27/07/2014

La plage / La playa

Manuel Altolaguirre (Málaga1905 - Burgos1959)

La poésie, comme toute manifestation amoureuse, est un désir et une création, et le poète, comme tout amoureux, doit regarder d'un oeil bienveillant la vie, qui est la meilleure muse et avec qui il réalisera son oeuvre.” Fin d'un amour 1949
"La poesía puede ser, como toda manifestación amorosa, un deseo y una creación, y el poeta, como todo enamorado tiene que mirar con buenos ojos a la vida, que es la mejor musa y con la que, al fin y al cabo, realizará su obra." 
 
 
A Federico García Lorca
 
PLAGE

Deux par deux les barques
comme sandales du vent
mises à sécher au soleil.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.

Couché sur le sable
comme une dépouille de la mer
un enfant endormi.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.

Et plus loin, des pêcheurs
tirant des amarres
jaunes et saumâtres.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.
(Trad: Colette)
 
 
 
Sorolla 1863-1923


A Federico García Lorca

PLAYA

Las barcas de dos en dos,
como sandalias del viento
puestas a secar al sol.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.

Sobre la arena tendido
como despojo del mar
se encuentra un niño dormido.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.


Y más allá, pescadores
tirando de las maromas
amarillas y salobres.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.
 
 
PS: Le peintre Valencien Sorolla sera le sujet du prochain billet. 

12/07/2014

Ah, ces mouches! / Ah, ¡esas moscas!

Aujourd'hui deux fables qui n'en font qu'une; comme presque toutes les fables, elles se sont inspirées d'Esope. L'une en vers par le grand fabuliste espagnol Samaniego (1745-1801), l'autre en prose par Phèdre ( « Caius Iulius Phaedrus », auteur Latin né autour de 14 avant J.-C. et mort vers 50 après J.-C.)
 
Hoy dos fábulas que sólo son una; como casi todas la fábulas están inspiradas por Esopo. Una en versos del gran fabulista español Samaniego, la otra en prosa por Phèdre ( « Caius Iulius Phaedrus » fue una autor latino nacido alrededor de 14 AC y muerto hacia el año 50 DC).
 
 

Le chauve et la mouche Samaniego

Une Mouche insolente 
Piquait impertinente
La spatieuse calvitie d'un Ancien.
Il voulut la tuer, leva la main,
Frappa un coup, mais elle s'en fut, sauve,
Blessant le coup la ronde calvitie.
Avec un rire démesuré
La Mouche cria: “Chauve maudit,
Si m'ôter la vie
Tu essayas pour un léger délit,
À quelle peine condamnes-tu ton bras,
Barbare exécuteur d'un tel coup?”
“À celui qui oeuvre avec malice,
Lui répondit l'homme prudemment,
Une justice rigoureuse
Doit appliquer le juste châtiment
Et il est bon d'exercer la clémence
Pour celui qui pèche par inadvertance.
Vous savez, Mouche scélérate,
Que la condition humaine mesure l'offense reçue
Selon la main d'où elle est venue”.

L'offense grandit d'autant plus
Que celui qui offense est vil
(Trad: Colette)

El calvo y la mosca Samaniego 

Picaba impertinente

En la espaciosa calva de un Anciano

Una Mosca insolente.

Quiso matarla, levantó la mano,
Tiró un cachete, pero fuese salva,

Hiriendo el golpe la redonda calva.

Con risa desmedida

La Mosca prorrumpió: «Calvo maldito,
Si quitarme la vida

Intentaste por un leve delito,

¿A qué pena condenas a tu brazo,

Bárbaro ejecutor de tal porrazo?»
«Al que obra con malicia,
Le respondió el varón prudentemente,
Rigurosa justicia
Debe dar el castigo conveniente,

Y es bien ejercitarse la clemencia
En el que peca por inadvertencia.

Sabe, Mosca villana,
Que coteja el agravio recibido
La condición humana,
Según la mano de donde ha venido»;

Que el grado de la ofensa tanto asciende

Cuanto sea más vil aquel que ofende.
 
 
 
LE CHAUVE ET LA MOUCHE Phèdre

Liber IV, Fabula XXXICALVUS ET MUSCA
 
Une Mouche piqua la tête d'un Homme chauve; celui-ci, cherchant à l'écraser, se donna une forte tape. « Tu voulais te venger d'une légère piqûre par la mort d'un petit être ailé, lui dit la Mouche en se moquant; comment te puniras-tu du mal et de l'affront que tu t'es faits? » L'Homme répondit: « Je ferai promptement la paix avec moi-même, parce que je sais que je n'avais pas l'intention de m'offenser. Quant à toi, vil et méchant animal, qui te plais à sucer le sang humain, je voudrais te tuer, dût-il m'en coûter plus encore. »
 
 
 
Cet exemple nous apprend qu'il faut pardonner une faute involontaire; mais celui qui cherche sciemment à nuire, je le juge digne de tout châtiment.
 
 
Voici le texte en latin!
 
Calvi momordit musca nudatum caput ; quam opprimere captans alapam sibi duxit gravem. Tunc illa inridens : « Punctum volucris parvulae voluisti morte ulcisci ; quid facies tibi, injuriae qui addideris contumeliam ? » Respondit : « Mecum facile redeo in gratiam, quia non fuisse mentem laedendi scio. Sed te contempti generis animal improbum, quae delectaris bibere humanum sanguinem, optem necare vel majore incommodo. »
 
Hoc argumento veniam dari docet qui casu peccat quam qui consilio est nocens, illum esse quamvis dignum poena judico.
 
