01/09/2012

Coupes et files / Cortes e hileras

 

 

lumière de pluie.JPG

                                        Ciel jaune-pluie / Cielo amarillo-lluvia


Excellente nouvelle: il a plu et il pleuvine.

Hier, après des mois bleus, chauds et secs, il a tonné et « diluvié ». Coupures de courant.

Excelente noticia : ha llovido y llovizna.

Ayer, después de meses azules, cálidos y secos, ha tronado y diluviado. Cortes de luz.

Incendies : c'était à La Gomera, à Madrid, en Galice, aujourd'hui autour de Malaga. Ne pourrait-on procéder, pour un jour, à une immersion ibérique ?

Les orages passés, aujourd'hui nous disons un adieu soulagé aux feux, plus de cent sur l'île cet été.

Et un bonjour mitigé à la rentrée...celle des fourmis pour l'instant. Ces délicates détestent se mouiller les pattes, c'est sûr; il suffit d'une aile de papillon ou de mouche traînant quelque part pour qu'une colonne noire fort et agitée apparaisse. Couper les files.

 

 

incendio bendinat noticias terra.jpeg

                Incendie Bendinat, Mallorca / Photo: Noticias terra


Incendios : fue en La Gomera, en Madrid, en Galicia, hoy alrededor de Málaga. ¿No se podría proceder, por un día, a una inmersión ibérica ?

Tras las tormentas, hoy decimos un adiós aliviado a los fuegos, más de cien en la isla este verano.

Y un buenos días mitigado al retorno.... de las hormigas en este momento. Esas delicadas odian mojarse las patas, está claro ; basta con un ala de mariposilla o de mosca escondida en alguna parte para que una columna negra y agitada aparezca. Cortar hileras.

 

Les premiers orages sont un signal pour les jeunes du village: ils abandonnent la piscine municipale et commencent à détester l'idée de l'école.

Préparatifs.

Je le vois bien, on ne recouvre plus ici les livres de papier bleu, mais les étiquettes restent obligatoires. Le nom de l'élève partout: souvenirs du plumier, costume de gymnastique, boîte à tartines...bref on finissait pas haïr son propre nom.
Une fleur, un insecte, un nuage ne pourraient-ils pas me représenter?

Tu rêves encore ma fille...”
Ma mère n'était pas du genre fantaisiste et la directrice encore moins.

Las primeras tormentas son una señal para los jóvenes del pueblo : abandonan la piscina municipal y empiezan a odiar la idea de escuela.

Preparativos.

Lo veo bien, ya no se forran los libros con papel azul, pero las etiquetas siguen siendo obligatorias. El nombre del alumno omnipresente: recuerdos de estuches, traje de gimnasia, tarteras...una acababa por detestar su propio nombre.

¿Una flor, un insecto, una nube podrían representarme ?

« Otra vez soñando hija mía... »

A mi madre no se le daba bien la fantasía y a la directora menos.

 

cielo nuboso.JPG


Mais revenons à notre ciel moutonné de gris, si beau après ce bleu permanent.

Aucune tristesse à l'idée d'un week-end pluvieux : un lourd cadeau m'est arrivé par la poste, « L'ordre libertaire » de Michel Onfray. Plus de 500 pages. De quoi voir filer les jours, l'automne.

Pero volvamos a nuestro cielo aborregado, tan bonito después de ese azul permanente.

Ninguna tristeza a la idea de pasar un fin de semana lluvioso : un regalo de peso me llegó por correos, “El orden libertario” de Michel Onfray, un análisis de la filosofía, de la vida de A. Camus. Más de 500 páginas. Materia para pasar los días, el otoño.

 

03/08/2012

Fuir / Huir

 

Fuir.

L'idée est peu glorieuse, lamentable même; battre en retraite ou s'échapper au hasard.

Mais il est une fuite délicieuse, celle dans l'imaginaire qui est, selon Eugène Ionesco"... une évasion, elle est audace, invention."

Fuir le brouhaha, la cohue des plages, se fuir soi-même parfois en se noyant dans la multitude ou d'autres paradis artificiels.

Je suis de l'avis de Leonardo da Vinci “C'est à tort que les hommes se plaignent de la fuite du temps, en l'accusant d'être trop rapide, sans voir qu'il s'écoule à la bonne vitesse.”
Quelle est la bonne vitesse?
En cet été, oh, pas fort différent des précédents pour ce qui est de la chaleur et où la lenteur régente nos vies, je me demande où fuir.
J'ai deviné la fraîcheur de cette cave, dans le village d'Alaró.
Je suis de l'avis de Leonardo da Vinci “C'est à tort que les hommes se plaignent de la fuite du temps, en l'accusant d'être trop rapide, sans voir qu'il s'écoule à la bonne vitesse.”
Quelle est la bonne vitesse?
En cet été, oh, pas différent des précédents pour ce qui est de la chaleur et où la lenteur régente nos vies, je me demande où fuir.

Huir
La idea es poco gloriosa, incluso lamentable; batirse en retirada o escapar al azar.

Pero existe una huida deliciosa hacia el mundo imaginario que es, según Eugène Ionesco”...una evasión, es audacia, invención”.

Huir del guirigay, del tropel de las playas, huir a veces de si mismo  sumergiéndose en la multitud o en otros paraísos artificiales.

La fuga del tiempo, ah, ¡qué cosa!
Soy de la opinión de Leonardo da Vinci. “Se equivocan los hombres cuando se quejan de la fuga del tiempo, acusándole de ser demasiado rápido, sin ver que fluye a la velocidad adecuada”.
¿Cuál es la velocidad adecuada?
En este verano, no diferente a los anteriores en cuanto al calor, y donde la lentitud rige nuestras vidas, me pregunto dónde huir.

He adivinado la frescura en este sótano, en el pueblo de Alaró.

J'ai deviné la fraîcheur de cette cave, dans le village d'Alaró.
IMG_1207.JPG


Sinon, cette superbe grotte bleue vue au cours d'une excursion à l'île de Cabrera.
Fuir la chaleur, la lenteur-limace, est-ce de la lâcheté?
IMG_1725.JPG


Sino, esta magnífica cueva azul vista en una excursión a la isla de Cabrera.
Huir del calor, de la lentitud de babosa, ¿es cobardía?

01/07/2012

L'âme mystérieuse de l'Espagne populaire / El alma misteriosa de la España popular

L'endroit est superbe et si frais en été; ce fut le premier hôtel de Palma transformé maintenant en salles d'exposition par La Caixa. En ce moment il y en a deux : la plus importante, et à ne pas rater, offre de très nombreux dessins, souvent fort féroces, sarcarstiques, de George Grosz.
El sitio es magnífico y tan fresco en verano ; fue el primer hotel de Palma ahora trasformado en salas de exposición por La Caixa. En este momento hay dos: la más importante, no se la pierdan, ofrece numerosos dibujos, a menudo feroces, satíricos, de George Grosz.



