30/10/2010

Matisse à Granada


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Tiens, quelle relation y a-t-il entre Matisse et l’Alhambra me suis-je dit voyant l’annonce d’une exposition « Matisse y la Alhambra 1910-2010 » dans la Palais de Carlos V à Granada.

Je n’aurai pas l’occasion de la voir mais ma curiosité m’a fait lire quelques articles dans divers journaux (ABC, El País, La Opinión de Granada). Voici ce qu’ils en disent.

Anda, qué relación existe entre Matisse y la Alhambra me pregunté al ver el anuncio de una exposición titulada “Matisse y la Alambra 1910-2010” en el Palacio de Carlos V en Granada.

No tendré ocasión de verla, pero mi curiosidad me llevo a leer algunos artículos en varios periódicos (ABC, El País, La Opinión de Granada). He aquí lo que dicen.

 

C’est en 1991 que la directrice de la Fondation de l’Alhambra, María del Mar Villafranca, alors qu’elle feuilletait un des livres de visite du Palais, découvrit la signature d’Henri Matisse datée du 11 décembre 1910. Ignorant tout de son passage à Granada, elle entreprit aussitôt des recherches avec l’historien Francisco Jarauta.

Fue sólo en diciembre 1991 cuando la directora de la Fundación de la Alambra, María del Marhenri_matisse_blue_table_cloth.jpg Villafranca, al revisar uno de los libros de visita del Palacio descubrió la firma de Henri Matisse. Ella ignoraba todo de su paso por Granada así que empezó enseguida a investigar con la ayuda del historiador Francisco Jarauta.

Ce dernier explique que Matisse voyagea, sans but précis, entre novembre 1910 et janvier 1911 à travers l’Espagne. Il traversait un moment de crise personnelle et artistique, peut-être était-il en quête de nouvelles inspirations. L’exposition essaye de démontrer par le détail quelle a été la relation entre « le vu et le peint » : jusqu’à présent on croyait que la décoration des palais nasrides qui occupent le premier plan dans les odalisques (Matissse en a peint une bonne centaine, sept sont exposées), étaient d’inspiration nord-africaine mais il semble que l’Alhambra y ait une grande part.

« C’est sans doute dans les odalisques que l’on peut le mieux percevoir l’influence grenadine. Il (Matisse) peint la première en 1921 dans un moment où il s’intéresse à l’étude du corps féminin » (El País 15-10-2010).

L’historien Jaraute soutient que la beauté des bains sophistiqués de l’Alhambra est présente dans les fonds décoratifs sur lesquels il peint les sensuelles odalisques. Lors de son séjour à Granada Matisse écrivit des lettres à sa femme et à ses amis où il parlait de sa fascination pour la ville, pour l’Alhambra et ses fontaines, pour les formes géométriques des patios, les couleurs, la lumière filtrant par les moucharabieh (jalousies), les décorations étoilées des stèles…tous ces éléments que l’on retrouve dans ses peintures.

Bodegon.jpgEste explica que Matisse viajó por toda España, sin rumbo preciso, entre noviembre 1910 y enero 1911. Se encontraba en un momento de crisis personal y artística, y tal vez estuviera en busca de nuevas inspiraciones. La exposición intenta demostrar, por el detalle, cual fue la relación entre “lo visto y lo pintado”: hasta ahora se creía que la decoración de los palacios nazaríes que ocupan el primer plano en las odaliscas (Matisse pintó un buen centenar de ellas, siete están expuestas), eran de inspiración norteafricana pero parece ser que La Alambra ocupa una buena parte.

“Es en las odaliscas donde más se pueda percibir la influencia granadina. Pinta (Matisse) la primera en 1921 en un momento en el que lo que le interesa es investigar el desnudo femenino” (El País, 15-10.2010)

El historiador Jarauta mantiene que” la belleza de los baños sofisticados de la Alambra está presente en los fondos decorativos sobre los que retrata a sus sensuales odaliscas”.

Durante su estancia en Granada Matisse escribió cartas a su mujer y a sus amigos donde hablaba de su fascinación por la ciudad, por la Alambra y sus fuentes, por las formas geométricas de los patios, el color, la luz que filtra por las celosías, las decoraciones estrelladas de las estelas….todos elementos que se encuentran en sus pinturas.