 
Una Mosca picó la cabeza de un Hombre calvo; este, intentando aplastarla, se dio un fuerte golpe en la cabeza. “Querías vengarte de una ligera picadura con la muerte de un diminuto ser alado, le dijo la Mosca burlándose; ¿cómo te castigarás del daño y de la afrenta que te hiciste?”
El Hombre contestó:”Pronto haré las paces conmigo mismo, porque sé que no tenía intención de ofenderme. En cuánto a ti, vil y malévolo animal, que te complaces en chupar la sangre humana, me gustaría matarte, aunque me cueste mucho más aún.”
 
Ese ejemplo nos enseña que hay que perdonar una ofensa involuntaria; pero el que busca perjudicar a sabiendas, le juzgo digno de todo castigo.
(Trad. Colette)

05/07/2014

Quitter, pas abandonner / Marcharse, no abandonar

Perdre quelque chose au large...partir, quitter; ce qu'on laisse là-bas restera en suspens, au dessus des mers .

 

Ce poème je l'ai lu il y a longtemps et depuis je crois n'avoir jamais trouvé de plus belle et exacte expression de ce vide. Silvia Baron Supervielle, dame que vous connaissez déjà si vous suivez ce blog.

 

Ce poème a été écrit par elle en français, je l'ai traduit en español (elle l'a peut-être fait elle-même, je l'ignore).
 

 

Perder algo en la lejanía...partir, marcharse; lo que se deja allá quedará en suspenso, encima de los mares.

 

Hace tiempo que leí ese poema y no creo haber encontrado después más bonita y exacta expresión de ese vacío. 
Silvia Baron Supervielle que ya conocéis si seguís este blog.
 

 


 

Partir no significa abandonar” 
 

 

 

 

Silvia Baron Supervielle

 

dans La distance de sable

 


dans les tiroirs de l’armoire
la valise vide les coins inanimés
sur l’étagère dans les miroirs
enchaînés l’escalier l’étalage
de la rue permanente pressée
au fond du jour du sac des poches
d’où viennent toutes ces clefs
le fleuve les arbres les coupoles
qui coulent avec le vent le virage
depuis longtemps contre le lit
le mur revenir sur ses pas demander
mais les gens ne sont pas d’ici
j’ai perdu quelque chose au large
de l’espace la mer le désert
au seuil d’une ombre disparue 



 

en La distancia de arena

 


en los cajones del armario
la maleta vacía los rincones inanimados
en el estante en los espejos
encadenados la escalera el escaparate
de la calle permanente apresurada
en le fondo del día del bolso de los bolsillos
de dónde salen toda esas llaves
el río los árboles las cúpulas
que fluyen con el viento la curva
desde hace tiempo contra la cama
la pared volver sobre sus pasos preguntar
pero la gente no es de aquí
he perdido algo en la lejanía
del espacio el mar el desierto
en el umbral de una sombra desaparecida

 

(Trad: Colette)

21/06/2014

Les jours heureux / Los hermosos días

La vie et l’œuvre (abondante) de Juan Rodolfo Wilcock sont un exemple de transculturation et de marginalité... impossible à en rendre compte en un seul billet; pas grave, nous en ferons plusieurs.

Les difficultés sont nombreuses qui ne tiennent pas toutes à son caractère fort particulier; Argentin de père Anglais, il est mal-aimé, et donc peu/mal connu dans son pays natal, qu'il quitta et ne regretta jamais, et où il écrivit en espagnol. Silvia Baron Supervielle a traduit certains poèmes.
Par la suite il décida de vivre en Italie et d'écrire dans cette langue....mais peu de ces poèmes sont traduits en espagnol, et en français, je l'ignore. Vous voyez le micmac!
 
Alors, pour aujourd'hui, j'ai traduit deux poèmes de sa première période, celle où sa créativité constitue comme un processus d'introspection, un intimisme néo-romantique dont les thèmes principaux sont l'enfance, la mort et l'amour le tout dans un style classique. (ref ici). Rien d'original bien sûr, mais...vous verrez.
 
J.R: Wilcock
 
 
La vida y la obra (abundante) de Juan Rodolfo Wilcock son un modelo de transculturación y de marginalidad, imposible pues hablar de ello en una sola nota; no importa, haremos varias.
Las dificultades son numerosas: Argentino de padre Inglés, es mal querido, y poco conocido, en ese país, del cual se marchó y no echó nunca de menos, y donde escribió en español...Algunos poemas son traducidos al francés por Silvia Baron Supervielle.
Decidió luego vivir en Italia y escribir en ese idioma...no todos sus poemas (pero cada vez más) están traducidos al español (a veces por él), otros en francés, tampoco todos. ¡Un follón!
 
Entonces, y por hoy, traduje al francés dos poemas de su primera etapa, donde su creatividad constituye un proceso de introspección, un intimismo neo-romántico; sus temas principales son la infancia, la muerte y el amor, eso en un estilo clásico. Nada original pero...veréis.
(fuente información aquí)

Les deux poèmes sont extraits du recueil "Les jours heureux"
Los dos poemas pertenecen a "Los hermosos días"


Monet peupliers / álamos 1894


Personne ne saura pourquoi je vais si triste
cet été, entre deux rivières de peupliers;
personne ne comprend l'angoisse des racines
crispées, de l'âge, des cordes
abandonnées au vent. Pas même
l'amour. Oh celui qui t'a vu
sur l'horizon inondé, effeuillant
une rose; celui qui ne trouva
que les feuilles sur le sol, le parfum sur les pierres!
(Trad: Colette)
 

Nadie sabrá por qué voy tan triste
este verano, entre dos riberas de álamos;
nadie comprende la angustia de las raíces
crispadas, de la edad, de las cuerdas
abandonadas al viento. Ni siquiera
el amor. ¡Oh aquel que te ha visto
sobre el horizonte inundado, deshaciendo
una rosa; aquel que sólo encontró
las hojas en el suelo, el perfume en las piedras!
 

