05/06/2013

Questions maritimes / Preguntas marítimas

MER DU SUD

 

Jacinta Lanusse                             

 

Est-ce furie ou passion

qui la poussent à foncer

jusqu'à se fracasser?

Bon sens ou délire

à grandir et s'effondrer?

Quel fantôme fuit-elle,

à quel mirage pense-t-elle

qui l'oblige à se dissoudre,

en écume

dans les pores du sable?

 

(Trad: Colette) 

 

 

 

MAR DEL SUR

 

 

     (La fanfarria salvaje, Botella al Mar)
  Jacinta Lanusse

¿Furia o pasión
lo mueven a arremeter
hasta estrellarse?
¿Sensatez o delirio
a crecer y desmoronarse?
¿De qué fantasma huye,
a qué espejismo acude
que lo obliga a disolverse,
sólo espuma
en los poros de la arena?

 

 

 

Jacinta Lanusse nació en Buenos Aires, ciudad en la que reside. Es cantante lírica profesional y pertenece al Coro Estable del Teatro Colón. Su temprana inclinación por las letras la llevó a realizar estudios en la Facultad de Filosofía y Letras de la UBA, además de estudios de francés e inglés.

 

En la actualidad desarrolla sus dos vocaciones: el canto y la poesía.

25/05/2013

La pluie ne ment pas / La lluvia no miente


Que les oiseaux ne se perdent pas derrière la mer (Extraits)

Que los pájaros no se pierdan detrás del mar (Extractos)

 

SONIA TIRANTI (Paraguay)

Llueve. En el antes, en la memoria del tiempo, queda escondida.

Ensucia los

pasos; sus pasos. Zurce los labios del viento, para no escuchar.

 

Il pleut. Dans l'avant, dans la mémoire du temps, elle reste cachée. 

 Elle salit les

pas; ses pas. Elle recoud les lèvres du vent, pour ne pas écouter.


  IV
 

Caminé, sobre el barro.

Tanto tiempo,

que el viento

cansado ya de mi respiración,

decidió besarme.

Je marchai, sur la boue.
 
Si longtemps,

que le vent

fatigué de ma respiration,

décida de m'embrasser.


.............


Bien que la pluie ait été ici partiellement évincée par de blancs nuages, voilà un extrait

pluvieux de: "De la pluie" de Martin Page.

ilustracion+lluvia+paraguas+agua+mujer+hombre[1].jpg



Page 15 :


« La pluie confirme mes sentiments. Certains amours ne lui ont pas résisté;

leurs couleurs mal fixées ont été délavées. La pluie agit tel le révélateur du

photographe qui, sous la lumière rouge, porte l’image à la vie. Elle achève la

cristallisation.


Parfois la pluie me permet d’être amoureux sans objet. Un jour, le sang

battant dans les tempes, le coeur tumescent, je révélai ma passion à un ami. Il

medemanda l’identité de ma dulcinée. Je répondis que je ne la connaissais pas

encore. Mais j’étais certain de son existence : la pluie ne ment pas. Pour un

temps, c’est une histoire sans disputes et sans jalousie, mais aussi sans baisers

et sans partage. Cet amour orphelin ne tarde pas à s’incarner. La pluie possède

une vertu prémonitoire; elle annonce la femme que j’aimerai comme le

suestados prévient de l’arrivée d’une tempête.


La pluie tombe comme nous tombons amoureux : en déjouant les prévisions. »


NB:

Le suestados est un vent fort qui souffle sur les côtes d'Amérique du sud et annonçant un cyclone, ai-je lu.


02-big.jpg

                 Manga http://www.anime.com/You_Will_Fall_in_Love/
 

Aunque la lluvia haya parcialmente desaparecido, os he traducido dos

extractos, llenos de originalidad, de un libro de Martin Page:

 

De la lluvia

 

La lluvia confirma mis sentimientos. Algunos amores no le han resistido;

sus colores mal fijados se han aguado. La lluvia actúa tal el revelador del

fotógrafo que, bajo la luz roja, lleva la imagen a la vida. Termina la

cristalización.

A veces la lluvia me permite estar enamorado sin sujeto. Un día,

la sangre golpeando las sienes, el corazón henchido, desvelé mi pasión a

un amigo.Me preguntó el nombre de mi dulcinea. Le contesté que todavía

no lo conocía. Pero que estaba seguro de su existencia: la lluvia no miente.

Por un tiempo, es una historia sin peleas y sin celos, pero también sin

besos ni intercambio.

Ese amor huérfano no tarda en encarnarse. La lluvia posee une virtud

premonitoria; anuncia la mujer que querré como el suestados” avisa de

la llegada de una tempestad.

La lluvia cae como nos enamoramos: burlándose de las previsiones.”

(Trad: Colette)


 

05/05/2013

Ces mondes qui nous vivent / Esos mundos que nos viven

 

ALICIA GHIRAGOSSIAN              Ara Malikian
       Poétesse-Poetisa                                    Violoniste/a

 Tous deux d'origine arménienne
                      Ambos de origen armenio


 


Où te mène
le mot que tu lâches?

Quelle clef inventes-tu
juste au milieu
de ton regard? 
 
Comment suspends-tu
            ton visage
                   dans le sourire
et t'échappes-tu?

Que sais-tu
          des mondes              
              qui nous vivent
sans être à nous?

Quel souvenir as-tu
de chaque vie planétaire
dans le nombre de siècles
qui précèdent
toi moi d'aujourd'hui?

Qui crois-tu devenir
en franchissant le seuil
de ceux qui peuvent voir?

Les portes du mystère
n'ont pas de cadenas.

(Traduction: Colette)

 

 

¿Dónde te lleva
la palabra que sueltas? 


¿Qué clave inventas
en la mitad exacta                    
de tu mirada?  


¿Cómo suspendes                         
         tu rostro

               en la sonrisa
y te escapas?  


¿Qué sabes          
             de los mundos 
                      que nos viven
sin ser nuestros? 


¿Qué recuerdas
de cada vida planetaria
en el número de siglos
que preceden
tu yo de hoy?  


¿Quién crees que serás
atravesando el umbral
de los que pueden ver?  


Las puertas del misterio
no tienen candado.

 

"C'est une comète, un soleil, le beau temps de la poésie", écrivait d'elle Jacques Prévert.

