02/10/2010

Le vent de P.Neruda /El viento de P.Neruda

Les îles Malgrats, îlettes au sud-ouest de mon île, semblent en plein jour de simples rochers. Au coucher du soleil, fouettées par le vent, les voilà.

Las islas Malgrats, unas minúsculas islitas al suroeste de mi isla, parecen de día simples rocas. Aquí las tienen, batidas por el viento, a la puesta del sol.

 

puesta de sol malgrats 001.jpg

Le vent est un cheval :

  écoute comme il court

 à travers mer et ciel.

 

Il veut m’emmener : écoute

comme il parcourt le monde

   pour m’emmener au loin.

              ---------

Laisse courir le vent

  couronné d’écume,

qu’il m’appelle et me cherche

   galopant dans l’ombre,

   tandis que moi, submergépuesta de sol malgrats 005.jpg

   sous tes grands yeux,

  pour cette seule nuit

je me reposerai, mon amour. (Le vent dans l’île. Pablo Neruda)

 

El viento es un caballo:

   óyelo cómo corre

por el mar, por el cielo.

 

Quiere llevarme: escucha

 cómo recorre el mundo

   para llevarme lejos.

       -------

Deja que el viento corra

  coronado de espuma,

que me llame y me busque

  galopando en la sombra,

   mientras yo, sumergido

     bajo tus grandes ojos,

        por esta noche sola

    descansaré, amor mío. (El viento en la isla. Pablo Neruda)

 

 

 

Ode à la mer de Pablo Neruda est un beau et long poème, il ressemble à une prière, vous le trouverez ici dans une excellente traduction de Ricard Ripoll i Villanueva.

 Oda al mar de Pablo Neruda es un poema precioso, largo, parecido a una plegaria; lo encontraréis aquí con una traducción de Ricard Ripoll i Villanueva

 

 

puesta de sol malgrats 014.jpg

En voici les derniers vers / Aquí tienen los últimos versos.

 

Nous résoudrons tout

petit à petit :

nous t’obligerons, mer,

nous t’obligerons, terre,

à faire des miracles,

car en nous-mêmes,

dans la lutte,

il y a le poisson, il y a le pain,

il y a le miracle.

 

Todo lo arreglaremos

poco a poco:

te obligaremos , mar

te obligaremos, tierra,

a hacer milagros,

porque en nosotros mismos,

en la lucha,

está el pez, está el pan,

está el milagro.

25/09/2010

Cadeaux d'amour /Regalos de amor

Il est des personnages littéraires attachants et celui de Florentino Ariza dans L’amour aux temps du choléra de G.García Márquez en est certainement un.

Amoureux fou depuis l’enfance de Fermina Daza qui ne correspond pas à ses sentiments, il « n’apprit jamais à écrire sans penser à elle » et décida d’offrir son lyrisme aux amoureux « sans plume » en écrivant gratuitement leurs lettres d’amour.

Ce n’est pas triste, lisez plutôt.

 

Hay personajes literarios atractivos y el de Florentino Ariza en El amor en los tiempos del cólera de G. García Márquez es uno de ellos.

Enamorado locamente desde la infancia de Fermina Daza y no correspondido, “nunca aprendió a escribir sin pensar en ella” y decidió ofrecer su lirismo a los enamorados implumes escribiendo gratuitamente sus cartas de amor.

No tiene desperdicio.

(clic pour agrandir)escher_hands.pngM.C. Escher, hands

 

« Son souvenir le plus plaisant de cette époque fut celui d’une jeune fille très timide, presque une petite fille, qui lui demanda en tremblant de lui écrire une réponse à une lettre irrésistible qu’elle venait de recevoir, et que Fernando Ariza reconnut pour l’avoir écrite lui-même la veille au soir. Il répondit dans un style différent, en accord avec l’émotion et l’âge de la jeune fille, et avec des lettres qui semblaient venir d’elle car il savait imiter aussi une écriture pour chaque occasion selon le caractère de chacun. Il l’écrivit en imaginant ce que Fermina Daza lui aurait répondu à lui si elle l’avait aimé autant que cette créature désemparée aimait son prétendant. Deux jours plus tard, en effet, il dût écrire aussi la réponse du fiancé avec la calligraphie, le style et la sorte d’amour qu’il avait employés dans la première lettre ; et ce fut ainsi qu’il termina impliqué dans une correspondance fébrile avec lui-même. Moins d’un mois plus tard, les deux vinrent, séparément, le remercier pour ce que lui-même avait proposé dans la lettre du fiancé et accepté avec dévotion dans la réponse da la fille : ils allaient se marier. » (Trad. Colette)