 

 
 
Van Gogh

 

 

 

Je porte sur le cœur un numéro, un sceau
d'amour, comme si le silence s'inscrivait
profondément dans la chair; et j'ai déambulé
dans des couloirs de feuilles passionnées, sur des chemins
qui menaient au soleil, en criant, t'arrachant,
te raclant l'âme. Oh s'il m'était donné
de ne pas te voir apparaître, pour que tu restes immuable,
là où naît l'amour, comme une image
au fond de l'eau!
 (trad: Colette)

Llevo un número sobre el corazón, un sello
de quererte, como si el silencio se inscribiera
profundamente en la carne; y he discurrido
por galerías de hojas apasionadas, por caminos
que iban a dar al sol, gritando, arrancándote,
raspándote del alma. Oh si me fuera dado
no verte aparecer, inmutable,
allí donde nace el amor, como una imagen
en el fondo del agua!

07/06/2014

Accumuler le futur / Acumular el futuro

Meurent des poètes, abdiquent des rois; peut-être rêvaients-ils d'éternité...

 Difficile à imaginer cette éternité, comment la représenter? Aujourd'hui deux poètes, chacun a son idée sur le sujet.




Mueren poetas, abdican reyes, tal vez soñaban con la eternidad...
Difícil de imaginar esa eternidad, ¿cómo representarla?
Hoy dos poetas, cada uno tiene su idea al respeto.

 

 

L’éternité (1963)

 

Eugène Guillevic

 


L’éternité
ne fut jamais perdue.
Ce qui nous a manqué
fut plutôt de savoir
la traduire en journées,
en ciels, en paysages,
en paroles pour d’autres,
en gestes vérifiables.
Mais la garder pour nous
 n’était pas difficile
 et les moments étaient présents
où nous paraissait clair
que nous étions l’éternité.

 

 

 

La eternidad

La eternidad
jamás fue perdida.
Lo que nos faltó
más bien fue saber
traducirla en días,
en cielos, en paisajes,
en palabras para otros,
en gestos comprobables.
Pero guardarla para nosotros
No era difícil
Y los momentos estaban presentes
donde nos parecía claro
que nosotros eramos la eternidad.

(trad: Colette)

Peinture, Jean Claude Pirotte

 

 



Juan Gelman, poésie en prose / poesía en prosa


L'éternité est une idée violente / capitaliste/ accumuler du futur. La conscience se libère d'elle-même quand elle vire sa lumière dans les respirations de la rosée.
Fulgurances des oreillers où le temps se dénude et l'ordre de l'amour se perd. La nuit mûrit / les vérités du corps se font la cour / les heures qui s'en vont.

(trad- Colette)

La eternidad es una idea violenta / capitalista / acumular futuro. La conciencia se libra de sí misma cuando vira su luz en las respiraciones del rocío. Fulgor de las almohadas en las que el tiempo se desnuda y el orden del amor se pierde. La noche madura / las verdades del cuerpo conocen el cortejo / las horas que se van.
(
In memoriam. Ciudad de México, 5 agosto 2012)

31/05/2014

Gardiens des signes / Guardianes de los signos

Les figuiers de barbarie qui bordent l'entrée des villages ont toujours été les gardiens des signes. Quand nous étions enfants, il y a quelques minutes, les figuiers nous indiquaient le chemin. C'est pour cela que nous restions dehors fort tard, en compagnie des chacals et des étoiles. C'est pour cela que nous cachions les broutilles que nous volions – une datte, une figue sèche, un cahier – dans leurs lits d'épines. Quand nous grandîmes, sans savoir ni comment ni quand, leurs fleurs jaunes nous incitaient à aborder les filles qui allaient à la fontaine, souriantes, et nous nous vantions des épines qui s'enfonçaient dans nos mains. Quand la fleur se fana et surgit le fruit, les figuiers se montrèrent incapables de repousser les armes de l'armée assassine. Mais ils poursuivirent le rôle de gardiens des signes: là-bas, derrière les figuiers, il y a des maisons enterrées vivantes, et des royaumes, des royaumes de souvenirs, et une vie qui attend un poète qui ne se délecte pas dans les ruines, à moins que le poème ne l'exige.”

 

Mahmud Darwix, L'empreinte du papillon
(trad: Colette)

 

Il fleurit en ce moment ici / Florece en este momento aquí ....foto Colette

 

 

Las chumberas que flanquean la entrada de los pueblos han sido siempre las guardianas de los signos. Cuando éramos niños, hace unos minutos, las chumberas nos indicaban el camino. Por eso nos quedábamos hasta tarde fuera, en compañía de los chacales y de las estrellas. Por eso escondíamos las pequeñeces que sisábamos —un dátil, un higo seco, un cuaderno— en sus alcobas de espinas. Cuando crecimos, sin saber cómo ni cuándo, sus flores amarillas nos incitaron a abordar a las chicas que iban a la fuente risueña, y nos jactábamos de las espinas que se nos clavaban en las manos. Cuando la flor se ajó y el fruto brotó, las chumberas se mostraron incapaces de repeler las armas del ejército asesino. Pero siguieron siendo las guardianas de los signos: allí, detrás de las chumberas, hay casas enterradas vivas, y reinos, reinos de recuerdos, y una vida que aguarda a un poeta que no se recree en las ruinas, a menos que el poema lo exija.”

 

 

La huella de la mariposa , Mahmud Darwix

Traducción de Luz Gómez García

04/05/2014

Vivre entre deux.../ Vivir entre dos...

