12/04/2014

Je m'accroche à tes pas.../ Me aferro a tu pisada

C'est au Vénézuela que j'ai découvert Estrella Gomes, jeune poétesse née en 1990.
Pas un mot de trop, un beau rythme. Sa poésie m'a touchée.
Deux poèmes trouvés sur la toile, ils n'avaient pas de titre; voici le premier.

Je peux dire, sans trop me tromper, que ce poème un hommage à sa mère.


Es en Venezuela que encontré a Estrella Gomes, joven poetisa nacida en 1990.
No sobra ni una palabra, el ritmo es bonito. Su poesía me ha conmovido.
Dos poemas encontrados en la red, no tenían título; aquí va el primero.

 

Azalea Quiñones  / Venezuela        


 

 

Née d'un V inversé

 déchirée par le vertige en ton ventre

 j'ai su connaître

 le silence de chaque libellule

 posée sur tes doigts

 ceux-là même qui

 me dessinèrent tant de visages

 en saison de pluie

 

Parfois je m'arrête

 et murmure à mon ombre,

 ainsi les aubes

 ne dansent pas à mon balcon

 

 
Aujourd'hui je me penche à la fenêtre
 
la même

 où chaque jour

 je me vois renaître

 en un verbe jamais compris

 je colore ma descente

 de la nuance de tes yeux

 

Peut-être sèmerai-je des prières

 dans le jardin

 afin qu'en foulant la terre

 tu te souviennes

 que je m'accroche à tes pas

 avec chaque cri

 que tu caches en tes pieds.

(Trad: Colette)

 

 
Azalea Quiñones

 

 

Nacida de una V invertida
rasgada por el vértigo en tu vientre
he sabido conocer
el silencio de cada libélula
posada en tus dedos
esos mismos
me dibujaron tantos rostros
en estación de lluvia


A veces suelo detenerme
y susurrarle a mi sombra,
así los amaneceres
no bailan en mi balcón


Hoy me asomo a la ventana
por la misma
donde cada día
me veo renacida
en un verbo nunca entendido
coloreo mi descenso
en el matiz de tus ojos


Quizá siembre oraciones
en el jardín
para que al pisar la tierra
recuerdes
que me aferro a tu pisada
con cada grito
que escondes en tus pies.

 

 

15/03/2014

Des dahlias frais / Dalias frescas

Juana de Ibarbourou (1889-1979). Uruguay

Une des voix les plus personnelles de la lyrique hispanoaméricaine du début de XXº siècle; la poétesse sans doute la plus connue dans cette partie du monde. 
Una de las voces más personales de la lírica hispanoamericana de principios del siglo XX; la poetisa tal vez más conocida en esta parte del mundo.
J'ai choisi deux poèmes, sensuels, entre rires et larmes.
Elegí dos poemas, sensuales, entre lágrimas y risas. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'heure

 

Prends-moi maintenant qu'il est encore tôt

 Et que je porte des dahlias frais à la main.

 Prends-moi maintenant qu'est encore sombre

 Cette taciturne chevelure qui est mienne.

 Maintenant, que j'ai la chair odorante.

 Et les yeux clairs et la peau rose.

 Maintenant que mon pied léger chausse

 La sandale vive du printemps.

 Maintenant, que sur mes lèvres carillonne le rire

 Comme une cloche à toute volée secouée.

 Après....ah, je sais

 Que rien de cela après je n'aurai! 

 

(Trad: Colette) 

 

 

Julio Alpuy Uruguay

 

 

 

La hora.

Tómame ahora que aún es temprano
Y que llevo dalias nuevas en la mano.
Tómame ahora que aún es sombría
Esta taciturna cabellera mía.
Ahora, que tengo la carne olorosa.
Y los ojos limpios y la piel de rosa.
Ahora que calza mi planta ligera
La sandalia viva de la primavera.
Ahora, que en mis labios repica la risa
Como una campana sacudida a prisa.
Después...¡ah, yo sé
Que ya nada de eso más tarde tendré
 

 

Dépit

 


 

Ah, que je suis fatiguée! J'ai tant ri,

tant, que des larmes ont jailli de mes yeux;

tant, que ce rictus qui fige ma bouche

est une étrange trace de mon fou rire.

 

Tant, que mon intense pâleur

(comme dans les portraits de haute lignée)

est dûe à la fatigue du fou rire

qui en moi infiltre sa somnolence.

 

Ah, que je suis fatiguée! Laisse-moi dormir;

car, tout comme l'angoisse, la joie blesse.

Quand m'as-tu vue plus gaie que maintenant?

 

Mensonge! Je n'ai ni doutes, ni envies,

Ni inquiétudes, ni angoisses, ni peines, ni souhaits,

Si brille dans mes yeux l'humidité des pleurs,

c'est l'effort de tant rire ...

(trad: Colette)

Julio Alpuy (Uruguay) Adan y Eva

 

DESPECHO

¡Ah, qué estoy cansada! Me he reído tanto,
tanto, que a mis ojos ha asomado el llanto;
tanto, que este rictus que contrae mi boca
es un rastro extraño de mi risa loca.

Tanto, que esta intensa palidez que tengo
(como en los retratos de viejo abolengo)
es por la fatiga de la loca risa
que en todo mi cuerpo su sopor desliza.