 

« Su recuerdo más grato de aquella época fue el de una muchachita muy tímida, casi una niña, que le pidió temblando escribirle una respuesta para una carta irresistible que acababa de recibir, y que Florentino Ariza reconoció como escrita por él la tarde anterior. La contestó con un estilo distinto, acorde con la emoción y la edad de la niña, y con una letra que también pareciera de ella, pues sabía fingir una escritura para cada ocasión según el carácter de cada quien. La escribió imaginándose lo que Fermina Daza le hubiera contestado a él si lo quisiera tanto como aquella criatura desamparada quería a su pretendiente. Dos días después, desde luego, tuvo que escribir también la réplica del novio con la caligrafía, el estilo y la clase de amor que le había atribuido en la primera carta, y fue así como terminó comprometido en una correspondencia febril consigo mismo. Antes de un mes, ambos fueron por separado a darle las gracias por lo que él mismo había propuesto en la carta del novio y aceptado con devoción en la respuesta de la chica: iban a casarse.”

18/09/2010

Aux fleuristes de la Rambla-G.Lorca/ A las floristas de la Rambla

Je viens de lire un discours peu connu prononcé par F. García Lorca à Barcelone (25 décembre 1935) lors de la représentation de sa pièce de théâtre  « Doña Rosita la célibataire ou le langage des fleurs ». Une pièce qui raconte une histoire d’amour déçue, de la vaine attente d’un retour…

C’est non seulement un hommage aux marchandes de fleurs qui colorent la Rambla, mais aussi à la Rambla elle-même, ce lieu enchanteur que vous connaissez peut-être.

Acabo de leer un discurso poco conocido pronunciado en Barcelona por F. García Lorca (25 de diciembre 1935) con ocasión de la representación de su obra de teatro “Doña Rosita la Soltera o el lenguaje de las flores”. Una obra que cuenta la historia de un amor decepcionado, de la vana espera de un retorno…

No sólo es un homenaje a las vendedoras de flores que colorean la Rambla, sino también a la Rambla misma, ese lugar encantador que tal vez conocéis.

 Las Ramblas Barcelona.JPG

   « Ce soir, ma fille la plus jeune et la plus aimée, Rosita la célibataire, la demoiselle Rosita, dame Rosita, sur le marbre et entre des cyprès, dame Rosa a voulu travailler pour les sympathiques fleuristes de la Rambla, et c’est à moi qu’incombe l’honneur de dédier la fête à ces femmes aux rires francs  et aux mains mouillées où tremble de temps en temps le minuscule rubis causé par l’épine.

   (…) La rue où vivent ensemble les quatre saisons de l’année, l’unique rue de la terre que je souhaiterais ne jamais se terminer, riche en sons, abondante en brises, belle de rencontres, antique de sang, La Rambla de Barcelone.

   Telle une balance, La Rambla a son aiguille et son équilibre dans le marché des fleurs où la ville se rend pour y chanter  baptêmes et mariages sur des bouquets frais d’espoir et où elle se rend en agitant larmes et rubans sur les couronnes de ses morts. Ces étalages de joie entre les arbres soignés sont comme le cadeau des rambleurs et leur détente, et bien que de nuit ils semblent seuls, presque comme des catafalques de fer, ils ont un air seigneurial et délicat qui semble dire aux noctambules : « Lève-toi demain pour nous voir ; nous sommes de jour. »

   Quiconque visite Barcelone ne peut oublier cette rue que les fleurs convertissent en insoupçonnable serre, (…)

  On dit, et c’est vrai, qu’aucun barcelonais ne peut dormir tranquille s’il n’est passé au moins une fois par la Rambla, et il m’arrive la même chose ces jours-ci où je vis dans votre superbe ville. Toute l’essence de la Grande Barcelone, la vivace, l’incorruptible, la  grande, est dans cette rue qui a une aile gothique où l’on entend des fontaines romaines et des luths du quinzième, et une autre aile bigarrée, cruelle, incroyable, où l’on entend les accordéons de tous les marins du monde et il y a un envol nocturne de lèvres maquillées et d’éclats de rires à l’aube.