Ce billet est long, prenez votre temps...nous poursuivons avec Silvia Baron Supervielle

Esta nota es larga, tomad vuestro tiempo...seguimos con Silvia Baron Supervielle

 

 

 

sans aller vers la mer
ni venir vers le fleuve
ni traduire le murmure
momentané de l'ombre
sans reprendre l'aventure
à la dérive et l'amour
enfoui dans la tranchée
ni retrouver la plaine
suspendue aux étoiles
ni parler du territoire
de l'espace dépris
de son pays

 

 

 

Sin ir hacia el mar
ni venir hacia el río
ni traducir el murmullo
momentáneo de la sombra
sin retomar la aventura
a la deriva y el amor
sepultado en la trinchera
ni encontrar la llanura
suspendida en las estrellas
ni hablar del territorio
del espacio abandonado
de su país.

 

(trad: MAH-Colette)

 

Silvia Baron Supervielle - Autour du vide

(les poèmes sont probablement traduits par elle-même, je n'en ai pas la traduction en espagnol et l'ai réalisée avec MAH)

 

 
Silvia Baron Supervielle vit à Paris depuis 1961 et commença à écrire en français quelques année plus tard. Je vous l'ai dit dans le billet précédent, avec le temps elle est devenue une traductrice hors pair.

 

Née à Buenos Aires en 1934, dans le Río de la Plata, sa mère, qui mourut quand elle avait 2 ans, était Uruguayenne d'origine espagnole, et son père Argentin d'origine française. C'est donc sa grand-mère paternelle, cousine de Jules Supervielle qui l'éleva en français. Mais c'est en espagnol qu'elle vécut son enfance et sa jeunesse.

 

 

“–Una argentina que vive en París, escribe en francés pero se siente del Río de La Plata. ¿Por qué?
- Une Argentine qui vit à Paris, écrit en français mais se sent du Río de la Plata. Pourquoi?

  • Al escribir en francés no varían los recuerdos de la infancia y de la adolescencia, que son esenciales. Además me siento cerca de los escritores del Río de la Plata. Por eso los he traducido. No soy una escritora francesa. Escribo en francés pero pertenezco al Río de la Plata.
    - En écrivant en français, les souvenirs de l'enfance et de l'adolescence, qui sont essentiels, ne varient pas. De plus je me sens proche des écrivains du Río de la Plata. C'est pour cela que je les ai traduits. Je ne suis pas une écrivaine française. J'écris en français mais je suis du Río de la Plata.”




Adulte elle voyage et décide de s'installer à Paris. Elle raconte:


"–Yo escribía poemas y cuentos en español, pero no pensaba seriamente en escribir. Tardé bastante en cambiar de lenguaje. Por complacer amigos, que querían leer algo mío, traté de traducirme, pero eran poemas largos, a veces sonetos. Entonces me puse a escribir en francés. Me gustó mucho, veía las cosas de otra manera. Le temía a la nueva lengua y sospecho que por ello escribí poemas breves. Fue la revelación de un estilo y con él, de un universo. Esos poemas me devolvían mi imagen, la soledad en la que estaba. Me vino la idea que podía ser una escritora. No porque mis poemas estuvieran en francés sino porque estaban en otra lengua. Las palabras estaban lejos. La desorientación me convenía.


- J'écrivais des poèmes et des contes en espagnol, mais je ne pensais pas sérieusement à écrire. J'ai pas mal tardé à changer de langue. Pour faire plaisir à mes amis, qui voulaient lire quelque chose de moi, j'ai essayé de me traduire, mais c'était de longs poèmes, parfois des sonnets. Alors je me suis mise à écrire en français. Ça m'a beaucoup plu, je voyais les choses d'une autre façon. J'avais peur de cette nouvelle langue et je soupçonne que c'est pour cela que j'ai écrit des poèmes courts. Ce fut la révélation d'un style et avec lui, d'un univers. Ces poèmes me rendaient mon image, la solitude dans laquelle je me trouvais. L'idée me vint que je pouvais être écrivaine. Pas parce que mes poèmes étaient en français mais parce qu'ils étaient dans une autre langue. Les mots étaient lointains. La désorientation me convenait."

 

 

alrededor del vacío
me desnudo
para unirme
al perfil
en suspenso
aéreo

 


 autour du vide
je me dénude
pour m’unir
au profil
en suspens
aérien 

 

 
 
On lui doit des traductions en français de Jorge Luís Borges, Alexandra Pizarnik, Silvina Ocampo, de Robeto Juarroz (tous originaires de Buenos Aires), puis la traduction en espagnol de Marguerite Yourcenar*

 

 

 

–“Yo pertenezco a los ausentes”, usted ha dicho.
-”J'appartiens aux absents” avez-vous dit.


Tengo la casa llena de fotos de ausentes. Los que están lejos y los que se han ido mas lejos aún. Todos mis amigos están entre mis libros junto a escritores que admiro como Borges, Silvina Ocampo, Marguerite Yourcenar, etc. Sus rostros se acompañan. Estoy rodeada de ausentes maravillosos. No los cambiaría por muchos presentes.
-J'ai la maison pleine de photos d'absents. Ceux qui sont loin et ceux qui sont partis plus loin encore. Tous mes amis sont entre mes livres à côté d'écrivains que j'admire comme Borges, Silvana Ocampo, Marguerite Yourcenar, etc. leurs visages m'accompagnent. Je suis entourée de merveilleux absents. Je ne les échangerais pas pour beaucoup`de présents.”