¡Ah, qué estoy cansada! Déjame que duerma;
pues, como la angustia, la alegría enferma.
¡Qué rara ocurrencia decir que estoy triste!
¿Cuándo más alegre que ahora me viste?

¡Mentira! No tengo ni dudas, ni celos,
Ni inquietud, ni angustias, ni penas, ni anhelos,
Si brilla en mis ojos la humedad del llanto,
es por el esfuerzo de reírme tanto..
.

 

03/03/2014

Tout en rond / Redondito

Si, vers 1600, les Espagnols ne trouvèrent aucune richesse digne de leur avidité en Uruguay, ce pays tout en rond qui semble petit sur la carte d'Amérique du sud mais fait quand même 6 fois la Belgique, réserve d'innombrables et excellentes surprises de tout genre. À vrai dire, à part Martio Benedetti et son enviable président actuel, José Mujica, sa belle capitale portuaire Montevideo, que et qui connaissons-nous là-bas? Nous allons y séjourner un temps et j'espère que cela vous plaira.

 

 
Si por los años 1600 los Españoles no encontraron ninguna riqueza digna de su avidez en Uruguay, ese país redondito que parece pequeño en el mapa de América del Sur pero que es 6 veces más extenso que Bélgica, depara múltiples y excelentes sorpresas de todo tipo. A decir verdad, aparte Mario Benedetti y su envidiable presidente actual, José Mujica, su bella capital portuaria Montevideo, qué y a quién conocemos allí? Vamos a pasar un tiempo en ese país y espero que os guste.

 

 

 

Ricardo Pascale (Montevideo 1942)      


 

Mario Benedetti 

  

Défense de la joie 1979

 

 

Défendre la joie comme une tranchée
la défendre du scandale et de la routine
de la misère et des misérables
des absences transitoires
et définitives

 

(...)

 

défendre la joie comme un drapeau
la défendre de la foudre et de la mélancolie
des naïfs et des canailles
de la rhétorique et des arrêts cardiaques
des endémies et des académies

 

 
défendre la joie comme un destin
la défendre du feu et des pompiers
des suicides et des homicides
des vacances et de l’accablement
de l’obligation d’être joyeux

 

 

défendre la joie comme une certitude
la défendre de l’oxyde et de la crasse
de la fameuse patine du temps
de la fraîcheur et de l’opportunisme
des proxénètes du rire

 

 

défendre la joie comme un droit
la défendre de dieu et de l’hiver
des majuscules et de la mort
des noms et des pitiés
du hasard
et aussi de la joie.

 

 

Mario Benedetti (1920-2009)Cotidianas (1979) – Traduit de l’espagnol par Annie Morvan

Defensa de la alegría, 1979

 

 

Defender la alegría como una trinchera
defenderla del escándalo y la rutina
de la miseria y los miserables
de las ausencias transitorias
y las definitivas

 

(...)

 

defender la alegría como una bandera
defenderla del rayo y la melancolía
de los ingenuos y de los canallas
de la retórica y los paros cardiacos
de las endemias y las academias

 

 

 

defender la alegría como un destino
defenderla del fuego y de los bomberos
de los suicidas y los homicidas
de las vacaciones y del agobio
de la obligación de estar alegres

 

 

 

defender la alegría como una certeza
defenderla del óxido y la roña
de la famosa pátina del tiempo
del relente y del oportunismo
de los proxenetas de la risa

 

 

 

defender la alegría como un derecho
defenderla de dios y del invierno
de las mayúsculas y de la muerte
de los apellidos y las lástimas
del azar
y también de la alegría

 

08/02/2014

Véhémences

Vicente Huidobro (poète chilien)



(...)

Voilà la mer
La mer grande ouverte
Voilà la mer soudain brisée
Afin que l’œil voie le commencement du monde
Voilà la mer
D'une vague à l'autre il y a le temps de la vie
De ses vagues à mes yeux il y a la distance de la mort

(Trad: Colette)

 

(...)

He ahí el mar
El mar abierto de par en par
He ahí el mar quebrado de repente
Para que el ojo vea el comienzo del mundo
He ahí el mar
De una ola a la otra hay el tiempo de la vida
De sus olas a mis ojos hay la distancia de la muerte

  

     Monumento Al mar

De Últimos Poemas Póstumo, 1948

                            

 

La mer s'exprimait avec une véhémence angoissée, mais les hommes ne le comprenaient pas      

 

 
El Roto / El País 6/02/2014
 

 

 

Foto El País - Asturias 4/02/2014



18/01/2014

Cronos

 

Nous poursuivons, le temps d'un poème, avec Nicanor Parra.
Seguimos, durante el tiempo de un poema, con Nicanor Parra.


                                    CRONOS

 

 
À Santiago de Chile

 Les

       jours
                sont
                         interminablement
                                                          longs:
Plusieurs éternités en un jour.

 

 
Nous nous déplaçons à dos de lune
Comme les vendeurs d'algues:
On baille. On re-baille.

 

Cependant les semaines sont courtes
Les mois passent à toute allure
Etlesannéessemblentvoler.



