec eux et je les aimais. Dans le patio de ma maison il y avait des peupliers. Un après-midi j’ai eu l’idée que les peupliers chantaient. Le vent, en passant entre leurs branches, produisait un bruit aux tons variés, qui à moi me sembla musical. Et j’avais l’habitude de passer les heures à accompagner de ma voix la chanson des peupliers…

 

-Amo a la tierra - dice Lorca -. Me siento ligado a ella en todas mis emociones. Mis más lejanos recuerdos de niño tienen sabor de tierra. La tierra, el campo, han hecho grandes cosas en mi vida. Los bichos de la tierra, los animales, las gentes campesinas, tienen sugestiones que llegan a muy pocos. Yo las capto ahora con el mismo espíritu de mis años infantiles. De lo contrario, no hubiera podido escribir Bodas de Sangre. Este amor a la tierra me hizo conocer la primera manifestación artística...

 

 

-J’aime la terre - dit Lorca-. Je me sens lié à elle dans toutes mes émotions. Mes souvenirs d’enfance les plus lointains ont une saveur de terre.

La terre, la campagne, ont fait de grandes choses dans ma vie. Les bestioles de la terre, les animaux, les gens des campagnes ont des suggestions qui touchent bien peu de gens. Je les capte maintenant avec le même esprit que dans mes années infantiles.

Sinon je n’aurais pas pu écrire Noces de sang. C’est cet amour de la terre qui m’a fait connaître la première manifestation artistique…

 

 (Foto olivos: http://revista.consumer.es/web/es/20070301/actualidad/informe1/71301.php)

22/01/2011

Cap sur Alger / Rumbo hacia Argel

Dicton algérien

Lahna yegleb laghna


      La quiétude l'emporte sur la richesse

      La quietud prevalece sobre la riqueza.

 

                                                   Leila Ferhat: message de paix

 

Ferhat Leila Message de liberté.jpg

Voisine de la Tunisie, l’Algérie ; le chemin est court mais grandes les différences. Je vous propose aujourd’hui de découvrir une femme de talent.

Vecina de Túnez, Argelia; el camino es corto pero grandes son las diferencias.Os propongo descubrir una mujer de talento.

Anna Greki (1931-1966) est une des premières poétesses algériennes. Connue pour son engagement politique elle parle souvent de son attachement à sa terre natale. Elle aimait dire : « Je suis vêtue de peau fraternelle ». (Pour bien comprendre le poème que j’ai choisi vous devez savoir que El Djezaïr=Alger et voudrait dire les îles, îlots. Si l’étymologie du nom Alger vous intéresse, lisez ici.Quant au dernier vers, un peu surréaliste je trouve, il fait référence à la compagnie de transports maritimes).

Anna Greki (1931-1966) es una de las primeras poetisas argelinas. Conocida por su compromiso político habla a menudo de su amor por su tierra natal. Solía decir: « Voy vestida de piel fraternal ».(Para entender el poema que elegí hay que saber que El Djezaïr = Argel y  significaría islas o islotes.En cuanto al último verso, un poco surrealista, hace referencia a la compañía de trasportes marítimos).

 

Manâa


J'habite une ville si candide
Qu'on l'appelle Alger la Blanche
Ses maisons chaulées sont suspendues
En cascade en pain de sucre
En coquilles d'oeufs brisés
En lait de lumière solaire
En éblouissante lessive passée au bleu
En plein milieu
De tout le bleu
D'une pomme bleue
Je tourne sur moi-même
Et je bats ce sucre bleu du ciel
Et je bats cette neige bleue du ciel
Bâtie sur des îles battues qui furent mille
Ville audacieuse Ville démarrée
Ville au large rapide à l'aventure
On l'appelle El Djezaïr
Comme un navire
De la compagnie Charles le Borgne.

                                                                        Areski Zerarti: Algérie 1830-1962

Zerarti Areski Algérie 1830 1962.jpg

Manâa

 

 

Vivo en una ciudad tan cándida

Que la llaman Argel La Blanca

Sus casas encaladas están suspendidas

En cascadas de pan de azúcar

De cáscaras de huevos estrellados

De leche de luz solar

De deslumbrantes coladas pasadas por azul

En medio

De todo el azul

De una manzana azul

Giro sobre mi misma

Y bato este azúcar azul del cielo

Y bato esta nieve azul del cielo

Erigida en unas islas batidas que fueron mil

Ciudad atrevida Ciudad arrancada

Ciudad de alta mar abierta a la aventura

La llaman El Djezaïr

Como un barco

De la compañía Carlos el Tuerto. (Trad. Colette)