06/01/2018

Recherche logis et.../ Se solicita hogar y...

 

 
Avis Jaime Augusto Shelley (Ciudad de México, 1937) 
 
Recherche patio
avec pots rouges
et vapeur de dalle fraîchement arrosée.
 
Hauts arbres
avec oiseaux sylvestres
qui prennent leur bain habituel
et leur petit déjeuner
dans une fontaine simple
qui peu à peu verdît son paisible trait.
 
Un logis aux grilles ouvertes
est demandé.
(Trad:Colette)
 

Aviso Jaime Augusto Shelley (Ciudad de México, 1937)

Se solicita un patio
con macetas rojas
y vaho de ladrillo recién regado.
Árboles de altura
con pájaros silvestres
que hagan su ritual de baño
y desayuno
en una fuente de labra sencilla
que enmohezca a ritmo su apacible trazo.
Un hogar se solicita.
De cancel abierto.

23/12/2017

Un lieu qui attend / Un lugar que espera

Une bibliothèque c'est des livres, et puis des humains sans lesquels elle n'aurait aucun sens.
Je me souviens, c'était bien avant Internet, de journées passées à consulter, à étudier dans celle de l’Université.
 
Aussi ai-je traduit, avec un immense plaisir et comme un cadeau pour votre Noël, ce poème qui, je pense, vous emportera ailleurs.
 
Una biblioteca son los libros, y los humanos sin los cuales ella no tendría sentido.
Me acuerdo, era mucho antes de Internet, haber pasado días consultando, estudiando, en la de la Universidad.
 
Así decidí traducir al francés y publicar, con mucho placer y como si fuera vuestro regalo de Navidad, este poema que, pienso, os llevará a otra parte.
 
 
 
 

 

La bibliothèque    Roberto Juarroz (Argentina 1925-1995)
(Extrait de "poesía vertical")
L’air y est différent.
Il est hérissé par un courant
Qui ne vient pas de ce texte-ci ou de celui-là,
Mais il les enlace tous
Comme un cercle magique.
Le silence y est différent.
Tout l’amour réuni, toute la peur réunie,
Toute la pensée réunie, presque toute la mort,
Presque toute la vie et de plus tout le rêve
Qui a pu se dégager de l’arbre de la nuit.
Et le son y est différent.
Il faut apprendre à l’entendre
Comme on entend une musique sans aucun instrument,
Quelque chose qui se glisse entre les feuilles,
Les images, l’écriture et le blanc.
Mais au-delà de la mémoire et des signes qui l’imitent,
Au-delà des fantasmes et des Anges qui copient la mémoire
 Et estompent les contours du temps,
qui pourtant manque de dessin.
 
La bibliothèque est le lieu qui attend.
Peut-être est-ce l’attente de tous les hommes,
car les hommes aussi y sont différents.
Ou peut-être est-ce l’attente de ce que tout l’écrit
Soit écrit à nouveau,
Mais d’une certaine façon, dans un autre monde,
Par quelqu’un semblable aux hommes,
Quand les hommes n’existeront plus.
Ou peut-être est-ce seulement l’attente
Que tous les livres s’ouvrent soudain,
Comme une consigne métaphysique,
Pour que se fasse d’un coup la somme de toute la lecture,
Cette rencontre majeure qui peut-être sauvera l’homme.
 
Mais, surtout, la bibliothèque est une attente
Qui va au-delà des lettres,
Au-delà de l’abîme.
L’espoir concentré d’en finir avec l’attente,
D’être plus que l’attente,
D’être plus que les livres,
D’être plus que la mort.
(Trad:Colette)
Carl Spitzweg
 
La biblioteca
 
El aire es allí diferente.
Está erizado todo por una corriente
Que no viene de este o aquel texto,
Sino que los enlaza a todos
Como un círculo mágico.
El silencio es allí diferente.
Todo el amor reunido, todo el miedo reunido,
Todo el pensar reunido, casi toda la muerte,
Casi toda la vida y además todo el sueño
Que pudo despejarse del árbol de la noche.
Y el sonido es allí diferente.
Hay que aprender a oírlo
Como se oye una música sin ningún instrumento,
Algo que se desliza entre las hojas,
Las imágenes, la escritura y el blanco.
Pero más allá de la memoria y los signos que la imitan,
Más allá de  los fantasmas y los Ángeles que copian la memoria
 
