03/03/2012

"Oubliés" sur l'île de Cabrera / "Olvidados" en la isla de Cabrera

À 15km du sud de l'île de Majorque, l'archipel de Cabrera dont l'île la plus grande du même nom est un havre de paix et de beauté.

Grâce à l'occupation militaire depuis 1916, il n'y a là âme qui vive, pas de touristes non plus. De plus cette mini île de 15,69km2 a été déclarée en 1991 Parque Nacional Maritimo Terrestre.

Flore et faune endémiques, magnifiques, il faut demander la permission pour s'y rendre, – au maximum une journée – et bien sûr la chasse et la pêche y sont interdites. Un paradis.

 

Cabrera parque natural ultima hora.jpg

 

A unos 15km al sur de la isla de Mallorca, el archipiélago de Cabrera y la isla mayor del mismo nombre es un remanso de paz y belleza.

Gracias a la ocupación militar a partir de 1916, no hay allí alma viva ni turistas.

Además esa mini isla de 15,69km2 fue declarada en 1991 Parque Nacional Marítimo y Terrestre.

Flora y fauna endémicas, magníficas, hay que pedir permiso para pasar un día allí y, claro está, la pesca y la caza están prohibidos. Un paraíso.

 

Et rien, ou presque, ne laisse deviner la «tragédie inhumaine» qui s'y déroula pendant les cinq ans où l'île fut transformée en prison, «le premier camp de concentration de l'Histoire».

Les prisonniers, sans prison ni barreaux, étaient des grognards, soldats français de l'armée de Napoléon. Voici le récit, en grandes lignes de cinq ans en enfer.

grognards cabrera.jpg

 

Y nada, o casi, deja adivinar la “tragedia inhumana” que tuvo lugar allí durante los cinco años donde la isla fue trasformada en cárcel “el primer campo de concentración de la Historia”.

Los presos, sin cárcel ni barrotes, eran grognards, soldados franceses del ejército de Napoleón. Aquí el relato, en grandes lineas, de cinco años en el infierno.

 

 

Après la défaite de l'armée française lors de la bataille de Bailén (guerre d'Indépendance Espagnole 1808), plus ou moins 18.000 soldats français furent faits prisonniers. Les plus haut gradés furent renvoyés (et fort mal reçus par Napoléon!) en France; 4.000 furent embarqués pour les îles Canaries où ils s'intégrèrent peu à peu aux habitants et le reste, 9.000...ah, les malheureux!

En principe ils allaient être envoyés en France, échangés contre des prisonniers espagnols, mais ceci ne se fit pas (en partie à cause des Anglais) et ils restèrent d'abord confinés dans des bateaux au large de Cadix (maladies à bord, ...), puis ils partirent enfin: espoir de revoir leur pays.

Mais hélas leur voyage se terminera aux Baléares. Mallorca ne voulut pas d'eux, prétextant un manque d'infrastructures pour les accueillir; les Anglais qui occupaient Menorca non plus, alors on les abandonna sur l'île de Cabrera, l'île aux chèvres.

 

Carte_Majorque.jpgDespués de la derrota del ejército francés en la batalla de Bailén (guerra de Independencia española 1808), unos 18.000soldados franceses fueron hechos presos.

Los de mayor fueron devueltos (¡y muy mal acogidos por Napoleón!) a Francia; 4.000 fueron embarcados para las islas Canarias donde se integraron poco a poco a la población y el resto, 9.000...¡pobres desgraciados!

Se suponía que se les iba a llevar a Francia e intercambiar por presos españoles, pero eso no se hizo(en parte por culpa de los Ingleses) y se quedaron primero hacinados en unos buques a lo largo de Cádiz (enfermedades a bordo...), y por fin zarparon: esperanza de volver a su país.

Pero por desgracia acabaron en Baleares. Mallorca no les quiso, alegando falta de infraestructuras para acogerlos; los Ingleses que ocupaban Menorca tampoco los quiso, entonces se decidió abandonarlos en la isla de Cabrera, la isla de las cabras.

 

Beaucoup étaient déjà atteints de dysenterie et l'euphorie de se retrouver en terre ferme disparut rapidement en découvrant le manque quasi total de ressources en eau douce et nourriture.

En principe un bateau venant de Majorque devait les ravitailler tous les quatre jours, mais suite à de nombreuses péripéties, ils ont été très souvent «oubliés», une fois même pendant deux mois, sur leur île-prison.

Folie, famine, tous les maux imaginables et inimaginables comme, semble-t-il le cannibalisme et la coprophagie s'emparèrent des prisonniers au cours des cinq ans que dura cet enfer.

Car ce n'est qu'en 1814 après la signature d'un traité de paix que les quelque 3.000 survivants furent rapatriés.

Et certains ont raconté.

 

les prisonniers de Cabrera livre.gif

 

 

Muchos de ellos padecían disentería y la euforia de encontrarse en tierra firme desapareció rápidamente al descubrir la carencia casi total de recursos en agua dulce y comida.

En principio un barco procedente de Mallorca debía abastecerles cada cuatro días, pero debido a diversas peripecias, eran “olvidados”, una vez incluso durante dos meses, en su isla-cárcel.

Locura, hambruna, todos los males imaginables e inimaginables como, parece ser, el canibalismo y la coprofagia, se apoderaron de los presos en el curso de los cinco años que duró aquel infierno.

Sólo fue en 1814 con la firma de un tratado de paz que los 3.000 sobrevivientes fueron repatriados.

Y algunos han contado.

 

Cuando-el-padre-nos-olvida.png

NB: Les chiffres de prisonniers cités varient d'une source à l'autre et je me suis limitée à vous raconter ce mortel cauchemar de façon très succincte, mais vous pourrez lire l'histoire en détails à diverses adresses, par exemple :

http://lesapn.forumactif.fr/t7352-les-grognards-de-cabrera

http://desaix.unblog.fr/2007/11/10/page-sombre-au-coeur-de-lepopee-napoleonienne/

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-31853181.html

 

NB: Las cifras de presos varían según las fuentes y me he limitado a contar esa mortal pesadilla de manera muy sucinta, pero podéis leer la historia con todo detalles en varios sitios, por ejemplo:

http://historiasdelahistoria.com/2011/01/21/memorias-de-un-prisionero-frances-en-la-isla-de-cabrera/

http://abelgalois.blogspot.com/2007/03/lost-en-cabrera-el-cementerio-de-los.html

 

11/02/2012

Ce qu'il me reste à vivre / Lo que me queda por vivir

C'est le titre du dernier roman d'Elvira Lindo. Du moins je le suppose, car, à ma connaissance, il n’est pas encore traduit en français.

Je ne vais donc pas vous raconter toute l'histoire, mais vous situer les courts passages que j'ai traduits.

Une jeune femme, Antonia, vit à Madrid où elle élève seule son fils de quatre ans. Loin de son village natal. Les temps changent vite en cette période post- franquiste et ce beau et profond roman alterne souvenirs et portraits - dont certains, des femmes qui ont entouré son enfance, – et sa vie «en ville» avec son fils, son complice.

Le fil conducteur, du moins l’un d’eux, celui qui m’a le plus frappée, est le thème de la loyauté envers nos propres désirs.

 

Es el título de la última novela de Elvira Lindo.

Encontraréis aquí una reseña por Juan Cruz mil veces mejor que cualquier cosa que yo pueda escribir.

Os copio aquí unos párrafos que expresan lo que me pareció ser el hilo conductor, o uno de ellos, de la novela: la lealtad a nuestros propios deseos.

 

Il y a toujours un moment où tout aurait pu être évité, pense-t-on après. Surtout ce qu'on a commencé sans beaucoup de conviction, plus pour des motifs fantaisistes que pour ce qu'on avait vraiment là, devant nos yeux. Mais qui veut voir ce qui est devant ses yeux, qui est disposé à admettre qu'en réalité aucune connexion n'est possible. (…)

La jeunesse, si encline à la témérité, devient soudain conservatrice et renonce à ses rêves, se conforme au premier amour qu’elle a connu. Peut-être est-ce là la façon la plus tordue d'être téméraire.

Combien on parle et on écrit sur ces couples où les conjoints sont ancrés au malheur durant toute une vie, et combien peu de tous ces couples jeunes qui, sans plus de liens qu'une fidélité mal comprise, se livrent docilement à l'ennui de samedis et dimanches interminables.(...)

...Et au milieu se trouvent les amis qui, à cet âge où tu ne connais d'autre morale que celle dictée par tes pairs, se transforment en gardiens d'un malheur de façon plus implacable que ne le fera plus tard la famille même. (..)

Qu’il était et est difficile de trahir le groupe et qu'il est facile d'être déloyal envers soi-même.

La déloyauté à soi-même ne se remarque généralement pas dans le présent, elle se camoufle en mal- être; en anxiété diffuse, car ces sensations sont bien plus aisées à supporter. Moi je n'ai jamais fini d'identifier ce qui n'était rien de plus qu'une trahison à mes désirs.»

Trad : Colette

Siempre hay un momento en el que todo podía haberse evitado, se piensa luego. Sobre todo en aquello que se comenzó sin mucho convencimiento, más por motivos fantasiosos que por lo que se tenía de verdad delante de los ojos. Pero quién quiere ver lo que está delante de los ojos, quién está dispuesto a admitir que en realidad no hay posible conexión. (…)

La juventud, tan proclive a la temeridad, de pronto se vuelve conservadora y renuncia a sus sueños, se conforma con el primer amor que ha conocido. A lo mejor sea ésa la manera más retorcida de ser temerario.