 Je dois moi aussi passer tous les jours par cette rue pour apprendre d’elle comment peut persister l’esprit propre à cette ville. (…) » (trad. Colette)

 

   « Esta noche, mi hija pequeña y más querida, Rosita la soltera, la señorita Rosita, doña Rosita, sobre el mármol y entre cipreses doña Rosa, ha querido trabajar para las simpáticas floristas de la Rambla, y soy yo quien tiene el honor de dedicar la fiesta a estas mujeres de risa franca y manos mojadas, donde tiemblan de cuando en cuando el diminuto rubí causado por la espina.

   (…) La calle donde viven juntas a la vez las cuatro estaciones del año, la única calle de la tierra que yo desearía que no acabara nunca, rica en sonidos, abundante de brisas, hermosa de encuentros, antigua de sangre, la Rambla de Barcelona.

   Como una balanza, la Rambla tiene su fiel y su equilibrio en el mercado de las flores, donde la ciudad acude para cantar bautizos y bodas sobre ramos frescos de esperanza y donde acude agitando lágrimas y cintas en las coronas para sus muertos. Estos puestos de alegría entre los árboles cuidados son como el regalo de las ramblistas y su recreo, y aunque de noche parezcan solos, casi como catafalcos de hierro, tienen un aire señor y delicado, que parece decir al noctámbulo:”Levántate mañana para vernos; nosotros somos del día.”

   Nadie que visite Barcelona puede olvidar esta calle que las flores convierten en insospechable invernadero, (…)

   Se dice, y es verdad, que ningún barcelonés puede dormir tranquilo si no ha paseado por la Rambla, por lo menos una vez, y a mí me ocurre otro tanto estos días que vivo en vuestra hermosísima ciudad. Toda la esencia de la Gran Barcelona, la perenne, la insobornable, la grande, está en esta calle, que tiene un ala gótica donde se oyen fuentes romanas y laúdes del quince, otra ala abigarrada, cruel, increíble, donde se oyen los acordeones de todos los marineros del mundo y hay un vuelo nocturno de labios pintados y carcajadas del amanecer.

   Yo también tengo que pasar todos los días por esta calle para aprender de ella cómo puede persistir el espíritu propio de una ciudad. (…)”

  

 

20/08/2010

Saveurs, parfums des heures /Sabores, perfumes de las horas

Rares sont les aubes qui m’échappent.

Une journée me semble perdue, ou dure à récupérer si, assise sur une marche en pierre sèche, un café à la main, je rate ce moment.

Tout aussi important est l’instant, car ça va très vite, où le soleil fatigué se glisse derrière la montagne.

Ce sont mes heures.

Heures. Chacun a les siennes.

 

Pocas son las albas que se me escapan.

Un día me parece perdido, o difícil de recuperar si, sentada en un peldaño de piedra, con un café en la mano, me pierdo este momento.

Igual de importante es el instante, porque va muy deprisa, en el que el sol cansado se desliza tras la montaña.

Son mis horas.

Horas. A cada cual las suyas.

 

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Heure

                   P.Reverdy

 

Un œil se ferme à l’horizon
                     L’autre se lève
Combien de temps faut-il pour parcourir la nuit
Le bruit et la lumière
Étoiles et grelots
            Quelqu’un sur la montagne a jeté son manteau
                     Et derrière
                                       L’eau
            Le soleil éteint qui tombe
Et le chant plus gai d’un oiseau
            Le tour du monde
                              Tout se dresse autour du rideau
                       Les voix qui montent vont plus haut
                       ou les marches plus basses
                              Celui qui redescend
                              Marche la tête basse
L’ombre s’allonge
                              Le ciel s’éclaire
On écoute les bruits tomber tout près du mur
                                     Contre la terre

 

Poème lu sur le site Terre de femmes, Angèle Paoli/Terres de femmes

 

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Foto: I.Pampín. 

Hora

                       Reverdy

Un ojo se cierra en el horizonte

             El otro se levanta

Cuánto tiempo hace falta para recorrer la noche

El ruido y la luz

Estrellas y cascabeles

               Alguien en la montaña ha tirado su abrigo

                   Y detrás

                                      El agua

              El sol apagado que cae

Y el canto más alegre de un pájaro

           La vuelta al mundo

                              Todo se eleva alrededor de la cortina

                     Las voces que suben van más alto

                     O los peldaños más bajos

                              El que vuelve a bajar

                               Anda cabizbajo

La sombra se alarga

                                El cielo se alumbra

Se escucha caer los ruidos muy cerca de una pared

                                                         Contra la tierra   (Trad. Colette)

 

28/07/2010

Naissances poétiques / Nacimientos poéticos

Sur le thème “naître” voici deux poèmes, totalement différents.

