20/04/2013

Où Sancho Panza conte un conte.../ Donde Sancho Panza cuenta un cuento...

Le long, sans doute trop long - mais qui peut couper une savoureuse histoire? - extrait de cette semaine n'est pas un des plus connus mais réunit beaucoup des qualités de l'entièreté du roman: le parler et les expressions populaires, les idées toute faites aussi, la transmission orale, l'absurde...et puis il m'a semblé si drôle!
El largo, tal vez demasiado – pero ¿quién puede cortar una historia deliciosa? - extracto de esta semana no es de los más conocidos pero reúne muchas de la cualidades de la novela:  el habla y las expresiones populares, las ideas preconcebidas, la trasmisión oral, el absurdo...y finalmente ¡me pareció tan divertido! 


Don Quichotte dit alors à Sancho de lui conter un conte, comme il le lui avait promis.
« Je le ferais de bon cœur, répondit l’écuyer, si la peur me laissait la parole ; et cependant je vais m’efforcer de vous dire une histoire telle, que, si je parviens à la conter et si je n’en oublie rien, ce sera la meilleure de toutes les histoires. Que Votre Grâce soit donc attentive, je vais commencer.

 
« Il y avait un jour ce qu’il y avait… que le bien qui vient soit pour tout le monde, et le mal pour celui qui l’est allé chercherEt je vous prie de remarquer, mon seigneur, le commencement que les anciens donnaient à leurs contes de la veillée ; ce n’était pas le premier venu, mais bien une sentence de Caton, l’encenseur romain, qui dit : « Et le mal pour celui qui l’est allé chercher. » Laquelle sentence vient ici comme une bague au doigt, pour que Votre Grâce reste tranquille, et pour qu’elle n’aille chercher le mal d’aucun côté ; mais bien plutôt pour que nous prenions un autre chemin, puisque personne ne nous force à continuer celui où nous assaillent tant de frayeurs.

Continue ton conte, Sancho, dit don Quichotte ; et du chemin que nous devons prendre, laisse-m’en le souci. 
Je dis donc, continua Sancho, que, dans un endroit de l’Estrémadure, il y avait un pâtre chevrier, c’est-à-dire qui gardait les chèvres, lequel pâtre ou chevrier, comme dit mon histoire, s’appelait Lope Ruiz, et ce Lope Ruiz était amoureux d’une bergère qui s’appelait Torralva, laquelle bergère appelée Torralva était fille d’un riche propriétaire de troupeaux, et ce riche propriétaire de troupeaux…
Mais si c’est ainsi que tu contes ton histoire, Sancho, interrompit don Quichotte, répétant deux fois ce que tu as à dire, tu ne finiras pas en deux jours. Conte-la tout uniment, de suite, et comme un homme d’intelligence ; sinon, tais-toi, et n’en dis pas davantage. 
De la manière que je la conte, répondit Sancho, se content dans mon pays toutes les histoires de veillées ; je ne sais pas la conter autrement, et il n’est pas juste que Votre Grâce exige que je fasse des modes nouvelles. 
Conte donc comme tu voudras, s’écria don Quichotte, et, puisque le sort m’a réduit à t’écouter, continue.
Vous saurez donc, seigneur de mon âme, poursuivit Sancho, que, comme j’ai déjà dit, ce berger était amoureux de Torralva la bergère, laquelle était une fille joufflue et rebondie, assez farouche et même un peu hommasse, car elle avait quelques poils de moustache, si bien que je crois la voir d’ici. 
Tu l’as donc connue quelque part ? demanda don Quichotte.
Non, je ne l’ai pas connue, reprit Sancho ; mais celui qui m’a conté l’histoire m’a dit qu’elle était si véritable et si certaine, que, quand je la raconterais à un autre, je pourrais bien jurer et affirmer que j’avais vu tout ce qui s’y passe. Or donc, les jours allant et venant, comme on dit, le diable qui ne s’endort pas et qui se fourre partout pour tout embrouiller, fit si bien, que l’amour qu’avait le berger pour la bergère se changea en haine et en mauvais vouloir ; et la cause en fut, selon les mauvaises langues, une certaine quantité de petites jalousies qu’elle lui donna les unes sur les autres, et telles, ma foi, qu’elles passaient la plaisanterie. Depuis ce temps, la haine du berger devint si forte, que, pour ne plus voir la bergère, il résolut de quitter son pays, et d’aller jusqu’où ses yeux ne pussent jamais la revoir. La Torralva, tout aussitôt qu’elle se vit dédaignée de Lope, l’aima bien plus fort que lui ne l’avait jamais aimée.

C’est la condition naturelle des femmes, interrompit don Quichotte, de dédaigner qui les aime, et d’aimer qui les dédaigne. Continue, Sancho.