Mais c'est au deuxième étage que je vous mène aujourd'hui, une vraie découverte pour moi, la photographe Cristina García Rodero. La première femme espagnole devenue membre de l'agence Magnum.
Pero hoy os llevo al segundo piso. Fue para mí un verdadero descubrimiento, las fotos de Cristina García Rodero. La primera mujer española miembro de la agencia Magnum.
Il est rare de voir des sourires lors des visites d'expos, non ? Des trois personnes dans la salle, deux d'entre elles, plus très jeunes, riaient doucement devant certaines photos dont celles-ci.
Pocas veces se ven sonrisas en las visitas de exposiciones, ¿no ? Des las tres personas presentes en la sala, dos de ellas, ya no muy jóvenes, reían por bajo delante de algunas fotos, de las cuales estas.
cristina-garcía-rodero-5.jpgEl ofertorio / Amil 1979

ACF0482-10.jpg
Las potencias del alma / 1976 Puente Genil (Córdoba)

Le sujet est « Espagne occulte » , une longue série de photos en noir et blanc, des fêtes religieuses, des gens, plutôt des gens pendant les fêtes, dans les années '70-'80.
« J'ai essayé de photographier l'âme mystérieuse, vraie et magique de l'Espagne populaire avec sa passion, son amour, humour, tendresse, rage, douleur, avec sa vérité ; et les moments les plus intenses et pleins de la vie des personnages, aussi simple qu'irrésistibles, avec toute leur force intérieure, en un défi personnel qui me donna force et compréhension et dans lequel j'ai investi tout mon coeur. » C. García Rodero.

El tema es « España oculta », una larga serie de fotos en blanco y negro, de fiestas religiosas, de gente, mejor dicho de gente durante las fiestas, en los años '70-'80.
Cristina García Rodero
"Intenté fotografiar el alma misteriosa, verdadera y mágica de la España popular con su pasión, su amor, humor, ternura, rabia, dolor, con su verdad; y los momentos más intensos y plenos en la vida de los personajes, tan simples como irresistibles, con toda su fuerza interior, en un desafío personal que me dio fuerza y comprensión y en el cual invertí todo mi corazón."

C'est l'Espagne d'hier, d'aujourd'hui aussi ; sinon allez vous promener dans les villages en fête.
Es la España de ayer, también la de hoy ; sino vayan a pasearse por los pueblos en fiestas.

Sa photo préférée ? Il paraît que c'est la petite fille qui saute en chantant devant un cimetière et qui représente un fort contraste vie-mort, la magie et le mélange réel-irréel.
¿Su foto preferida ? Parece ser la niña que salta y canta delante de un cementerio y que representa un fuerte contraste vida-muerte, la magia y la mezcla real-irreal.
41zo7K4x8gL._SL500_.jpg
livre français.jpeg


Les miennes? Celles-ci peut-être.
¿Las mías ? Estas tal vez.
ACF0482-09.jpg
cristina.jpg
Los angelitos / Morella 1987
Il y en a tant, toutes émouvantes, que voici un document en PDF où vous pourrez en regarder des dizaines...bien que la qualité ne soit pas très bonne.


Photos: Cristina García Robero trouvées sur la toile / Fotos de Internet

16/06/2012

Lettre où Lorca parle de Dalí / Carta donde Lorca habla de Dalí

Beaucoup d'encre a coulé sur la relation amicalo-amoureuse qui exista entre F.G. Lorca et S.Dalí.
Aujourd'hui je vous propose une lettre écrite par Lorca en 1927 au journaliste et critique d'Art Sebastian Gasch. Elle apporte un éclairage intéressant sur le personnage de Dalí vu par Lorca.
Mucho se ha escrito sobre la relación amistosa-amorosa entre F.G. Lorca y S. Dalí.
Hoy os propongo una carta escrita por Lorca en 1927 al periodista y crítico de Arte Sebastian Gasch.
Aporta una luz interesante sobre Dalí visto por Lorca.

« Je sens chaque jour un peu plus le talent de Dalí. Il me semble unique et possède une sérénité et une clarté de jugement dans ses idées qui me semblent réellement émouvantes. Il se trompe et ça n'a pas d'importance. Il est vivant. Son intelligence très fine va de pair avec un infantilisme déconcertant, formant un mélange si insolite qu'il est absolument original et captivant. Ce qui m'émeut le plus en lui en ce moment est son délire de construction (c'est à dire de création), où il prétend créer à partir du rien, et il fait des efforts et il se lance dans des rafales avec tant de foi et d'intensité que cela semble incroyable. Rien de plus dramatique que cette objectivité et cette recherche de la joie pour la joie elle-même. (…)
Dalí est l' homme qui lutte armé d'une hache dorée contre les fantasmes. (...) »

« Yo siento cada día más el talento de Dalí. Me parece único y posee una serenidad y una claridad de juicio para lo que piensa que es verdaderamente emocionante. Se equivoca y no importa. Está vivo. Su inteligencia agudísima se une a su infantilidad desconcertante. En una mezcla tan insólita que es absolutamente original y cautivadora. Lo que más me conmueve en él ahora es su delirio de construcción (es decir, de creación), en donde pretende crear de la nada y hace unos esfuerzos y se lanza a unas ráfagas con tanta fe y tanta intensidad que parece increíble. Nada más dramático que esta objetividad y esta busca de alegría por la alegría misma. (…)
Dalí es el hombre que lucha con hacha contra los fantasmas. (..)"
(Trad. Colo)

Parmi leurs multiples oeuvres, la présence de l'autre est fréquente.
Ainsi sur ce tableau de Dalí, leurs deux têtes emmêlées.
Entre sus múltiples obras, la presencia del otro es frecuente.
Así en este cuadro sus cabezas enredadas.

LORCA + Dali cabezas19.1.jpg

Puis cette ode de Lorca, traduite par Paul Éluard et adressée à Dalí.
Después esa oda dedicada por Lorca a Dalí.

Ode a Salvador Dalí. (extrait)

Ô Salvador Dalí à la voix olivée !
Je dis ce que me disent ta personne et tes tableaux.
Je ne loue pas ton imparfait pinceau adolescent,
Mais je chante la parfaite direction de tes flèches.

Je chante ton bel effort de lumières catalanes
Et ton amour pour tout ce qui explicable.
Je chante ton cœur astronomique et tendre,
Ton cœur de jeu de cartes, ton cœur sans blessure.

Je chante cette anxiété de statue que tu poursuis sans trêve,
La peur de l’émotion qui t’attend dans la rue.
Je chante la petite sirène de la mer qui te chante,
Montée sur une bicyclette de coraux et de coquillages.

Mais avant tout je chante une pensée commune
Qui nous unit aux heures obscures et dorées.
L’art, sa lumière ne gâche pas nos yeux.
C’est l’amour, l’amitié, l’escrime qui nous aveuglent.
Traduction Paul Éluard 1938
(Pour lire le poème en entier:
20101122085834-lorca-dali-257423s.jpg


Oda a Salvador Dali (extracto)

¡Oh Salvador Dalí de voz aceitunada!
Digo lo que me dicen tu persona y tus cuadros.
No alabo tu imperfecto pincel adolescente,
pero canto la firme dirección de tus flechas.

Canto tu bello esfuerzo de luces catalanas,
tu amor a lo que tiene explicación posible.
Canto tu corazón astronómico y tierno,
de baraja francesa y sin ninguna herida.

Canto el ansia de estatua que persigues sin tregua
el miedo a la emoción que te aguarda en la calle.
Canto la sirenita de la mar que te canta
montada en bicicleta de corales y conchas.

Pero ante todo canto un común pensamiento
que nos une en las horas oscuras y doradas.
No es el Arte la luz que nos ciega los ojos.
Es primero el amor, la amistad o la esgrima.

02/06/2012

Un calme archaïque / Una calma arcaica

Le surnom de Majorque est, je l'ai écrit dans le billet précédent, l'île au calme. C'est du moins le titre français du livre que Santiago Rusiñol, catalan, écrivit en 1922: “L'illa de la calma”.