Sobre el tema « nacer » he aquí dos poemas, totalmente distintos.

 

Le premier est de la Paraguayenne et contemporaine Lourdes Espínola.

Peu de mots, un message clair et fort.

El primero es de la Paraguaya y contemporánea Lourdes Espínola

Pocas palabras, un mensaje claro y fuerte.

 

Nacer Mujer

 

La alternativa:
Saltar del balcón; despedazarlo.
Faldas, abanico, hilo, aguja:
me desnudo y rebelo.
¡Basta de mirar la vida
desde este balcón!
Cárcel semicircular
tímpano sordo, sorda boca
grito y digo
del solitario oficio de escribirMaja_celestina_balcon_Goya.jpg

Manuscrito de internas visiones
espejos de mujer abriéndose.
Nazco
rompiendo venenosos manantiales. (L.Espínola)

 

                                      
Naître femme

 

L’alternative:

Sauter du balcon; le déchiqueter.

Jupes, éventail, fil, aiguille :

je me dénude et rebelle.

Fini de regarder la vie

du balcon !

Prison semi-circulaire

tympan sourd, sourde bouche

je crie et dis                                                                                          

du solitaire travail d’écrire.

Manuscrit de visions internes

miroirs de femme s’ouvrant.

Je nais

brisant de venimeuses sources. (trad. Colette M.) Peinture, Goya.

 

Le second est nostalgique ; retrouver l’enfance perdue et ses douceurs est le sujet de ce poème, pas fort connu, d’Antonio Machado (1875-1939). Si vous connaissez peu et/ou mal l’homme, sa vie, ses mots, prenez le temps de lire ceci.

El segundo es nostálgico; volver a encontrar la infancia perdida y sus dulzuras  es el tema de ese poema, poco conocido, de Antonio Machado.

 

Renacimiento

 

Galerías del alma... ¡El alma niña!
Su clara luz risueña;
y la pequeña historia,
y la alegría de la vida nueva...
¡Ah, volver a nacer, y andar camino,
ya recobrada la perdida senda!
Y volver a sentir en nuestra mano
aquel latido de la mano buena
de nuestra madre... Y caminar en sueñosMazerine Argentine belgique.jpg
por amor de la mano que nos lleva.

En nuestras almas todo
por misteriosa mano se gobierna.
Incomprensibles, mudas,
nada sabemos de las almas nuestras.
Las más hondas palabras
del sabio nos enseñan

lo que el silbar del viento cuando sopla
o el sonar de las aguas cuando ruedan. (A. Machado)

Renaissance

 Galeries de l’âme…L’âme, ma fille!

Sa claire lumière souriante;

et la petite histoire

et la joie de la vie nouvelle…

Ah, renaître et faire du chemin

le sentier perdu enfin retrouvé !

Et à nouveau sentir dans notre main

le battement de la bonne main

de notre mère…Et marcher en rêve

par amour de la main qui nous mène.

 

Tout dans nos âmes

par une main mystérieuse est gouverné.

Incompréhensibles, muettes,

nous ne savons rien de nos âmes.

Les plus profondes paroles

du sage nous enseignent

ce que dit le sifflement du vent quand il souffle

ou  le murmure de l’eau quand elle roule. (Trad. Colette M.)

 

13/07/2010

Bleu /Azul

En ce début de juillet me poursuit la couleur bleue. Normal penserez-vous en Méditerranée, le ciel, la mer. Mais non, le ciel est laiteux de chaleur et je vis à la campagne.

Bleu mauve d’un bracelet reçu, bleu étrange d’une salade dégustée, bleu clair du plumbago devant ma porte, bleu soutenu du volubilis qui couvre la clôture de ma voisine, bleu sombre d’une chemise légère offerte par ma fille, cascade de bleus de la clématite,…tout est bleu je vous dis, couleur du rêve, de la sagesse, de la sérénité.

Mais vous, rêvez-vous d’un espace, d’un instant bleu ?

En este principio de julio me persigue el color azul. Pensareis que es lo normal viviendo en el Mediterráneo, el cielo, el mar. Pues no; el cielo es lechoso, cocido de calor y yo vivo en el campo.

Azul morado de una pulsera recibida, azul raro de una ensalada degustada, azul claro del plumbago delante de mi casa, azul constante del volúbilis que cubre la valla de mi vecina, azul oscuro de una camisa ligera regalo de mi hija, cascada de azules de la clemátide,… todo es azul os digo, color del sueño, de la cordura, de la serenidad.