 - Il arriva donc, reprit Sancho, que le berger mit en œuvre son projet, et, poussant ses chèvres devant lui, il s’achemina dans les champs de l’Estrémadure, pour passer au royaume de Portugal. La Torralva, qui eut vent de sa fuite, se mit aussitôt à ses trousses ; elle le suivait de loin, à pied, ses souliers dans une main, un bourdon dans l’autre, et portant à son cou un petit bissac qui contenait, à ce qu’on prétend, un morceau de miroir, la moitié d’un peigne, et je ne sais quelle petite boîte de fard à farder pour le visage. Mais, qu’elle portât ces choses ou d’autres, ce que je n’ai pas envie de vérifier à présent, toujours est-il que le berger arriva avec son troupeau pour passer le Guadiana, dans le temps où les eaux avaient tellement crû, que la rivière sortait presque de son lit ; et du côté où il arriva, il n’y avait ni barque, ni bateau, ni batelier, pour le passer lui et ses chèvres, ce qui le fit bien enrager, parce qu’il voyait déjà la Torralva sur ses talons, et qu’elle allait lui faire passer un mauvais quart d’heure avec ses pleurs et ses criailleries. Mais il regarda tant de côté et d’autre, qu’à la fin il aperçut un pêcheur qui avait auprès de lui un petit bateau, mais si petit qu’il ne pouvait y tenir qu’une chèvre et une personne. Et pourtant il l’appela, et fit marché pour qu’il le passât à l’autre bord, lui et trois cents chèvres qu’il conduisait. Le pêcheur se met dans la barque, vient prendre une chèvre et la passe ; puis revient et en passe une autre, puis revient encore et en passe encore une autre… Ah çà ! que Votre Grâce fasse bien attention de compter les chèvres que passe le pêcheur ; car si vous en échappez une seule, le conte finira sans qu’on puisse en dire un mot de plus. Je continue donc, et je dis que la rive de l’autre côté était escarpée, argileuse et glissante, de sorte que le pêcheur tardait beaucoup pour aller et venir. Il revint pourtant chercher une autre chèvre, puis une autre, puis une autre encore.
Eh, pardieu ! suppose qu’il les a toutes passées ! s’écria don Quichotte, et ne te mets pas à aller et venir de cette manière, car tu ne finirais pas de les passer en un an.
Combien y en a-t-il de passées jusqu’à cette heure ? demanda Sancho.
Et qui diable le sait ? répondit don Quichotte.
Je vous le disais bien, pourtant, d’en tenir bon compte, reprit Sancho. Eh bien ! voilà que l’histoire est finie, et qu’il n’y a plus moyen de la continuer.
Comment cela peut-il être ? s’écria don Quichotte ; est-il donc si essentiel à ton histoire de savoir par le menu le nombre de chèvres qui ont passé, que, si l’on se trompe d’une seule, tu ne puisses en dire un mot de plus ?
 – Non, seigneur, en aucune façon, répondit Sancho ; car, au moment où je demandais à Votre Grâce combien de chèvres avaient passé, et que vous m’avez répondu que vous n’en saviez rien, tout aussitôt ce qui me restait à dire s’en est allé de ma mémoire, et c’était, par ma foi, le meilleur et le plus divertissant.
De façon, reprit don Quichotte, que l’histoire est finie ?
Comme la vie de ma mère, répondit Sancho.

Livre 3 ch XX




Díjole Don Quijote que contase algún cuento para entretenerle, como se lo había prometido, a lo que Sancho dijo que sí hiciera si le dejara el temor de lo que oía:
- Pero con todo eso yo me esforzaré a decir una historia, que si la acierto a contar y no me van a la mano, es la mejor de las historias, y estéme vuestra merced atento, que ya comienzo.
- Erase que se era, el bien que viniera para todos sea, y el mal para quien lo fuere a buscar; y advierta vuestra merced, señor mío, que el principio que los antiguos dieron a sus consejas no fue así como quiera, que fue una sentencia de Caton Zonzorino romano, que dice: "y el mal para quien lo fuere a buscar", que viene aquí como anillo al dedo, para que vuestra merced se esté quedo, y no vaya a buscar el mal a ninguna parte, sino que nos volvamos por otro camino, pues nadie nos fuerza a que sigamos este donde tantos miedos nos sobresaltan. 
- Sigue tu cuento, Sancho, dijo Don Quijote, y del camino que hemos de seguir déjame a mí el cuidado.
- Digo, pues, prosiguió Sancho, que en un lugar de Extremadura había un pastor cabrerizo, quiero decir, que guardaba cabras, el cual pastor o cabrerizo, como digo de mi cuento, se llamaba Lope Ruiz, y este Lope Ruiz andaba enamorado de una pastora que se llamaba Torralva, la cual pastora llamda Torralva era hija de un ganadero rico, y este ganadero rico...
- Si desa manera cuentas tu cuento, Sancho, dijo Don Quijote, repitiendo dos veces lo que vas diciendo, no acabarás en dos días; dílo seguidamente y cuéntalo como hombre de entendimiento, y si no, no digas nada. 
- De la misma manera que yo lo cuento, respondió Sancho, se cuentan en mi tierra todas las consejas, y yo no sé contarlo de otra, ni es bien que vuestra merced me pida que haga usos nuevos.
- Di como quisieres, respondió Don Quijote, que pues la suerte quiere que no pueda dejar de escucharte, prosigue.