Y desdibujan los contornos del tiempo,
Que además carece de dibujo,
 
La biblioteca es el lugar que espera.
Tal vez sea la espera de todos los hombres,
porque también los hombres son allí diferentes.
O tal vez sea la espera de que todo lo escrito
Vuelva nuevamente a escribirse,
Pero de alguna otra forma, en algún otro mundo,
Por alguien parecido a los hombres,
Cuando los hombres ya no existan.
O tal vez sea tan solo la espera
De que todos los libros se abran de repente,
Como una metafísica consigna,
Para que se haga de golpe la suma de toda la lectura,
Ese encuentro mayor que quizá salve al hombre.
 
Pero, sobre todo, la biblioteca es una espera
Que va más allá de letra,
Más allá del abismo.
La espera concentrada de acabar con la espera,
De ser más que la espera,
De ser más que los libros,
De ser más que la muerte.
                                                         Juarroz,  Roberto.

 

16/12/2017

Musique et bois sacré / Música y bosque sagrado

Nous parlions d’animisme à la fin du dernier billet.
Hablaba de animismo al final de la entrada anterior.
Lors d’une balade, toujours dans le sud du Sénégal, cette affiche :
Durante un paseo, en el sur de Senegal, este cartel :
 
Photo Colette 2017, près de Cap Skirring
 
 
Un bois sacré...cela me rappelle un poème extrait du recueil de « poésie noire », Karanta, de Mbay Usmaan.
 
Un bosque sagrado, esto me recuerda un poema extracto de un libro de “poesía negra”, Karanta, de Mbay Usmaan
 
Descendant des ces collines arides
Je voudrais m’asseoir un instant
Et sentir dans le creux de mes cuisses
Le galbe prodigieux de la « Kora »
Dont le lourd sortilège des arpèges
Envahit mon corps
Et me transporte si loin
Aux airs de « touroubang » et « soutoukoum »
Dans une inaltérable célébration du gabou
Sublimes instants de vies harmonieuses
D’où surgissent des puissances
qui convergent vers l’imposant bois sacré
Ceint de panaches de fumée
Et d’explosions entrecoupées
De rythmes pulsatiles du « bombolong »
(…)
L’orgie de bruits et de sons
Amplifie le tumulte
Dans les poitrines juvéniles
Mais ce soir elles retrouveront la quiétude
Dans le sommeil avec l’esprit des ancêtres.
(...)
 
http://africanholocaust.net/music-in-african-religions/
 
 
 
Bajando de esas colinas áridas
Quisiera sentarme un instante
Y sentir en el hueco de mis muslos
El moldeado prodigioso de la “Kora”
Cuyo fuerte sortilegio de los arpegio
Invade mi cuerpo
Y me trasporta tan lejos
Con aires de “touroubang” y “soutoukoum”
En un inalterable celebración del gabou
Sublimes instantes de vidas harmoniosas
De donde surgen potencias
Que convergen hacia el imponente bosque sagrado
Ceñido de bocanadas de humo
Y de explosiones entrecortadas
De ritmos pulsativos del “bombolong”
(…)
La orgía de ruidos y sonidos
Amplifica el tumulto
En los pechos juveniles
Pero esta noche encontrarán la quietud
En el sueño con el espíritu de los ancestros.
(…)
(Trad: Colette)
 
Extrait de: Karanta (Poésie Noire) Mbay Usmaan, section: Sénégal

18/11/2017

Savoir nommer / Saber nombrar

Nous revenons une fois encore à Alejandra Pizarnik.
Volvemos una vez más a Alejandra Pizarnik.
 
 
elle se dénude dans le paradis
de sa mémoire
elle ignore le féroce destin
de ses visions
elle a peur de ne savoir nommer
ce qui n'existe pas
(Trad: Colette)
 
ella se desnuda en el paraíso
de su memoria
ella desconoce el feroz destino
de sus visiones
ella tiene miedo de no saber nombrar
lo que no existe
 
expliquer avec des mots de ce monde
que de moi sortit un bateau qui m'emporta
 
(trad:Colette)
 
explicar con palabras de este mundo
que partió de mí un barco llevándome
 
 
 