Cet écrivain, peintre et idéologue du mouvement moderniste catalan réalisa plusieurs séjours à Majorque et décrivit l'île de façon si idyllique qu'il créa un mythe de paradis terrestre; ce qui provoqua l'arrivée de tas d'artistes catalans, européens et latino-américains dans les années 1900...* et fut la base sans aucun doute d'un futur développement touristique.
« Cette sensation paradisiaque est due à la beauté de l'île, à sa lumière, (ceci n'a pas changé, je ne cesse de le répéter, l'île est superbe), mais aussi au côté rural, archaïque de l'île (…) «

Majorque-L-ile-Au-Calme-Livre-875586541_ML.jpg
la isla de la calma.jpeg



El apodo de Mallorca, tal y como lo escribí la semana pasada, es La Isla de la Calma, o, mejor dicho “L'illa de la calma”,  libro escrito por el catalán Santiago Rusiñol en 1922.
Escritor, pintor e ideólogo del movimiento modernista catalán, Rusiñol realizó varias estancias en Mallorca y describió la isla de manera tan idílica que creó un mito de paraíso terrestre, lo que provocó la venida de gran número de artistas:
El mito de Mallorca como paraíso terrenal es bastante generalizado entre los artistas catalanes, europeos y latinoamericanos que llegaron a la isla y se establecieron en ella hacia el 1900. Esta sensación es debida, además de a la belleza de la isla y su luz, al toque arcaico y rural de la vida mallorquina, asimilado como un arcadismo feliz.”
La luz y la belleza, a pesar de algunos y terribles destrozos, perdura, no me canso de repetirlo...

Santiago_Rusinol_Terraced_Garden_in_Mallorca_1911.jpg
Santiago Rusiñol Jardins en terrasse

Voici un passage du livre :
Majorque, l’Ile au calme, – Santiago Rusiñol

"Si tu souffres de neurasthénie ou si tu crois en souffrir, ce qui revient au même ; si tu es étourdi par les bruits que nous vaut la civilisation, par cette angoisse qui nous fait toujours être pressés d’arriver au plus tôt où nous n’avons rien à faire ; si les affaires ont rempli de chiffres, chez toi, la place que doit occuper ce que nous nommons l’esprit ; si les cinémas ont abîmé le mécanisme de ta vue ; si ton remuement est devenu chronique et que tu n’en puisses plus d’inquiétude et que tu veuilles jouir d’un peu du repos que mérite, dans cette vie, celui qui n’a fait de mal à personne, suis-moi dans l’île dont je vais te parler, dans une île où règne toujours le calme, où les hommes ne sont jamais pressés, où les femmes ne vieillissent jamais, où l’on ne gaspille même pas les mots, où le soleil s’attarde, où dame lune elle-même marche plus lentement qu’ailleurs, atteinte par le calme.

Cette île, lecteur, c’est Majorque (...) "


rusiñol3.jpg
S.Rusiñol, Mallorca

Aquí un pasaje. Cómo no lo encontré online en español, lo traduje con mi fiel ayudante MAH. Gracias.

Si padeces de neurastenia o crees padecerla, lo que es lo mimo; si estás aturdido por los ruidos de la civilización, por esa angustia que nos hace siempre tener prisa en llegar allí donde no tenemos nada que hacer; si los negocios han llenado en ti el lugar que debe ocupar lo que nombramos el espíritu; si los cines han estropeado el mecanismo de tu vista; si tu agitación se ha vuelto crónica y no puedes más de inquietud y quieres disfrutar de un poco del descanso que merece, en esta vida, el que no ha perjudicado a nadie, sígueme a la isla de la cual voy a hablarte, a una isla donde siempre reina la calma, donde los hombres jamás tienen prisa, donde las mujeres nunca envejecen, donde no gastan ni siquiera las palabras, donde el sol se demora, donde incluso dama luna anda más lenta que en otras partes, alcanzada por la calma.

Esa isla, lector, es Mallorca.”

* Avant lui il y avait eu, bien sûr, "Un hiver à Majorque" de Georges Sand qui, si elle avait détesté son séjour et ses habitants, a réalisé de superbes descriptions de l'île.
grabado vuillier sa foradada.jpg
Gaston Vuillier Gravure Na Foradada

Et aussi Gaston Vuillier: “Les îles oubliées, Les Baléares, la Corse et la Sardaigne” 1893
Il a l'air superbe l'exemplaire que j'ai trouvé: seul ennui, il coûte 223€ , pèse 5kg400 et ce n'est pas mon anniversaire!
http://www.livre-occasion-ancien.com/les-iles-oubliees-p-243.html

24/03/2012

Un si profond mal être / un malestar tan profundo

Je me souviens des noirs matins du soleilAlejandra Pizarnik.jpg

Quand j'étais fillette

Recuerdo las negras mañanas de sol

Cuando era niña

 

La poésie d'Alejandra Pizarnik est faite de silences, de miroirs, d'ombres inquiétantes, de jardins, de murs fissurés, de blessures mortelles...

Comme le dit Angèle Paoli (Terres de femmes – poèmes en espagnol) dans un superbe texte, tout en délicatesse et nuances, on s'attache à ses mots et essaye de trouver où se raccrocher, une lueur.

Curieux qu'elle soit si peu connue par ici, elle qui est presque vénérée en Argentine. Alejandra a pourtant passé plusieurs années de sa vie à Paris et a traduit Bonnefoy, Artaud, Michaux et Aimé Césaire.

Peut-être effraye-t-elle trop?

Vous trouverez sa biographie, des poèmes en français et une excellente analyse de ses mots sur le blog Esprits Nomades.

 

Alors j'ai cherché une lueur, j'en ai trouvé une dans l'érotisme.

 

AMANTES

Una flor

no lejos de la noche

mi cuerpo mudo

se abre

a la delicada urgencia del rocío

De "Los trabajos y las noches" 1965

Amants

Une fleur

pas loin de la nuit

mon corps muet

s'ouvre

à la délicate urgence de la rosée.

(Traduction: Colette)

 

Plus sombres ces mots extraits d'un de ses recueils, “L'arbre de Diane”.

Más oscuras, estas palabras de uno de sus libros “El árbol de Diana”.

 

7

Salta con la camisa en llamas

de estrella a estrella,

de sombra en sombra.

Muere de muerte lejana

la que ama al viento.

Saute la chemise en feu

d'étoile en étoile,

d'ombre en ombre.

Meure de mort lointaine

celle qui aime le vent.

11
ahora

en esta hora inocente

yo y la que fui nos sentamos

en el umbral de mi mirada

maintenant

en cette heure innocente

moi et celle que je fus nous asseyons

sur le seuil de mon regard.



37
más allá de cualquier zona prohibida

hay un espejo para nuestra triste transparencia

au-delà de toute zone interdite

il y a un miroir pour notre triste transparence.

 

van_gogh_noche_estrellada.jpg

Et quelques vers d'un poème.

 

Exilio

Exil

A Raúl Gustavo Aguirre


(...)
¿Y quién no tiene un amor?

¿Y quién no goza entre amapolas?

¿Y quién no posee un fuego, una muerte,

un miedo, algo horrible,

aunque fuere con plumas,

aunque fuere con sonrisas?

Siniestro delirio amar a una sombra.

La sombra no muere.

Y mi amor

sólo abraza a lo que fluye

como lava del infierno:

(...)

Et qui n'a un amour?

Et qui ne jouit parmi les coquelicots?

Et qui ne possède un feu, une mort,

une peur, quelque chose d'horrible,

même s'il y a des plumes,

même s'il y a des sourires?

 

Sinistre délire que d' aimer une ombre.

L'ombre ne meurt.

Et mon amour

n'embrasse que ce qui coule

comme lave de l'enfer:

(…)

(Trad: Colette)


Pour terminer, cet extrait d'une interview d'Alejandra qui donne un éclairage supplémentaire à cette personnalité si particulière et émouvante.
Para terminar, ese extracto de una entrevista a Alejandra que da un luz más a esta personalidad tan particular y conmovedora.