 

 

Leon Spilliaert Marine avec sillon

 

 

 

au cours de la traversée
la mer articula une langue
hors des registres du son 
et ce fut voir le sillage
se détacher de la cabine
et les périodes de la houle
ouvrir un étrange miroir
sur la surface circonscrite
ce fut commencer à suivre
des inflexions étonnantes
sur le hublot hermétique 
et ni taire ni chanter
mais fendre le rythme 
naturel du courant

 


 

(Extrait de Pages de voyage)

 


 

durante la travesía
el mar articuló un lenguaje
fuera del registro del sonido
y ver la estela
separarse de la cabina
y los periodos de oleaje
abrir un extraño espejo
sobre la superficie circunscrita
fue comenzar el rastreo
de inflexiones sorprendentes
sobre la hermética ventanilla
y ni cantar ni callarse
sino atravesar el ritmo
natural de la corriente

 

(Trad. MAH; Colette)




Pour terminer, et c'est la partie de son interview qui me touche le plus, elle explique comment elle se sent toujours “entre deux” et contente de l'être:



"-¿Podría volver a Buenos Aires a vivir?
-Pourriez-vous revenir à Buenos Aires?
Siempre me he dejado llevar por lo que se imponía. No creo que pueda hacer una elección. Si llega el momento, en que el regreso se impone, volveré. Si no, me quedaré en París. Ser extranjero –y ahora lo soy en todas partes– es también una manera de ser libre. La no integración es una libertad. No estoy integrada en ningún lado. Y no busco estarlo. No sé formar parte de un grupo humano. Pertenezco sólo a los que quiero que estén allí o aquí. Y Al Margen es quizá mi patria.

- Je me suis toujours laissé porter par ce qui s'imposait. Je ne pense pas pouvoir choisir. Si arrive le moment où le retour s'impose, je reviendrai. Sinon je resterai à Paris. Être étranger – et maintenant je le suis partout- est aussi une façon d'être libre. La non intégration est une liberté. Je ne suis intégrée nulle part. Et je ne cherche pas à l'être. Je ne sais pas faire partie d'un groupe humain. Je n'appartiens qu'à ceux que je veux qu'ils soient ici ou ailleurs. Et EN MARGE est peut-être ma patrie."

 

Source de l'interview, (2-09-2013)

Traduction Colette

 

 * Si l'amitié qui a surgi entre elle et Marguerite Yourcenar vous intéresse, lisez ceci:

 http://www.bm-lyon.fr/spip.php?page=video&id_video=459

01/05/2014

L'accord disparu / El acorde desaparecido

 



Je me suis énamourée des poèmes de Silvia Baron Supervielle; je me suis attachée à cette dame tour à tour conteuse, poétesse, traductrice hors-pair dont je vous parlerai longuement dans le prochain billet.
Aujourd'hui deux poèmes, très courts comme le sont beaucoup des siens. J'ai trouvé le premier en espagnol, l'autre en français. Je sais qu'elle s'auto-traduit mais je ne possède pas les traductions. C'est donc avec une grande humilité que je me suis permise de le faire moi-même.


Me he enamorado de los poemas de Silvia Baron Supervielle, me he encariñado con esa dama a la vez cuentista, poetisa, traductora fuera de serie; os hablaré de ella de manera extensa la próxima vez.
Hoy dos poemas, muy cortos como son muchos de los suyos. Encontré el primero en español, el otro en francés. Sé que se auto-traduce pero no poseo las traducciones. Es entonces con mucha humildad que lo hice yo misma.

 

 

le flûtiste
de l’espace
se promène
en scrutant
l’accord
disparu 

 

(Dans “Sur le fleuve”) 

 

 
el flautista

 del espacio

 se pasea

 oteando

 el acorde

 desvanecido 

 

  (trad: Colette)

 


 

César Páez (Colombie) / Instantes urbanos    

 

 
entre el intervalo
del relámpago
y la explosión 
del trueno

me identifica

el instante

 

 
(extrait de “Al margen”.)

 

 
entre l'intervalle

 de l'éclair

 et l'explosion

 du tonnerre

 

 
m'identifie

 l'instant

 (Trad: Colette) 

 

18/04/2014

Adios y tantas gracias

Gabriel García Marquéz

 

 

Dernier paragraphe du discours de Gabriel García Márquez quand il reçut le prix Nobel en 1982 (Trad: Colo)

"Dans chaque ligne que j'écris j'essaye toujours, avec plus ou moins de bonheur, d'invoquer les esprits farouches de la poésie, et j'essaye de laisser dans chaque mot le témoignage de ma dévotion pour ses vertus de divination, et pour sa victoire permanente contre les sourds pouvoirs de la mort. Le prix que je viens de recevoir je le comprends, en toute humilité, comme la révélation consolatrice que mon essai n'a pas été vain. Et c'est pour cette raison que je vous invite tous à porter un toast à ce qu'un grand poète de nos Amériques, Luis Cardoza y Aragón a défini comme la seule preuve concrète de l'existence de l'homme: la poésie."

 

 

Último párrafo del discurso de G. G. Márquez cuando recibió el Premio Nobel en 1982

"En cada línea que escribo trato siempre, con mayor o menor fortuna, de invocar los espíritus esquivos de la poesía, y trato de dejar en cada palabra el testimonio de mi devoción por sus virtudes de adivinación, y por su permanente victoria contra los sordos poderes de la muerte. El premio que acabo de recibir lo entiendo, con toda humildad, como la consoladora revelación de que mi intento no ha sido en vano. Es por eso que invito a todos ustedes a brindar por lo que un gran poeta de nuestras Américas, Luis Cardoza y Aragón, ha definido como la única prueba concreta de la existencia del hombre: la poesía."