Je lisais et traduisais ces courts poèmes quand je me suis demandé si cette difficulté à nommer l’avait poussée à s’exprimer aussi d’une autre façon qu’avec des mots. Et j’ai trouvé ça:
Leía y traducía esos cortos poemas cuando me pregunté si esa dificultad en nombrar le había empujado a expresarse también de otra forma que con palabras. Y encontré esto:
 
Seul le fragile reste

 

La cage est devenue oiseau et s'est envolée  

 

 

 

Je demande le silence * (détail)

 

Ce voyage fut une erreur *

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

04/11/2017

Je me souviens de toi.../ Te recuerdo....

Un poème de saison aujourd’hui.
 
Pablo Neruda
 
Je me souviens de toi telle que tu étais en ce dernier automne:
un simple béret gris, le cœur en paix.
Dans tes yeux combattaient les feux du crépuscule.
Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton âme.

Enroulée à mes bras comme un volubilis,
les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.
Bûcher de stupeur où ma soif brûlait.
Douce jacinthe bleue tordue sur mon âme.

Je sens voyager tes yeux et l'automne est distant:
béret gris, cris d'oiseau, cœur où l'on est chez soi
et vers eux émigraient mes désirs si profonds
et tombaient mes baisers, joyeux comme des braises.

Ciel vu d'un bateau. Champs vus des collines:
lumière, étang de paix, fumée, ton souvenir.
Au-delà de tes yeux brûlaient les crépuscules.
Sur ton âme tournaient les feuilles de l'automne.
 
(Traduction trouvée sur la Toile, sans nom d’auteur, modifiée par moi)
 
Photo Colette, prise près de chez moi    
 
Te recuerdo como eras en el último otoño.
Eras la boina gris y el corazón en calma.
En tus ojos peleaban las llamas del crepúsculo.
Y las hojas caían en el agua de tu alma.

Apegada a mis brazos como una enredadera,
las hojas recogían tu voz lenta y en calma.
Hoguera de estupor en que mi sed ardía.
Dulce jacinto azul torcido sobre mi alma.

Siento viajar tus ojos y es distante el otoño:
boina gris, voz de pájaro y corazón de casa
hacia donde emigraban mis profundos anhelos
y caían mis besos alegres como brasas.

Cielo desde un navío. Campo desde los cerros.
Tu recuerdo es de luz, de humo, de estanque en calma!
Más allá de tus ojos ardían los crepúsculos.
Hojas secas de otoño giraban en tu alma.
 

08/10/2017

Regarder avec innocence / Mirar con inocencia

Chemins du miroir
 
1964 Alejandra Pizarnik* (La piedra de la Locura)
l
Et surtout regarder avec innocence. Comme si rien ne se passait, ce qui est vrai.
ll
Mais toi je veux te regarder jusqu’à ce que ton visage s’éloigne de ma peur comme un oiseau du bord philosophe de la nuit.
lll
Comme une fillette de craie rose sur un très vieux mur soudain effacé par la pluie.
lV
Comme quand une fleur s’ouvre et révèle le cœur qu’elle n’a pas.
V
Tous les gestes de mon corps et de ma voix pour faire de moi l’offrande, le bouquet qu’abandonne le vent sur le seuil.
Vl
Couvre la mémoire de ton visage avec le masque de celle que tu seras et qui effraye la fillette que tu fus.
Vll
La nuit des deux se dispersa avec la brume. C’est la saison des aliments froids.
Vlll
Et la soif, mon souvenir est de soif, moi en bas, au fond, dans le puits, je buvais, je me souviens.
lX
Tomber comme un animal blessé dans le lieu qui allait être celui des révélations.
X
L’air de rien. De rien du tout. Bouche cousue. Paupières cousues. J’ai oublié.
Au dedans le vent. Tout fermé et le vent dedans.
(Trad: Colette)
 
* Une poètesse que j'admire, qui me fascine aussi. Si vous avez oublié qui elle est, c'est ici
 
Girl at the mirror, Norman Rockwell (1954)
 