 

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Quoi qu’il en soit, les 50 œuvres du maître dont des peintures à l’huile, évidemment, mais aussi des dessins, lithographies, céramiques, tissus…valent sûrement le déplacement dans une Granada magique, une Alhambra majestueuse et chargée de tant d’histoire.

Détail bienvenu : l’entrée à l’exposition est gratuite. Jusqu’au 28 février 2011.

 

Sea lo que fuere, las 50 obras del maestro, oleos, por supuesto, pero también dibujos, litografías, cerámicas, tejidos…seguro que valen el desplazamiento a una Granada mágica, una Alambra majestuosa y cargada de tanta historia.

Detalle bienvenido: la entrada a la exposición es gratuita. Hasta el 28 de febrero 2011.

 

25/09/2010

Cadeaux d'amour /Regalos de amor

Il est des personnages littéraires attachants et celui de Florentino Ariza dans L’amour aux temps du choléra de G.García Márquez en est certainement un.

Amoureux fou depuis l’enfance de Fermina Daza qui ne correspond pas à ses sentiments, il « n’apprit jamais à écrire sans penser à elle » et décida d’offrir son lyrisme aux amoureux « sans plume » en écrivant gratuitement leurs lettres d’amour.

Ce n’est pas triste, lisez plutôt.

 

Hay personajes literarios atractivos y el de Florentino Ariza en El amor en los tiempos del cólera de G. García Márquez es uno de ellos.

Enamorado locamente desde la infancia de Fermina Daza y no correspondido, “nunca aprendió a escribir sin pensar en ella” y decidió ofrecer su lirismo a los enamorados implumes escribiendo gratuitamente sus cartas de amor.

No tiene desperdicio.

(clic pour agrandir)escher_hands.pngM.C. Escher, hands

 

« Son souvenir le plus plaisant de cette époque fut celui d’une jeune fille très timide, presque une petite fille, qui lui demanda en tremblant de lui écrire une réponse à une lettre irrésistible qu’elle venait de recevoir, et que Fernando Ariza reconnut pour l’avoir écrite lui-même la veille au soir. Il répondit dans un style différent, en accord avec l’émotion et l’âge de la jeune fille, et avec des lettres qui semblaient venir d’elle car il savait imiter aussi une écriture pour chaque occasion selon le caractère de chacun. Il l’écrivit en imaginant ce que Fermina Daza lui aurait répondu à lui si elle l’avait aimé autant que cette créature désemparée aimait son prétendant. Deux jours plus tard, en effet, il dût écrire aussi la réponse du fiancé avec la calligraphie, le style et la sorte d’amour qu’il avait employés dans la première lettre ; et ce fut ainsi qu’il termina impliqué dans une correspondance fébrile avec lui-même. Moins d’un mois plus tard, les deux vinrent, séparément, le remercier pour ce que lui-même avait proposé dans la lettre du fiancé et accepté avec dévotion dans la réponse da la fille : ils allaient se marier. » (Trad. Colette)

 

« Su recuerdo más grato de aquella época fue el de una muchachita muy tímida, casi una niña, que le pidió temblando escribirle una respuesta para una carta irresistible que acababa de recibir, y que Florentino Ariza reconoció como escrita por él la tarde anterior. La contestó con un estilo distinto, acorde con la emoción y la edad de la niña, y con una letra que también pareciera de ella, pues sabía fingir una escritura para cada ocasión según el carácter de cada quien. La escribió imaginándose lo que Fermina Daza le hubiera contestado a él si lo quisiera tanto como aquella criatura desamparada quería a su pretendiente. Dos días después, desde luego, tuvo que escribir también la réplica del novio con la caligrafía, el estilo y la clase de amor que le había atribuido en la primera carta, y fue así como terminó comprometido en una correspondencia febril consigo mismo. Antes de un mes, ambos fueron por separado a darle las gracias por lo que él mismo había propuesto en la carta del novio y aceptado con devoción en la respuesta de la chica: iban a casarse.”