Cuánto se habla y se escribe sobre esos matrimonios en los que los cónyuges están aferrados a la infelicidad durante todo una vida, y qué poco de todas esas parejas jóvenes que, sin mayores lazos que una fidelidad mal entendida, se entregan dócilmente al aburrimiento de unos sábados y unos domingos larguísimos, (…)

...Y por medio andan los amigos que, en esa edad en la que no entiendes nada más moral que la que te dictan tus iguales, se convierten en guardianes de una infelicidad de manera más implacable que la que en un futuro ejercerá la propia familia.. (…)

Qué difícil era y es traicionar al grupo y qué fácil ser desleal con uno mismo. La deslealtad a uno mismo no se suele advertir en el presente, se camufla de malestar; de ansiedad difusa, porque éstas son sensaciones mucho más fáciles de sobrellevar. Yo nunca acabé de identificar aquello que no era más que una traición a mis deseos.”

Lo que me queda por vivir, Elvira Lindo, Ed:Seix Barral p50-51.

 

21/01/2012

La douleur d'autrui / El dolor ajeno

Rouge avec des lettres blanches, la boite est en vente dans les pharmacies en Espagne.

Médicaments contre la douleur d'autrui”

6 bonbons menthe-eucaliptus sans sucre 1€

Médecins sans Frontières

 

Roja con letras blancas, la caja está en venta en las farmacias en España.

«Pastillas contra el dolor ajeno»

6 caramelos mentol-eucalipto sin azúcar 1€

Médicos sin fronteras

 

IMG_0642.JPG

Cette campagne lancée par MSF, comment y être indifférents?

La douleur des autres...

Sur le prospectus, de forme et présentation égales à celles de nos médicaments, cette note:

Dans le premier monde, si tu as mal quelque part, il y a des médicaments pour soulager presque chaque douleur.Mais...Que se passe-t-il si ce qui te fait souffrir est la douleur d'autrui? La douleur de ceux qui n'ont pas de médicaments pour soigner leur souffrance? N'est-ce pas magnifique que, nous qui avons des pilules pour presque tout, puissions en prendre une pour calmer la douleur de ceux qui n'en ont pas?”

Esta campaña lanzada por MSF, ¿cómo quedarse indiferentes a ella?

El dolor ajeno...

En el prospecto, de forma y presentación igual a las de nuestras medicinas, esta nota:

« En el primer mundo, si te duele algo, hay pastillas para mitigar casi cualquier dolor. Pero...¿Qué pasa si lo que te duele es el dolor ajeno, el dolor de los que no tienen pastillas para curar su sufrimiento? No es genial que, nosotros que tenemos pastillas para casi todo, podamos tomar una para calmar el dolor de los que no tienen? »

 

6 bombons qui correspondent à 6 maladies, curables ou rares sur notre continent, mais bien vivantes ailleurs: la maladie du sommeil, la malaria, la tuberculose, le sida infantile, le Kala azar, la maladie de Chagas.

De nombreuses personnalités médiatiques de tous bords ont participé à la campagne comme le chanteur très populaire Alejandro Sanz , et ici  aussi sur la vidéo, prenant «un médicament»:
Andrés Iniesta, Pilar Bardem, Andreu Buenafuente, Pau Donés, Cayetana Guillén Cuervo, Estopa, Xabi Alonso, Fernando Tejero, Eduard Punset, Edurne Pasaban, Manel Fuentes, Ferrán Adría, Nuria Espert, Juan José Millas.

6 caramelos, que corresponden a 6 enfermedades, curables o raras en nuestro continente, pero bien vivas en otras partes : la enfermedad del sueño, la malaria, la tuberculosis, el sida infantil, el Kala azar, la enfermedad de Chagas.

Numerosas personalidades mediáticas de varios aéreas han participado a la campaña como el cantante muy popular Alejandro Sanz y, aquí en el vídeo, tomándose una «medicina» (ver arriba)

 

 

La participation qui m'a le plus touchée est celle du directeur de cinéma Luís García Berlanga:

La participación que más me comovió es la del director de cine Luís García Berlanga:

 

Voici le site officiel (en español): http://www.pastillascontraeldolorajeno.com

 

Et la vidéo de lancement de MSF:

 


Il me tenait à cœur d'en parler ici. Me sentía inclinada a hablar de eso aquí.

 

12/11/2011

Je suis une pause / Soy una pausa

Entre partir et rester

Entre partir et rester doute le jour,
amoureux de sa transparence.
...

Tout est visible et tout est évasif,
tout est près et tout est intouchable.

Les papiers, le livre, le verre, le crayon
reposent à l'ombre de leurs noms.
...

L’instant se dissipe. Sans bouger,
je reste et je pars: je suis une pause.


(Trad. Colette)

Octavio Paz.

ciel noir 1.jpg

Entre irse y quedarse

Entre irse y quedarese duda el día,
enamorado de su transparencia.
...

Todo es visible y todo es elusivo,

todo está cerca y todo es intocable.


Los papeles, el libro, el vaso, el lápiz

reposan a la sombra de sus nombres.
...

Se disipa el instante. Sin moverme,
yo me quedo y me voy: soy una pausa.

Octavio Paz.

Faire une pause, m'envoler pour quelques jours;
quand on vit sur une île, tout déplacement est un voyage.
Je vous retrouverai vers la fin du mois et " vous souhaite le meilleur", comme on dit en espagnol.
Tomar una pausa, coger el vuelo por unos días;
cuando se vive en una isla, cada desplazamiento es un viaje.
Nos volveremos a encontrar a final de mes, os deseo lo mejor.


Photo: OM, merci!

22/10/2011

Une jambe dans l'origan / Una pierna en el orégano

Tout le monde sait que la partie la plus délicate à manier dans une langue étrangère est celle des expressions. Une fois bien comprises, - il en faut du temps ! -, les placer à bon escient dans la conversation tient de la haute voltige. Combien de crises d’hilarité provoquées ?

Enfin, je vous propose aujourd’hui trois expressions courantes fort savoureuses, imagées, enfin qui me plaisent.

Todo el mundo sabe que la parte más delicada de manejar en un idioma extranjero es la de las frases hechas. Una vez bien entendidas, - ¡cuánto tiempo se necesita! – colocarlas adecuadamente en una conversación tiene algo de malabarismo. ¿Cuántas crisis de hilaridad han provocado?

En fin, hoy os propongo tres expresiones corrientes muy sabrosas, llenas de imágenes, que me gustan. 

 

 

«Dormir a pierna suelta » veut dire littéralement dormir à jambe détendue, relax, jambe au singulier, notez bien.

Il semblerait que cette expression vienne de l’univers carcéral où dormir sans les pieds attachés, enchaînés, avec parfois un boulet, était un cadeau sans prix….l’occasion de dormir « à poings fermés » (pas vraiment un signe de détente, oui ?) ou « sur ses deux oreilles » (chose impossible me signale-t-on ici) ; rien n’est parfait.

Bref, dormir a pierna suelta, c’est dormir profondément.

vazquez díaz.desnudo en la ventana.jpg

 

…quiere decir, literalmente, dormir con una pierna relajada, pierna en singular. ¡Curioso!

Parece ser que esa  expresión proviene del universo de la cárcel  dónde dormir sin tener los pies atados, encadenados, a veces con un lastre era un regalo sin igual….en francés se diría por ejemplo “dormir à poings fermés” (con los puños cerrados, no precisamente un signo de relajo, ¿no?) o bien “dormir sur ses deux oreilles” (con las dos orejas, cosa imposible, héhé). Nada es perfecto.

 

« Hacer la vista gorda » : Ici une courte histoire d’antan. Jeune et fraîchement arrivée en Espagne avec une vieille Dyane, voilà qu’un douanier m’attrape, me dit que j’aurais dû changer la plaque belge depuis 2 mois, enfin, qu’il me donne une semaine et qu’entre-temps il fera « la vista gorda ».

Je comprends les mots, vista = vue et gorda=grosse…il va faire la grosse vue ? Je suis perplexe mais ris sous cape car une image s’installe dans ma tête : le même douanier avec des lunettes aux verres si épais qu’il ne voit rien. Presque.

L’expression veut dire : faire comme si on ne voyait pas, détourner la vue.

 

…aquí una corta historia de antaño. Joven y recién llegada a España en un viejo Dyane, un aduanero me atrapó y me leyó la cartilla: hubiera tenido que cambiar la matrícula belga desde hacía 2 meses, pero que bueno, me daba una semana y mientras haría la vista gorda.

Yo entendía las palabras “vista” y “gorda”…pero juntas, ¿qué diablos querían decir? Me quedé perpleja pero riéndome por lo bajo ya que una imagen se instaló en mi cabeza: la del mismo aduanero con unas gafas con cristales tan espesos que no podía ver nada. Casi.

                         Fin de curso 005.jpg

“No todo el monte es orégano”.

 Oh qu’elle sent bon celle-ci, un mont couvert d’origan, on fonce !