12/04/2014

Je m'accroche à tes pas.../ Me aferro a tu pisada

C'est au Vénézuela que j'ai découvert Estrella Gomes, jeune poétesse née en 1990.
Pas un mot de trop, un beau rythme. Sa poésie m'a touchée.
Deux poèmes trouvés sur la toile, ils n'avaient pas de titre; voici le premier.

Je peux dire, sans trop me tromper, que ce poème un hommage à sa mère.


Es en Venezuela que encontré a Estrella Gomes, joven poetisa nacida en 1990.
No sobra ni una palabra, el ritmo es bonito. Su poesía me ha conmovido.
Dos poemas encontrados en la red, no tenían título; aquí va el primero.

 

Azalea Quiñones  / Venezuela        


 

 

Née d'un V inversé

 déchirée par le vertige en ton ventre

 j'ai su connaître

 le silence de chaque libellule

 posée sur tes doigts

 ceux-là même qui

 me dessinèrent tant de visages

 en saison de pluie

 

Parfois je m'arrête

 et murmure à mon ombre,

 ainsi les aubes

 ne dansent pas à mon balcon

 

 
Aujourd'hui je me penche à la fenêtre
 
la même

 où chaque jour

 je me vois renaître

 en un verbe jamais compris

 je colore ma descente

 de la nuance de tes yeux

 

Peut-être sèmerai-je des prières

 dans le jardin

 afin qu'en foulant la terre

 tu te souviennes

 que je m'accroche à tes pas

 avec chaque cri

 que tu caches en tes pieds.

(Trad: Colette)

 

 
Azalea Quiñones

 

 

Nacida de una V invertida
rasgada por el vértigo en tu vientre
he sabido conocer
el silencio de cada libélula
posada en tus dedos
esos mismos
me dibujaron tantos rostros
en estación de lluvia


A veces suelo detenerme
y susurrarle a mi sombra,
así los amaneceres
no bailan en mi balcón


Hoy me asomo a la ventana
por la misma
donde cada día
me veo renacida
en un verbo nunca entendido
coloreo mi descenso
en el matiz de tus ojos


Quizá siembre oraciones
en el jardín
para que al pisar la tierra
recuerdes
que me aferro a tu pisada
con cada grito
que escondes en tus pies.

 

 

15/03/2014

Des dahlias frais / Dalias frescas

Juana de Ibarbourou (1889-1979). Uruguay

Une des voix les plus personnelles de la lyrique hispanoaméricaine du début de XXº siècle; la poétesse sans doute la plus connue dans cette partie du monde. 
Una de las voces más personales de la lírica hispanoamericana de principios del siglo XX; la poetisa tal vez más conocida en esta parte del mundo.
J'ai choisi deux poèmes, sensuels, entre rires et larmes.
Elegí dos poemas, sensuales, entre lágrimas y risas. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'heure

 

Prends-moi maintenant qu'il est encore tôt

 Et que je porte des dahlias frais à la main.

 Prends-moi maintenant qu'est encore sombre

 Cette taciturne chevelure qui est mienne.

 Maintenant, que j'ai la chair odorante.

 Et les yeux clairs et la peau rose.

 Maintenant que mon pied léger chausse

 La sandale vive du printemps.

 Maintenant, que sur mes lèvres carillonne le rire

 Comme une cloche à toute volée secouée.

 Après....ah, je sais

 Que rien de cela après je n'aurai! 

 

(Trad: Colette) 

 

 

Julio Alpuy Uruguay

 

 

 

La hora.

Tómame ahora que aún es temprano
Y que llevo dalias nuevas en la mano.
Tómame ahora que aún es sombría
Esta taciturna cabellera mía.
Ahora, que tengo la carne olorosa.
Y los ojos limpios y la piel de rosa.
Ahora que calza mi planta ligera
La sandalia viva de la primavera.
Ahora, que en mis labios repica la risa
Como una campana sacudida a prisa.
Después...¡ah, yo sé
Que ya nada de eso más tarde tendré
 

 

Dépit

 


 

Ah, que je suis fatiguée! J'ai tant ri,

tant, que des larmes ont jailli de mes yeux;

tant, que ce rictus qui fige ma bouche

est une étrange trace de mon fou rire.

 

Tant, que mon intense pâleur

(comme dans les portraits de haute lignée)

est dûe à la fatigue du fou rire

qui en moi infiltre sa somnolence.

 

Ah, que je suis fatiguée! Laisse-moi dormir;

car, tout comme l'angoisse, la joie blesse.

Quand m'as-tu vue plus gaie que maintenant?

 

Mensonge! Je n'ai ni doutes, ni envies,

Ni inquiétudes, ni angoisses, ni peines, ni souhaits,

Si brille dans mes yeux l'humidité des pleurs,

c'est l'effort de tant rire ...

(trad: Colette)

Julio Alpuy (Uruguay) Adan y Eva

 

DESPECHO

¡Ah, qué estoy cansada! Me he reído tanto,
tanto, que a mis ojos ha asomado el llanto;
tanto, que este rictus que contrae mi boca
es un rastro extraño de mi risa loca.

Tanto, que esta intensa palidez que tengo
(como en los retratos de viejo abolengo)
es por la fatiga de la loca risa
que en todo mi cuerpo su sopor desliza.

¡Ah, qué estoy cansada! Déjame que duerma;
pues, como la angustia, la alegría enferma.
¡Qué rara ocurrencia decir que estoy triste!
¿Cuándo más alegre que ahora me viste?

¡Mentira! No tengo ni dudas, ni celos,
Ni inquietud, ni angustias, ni penas, ni anhelos,
Si brilla en mis ojos la humedad del llanto,
es por el esfuerzo de reírme tanto..
.