(Trad: Colette)




                                  CRONOS  


En Santiago de Chile
Los
        días
                son
                        interminablemente
                                                              largos:

Varias eternidades en un día. 
 
Nos desplazamos a lomo de luna
Como los vendedores de cochayuyo:
Se bosteza. Se vuelve a bostezar. 

 
Sin embargo las semanas son cortas
Los meses pasan a toda carrera
Ylosañosparecequevolaran.

 

 

Illumine le temps 1975 Roberto Matta

 



Le peintre  chilien d'aujourd'hui s'appelle Roberto Matta. J'ai trouvé ce qui suit sur ce blog:


Éloge à Roberto Matta


« Roberto Sebastián Matta Echaurren, plus connu sous le nom de Matta, a pris une place majeure au sein du surréalisme. Artiste de l’exil, il vécut entre le Chili, la France, l’Italie, l’Espagne et les Etats-Unis, et côtoya bon nombre des grands artistes du XXe siècle, de Federico Garcia Lorca à Salavador Dali en passant par Jackson Pollock ou le dadaïste Marcel Duchamp. Son oeuvre est exceptionnelle et prolifique jusqu’à la démesure. Peintre à la personnalité insaisissable et singulière, qui tient autant à son caractère qu’aux événements personnels et historiques auxquels il a été mêlé, il se veut totalement ouvert au monde. Selon ses dires, c'est son exil qui a déterminé toute sa vie. Son travail est un travail de séparation. [...] De l'exil, il est passé à l'"Ex-il", quelque part entre le connu et l'inconnu, entre la réalité et l'imaginaire. Là où commence la poésie. »

 

 

 

El pintor chileno de hoy se llama Roberto Matta. Una buena biografía aquí.

 

 

 

 
Humana mente 1979 Roberto Matta

 

11/01/2014

Nicanor, l'anti...

Un séjour au Chili, ça vous dit?
Pays qui, pour une raison que j'ignore, a eu et a plus de poètes(esses) qu'aucun autre pays d'Amérique Latine. Une bonne raison pour y rester un moment, non?
J'y ai découvert d'excellents peintres aussi, ils nous accompagneront.

¡Qué os parece una estancia en Chile?
País que, por una razón que ignoro, ha tenido y tiene mas poetas (poetisas) que ningún otro país de América Latina. Una buena razón para quedarnos allí un rato, ¿no?
Descubrí también excelentes pintores, nos acompañaran.

 

Inutile de présenter Pablo Neruda, nous n'en parlerons pas cette fois, ni la très célèbre Gabriela Mistral dont je n'ai jamais publié ici aucun poème; un manque d'affinité avec sa poésie.
Inutil presentaros a Pablo Neruda, no hablaremos de él esta vez, ni de Gabriela Mistral, poeta celebre de la cual nunca presenté ningún poema aquí: una falta de afinidad con su poesía.

 

Nicanor Parra: un personnage, une poésie absolument atypiques. Il a obtenu de nombreux prix, est le frère de la célèbre Violeta Parra et aura 100 ans en septembre 2014.
Il est connu pour son “antipoesía” et le mouvement “antipoético” qui se caractérise par un style ironique, la moquerie, une vision critique des icônes de la culture et de la religion. Ce mouvement répond à une sorte d'anxiété de rupture associée, au moment où il est apparu, à l'envie d'être dissonant et de se libérer aussi de l'influence de Neruda.

 

Nicanor Parra: un personaje, una poesía absolutamente atípicos. Obtuvo numerosos premios, es el hermano de la celebre Violeta Parra y cumplirá 100 años en septiembre 2014.
Es conocido por su”antipoesía” y por el movimiento “antipoético” que se caracteriza por su estilo irónico, la burla, una visión crítica de los iconos de la cultura y de la religión. Ese movimiento respondía a un tipo de ansiedad de ruptura asociada, en el momento de su aparición, al anhelo de ser disonante y de librarse también de la influencia de Neruda.

 

 

Humberto Parada (Chile)

 

 
Aujourd'hui ce poème qui donne bien des clés pour comprendre le mouvement.
Hoy este poema que da muchas claves para entender el movimiento.

 

TEST

Qu'est un antipoète:

 un commerçant d'urnes et de cercueils?

un prêtre qui ne croit en rien?

 un général qui doute de lui-même?

 un vagabond qui rit de tout

 même de la vieillesse et de la mort?

 un interlocuteur au mauvais caractère?

 un danseur au bord de l'abîme?

 un narcisse qui aime tout le monde?

 un blagueur sanguinaire

 délibérément misérable?

 un poète qui dort sur sa chaise?

 un alchimiste des temps modernes?

 un révolutionnaire de poche?

 un petit bourgeois?

un charlatan?
                          un dieu?
                                      un innocent?

 un villageois de Santiago de Chile?

 

 Soulignez la phrase que vous considérez correcte.

 

 
Qu'est l'antipoésie:

 une tempête dans une tasse de thé?

 une tache de neige sur un rocher?

 un plateau plein d'excréments humains

 comme le croit le père Salvatierra?

 un miroir qui dit la vérité?

 une baffe à la figure

 du Président de la Société des Écrivains?