- Así que, señor mío de mi ánima, prosiguió Sancho, que como ya tengo dicho, este pastor andaba enamorado de Torralva la pastora, que era una moza rolliza, zahareña, y tiraba algo a hombruna, porque tenía unos pocos bigotes, que parece que ahora la veo.
- ¿Luego conocístela tú? dijo Don Quijote. 
- No la conocí yo, respondió Sancho, pero quien me contó este cuento me dijo que era tan cierto y verdadero, que podía bien cuando lo contase a otro afirmar y jurar que lo había visto todo: así que yendo días y viniendo días, el diablo, que no duerme y que todo lo añasca, hizo de manera que el amor que el pastor tenía a la pastora se volviese en homecillo y mala voluntad; y la causa fue, según malas lenguas, una cierta cantidad de celillos que ella le dió, tales que pasaban de la raya y llegaban a lo vedado; y fue tanto lo que el pastor la aborreció de allí adelante, que por no verla se quiso ausentar de aquella tierra, e irse donde sus ojos no la viesen jamás. La Torralva que se vio desdeñada del Lope, luego le quiso bien, más que nunca le había querido.
- Esa es natural condición de mujeres, dijo Don Quijote, desdeñar a quien las quiere, y amar a quien las aborrece: pasa adelante, Sancho.

- Sucedió, dijo Sancho, que le pastor puso por obra su determinación, y antecogiendo sus cabras, se encaminó por los campos de Extremadura para pasarse a los reinos de Portugal: la Torralva, que lo supo, fue tras él, y seguíale a pie y descalza desde lejos con un bordón en la mano y con unas alforjas al cuello, donde llevaba, según es fama, un pedazo de espejo y otro de un peine, y no sé qué botecillo de mudas para la cara; mas llevase lo que llevase, que yo no me quiero meter ahora en averiguallo, sólo diré que dicen que el pastor llegó con su ganado a pasar el río Guadiana, y en aquella sazón iba crecido y casi fuera de madre, y por la parte que llegó no había barca ni barco, ni quien le pasase a él ni a su ganado de la otra parte, de lo que se congojó mucho, porque veía que la Torralva venía ya muy cerca, y le había de dar mucha pesadumbre con sus ruegos y lágrimas, mas tanto anduvo mirando, que vio un pescador que tenía junto a sí un barco tan pequeño, que solamente podían caber en él una persona y una cabra, y con todo esto le habló y concertó con él que le pasase a él y a trescientas cabras que llevaba. Entró el pescador en el barco y pasó una cabra, volvió y pasó otra, tornó a volver y tornó a pasar otra: tenga vuestra merced cuenta con las cabras que el pescador va pasando, porque si se pierde una de la memoria se acabará el cuento, y no será posible contar más palabra dél: sigo, pues, y digo, que el desembarcadero de la otra parte estaba lleno de cieno y resbaloso, y tardaba el pescador mucho tiempo en ir y volver: con todo esto volvió por otra cabra, y otra y otra.

- Haz cuenta que las pasó todas, dijo Don Quijote; no andes yendo y viniendo desa manera, que no acabarás de pasarlas en un año. 
-¿Cuántas han pasado hasta ahora? dijo Sancho.
- ¿Yo qué diablos sé? respondió Don Quijote.  
- He ahí lo que yo dije que tuviese buena cuenta; pues por Dios que se ha acabado el cuento, que no hay pasar adelante.
- ¿Cómo puede ser eso? respondió Don Quijote. ¿Tan de esencia de la historia es saber las cabras que han pasado por extenso, que si se yerra una del número no puedes seguir adelante con la historia?  
- No, señor, en ninguna manera, respondió Sancho, porque así como yo pregunté a vuestra merced que me dijese cuántas cabras habían pasado, y me respondió que no sabía, en aquel mismo instante se me fue a mí de la memoria cuanto me quedaba por decir, y a fe que era de mucha virtud y contento.
- ¿De modo, dijo Don Quijote, que ya la historia es acabada?  
- Tan acabada es como mi madre, dijo Sancho.

Libro 3 capítulo XX


Sources:

 

 

13/04/2013

Rossinante et le péché de la chair / Rocinante y el pecado de la carne

Bien sûr, nous connaissons tous l'histoire de la folie du Caballero Andante, le topique des moulins à vent et la fameuse Dulcinea.
Pourtant, à chaque (re) lecture de ce roman touffu, bourré d'aventures et de réflexions sur le monde, la religion, les femmes, la jalousie, la vanité....je me re-passionne; ne pensant qu'en lire un chapitre, je me laisse emporter.

Alors, voici plusieurs billets avec des extraits choisis par moi.Pas tristes!
Par chance, car l'espagnol du XVIIº n'est pas aisé,  une traduction online existe, elle est fidèle, je m'en suis donc servie.