A.P. - Entre otras cosas, escribo para que no suceda lo que temo; para que lo que me hiere no sea; para alejar al Malo (cf. Kafka). Se ha dicho que el poeta es el gran terapeuta. En este sentido, el quehacer poético implicaría exorcizar, conjurar y, además, reparar. Escribir un poema es reparar la herida fundamental, la desgarradura. Porque todos estamos heridos.

AP- Entre autres choses j'écris pour que n'arrive pas ce que je crains; pour que ce qui me blesse ne soit pas; pour éloigner le Malin (cfr Kafka). On a dit que le poète est le grand thérapeute. En ce sens, l'affaire poétique impliquerait exorciser, conjurer et, de plus, réparer. Écrire un poème est réparer la blessure fondamentale, la déchirure. Car nous tous sommes blessés.


M.I.M. - (…) creo, casi con certeza, que el viento es uno de los principales autores de la herida, ya que a veces se aparece en tus escritos como el gran lastimador.*

M.I.M.- (…) je crois, je suis presque certaine, que le vent est l'un des principaux auteurs de la blessure, car il apparait parfois dans tes écrits comme le grand “blesseur”.


A.P. - Tengo amor por el viento aun si, precisamente, mi imaginación suele darle formas y colores feroces. Embestida por el viento, voy por el bosque, me alejo en busca del jardín.

A.P: – J'ai de l'amour pour le vent même si, précisément, mon imagination lui donne souvent des formes et couleurs féroces. Agressée par le vent, je vais dans les bois, je m'éloigne à la recherche du jardin.

 

M.I.M.- ¿En la noche?
A.P. - Poco sé de la noche pero a ella me uno. Lo dije en un poema: Toda la noche hago la noche. Toda la noche escribo. Palabra por palabra yo escribo la noche.*

M.I.M. - La nuit?

A.P. Je sais peu de la nuit mais je m'unis à elle. Je l'ai dit dans un poème: Toute la nuit je fais la nuit. Toute la nuit j'écris. Mot à mot j'écris la nuit.

 

M.I.M.- En un poema de adolescencia también te unís al silencio.
A.P. - El silencio: única tentación y la más alta promesa. Pero siento que el inagotable murmullo nunca cesa de manar (...). Por eso me atrevo a decir que no sé si el silencio existe.

M.I.M.- Dans un poème d'adolescence tu t'unis aussi au silence.

A.P.- Le silence: unique tentation et la plus haute promesse. Mais je sens que l'inépuisable murmure jamais ne cesse de surgir. (…) . C'est pour cela que j'ose dire que je ne sais si le silence existe.

 

Entrevista a Alejandra Pizarnik (extracto)

Por Marta Isabel Moia [*]

Entrevista de Martha Isabel Moia, publicada en El deseo de la palabra, Ocnos, Barcelona, 1972.

 

10/03/2012

La voix et les mains / Arianna Savall / La voz y las manos

C'est l'amour des voix, la recherche de voix féminines actuelles, qui m'ont incitée à vous parler aujourd’hui d'Arianna Savall. Je vous recommande de visiter, de l'écouter sur son site.

L'écouArianna Savall.jpegter jouer de la harpe et chanter est un rêve qui emporte âme et esprit dans un monde, souvent baroque, toujours au-delà du présent. On parle d'elle comme d'une fée à la voix d'ange. Je vous laisse juges…

Fille du célèbre Jordi Savall et de la magnifique soprano Montserrat Figueras, son frère, Ferran Savall, est également musicien et chanteur.


Ensemble ils ont enregistré un album intitulé «Du temps et de l'instant» dont vous pouvez écouter un (fort long mais superbe) extrait ici:(à la minute 17.50 une chanson mère-fille-fils-père à ne pas rater!)

Es el amor por la voz, la búsqueda de voces femeninas actuales lo que me ha incitado a hablaros hoy de Arianna Savall. Os recomiendo visitar su website.

Escucharle tocar el harpa y cantar es un sueño que lleva alma y espíritu a un mundo, a menudo barroco, siempre más allá del presente. Se habla de ella como de un hada con voz de ángel. Os dejo juzgar...

Arianna Savall2.jpg

Hija del celebre Jordi Savall y de la magnífica soprano Montserrat Figueras, su hermanoSavall y Montserrat Figueras.jpg, Ferran Savall, es también músico y cantante.

Juntos han grabado un álbum titulado “Du temps et de l'instant”, aquí podéis escuchar un (muy largo pero precioso) extracto; (en el minuto 17.50 una canción madre-hija-hermano y padre, no os lo perdáis)

 

Pour compléter le tableau vous dire que son compagnon est le ténor et musicien Petter Udland Johansen avec lequel elle créa en 2009 la formation Hirundo Maris, spécialisée dans la musique ancienne et la création.

Para completar el cuadro, deciros que su compañero es el tenor y músico Petter Udland Johansen con el cual creó en 2009 la formación Hirundo Maris, especializada en música antigua y la creación.

 

Para terminar (muy a pesar mío) os dejo con Ánima Nostra

Pour terminer (à grand regret) je vous laisse avec Ánima Nostra:

Hirundo Maris, Peiwoh en concert

 

 

03/03/2012

"Oubliés" sur l'île de Cabrera / "Olvidados" en la isla de Cabrera

À 15km du sud de l'île de Majorque, l'archipel de Cabrera dont l'île la plus grande du même nom est un havre de paix et de beauté.

Grâce à l'occupation militaire depuis 1916, il n'y a là âme qui vive, pas de touristes non plus. De plus cette mini île de 15,69km2 a été déclarée en 1991 Parque Nacional Maritimo Terrestre.

Flore et faune endémiques, magnifiques, il faut demander la permission pour s'y rendre, – au maximum une journée – et bien sûr la chasse et la pêche y sont interdites. Un paradis.

 

Cabrera parque natural ultima hora.jpg

 

A unos 15km al sur de la isla de Mallorca, el archipiélago de Cabrera y la isla mayor del mismo nombre es un remanso de paz y belleza.

Gracias a la ocupación militar a partir de 1916, no hay allí alma viva ni turistas.

Además esa mini isla de 15,69km2 fue declarada en 1991 Parque Nacional Marítimo y Terrestre.

Flora y fauna endémicas, magníficas, hay que pedir permiso para pasar un día allí y, claro está, la pesca y la caza están prohibidos. Un paraíso.

 

Et rien, ou presque, ne laisse deviner la «tragédie inhumaine» qui s'y déroula pendant les cinq ans où l'île fut transformée en prison, «le premier camp de concentration de l'Histoire».

Les prisonniers, sans prison ni barreaux, étaient des grognards, soldats français de l'armée de Napoléon. Voici le récit, en grandes lignes de cinq ans en enfer.

grognards cabrera.jpg

 

Y nada, o casi, deja adivinar la “tragedia inhumana” que tuvo lugar allí durante los cinco años donde la isla fue trasformada en cárcel “el primer campo de concentración de la Historia”.

Los presos, sin cárcel ni barrotes, eran grognards, soldados franceses del ejército de Napoleón. Aquí el relato, en grandes lineas, de cinco años en el infierno.

 

 

Après la défaite de l'armée française lors de la bataille de Bailén (guerre d'Indépendance Espagnole 1808), plus ou moins 18.000 soldats français furent faits prisonniers. Les plus haut gradés furent renvoyés (et fort mal reçus par Napoléon!) en France; 4.000 furent embarqués pour les îles Canaries où ils s'intégrèrent peu à peu aux habitants et le reste, 9.000...ah, les malheureux!