D’après Wiki « Le mot « origan » est issu du grec ρίγανον / origanon, signifiant « qui se plaît sur la montagne », composé de ρος / oros « montagne » et γάνος / ganos « éclat, aspect riant » ; pour les anciens cette plante avait une grande valeur car elle était un remède, une solution à tous les maux.

Donc voilà que si le mont  n’est pas entièrement couvert, on va y trouver des difficultés, des contrariétés. Avouez que « Tout le mont n’est pas origan » est franchement plus porteur d’images que….hum, je pensais à  « Tout n’est pas rose ».

 

Oh, ¡qué bien huele esta, un monte recubierto de orégano, allá vamos!

Según Wiki la palabra « origan » proviene del griego ρίγανον / origanon, que significa « que disfruta en la montaña », compuesta de ρος / oros « montaña » y γάνος / ganos « destello, aspecto risueño » . Para los antiguos esta planta tenía un gran valor ya que era un remedio, una solución a nuestros males.

En francés se diría…hum, por ejemplo, “no todo es de color rosa”, que es menos evocador, ¿no?

 

 

Illustrations. 1) Nu à la fenêtre de Daniel Vazquez Diaz 1939

2) Photo Colo

08/10/2011

Dans la brume / En la niebla

Puigpunyent 027.jpg

Brumes matinales sur la route qui mène chez moi; Platero s'y plairait bien, non?
Car c'est de lui, enfin plutôt des cruelles facéties et désirs de notoriété de Dalí et Buñuel que nous allons parler aujourd'hui. Je vous l'avais annoncé.

 

 

L’affaire Platero / El asunto Platero

« Platero y yo » de Juan Ramón Jiménez. Une première édition partielle, comprenant 63 chapitres, est publiée à Madrid en 1914, dans une édition pour la jeunesse. L’édition intégrale sortit en 1917, connut un immense succès et devint livre de lectures scolaires dès 1920.

« PLatero y yo » de Juan Ramón Jiménez: una primera edición parcial, conteniendo 63 capítulos, se publicó en Madrid en 1914, en una edición juvenil. La edición integral salió en 1917, tuvo un inmenso éxito y  fue una lectura escolar desde 1020.

 

« L’affaire » se passe en 1928. Juan Ramón Jiménez est déjà un auteur et poète reconnu.

« El asunto » tuvo lugar en 1928. J.R.Jiménez ya es un autor y poeta reconocido.

 

Dalí et Buñuel, âgés de 24 et 28 ans se connaissent depuis longtemps ; ils ont pour objectif, entre autres,  de moderniser la poésie et avaient, c’est bien curieux,  développé depuis l’enfance une obsession  pour  les ânes pourris, (sujet que l’on retrouve sous la forme de têtes d’ânes morts sur un piano dans le grand classique du cinéma surréaliste « Un chien andalou »).

un_perro_andaluz burro.jpg

 

Dalí y Buñuel de 24 y 28 años se conocen desde hace tiempo; tienen por objetivo, entre otros, modernizar la poesía y ambos tenían, hecho curioso, una obsesión por los burros podridos (tema que de encuentra bajo la forma de cabezas de burros muertos en un piano en el gran clásico del cine surrealista “Un perro andaluz”).

 

Un jour, Mr Jiménez reçoit la terrible lettre suivante :

Un día, el Señor Jiménez recibe la terrible carta siguiente:

 

Lettre de Luis Buñuel y Salvador Dalí à Juan Ramón Jiménez (1928)

Mr Juan Ramón Jiménez

Madrid

Notre cher ami. Nous pensons qu’il est de notre devoir de vous dire –oui, de façon désintéressée- que votre œuvre nous répugne profondément car immorale, car hystérique, car cadavérique, car arbitraire.

 

Spécialement :

 

MERDE !!

 

pour votre Platero et moi, pour votre facile et malintentionné Platero et moi,  l’âne le moins âne, l’âne le plus odieux que nous ayons rencontré.

 

Et pour vous, pour votre funeste actuation, aussi :

 

MERDE !!!

 

Sincèrement.

 

LUIS BUÑUEL SALVADOR DALÍ

 

 

 

Carta de Luis Buñuel y Salvador Dalí a Juan Ramón Jiménez (1928)

Sr. Dn. Juan Ramón Jiménez

Madrid

Nuestro distinguido amigo: Nos creemos en el deber de decirle -sí, desinteresadamente- que su obra nos repugna profundamente por inmoral, por histérica, por cadavérica, por arbitraria.

Especialmente:

¡¡MERDE!!

para su Platero y yo, para su fácil y malintencionado Platero y yo, el burro menos burro, el burro más odioso con que nos hemos tropezado.

Y para Vd., para su funesta actuación, también:

¡¡¡¡MIERDA!!!!

Sinceramente

LUIS BUÑUEL SALVADOR DALÍ

[Agustín Sánchez Vidal, Buñuel, Lorca, Dalí: el enigma sin fin, Barcelona: Planeta, 1988, p. 189.]

 

Vous imaginez l’étonnement, la  peine aussi de cet homme si sensible.

Dalí nous donne, dans son style caractéristique, une explication de la lettre, la voici.

Os podéis imaginar la sorpresa, la pena también de ese hombre tan sensible.

Dalí nos da una explicación de la carta, aquí está:

juanramon.jpg

 

"A ce moment nous voulions envoyer, pour créer une sorte de subversion morale, une lettre à la personne la plus prestigieuse d’Espagne, uniquement pour provoquer une réaction et que les gens disent : « Pourquoi l’ont-ils fait ? » et tout ça. Nous en avions alors choisi deux ou trois, nous avions pensé à Falla * qui jouissait déjà d’un grand prestige, pour lui dire qu’il était un fils de pute, etc…le pire qu’on puisse dire ; nous les avons mis dans un chapeau (les noms) , et Juan Ramón Jiménez est sorti.

 

Nous venions justement de rendre visite la veille à J.R. Jiménez qui nous avait reçus sentimentalement : « Voyons cette merveilleuse jeunesse… », et il dit avoir rencontré des jeunes gens magnifiques dans notre groupe.

 

Alors, il sort du chapeau et nous écrivons la lettre, qui était une lettre terrible contre Platero, que l’âne de Platero était un âne pourri, que cette histoire d’étoiles était du sentimentalisme… ; en plus, c’est vrai, je n’ai jamais aimé Juan Ramón Jiménez, je trouve que c’est un très mauvais poète. Au moment de poster la lettre, Buñuel a eu un doute, mais il la posta, nous la postâmes, et le jour suivant Juan Ramón a été malade, il disait : » Je ne comprends pas, la veille je reçois ces jeunes gens ; ils me semblent…et le jour d’après ils m’insultent de la façon la plus grossière… » Et il n’a jamais compris. C’était une chose incompréhensible."

(Traductions Colette)

 

"En aquel momento queríamos mandar, para crear una especie de subversión moral, una carta a la persona más prestigiosa de España, únicamente para provocar una reacción y que la gente dijera: "¿Por qué lo han hecho?", y tal y cual. Entonces habíamos escogido dos o tres, y habíamos pensado en Falla, que tenía un gran prestigio, para decirle que era un hijo de puta, etc.: lo más que se puede decir; los pusimos en un sombrero (los nombres), y salió Juan Ramón Jiménez.

 

Justamente acabábamos de visitar a Juan Ramón el día anterior, que nos había recibido sentimentalmente: "A ver, esa juventud maravillosa...", y dijo haber encontrado unos chicos magníficos en nuestro grupo.

 

Entonces, sale en el sombrero y escribimos la carta, que era una carta terrible contra Platero, que el asno de Platero era un asno podrido, aquello de las estrellas era un sentimentalismo...; además, es verdad, a mí nunca me ha gustado Juan Ramón Jiménez, encuentro que es un poeta pésimo. En el momento de echar la carta, Buñuel tuvo una duda, pero la echó, la echamos, y al día siguiente Juan Ramón estuvo enfermo, diciendo: "No comprendo, un día antes recibo a estos chicos; me parecen... Y al día siguiente me insultan de la manera más grosera..." Y no lo comprendió nunca. Fue una cosa incomprensible."

[Agustín Sánchez Vidal, Buñuel, Lorca, Dalí: el enigma sin fin, Barcelona: Planeta, 1988, pp. 191-192.]

 

*Falla : il fait référence à Manuel de Falla : http://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_de_Falla

Source / Fuente : http://www.udc.es/tempo/cuestions20/docs_surr08.html#jrj

 

14/08/2011

"Traverser...l'illusion tenace d'être quelque chose" / "Traspasar...el trompo ubicuo de ser algo"

«  C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité de vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe. »

 

Philippe Delerm

Extrait de La Première Gorgée de bière

 

“Sorprende todo lo que la voz sola puede decir de una persona que queremos – su tristeza, su cansancio, su fragilidad, su intensidad de vivir, su alegría. Sin los gestos, el pudor desaparece, la transparencia se instala.”

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Inaugurer la transparence

 

 

Inaugurer la transparence,

voir à travers un corps, une idée,

un amour, la folie,

distinguer sans obstacle l'autre côté,

traverser de part en part

l'illusion tenace d'être quelque chose.

non seulement pénétrer du regard dans la roche

mais ressortir aussi par son envers.

 

Et plus encore:

Inaugurer la transparence

c'est abolir un côté et l'autre

et trouver enfin le centre.