G. Doré Rossinante

Todos conocemos la historia de la locura del Caballero Andante, los tópicos de los molinos de viento y la famosa Dulcinea.
Sin embargo, a cada (re) lectura de esa novela tupida, llena de aventuras y reflexiones sobre el mundo, la religión, las mujeres, los celos, la vanidad... me vuelvo a apasionar; pienso leer un capítulo y me dejo llevar.

Os propongo varias entradas con extractos por mi elegidos. ¡Nada tristes!

Don Quichotte et Sancho mirent pied à terre, et, laissant l’âne et Rossinante paître tout à leur aise l’herbe abondante que le pré leur offrait, ils donnèrent l’assaut au bissac, et, sans cérémonie, en paix et en bonne société, maître et valet se mirent à manger ensemble ce qu’ils y trouvèrent. 

Sancho n’avait pas songé à mettre des entraves à Rossinante ; car il le connaissait pour si bonne personne et si peu enclin au péché de la chair, que toutes les juments des herbages de Cordoue ne lui auraient pas donné la moindre tentation. Mais le sort ordonna, et le diable aussi, qui ne dort pas toujours, que justement dans ce vallon se trouvassent à paître un troupeau de juments galiciennes que menaient des muletiers yangois, lesquels ont coutume de faire la sieste avec leurs bêtes dans les endroits où se trouvent l’herbe et l’eau. Celui où s’était arrêté don Quichotte était donc fort à leur convenance.
Or, il arriva que Rossinante sentit tout à coup le désir d’aller folâtrer avec mesdames les juments, et sortant, dès qu’il les eut flairées, de ses habitudes et de ses allures naturelles, sans demander permission à son maître, il prit un petit trot coquet, et s’en alla leur communiquer son amoureuse envie. Mais les juments, qui avaient sans doute plus besoin de paître que d’autre chose, le reçurent à coups de pieds et à coups de dents, si bien qu’en un moment elles rompirent les sangles de la selle, et le laissèrent tout nu sur le pré. Mais une autre disgrâce l’attendait, plus cuisante encore : les muletiers, voyant qu’il voulait faire violence à leurs juments, recoururent aux pieux qui servaient à les attacher, et lui assenèrent une telle bastonnade, qu’ils l’eurent bientôt jeté les quatre fers en l’air.

Cependant don Quichotte et Sancho, qui voyaient la déconfiture de Rossinante, accouraient tout haletants, et don Quichotte dit à son écuyer :

« À ce que je vois, ami Sancho, ces gens-là ne sont pas des chevaliers, mais de la vile et basse canaille. Ainsi, tu peux, la conscience tranquille, m’aider à tirer une vengeance légitime de l’outrage qu’ils ont fait devant nos yeux à Rossinante.

Quelle diable de vengeance avons-nous à tirer, répondit Sancho, s’ils sont plus de vingt, et nous seulement deux, ou plutôt un et demi ?

Moi, j’en vaux cent, » répliqua don Quichotte ; et, sans plus de discours, il mit l’épée à la main et fondit sur les Yangois. Sancho fit de même, excité par l’exemple de son maître.

Livre 3º chap 15

 

Apeáronse Don Quijote y Sancho, y dejando al jumento y a Rocinante a sus anchuras pacer de la mucha yerba que allí había, dieron saco a las alforjas, y sin ceremonia alguna, en buena paz y compañía, amo y mozo comieron lo que en ellas hallaron.

No se había curado Sancho de echar sueltas a Rocinante, seguro de que le conocía por tan manso y tan poco rijoso que todas las yeguas de la dehesa de Córdoba no le hicieran tomar mal siniestro. Ordenó, pues, la suerte y el diablo, que no todas veces duerme, que andaban por aquel valle paciendo una manada de jacas galicianas de unos arrieros yangüeses, de los cuales es costumbre sestear con su recua en lugares y sitios de yerba y agua; y aquel donde acertó a hallarse Don Quijote era muy a propósito de los yangüeses.

 

 

 
Sucedió, pues, que a Rocinante le vino en deseo de refocilarse con las señoras jacas, y saliendo, así como las olió, de su natural paso y costumbre, sin pedir licencia a su dueño, tomó un trotillo algo pacadillo, y se fue a comunicar su necesidad con ellas; mas ellas, que a lo que pareció, debían de tener más gana de pacer que de él, recibiéronle con las herraduras y con los dientes, de tal manera que a poco espacio se le rompieron las cinchas, y quedó sin silla en pelota; pero lo que él debió más de sentir fue que viendo los arrieros la fuerza que a sus yeguas se les hacía, acudieron con estacas, y tantos palos le dieron, que le derribaron mal parado en el suelo. Ya en esto Don Quijote y Sancho, que la paliza de Rocinante habían visto, llegaban hijadeando, y dijo Don Quijote a Sancho:

- A lo que veo, amigo Sancho, estos no son caballeros, sino gente soez y de baja ralea; dígolo, porque bien me puedes ayudar a tomar la debida venganza del agravio que delante de nuestros ojos se le ha hecho a Rocinante.