En principe ils allaient être envoyés en France, échangés contre des prisonniers espagnols, mais ceci ne se fit pas (en partie à cause des Anglais) et ils restèrent d'abord confinés dans des bateaux au large de Cadix (maladies à bord, ...), puis ils partirent enfin: espoir de revoir leur pays.

Mais hélas leur voyage se terminera aux Baléares. Mallorca ne voulut pas d'eux, prétextant un manque d'infrastructures pour les accueillir; les Anglais qui occupaient Menorca non plus, alors on les abandonna sur l'île de Cabrera, l'île aux chèvres.

 

Carte_Majorque.jpgDespués de la derrota del ejército francés en la batalla de Bailén (guerra de Independencia española 1808), unos 18.000soldados franceses fueron hechos presos.

Los de mayor fueron devueltos (¡y muy mal acogidos por Napoleón!) a Francia; 4.000 fueron embarcados para las islas Canarias donde se integraron poco a poco a la población y el resto, 9.000...¡pobres desgraciados!

Se suponía que se les iba a llevar a Francia e intercambiar por presos españoles, pero eso no se hizo(en parte por culpa de los Ingleses) y se quedaron primero hacinados en unos buques a lo largo de Cádiz (enfermedades a bordo...), y por fin zarparon: esperanza de volver a su país.

Pero por desgracia acabaron en Baleares. Mallorca no les quiso, alegando falta de infraestructuras para acogerlos; los Ingleses que ocupaban Menorca tampoco los quiso, entonces se decidió abandonarlos en la isla de Cabrera, la isla de las cabras.

 

Beaucoup étaient déjà atteints de dysenterie et l'euphorie de se retrouver en terre ferme disparut rapidement en découvrant le manque quasi total de ressources en eau douce et nourriture.

En principe un bateau venant de Majorque devait les ravitailler tous les quatre jours, mais suite à de nombreuses péripéties, ils ont été très souvent «oubliés», une fois même pendant deux mois, sur leur île-prison.

Folie, famine, tous les maux imaginables et inimaginables comme, semble-t-il le cannibalisme et la coprophagie s'emparèrent des prisonniers au cours des cinq ans que dura cet enfer.

Car ce n'est qu'en 1814 après la signature d'un traité de paix que les quelque 3.000 survivants furent rapatriés.

Et certains ont raconté.

 

les prisonniers de Cabrera livre.gif

 

 

Muchos de ellos padecían disentería y la euforia de encontrarse en tierra firme desapareció rápidamente al descubrir la carencia casi total de recursos en agua dulce y comida.

En principio un barco procedente de Mallorca debía abastecerles cada cuatro días, pero debido a diversas peripecias, eran “olvidados”, una vez incluso durante dos meses, en su isla-cárcel.

Locura, hambruna, todos los males imaginables e inimaginables como, parece ser, el canibalismo y la coprofagia, se apoderaron de los presos en el curso de los cinco años que duró aquel infierno.

Sólo fue en 1814 con la firma de un tratado de paz que los 3.000 sobrevivientes fueron repatriados.

Y algunos han contado.

 

Cuando-el-padre-nos-olvida.png

NB: Les chiffres de prisonniers cités varient d'une source à l'autre et je me suis limitée à vous raconter ce mortel cauchemar de façon très succincte, mais vous pourrez lire l'histoire en détails à diverses adresses, par exemple :

http://lesapn.forumactif.fr/t7352-les-grognards-de-cabrera

http://desaix.unblog.fr/2007/11/10/page-sombre-au-coeur-de-lepopee-napoleonienne/

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-31853181.html

 

NB: Las cifras de presos varían según las fuentes y me he limitado a contar esa mortal pesadilla de manera muy sucinta, pero podéis leer la historia con todo detalles en varios sitios, por ejemplo:

http://historiasdelahistoria.com/2011/01/21/memorias-de-un-prisionero-frances-en-la-isla-de-cabrera/

http://abelgalois.blogspot.com/2007/03/lost-en-cabrera-el-cementerio-de-los.html

 

11/02/2012

Ce qu'il me reste à vivre / Lo que me queda por vivir

C'est le titre du dernier roman d'Elvira Lindo. Du moins je le suppose, car, à ma connaissance, il n’est pas encore traduit en français.

Je ne vais donc pas vous raconter toute l'histoire, mais vous situer les courts passages que j'ai traduits.

Une jeune femme, Antonia, vit à Madrid où elle élève seule son fils de quatre ans. Loin de son village natal. Les temps changent vite en cette période post- franquiste et ce beau et profond roman alterne souvenirs et portraits - dont certains, des femmes qui ont entouré son enfance, – et sa vie «en ville» avec son fils, son complice.

Le fil conducteur, du moins l’un d’eux, celui qui m’a le plus frappée, est le thème de la loyauté envers nos propres désirs.

 

Es el título de la última novela de Elvira Lindo.

Encontraréis aquí una reseña por Juan Cruz mil veces mejor que cualquier cosa que yo pueda escribir.

Os copio aquí unos párrafos que expresan lo que me pareció ser el hilo conductor, o uno de ellos, de la novela: la lealtad a nuestros propios deseos.

 

Il y a toujours un moment où tout aurait pu être évité, pense-t-on après. Surtout ce qu'on a commencé sans beaucoup de conviction, plus pour des motifs fantaisistes que pour ce qu'on avait vraiment là, devant nos yeux. Mais qui veut voir ce qui est devant ses yeux, qui est disposé à admettre qu'en réalité aucune connexion n'est possible. (…)

La jeunesse, si encline à la témérité, devient soudain conservatrice et renonce à ses rêves, se conforme au premier amour qu’elle a connu. Peut-être est-ce là la façon la plus tordue d'être téméraire.

Combien on parle et on écrit sur ces couples où les conjoints sont ancrés au malheur durant toute une vie, et combien peu de tous ces couples jeunes qui, sans plus de liens qu'une fidélité mal comprise, se livrent docilement à l'ennui de samedis et dimanches interminables.(...)

...Et au milieu se trouvent les amis qui, à cet âge où tu ne connais d'autre morale que celle dictée par tes pairs, se transforment en gardiens d'un malheur de façon plus implacable que ne le fera plus tard la famille même. (..)

Qu’il était et est difficile de trahir le groupe et qu'il est facile d'être déloyal envers soi-même.

La déloyauté à soi-même ne se remarque généralement pas dans le présent, elle se camoufle en mal- être; en anxiété diffuse, car ces sensations sont bien plus aisées à supporter. Moi je n'ai jamais fini d'identifier ce qui n'était rien de plus qu'une trahison à mes désirs.»

Trad : Colette

Siempre hay un momento en el que todo podía haberse evitado, se piensa luego. Sobre todo en aquello que se comenzó sin mucho convencimiento, más por motivos fantasiosos que por lo que se tenía de verdad delante de los ojos. Pero quién quiere ver lo que está delante de los ojos, quién está dispuesto a admitir que en realidad no hay posible conexión. (…)

La juventud, tan proclive a la temeridad, de pronto se vuelve conservadora y renuncia a sus sueños, se conforma con el primer amor que ha conocido. A lo mejor sea ésa la manera más retorcida de ser temerario.

Cuánto se habla y se escribe sobre esos matrimonios en los que los cónyuges están aferrados a la infelicidad durante todo una vida, y qué poco de todas esas parejas jóvenes que, sin mayores lazos que una fidelidad mal entendida, se entregan dócilmente al aburrimiento de unos sábados y unos domingos larguísimos, (…)

...Y por medio andan los amigos que, en esa edad en la que no entiendes nada más moral que la que te dictan tus iguales, se convierten en guardianes de una infelicidad de manera más implacable que la que en un futuro ejercerá la propia familia.. (…)

Qué difícil era y es traicionar al grupo y qué fácil ser desleal con uno mismo. La deslealtad a uno mismo no se suele advertir en el presente, se camufla de malestar; de ansiedad difusa, porque éstas son sensaciones mucho más fáciles de sobrellevar. Yo nunca acabé de identificar aquello que no era más que una traición a mis deseos.”