 

Cette définition est si lumineuse et si vraie qu'elle rend vain tout commentaire. Nous nous contenterons donc de préciser qu'Alicia Ghiragossian est une comète qui brille dans le ciel argentin, mais qu'elle vient d'ailleurs.

 

En effet, née à Cordoba (Argentine), elle est, comme son nom l'indique, fille d'immigrants ayant quitté un pays pour beaucoup d'entre nous mystérieux et légendaire : l'Arménie. Ce qu'elle dit dans ses deux langues et qu'elle a un jour appelé "poésie métadimensionnelle" surgit dans les pages de ses recueils, en particulier : "Un jour cinq voix" (1966), "Pedro amour" (1969), "En temps en amour en paix" (1970), "Etre et ponctuation" (illustré par Picasso, 1972), "Orbite de deux" (1972), "Après les cendres" et "Lettre pour l'Arménie" (1972), "Expériences arméniennes" (1970).”

Claude Couffon

  

Pour en savoir plus sur elle, en anglais, espagnol ou arménien, ici: http://www.poetalicia.com/espanol/resume.html

 

Podréis encontrar todo sobre si vida, su obra aquí: http://www.poetalicia.com/espanol/resume.html

 

06/04/2013

Douleurs et ombres / Rosalía de Castro / Dolores y sombras

Rosalia de Castro est née en 1837 en Galice, à Saint Jacques de Compostelle de “parents inconnus”. Pas si inconnus que ça, mais sa mère, fille-mère comme on disait à l'époque, n'osa pas la déclarer et son père, un prêtre, ne put pas le faire. Pas facile en effet, ni alors (sacrilège), ni aujourd'hui.
Pendant les cinq premières années de sa vie elle fut élevée par des soeurs de son père. Mais après, sa mère, affrontant la société, décida de l'éduquer elle-même.
Un lien très étroit se crée alors entre la mère et la fille. Rosalía ne reprochera jamais à sa mère de l'avoir abandonnée et a pour elle un amour sans borne, admire son courage.
Rosalía reçoit une éducation sommaire dans la campagne de Galice.

Rosalía de Castro nació en 1837 en Galicia, Santiago de Compostela, de “padres desconocidos”. No tan desconocidos pero su madre, madre soltera, no se atrevió a declararla y su padre, un sacerdote, no pudo. No era fácil, ni entonces (sacrilegio) ni ahora tal vez.
Durante los cinco primeros años de su vida fue criada por unas hermanas de su padre. Pero después, enfrentándose a la sociedad, su madre decidió educarla ella misma.
Un lazo muy estrecho se estableció entre madre e hija y Rosalía nunca le reprochó su abandono a su madre, la adora, admira.
Su educación escolar fue básica, en el campo gallego.



À 19 ans elle part à Madrid, écrit la première série de Poèmes Flores, en espagnol, d'inspiration romantique. Puis elle rencontre et se marie avec le journaliste et intellectuel connu Manuel Martínez Murguía qui l'introduit dans le monde, l'encourage à écrire, à publier. Elle écrira en galicien.
Deux malheurs successifs, la mort de sa mère adorée et celle d'un enfant d'un an, la plongent dans une douleur immense. Elle écrira des poèmes déchirants. 

A los 19 años se marcha a Madrid, escribe su primera serie de poemas Flores, en español, de inspiración romántica. Luego encuentra y se casa con el periodista e intelectual Manuel Martínez Murguía que la introduce en el mundo, la anima a escribir, a publicar.
Dos desgracias sucesivas, la muerte de su madre querida y la de un hijo de un año la sumergen en un inmenso dolor. Escribe varios poemas desgarradores.
 
Pour aujourd'hui nous en resterons là de sa vie, nous en savons assez pour comprendre le poème que j'ai choisi.
La mort déguisée en ombre noire, omniprésente.
Ce poème est devenu une des chansons les plus emblématiques de la musique galicienne car le musicien Xoán Montés Capón (1840) a uni mots et musique.
Luz Casals, Carlos Nuñoz, deux grands artistes pour interpréter ce poème-chanson en galicien.

Llegados a este punto de su vida, nos pararemos, sabemos bastante para entender el poema que elegí.
La muerte disfrazada de sombra negra, omnipresente.
Este poema se ha convertido en una de las canciones más emblemáticas gallegas ya que el músico  Xoán Montés Capón (1840) unió palabras y música.

 



Voici le poème en espagnol et ma traduction en français. 

Negra sombra Rosalía de Castro

 

 

Cuando pienso que te fuiste,
negra sombra que me asombras,
a los pies de mis cabezales,
tornas haciéndome mofa.

 

Quand je pense que tu es partie,
ombre noire qui m'inquiètes,
à mon chevet,
tu reviens te moquer de moi.

 

Cuando imagino que te has ido,
en el mismo sol te me muestras,
y eres la estrella que brilla,
y eres el viento que zumba.

 

Quand j'imagine que tu t'en es allée,
en plein soleil tu te montres,
et tu es l'étoile qui brille,
et tu es le vent qui bruit.

 

 
Si cantan, eres tú que cantas,
si lloran, eres tú que lloras,
y eres el murmullo del río
y eres la noche y eres la aurora.

 

S'ils chantent, c'est toi qui chantes,
s'ils pleurent, c'est toi qui pleures,
et tu es le murmure du ruisseau,
et tu es la nuit et l'aurore.

 

En todo estás y tú eres todo,
para mí y en mi misma moras,
ni me abandonarás nunca
sombra que siempre me asombras.

 

Tu es en tout et tu es tout,
pour moi et en moi tu vis,
jamais tu ne m'abandonneras
ombre qui toujours m'inquiètes.  

 

 (Trad en français: Colette)

 

 

 

30/03/2013

L'éternel printemps de Rosalía / La eterna primavera de Rosalía

Comment aborder l'oeuvre poétique de Rosalía de Castro (1837-1885)? Je vous parlerai d'elle dans le prochain billet, mais aujourd'hui j'ai traduit ce poème qui semble si simple.

¿Cómo abordar la obra poética de Rosalía de Castro? Os hablaré 
de ella en la próxima nota, pero os dejo hoy con este poema que
 parece tan simple.