- ¿Qué diablos de venganza hemos de tomar, respondió Sancho, si estos son más de veinte, y nosotros no más de dos, y aun quizá no somos sino uno y medio?

- Yo valgo por ciento, respondió Don Quijote. Y sin hacer más discursos, echó mano a su espada y arremetió a los yangüeses, y lo mismo hizo Sancho Panza, incitado y movido del ejemplo de su amo;
 Libro 3, capítulo 15
 


 

 

30/03/2013

L'éternel printemps de Rosalía / La eterna primavera de Rosalía

Comment aborder l'oeuvre poétique de Rosalía de Castro (1837-1885)? Je vous parlerai d'elle dans le prochain billet, mais aujourd'hui j'ai traduit ce poème qui semble si simple.

¿Cómo abordar la obra poética de Rosalía de Castro? Os hablaré 
de ella en la próxima nota, pero os dejo hoy con este poema que
 parece tan simple.

 

 

Mallorca, ce matin, près de Raixa

(clic sur les photos, elles bien plus belles en grand)

 

 

 

On dit que les plantes ne parlent pas

 

Rosalía de Castro

  

On dit que ni les plantes, ni les sources, ni les oiseaux ne parlent,

Non plus la vague et ses grondements, ni les astres et leur brillance,

On le dit, mais c'est faux, car toujours quand je passe,

 Ils murmurent et s'exclament:

 - Voilà la folle rêvant

 De l'éternel printemps de la vie et des champs,

 Et déjà bien vite, bien vite, elle aura les cheveux blancs,

 Et tremblante, gelée, elle voit que le givre couvre le champ.

  

- Il y a des cheveux blancs sur ma tête, et du givre dans les champs,

Mais je continue à rêver, pauvre, incurable somnambule,

À l'éternel printemps de la vie qui s'éteint

Et à la persistante fraîcheur des champs et des âmes,

Bien que les uns se fanent et les autres s'embrasent.

 

 Astres et sources et fleurs, ne médisez pas de mes rêves,

 Sans eux, comment vous admirer et comment vivre sans eux?

(Trad: Colette) 

 

Mallorca, Cala Gamba

 

 

 

Dicen que no hablan las plantas

 

Rosalía de Castro

 



Dicen que no hablan las plantas, ni las fuentes, ni los pájaros,
Ni el onda con sus rumores, ni con su brillo los astros,
Lo dicen, pero no es cierto, pues siempre cuando yo paso,
De mí murmuran y exclaman:
—Ahí va la loca soñando
Con la eterna primavera de la vida y de los campos,
Y ya bien pronto, bien pronto, tendrá los cabellos canos,
Y ve temblando, aterida, que cubre la escarcha el prado.

—Hay canas en mi cabeza, hay en los prados escarcha,
Mas yo prosigo soñando, pobre, incurable sonámbula,
Con la eterna primavera de la vida que se apaga
Y la perenne frescura de los campos y las almas,
Aunque los unos se agostan y aunque las otras se abrasan.

Astros y fuentes y flores, no murmuréis de mis sueños,
Sin ellos, ¿cómo admiraros ni cómo vivir sin ellos?

 

23/03/2013

Joan Miró et Ubu

Ubu, Alfred Jarry et puis cette chanson de Dick Annegard qu'ados on chantait à tue-tête, enchantés par le petit zizi et le gros cul, la femme infâme...et le roi-tyran qui “est mouru”.
 
 

 

 

JoanMiró fut fasciné par ce tyran: " Maintenant tout le monde voit clairement que ce que Alfred Jarry a imaginé était en fait Franco et les siens. C'est la raison pour laquelle Ubu m'a fasciné pendant les années de franquisime, et c'est la raison pour laquelle je l'ai dessiné si souvent”.

Un aspect peu connu de Miró celui de résistant au franquisme, de sa lutte contre le dictateur, pour la liberté.

Il l'a illustrée abondamment dans trois séries de dessins: Ubu Roi, L'enfance d'Ubu, Ubu aux Baléares.

 

 

 

 

 

 

 Une partie, celle que j'ai vue, les dessins sont fort amusants, se trouve au Musée Es Baluard, Palma de Majorque. 

 

 
(clic pour agrandir)

 

Il existe une pièce de théâtre, “Mori y Merma” sur le même thème: les décors et marionnettes sont été entièrement réalisés par Miró.

 

 

 
Ubú, Alfred Jarry, y esta canción en francés del holandés Dick Annegarn que, niña, canturreaba porque habla del pito pequeño y del culo gordo del tirano, de su mujer, infame, y del rey “que ha morido”.

 

Joan Miró fue fascinado por ese tirano: “Ahora todo el mundo ve claro que aquello que Alfred Jarry imaginó era en realidad Franco y los suyos. Esta es la razón por la cual Ubú me ha fascinado durante los años del franquismo, y es la razón por la cual lo he dibujado tan a menudo".

 

Un aspecto poco conocido el del artista resistente al franquismo, de su lucha contra el dictador, por la libertad.