Et c'est pouvoir suspendre la quête

parce qu'elle n'est plus nécessaire,

parce qu'une chose cesse d'être interférence

parce que l'au-delà et l'en deçà se sont unis;

 

Inaugurer la transparence

c'est te découvrir à ta place

 

ROBERTO JUARROZ

Poésie Vertical

 

 

 

Inaugurar la tranparencia

 

 

 

Inaugurara la transparencia.

Ver a través de un cuerpo, de una idea,Lucien Levy-Dhurmer portrait de Mademoiselle Carlier.jpg

de un amor, de la locura,

divisar sin estorbos el otro lado,

traspasar de parte a parte

el trompo ubicuo de ser algo.

No sólo penetrar con el ojo la roca

sino también salir por su revés.

 

Y algo más todavía ;

inaugurar la transparencia

es abolir un lado y el otro

y encontrar por fin el centro.

Y es poder no seguir

porque ya no es preciso,

porque una cosa deja de ser interferencia

porque el más allá y el más aca se han unido.

 

Inaugurar la transparencia

es hallarte en tu sitio.

Armando 1.jpg

 

 

 

Vieillir, c'est découvrir la transparence, brûler les frontières, fondre les limites, abattre les paravents... Y a-t-il plus passionnant voyage que celui de la vie ?  

 

Maria Casarès

Extrait de Résidence privilégiée

Envejecer, es descubrir la transparencia, quemar las fronteras, diluir los límites, derribar las mamparas… ¿Existe algún viaje más apasionante que el de la vida?

 

 Photos:1) Toile et photo Ken Orton (Thanks a lot!)

            2) Toile de  Lucien Levy-Dhurmer / Portait de Mlle Carlier

          3) Photo Armando Ribeiro (¡Gracias!)

 

 

 

 

28/05/2011

Un cumul d'indignations, allons! /Un cúmulo de indignaciones, ¡vamos!

                          Para qué vivir tan separados                             
Si la tierra nos quiere juntar
Si este mundo es uno y para todos
Todos juntos vamos a vivir

 

(Todos juntos- Las Jaivas, Chile)    

                             

Pourquoi vivre si séparés

Si la terre veut nous réunir

Si ce monde est un et pour tous

Tous ensemble nous allons vivre.

 

mayo 2011 007.jpg

L'indignation, la juste et vraie indignation, ce sentiment plus subtil que la colère, j'ai essayé de la cerner et j'ai trouvé ceci: 

"La plus belle interprétation que l'on puisse donner de ce sentiment  est celle que Platon présente dans un mythe sous le nom de réminiscence. Avant de s'incarner dans notre corps, notre âme a séjourné dans un lieu divin où elle a pu contempler la justice parfaite. Elle en a conservé un souvenir trop faible pour rendre l'injustice impossible, mais assez fort pour rendre le spectacle de l'injustice intolérable." http://agora.qc.ca/dossiers/Indignation

 

La indignación, la justa y verdadera indignación, ese sentimiento más sútil que la cólera, intenté cercarla y he aquí lo que encontré:

"La más bella interpretación que se puede dar de este sentimiento es la que Platón presenta en un mito bajo el nombre de reminiscencia. Antes de encarnarse en nuestro cuerpo, nuestra alma ha morado en un lugar divino donde ha podido contemplar la justicia perfecta. De ello ha conservado un recuerdo demasiado débil para hacer que la injusticia sea imposible, pero bastante fuerte para hacer que el espectáculo de la injusticia sea intolerable." (Trad Colette) http://agora.qc.ca/dossiers/Indignation

 

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La cause est juste; ne pas avoir peur, ne jamais se décourager.

 

"Allons, ne craignons rien. Notre avenir bien qu’incertain réserve bien des miracles. Ne craignons rien et soyons solidaires. Nous ne croyons ni aux étendards ni aux frontières. Nous croyons aux paroles et aux accolades. Nous pensons que nous sommes frères. Le monde est là : terre, mers, océans et ciel et nous. (…) Et nous sommes la vie.

 

Allons, ne craignons rien. Faisons en sorte que notre courage ne s’épuise pas. Ne baissons jamais les bras. Nos bras sont levés au ciel et pleins de force. Ce sont des bras de bâtisseurs." (…)

LA VIE Fabrice Caravaca.

 

La causa es justa; no temer nada, no desanimarse nunca.

 

"Vamos, no temamos nada. Aunque incierto, nuestro porvenir nos guarda muchos milagros. No temamos nada y seamos solidarios. No creemos ni en las banderas ni en las fronteras. Creemos en las palabras y en los abrazos. Pensamos que somos hermanos. El mundo está allí: tierra, mares, océanos y cielo y nosotros. (…) Y somos la vida.

 

Vamos, no temamos nada. Procuremos que nuestro ánimo no se agote. No bajemos nunca los brazos. Nuestros brazos están alzados hacia el cielo y llenos de fuerza. Son brazos de edificadores." (…)

LA VIDA Fabrice Caravaca. (Trad. Colette)

 

 

 

30/04/2011

Une mer, une île, un homme / Un mar, una isla, un hombre

Un billet à quatre mains, à deux voix.  Una nota a cuatro manos, a dos voces.

La première est celle de Dominique, amie virtuelle, qui tient un blog littéraire de haut vol, A sauts et à gambades, et qui a lu " Méditerranée, Tumultes de la houle"  de Baltasar Porcel et la mienne qui possède "Baleares" du même B. Porcel et qui connais bien Majorque, ses histoires d'invasions et de pirates...c'est un peu long, vous êtes prêts?

La primera es la de Dominique, amiga virtual, que tiene un blog literario de mucha calidad, A sauts et à gambades, y que ha leido "Mediterrània. Onatges tumultuosos" de Baltasar Porcel y la mía que posee "Baleares" del mismo B. Porcel y que conoce bien Maloorca, sus historias de incvasiones y de piratas...es un poco largo, ¿listos?

 

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" Chaque jour de chaque été se lève et la lumière ne semble pas venir des cieux, mais s’élever, légère, fraîche, insolente, de la terre : les arbres et les talus s’amplifient lentement et se parent d’une délicate tonalité. Puis le soleil se renverse : les monts et les vallées se teignent d’un doré si intense, si clair qu’il stupéfie. "

« Cada día de cada verano amanece y la luz no parece venir del cielo sino levantarse, ligera, fresca, insolente, de la tierra: los árboles y los taludes se amplifican lentamente y se visten de una tonalidad delicada. Luego el sol se vuelca: los montes y los valles se tiñen de un dorado tan intenso, tan claro que deja estupefacto”


L’homme de l'île  / El hombre de la isla

Baltasar_Porcel.jpgNé à Majorque, dans le village d’Andratx en 1937, décédé en 2009, fils d’une famille d’agriculteurs et pêcheurs, B. Porcel décida jeune qu’il voulait être écrivain.

"Il a construit son monde magique et mythique autour de la terre, pauvre, d’Andratx avec des contrebandiers, des émigrants de Cuba, des marins intrépides, des histoires fantastiques et crédibles qu’il a rendus actuels avec les changements du tourisme et de la corruption » (El País 2009).

"Construyó su mundo mágico y mítico alrededor de la tierra pobre de Andratx, con contrabandistas, emigrantes a Cuba, marineros atrevidos, historias fantásticas y creíbles, que hizo actuales con los cambios del turismo y la corrupción.” (El País 2009)

Il a publié un grand nombre de romans et sa vie fut intense, vous pouvez lire une belle biographie de lui dans le Magazine Littéraire.

Publicó un gran número de novelas y tuvo una vida intensa, podéis leer una biografía interesante en La Vanguardia.

Tout comme dans son livre sur la Méditerranée, dans Baleares il offre avec beaucoup d’amour non dénué d’une touche d’ironie et d’un bon sens critique, une vision historico-socio-artistique des îles et un très grand nombre de photos.

Al igual que en su libro sobre el Mediterráneo, en Baleares ofrece con mucho amor no desprovisto de un toque de ironía ni de sentido crítico, una visión histórica-socio-artística des las islas y un gran número de fotos.

Le livre de la mer / El libro del mar

Baltasar Porcel est l’auteur d’un livre monde, un livre qui tisse des liens historiques, artistiques, littéraires entre les pays, les villes qui bordent la Méditerranée. Un livre pour conter sept mille ans d’histoire de cette mer vecteur de civilisation.
Comme un très grand récit de voyage il nous emmène de la
Grèce au delta du Nil, d’Istambul à l’Andalousie, de Corfou à Jérusalem, de Malte à ...Venise... car il prend aussi quelques libertés avec la géographie. On navigue et l’on marche d’île en île, de ports en ports.

Baltasar Porcel es el autor de un libro mundo, un libro que teje lazos históricos, artísticos, literarios entre los países, las ciudades que lindan el Mediterráneo. Un libro para contar siete mil años de historia de ese mar vector de civilización.

Como si fuera un relato muy grande de viaje nos lleva de Grecia al delta del Nilo, de Estambul a Andalucía, de Corfú a Jerusalén, de Malta a…Venecia…ya que se permite algunas libertades con la geografía. Navegamos y andamos de isla en isla, de puerto en puerto.