 

03/03/2014

Tout en rond / Redondito

Si, vers 1600, les Espagnols ne trouvèrent aucune richesse digne de leur avidité en Uruguay, ce pays tout en rond qui semble petit sur la carte d'Amérique du sud mais fait quand même 6 fois la Belgique, réserve d'innombrables et excellentes surprises de tout genre. À vrai dire, à part Martio Benedetti et son enviable président actuel, José Mujica, sa belle capitale portuaire Montevideo, que et qui connaissons-nous là-bas? Nous allons y séjourner un temps et j'espère que cela vous plaira.

 

 
Si por los años 1600 los Españoles no encontraron ninguna riqueza digna de su avidez en Uruguay, ese país redondito que parece pequeño en el mapa de América del Sur pero que es 6 veces más extenso que Bélgica, depara múltiples y excelentes sorpresas de todo tipo. A decir verdad, aparte Mario Benedetti y su envidiable presidente actual, José Mujica, su bella capital portuaria Montevideo, qué y a quién conocemos allí? Vamos a pasar un tiempo en ese país y espero que os guste.

 

 

 

Ricardo Pascale (Montevideo 1942)      


 

Mario Benedetti 

  

Défense de la joie 1979

 

 

Défendre la joie comme une tranchée
la défendre du scandale et de la routine
de la misère et des misérables
des absences transitoires
et définitives

 

(...)

 

défendre la joie comme un drapeau
la défendre de la foudre et de la mélancolie
des naïfs et des canailles
de la rhétorique et des arrêts cardiaques
des endémies et des académies

 

 
défendre la joie comme un destin
la défendre du feu et des pompiers
des suicides et des homicides
des vacances et de l’accablement
de l’obligation d’être joyeux

 

 

défendre la joie comme une certitude
la défendre de l’oxyde et de la crasse
de la fameuse patine du temps
de la fraîcheur et de l’opportunisme
des proxénètes du rire

 

 

défendre la joie comme un droit
la défendre de dieu et de l’hiver
des majuscules et de la mort
des noms et des pitiés
du hasard
et aussi de la joie.

 

 

Mario Benedetti (1920-2009)Cotidianas (1979) – Traduit de l’espagnol par Annie Morvan

Defensa de la alegría, 1979

 

 

Defender la alegría como una trinchera
defenderla del escándalo y la rutina
de la miseria y los miserables
de las ausencias transitorias
y las definitivas

 

(...)

 

defender la alegría como una bandera
defenderla del rayo y la melancolía
de los ingenuos y de los canallas
de la retórica y los paros cardiacos
de las endemias y las academias

 

 

 

defender la alegría como un destino
defenderla del fuego y de los bomberos
de los suicidas y los homicidas
de las vacaciones y del agobio
de la obligación de estar alegres

 

 

 

defender la alegría como una certeza
defenderla del óxido y la roña
de la famosa pátina del tiempo
del relente y del oportunismo
de los proxenetas de la risa

 

 

 

defender la alegría como un derecho
defenderla de dios y del invierno
de las mayúsculas y de la muerte
de los apellidos y las lástimas
del azar
y también de la alegría

 

08/02/2014

Véhémences

Vicente Huidobro (poète chilien)



(...)

Voilà la mer
La mer grande ouverte
Voilà la mer soudain brisée
Afin que l’œil voie le commencement du monde
Voilà la mer
D'une vague à l'autre il y a le temps de la vie
De ses vagues à mes yeux il y a la distance de la mort

(Trad: Colette)

 

(...)

He ahí el mar
El mar abierto de par en par
He ahí el mar quebrado de repente
Para que el ojo vea el comienzo del mundo
He ahí el mar
De una ola a la otra hay el tiempo de la vida
De sus olas a mis ojos hay la distancia de la muerte

  

     Monumento Al mar

De Últimos Poemas Póstumo, 1948

                            

 

La mer s'exprimait avec une véhémence angoissée, mais les hommes ne le comprenaient pas      

 

 
El Roto / El País 6/02/2014
 

 

 

Foto El País - Asturias 4/02/2014



18/01/2014

Cronos

 

Nous poursuivons, le temps d'un poème, avec Nicanor Parra.
Seguimos, durante el tiempo de un poema, con Nicanor Parra.


                                    CRONOS

 

 
À Santiago de Chile

 Les

       jours
                sont
                         interminablement
                                                          longs:
Plusieurs éternités en un jour.

 

 
Nous nous déplaçons à dos de lune
Comme les vendeurs d'algues:
On baille. On re-baille.

 

Cependant les semaines sont courtes
Les mois passent à toute allure
Etlesannéessemblentvoler.



(Trad: Colette)




                                  CRONOS  


En Santiago de Chile
Los
        días
                son
                        interminablemente
                                                              largos:

Varias eternidades en un día. 
 
Nos desplazamos a lomo de luna
Como los vendedores de cochayuyo:
Se bosteza. Se vuelve a bostezar. 

 
Sin embargo las semanas son cortas
Los meses pasan a toda carrera
Ylosañosparecequevolaran.

 

 

Illumine le temps 1975 Roberto Matta

 



Le peintre  chilien d'aujourd'hui s'appelle Roberto Matta. J'ai trouvé ce qui suit sur ce blog:


Éloge à Roberto Matta


« Roberto Sebastián Matta Echaurren, plus connu sous le nom de Matta, a pris une place majeure au sein du surréalisme. Artiste de l’exil, il vécut entre le Chili, la France, l’Italie, l’Espagne et les Etats-Unis, et côtoya bon nombre des grands artistes du XXe siècle, de Federico Garcia Lorca à Salavador Dali en passant par Jackson Pollock ou le dadaïste Marcel Duchamp. Son oeuvre est exceptionnelle et prolifique jusqu’à la démesure. Peintre à la personnalité insaisissable et singulière, qui tient autant à son caractère qu’aux événements personnels et historiques auxquels il a été mêlé, il se veut totalement ouvert au monde. Selon ses dires, c'est son exil qui a déterminé toute sa vie. Son travail est un travail de séparation. [...] De l'exil, il est passé à l'"Ex-il", quelque part entre le connu et l'inconnu, entre la réalité et l'imaginaire. Là où commence la poésie. »

 

 

 

El pintor chileno de hoy se llama Roberto Matta. Una buena biografía aquí.