 (Que Dieu le garde dans son saint royaune)

 un avertissement aux jeunes poètes?

 un cercueil à réaction?

 un cercueil à force centrifuge?

 un cercueil à gaz de parafine?

 une chapelle ardente sans défunt?


Marquez d'une croix

 la définition qui vous semble correcte.

  

(Traduction: Colette)

 

 

TEST

 

  1. Qué es un antipoeta:
    un comerciante en urnas y ataúdes?
    un sacerdote que no cree en nada?
    un general que duda de sí mismo?
    un vagabundo que se ríe de todo
    hasta de la vejez y de la muerte?
    un interlocutor de mal carácter?
    un bailarín al borde del abismo?
    un narciso que ama a todo el mundo?
    un bromista sangriento
    deliberadamente miserable?
    un poeta que duerme en una silla?
    un alquimista de los tiempos modernos?
    un revolucionario de bolsillo?
    un pequeño burgués?
    un charlatán?
                          un dios?
                                      un inocente?
    un aldeano de Santiago de Chile?

       Subraye la frase que considere correcta.



     Qué es la antipoesía:
     un temporal en una taza de té?
     una mancha de nieve en una roca?
     un azafate lleno de excrementos humanos
     como lo cree el padre Salvatierra?
     un espejo que dice la verdad?
     un bofetón al rostro
     del Presidente de la Sociedad de Escritores?
     (Dios lo tenga en su santo reino) 
     una advertencia a los poetas jóvenes?
     un ataúd a chorro?
     un ataúd a fuerza centrífuga?
     un ataúd a gas de parafina?
     una capilla ardiente sin difunto?

     Marque con una cruz
     la definición que considere correcta.

14/12/2013

Tisser les mots / Tejer las palabras


  L'Heure des oiseaux

LUZ MARY GIRALDO (Colombienne)

                                 Insaisissable
couseuse                                       
la parole

tisse d'une toile trompeuse

la blessure de la nuit:

joue à être libre

ou rêve d'aventure.

Telle l'éternelle Pénélope
 
elle tisse la tunique de tous

défaufile le secret de l'attente

jusqu'à inventer un nouveau visage

ou un miroir sans nom.

Insaisissable couseuse

elle écoute passer le vent

fatigué par les oiseaux.
 
                                                 (Trad: Colette)
 
 

 
 

LA HORA DE LOS PÁJAROS


LUZ MARY GIRALDO (Colombiana)
 
Inasible y costurera               
la palabra

teje con tela engañosa

la herida de la noche:

juega a la libertad

o sueña la ventura.

Como eterna Penélope

teje la túnica de todos

deshilvana el secreto de la espera

hasta inventar un nuevo rostro

o un espejo sin nombre.

Inasible y costurera

oye pasar el viento

fatigado por los pájaros.

 

01/12/2013

Un verre d'eau glacée / Un vaso de agua helada

Un poème d'Odilon-Jean PÉRIER, poète belge 1901-1928.
Une fontaine à Bruxelles; sur la vasque ces mots gravés: « je t'offre un verre d'eau glacée n'y touche pas distraitement il est le prix d'une pensée sans ornement ». (source et photo ici)

Un poema de Odilon-Jean PÉRIER, poeta belga 1901-1928.

Una fuente en Bruselas; en la pila esa palabras grabadas: "Un vaso de agua helada te regalo no lo toques distraído del pensamiento es el fruto sin adornos".

 

 

Le citadin

 

 

Je t´offre un verre d´eau glacée
N´y touche pas distraitement
Il est le fruit d´une pensée
Sans ornement

Tous les plaisirs de l´amitié
Combien cette eau me désaltère
Je t´en propose une moitié
La plus légère

Regarde, je suis pur et vide
Comme le verre où tu as bu
Il ne fait pas d´être limpide
Une vertu

Plus d´eau mais la lumière sage
Donne à mon présent tout son prix
Tel un poète aux dieux s´engage
Et reste pris

 

 

 

Et Julos Beaucarne qui l'a mis en musique, et chanté. Amitiés.

 

 

 

 

El ciudadano

 

 

 

Un vaso de agua helada te regalo

 

No lo toques distraído

 

Del pensamiento es el fruto

 

Sin adornos

 

 

 

Todos los placeres de la amistad

 

Cuánto me desaltera esa agua

 

Te propongo la mitad

 

La más ligera

 

 

 

Mira, soy puro y vacío

 

Como el vaso en que bebiste

 

No hace de su claridad

 

Una virtud

 

 

 

No hay agua mas la luz sabia

 

es la que a mi regalo da el precio

 

Tal un poeta comprometido con los dioses

 

Y atrapado

 

 

(Trad: Colette & MAH, gracias!)

 

 

 

 

02/11/2013

Coeur chaud / Corazón caliente

On n'a jamais froid près de son amoureux” m'écrit demoiselle Julie cette semaine.
Nunca se tiene frío cerca del enamorado” me escribe  Julie esta semana.

TARDOR (automne) Barbara Hepworth  

                         Photo prise hier à la Fundación Juan March, Mallorca (je vous reparlerai de cet endroit - os volveré a hablar de este Palau)
Sur l'artiste, ici / Sobre la artista, aquí.

 



Je désire

 

 

F. García Lorca

Seul ton coeur chaud,
et rien d'autre.