 

La ilustró en numerosos dibujos de tres series: Ubú Rey, La infancia de Ubú, Ubú en las Baleares. Una parte de ellos, los que ví, son muy divertidos, se encuentra en el Museo es Baluard, Palma de Mallorca.

 

 

Existe una obra de teatro, “Mori y Merma” que trata del mismo tema: el decorado y las marionetas fueron realizados por Miró.

03/03/2013

Les horizons appris / Julia de Burgos / Los horizontes aprendidos

Une poésie peu et mal connue celle de la portoricaine Julia de Burgos (1914-1953), une langue rythmée, à lire, écouter, chanter.

  

Una poesía poco y mal conocida la de la portorriqueña Julia de Burgos (1914-1953), una lengua con ritmo para leer, escuchar, cantar.

 

 

 

 

 


 

JE FUS MA PROPRE ROUTE

 

Julia de Burgos

 

 

 

Je voulus être comme les hommes voulaient que je sois:

 

une tentative de vie;

 

un jeu de cache-cache avec mon être.

 

Mais j'étais faite de présents,

 

et mes pieds plats sur la terre prometteuse

 

ne souffraient pas de marcher en arrière,

 

et ils poursuivaient vers l'avant, vers l'avant,

 

trompant les cendres pour atteindre le baiser

 

de nouveaux sentiers.

 

 

 

À chaque pas sur ma route vers le front

 

déchirait mes épaules le battement désespéré

 

des vieux troncs.

 

 

 

Mais la branche était à jamais libérée,

 

et à chaque nouveau coup mon regard

 

se séparait encore, encore et encore des lointains

 

horizons appris:

 

et mon visage prenait une expression qui montait de l'intérieur,

 

l'expression définie qui montrait un sentiment

 

de libération intime;

 

un sentiment qui surgissait

 

de l'équilibre entretenu entre ma vie

 

et la vérité du baiser des nouveaux sentiers.

  

(...)

 

Je voulus être comme les hommes voulurent que je sois:

 

Une tentative de vie;

 

un jeu de cache-cache avec mon être.

 

Mais j'étais faite de présents;

 

quand les hérauts m'annonçaient déjà

 

dans le défilé royal des vieux troncs

 

mon désir de suivre les hommes s'est brisé,

 

et l'hommage est resté là à m'attendre.

 

Trad: Colette

 

 

 

 

 

 

 
YO MISMA FUI MI RUTA 

 

Julia de Burgos

 

Yo quise ser como los hombres quisieron que yo fuese:

 

un intento de vida;

 

un juego al escondite con mi ser.

 

Pero yo estaba hecha de presentes,

 

y mis pies planos sobre la tierra promisora

 

no resistían caminar hacia atrás,

 

y seguían adelante, adelante,

 

burlando las cenizas para alcanzar el beso

 

de los senderos nuevos.

 

 

 

A cada paso adelantado en mi ruta hacia el frente

 

rasgaba mis espaldas el aleteo desesperado

 

de los troncos viejos.

 

 
Pero la rama estaba desprendida para siempre,

 

y a cada nuevo azote la mirada mía

 

se separaba más y más y más de los lejanos

 

horizontes aprendidos:

 

y mi rostro iba tomando la expresión que le venía de adentro,

 

la expresión definida que asomaba un sentimiento

 

de liberación íntima;

 

un sentimiento que surgía

 

del equilibrio sostenido entre mi vida

 

y la verdad del beso de los senderos nuevos.

 

 

 

(...)

 

Yo quise ser como los hombres quisieron que yo fuese:

 

un intento de vida;

 

un juego al escondite con mi ser.

 

Pero yo estaba hecha de presentes;

 

cuando ya los heraldos me anunciaban

 

en el regio desfile de los troncos viejos,

 

se me torció el deseo de seguir a los hombres,

 

y el homenaje se quedó esperándome.

 

 

 

08/02/2013

Toute mon oeuvre...pour un peu de beauté / Toda mi obra... por un poco de belleza

María Blanchard (1881- 1932), connaissez-vous cette peintre espagnole? 

 Sans doute pas. Étrange “l'escamotage” de cette artiste du niveau de Juan Gris...

 Elle m'a passionnée, et son art, enchantée.

 Je lui consacrerai donc deux billets.

Ce n'est que l'an dernier, juin 2012, que le Musée Reina Sofía de Madrid décida qu'il était temps (plus que temps dirais-je) de parler d'elle, de lui donner cette place si méritée: “María Blanchard est une artiste d'avant-garde, pionnière de toute une future génération de femmes artistes, qui eût, comme Frida Khalo, un parallélisme vital de souffrances dû à ses déformations physiques* auxquelles s'ajouteront, dans le cas de Blanchard, à des moments de grande pénurie économique durant sa brève vie”.

 

*Suite à une chute de sa mère durant sa grossesse, María était de trop petite taille, bossue, boiteuse et myope. Elle disait: “J'échangerais toute mon œuvre...pour un peu de beauté”. (source)

 

María Blanchard (1881-1932), conocéis a esta pintora española? 

 Probablemente no. Extraño escamoteo de esa artista del nivel de Juan Gris...me apasionó la persona, y su arte me encantó.