 

 

Mallorca, ce matin, près de Raixa

(clic sur les photos, elles bien plus belles en grand)

 

 

 

On dit que les plantes ne parlent pas

 

Rosalía de Castro

  

On dit que ni les plantes, ni les sources, ni les oiseaux ne parlent,

Non plus la vague et ses grondements, ni les astres et leur brillance,

On le dit, mais c'est faux, car toujours quand je passe,

 Ils murmurent et s'exclament:

 - Voilà la folle rêvant

 De l'éternel printemps de la vie et des champs,

 Et déjà bien vite, bien vite, elle aura les cheveux blancs,

 Et tremblante, gelée, elle voit que le givre couvre le champ.

  

- Il y a des cheveux blancs sur ma tête, et du givre dans les champs,

Mais je continue à rêver, pauvre, incurable somnambule,

À l'éternel printemps de la vie qui s'éteint

Et à la persistante fraîcheur des champs et des âmes,

Bien que les uns se fanent et les autres s'embrasent.

 

 Astres et sources et fleurs, ne médisez pas de mes rêves,

 Sans eux, comment vous admirer et comment vivre sans eux?

(Trad: Colette) 

 

Mallorca, Cala Gamba

 

 

 

Dicen que no hablan las plantas

 

Rosalía de Castro

 



Dicen que no hablan las plantas, ni las fuentes, ni los pájaros,
Ni el onda con sus rumores, ni con su brillo los astros,
Lo dicen, pero no es cierto, pues siempre cuando yo paso,
De mí murmuran y exclaman:
—Ahí va la loca soñando
Con la eterna primavera de la vida y de los campos,
Y ya bien pronto, bien pronto, tendrá los cabellos canos,
Y ve temblando, aterida, que cubre la escarcha el prado.

—Hay canas en mi cabeza, hay en los prados escarcha,
Mas yo prosigo soñando, pobre, incurable sonámbula,
Con la eterna primavera de la vida que se apaga
Y la perenne frescura de los campos y las almas,
Aunque los unos se agostan y aunque las otras se abrasan.

Astros y fuentes y flores, no murmuréis de mis sueños,
Sin ellos, ¿cómo admiraros ni cómo vivir sin ellos?

 

23/03/2013

Joan Miró et Ubu

Ubu, Alfred Jarry et puis cette chanson de Dick Annegard qu'ados on chantait à tue-tête, enchantés par le petit zizi et le gros cul, la femme infâme...et le roi-tyran qui “est mouru”.
 
 

 

 

JoanMiró fut fasciné par ce tyran: " Maintenant tout le monde voit clairement que ce que Alfred Jarry a imaginé était en fait Franco et les siens. C'est la raison pour laquelle Ubu m'a fasciné pendant les années de franquisime, et c'est la raison pour laquelle je l'ai dessiné si souvent”.

Un aspect peu connu de Miró celui de résistant au franquisme, de sa lutte contre le dictateur, pour la liberté.

Il l'a illustrée abondamment dans trois séries de dessins: Ubu Roi, L'enfance d'Ubu, Ubu aux Baléares.

 

 

 

 

 

 

 Une partie, celle que j'ai vue, les dessins sont fort amusants, se trouve au Musée Es Baluard, Palma de Majorque. 

 

 
(clic pour agrandir)

 

Il existe une pièce de théâtre, “Mori y Merma” sur le même thème: les décors et marionnettes sont été entièrement réalisés par Miró.

 

 

 
Ubú, Alfred Jarry, y esta canción en francés del holandés Dick Annegarn que, niña, canturreaba porque habla del pito pequeño y del culo gordo del tirano, de su mujer, infame, y del rey “que ha morido”.

 

Joan Miró fue fascinado por ese tirano: “Ahora todo el mundo ve claro que aquello que Alfred Jarry imaginó era en realidad Franco y los suyos. Esta es la razón por la cual Ubú me ha fascinado durante los años del franquismo, y es la razón por la cual lo he dibujado tan a menudo".

 

Un aspecto poco conocido el del artista resistente al franquismo, de su lucha contra el dictador, por la libertad.

 

La ilustró en numerosos dibujos de tres series: Ubú Rey, La infancia de Ubú, Ubú en las Baleares. Una parte de ellos, los que ví, son muy divertidos, se encuentra en el Museo es Baluard, Palma de Mallorca.

 

 

Existe una obra de teatro, “Mori y Merma” que trata del mismo tema: el decorado y las marionetas fueron realizados por Miró.

16/03/2013

Combien je suis / Cuántos soy

Il est des semaines où, on ignore pourquoi, une image, une musique, un mot, une idée, s'obstinent à nous poursuivre.
Cette semaine-ci, sur une place de Palma où je me baladais avec mon appareil, j'ai photographié ce panneau. 
Ciertas semanas una imagen, una música, una palabra, une idea, se obstinan en perseguirnos.
Esta semana empezó en una plaza de Palma donde paseaba con mi cámara y fotografié esta señal.

 

 

Plaza Progreso, Palma de Mallorca

 

 
Pourquoi ce mot, là?
J'y pensais encore quand j'ai vu cette peinture illustrant je ne sais plus quoi...signée : Confusion Group. Espagnols, de Madrid*.
¿Por qué esa palabra, allí?
Todavía pensaba en ello cuando vi esta pintura ilustrando no me acuerdo qué texto...firmada: Confusion Group. Españoles, de Madrid*.

 

Confusion Group: Sólo son rostros

 

Troublée par tant de confusions je me suis mise à traduire ce poème...ce qui n'a fait qu'augmenter mon chaos mental!

Perturbada por tantas confusiones decidí publicar este poema...¡lo que no hizo más que aumentar mi caos mental!

 

Pablo Neruda –

 

Nous sommes beaucoup

 

Vaguedivague (Estravagario, 1958)

De tant d’hommes que je suis, que nous sommes,
je ne puis en trouver aucun:
ils se perdent sous mes vêtements,
ils sont partis dans une autre ville.

Lorsque tout est prêt
pour me montrer intelligent
le sot caché en moi
parle par ma bouche.

Quand une maison respectée brûle
au lieu du pompier que j’appelle
c'est l’incendiaire qui se précipite
et celui-là c’est moi. Je n'y peux rien.
Comment faire pour me choisir?
Comment me racheter?

Tous les livres que je lis
célèbrent des héros éclatants
toujours sûrs d’eux-mêmes:
je meurs de jalousie pour eux,
et dans les films de vents et de balles,
je demeure à jalouser le cavalier,
je demeure à admirer le cheval.
 
Mais lorsque j’appelle l’intrépide
c’est le vieux paresseux qui m’arrive,
et ainsi je ne sais qui je suis,
je ne sais combien je suis ou serons.