    Mon paradis un champ
sans rossignol
ni lyres,
avec un ruisseau discret
et une petite source.
 
    Sans l'éperon du vent
sur la ramée,
ni l'étoile qui désire
être feuille.
 

    Une lumière énorme

qui soit

luciole

d'une autre,

dans un champ

de regards brisés.

 

    Un repos clair
et là nos baisers,
des taches sonores
de l'écho
s'ouvriraient au loin.

    Et ton coeur chaud,
Rien d'autre.

(Trad: Colette)

 

DESEO

 

F. García Lorca

 

Sólo tu corazón caliente,
y nada más.

 

    Mi paraíso un campo
sin ruiseñor
ni liras,
con un río discreto
y una fuentecilla.

 

    Sin la espuela del viento
sobre la fronda,
ni la estrella que quiere
ser hoja.

 

    Una enorme luz
que fuera
luciérnaga
de otra,
en un campo de
miradas rotas.

 

    Un reposo claro
y allí nuestros besos,
lunares sonoros
del eco,
se abrirían muy lejos.

    Y tu corazón caliente,
Nada más.


27/10/2013

Pieds nus / Pies descalzos

Parmi les photos de Toni Catany il y en a une que ma mémoire avait gravée.

Ensuite  j'ai lu ce poème de la Colombienne Elvira Alejandra Quintero. ..

 

 

Toni Catany

 

Fouler la terre pieds nus

Elvira Alejandra Quintero‏


Ni vertiges astraux ni pierres précieuses inconnues.
Pas d'étonnements poétiques forcés, de faux rites.
Je parlerai de la terre consacrée par le grand-père dans le centre de mon enfance.
De son odeur de pluie ou de vie quand l'aube m'appelle à la fenêtre,
et que l'éclat du monde me renvoie sa phrase:
Foule-la à pieds nus.
L'énergie qui monte dans ton corps te rapproche du reste de l'univers.

Et encore, quand je parcours les quais solitaires et sombres
et que le vent frôle mes oreilles rafraîchissant le monologue échauffé,
une lointaine odeur de poissons me rappelle la mer.

Et je cherche un bout de chemin et je veux le humer.
Et je veux le fouler.
Et bien que ce ne soit pas la terre, la peau de mes pieds touche le monde.
Et mon sang fait à nouveau partie du sang de l'univers.


(Trad: Colette)

 

 

Pisar la tierra con los pies descalzos

Elvira Alejandra Quintero‏
 
Nada de vértigos astrales y desconocidas piedras preciosas.
Nada de forzosos extrañamientos poéticos, de falsos ritos.
Hablaré de la tierra consagrada por el abuelo en el centro de mi infancia.
De su olor a lluvia o a vida cuando el amanecer me llama a la ventana,
y el brillo del mundo me devuelve su frase:
Písala con los pies descalzos.
La energía que asciende por tu cuerpo te hermana con el resto del universo.
Y aún, cuando recorro los andenes solos y oscuros
y el viento acecha en mis oídos refrescando el acalorado monólogo,
un lejano olor a peces me recuerda el mar.
 
Y busco un pedazo de camino y quiero olerlo.
Y quiero pisarlo.
Y aunque no es de tierra, la piel de mis pies toca el mundo.
Y mi sangre vuelve a ser parte de la sangre del universo.

05/10/2013

Djuna Barnes la baroque / Djuna Barnes la baroca

Qui était Djuna Barnes? Avant de lire le deuxième chapitre de “7 femmes” de Lydie Salvayre je n'en avais aucune idée. Tour à tour raffinée ou grossière, riche ou pauvre, sociable ou recluse, amoureuse d'un homme ou d'une femme, Djuna était une américaine qui vécut à Paris dans les années '20 et dont le meilleur roman, semble-t-il, Le Bois de la Nuit, retrace l'histoire de son amour désespéré pour Thelma Wood.
 
Une grande partie du chapitre consiste en des anecdotes passionnantes sur ses rencontres à Paris. On y retrouve tous les “grands”, bien sûr: Joyce, Hemingway, Becket, Man Ray...des femmes aussi: Gertude Stein (qu'elle déteste), Sylvia Beach, Berenice Abbot, Peggy Guggenheim, Solita Solano...”toutes singulières et talentueuses, toutes indépendantes et assoiffés de liberté, et toutes, ou presque, lesbiennes.”
Quelques extraits.
 
¿Quién era Djuna Barnes? Antes de leer el segunda capítulo de “7 Mujeres” de Lydie Salvayre no tenía ni la más mínima idea. A su vez refinada o basta, rica o pobre, sociable o recluida, enamorada de un hombre o de una mujer, Djuna fue una americana que vivió en París en las años '20 y cuya mejor novela, al parecer, El Bosque de la Noche relata la historia de su amor desperado por Thelma Wood.
 
Una gran parte del capítulo consiste en anécdotas apasionantes sobre sus encuentros en París. Allí están todos los “grandes”: Joyce, Hemingway, Becket, Man Ray...mujeres también: Gertrude Stein (que ella odia), Sylvia Beach, Berenice Abbot, Peggy Guggenheim, Solita Solano..”todas singulares y talentuosas, todas independientes y sedientas de libertad, y todas, o casi todas, lesbianas.”
Algunos extractos.
 