 

 

 

 
Humana mente 1979 Roberto Matta

 

11/01/2014

Nicanor, l'anti...

Un séjour au Chili, ça vous dit?
Pays qui, pour une raison que j'ignore, a eu et a plus de poètes(esses) qu'aucun autre pays d'Amérique Latine. Une bonne raison pour y rester un moment, non?
J'y ai découvert d'excellents peintres aussi, ils nous accompagneront.

¡Qué os parece una estancia en Chile?
País que, por una razón que ignoro, ha tenido y tiene mas poetas (poetisas) que ningún otro país de América Latina. Una buena razón para quedarnos allí un rato, ¿no?
Descubrí también excelentes pintores, nos acompañaran.

 

Inutile de présenter Pablo Neruda, nous n'en parlerons pas cette fois, ni la très célèbre Gabriela Mistral dont je n'ai jamais publié ici aucun poème; un manque d'affinité avec sa poésie.
Inutil presentaros a Pablo Neruda, no hablaremos de él esta vez, ni de Gabriela Mistral, poeta celebre de la cual nunca presenté ningún poema aquí: una falta de afinidad con su poesía.

 

Nicanor Parra: un personnage, une poésie absolument atypiques. Il a obtenu de nombreux prix, est le frère de la célèbre Violeta Parra et aura 100 ans en septembre 2014.
Il est connu pour son “antipoesía” et le mouvement “antipoético” qui se caractérise par un style ironique, la moquerie, une vision critique des icônes de la culture et de la religion. Ce mouvement répond à une sorte d'anxiété de rupture associée, au moment où il est apparu, à l'envie d'être dissonant et de se libérer aussi de l'influence de Neruda.

 

Nicanor Parra: un personaje, una poesía absolutamente atípicos. Obtuvo numerosos premios, es el hermano de la celebre Violeta Parra y cumplirá 100 años en septiembre 2014.
Es conocido por su”antipoesía” y por el movimiento “antipoético” que se caracteriza por su estilo irónico, la burla, una visión crítica de los iconos de la cultura y de la religión. Ese movimiento respondía a un tipo de ansiedad de ruptura asociada, en el momento de su aparición, al anhelo de ser disonante y de librarse también de la influencia de Neruda.

 

 

Humberto Parada (Chile)

 

 
Aujourd'hui ce poème qui donne bien des clés pour comprendre le mouvement.
Hoy este poema que da muchas claves para entender el movimiento.

 

TEST

Qu'est un antipoète:

 un commerçant d'urnes et de cercueils?

un prêtre qui ne croit en rien?

 un général qui doute de lui-même?

 un vagabond qui rit de tout

 même de la vieillesse et de la mort?

 un interlocuteur au mauvais caractère?

 un danseur au bord de l'abîme?

 un narcisse qui aime tout le monde?

 un blagueur sanguinaire

 délibérément misérable?

 un poète qui dort sur sa chaise?

 un alchimiste des temps modernes?

 un révolutionnaire de poche?

 un petit bourgeois?

un charlatan?
                          un dieu?
                                      un innocent?

 un villageois de Santiago de Chile?

 

 Soulignez la phrase que vous considérez correcte.

 

 
Qu'est l'antipoésie:

 une tempête dans une tasse de thé?

 une tache de neige sur un rocher?

 un plateau plein d'excréments humains

 comme le croit le père Salvatierra?

 un miroir qui dit la vérité?

 une baffe à la figure

 du Président de la Société des Écrivains?

 (Que Dieu le garde dans son saint royaune)

 un avertissement aux jeunes poètes?

 un cercueil à réaction?

 un cercueil à force centrifuge?

 un cercueil à gaz de parafine?

 une chapelle ardente sans défunt?


Marquez d'une croix

 la définition qui vous semble correcte.

  

(Traduction: Colette)

 

 

TEST

 

  1. Qué es un antipoeta:
    un comerciante en urnas y ataúdes?
    un sacerdote que no cree en nada?
    un general que duda de sí mismo?
    un vagabundo que se ríe de todo
    hasta de la vejez y de la muerte?
    un interlocutor de mal carácter?
    un bailarín al borde del abismo?
    un narciso que ama a todo el mundo?
    un bromista sangriento
    deliberadamente miserable?
    un poeta que duerme en una silla?
    un alquimista de los tiempos modernos?
    un revolucionario de bolsillo?
    un pequeño burgués?
    un charlatán?
                          un dios?
                                      un inocente?
    un aldeano de Santiago de Chile?

       Subraye la frase que considere correcta.



     Qué es la antipoesía:
     un temporal en una taza de té?
     una mancha de nieve en una roca?
     un azafate lleno de excrementos humanos
     como lo cree el padre Salvatierra?
     un espejo que dice la verdad?
     un bofetón al rostro
     del Presidente de la Sociedad de Escritores?
     (Dios lo tenga en su santo reino) 
     una advertencia a los poetas jóvenes?
     un ataúd a chorro?
     un ataúd a fuerza centrífuga?
     un ataúd a gas de parafina?
     una capilla ardiente sin difunto?

     Marque con una cruz
     la definición que considere correcta.