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C’est un guide tout à fait extraordinaire car les escales sont nombreuses, Porcel aime le vagabondage aussi bien historique que littéraire et l’on est comblé. Tous les héros de cette Méditerranée sont conviés, les Romains, les armées de Scipion l’Africain, Barberousse et les chevaliers de Malte, Soliman le magnifique, sans oublier Ulysse et Achille au plus fort de la bataille.
Le monde littéraire est là aussi : Pline racontant l’éruption du Vésuve, les poètes Andalous, Lampedusa le sicilien célébrant la mort de son monde.
On comprend en le lisant l’attrait qu’exerce la Méditerranée depuis des siècles et comment elle a su prendre dans ses filets aussi bien Byron le héros de Missolonghi que Nietzsche réfugié à Rapallo.  Son récit a le lyrisme des grandes épopées et l’érudition d’une encyclopédie.

Es una guía absolutamente extraordinaria ya que las escalas son numerosas, a Porcel le gusta el vagabundeo tanto histórico como literario y nos colma. Todos los héroes de ese Mediterráneo están convidados, los romanos, los ejércitos de Scipio el Africano, Barbarossa y los caballeros de Malta, Soliman el magnífico, sin olvidar a Ulises y Aquiles en el momento más tenso de su batalla.

El mundo literario también está presente: Pline contando la erupción del Vesuvio, los poetas andaluces, Lampudesa el siciliano celebrando la muerte de su mundo.

Al leerlo se entiende el atractivo que ejerce el Mediterráneo desde hace siglos y cómo ha sabido retener en sus redes tanto Byron el héroe de Missolonghi que Nietzsche refugiado en Rapallo. Su relato tiene el lirismo de las grandes epopeyas y la erudición de una enciclopedia.



Baltasar Porcel qui présidait un Institut de recherche sur la Méditerranée, était un homme de convictions et il réussit parfaitement à vous convaincre sans jamais ennuyer. La vie économique, les batailles, les inventions, la mythologie, le livre couvre tous les champs sans jamais nous égarer.
Il cherche tout ce qui relie, qui rassemble : les paysages, les mêmes oliviers, les orangers, les forêts de châtaigniers, et le parfum de thym de la garrigue.
Un hymne bercé par les musiques du sud, car B Porcel veut croire que malgré les conflits du passé, les guerres civiles, et elles furent nombreuses et sanglantes, le bassin méditerranéen peut être une terre d’unité et de solidarité.

Baltasar Porcel, que presidía un Instituto de investigación sobre el Mediterráneo, era un hombre de convicciones y consigue perfectamente convencernos sin aburrirnos en absoluto. La vida económica, las batallas, las invenciones, la mitología, el libro cubre todos los campos sin perdernos nunca. Él busca todo lo que liga, une: los paisajes, los mismos olivos, los bosques de castaños, y el perfume del tomillo de la landa.

Un himno mecido por las músicas del sur ya que B. Porcel quiere creer que, a pesar de los conflictos del pasado, las guerras civiles, que fueron numerosas y sangrientas, la cuenca mediterránea puede ser una tierra de unidad y de solidaridad.

gallos 017.jpgLe livre se termine chez lui à Majorque avec une touche intimiste qui vibre de son amour pour sa terre natale.

"Je marche au milieu de l’herbe verte, masse souple, pleine de chardons tendres qui seront beaux et agressifs. Il souffle un vent très léger et majestueux, qui apporte de vagues parfums de mer et de sève. Les dernières fleurs de l’amandier, fermeté laiteuse, sentent le miel. Mais l’arbre fruitier le plus généreux est le citronnier, avec sa succession constante de citrons, la merveille jaune et son parfum enivrant."

El libro se termina en su casa, Mallorca, con un toque intimista que vibra por su amor a su tierra natal.

“Ando por la hierba verde, masa flexible, llena de cardos tiernos que serán bonitos y agresivos. Sopla un viento muy ligero y majestuoso, que trae vagos perfumes de mar y savia. Las últimas flores del almendro, firmeza lechosa, huelen a miel. Pero el árbol frutal el más generoso es el limonero con su sucesión constante de limones, la maravilla amarilla y su perfume embriagador” (Trad: Colette)

Le livre : Baltasar Porcel - Méditerranée, Tumultes de la houle Baltasar Porcel  Traduit de l’espagnol par Nelly Lhermillier - Actes Sud 1998

En catalán: Mediterrània. Onatges tumultuosos

Un peu d'histoire / Un poco de historia

Bref historique des premières invasions basé sur le livre Baleares de B. Porcel.

Breve histórico de las primeras invasiones basado en el libro Baleares de B. Porcel.

 

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Comme la plupart des îles de la Méditerranée, Majorque, et malgré qu’on l’appelle « Isla de la calma », a toujours vu arriver des vagues de visiteurs-envahisseurs.

Avant 992, date de l’occupation arabe qui dura jusqu’en 1229, l’île fut « visitée » tour à tour par les grecs, les romains qui fondèrent Palma et Pollença, les vandales et les byzantins.

Les arabes apportèrent énormément sur le plan de l’agriculture, de l’extraction de l’eau, - ces moulins à vent que vous pouvez encore voir partout dans la plaine.

Et de tous temps, des pirates de tous bords. Ce qui décida le Roi Jaime I de chasser les arabes de l’île.

« La conquête de Jaime I, roi de la Couronne catalano-aragonaise, en 1229, a été due en bonne partie à la piraterie qu’exerçaient sur les navires catalan les maures de l’archipel, alors les Almohades. »

Como la mayor parte de las islas del Mediterráneo, Mallorca, y a pesar de su apodo « Isla de la calma », siempre ha visto llegar olas de visitantes-invasores.

Antes de 992, fecha de la ocupación árabe que duró asta 1229, la isla fue “visitada” alternativamente por los griegos, los romanos que fundaron Palma y Pollença, los vándalos y los bizantinos.

Los árabes aportaron muchísimo en el plan de la agricultura, de la extracción del agua, - esos molinos de viento que todavía podéis ver en la llanura.

Y en todas las épocas, piratas de todos tipos. Es lo que decidió el Rey Jaime I de expulsar los árabes de la isla.

“La conquista de Jaime I, rey de la Corona catalana-aragonesa, en 1229, fue ya debida en buena parte a la piratería que ejercían sobre las naves catalanas los moros del archipiélago, entonces los almohades.”

 

Nombre d’entre eux venaient d’Afrique du Nord ou même de Turquie pour piller.

B. Porcel écrit que les arabes, excellents navigateurs, arrivaient sur de petites embarcations pour voler ou kidnapper des paysans, ce qui les intéressait bien plus que combattre, tandis que les turcs, moins habiles en mer, étaient des lutteurs féroces.

Mais ne croyez pas, ajoute-t-il, que les insulaires étaient des anges ! Non seulement ils se défendaient mais ils « rendaient visite » aux arabes pour essayer de récupérer les chrétiens pris en esclavage (Cervantès par exemple).

Que les côtes soient des endroits dangereux a eu d’innombrables conséquences : les villages sont intérieurs, seuls quelques pêcheurs vivaient au bord de mer, les habitants, méfiants, vivent repliés sur eux-mêmes dit Porcel, l’alimentation en est affectée… (un autre billet suivra qui parlera de culture et cuisine, oui !)

 

Muchos de ellos venían de África del Norte o incluso de Turquía para pillar. B. Porcel escribe que los árabes, excelentes navegadores, llegaban montados en pequeñas embarcaciones para robar o secuestrar campesinos, lo que les interesaba mucho más que combatir, mientras que los turcos, menos hábiles en el mar, eran luchadores feroces.

¡Pero no se crean, añade, que los isleños eran ángeles! No sólo se defendían sino que “visitaban” a los árabes para recuperar a los cristianos raptados cogidos como esclavos (Cervantes por ejemplo).

Que las costas sean lugares peligrosos tuvo innumerables consecuencias: los pueblos son interiores, sólo algunos pescadores vivían al borde del mar, los habitantes, desconfiados, viven replegados sobre si mismos dice B. Porcel, la alimentación se ve afectada… (otra nota seguirá que hablará de cultura y cocina,¡sí!)

 

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Je terminerai ce billet par une fête commémorative, historico ludique qui a lieu en divers endroits de la Méditerranée et de Majorque, « Moros y Cristianos ».

Au village de Sóller elle a lieu le second lundi de mai et elle commémore l’exploit réalisé en 1561 quand la population locale s’opposa à une attaque de pirates turcs et algériens. Si elle a une base religieuse c’est son côté théâtral qui frappe le plus. Imaginez : la moitié de la population, principalement les jeunes, s’habille en maures, l’autre en chrétiens de l’époque (on dit que les habitants préfèrent être maures, mais… ?). Les combats commencent au port où débarquent les pirates qui gagnent les deux premières batailles. Se croyant déjà vainqueurs ils se rendent dans la ville où, sur la place, un guet-apens leur est tendu et le combat final est remporté…par les chrétiens.

Dans ce chaos les femmes jouèrent un rôle important : elles tuèrent deux pirates avec une barre en fer et elles sont honorées pour ce haut fait.

Grand merci à Israel Pampín pour les photos de la FIRA de Sóller!

 

 

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Terminaré por una fiesta conmemorativa, historica-lúdica que tiene lugar en varios sitios del Mediterraneo y de Mallorca, “Moros y Cristianos”.