 
 
Belle comme la nuit, élégante et sombre, toujours enveloppée de sa fameuse cape noire, elle séduisit les hommes en nombre et finit par épouser un journaliste acquis aux idées socialistes, Courtenay Lemon, avec lequel elle éleva un perroquet. Mais ce ciment parental ne suffit pas à préserver la relation conjugale.(...)”
 
Bella como la noche, elegante y sombría, siempre envuelta en su famosa capa negra, seduce gran cantidad de hombres y termina por casarse con un periodista ganado a las ideas socialistas, Courtenay Lemon, con el que cría un papagayo. Pero ese cemento familiar no alcanza a preservar la relación conyugal,(...)”
Drawing, Joyce by Djuna Barnes
 
 
 
(…) “Elle se lia d'amitié avec Hemingway, qui jouait les durs au Dingo Bar, lui qui était, selon Joyce, un coeur doux et sensible.” Hemingway “...quant à lui, trouva de son vivant que son amie Djuna était une grande dame.
C'est très précisément parce qu'elle l'était que Djuna eut le privilège insigne de se promener au Bois de Boulogne en compagnie de Nora et James Joyce (lequel souffrait d'une peur phobique des chiens – ce détail, je ne sais pourquoi, m'enchante).”
(…) “Trabó amistad con Hemingway, que se hacía el duro en el Dingo Bar, aún cuando tenía, según Joyce, un corazón dulce y sensible. Hemingway, por su parte, siempre pensó que su amiga Djuna era una gran dama.
Y es porque lo era por lo que Djuna tuvo el privilegio insigne de pasearse en el Bois de Boulogne en compañía de Nora y James Joyce (el cual sufría un miedo fóbico a los perros – ese detalle, no se por que, me encanta).”
 
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 André Kertesz: “En el café”, “Bar”, “Le café du Dôme ”, París, 1927.
 
La vie des Américains était, en ce temps-là, (…) des plus trépidantes.” “Les surréalistes, Aragon en tête, n'étaient jamais en reste et, s'ils occupaient une table au Dôme, elle était, inévitablement, la plus tapageuse. Car, à l'époque (j'en pleurerais de nostalgie), les jeunes écrivains faisaient de la liberté des abus divers et précieux."
La vida de los americanos era, en ese tiempo,(...) de lo más trepidante.” “Los surrealistas, Aragon a la cabeza, no se quedaban atrás y, si ocupaban una mesa en el Dôme, era ella, inevitablemente, la más escandalosa, ya que en aquella época (yo lloraría de nostalgia), los jóvenes escritores abusaban de la libertad de maneras diversas y rebuscadas."
 
 
"Quant à Djuna, c'est par son élégance qu'elle attirait les yeux, une élégance qui ne l'empêchait nullement de jurer, à l'occasion, comme un charretier, de repousser les avances masculines avec une vulgarité déconcertante et de viser les crachoirs à plus de trois mètres avec une diabolique précision.
Djuna était intacte et fruste, disait Natalie Barney, autant que follement élégante, et ces deux mondes s'affrontaient en elle, se juxtaposaient, se défiaient et s'entrelaçaient constamment.
Djuna était baroque.
Son écriture idem, merveille des merveilles.”
Por lo que se refiere a Djuna, era su elegancia lo que atraía las miradas, una elegancia que no la impedía en absoluto jurar, a veces, como un carretero, rechazar las insinuaciones masculinas con una vulgaridad desconcertante y apuntar a las escupideras a más de tres metros con una precisión diabólica.
Djuna era intacta y basta, decía Natalie Barney, tanto como locamente elegante, y esos dos mundos se afrontaban en ella, se yuxtaponían, se desafiaban y se enlazaban constantemente.
Djuna era barroca.
Su escritura ídem, maravilla de las maravillas.”
 
Djuna and Thelma
 
Le malheur est ce que nous cherchons tous, dit le Dr O'Connor dans Le Bois de la nuit.
Djuna trouva-t-elle dans sa relation à Thelma le malheur qu'elle cherchait? Je serais assez portée à le croire.
Le comportement de son amante, en tout cas, la ruina.
Elle se mit à boire avec outrance. A oublier de manger, dormir, d'écrire, à tout oublier excepté son amante. (…) A ne rien faire d'autre que l'attendre et l'attendre. (…)
Ma vie est devenue un enfer, confia-t-elle un soir de désespoir à son ami Robert Mc Almon.”
La desdicha es lo que todos buscamos, dice el Dr. O'Connor en Le Bois de la nuit.
¿Encontró Djuna la desdicha que buscaba en su relación con Thelma? Me inclino a creerlo.
En todo caso, el comportamiento de su amante la quebró.
Empezó a beber en demasía. Se olvido de comer, de dormir, de escribir, de todo aquello que no fuese su amante. (…) A no hacer nada que no fuera esperarla y esperarla.(...)
Mi vida se ha convertido en un infierno, le dice a su amigo Robert Mc Amon una tarde de desesperación."
 