Lo que me queda por vivir, Elvira Lindo, Ed:Seix Barral p50-51.

 

21/01/2012

La douleur d'autrui / El dolor ajeno

Rouge avec des lettres blanches, la boite est en vente dans les pharmacies en Espagne.

Médicaments contre la douleur d'autrui”

6 bonbons menthe-eucaliptus sans sucre 1€

Médecins sans Frontières

 

Roja con letras blancas, la caja está en venta en las farmacias en España.

«Pastillas contra el dolor ajeno»

6 caramelos mentol-eucalipto sin azúcar 1€

Médicos sin fronteras

 

IMG_0642.JPG

Cette campagne lancée par MSF, comment y être indifférents?

La douleur des autres...

Sur le prospectus, de forme et présentation égales à celles de nos médicaments, cette note:

Dans le premier monde, si tu as mal quelque part, il y a des médicaments pour soulager presque chaque douleur.Mais...Que se passe-t-il si ce qui te fait souffrir est la douleur d'autrui? La douleur de ceux qui n'ont pas de médicaments pour soigner leur souffrance? N'est-ce pas magnifique que, nous qui avons des pilules pour presque tout, puissions en prendre une pour calmer la douleur de ceux qui n'en ont pas?”

Esta campaña lanzada por MSF, ¿cómo quedarse indiferentes a ella?

El dolor ajeno...

En el prospecto, de forma y presentación igual a las de nuestras medicinas, esta nota:

« En el primer mundo, si te duele algo, hay pastillas para mitigar casi cualquier dolor. Pero...¿Qué pasa si lo que te duele es el dolor ajeno, el dolor de los que no tienen pastillas para curar su sufrimiento? No es genial que, nosotros que tenemos pastillas para casi todo, podamos tomar una para calmar el dolor de los que no tienen? »

 

6 bombons qui correspondent à 6 maladies, curables ou rares sur notre continent, mais bien vivantes ailleurs: la maladie du sommeil, la malaria, la tuberculose, le sida infantile, le Kala azar, la maladie de Chagas.

De nombreuses personnalités médiatiques de tous bords ont participé à la campagne comme le chanteur très populaire Alejandro Sanz , et ici  aussi sur la vidéo, prenant «un médicament»:
Andrés Iniesta, Pilar Bardem, Andreu Buenafuente, Pau Donés, Cayetana Guillén Cuervo, Estopa, Xabi Alonso, Fernando Tejero, Eduard Punset, Edurne Pasaban, Manel Fuentes, Ferrán Adría, Nuria Espert, Juan José Millas.

6 caramelos, que corresponden a 6 enfermedades, curables o raras en nuestro continente, pero bien vivas en otras partes : la enfermedad del sueño, la malaria, la tuberculosis, el sida infantil, el Kala azar, la enfermedad de Chagas.

Numerosas personalidades mediáticas de varios aéreas han participado a la campaña como el cantante muy popular Alejandro Sanz y, aquí en el vídeo, tomándose una «medicina» (ver arriba)

 

 

La participation qui m'a le plus touchée est celle du directeur de cinéma Luís García Berlanga:

La participación que más me comovió es la del director de cine Luís García Berlanga:

 

Voici le site officiel (en español): http://www.pastillascontraeldolorajeno.com

 

Et la vidéo de lancement de MSF:

 


Il me tenait à cœur d'en parler ici. Me sentía inclinada a hablar de eso aquí.

 

12/11/2011

Je suis une pause / Soy una pausa

Entre partir et rester

Entre partir et rester doute le jour,
amoureux de sa transparence.
...

Tout est visible et tout est évasif,
tout est près et tout est intouchable.

Les papiers, le livre, le verre, le crayon
reposent à l'ombre de leurs noms.
...

L’instant se dissipe. Sans bouger,
je reste et je pars: je suis une pause.


(Trad. Colette)

Octavio Paz.

ciel noir 1.jpg

Entre irse y quedarse

Entre irse y quedarese duda el día,
enamorado de su transparencia.
...

Todo es visible y todo es elusivo,

todo está cerca y todo es intocable.


Los papeles, el libro, el vaso, el lápiz

reposan a la sombra de sus nombres.
...

Se disipa el instante. Sin moverme,
yo me quedo y me voy: soy una pausa.

Octavio Paz.

Faire une pause, m'envoler pour quelques jours;
quand on vit sur une île, tout déplacement est un voyage.
Je vous retrouverai vers la fin du mois et " vous souhaite le meilleur", comme on dit en espagnol.
Tomar una pausa, coger el vuelo por unos días;
cuando se vive en una isla, cada desplazamiento es un viaje.
Nos volveremos a encontrar a final de mes, os deseo lo mejor.


Photo: OM, merci!

22/10/2011

Une jambe dans l'origan / Una pierna en el orégano

Tout le monde sait que la partie la plus délicate à manier dans une langue étrangère est celle des expressions. Une fois bien comprises, - il en faut du temps ! -, les placer à bon escient dans la conversation tient de la haute voltige. Combien de crises d’hilarité provoquées ?

Enfin, je vous propose aujourd’hui trois expressions courantes fort savoureuses, imagées, enfin qui me plaisent.

Todo el mundo sabe que la parte más delicada de manejar en un idioma extranjero es la de las frases hechas. Una vez bien entendidas, - ¡cuánto tiempo se necesita! – colocarlas adecuadamente en una conversación tiene algo de malabarismo. ¿Cuántas crisis de hilaridad han provocado?

En fin, hoy os propongo tres expresiones corrientes muy sabrosas, llenas de imágenes, que me gustan. 

 

 

«Dormir a pierna suelta » veut dire littéralement dormir à jambe détendue, relax, jambe au singulier, notez bien.

Il semblerait que cette expression vienne de l’univers carcéral où dormir sans les pieds attachés, enchaînés, avec parfois un boulet, était un cadeau sans prix….l’occasion de dormir « à poings fermés » (pas vraiment un signe de détente, oui ?) ou « sur ses deux oreilles » (chose impossible me signale-t-on ici) ; rien n’est parfait.

Bref, dormir a pierna suelta, c’est dormir profondément.

vazquez díaz.desnudo en la ventana.jpg

 

…quiere decir, literalmente, dormir con una pierna relajada, pierna en singular. ¡Curioso!

Parece ser que esa  expresión proviene del universo de la cárcel  dónde dormir sin tener los pies atados, encadenados, a veces con un lastre era un regalo sin igual….en francés se diría por ejemplo “dormir à poings fermés” (con los puños cerrados, no precisamente un signo de relajo, ¿no?) o bien “dormir sur ses deux oreilles” (con las dos orejas, cosa imposible, héhé). Nada es perfecto.

 

« Hacer la vista gorda » : Ici une courte histoire d’antan. Jeune et fraîchement arrivée en Espagne avec une vieille Dyane, voilà qu’un douanier m’attrape, me dit que j’aurais dû changer la plaque belge depuis 2 mois, enfin, qu’il me donne une semaine et qu’entre-temps il fera « la vista gorda ».

Je comprends les mots, vista = vue et gorda=grosse…il va faire la grosse vue ? Je suis perplexe mais ris sous cape car une image s’installe dans ma tête : le même douanier avec des lunettes aux verres si épais qu’il ne voit rien. Presque.