J’aimerais appuyer sur une sonnette
et faire sortir mon véritable moi
car si de moi j’ai besoin
je ne dois pas me dérober.

(...)
(Trad: Colette)


PABLO NERUDA
 Muchos somos.
Estravagario, 1958 

De tantos hombres que soy, que somos,
no puedo encontrar a ninguno:
se me pierden bajo la ropa,
se fueron a otra ciudad.

Cuando todo está preparado
para mostrarme inteligente
el tonto que llevo escondido
se toma la palabra en mi boca.

Otras veces me duermo en medio
de la sociedad distinguida
y cuando busco en mí al valiente,
un cobarde que no conozco
corre a tomar con mi esqueleto
mil deliciosas precauciones.

Cuando arde una casa estimada
en vez del bombero que llamo
se precipita el incendiario
y ése soy yo. No tengo arreglo.
Qué debo hacer para escogerme?
Cómo puedo rehabilitarme?

Todos los libros que leo
celebran héroes refulgentes
Siempre seguros de sí mismos:
me muero de envidia por ellos,
y en los films de vientos y balas
me quedo envidiando al jinete,
me quedo admirando al caballo.  

Pero cuando pido al intrépido
me sale el viejo perezoso,
y así yo no sé quién soy,
no sé cuántos soy o seremos.  

Me gustaría tocar un timbre
y sacar el mí verdadero
porque si yo me necesito
no debo desaparecerme. 

 

 

 

 

*Confusion Group es un grupo artístico que desarrolla su actividad en Madrid desde hace ocho años, en distintas disciplinas (artes plásticas, fotografía, vídeoarte, instalaciones, música, literatura…) tanto individual como colectivamente. También trabajan en colaboración con otros artistas. Confusion Group is an artistic group that develops his activity in Madrid for eight years, in different disciplines (plastic arts, photo, vídeoarte, art installations, music, literature…) both individual as collectivly. They also work incollaboration with other artists.
http://www.confusiongroup.com/paintings.html

09/03/2013

Chair et âme / Carne y alma

Aujourd'hui je vous propose une sélection personnelle d'extraits de divers poèmes de Julia de Burgos.
Hoy os propongo une selección personal de extractos de diversos poemas de Julia de Burgos.



Le mystère est-il bleu?
Penchée en moi même je contemple ma délivrance,
qui me ramène à la vie dans ton éclat...

(Du poème “ Il n'y a pas d'abandon”)



¿Es azul el misterio?

Asomada en mi misma contemplo mi rescate,
que me vuelve a la vida en tu destello...

( Del poema: No hay abandono)

 

Soy ola de abandono,
derribada, tendida,
sobre un inmenso azul de sueños y de alas.
 
Je suis vague d'abandon,
abattue, tendue,
sur un immense bleu de rêves et d'ailes.
 
DONDE COMIENZAS TÚ (extracto)

OÙ TU COMMENCES(extrait) J. de Burgos

 

 

Chanson nue (extrait) J. de Burgos

 

Réveillée des caresses,
sur mon corps je sens encore ton étreinte.
Frémissante et légère j'avance toujours dans ton image.
Si profond et instinctif fut mon simple appel!
 
 
Canción desnuda (extracto)
 
Despierta de caricias,
aún siento por mi cuerpo corriéndome tu abrazo.
Estremecido y tenue sigo andando en tu imagen.
¡Fue tan hondo de instintos mi sencillo reclamo...
 
 

 

Minuit (extrait) J. de Burgos
 
Un tremblement indécis de tropique
pénètre notre alcôve. Entretemps,
ta vie et la mienne se sont embrassées...
et nos âmes vont s'approchant!
 
 
Comme je sens que je suis dans ta chair
tel un épi à l'ombre de l'astre!
Comme je sens que j'atteins ton âme
et que là-bas tu m'attends!
 
Se sont unis, mon amour, se sont unis
nos rires plus blancs que le blanc,
et, ô miracle! dans la lumière d'une larme
se sont embrassés tes pleurs et mes pleurs...
 
 
Azul de noche. Carlos E. Hergueta
 

 

Medianoche
 
Un temblor indeciso de trópico
nos penetra la alcoba. ¡Entre tanto,
se han besado tu vida y mi vida...
y las almas se van acercando!

¡Cómo siento que estoy en tu carne
cual espiga a la sombra del astro!
¡Cómo siento que llego a tu alma
y que allá tú me estás esperando!

Se han unido, mi amor, se han unido
nuestras risas más blancas que el blanco,
y ¡oh milagro! en la luz de una lágrima
se han besado tu llanto y mi llanto...
 

 

(Toutes les traductions : Colette)

03/03/2013

Les horizons appris / Julia de Burgos / Los horizontes aprendidos

Une poésie peu et mal connue celle de la portoricaine Julia de Burgos (1914-1953), une langue rythmée, à lire, écouter, chanter.

  

Una poesía poco y mal conocida la de la portorriqueña Julia de Burgos (1914-1953), una lengua con ritmo para leer, escuchar, cantar.

 

 

 

 

 


 

JE FUS MA PROPRE ROUTE

 

Julia de Burgos

 

 

 

Je voulus être comme les hommes voulaient que je sois:

 

une tentative de vie;

 

un jeu de cache-cache avec mon être.

 

Mais j'étais faite de présents,

 

et mes pieds plats sur la terre prometteuse

 

ne souffraient pas de marcher en arrière,

 

et ils poursuivaient vers l'avant, vers l'avant,

 

trompant les cendres pour atteindre le baiser

 

de nouveaux sentiers.

 

 

 

À chaque pas sur ma route vers le front

 

déchirait mes épaules le battement désespéré

 

des vieux troncs.

 

 

 

Mais la branche était à jamais libérée,

 

et à chaque nouveau coup mon regard

 

se séparait encore, encore et encore des lointains

 

horizons appris:

 

et mon visage prenait une expression qui montait de l'intérieur,

 

l'expression définie qui montrait un sentiment

 

de libération intime;

 

un sentiment qui surgissait

 

de l'équilibre entretenu entre ma vie

 

et la vérité du baiser des nouveaux sentiers.

  

(...)

 

Je voulus être comme les hommes voulurent que je sois:

 

Une tentative de vie;

 

un jeu de cache-cache avec mon être.