Solita Solano and Djuna Barnes in Paris
 
A dater des années 50, Djuna Barnes vécut claquemurée dans son petit appartement”
Elle mourut définitivement le 18 juin 1982.
Elle avait quatre-vingt-dix ans.
Longévité sur laquelle j'attire l'attention, afin de mettre mon lecteur, bouleversé par l'annonce que je fis des destins tragiques qui frappèrent ces femmes, afin de mettre mon lecteur, disais-je, de bonne humeur et mieux le disposer ainsi en ma faveur.”
A partir de los años 50, Djuna Barnes vivió emparedada en su pequeño piso”.
Murió definitivamente el 18 de junio de 1982.
Tenia entonces noventa años.
Longevidad sobre la cual llamo la atención, a fin de poner al lector, trastornado por el anuncio, que hice, del destino trágico de esas mujeres, a fin de poner al lector, decía, de buen humor y mejor disponerle así en mi favor.”
 
Extraits de "7 femmes", Lydie Salvayre. Traducción: Colette y MAH.

18/08/2013

Silences II / Silencios II

Une dame très cultivée, mélomane et poétesse, Tutú García Sidón est galicienne et vit actuellement à La Coruña.
Un prénom étrange Tutú? Oui, dit-elle, en riant, que voulez-vous, quand on s'appelle “Esclavitud”... (c'était le nom de sa grand-mère)
Sa poésie est généralement agréable et très simple ;  j'ai sélectionné cette “nana” (berceuse) pour ses quatre premiers vers.
Et aussi en souvenir de lointaines mais innombrables, inoubliables, nuits blanches à bercer mes enfants, à leur chantonner sur un ton de plus en plus énervé, épuisé...
 
Berthe Morisot
 
Una señora muy culta, melómana y poetisa, Tutú García Sidón es gallega y vive en A Coruña.
¿Un nombre extraño Tutú? Sí, dice riéndose, qué quiere cuando una se llama Esclavitud... (era el nombre de su abuela).
Su poesía es generalmente agradable y muy  simple; he seleccionado esta nana por sus cuatro primeros versos. 
Y también en recuerdo de lejanas pero innumerables, inolvidables, noches en vela meciendo a mis hijos, canturreándoles en un tono cada vez más nervioso, agotado...
 
Le silence se déchaussa
 
Le silence se déchaussa
et passa sur la pointe des pieds
très doucement, doucement
pour ne pas l'éveiller.
Mon enfant dort
dans son berceau d'argent,
posé et tranquille
entre des draps blancs.
 
La lune caresse
son petit visage rose,
les orangers en fleur
parfument la pièce.
Dors, ma vie,
un ange veille sur toi;
Dors et ne t'éveille pas
jusqu'à ce que pointe l'aube.
(Trad: Colette, Summer Watosn)
 
 
Se descalzó el silencio 
 Tutú García Sidón
 
Se descalzó el silencio
y pasó de puntillas
muy quedito, quedito
para no despertarle.
Es que duerme mi niño
en su cuna de plata,
reposado y tranquilo
entre sábanas blancas.
 
Le acaricia la luna
su carita rosada,
los naranjos en flor
le perfuman la estancia.
Duérmete, vida mía,
que te vela tu ángel;
Duerme y no te despiertes
hasta que se asome el alba.

 
Je suppose que beaucoup de berceuses parlent d'anges, mais la sachant mélomane, comment ne pas faire le lien avec ce poème de Lamartine, transposé en opéra dans cet air si connu: “ Berceuse de Jocelyn”?
 
Supongo que muchas nanas hablan de ángeles, pero sabiendo que es melómana, ¿cómo no pensar en el poema de Lamartine traspuesto en ópera por Godard en este refrán tan conocido?
 
Tant de sopranos et ténors l'ont chanté..que choisir? La version qui m'a le plus émue est celle de Summer Watson.
Lo han cantando multitud de sopranos, tenores...¿cuál elegir? La versión que más me emocionó es la de Summer Watson.

                                

Berceuse de Jocelyn

Poème de Lamartine et opéra de Benjamin Godard




    
Oh ne t'éveille pas encor
Pour qu'un bel ange de ton rêve
En déroulant son long fil d'or,
Enfant, permette qu'il s'achève.
Dors, dors, le jour à peine a lui.
Vierge Sainte, veillez sur lui.

Sous l'aile du Seigneur loin du bruit de la foule
Et comme un flot sacré qui doucement s'écoule
Nous avons vu les jours passer après les jours
Sans jamais nous lasser d'implorer son secours.

11/08/2013

Silences I / Silencios I

Je vous propose une série de courts poèmes sur le silence.  Le silence et les mots. Voici le premier.

Os propongo  una serie de poemas cortos sobre el silencio. El silencio y las palabras.

L'équilibre
  de Orfila Bardesio

Chaque fois que le silence
descend son escalier de pauses
vers des racines obscures,
les mots couronnent
glorieusement les tiges.
 
 (trad: Colette)
 
http://www.pxlshots.com/contest/378/stairs.html
 

El Equilibrio

de Orfila Bardesio


Cada vez que el silencio
desciende su escalera de pausas
hacia raíces oscuras,
las palabras coronan
gloriosamente los tallos.
 
 
 
NB: je n'ai rien trouvé en français sur elle, désolée. Poétesse uruguayenne, décédée en 1999, importante figure féminine de la poésie.