Pero vosotros, ¿soñáis de un espacio, de un instante azul?

 

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Bleu de toi de Eduardo Carranza

 

Penser à toi est bleu, comme musarder

dans un bois doré à midi :

naissent des jardins dans mon parler

et dans tes rêves je marche avec mes nuages.

 

Nous unit et nous sépare un air mou,

une distance de mélancolie ;

je lève les bras de ma poésie,

bleu de toi, blessé et haletant.

 

C’est comme un horizon de violons

ou une tiède souffrance de jasmins

penser à toi, de bleu tempérament.

 

Le monde devient cristallin,

et je te regarde, dans ma lampe de verre*,

bleu dimanche de ma pensée.

 

(Trad. Colo. « lámpara de trino » est peut-être une expression ou réalité colombienne, je n’ai pas réussi à le savoir. Une suggestion ?)

 

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Azul De Ti de Eduardo Carranza

 

Pensar en ti es azul, como ir vagando
por un bosque dorado al mediodía:
nacen jardines en el habla mía
y con mis nubes por tus sueños ando.

 

Nos une y nos separa un aire blando,
una distancia de melancolía;
yo alzo los brazos de mi poesía,
azul de ti, dolido y esperando.

 

 Es como un horizonte de violines
o un tibio sufrimiento de jazmines
pensar en ti, de azul temperamento.

 

El mundo se me vuelve cristalino,
y te miro, entre lámpara de trino,
azul domingo de mi pensamiento.

 

 

05/06/2010

Musique, danse et Lorca

pequeña balairina j gonzalez.jpgJ. González

Traduire, un vrai plaisir, une passion chez moi; le goût de la recherche du mot, de l’expression exacte. Subjectif, bien sûr, et extrêmement hasardeux dans le cas de la poésie où je m’aventure rarement, surtout quand il s’agit de Frederico García Lorca. Voici « El paso de siguiriya ».

Ce n’est que grâce à mon complice linguistique, Miguel Angel, que la version suivante a été possible. (Muchas gracias).

Un seul vers ne s’est pas laissé amadouer, « tu dolor de cal y adelfa », référence aux maisons andalouses blanchies à la chaux et souvent fleuries de lauriers roses et blancs.

Ce n’est pas faute d’efforts ni de temps consacré, mais ….

 

El paso de la siguiriya

 

Entre mariposas negras
va una muchacha morena
junto a una blanca serpiente
de niebla.

Tierra de luz,
cielo de tierra.

Va encadenada al temblor
de un ritmo que nunca llega;
tiene el corazón de plata
y un puñal en la diestra.

¿Adónde vas, siguiriya,
con un ritmo sin cabeza?
¿Qué luna recogerá
tu dolor de cal y adelfa?


Tierra de luz,
cielo de tierra.        F. García Lorca

 

 

 

Le pas de la siguiriya

 

Parmi des papillons noirs,

Marche une fillette brune

Avec un blanc serpent

de brume.

 

Terre de lumière,

ciel de terre.

 

Elle marche enchaînée au frisson

d'un rythme jamais advenu ;

elle a un coeur d’ argent

et un poignard dans la main.

 

Où vas-tu, siguiriya,

à ce rythme écervelé ?

Quelle lune recueillera

ta douleur de laurier rose et chaulée?

 

Terre de lumière

           ciel de terre.  F. García Lorca

 

 

Regardez comme c'est moderne.

 

 

23/04/2010

Le danger vient-il du ciel? ¿Viene el peligro del cielo?

C’est un chapitre du livre « Picasso et Apollinaire, Les métamorphoses de la mémoire 1905/1973 » de Peter Read qui m’a passionnée cette semaine ; il s’intitule « L’année 1918 », une année spéciale, tragique aussi, pour les deux amis et complices littéraires, artistiques.

En cette année tous deux se marient et sont les témoins de l’autre. Picasso offre au couple Homme à la guitare (1918) et Apollinaire écrit un poème (peut-être lu lors de la noce de son ami) ; comme il n’est pas vraiment réussi, je ne le copierai pas.

picasso homme guitare 1918.jpgEs un capítulo del libro « Picasso y Apollinaire, las metamorfosis de la memoria 1905/1973 » de Peter Read que me ha apasionado esta semana; se titula « El año 1918 », un año especial, también trágico, para los dos amigos y cómplices literarios y artísticos.