 

Mais j'étais faite de présents;

 

quand les hérauts m'annonçaient déjà

 

dans le défilé royal des vieux troncs

 

mon désir de suivre les hommes s'est brisé,

 

et l'hommage est resté là à m'attendre.

 

Trad: Colette

 

 

 

 

 

 

 
YO MISMA FUI MI RUTA 

 

Julia de Burgos

 

Yo quise ser como los hombres quisieron que yo fuese:

 

un intento de vida;

 

un juego al escondite con mi ser.

 

Pero yo estaba hecha de presentes,

 

y mis pies planos sobre la tierra promisora

 

no resistían caminar hacia atrás,

 

y seguían adelante, adelante,

 

burlando las cenizas para alcanzar el beso

 

de los senderos nuevos.

 

 

 

A cada paso adelantado en mi ruta hacia el frente

 

rasgaba mis espaldas el aleteo desesperado

 

de los troncos viejos.

 

 
Pero la rama estaba desprendida para siempre,

 

y a cada nuevo azote la mirada mía

 

se separaba más y más y más de los lejanos

 

horizontes aprendidos:

 

y mi rostro iba tomando la expresión que le venía de adentro,

 

la expresión definida que asomaba un sentimiento

 

de liberación íntima;

 

un sentimiento que surgía

 

del equilibrio sostenido entre mi vida

 

y la verdad del beso de los senderos nuevos.

 

 

 

(...)

 

Yo quise ser como los hombres quisieron que yo fuese:

 

un intento de vida;

 

un juego al escondite con mi ser.

 

Pero yo estaba hecha de presentes;

 

cuando ya los heraldos me anunciaban

 

en el regio desfile de los troncos viejos,

 

se me torció el deseo de seguir a los hombres,

 

y el homenaje se quedó esperándome.

 

 

 

02/02/2013

Un "voyage enchanteur" / Un "viaje encantador"

Le 2 Novembre 1892, le jour, précisément, des Morts, bon augure, je partis par la gare du Nord* dans, grâces à des fonds miraculeusement venus des Pays-Bas, un wagon spécial de première classe, sinon en vrai souverain, du moins en prince encore très sortable - :”
*(Paris)
El 2 de Noviembre 1892, el día, precisamente, de los Muertos, buen auguro, salí por la estación del Norte* en, gracias a unos fondos milagrosamente venidos de los Países Bajos, un vagón especial de primera clase, si no es en verdadero soberano, por lo menos en príncipe todavía muy presentable -:”
* (París)
Ce “je” est Paul Verlaine, invité par un groupe d'artistes et de littérateurs pour donner une série de conférences à Den Haage (La Haye), Leyde et Amsterdam. Il accepta volontiers ”ayant toujours été curieux de ce pays que l'ingrat Voltaire, son hôte de corps et d'esprit, dénonce comme plein “de canaux, de canards et de canailles”, de ce pays qu'à mon tour je proclame plein, évidemment de canaux et de canards, mais plus encore de talent héréditaire et de traditionnelle histoire restée.”
Este “Yo” es Paul Verlaine, invitado por un grupo de artistas y literatos para dar une serie de conferencias en La Haya, Leyde y Amsterdam. Acepta con mucho gusto “habiendo siempre sido curioso de este país que el ingrato Voltaire, su huésped de cuerpo y espíritu, denuncia como lleno “ de canales, patos y canallas”, de ese país que a mi vez proclamo lleno, evidentemente de canales y patos, pero aún más de talento hereditario y de tradicional historia permanecida.”
 
 
 
Quinze jours en Hollande” de Paul Verlaine; une série de lettres à un ami qui lui a demandé de lui relater son séjour.
L'édition que je possède est magnifique, illustrée à la main, des aquarelles de Van Teyne. Un héritage “de grand-mère, en mère, en fille” sans prix donc.
C'est avec délicatesse (pour en pas l'abimer) et curiosité que je me suis immergée dans ce récit. La prose de Verlaine m'était inconnue, elle m'a surprise par sa variété; un style très vivant fait de rapprochements, d'incises et de digressions. Ces dernières sont souvent des vers, des réflexions, quelques souvenirs. Aucune mention de sa tumultueuse vie passée pourtant.
Reçu et partout traité, c'est vrai, comme un prince, il s'attache au peintre symboliste Toorop, au poète Albert Verwey, au peintre Joseph Israëls, à l'écrivain Willem Kloos...des artistes très connus dit-il, mais dont j'ai à peine entendu le nom.
Quinze días en Holanda” de Paul Verlaine; una serie de cartas a un amigo que le pidió que le contara su estancia allí. Fue con gran curiosidad con la que me metí en ese relato. La prosa de Verlaine me era desconocida, me sorprendió por su variedad; un estilo muy vivo hecho de aproximaciones, incisas y digresiones. Estas últimas son a menudo versos, reflexiones, recuerdos. Sin embargo no hace ninguna referencia a su tumultuosa vida anterior.
Recibido y, es cierto, tratado como un príncipe por todas partes, establece amistad con el pintor simbolista Toorop, con el poeta Albert Verwey, con el pintor Joseph Israëls, el escritor Willem Kloos...todos artistas muy conocidos dice, pero yo apenas he oído su nombre.
 
 
Enchanté, il visite les villes, des musées, il détaille tout avec grand intérêt; il passe pas mal de temps aussi, entouré d' un aéropage, dans des cafés et restaurants où les cigares et l'alcool, surtout les amer-Schiedam (sorte d'eau de vie) trouvent chez Verlaine un gosier fort accueillant.
Avant chaque conférence, et pour s'éclaircir la voix, il gobe un oeuf cru. Être le centre de l'intérêt et l'attention lui plaît énomément.
Quant au sujet de ses conférences:
...J'ai bien assez de mon symbolisme à moi, - j'entends, grands dieux, non pas le mien qui n'a jamais existé, - je veux dire celui, feu d'ailleurs, de Jean Moréas aujourd'hui Chef de l'École romane.
Ce sacré, les anglais diraient “bloody”, symbolisme dont je dois encore parler ici.”
Alors il alterne et lit/récite, à la demande du public, beaucoup de ses propres poèmes.
Encantado, visita las ciudades, unos museos, detalla todo con gran interés; pasa mucho tiempo también, rodeado de un aerópago, en cafés y restaurantes donde los puros y el alcohol, sobre todo los “amer-Schiedam” (un tipo de aguardiente) encuentran en Verlaine un cliente más que acogedor.
Antes de cada conferencia, y para aclarase la voz, traga un huevo crudo. Ser el centro del interés y de la atención le encanta.
En cuanto al tema de sus conferencias:
...Me basta con mi propio simbolismo, - entiendo, dios mío, no el mío que nunca existió, - sino el del ya fallecido Jean Moréas hoy Jefe de la Escuela románica.
Este maldito, los ingleses dirían “bloody”, simbolismo del cual tengo que hablar de nuevo aquí.”
También lee/recita, a la demanda de su público, muchos de sus propios poemas.
 