13/06/2013

Magnificence / Magnificencia

Félix María de Samaniego 1745-1801, fabuliste espagnol, était d'ascendance noble et argentée ce qui lui permit de fairedes études en France où on peut supposer, sans trop se tromper, qu'il a pris connaissance des fables de La Fontaine.



Félix María de Samaniego 1745-1801, fabulista español, era de familia noble y adinerada lo que le permitió estudiar en Francia donde se puede suponer sin equivocarse mucho, que supo de las fábulas de Jean de La Fontaine.


Nous poursuivons avec la même fable que dans le dernier billet: le ton est ici différent, le lion plus majestueux, magnanime, un peu pédant, le rat est devenu une souricette...


Seguimos con la misma fábula: el tono es aquí diferente, el león más majestuoso, un poco magnánimo y pedante, la rata se ha trasformado en un ratoncillo... 

 

Le Lion et la souris

  

Une petite souris était prisonnière

 des griffes d'un lion; la malheureuse

 ne fut pas attrapée dans telle souricière

 pour vol de lard ni de fromage,

 mais parce qu'avec d'autres elle dérangeait

 le lion, qui dans son antre se reposait.

 Elle demande pardon, pleurant son insolence;

 à l'entendre implorer sa royale clémence,

 le roi répond d'un ton majestueux:

 - Titus ne dirait pas mieux - “Je te pardonne”.

 Un peu plus tard le lion chassant trébuche

 sur un filet caché dans les taillis:

 il veut en sortir, mais il reste prisonnier;

 il assourdit la jungle de rugissements féroces.

 La souris, libre, qui l'entend,

 arrive en courant: diligente elle ronge

 les noeuds du filet de telle façon

 qu'enfin elle rompt les liens de la bête sauvage.

 

 
Il convient au puissant

 d'avoir pitié des malheureux;

 il se peut qu'il ait besoin

 de l'aide d'un plus nécessiteux.

 

(trad. Colette, // Traduction ardue, vos suggestions seront bienvenues.)


 

EL LEÓN Y EL RATÓN


Estaba un ratoncillo aprisionado
en las garras de un león; el desdichado
en la tal ratonera no fue preso
por ladrón de tocino ni de queso,
sino porque con otros molestaba
al león, que en su retiro descansaba.
Pide perdón, llorando su insolencia;
al oír implorar la real clemencia,
responde el rey en majestuoso tono
—no dijera más Tito—: «Te perdono».
Poco después cazando el león tropieza
en una red oculta en la maleza:
quiere salir, mas queda prisionero;
atronando la selva ruge fiero.
El libre ratoncillo, que lo siente,
corriendo llega: roe diligente
los nudos de la red de tal manera,
que al fin rompió los grillos de la fiera.

 

 

Conviene al poderoso
para los infelices ser piadoso;
tal vez se puede ver necesitado
del auxilio de aquel más desdichado.

09/06/2013

La reconnaissance / El agradecimiento

Une fable, trois versions. 
Aujourd'hui celle d'Esope; viendront ensuite, au cours de la semaine, celles de Samaniego, le fabuliste espagnol, et de Jean de la Fontaine.
Una fábula, tres versiones.  
Hoy la de Esopo; vendrán despúes, a lo largo de la semana, las de Samaniego, el fabulista español, y de Jean de la Fontaine.

 

 

 

Le lion et le rat

 

Ésope

 

 

 

Un lion dormait paisiblement quand un rat vint jouer sur son corps. Le lion s'éveilla et l'attrapa rapidement; le rat sur le point d'être mangé lui demanda grâce, assurant qu’il saurait reconnaître ce bienfait le moment venu. Le lion se mit à rire et le laissa aller.
Or qu’advint-il ? C’est que, peu après, au rat reconnaissant le lion dut à son tour la vie.
Pris par des chasseurs, il fut attaché à un arbre parune corde. Le rat entendit ses gémissements, accourut, rongea la corde tout autour et délivra le lion.
« Tu vois, dit-il, tu te moquais de moi l’autre jour ; tu ne t’attendais pas à être payé de retour. Sache que les rats aussi sont capables de reconnaissance. »

Ne méprise jamais les promesses des petites gens honnêtes. Le moment venu, elles les tiendront.

(version trouvée sur la toile que j'ai un peu adaptée)

 

 
illustration Gustave Doré

 

 

El león y el ratón

 

Esopo

Dormía tranquilamente un león, cuando un ratón empezó a juguetear encima de su cuerpo. Despertó el león y rápidamente atrapó al ratón; y a punto de ser devorado, le pidió éste que le perdonara, prometiéndole pagarle cumplidamente llegado el momento oportuno. El león echó a reir y lo dejó marchar.
Pocos días después unos cazadores apresaron al rey de la selva y le ataron con una cuerda a un frondoso árbol. Pasó por ahí el ratoncillo, quien al oír los lamentos del león, corrió al lugar y royó la cuerda, dejándolo libre.
Días atrás le dijo: te burlaste de mí pensando que nada podría hacer por tí en agradecimiento. Ahora es bueno que sepas que los pequeños ratones somos agradecidos y cumplidos.

Nunca desprecies las promesas de los pequeños honestos. Cuando llegue el momento las cumplirán.