 Le dedicaré dos entradas.

Fue tan solo el pasado año, en junio 2012, cuando el Museo Reina Sofía de Madrid decidió que era hora (más que hora diría yo) de hablar de ella, de darle un lugar tan merecido: “María Blanchard es una artista de vanguardia, pionera de toda una futura generación de mujeres artistas, que tuvo al igual que Frida Kahlo, un paralelismo vital de sufrimiento por sus deformidades físicas* al que se añadieron, en el caso de Blanchard, momentos de grandes penurias económicas en su breve vida.”

 

* Consecuencia de una caída de su madre durante su embarazo, María era enana, jorobada, coja y miope. Decía “"cambiaría toda mi obra... por un poco de belleza". (fuente)

 

 

 

Tora Vega Holmström 1921 María Blanchard

 

 
C'est pourquoi ce portrait d'elle réalisé en 1921  par la peintre suédoise Tora Vega Holmström (1880-1967) a tant de valeur à mes yeux. La délicate Tora ne laisse deviner aucune de ces tares physiques, tout au plus les  lunettes  aux verres épais tenues à la main. Nous n'avons pas de détails sur leur relation mais elles se sont plus que probablement rencontrées à Paris où María s'est définitivement installée en 1910.

 

Por eso este retrato de ella realizado en 1921 por la pintora sueca Tora Vega Holmström (1880-1967) tiene tanto valor a mis ojos. La delicada Tora no deja adivinar ninguna de esas taras físicas, solo sus gafas en la mano. No tenemos detalles sobre su relación pero se encontraron, mas que probablemente, en París donde María se instaló definitivamente en 1910.

 

Nous commencerons par la fin, c'est à dire après sa mort, avec un article dans le journal l' Intransigeant - Paris qui résume bien sa vie. “ L'artiste espagnole est morte hier soir, après une douloureuse maladie. La place qu'elle occupait dans l'art contemporain était prépondérante. Son art, puissant, fait de mysticisme et d'un amour passionné pour la profession, restera comme celui d'un des artistes authentiques et les plus significatifs de notre époque. Sa vie de recluse et malade avait d'autre part contribué à développer et aiguiser singulièrement une des plus belles intelligences de notre temps.”

 

Empezaremos por el final, es decir después de su muerte, con un artículo del periódico L'Intransigeant de París que resume bien su vida: "La artista española, ha muerto anoche, después de una dolorosa enfermedad. El sitio que ocupaba en el arte contemporáneo era preponderante. Su arte, poderoso, hecho de misticismo y de un amor apasionado por la profesión, quedará como el de un auténtico artista y uno de los más significativos de nuestra época. Su vida de reclusa y enferma, había por otro lado contribuido a desarrollar y a agudizar singularmente una de las más bellas inteligencias de nuestro tiempo".

 

Et puis quelques courts extrait de l'Élégie de García Lorca à la mort de María:

 

He aquí unos cortos extractos de la Elegía de García Lorca a la muerte de María:

 


“...
La lucha de María Blanchard fue dura, áspera, pinchosa, como rama de encina, y sin embargo no fue nunca una resentida, sino todo lo contrario, dulce, piadosa, y virgen.

 

...La lutte de María Blanchard fut dure, âpre, épineuse, comme branche de chêne vert, et pourtant elle ne fut jamais rancunière, tout au contraire, douce, pieuse, et vierge.

 


- Aguantaba la lluvia de risas que causaba, sin querer, su cuerpo de bufón de ópera, y la risa que causaban sus primeras exposiciones, con la misma serenidad que aquel otro gran pintor, Barradas, muerto y ángel, a quien la gente rompía sus cuadros y él contestaba con un silencio recóndito de trébol o de criatura perseguida.

 

 

M. Blanchard "La primera comunión"

 

- Elle supportait la pluie de rires que causait, sans le vouloir, son corps de bouffon d'opéra, et le rire que causèrent ses premières expositions, avec la même sérénité que cet autre grand peintre, Barradas, mort et ange, à qui les gens cassaient les tableaux et auxquels il répondait par un silence abstrus de trèfle ou de créature poursuivie.
- Y a medida que avanzaba el tiempo, su alma se iba purificando y sus actos adquirían mayor trascendencia y responsabilidad. Su pintura llevaba el mismo camino magistral, desde el cuadro famoso de "La primera comunión" hasta sus últimos niños y maternidades, pero atormentada por una moral superior daba sus cuadros por la mitad del precio que le ofrecían, y luego ella misma componía sus zapatos con una bella humildad.

- Au fil du temps, son âme se purifiait et ses actes acquiéraient une plus grande transcendance et responsabilité. Sa peinture prenait le même chemin magistral, depuis le tableau “La première communion” jusqu'à ses derniers enfants et maternité, mais tourmentée par une morale supérieure elle donnait ses tableaux pour la moitié du prix qu'on lui offrait, même si après elle devait confectionner ses propres souliers avec une belle humilité.

 

Et la fin, si belle.
Y el final, precioso.