 
 
 
 
Tour à tour émerveillé, attentif à tout et à tous, attendrissant dans sa relation avec la fillette de son hôte, Monsieur Zilcken, Verlaine se révèle à moi comme épistolier-voyageur hors pair.
 
Trouverez-vous chez un bouquiniste cette balade hollandaise? Est-il réédité?
Je vous le souhaite.

NB: Il existe sur Gallica la possibilité de le lire et/ou feuilleter: http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=...



Portrait de Verlaine par Ph. Zilcken


Alternativamente maravillado, atento a todo y a todos, enternecedor en su relación con la joven hija de su huésped, el Señor Zilcken, Verlaine se me revela como un viajero-epistolar fuera de serie.
No sé si lo encontraréis, tal vez una edición antigua...os lo deseo.

15/12/2012

Au fil du vent /F. García Lorca / Al filo del viento

Inconnu aux mille noms,
tellement vivant,
le vent.

Si la poésie de Federico García Lorca est visuelle et nous emporte toujours vers des images fortes, celle du vent me semble être la plus frappante: le poète réussit à nous faire voir l'invisible.

Dessin F.G. LorcaFederico Garcia Lorca Drawing--Death.jpg


Voici ma traduction de:

 

Trois histoires du vent

 

I

 

 
Le vent dévalait rouge
sur le coteau allumé

et il devint vert, vert
du côté de la rivière.
Après il virera au violet,
au jaune et...
Il sera sur les semailles
un arc-en-ciel tendu.
 

 

II

 

                                   Vent dormant.                                     

En haut le soleil.
En bas
les algues frémissantes
des peupliers.
Et mon cœur
tremblant.
 

Vent dormant
à cinq heures du soir
Sans oiseaux.

 

III

 

La brise
est ondulée
comme les cheveux
de certaines filles.
Comme les veines
de vieilles planches.

La brise
jaillit comme l'eau
et se répand,
comme un baume blanc,
dans les vallons,
et s'évanouit
en cognant le dur
de la montagne.

(Trad: Colette)

 

VIENTO- RODRIGO R.PIMENTEL.jpg

Rodrigo R. Pimentel Viento

Desconocido con mil nombres,
tan vivo,
el viento.
Si la poesía de Lorca es visual y nos lleva siempre hacia imágenes fuertes, la del viento me parece particularmente significativa: el poeta consigue hacernos ver lo invisible.

Tres historias de viento
I

El viento venía rojo
por el collado encendido
y se ha puesto verde, verde
por el río.
Luego se pondrá violeta,
amarillo y...
Será sobre los sembrados
un arco iris tendido.



II


Viento estancado.
Arriba el sol.
Abajo
las algas temblorosas
de los álamos.
Y mi corazón
temblando.

Viento estancado
a las cinco de la tarde.
Sin pájaros.
 
III

La brisa
es ondulada
como los cabellos
de algunas muchachas.
Como los marecitos
de algunas viejas tablas.
La brisa
brota como el agua
y se derrama,
como un bálsamo blanco,
por las cañadas,
y se desmaya
al chocar con lo duro
de la montaña.

 

18/11/2012

Cuba III et / y fin

Ce dernier billet sur les Cubains est un pêle-mêle de lectures, musiques, photos, poèmes qui ont croisé mon chemin, dont j'ai retenu le nom, la voix, l'image. Que j'ai beaucoup aimés.
Esta última página sobre los Cubanos es una mezcla de lecturas, músicas, poemas que han cruzado mi camino y cuyos nombres, voces, imágenes han quedado en mi memoria. Que me han gustado mucho.

                                                                        Foto: José Julián Martí
 
Parmi les films il y a évidemment “Buena vista social club” 1998, à voir et revoir.
Dans un tout autre genre, “Fresa y chocolate” 1994. Un film culte et délicat, politique et humain, la relation entre deux hommes sur base du communisme et de l'homosexualité-amitié. Vous pouvez le voir en entier en espagnol avec sous-titres anglais ici.
Comment ne pas citer le film “Guantanamera”? Ici, une vieille histoire d'amour et le transport d'un cercueil du nord au sud de l'île donnent lieu à une critique, souvent hilarante, du système cubain.
Pour découvrir des musiques cubaines contemporaines, un film plus récent, 2005, "Habana blues". Excellent aussi. À voir/écouter ici
Entre las películas hay, claro está, "Buena vista social club” 1998, para ver una y otra vez.
En un estilo totalmente distinto, “Fresa y chocolate” 1994. Una película culta y delicada, política y humana, la relación entre dos hombres con los temas del comunismo y de la homosexualidad-amistad. Se puede ver entero aquí.
¿Cómo no mencionar la peli “Guantanamera”? Aquí, una vieja historia de amor y el trasporte de un ataúd del norte al sur de la isla dan lugar a un crítica a menudo hilarante, del sistema cubano.
Para descubrir músicas cubanas contemporáneas, una película más reciente, 2005, Habana Blues. Aquí.
Excelente.
 
Dans le groupe “Buena vista social club”il y a deux chanteurs qui m'émeuvent particulièrement: Omara Portuondo, la diva du groupe, et Ibrahim Ferrer Planas, un homme timide et talentueux. J'ai choisi, pour la simplicité et l'émotion, ce duo d'une chanson si connue”Quizás, quizás, quizás”. Peut-être, peut-être vous donnera-t-elle, comme à moi, la chair de poule.


En el grupo “Buena vista social club” hay dos cantantes que me conmueven especialmente: Omara Portuondo, la diva del grupo, e Ibrahim Ferrer Planas, un hombre tímido y talentuoso. Elegí, por la simplicidad y la emoción, este dúo del tan conocido “Quizás, quizás, quizás”. Me pone la carne de gallina.