En el pueblo de Sóller tiene lugar el segundo lunes de mayo y conmemora la hazaña realizada en 1561 cuando la población local se opuso a un ataque de piratas turcos y argelinos. Si tiene una base religiosa es su lado teatral el que más llama la atención.

Imaginad: la mitad de la población, los jóvenes en mayoría, se viste de moros, la otra mitad de cristianos de la época (se dice que los habitantes prefieren ser moros, pero…?). Los combates empiezan en el puerto donde desembarcan los piratas que ganan las dos primeras batallas. Creyéndose ya vencedores, se dirigen a la ciudad donde, en la plaza, una trampa les espera y el combate final lo ganan…los cristianos.

En este caos las mujeres tuvieron un papel importante: mataron a dos piratas con una barra de hierro y se les honora por ese acto de valentía.

Muchas gracias a Israel Pampín por las fotos de la FIRA de Sóller

02/04/2011

Le fil rouge / El hilo rojo

Si j’ai tant tardé à me lancer à vous parler de Marisa Herrón c’est que son parcours est si riche en variété de styles et de matériaux que la tâche me paraissait hasardeuse.

Si he tardado tanto tiempo en decidirme a hablaros de Marisa Herrón es porque su recorrido es tan rico en estilos y materiales que la tarea me parecía aventurada.

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Silencios

 

Un coup de fil à Valencia :

-         Marisa, je ne trouve pas grand-chose à ton sujet sur Internet, beaucoup d’expos collectives mais rien d’intéressant.

-          Ah, mais c’est que j’ai commencé il y a longtemps, avant le temps du tout sur le Net, si tu veux je t’envoie des coupures de journaux.

-         Merci ! Je peux copier et reproduire certaines de tes œuvres sur mon blog ?

-         Sers-toi.

 

Una llamada a Valencia:

-         Marisa, no encuentro gran cosa sobre ti en Internet, muchas exposiciones colectivas y poco más.

-         Claro, es que yo empecé hace mucho tiempo, antes de la era del todo en la Red. Si quieres te mando recortes de periódicos.

-         ¡Gracias!. ¿Puedo copiar y reproducir alguna de tus obras en mi blog?

-         Elige.

 

 

J’ai également reçu l’aide précieuse d’une amie artiste blogueuse qui m’a permis de mieux percevoir l’unité de l’œuvre à travers le temps et les médiums. Grand merci à toi.

 También he tenido la preciosa ayuda de una amiga artista bloguera que me ha hecho ver la unidad de la obra a través del tiempo y de los medios empleados. A ti, gracias.

Sur son beau site vous verrez des céramiques-sculptures  parfois ornées de très fines toiles métalliques, des peintures sur lesquelles on trouve du textile, du carton, un intéressant et permanent mélange de matériaux.

En su bello website podréis ver  cerámicas-esculturas adornadas, a veces con telas metálicas muy finas, pinturas en las que aparecen textiles, cartón, una interesante y permanente mezcla de materiales.

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Pausas

 

« Il existe une confusion entre ce qui est céramique et ce qui est sculpture. Pour moi la céramique est le matériel que j’emploie pour m’exprimer, comme peuvent l’être le papier ou le fer, et non pas une œuvre finie » dit-elle.

 « Existe confusión entre lo que es cerámica y lo que es escultura. Para mí la cerámica es el material que utilizo para expresarme, como puede ser el papel o el hierro, no una obra acabada” dice ella.

 

Dans la première série, des sculptures en grès, des objets du quotidien, « souvenirs d’enfance » dit Marisa et puis Silences et Pauses, ces beaux moments de distanciation que je retrouve aussi dans nombre de ses peintures et surtout dans la deuxième série « Du blanc au noir ».  « Sobres à l’extrême, ces céramiques nous approchent à des sensations ou passages oniriques, si inquiétants parfois, mais le plus souvent lyriques » (Las Provincias, 24-12-2000)

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Sombras (ombres)

En la primera serie, esculturas en gres, objetos cotidianos, « recuerdos de la infancia » dice Marisa y después Silencios y Pausas, bellos momentos de alejamiento que yo vuelvo a encontrar en buen numero de sus pinturas y sobre todo en la segunda serie « Del blanco al negro ». « Sobrias en extremo, su cerámica nos aproxima a sensaciones o pasajes de un mundo onírico tan inquietante en ocasiones, como lírico en otras – la mayoría-.”(Las Provincias, 24-12-2000)

 

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 Ce tableau appartient à la série « Mediterraneo ». Des lopins de terre, travail de l’homme, et cette ligne rouge, très récurrente dans sa peinture ;  même quand les couleurs sont pâles, délicates, ce fil rouge, comme une ligne de vie ou « la vie qui ne tient qu’à un fil » m’écrit mon amie. Le temps qui passe…

Este cuadro pertenece a la serie « Mediterráneo ». Parcelas de tierra, trabajo del hombre, y esa línea roja recurrente en su pintura; incluso cuando los colores son pálidos, delicados, ese hilo rojo, como una línea de vida o como « la vida que pende de un hilo » me escribe mi amiga. El tiempo que pasa...

 

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Les deux dernières séries, acrylique et textile, sont intimistes ; intérieur et extérieur, des paysages comme des cartes ou des images satellite, et l’intérieur des maisons dirait-on, aux taches de couleur et aux tissus collés. Toiles sur la toile qui donnent à la relative austérité des tableaux une touche de chaleur.

 Las dos últimas series « Acrílicos y materia textil » son intimistas; interior y exterior, paisajes como mapas o imágenes satélite y el interior de casas, diríamos, con manchas de color y tejidos pegados. Telas sobre tela que dan, a la relativa austeridad de los cuadros, un toque de calor.

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Secuencias E

 

 

Os dejo mirar a gusto, seguir el hilo de l’artiste, de la vida... ¡Feliz semana!

Je vous laisse regarder à l’aise, suivre le fil de l’artiste, de la vie…Bonne semaine !

 

 

 

12/03/2011

Expo "Heroínas" à Madrid

 

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L’exposition « Heroínas » qui a lieu en ce moment et jusqu’au 5 juin au musée Thyssen-Bornemizsa de Madrid tient son nom de la sculpture colossale « L’Héroïne » de Gaston Lachaise (1932) et présente 120 œuvres venant du monde entier.

 

Comme je ne l’ai pas (encore) vue mais que j’aimerais que soyez tentés d’y aller, ce sont le commissaire de l’exposition et une journaliste qui vont vous la présenter.

 

Homenaje a Santa teresa Marina Abramovic.jpgLa exposición « Heroínas » que tiene lugar en este momento y hasta el 5 de junio en el museo Thyssen-Bornemizsa de Madrid saca su nombre de la colosal escultura “La Heroína” de Gaston Lachaise (1932) y presenta 120 obras procedentes del mundo entero.

Como no la he visto (todavía) pero que me gustaría que os apeteciera acudir, son el comisario de la exposición, Guillermo Solana y una periodista quienes os la van a presentar.

 

De cette sculpture emblématique, Luz Sánchez-Mellado écrit dans un article publié dans El País 27-02-2011 : « …elle impose distance et admiration, oui, mais surtout du respect. (…) Elle est nue, se seins, sa taille, ses hanches et ses cuisses imposent, mais ce n’est pas ce qui impressionne le plus. Ce qui paralyse est son regard. Un mélange d’élégance, d’arrogance et d’assurance qui hypnotise. Elle ne semble vouloir plaire à personne. Elle n’offre ni ne demande rien. Elle se suffit à elle-même. Les bronzes ne parlent pas, de plus elle a la bouche fermée, mais elle semble dire : Je suis ici, regardez-moi. Et elle est là, en effet, et on ne peut détourner son regard d’elle. »

 

De esta escultura emblemática escribe Luz Sánchez-Mellado en un artículo publicado en El País 27-02-2011: “…impone distancia y admiración, sí, pero sobre todo respeto. (…) Está desnuda, y sus pechos, su cintura, sus caderas y sus muslos apabullan lo suyo, pero no es eso lo que más impresiona. Lo que paraliza es su mirada. Una mezcla de arrogancia y seguridad en sí misma que hipnotiza. No parece querer agradar a nadie. No ofrece ni pide nada. Se basta y se sobra sola. Los bronces no hablan, y además, ella tiene la boca cerrada, pero parece estar diciendo: Aquí estoy yo, miradme. Y aquí está, en efecto, y no se puede dejar de mirarla.”El heroe II.jpg

 

 

 

« La représentation de la femme dans l’art occidental s’est principalement limitée à deux stéréotypes: mères et séductrices. La maternité et l’objet érotique. Des femmes presque toujours au service de l’homme, soumises, vaincues, complaisantes. Mais le sujet de notre exposition sont les femmes fortes : actives, indépendantes, provocantes, inspirées, créatrices, dominatrices, triomphantes ». Guillermo Solana.