04/09/2010

Troncs et mystères /Troncos y misterios

Dix-neuf artistes majorquins de naissance ou d’adoption ont été réunis pour une exposition dans le jardin et deux salles d’un restaurant, près de Santa Eugenia, en pleine campagne. (Vidéo de présentation ici). Le 13 août, soir de l’inauguration, il y avait trop de monde – déjà rien que leurs familles... m’a soufflé mon compagnon -, pour bien voir. Nous avons donc regardé, salué, parlé un moment avec l’un ou l’autre des exposants. Mais une seconde visite vendredi dernier a été des plus intéressantes.

Aujourd’hui je ne vous parlerai que de deux artistes réunis autour du thème de l’Arbre : Lluís López, et Sandra Lehnis.

Diez y nueve artistas mallorquines de nacimiento o de adopción han sido reunidos para una exposición en el jardín y dos salas de un restaurante, cerca de Santa Eugenia, en medio del campo. (Video de presentación aquí). El 13 de agosto, día de la inauguración, había demasiada gente – ya sólo con sus familias…me susurró mi compañero – para bien ver. Entonces miramos, saludamos, charlamos con el uno y el otro de los exponentes. Pero una segunda visita el viernes pasado fue de lo más interesante.

Hoy sólo os hablaré de dos artistas reunidos alrededor del tema del Árbol: Lluís López y Sandra Lehnis.

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(clic pour agrandir les photos)

Faites d’une seule pièce, les sculptures de bois d’olivier de L. López, on les emporterait en catimini si leur taille le permettait. L’artiste semble dénuder le tronc pour y trouver une forme, une âme, pour le rendre aérien par endroits, le faire danser à d’autres. Mes photos ne sont pas très bonnes, mais visitez son site ici.

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Hechas de una sola pieza, las esculturas de madera de olivo de L. López, uno se las llevaría a escondidas si su tamaño lo permitiera. El artista parece desnudar el tronco para encontrar allí una forma, un alma, para volverle aéreo en unas partes, hacerle bailar en otras. Mis fotos no son muy buenas, pero visitad su website aquí.

 

 

La démarche de Sandra Lehnis (website), Suissesse installée depuis quatre ans sur l’île et avec qui j’ai agréablement bavardé lors de cette deuxième visite, est vraiment originale. Ce qui l’intéresse c’est l’espace entre les arbres; quelque chose de mystérieux s’y passe me dit-elle.

 

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Animus Mundi est le titre d’un ensemble de peintures. « Le rythme des champs infinis d’amandiers et d’oliviers à Majorque compose Animus Mundi ».

Neu9_h9.jpg« L’espace entre le sol et la couronne des arbres a éveillé mon intérêt. C’est l’endroit où se passe l’invisible et mon objectif est de le rendre visible. Le rythme et l’emplacement de chaque arbre –représentés par des cercles et des troncs- sont la porte d’entrée de ce sujet. »

El planteamiento de Sandra Lehnis (website), Suiza instalada en la isla desde hace cuatro años y con quien charlé agradablemente en esta segunda visita, es realmente original. Lo que le interesa es el espacio entre los árboles; algo misterioso ocurre allí, me dijo.

Animus Mundi es el título de un conjunto de pinturas.”El ritmo infinito de los campos de almendros y olivos en Mallorca compone Animus Mundi”.

“El espacio entre el suelo y la copa de los árboles despertó mi interés. Es el lugar donde ocurre lo invisible y mi objetivo es volverle visible. El ritmo y el emplazamiento de cada árbol- representados por círculos y troncos- son la puerta de entrada de ese tema”.

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L’idée de mystères, d’ondes invisibles circulant entre les arbres est fort séduisante, isn’t it ?

La idea de misterios, de ondas invisibles circulando entre los árboles es muy seductora, ¿no?

 

PS: Gracias Sandra por toda la información y el permiso de reproducción.

05/06/2010

Musique, danse et Lorca

pequeña balairina j gonzalez.jpgJ. González

Traduire, un vrai plaisir, une passion chez moi; le goût de la recherche du mot, de l’expression exacte. Subjectif, bien sûr, et extrêmement hasardeux dans le cas de la poésie où je m’aventure rarement, surtout quand il s’agit de Frederico García Lorca. Voici « El paso de siguiriya ».