En ese año ambos se casan y son mutuamente testigos de sus bodas. Picasso regala a la pareja Homme à la guitare (1918) y Apollinaire escribe un poema (que tal vez leyó en la boda); como no está muy conseguido, no lo copiaré.

 Et Picasso part à Biarritz en voyage de noces avec Olga.

« Le bord de mer rappelle à Picasso son enfance malaguène et lui suggère le motif de la baigneuse qu’il exploitera souvent par la suite, lui faisant subir de nombreuses métamorphoses, notamment entre 1927 et 1929. »

Y Picasso se marcha a Biarritz de viaje de boda con Olga.

“El borde del mar le recuerda a Picasso su infancia malagueña y le sugiere el motivo de las bañadoras que explotará a menudo, introduciendo muchas metamorfosis, particularmente entre 1927 y 1929.”

 

 

 Le sujet prend naissance dans deux œuvres créées au cours de cet été 1918 : une fresque et une petite peinture. La fresque est inspirée des classiques : les Trois Grâces, de la Naissance de Vénus, danseuses avec des guirlandes de fleurs et des raisins…

« La fresque de Picasso chante l’amour, la beauté féminine et la civilisation méditerranéenne, mais elle illustre aussi un quatrain d’Apollinaire qui traite des mêmes sujets : au coeur de la fresque, entourée de ces personnages si élégamment dessinés (…) se trouve la première strophe du poème « Les saisons », choisie par Picasso dans Calligrammes :

« C’était un temps béni nous étions sur les plages

Va-t’en de bon matin pieds nus et sans chapeau

Et vite comme va la langue d’un crapaud

L’amour blessait au cœur les fous comme les sages. »

 

 

El tema nace en dos obras creadas durante ese año 1918: un fresco y una pequeña pintura. El fresco  se inspira de los clásicos: las Tres Gracias, el Nacimiento de Venus, bailarinas con adornos de flores y racimos de uvas…

“El fresco de Picasso canta el amor, la belleza femenina y la civilización mediterránea, pero ilustra también un cuarteto de Apollinaire que trata los mismos temas: en el corazón del fresco, rodeado de esos personajes dibujados de forma tan elegante (…) se encuentra la primera estrofa del poema “Las estaciones” elegido por Picasso en Calligrammes:

“Era un tiempo bendito estábamos en las playas

Sales de madrugada descalzo y sin sombrero

Y con la rapidez de la lengua de un sapo

El amor hería en el corazón a los locos y a los sabios.” (trad. Colo)

 

 

baigneuses_1918.jpg

 

Mais revenons à ces baigneuses de 1918, tableau que le peintre a toujours gardé chez lui.

Trois femmes en maillots de couleurs, sable et d’étranges cailloux au premier plan, un voilier sur la mer, un phare.  « Rapprochées physiquement, elles paraissent pourtant isolées les unes des autres… » Mais oui, aucune complicité, elles regardent chacune d’un côté différent. Et celle qui se tient debout qui regarde, effrayée, vers le ciel, qu’a-t-elle vu ?  « Dans cette scène estivale on sent comme la vague prémonition d’un malheur inconnu, ou la menace de conflits qui forment au loin l’arrière-fond tragique. »

Pero volvamos a esas bañadoras de 1918, cuadro que el pintor guardó siempre en casa.

Tres mujeres con trajes de baño coloreados, arena y extraños guijarros en primer plano, un velero en el mar, un faro. “Físicamente cercanas, parecen aisladas les unas de las otras…”. Sí, es verdad, ninguna complicidad, cada una mira de un lado distinto. Y la que está de pie y que mira, asustada, hacia el cielo, ¿qué ha visto? “En esa escena estival se siente como la vaga premonición de una desgracia desconocida, o la amenaza de conflictos que forman a lo lejos el trasfondo trágico.”

Apollinaire meurt le 9 novembre de cette année, Picasso pleure la disparition du plus compréhensif de ses amis.

Apollinaire fallece el 9 de noviembre de aquél año, Picasso llora la desaparición del más comprensivo de sus amigos.

 En ce moment a lieu au musée new-yorkais Metropolitan une exposition Picasso extraordinaire car le musée a remis à neuf et présente pour la première fois  34 peintures, 38 pastels (dessins et aquarelles), et 400 gravures. La plupart sont des cadeaux, le musée n’en n’a acheté que 36.

En este momento tiene lugar en Nueva York una exposición Picasso inédita.

Leer en El País aquí.

 

Alors si vous ne craignez pas le ciel…      Si no teméis el cielo….