 

 

 

 

 

 

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« La representación  de la mujer en el arte occidental se ha limitado mayoritariamente a dos estereotipos: madres y seductoras: la maternidad y el objeto del deseo erótico. Mujeres casi siempre al servicio del hombre, sumisas, vencidas, complacientes. Pero el objeto de nuestra exposición son las figuras de mujeres fuertes: activas, independientes, desafiantes, inspiradas, creadoras, dominantes, triunfantes”. Guillermo Solana

 

 

 

« Voir cet éblouissant défilé d’amazones et magiciennes, d’athlètes et de ménades, de lectrices et travailleuses, de sorcières et de saintes, de bonnes et mauvaises filles donne envie de leur organiser une fête. Elles ont vécu ou furent créées à des siècles, même des millénaires, différents. Mais sûr qu’elles se seraient bien entendues (…) » (même article de El País)

« Viendo este deslumbrante desfile de amazonas y magas, atletas y ménades, lectoras y trabajadoras, brujas y santas, buenas chicas y chicas malas, dan ganas de montarles una fiesta. Vivieron o fueron creadas en siglos, incluso milenios, diferentes. Pero seguro que se hubieran caído bien. (…)” (mismo artículo de El País)

 

Intéressant me direz-vous peut-être, mais y a-t-il aussi, à côté des œuvres réalisées par leurs collègues masculins aussi célèbres que Rubens, Rembrandt, Goya, Delacroix, Hopper… des créations réalisées par des femmes ?Emil Nolde prêtresses 1912.jpg

Mais oui, mais oui ! Marina Abramovic, Sarah Jones, Mona Hatoum, Julia Fullerton-Battem, Pipilotti Rist, Frida Kahlo, Berthe Morisot, Nancy Spero... y sont présentes.

 

Interesante me diréis tal vez, pero ¿también hay, al lado de las obras realizadas por sus colegas masculinos tan celebres como Rubens, Rembrandt, Goya, Delacroix, Hopper… creaciones realizadas por mujeres?

¡Claro que sí! Marina Abramovic, Sarah Jones, Mona Hatoum, Julia Fullerton-Battem, Pipilotti Rist, Frida Kahlo, Berthe Morisot, Nancy Spero... están allí presentes.

 

Voici l’adresse officielle du musée.

 

Tous les détails pratique ici.

 

Et une vidéo de l’expo ici .

 

 Vous pouvez cliquer sur toutes les photos pour les agrandir….comme toujours !

Podéis hacer clic en todas las fotos para verlas más grandes…. ¡como siempre!

  

Photos:

1) Héroïne - Gaston Lachaise

2) Homenaje a Santa Teresa - Marina Abramovic

3) El heroe II- Marina Abramovic

4) Amazone blessée Franz von Stuck

5) Prêtresses Emil Nolde

6) Camila Sarah Jones

 

 

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05/03/2011

Poésie dans la cuisine / Poesía en la cocina

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J'ignore comment sont, ailleurs, les cuisines des femmes d'un certain âge ; ici celles de la Encarna, de la Valeriana ou de la Francisca sont de véritables bazars, des mines de trésors qui pourraient faire l'objet d'une thèse de sociologie.

« Je pense que celui qui ne s'est pas assis un jour dans l'une de ces cuisines ne peut connaître l'essence du pays ». Car ces dames gardent tout, recyclent tout, littéralement. Dans quelques mètres carrés.

Les enfants ou les petits enfants leur offrent une cafetière électrique, une série de tupperware, un appareil à écraser l'ail ? Elles remercient chaleureusement, font semblant d'en avoir compris le fonctionnement et, sitôt partis, elles les recouvrent d'un chapeau en crochet (pour la poussière), et continuent à employer leurs vieux ustensiles. Elles sont heureuses de découper par le milieu un tetrabrik de lait, d'employer le bas pour y conserver une ration de nourriture et le haut comme couvercle... pas besoin de salir un tupper. La vieille petite cafetière qu'elles mettent sur le feu, bien sûr la poignée est cassée mais elles savent s'en servir sans se brûler, et puis c'est juste la bonne mesure...Et, enfin, rien ne peut remplacer leur vieux mortier en bois imprégné du goût d'ail !

 

Ignoro cómo son, en otras partes, las cocinas de las mujeres de cierta edad; aquí las de la Encarna, la Valeriana o de la Francisca son verdaderos bazares, minas de oro que podrían ser el objeto de una tesis de sociología. "Pienso que quien no se haya sentado a hablar alguna vez en una de estas cocinas no está capacitado para conocer la esencia del país".

Porque esas señoras lo guardan todo, lo reciclan todo, literalmente. En unos metros cuadrados.

¿Sus hijos o nietos les regalan una cafetera eléctrica, una serie de tupperware, un aparato para machacar el ajo? Les dan las gracias con mucho amor, hacen como que han entendido el funcionamiento y, nada mas marcharse ellos, los tapan con un sombrero de ganchillo (para el polvo), y siguen utilizando sus viejos utensilios.

Son felices al cortar por la mitad un tetrabrik de leche y usar la parte baja para conservar una ración de comida y la otra de tapadera... ¿para qué ensuciar un tupper? La vieja cafetera que ponen en el fuego, bien es verdad que el mango está roto, pero ellas saben usarla sin quemarse, y además es justo la medida que toca...Y, por fin, ¡nada puede reemplazar su viejo mortero impregnado de sabor a ajo!

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Dans la réserve il y a évidemment des bocaux en prévision des conserves, mais aussi une boîte remplie de bougies d'anniversaire mi-consumées, une autre avec des bouchons de bouteille, des élastiques récupérés sur les bottes de poireaux, un sac en plastique avec le pain dur -elles en feront de la chapelure-, de jolis essuie-main de cuisine qui  sont trop beaux pour les salir, leur téléphone portable à côté d'une liste des numéros d'urgence, une boîte encore avec des photos de tous, les annonces de mariage et de décès...un vrai bazar dont elles sont fières.

 

En la despensa hay por supuesto tarros de cristal para hacer conservas, pero también una caja llena de velas de cumpleaños medio gastadas, otra con corchos de botellas, gomas elásticas recuperadas de los manojos de puerros, una bolsa de plástico con el pan seco, - ellas lo rallarán-, bonitos trapos de cocina demasiado bonitos para mancharlos, su móvil al lado de una lista de números de urgencia, una caja con fotos de todos, anuncios de bodas y de fallecimientos.....un verdadero bazar del cual están orgullosas.

 

Elvira Lindo pensait que ce genre de cuisine n'existait que dans des coins de la Méditerranée jusqu'à ce qu'elle voit POETRY, le magnifique film du coréen Lee CHAN-dong. « Il y avait longtemps que je ne voyais un film qui m'émeuve tant. Les villes occidentales se sont remplies ces dernières années de restaurants exotiques et nous avons pensé, erronément, qu'à travers eux nous connaissions la Chine, la Corée, le Vietnam ou ces pays arabes qui nous montrent en ce moment des désirs si pareils aux nôtres. ( ...) La cuisine de la grand-mère qu'interprète l'actrice Yoon Jeong-Hee ressemble à la cuisine de nos grand-mères » (...).

«Elle (la grand-mère) ne sait pas que la poésie de sa vie, plus que dans les feuilles de l'arbre ou dans la brise, est dans la cuisine, si puissamment sienne et nôtre aussi» (...).

 

Elvira Lindo pensaba que este tipo de cocinas sólo existía en algunos rincones del Mediterráneo hasta que vio POETRY,  la magnífica película del coreano Lee Chan-dong. "Hacía tiempo que no veía una película que me conmoviera así. Las ciudades occidentales se nos han ido llenando en los últimos años de restaurantes exóticos y hemos pensado, ilusos, que a través de ellos conocíamos China, Corea, Vietnam o esos países árabes que ahora nos muestran anhelos tan similares a los nuestros. (...) La cocina de la abuela que interpreta la actriz Yoon Jeong-Hee se parece a la cocina de una de nuestras abuelas" (...).

"Ella (la abuela) no sabe que la poesía de su vida, más que en las hojas del árbol o en la brisa, está en esa cocina, tan poderosamente suya y nuestra también" (...)


Ce billet est inspiré d'un article intitulé « Choses de grand-mères » (El País 27-02-2011) écrit par Elvira Lindo.

Este texto está inspirado en un artículo titulado "Cosas de abuelas" (El País 27-02-2011) escrito por Elvira Lindo

Foto 1 :http://www.revistaespecifica.blogspot.com/

 

23/02/2011

23F, un coup d'État raté / 23F, un golpe de Estado fallido

teniente_coronel_Guardia_Civil_Antonio_Tejero.jpgCe fut le 23 février, « el 23-F » 1981 vers 18h.

Il y a 30 ans de cela.

Franco était mort depuis 6 ans.

La transition faisait son chemin, poco a poco, prudemment, le sol espagnol semblait s’affermir.

Puis tout à coup surgit dans la salle du Congrès l’arme au poing, le colonel Tejero tirant en l’air en hurlant : « Restez tranquilles… Tout le monde à terre… asseyez-vous bordel ! » 

Stupéfaction, panique dans le pays entier… des blindés dans les rues de Valencia… on avait presque oublié la dictature.

Les nouvelles étaient contradictoires ;  les amis réunis chez nous pour écouter la radio, pour que je leur traduise aussi ce qu’en disait la radio française.

 L’intervention décisive du Roi, chef des armées, à 1h00 du matin. « À 01h00 du matin, Juan Carlos Ier intervient à la télévision, en uniforme de capitaine général des armées pour s'opposer au coup d'État, défendre la Constitution… « (Wikipedia).

L’armée retourne dans les casernes, les insurgés seront punis.