 
 
CAMINOS DEL ESPEJO, 1964
 
Alejandra Pizarnik (La Piedra De La Locura)
I
Y sobre todo mirar con inocencia. Como si no pasara nada, lo cual es
cierto.
II
Pero a ti quiero mirarte hasta que tu rostro se aleje de mi miedo como
un pájaro del borde filoso de la noche.
III
Como una niña de tiza rosada en un muro muy viejo súbitamente
borrada por la lluvia.
IV
Como cuando se abre una flor y revela el corazón que no tiene.
V
Todos los gestos de mi cuerpo y de mi voz para hacer de mí la
ofrenda, el ramo que abandona el viento en el umbral.
VI
Cubre la memoria de tu cara con la máscara de la que serás y asusta a
la niña que fuiste.
VII
La noche de los dos se dispersó con la niebla. Es la estación de los
alimentos fríos.
VIII
Y la sed, mi memoria es de la sed, yo abajo, en el fondo, en el pozo,
yo bebía, recuerdo.
IX
Caer como un animal herido en el lugar que iba a ser de revelaciones.
X
Como quien no quiere la cosa. Ninguna cosa. Boca cosida. Párpados
cosidos. Me olvidé. Adentro el viento. Todo cerrado y el viento
adentro.
 

30/09/2017

Vers la beauté / Hacia la belleza

Une poétesse que j’avais peu lue, Emily Dickinson, un grand tort!
Una poetisa que había leído poco, un gran error!
 

 

 
 
Monet, Bord de mer à Saint Adresse
 
 
1540
 
Aussi imperceptiblement que le chagrin
L’été s’en est allé-
Trop imperceptible enfin
Pour ressembler à quelque perfidie-
Une quiétude s’est distillée
Comme un demi-jour commencé de longtemps,
Ou la nature qui aurait passé avec elle-même
Un après-midi séquestré-
L’obscurité s’est installée plus tôt-
Le matin, étranger, a brillé-
Courtoise, pourtant déchirante grâce,
Comme invitée, mais qui s’en serait allée-
Et ainsi, sans une aile,
Ni l’aide d’une quille
Notre été, léger, a pris la fuite
Vers la beauté.
 
1540
 
Imperceptible como una pena
El verano se alejó-
Demasiado imperceptible al fin
Para sentir su perfidia-
Una calma destilada
Cual crepúsculo detenido,
O la naturaleza que disfruta consigo
De la tarde secuestrada-
El anochecer acudió más temprano-
La mañana ajena se iluminó-
Una cortés gracia que intimida,
Como el huésped que desea partir-
Y así, sin tener alas
Ni ayuda de una nave
Nuestro verano emprendió su escapada
Ligero en pos de la belleza.

1540

As imperceptibly as Grief
The Summer lapsed away —
Too imperceptible at last
To seem like Perfidy —
A Quietness distilled
As Twilight long begun,
Or Nature spending with herself
Sequestered Afternoon —
The Dusk drew earlier in —
The Morning foreign shone —
A courteous, yet harrowing Grace,
As Guest, that would be gone —
And thus, without a Wing
Or service of a Keel
Our Summer made her light escape
Into the Beautiful.

09/09/2017

Maîtres des souvenirs / Dueños de los recuerdos

Rêver de souvenirs lointains; il y a peu une de mes sœurs m’a dit être passée devant la maison de notre grand-mère.
Je me souviens de tous les détails, des escaliers, des caves, de la chambre bleue au bout du couloir... Pourquoi ai-je rêvé que je m’y étais perdue?

 

Aujourd’hui, et sur ce thème, un poème de Silvina Ocampo (Buenos Aires, 1906 – 1993), une femme très connue pour ses contes qui sont passés à l’histoire de la littérature Argentine du xxºs pour la cruauté déconcertante qu’elle a su imprimer à certains protagonistes de ses récits.
 
Soñar con lejanos recuerdos; hace poco una de mis hermanas me dijo haber pasado delante de la casa de nuestra abuela.
Me acuerdo de todos los detalles, de las escaleras, del sótano, de la habitación azul al fondo del pasillo...¿Por qué habré soñado que andaba perdida allí?
 