L’expression veut dire : faire comme si on ne voyait pas, détourner la vue.

 

…aquí una corta historia de antaño. Joven y recién llegada a España en un viejo Dyane, un aduanero me atrapó y me leyó la cartilla: hubiera tenido que cambiar la matrícula belga desde hacía 2 meses, pero que bueno, me daba una semana y mientras haría la vista gorda.

Yo entendía las palabras “vista” y “gorda”…pero juntas, ¿qué diablos querían decir? Me quedé perpleja pero riéndome por lo bajo ya que una imagen se instaló en mi cabeza: la del mismo aduanero con unas gafas con cristales tan espesos que no podía ver nada. Casi.

                         Fin de curso 005.jpg

“No todo el monte es orégano”.

 Oh qu’elle sent bon celle-ci, un mont couvert d’origan, on fonce !

D’après Wiki « Le mot « origan » est issu du grec ρίγανον / origanon, signifiant « qui se plaît sur la montagne », composé de ρος / oros « montagne » et γάνος / ganos « éclat, aspect riant » ; pour les anciens cette plante avait une grande valeur car elle était un remède, une solution à tous les maux.

Donc voilà que si le mont  n’est pas entièrement couvert, on va y trouver des difficultés, des contrariétés. Avouez que « Tout le mont n’est pas origan » est franchement plus porteur d’images que….hum, je pensais à  « Tout n’est pas rose ».

 

Oh, ¡qué bien huele esta, un monte recubierto de orégano, allá vamos!

Según Wiki la palabra « origan » proviene del griego ρίγανον / origanon, que significa « que disfruta en la montaña », compuesta de ρος / oros « montaña » y γάνος / ganos « destello, aspecto risueño » . Para los antiguos esta planta tenía un gran valor ya que era un remedio, una solución a nuestros males.

En francés se diría…hum, por ejemplo, “no todo es de color rosa”, que es menos evocador, ¿no?

 

 

Illustrations. 1) Nu à la fenêtre de Daniel Vazquez Diaz 1939

2) Photo Colo

08/10/2011

Dans la brume / En la niebla

Puigpunyent 027.jpg

Brumes matinales sur la route qui mène chez moi; Platero s'y plairait bien, non?
Car c'est de lui, enfin plutôt des cruelles facéties et désirs de notoriété de Dalí et Buñuel que nous allons parler aujourd'hui. Je vous l'avais annoncé.

 

 

L’affaire Platero / El asunto Platero

« Platero y yo » de Juan Ramón Jiménez. Une première édition partielle, comprenant 63 chapitres, est publiée à Madrid en 1914, dans une édition pour la jeunesse. L’édition intégrale sortit en 1917, connut un immense succès et devint livre de lectures scolaires dès 1920.

« PLatero y yo » de Juan Ramón Jiménez: una primera edición parcial, conteniendo 63 capítulos, se publicó en Madrid en 1914, en una edición juvenil. La edición integral salió en 1917, tuvo un inmenso éxito y  fue una lectura escolar desde 1020.

 

« L’affaire » se passe en 1928. Juan Ramón Jiménez est déjà un auteur et poète reconnu.

« El asunto » tuvo lugar en 1928. J.R.Jiménez ya es un autor y poeta reconocido.

 

Dalí et Buñuel, âgés de 24 et 28 ans se connaissent depuis longtemps ; ils ont pour objectif, entre autres,  de moderniser la poésie et avaient, c’est bien curieux,  développé depuis l’enfance une obsession  pour  les ânes pourris, (sujet que l’on retrouve sous la forme de têtes d’ânes morts sur un piano dans le grand classique du cinéma surréaliste « Un chien andalou »).

un_perro_andaluz burro.jpg

 

Dalí y Buñuel de 24 y 28 años se conocen desde hace tiempo; tienen por objetivo, entre otros, modernizar la poesía y ambos tenían, hecho curioso, una obsesión por los burros podridos (tema que de encuentra bajo la forma de cabezas de burros muertos en un piano en el gran clásico del cine surrealista “Un perro andaluz”).

 

Un jour, Mr Jiménez reçoit la terrible lettre suivante :

Un día, el Señor Jiménez recibe la terrible carta siguiente:

 

Lettre de Luis Buñuel y Salvador Dalí à Juan Ramón Jiménez (1928)

Mr Juan Ramón Jiménez

Madrid

Notre cher ami. Nous pensons qu’il est de notre devoir de vous dire –oui, de façon désintéressée- que votre œuvre nous répugne profondément car immorale, car hystérique, car cadavérique, car arbitraire.

 

Spécialement :

 

MERDE !!

 

pour votre Platero et moi, pour votre facile et malintentionné Platero et moi,  l’âne le moins âne, l’âne le plus odieux que nous ayons rencontré.

 

Et pour vous, pour votre funeste actuation, aussi :

 

MERDE !!!

 

Sincèrement.

 

LUIS BUÑUEL SALVADOR DALÍ

 

 

 

Carta de Luis Buñuel y Salvador Dalí a Juan Ramón Jiménez (1928)

Sr. Dn. Juan Ramón Jiménez

Madrid

Nuestro distinguido amigo: Nos creemos en el deber de decirle -sí, desinteresadamente- que su obra nos repugna profundamente por inmoral, por histérica, por cadavérica, por arbitraria.

Especialmente:

¡¡MERDE!!

para su Platero y yo, para su fácil y malintencionado Platero y yo, el burro menos burro, el burro más odioso con que nos hemos tropezado.

Y para Vd., para su funesta actuación, también:

¡¡¡¡MIERDA!!!!

Sinceramente

LUIS BUÑUEL SALVADOR DALÍ

[Agustín Sánchez Vidal, Buñuel, Lorca, Dalí: el enigma sin fin, Barcelona: Planeta, 1988, p. 189.]

 

Vous imaginez l’étonnement, la  peine aussi de cet homme si sensible.

Dalí nous donne, dans son style caractéristique, une explication de la lettre, la voici.

Os podéis imaginar la sorpresa, la pena también de ese hombre tan sensible.

Dalí nos da una explicación de la carta, aquí está:

juanramon.jpg

 

"A ce moment nous voulions envoyer, pour créer une sorte de subversion morale, une lettre à la personne la plus prestigieuse d’Espagne, uniquement pour provoquer une réaction et que les gens disent : « Pourquoi l’ont-ils fait ? » et tout ça. Nous en avions alors choisi deux ou trois, nous avions pensé à Falla * qui jouissait déjà d’un grand prestige, pour lui dire qu’il était un fils de pute, etc…le pire qu’on puisse dire ; nous les avons mis dans un chapeau (les noms) , et Juan Ramón Jiménez est sorti.

 

Nous venions justement de rendre visite la veille à J.R. Jiménez qui nous avait reçus sentimentalement : « Voyons cette merveilleuse jeunesse… », et il dit avoir rencontré des jeunes gens magnifiques dans notre groupe.

 

Alors, il sort du chapeau et nous écrivons la lettre, qui était une lettre terrible contre Platero, que l’âne de Platero était un âne pourri, que cette histoire d’étoiles était du sentimentalisme… ; en plus, c’est vrai, je n’ai jamais aimé Juan Ramón Jiménez, je trouve que c’est un très mauvais poète. Au moment de poster la lettre, Buñuel a eu un doute, mais il la posta, nous la postâmes, et le jour suivant Juan Ramón a été malade, il disait : » Je ne comprends pas, la veille je reçois ces jeunes gens ; ils me semblent…et le jour d’après ils m’insultent de la façon la plus grossière… » Et il n’a jamais compris. C’était une chose incompréhensible."