Un  sentiment de fragilité qui a mis des années à s’estomper.

Il n’y a que 30 ans de cela….

 

Fue el 23 de febrero, « El 23F » 1981 hacia las 18h.  

Hace 30 años.

Hacía 6 años que Franco había muerto.

La transición hacía su camino, poco a poco, prudentemente, el suelo español parecía volverse más firme.

Cuando de repente surgió en la sala de Congreso, arma al puño, el coronel Tejero disparando y vociferando " Quietos....todo el mundo al suelo.... ¡Se sienten, coño!".Tanques en Valencia.jpg

Estupefacción, pánico en el país entero…unos vehículos blindados en las calles de Valencia… casi habíamos olvidado la dictadura.

 Las noticias eran contradictorias; los amigos reunidos en nuestra casa para escuchar la radio, para que les tradujera lo que decía de ello la radio francesa.

La intervención decisiva del Rey, jefe de los ejércitos, a la 1 de la madrugada. “A la 01h00 Juan Carlos interviene por televisión, en uniforme de capitán general de los ejércitos para oponerse al golpe de Estado, defender la Constitución…” (Wikipedia)

El ejército vuelve a sus cuarteles, los insurrectos serán castigados.

Un sentimiento de fragilidad que tardó años en disiparse.

Sólo han pasado 30 años…

 

Je vous recommande ce film-documentaire sur la guerre civile réalisé par l'espagnol José Luís Peñafuerte. Il a obtenu en 2010 le prix Magritte en Belgique.

Os recomiendo esta película-documental realizada en 2010 por José Luís Peñafuerte. Obtuvo en 2010 el premio Magritte en Bélgica.

Tambien / aussi, este artículo publicado en El País el domingo pasado /cet article (en espagnol) publié dans le journal El País dimanche dernier. ¿Qué hicieron los personajes de la vida política el 23 de febrero 1981 a las 18h? Que firent les personnages politiques le 23 février 1981 à 18h?

 

 

19/02/2011

La nature, l'enfance et Lorca / La naturaleza, la infancia y Lorca

lorca libro.jpgEn mi  “Obras completas” de G.G. Lorca, muy gastado, unas entrevistas.

 

-¿Mi vida? ¿Es que yo tengo vida? Estos mis años, todavía me parecen niños. Las emociones de la infancia están en mí. Yo no he salido de ellas. Contar mi vida sería hablar de lo que soy, y la vida es un relato de lo que se fue. Los recuerdos, hasta los de mi alejada infancia, son en mí un apasionado tiempo presente…

 

 

Dans mon “Oeuvres complètes » de G.G. Lorca, fort usé,  quelques interviews.

 

-Ma vie? Ai-je une vie? Les ans que j’ai appartiennent encore à l’enfance.

Les émotions de l’enfance sont en moi. Je n’en suis pas sorti. Raconter ma vie serait parler de ce que je suis, et la vie est un récit de ce qui s’en est allé. Les souvenirs, même ceux de mon enfance la plus lointaine, sont en moi un temps présent passionné….

 olivo1.jpg

-Y se lo contaré. Es la primera vez que hablo de esto, que siempre ha sido mío solo, íntimo, tan privado, que ni yo mismo quise nunca analizarlo. Siendo niño, viví en pleno ambiente de naturaleza. Como todos los niños, adjudicaba a cada cosa, mueble, objeto, árbol, piedra, su personalidad. Conversaba con ellos y los amaba. En el patio de mi casa había unos chopos. Una tarde se me ocurrió que los chopos cantaban. El viento, al pasar por entre sus ramas, producía un ruido variado en tonos, que a mí se me antojo musical. Y yo solía pasarme las horas acompañando con mi voz la canción de los chopos…

 

- Et je vous le raconterai. C’est la première fois que j’en parle, cela n’a toujours appartenu qu’à moi seul, intime, si privé que même moi je n’ai jamais voulu l’analyser. Enfant j’ai vécu en pleine  nature. Comme tous les enfants, j’assignais à chaque chose, meuble, objet, arbre, pierre, sa personnalité. Je conversais avec eux et je les aimais. Dans le patio de ma maison il y avait des peupliers. Un après-midi j’ai eu l’idée que les peupliers chantaient. Le vent, en passant entre leurs branches, produisait un bruit aux tons variés, qui à moi me sembla musical. Et j’avais l’habitude de passer les heures à accompagner de ma voix la chanson des peupliers…

 

-Amo a la tierra - dice Lorca -. Me siento ligado a ella en todas mis emociones. Mis más lejanos recuerdos de niño tienen sabor de tierra. La tierra, el campo, han hecho grandes cosas en mi vida. Los bichos de la tierra, los animales, las gentes campesinas, tienen sugestiones que llegan a muy pocos. Yo las capto ahora con el mismo espíritu de mis años infantiles. De lo contrario, no hubiera podido escribir Bodas de Sangre. Este amor a la tierra me hizo conocer la primera manifestación artística...

 

 

-J’aime la terre - dit Lorca-. Je me sens lié à elle dans toutes mes émotions. Mes souvenirs d’enfance les plus lointains ont une saveur de terre.

La terre, la campagne, ont fait de grandes choses dans ma vie. Les bestioles de la terre, les animaux, les gens des campagnes ont des suggestions qui touchent bien peu de gens. Je les capte maintenant avec le même esprit que dans mes années infantiles.

Sinon je n’aurais pas pu écrire Noces de sang. C’est cet amour de la terre qui m’a fait connaître la première manifestation artistique…

 

 (Foto olivos: http://revista.consumer.es/web/es/20070301/actualidad/informe1/71301.php)

04/12/2010

La folle imagination / Esa loca imaginación

imagination.jpg

 

 

 

Julián, un petit garçon du village, a 4 ans et ne veut apprendre ni à lire ni à écrire car, clame-t-il, il sera  mécanicien de nuages. C’est lui et son imagination qui m’ont fait repenser à ce passage de « La folle du logis » de l’écrivaine Rosa Montero.

«  … dans le travail de romancier il y a quelque chose d’encore plus important que ce tintement de mots, c’est l’imagination, les rêveries, ces autres vies fantastiques et occultes que nous avons tous. Faulkner disait qu’un roman «  est la vie secrète d’un écrivain, l’obscure frère jumeau d’un homme ».

Et Sergio Pitol, (…) ajoute: « Un romancier est un homme qui entend des voix, ce qui l’assimile à un dément ».

(…) il me semble qu’en réalité cette imagination débridée nous assimile plus aux enfants qu’aux lunatiques. Je crois que les humains, nous entrons tous dans l’existence sans savoir bien distinguer le réel du rêve ; de fait, la vie infantile est en grande partie imaginaire.

Le processus de socialisation, ce que nous appelons éduquer, ou mûrir, ou grandir, consiste précisément à tailler les efflorescences capricieuses, à fermer les portes du délire, à amputer notre capacité à rêver éveillés ; et malheur à celui qui ne saura pas sceller cette fissure entre les deux côtés car il sera probablement considéré comme un pauvre fou.

Le romancier a donc le privilège de continuer à être un enfant, de pouvoir être un fou, de maintenir le contact avec ce qui est informe. «  L’écrivain est un être qui n’arrive jamais à devenir adulte », dit Martín Amis dans son beau livre autobiographique Expérience, et il doit bien le savoir car il a tout l’aspect d’un Peter Pan un peu fané qui refuse avec entêtement de vieillir. ».

(Trad : Colette . Extrait de « La folle du logis » R. Montero)

 

PS : ce billet est pour ceux qui ont gardé un brin de folie, un zeste d’enfance, des nuages plein les cheveux.

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Julián, un niño del pueblo, tiene 4 años y no quiere aprender ni a leer ni a escribir ya que, dice, será mecánico de nubes. Son él y su imaginación los que me han hecho recordar ese pasaje de “La loca de la casa” de Rosa Montero.

“…en el oficio de novelista hay algo aún más importante que ese tintineo de palabras, y es la imaginación, las ensoñaciones, esas otras vidas fantásticas y ocultas que todos tenemos. Decía Faulkner que una novela “es la vida secreta de un escritor, el oscuro hermano gemelo de un hombre”.Y Sergio Pirol (…) añade:” Un novelista es un hombre que oye voces, lo cual lo asemeja con un demente”.

(…) me parece que en realidad esa imaginación desbridada nos asemeja más a los niños que a los lunáticos. Creo que todos entramos en la existencia sin saber distinguir bien lo real de lo soñado; de hecho, la vida infantil es en buena medida imaginaria. El proceso de socialización, lo que llamamos educar, o madurar, o crecer, consiste precisamente en podar las florescencias fantasiosas, en cerrar las puertas del delirio, en amputar nuestra capacidad para soñar despierto; y ay de aquel que no sepa sellar esa fisura con el otro lado, porque probablemente será considerado un pobre loco.

Pues bien, el novelista tiene el privilegio de seguir siendo un niño, de poder ser un loco, de mantener el contacto con lo informe. “El escritor es un ser que no llega jamás a hacerse adulto” dice Martín Amis en su hermoso libro autobiográfico Experiencia, y él debe saberlo muy bien, porque tiene todo el aspecto de un Peter Pan algo marchito que se niega empeñosamente a envejecer”. Extracto de “La loca de la casa” R.Montero