Ce n’est que grâce à mon complice linguistique, Miguel Angel, que la version suivante a été possible. (Muchas gracias).

Un seul vers ne s’est pas laissé amadouer, « tu dolor de cal y adelfa », référence aux maisons andalouses blanchies à la chaux et souvent fleuries de lauriers roses et blancs.

Ce n’est pas faute d’efforts ni de temps consacré, mais ….

 

El paso de la siguiriya

 

Entre mariposas negras
va una muchacha morena
junto a una blanca serpiente
de niebla.

Tierra de luz,
cielo de tierra.

Va encadenada al temblor
de un ritmo que nunca llega;
tiene el corazón de plata
y un puñal en la diestra.

¿Adónde vas, siguiriya,
con un ritmo sin cabeza?
¿Qué luna recogerá
tu dolor de cal y adelfa?


Tierra de luz,
cielo de tierra.        F. García Lorca

 

 

 

Le pas de la siguiriya

 

Parmi des papillons noirs,

Marche une fillette brune

Avec un blanc serpent

de brume.

 

Terre de lumière,

ciel de terre.

 

Elle marche enchaînée au frisson

d'un rythme jamais advenu ;

elle a un coeur d’ argent

et un poignard dans la main.

 

Où vas-tu, siguiriya,

à ce rythme écervelé ?

Quelle lune recueillera

ta douleur de laurier rose et chaulée?

 

Terre de lumière

           ciel de terre.  F. García Lorca

 

 

Regardez comme c'est moderne.

 

 

25/03/2010

Excès et désirs /Excesos, deseos

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Il faudrait être bigleux ou extrêmement distrait pour ne pas les remarquer ; même s’il ne fait pas encore chaud ici et si le ciel est souvent brumeux, les adolescents débordent de tout : décolletés, rires, excès. Plus réjouissant qu’inquiétant !

 

Habría que ser cegato o extremadamente distraído para no advertirlos; aunque todavía no haga calor aquí y el cielo permanezca brumoso, los adolescentes desbordan de todo: escotes, risas, excesos. ¡Más alentador que preocupante!

Si le printemps n’est pas le sujet du roman « Saber perder » (Savoir perdre), l’adolescence l’est. Et le désir. L’auteur, David Trueba, n’a rien oublié de la sienne et parle avec beaucoup de justesse de celle des filles. La protagoniste, Sylvia, a 16 ans.

 

Si la primavera no es el tema de la novela “Saber perder” la adolescencia lo es. El autor, David Trueba, no ha olvidado nada de la suya y habla con mucha exactitud de la de las chicas. La protagonista, Sylvia, tiene 16 años.

 

 Voici la traduction du premier paragraphe du roman, une réflexion sur le désir :

« Le désir travaille comme le vent. Sans effort apparent. S’il trouve les voiles déployées il nous entraîne à une vitesse vertigineuse. Si portes et volets sont fermés,  il frappera un moment en quête d’une fissure ou rainure qui le laisserait s’infiltrer. Le désir associé à un objet de désir nous y condamne. Mais il y a une autre forme de désir, abstraite, déconcertante, qui nous enveloppe comme un état d’esprit. Elle annonce que nous sommes prêts pour le désir et qu’il nous reste à attendre, voiles déployées, que souffle le vent. Le désir de désirer. »

 

 Aquí tienen el primer párrafo de la novela, una reflexión sobre el deseo:

“El deseo trabaja como el viento. Sin esfuerzo aparente. Si encuentra las velas extendidas nos arrastrará a velocidad de vértigo. Si las puertas y contraventanas están cerradas, golpeará durante un rato en busca de la grieta o ranura que le permitan filtrarse. El deseo asociado a un objeto de deseo nos condena a él. Pero hay otra forma de deseo, abstracta, desconcertante, que nos envuelve como un estado de ánimo. Anuncia que estamos listos para el deseo y sólo nos queda esperar, desplegadas las velas, que sople el viento. Es el deseo de desear.”  (Ed. Anagrama, 2008)

 

tableau: Picasso, les amoureux