(Traductions Colette)

 

"En aquel momento queríamos mandar, para crear una especie de subversión moral, una carta a la persona más prestigiosa de España, únicamente para provocar una reacción y que la gente dijera: "¿Por qué lo han hecho?", y tal y cual. Entonces habíamos escogido dos o tres, y habíamos pensado en Falla, que tenía un gran prestigio, para decirle que era un hijo de puta, etc.: lo más que se puede decir; los pusimos en un sombrero (los nombres), y salió Juan Ramón Jiménez.

 

Justamente acabábamos de visitar a Juan Ramón el día anterior, que nos había recibido sentimentalmente: "A ver, esa juventud maravillosa...", y dijo haber encontrado unos chicos magníficos en nuestro grupo.

 

Entonces, sale en el sombrero y escribimos la carta, que era una carta terrible contra Platero, que el asno de Platero era un asno podrido, aquello de las estrellas era un sentimentalismo...; además, es verdad, a mí nunca me ha gustado Juan Ramón Jiménez, encuentro que es un poeta pésimo. En el momento de echar la carta, Buñuel tuvo una duda, pero la echó, la echamos, y al día siguiente Juan Ramón estuvo enfermo, diciendo: "No comprendo, un día antes recibo a estos chicos; me parecen... Y al día siguiente me insultan de la manera más grosera..." Y no lo comprendió nunca. Fue una cosa incomprensible."

[Agustín Sánchez Vidal, Buñuel, Lorca, Dalí: el enigma sin fin, Barcelona: Planeta, 1988, pp. 191-192.]

 

*Falla : il fait référence à Manuel de Falla : http://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_de_Falla

Source / Fuente : http://www.udc.es/tempo/cuestions20/docs_surr08.html#jrj

 

14/08/2011

"Traverser...l'illusion tenace d'être quelque chose" / "Traspasar...el trompo ubicuo de ser algo"

«  C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité de vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe. »

 

Philippe Delerm

Extrait de La Première Gorgée de bière

 

“Sorprende todo lo que la voz sola puede decir de una persona que queremos – su tristeza, su cansancio, su fragilidad, su intensidad de vivir, su alegría. Sin los gestos, el pudor desaparece, la transparencia se instala.”

IMG_0153.jpg

 

Inaugurer la transparence

 

 

Inaugurer la transparence,

voir à travers un corps, une idée,

un amour, la folie,

distinguer sans obstacle l'autre côté,

traverser de part en part

l'illusion tenace d'être quelque chose.

non seulement pénétrer du regard dans la roche

mais ressortir aussi par son envers.

 

Et plus encore:

Inaugurer la transparence

c'est abolir un côté et l'autre

et trouver enfin le centre.

Et c'est pouvoir suspendre la quête

parce qu'elle n'est plus nécessaire,

parce qu'une chose cesse d'être interférence

parce que l'au-delà et l'en deçà se sont unis;

 

Inaugurer la transparence

c'est te découvrir à ta place

 

ROBERTO JUARROZ

Poésie Vertical

 

 

 

Inaugurar la tranparencia

 

 

 

Inaugurara la transparencia.

Ver a través de un cuerpo, de una idea,Lucien Levy-Dhurmer portrait de Mademoiselle Carlier.jpg

de un amor, de la locura,

divisar sin estorbos el otro lado,

traspasar de parte a parte

el trompo ubicuo de ser algo.

No sólo penetrar con el ojo la roca

sino también salir por su revés.

 

Y algo más todavía ;

inaugurar la transparencia

es abolir un lado y el otro

y encontrar por fin el centro.

Y es poder no seguir

porque ya no es preciso,

porque una cosa deja de ser interferencia

porque el más allá y el más aca se han unido.

 

Inaugurar la transparencia

es hallarte en tu sitio.

Armando 1.jpg

 

 

 

Vieillir, c'est découvrir la transparence, brûler les frontières, fondre les limites, abattre les paravents... Y a-t-il plus passionnant voyage que celui de la vie ?  

 

Maria Casarès

Extrait de Résidence privilégiée

Envejecer, es descubrir la transparencia, quemar las fronteras, diluir los límites, derribar las mamparas… ¿Existe algún viaje más apasionante que el de la vida?

 

 Photos:1) Toile et photo Ken Orton (Thanks a lot!)

            2) Toile de  Lucien Levy-Dhurmer / Portait de Mlle Carlier

          3) Photo Armando Ribeiro (¡Gracias!)

 

 

 

 

28/05/2011

Un cumul d'indignations, allons! /Un cúmulo de indignaciones, ¡vamos!

                          Para qué vivir tan separados                             
Si la tierra nos quiere juntar
Si este mundo es uno y para todos
Todos juntos vamos a vivir

 

(Todos juntos- Las Jaivas, Chile)    

                             

Pourquoi vivre si séparés

Si la terre veut nous réunir

Si ce monde est un et pour tous

Tous ensemble nous allons vivre.

 

mayo 2011 007.jpg

L'indignation, la juste et vraie indignation, ce sentiment plus subtil que la colère, j'ai essayé de la cerner et j'ai trouvé ceci: 

"La plus belle interprétation que l'on puisse donner de ce sentiment  est celle que Platon présente dans un mythe sous le nom de réminiscence. Avant de s'incarner dans notre corps, notre âme a séjourné dans un lieu divin où elle a pu contempler la justice parfaite. Elle en a conservé un souvenir trop faible pour rendre l'injustice impossible, mais assez fort pour rendre le spectacle de l'injustice intolérable." http://agora.qc.ca/dossiers/Indignation

 

La indignación, la justa y verdadera indignación, ese sentimiento más sútil que la cólera, intenté cercarla y he aquí lo que encontré:

"La más bella interpretación que se puede dar de este sentimiento es la que Platón presenta en un mito bajo el nombre de reminiscencia. Antes de encarnarse en nuestro cuerpo, nuestra alma ha morado en un lugar divino donde ha podido contemplar la justicia perfecta. De ello ha conservado un recuerdo demasiado débil para hacer que la injusticia sea imposible, pero bastante fuerte para hacer que el espectáculo de la injusticia sea intolerable." (Trad Colette) http://agora.qc.ca/dossiers/Indignation

 

1525831_3_960a_des-manifestants-place-de-la-puerta-del-sol-a.jpg

 

La cause est juste; ne pas avoir peur, ne jamais se décourager.

 

"Allons, ne craignons rien. Notre avenir bien qu’incertain réserve bien des miracles. Ne craignons rien et soyons solidaires. Nous ne croyons ni aux étendards ni aux frontières. Nous croyons aux paroles et aux accolades. Nous pensons que nous sommes frères. Le monde est là : terre, mers, océans et ciel et nous. (…) Et nous sommes la vie.

 

Allons, ne craignons rien. Faisons en sorte que notre courage ne s’épuise pas. Ne baissons jamais les bras. Nos bras sont levés au ciel et pleins de force. Ce sont des bras de bâtisseurs." (…)

LA VIE Fabrice Caravaca.

 

La causa es justa; no temer nada, no desanimarse nunca.

 

"Vamos, no temamos nada. Aunque incierto, nuestro porvenir nos guarda muchos milagros. No temamos nada y seamos solidarios. No creemos ni en las banderas ni en las fronteras. Creemos en las palabras y en los abrazos. Pensamos que somos hermanos. El mundo está allí: tierra, mares, océanos y cielo y nosotros. (…) Y somos la vida.

 

Vamos, no temamos nada. Procuremos que nuestro ánimo no se agote. No bajemos nunca los brazos. Nuestros brazos están alzados hacia el cielo y llenos de fuerza. Son brazos de edificadores." (…)

LA VIDA Fabrice Caravaca. (Trad. Colette)