Hoy, y sobre este tema, un poema de Silvina Ocampo (Buenos Aires, 1906 – 1993), mujer muy conocida por sus cuentos que pasaron a la historia de la literatura Argentina del siglo XX “por la crueldad desconcertante que supo imprimir en algunos protagonistas de estos relatos.”*
 
 
 
 
 
Le rêve récurrent
 
J’arrive comme je suis arrivée, solitaire, effrayée,

à la porte de rue en bois ciré.
 
J’ouvre la porte et j’entre, silencieuse, parmi les tapis.
Les ombres des murs et des meubles m’effrayent.
 
Je gravis les marches de marbre jaune,
avec des reflets rosés. Je pénètre dans un couloir.
 
Il n’y a personne, mais il y a quelqu’un caché dans les portes.
Les sombres volets sont tous ouverts.
 
De jour les hauts plafonds semblent
un ciel d’étoiles éteintes grandissantes.
 
Le souvenir conserve une ancienne rhétorique,
il s’élève comme un arbre ou une colonne dorique,
 
habituellement il dort dans nos rêves
et nous en sommes, en secret, ses maîtres exclusifs.
(Trad: Colette)
 
El sueño recurrente

Llego como llegué, solitaria, asustada,
a la puerta de calle de madera encerada.

Abro la puerta y entro, silenciosa, entre alfombras.
Los muros y los muebles me asustan con sus sombras.

Subo los escalones de mármol amarillo,
con reflejos rosados. Penetro en un pasillo.

No hay nadie, pero hay alguien escondido en las puertas.
Las persianas oscuras están todas abiertas.

Los cielos rasos altos en el día parecen
un cielo con estrellas apagadas que crecen.

El recuerdo conserva una antigua retórica,
se eleva como un árbol o una columna dórica,

habitualmente duerme dentro de nuestros sueños
y somos en secreto sus exclusivos dueños.

12/08/2017

Au plus haut de nous-mêmes / En lo más alto de nosotros mismos

Sans aucun doute les épreuves d’athlétisme du moment ont-elles un rôle dans le choix de ce poème, mais surtout les encouragements reçus et donnés au long de ma vie .
 
Sin ninguna duda las pruebas de atletismo del momento tienen algo que ver con la elección de este poema, pero sobre todo los ánimos recibidos y dados a lo largo de mi vida.
 
 
DULCE CHACÓN (Madrid 1954-2003)

 

 
La construction d’un rêve
 
On a toujours le temps pour un rêve.
 
Il est toujours temps de se laisser emporter
par une passion qui nous entraîne vers le désir.
 
Il est toujours possible de trouver la force
nécessaire pour prendre son envol et se diriger vers
le haut.
 
Et c’est là, là seulement sur les hauteurs ,que
nous pouvons déployer nos ailes de toute leur
extension.
 
Là seulement, au plus haut de nous-mêmes,
au plus profond de nos inquiétudes,
que nous pourrons écarter les bras, et voler.
 
(Trad: Colette)
 
 
 
Nafissatou Thiam saut en longueur
 
 
 

LA CONSTRUCCIÓN DE UN SUEÑO

Siempre hay tiempo para un sueño.
  Siempre es tiempo de dejarse llevar
por una pasión que nos arrastre hacia el deseo.

Siempre es posible encontrar la fuerza
necesaria para alzar el vuelo y dirigirse hacia
lo alto.

Y es allí, y solo allí, en la altura, donde
podemos desplegar nuestras alas en toda su
extensión.

Solo allí, en lo más alto de nosotros mismos,
en lo más profundo de nuestras inquietudes,
podremos separar los brazos, y volar.

 

29/07/2017

Ce qui fut et ce qui manque.../ Qué ha sido y qué falta...

 Le rire, si absent en poésie...l'eau, si rare en tant de lieux.
La risa, tan ausente en poesía...el agua, tan escasa en tantos lugares.