J'aimerais vous recommander des romans, mais à part 3 auteurs que je connais bien, ma libraire me l'a confirmé, la diffusion n'est pas trop bonne et puis j'ignore ceux qui sont traduits en français. Mais lisez ce monument qu'est “Le siècle des lumières” d'Alejo Carpentier. Roman historique passionnant, la Révolution française, les Caraïbes. Il existe en livre de poche et en voici déjà un court passage.
 
 






















Me gustaría recomendaros unas novelas. La difusión no es muy buena me dice la librera, así que solo os animo a leer “El siglo de las luces” de Alejo Carpentier, una novela histórica apasionante, la Revolución Francesa, el Caribe.


  Terminons avec un poème érotique de Zoé Valdés. Elle, vous la connaissez, non? Elle vit à Paris, ses romans sont traduits.
  Acabemos con un poema erótico de Zoé Valdés. ¿La conocéis, verdad? Vive en Paris.
 
GRANDIT

Grandit le rêve
tu t'es transformé en arbre
des branches coule du miel.
Grandit le silence
le poème est la nuit
qui t'offre un portail.
Grandit la pluie
je me mouille à peine
dans ton corps.
Grandit la lumière
tu es son reflet
sur ma robe.
Grandit la respiration
et nous voltigeons nus
dans l'ombre.
(Trad: Colette)
 

CRECE

Crece el sueño
te has convertido en árbol
de las ramas gotea miel.
Crece el silencio
el poema es la noche
que te brinda un portal.
Crece la lluvia
apenas me mojo
dentro de tu cuerpo.
Crece la luz
tú eres su reflejo
sobre mi vestido.
Crece la respiración
y nos volteamos desnudos
en la sombra.

11/11/2012

À Cuba II / En Cuba II

 

Alma música

Yo soy borracho. Me seduce el vino

luminoso y azul de la Quimera

que pone una explosión de Primavera

sobre mi corazón y mi destino.

Tengo el alma hecha ritmo y armonía;

todo en mi ser es música y es canto,

desde el réquiem tristísimo de llanto

hasta el trino triunfal de la alegría. (…)

 

Âme musique


Je suis un saoulard. Me séduit le vin

lumineux et bleu de la Chimère

 qui dépose une explosion de Printemps

 sur mon coeur et mon destin.

 J'ai l'âme faite de rythme et d'harmonie;

 tout en mon être est musique et chant,

 depuis le réquiem tristissime de pleurs

 au trille triomphal de la joie. (…)

(Trad: Colette)

 

 

 

 

Les poèmes d'aujourdui sont de Nicolas Guillén, un cubain très attachant

(1902-1989) connu surtout pour avoir introduit en poésie la coexistence de

noirs et blancs, africains et espagnols, et des mulâtres. “Quelle joie d'être

ainsi deux histoires dans un conte“. Pour cette raison on parle de poésie

noire à son propos. Il fut un ambassadeur culturel, révolutionnaire et

enthousiaste. Un article fort intéressant sur lui et sa poésie ici.

 

Los poemas de hoy son de Nicolás Guillen, un cubano muy entrañable (1902-1989)

conocido por haber introducido en la poesía la coexistencia de negros y blancos,

africanos y españoles, y de mulatos.”¡Qué alegría ser así dos historias en un

cuento!”. Por esa razón se habla de poesía negra cuando se le nombra. Fue un

embajador cultural, revolucionario y entusiasta.



Un son para niños antillanos /...pour enfants
 
antillais
 
 

 


Por el Mar de las Antillas
anda un barco de papel:
Anda y anda el barco barco,
sin timonel.

De La Habana a Portobelo,       
de Jamaica a Trinidad,
anda y anda el barco barco
sin capitán.

Una negra va en la popa,
va en la proa un español:
Anda y anda el barco barco,
con ellos dos.

Pasan islas, islas, islas,
muchas islas, siempre más;
anda y anda el barco barco,
sin descansar.

Un cañón de chocolate
contra el barco disparó,
y un cañón de azúcar, zúcar,
le contestó.

¡Ay, mi barco marinero,
con su casco de papel!
¡Ay, mi barco negro y blanco
sin timonel!

Allá va la negra negra,
junto junto al español;
anda y anda el barco barco
con ellos dos. 

 
 
 
Dans la mer des Antilles
vogue un bateau en papier:
Vogue et vogue le bateau bateau
sans timonier.
 
De La Havane à Portobello
de la Jamaïque à Trinidad,
vogue et vogue le bateau bateau
sans capitaine.
 
Une noire va en poupe
à la proue un espagnol:
vogue et vogue le bateau bateau
avec eux deux.
 
Passent les îles, îles,
beaucoup d'îles, toujours plus;
vogue et vogue le bateau bateau
sans repos.
 
Un canon en chocolat,
contre le bateau tira,
et un canon en sucre, sucre,
lui répondit.
 
Ah, mon bateau marinier,
avec sa coquille de papier!
Ah, mon bateau noir et blanc
sans timonier.!
 
Par là va la noire noire
avec avec l'espagnol;
vogue et vogue le bateau bateau
avec eux deux.

(Trad: Colette)
 
 

 

Le groupe Orishas est formé de cubains résidant à Paris. Musique hip hop, je ne recule devant rien; cette chanson "Mujer" mélange de force et de douceur et, ce qui ne gâche rien, ils ne sont pas mal du tout, isnt'it?
El grupo Orishas es compuesto de cubanos residentes en París. Música hip hop, no me privo de nada; esta canción "Mujer" una mezcla de fuerza y dulzura, y, ¿no están nada mal, verdad?

 

 

04/11/2012

Quelques semaines à Cuba / Unas semanas en Cuba

L'annonce n'a pas fait la Une des journaux mais n'en est pas moins d'une grande importance pour les Cubains: à partir du 14 janvier 2013 le permis de sortie de l'île, connu aussi comme “la carte blanche”, disparaîtra (avec quelques restrictions pour certains groupes non précisés).
Cuba, une longue histoire de colonisations, d'esclavagisme, de corruption et prostitution, de révolutions et de blocus... Mais aussi de musiques et couleurs, d'exils et de poèmes, d'artistes de tout genre. À découvrir pour beaucoup.
Je vous propose quelques billets variés, et pour commencer mettons-nous dans l'ambiance, música maestro!
 
La noticia no ha hecho la portada de los periódicos pero no por eso no tiene una gran importancia para los cubanos: a partir del 14 de enero 2013 el permiso para salir de la isla,“la carta blanca”, desaparecerá (con algunas restricciones para ciertos grupos sin determinar).
Cuba es una larga historia de colonizaciones, de esclavitud,de corrupción y de prostitución, de revoluciones y de bloqueo... También de música y de colores, de exilios y de poemas, de artistas diversos. Para muchos será un descubrimiento.
Os propongo algunos escritos variados, y para comenzar ambientémonos, ¡música maestro!



Quelques cartes postales des années 1900-1950
Algunas postales antiguas.
 
 
 
 
 
 
 
Terminons aujourd’hui avec un poème de Lourdes Casal.
Terminemos por hoy con un poema de Lourdes Casal.
 
 
Columbia. Sorbona. (primavera 1968)
 
 
Soyons superbes,
insolents
maintenant!

Soyons impatients
intransigeants,
intolérants,
maintenant!

En ces jours
où nous pouvons encore
nous lancer vers le futur
sans pesants lests aux chevilles,
sans ventres trop arrondis,
ou patine dorée sur les cils,
car seul celui qui ne respecte pas la réalité
peut la changer.

La réalité est comme une vieille prostituée,
qu'il faut connaître et payer à son prix
pour l'avoir pour ce qu'elle est,
et l'écarter quand arrive le moment,
ou la reconstruire et en faire une princesse en imagination
et peut-être, miracle!, en faire une vraie princesse.

Voici le moment d'être audacieux.
Après un certain âge,
tout devient pornographique.
(Trad: Colette)
 
Seamos soberbios,
insolentes
¡ahora!
 
 
Seamos impacientes
intransigentes,
intolerantes,
¡ahora!
 
 
En estos días
en que aun podemos
lanzarnos hacia el futuro
sin pesados lastres en los tobillos
sin vientres demasiado abombados,
o la pátina de oro sobre las pestañas,
pues sólo el que no respeta la realidad
puede cambiarla.
 
La realidad es como un vieja prostituta,
a la hay que conocer y pagar su precio
pero tenerla por lo que es,
y desecharla cuando llegue el momento,
o reconstruirla y hacerla princesa con la imaginación
y hasta quizás ¡milagro!, hacerla princesa de veras.
 
Este es el tiempo de ser osados.
Después de cierta edad,
todo se vuelve pornográfico.
 
Postcards:
 

01/10/2012

Aux îles Canaries II / En las islas Canarias II

 

Sept îles d'origine volcanique, les Canaries. Non, leur nom ne vient pas de ces charmants plumés mais, apparemment, de Cane, chien...une race de grands chiens autochtones , voyez plutôt ici.

Ces îles n'ont bien entendu pas toujours appartenu aux Espagnols. (si le coeur vous en dit lisez leur histoire ici)

Avant le XVº, elles étaient habitées par les guanches, d'origine berbère. Car ces îles, spécialement Lanzarote, se trouvent à un jet de pierre du sud du Maroc. 

 

 

mapa tela siglo XVI.png

                                                Carte sur tissu XVIª

 

Siete islas de origen volcánico, las Canarias. No, su nombre no viene de los encantadores plumados, sino, al parecer, de Cane, perro...una raza autóctona de perros grandes. Para verlos, aquí.

Esas islas no pertenecieron desde siempre, claro está, a España: antes del siglo XV, estaban habitadas por los guanches, de origen berebere. Esas islas, especialmente Lanzarote, se encuentran a tiro de piedra del sur de Marruecos. 

 

La plupart des touristes y recherchent les plages, les vagues pour le surf, la douceur du climat, rarement trop chaud ou trop froid, je me souviens de m' y être baignée en mer un 25 décembre...mais, si le paysage est aride et rocailleux au niveau de la mer, ces îles montagneuses, possèdent des trésors de végétation dans les hauteurs. Les très nombreuses réserves naturelles dissiminées sur les îles sont de merveilleux endroits d'excursion. En cliquant ici, vous pourrez les admirer.

 

La mayor parte de los turistas buscan las playas, los olas para el surf, el clima suave, raras veces demasiado cálido o frío, me acuerdo haberme bañado en el mar un 25 de diciembre...pero, si el paisaje es árido y rocoso al nivel del mar, esas islas montañosas poseen tesoros de vegetación en las alturas. Las numerosas reservas naturales diseminadas en las islas son maravillosos lugares para el excursionismo.

 

Parque-Natural-de-Tamadaba-en-Gran-Canaria.jpg

 

Comme promis, une poétesse locale, Victoria Bridoux 1835-1862 et un extrait de “Je veux partir!
Si moderne...

 Como prometido, una poetisa, Victoria Bridoux 1835-1862, y un fragmento de “¡Quiero partir!

Tan moderno...

 

Je veux partir!

 

 
  Je ressens un malaise indéfinissable
l'air que je respire m'asphyxie...
Le cœur a une corde sensible,
et à la sentir vibrer, je deviens folle!!
 
  C'est un désir sans couleur, sans nom:
C'est la vaine inquiétude d'une pensée;
jamais l'homme ne pourra comprendre
toute l'angoisse qu'en moi je ressens!
 
  En contemplant la mer, qui doucement gémitt
je tends mes bras avec profond chagrin,
et de peine s'évanouit l'âme
à chercher dans le monde cette chose perdue!

  Je voudrais voler, voler légère
laissant derrière monts, Iles, vergers,
et découvrir de loin un autre rivage,
tel une douce corbeille d’œillets...

 

(trad: Colette) 

 


manolo-millares-el-puerto-de-la-luz-1952.jpg

Manolo Millares / Puerto de la luz 1952

    (source: http://www.absolutmalaga.com/espacios-intimos-coleccion-ramirez-navarro/) 


 

 
 ¡Quiero partir!
 
 
    Yo siento un malestar indefinible
  el aire que respiro me sofoca..
  Hay una cuerda al corazón sensible
  ¡¡y al sentirla vibrar, me vuelvo loca!!
 
   Es un anhelo sin color, sin nombre:
Es la vana inquietud de un pensamiento;
¡mas comprender jamás pudiera el hombre

toda la angustia que en mi pecho siento!

 

   Al contemplar el mar, que gime en calma,
tiendo mis brazos con dolor profundo,
¡y se desmaya de pesar el alma
por buscar algo que perdió en el mundo!
 
   Yo quisiera volar, volar ligera
dejar montes atrás,Islas,vergeles,
y divisar lejana otra ribera,
cual blando canastillo de claveles...