1 poema de “El cielo de los topos” (2015), de Bruno Montané Krebs (Chile 1957)

 

Salvador Dali, "Muchacha en la ventana"



L’eau

Avec la mémoire des fleurs et le bruit
ton regard bouge dans l’eau.
Cette musique est le mouvement de tes yeux,
ces silences les pensées
qui, du fond, montent
au point de te rendre heureuse.
On sait en regardant l’eau
ce qui fut et ce qui manque
on pense à ce qui fait bouger
corps et orages.
Ton regard s’allume sous le toit
brillant de l’eau qui traverse les pores,
les cellules, l’éclat du ciel.
Et tu ris.
 
(trad: Colette)
 

EL AGUA

Con la memoria de las flores y el ruido
tu mirada se mueve en el agua.
Esa música es el movimiento de tus ojos,
estos silencios los pensamientos
que desde el fondo suben
a punto de hacerte feliz.
Al mirar el agua se sabe
qué ha sido y qué falta,
se piensa en qué mueve
cuerpos y tormentas.
Tu mirada se enciende bajo el brillante
techo del agua que traspasa los poros,
las células, el resplandor del cielo.
Y te ríes.

 

22/07/2017

Tout près../ Muy cerca...

Le choix du poème d'aujourd'hui  est dû, en partie, à la lecture  dans un journal local qu'entre vendredi et dimanche dernier, un demi million de passagers sont passés par l'aéroport de Palma de Mallorca, soit 6.800 par heure. De la folie. (Le total des îles Baléares compte un petit million d’habitants)
 
La elección del poema de hoy es debida, en parte, a la lectura en un diario local diciendo que entre el viernes pasado y el domingo, medio millón de pasajeros transitaron por le aeropuerto de Palma de Mallorca. O sea 6.800 por hora. Una locura.
 

Écrit en catalan par le Valencien Josep Piera, j'ai mis la version originale, sa traduction en espagnol et en français.



No cal anar molt lluny.
Ni trepitjar descalç viaranys plens de vidres
ni ofegar-se en el mar per tal de beure llum,
la llum, paraula mítica, metàfora de seny.
Allò que cerques ho tens davant de tu.
Per gaudir un infern no cal prendre vaixell.
No cal anar tan lluny.
Siga cau, siga avenc, drecera, cingle, foc;
no cal fugir enlloc; mira-ho tot prop i a punt:
objectes, cels, mons, paraules,
horitzons, presons, éssers o murs.
No cal anar més lluny.
Només l'esguard i el tacte
aboleixen distàncies.
(...)
 
Cants i encants.
 
Devant chez moi, cet été /Delante de mi casa, este verano

 

 
 

 

Pas besoin d'aller très loin.

Ni de marcher pieds nus sur des chemins semés de verre

ni de se noyer dans la mer pour boire de la lumière,

la lumière, mot mythique, métaphore de sagesse.

Ce que tu cherches est là, devant toi.

Pour jouir d'un enfer pas besoin de prendre un bateau.

Il ne faut pas aller si loin.

Que ce soit un terrier, ou un abîme, un raccourci, des rochers, du feu;

inutile d’échapper nulle part; regarde, tout est près et prêt:

objets, ciels, mondes, mots.

Pas besoin d'aller plus loin.

Seuls le regard et le toucher

abolissent les distances.
 
(...) 

Josep Piera
 

(trad: Colette)

 
 

 

No hace falta ir muy lejos.
Ni pisar descalzo senderos llenos de cristales
ni ahogarse en el mar para beber su luz,
la luz, palabra mítica, metáfora de la sensatez
Aquello que buscas lo tienes ante tí.
Para gozar un infierno no hace falta embarcarse
No hace falta ir tan lejos.
Sea madriguera, sea sima, atajo, risco, fuego;
no hace falta escapar; míralo todo cerca y a punto:
objetos, cielos, mundos, palabras,
horizontes, cárceles, seres o muros.
No hace falta ir más lejos
Solo la mirada y el tacto
anulan las distancias.
Josep Piera
 
(Trad: AH et MAH, gracias)

08/07/2017

Arrivé jusqu'ici / Llegado hasta aqui

Quel âge avait Pedro Mairal, ce brillant écrivain (romans, contes et poèmes) Argentin de 47 ans, quand il écrivit ce poème-bilan? Peut-être 30 ans, l'âge moyen qu'atteint  un cheval…
¿Cuántos años tenía Pedro Mairal, ese brillante escritor (novelas, cuentos y poemas) Argentino de 47 años, cuando escribió este poema? Tal vez 30 años, edad media que alcanza un caballo….
 
Offrande
 
J'ai l'âge où meurent les chevaux,
l'âge où l'arbre
s'offre tout entier au ciel.
Ma peur est une faune secrète qui me cherche,
de la mer je ne suis qu'un nombre de vagues.
J'ai des dents et des peines et des souliers,
j'ai une fête éternelle qui parfois me convoque.
Je connais une femme, peut-être, sauf le mystère
du ventre des étoiles de la nuit.
Je ne sais combien de soleils il reste à ma poitrine,
je sais qu'il a fait bon vivre et j'élève ces années
comme une offrande brûlante.
Par dessus le taureau d'ombre des jours,
par dessus le dégoût et la peur et les miroirs,
je suis arrivé jusqu'ici.
(Trad: Colette)
 
OFRENDA Pedro Mairal
 
Tengo la edad en la que mueren los caballos,
la edad en la que el árbol
se ofrece entero al cielo.
Mi miedo es una fauna secreta que me busca,
del mar soy sólo un número de olas.
Tengo dientes y penas y zapatos,
tengo una fiesta eterna que a veces me convoca.
Conozco a una mujer, tal vez, salvo el misterio
de la panza de estrellas de la noche.
Yo no sé cuántos soles le quedan a mi pecho,
yo sé que ha sido bueno vivir y alzo estos años
como una ofrenda ardiendo.
Por encima del toro de sombra de los días,
por encima del asco y el miedo y los espejos,
he llegado hasta aquí.
 
 

 

 

24/06/2017

Les assiettes-souvenirs / Los platos-recuerdos

 Ana Pérez Cañamares
Santa Cruz de Tenerife, 1968

 

 

LES ASSIETTES offertes par ma mère
sont maintenant ternes et démodées.
 
Quand nous faisons le ménage
elles nous regardent tels des malades agonisants
qui ne comprennent pas ce que nous leur voulons.
 
Mais ce sont les assiettes de ma mère
qui ne m’offrira jamais plus
rien.
Si un jour nous nous décidions à les jeter
j’essayerai d’avoir sa voix en tête :
les choses, ma fille, ne sont que des choses”.
 
Ma mère n’est pas dans l’assiette.
Ma mère est dans le pain que je mange.
Trad: Colette
 
463
http://souris-blanche.over-blog.com/pages/De_vieilles_choses-1230162.html

 
LOS PLATOS que me regaló mi madre
están ya deslucidos y pasados de moda.

Cuando hacemos limpieza
nos miran como enfermos agonizantes
que no entienden qué queremos de ellos.

Pero son los platos que me regaló mi madre
que ya nunca volverá a regalarme
nada.
Si un día nos decidiéramos a tirarlos
intentaré escuchar su voz en mi cabeza:
“las cosas, hija, son sólo cosas“.

Mi madre no está en un plato.
Mi madre está en el pan que como.

03/06/2017

La mémoire de la liberté / La memoria de la libertad

"L'écrivain Almudena Grandes revendique le rôle de la mémoire et le journalisme dans la défense de la liberté et de la pluralité lors de la remise des prix Ortega y Gasset 2009"
Source: http://sociedad.elpais.com/sociedad/2009/05/18/actualidad/1242597614_850215.html


"J’ai appris de ma tante Charo qu’en Espagne il y avait une chose qui s’appelait la censure et qui rendait malheureux des gens qui ne le méritaient pas. Il est juste que ce fût d’elle que je l’apprenne, car ce fût elle aussi qui m’apprit à lire les journaux. Elle en achetait plusieurs par jour, certains le matin, d’autres l’après-midi, et elle les lisait avec un appétit minutieux, détendu, plaisir printanier de qui savoure une glace une soirée de mai, allumant une Chestefield avec le bout de la précédente, et sautant toujours, religieusement, les articles d’opinion. - Et pourquoi croient-ils ceux-là que je dépense tant d’argent en journaux? - disait-elle entre temps -. Mais pour me former ma propre opinion bien sûr, comme si j’avais besoin de connaître la leur!
Ces jours où l’odeur de fumée se confondait à l’arôme âpre et encré du papier journal m’ont appris que la mémoire de la liberté, c’est la liberté.
 
La liberté sans mémoire, une fleur de serre, fragile et anémique, faible, délicate, peut-être intéressante par sa pâleur mais toujours exposée à échouer au moindre contretemps, changement de température, arrosage inadéquat, un simple courant d’air. Moi je le sais parce que j’ai grandi dans un pays sans liberté, mais j’ai vu comment resplendissait sa mémoire dans les yeux de certaines femmes de ma famille qui, en l’évoquant, redevenaient jeunes, heureuses, et aussi libres qu’elle l’avaient été un jour.”
 
(Trad:Colette)

 
 
"La escritora Almudena Grandes reivindica el papel de la memoria y el periodismo en la defensa de la libertad y la pluralidad en su discurso en la entrega de los premios Ortega y Gasset 2009"
Fuente: http://sociedad.elpais.com/sociedad/2009/05/18/actualidad/1242597614_850215.html


Yo aprendí de mi tía Charo que en España había una cosa que se llamaba censura y que hacía infeliz a gente que no se lo merecía. Justo fue que lo aprendiera de ella, porque ella fue también quien me enseñó a leer periódicos. Todos los días compraba varios, unos por la mañana, otros por la tarde, y los leía con un apetito minucioso, relajado, el placer primaveral de quien paladea un helado en una tarde de mayo, encendiendo un Chesterfield con la colilla del anterior, y saltándose siempre, religiosamente, los artículos de opinión. - ¿Y para qué se creerán estos que me gasto yo tanto dinero en periódicos? -decía mientras tanto-.
¡Pues para formarme mi propia opinión, naturalmente, ni que me hiciera falta conocer la suya!
Aquellos días en los que el olor del humo se confundía con el aroma áspero y entintado del papel de periódico, me enseñaron que la memoria de la libertad, es libertad.
La libertad sin memoria, una flor de invernadero, frágil y anémica, débil, delicada, interesante quizás en su palidez, pero expuesta siempre a fracasar por cualquier contratiempo, un cambio de temperatura, un riego inadecuado, una simple corriente de aire. Yo lo sé porque crecí en un país sin libertad, pero vi cómo resplandecía su memoria en los ojos de algunas mujeres de mi familia, que al evocarla, volvían a ser jóvenes, felices, y tan libres como fueron una vez.”
 

13/05/2017

Reconnaissante / Agradecida

ENRIQUETA ARVELO LARRIVA (VENEZUELA, 1886-1962)
 
ÉMOTION ET AVANTAGE DE LA PROFONDEUR ÉTABLIE
 
Merci à ceux qui s'en furent par l'obscur sentier
écrasant les feuilles brunies.
À ceux qui me dirent: attends-nous sous cet arbre.

Merci à ceux qui s'en furent chercher du feu pour leurs cigarettes
me laissant seule
emmêlée dans de petits soleils d’une ombre odorante.

Merci à ceux qui s'en furent chercher de l'eau pour ma soif
me laissant là
à boire l'eau essentielle d'un monde ébranlé.

Merci à ceux qui me laissèrent à écouter un chant boisé
et à voir, ensommeillée, 
les troncs bordés de laines fanées. 

Maintenant je marche, indemne, parmi les gens.
 
(Trad: Colette)
 
 
 
EMOCIÓN Y VENTAJA DE LA PROBADA PROFUNDIDAD 
 
Gracias a los que se fueron por la vereda oscura 
moliendo las hojas tostadas.
A los que me dijeron: espéranos bajo ese árbol.

Gracias a los que se fueron a buscar fuego para sus cigarrillos
y me dejaron sola
enredada en los soles pequeños de una sombra olorosa. 

Gracias a los que se fueron a buscar agua para mi sed 
y me dejaron ahí
bebiéndome el agua esencial de un mundo estremecido. 

Gracias a los que me dejaron oyendo un canto enselvado
y viendo soñolienta
los troncos bordados de lanas marchitas.

Ahora voy indemne entre las gentes. 

Source/fuente: http://www.tinta-china.net/ealarriva.htm