  

Te he llamado jorobada constantemente y no he dicho nada de tus hermosos ojos, que se llenaban de lágrimas, con el mismo ritmo que sube el mercurio por el termómetro, ni he hablado de tus manos magistrales. Pero hablo de tu cabellera y la elogio, y digo aquí que tenías una mata de pelo tan generosa y tan bella que quería cubrir tu cuerpo, (…). Porque eras jorobada, ¿y qué? Los hombres entienden poco las cosas y yo te digo, María Blanchard, como amigo de tu sombra, que tú tenías la mata de pelo más hermosa que ha habido en España."

 

Je t'ai constamment appelée bossue et je n'ai rien dit de tes beaux yeux, qui s'emplissaient de larmes, au même rythme que monte le mercure dans le thermomètre, rien dit non plus de tes mains magistrales. Mais je parle de ta chevelure et j'en fais l'éloge, et je dis ici que tu avais une masse de cheveux si généreuse et si belle qu'elle voulait couvrir ton corps, (…). Parce que tu étais bossue, et alors? Les hommes comprennent peu les choses et je te dis, María Blanchard, comme ami de ton ombre, que tu avais la masse de cheveux la plus belle qu'il y a eu en Espagne.” (Trad: Colette)
Extrait de la conférence prononcée par F. García Lorca à Madrid en 1932 (texte entier ici)

 

 
M. Blanchard La toilette

 

Dans le prochain billet je vous raconterai sa vie, à travers ses oeuvres, d'abord cubistes puis plus expresionnistes. Je vous parlerai de ses rencontres aussi.

 

La próxima vez os contaré su vida, a través de sus obras, primero cubistas luego más expresionistas. Os hablaré también de sus encuentros.

 

25/12/2012

Memoria shout love

J'ai admiré  ces oeuvres de Pep Llambías dans la Fundació Lichter Alaró.
He admirado estas obras de Pep Llambías en la Fundació Lichter Alaró.

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  Cri, grito

 
 
 

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  Joyeux Noël     Feliz Navidad

15/12/2012

Au fil du vent /F. García Lorca / Al filo del viento

Inconnu aux mille noms,
tellement vivant,
le vent.

Si la poésie de Federico García Lorca est visuelle et nous emporte toujours vers des images fortes, celle du vent me semble être la plus frappante: le poète réussit à nous faire voir l'invisible.

Dessin F.G. LorcaFederico Garcia Lorca Drawing--Death.jpg


Voici ma traduction de:

 

Trois histoires du vent

 

I

 

 
Le vent dévalait rouge
sur le coteau allumé

et il devint vert, vert
du côté de la rivière.
Après il virera au violet,
au jaune et...
Il sera sur les semailles
un arc-en-ciel tendu.
 

 

II

 

                                   Vent dormant.                                     

En haut le soleil.
En bas
les algues frémissantes
des peupliers.
Et mon cœur
tremblant.
 

Vent dormant
à cinq heures du soir
Sans oiseaux.

 

III

 

La brise
est ondulée
comme les cheveux
de certaines filles.
Comme les veines
de vieilles planches.

La brise
jaillit comme l'eau
et se répand,
comme un baume blanc,
dans les vallons,
et s'évanouit
en cognant le dur
de la montagne.

(Trad: Colette)

 

VIENTO- RODRIGO R.PIMENTEL.jpg

Rodrigo R. Pimentel Viento

Desconocido con mil nombres,
tan vivo,
el viento.
Si la poesía de Lorca es visual y nos lleva siempre hacia imágenes fuertes, la del viento me parece particularmente significativa: el poeta consigue hacernos ver lo invisible.

Tres historias de viento
I

El viento venía rojo
por el collado encendido
y se ha puesto verde, verde
por el río.
Luego se pondrá violeta,
amarillo y...
Será sobre los sembrados
un arco iris tendido.



II


Viento estancado.
Arriba el sol.
Abajo
las algas temblorosas
de los álamos.
Y mi corazón
temblando.

Viento estancado
a las cinco de la tarde.
Sin pájaros.
 
III

La brisa
es ondulada
como los cabellos
de algunas muchachas.
Como los marecitos
de algunas viejas tablas.
La brisa
brota como el agua
y se derrama,
como un bálsamo blanco,
por las cañadas,
y se desmaya
al chocar con lo duro
de la montaña.

 

09/12/2012

Infimes plaisirs / Placeres ínfimos

 

L'écrivain, essayiste, poète et chroniqueur de El País, Manuel Vicent s'est joint cette semaine, à sa manière, à une partie des juges, des médecins, des professeurs et de tant d'autres pour essayer d'apporter un peu d'espoir, de bien être à leurs contemporains.

El escritor, ensayista, poeta y cronista de El País, Manuel Vicent se unió esta semana, a su manera, a una parte de los jueces, médicos, profesores y tantos más para intentar aportar un poco de esperanza, de bienestar a sus contemporáneos.

 

Je vous ai traduit cette chronique datée du 2 décembre 2012.

 

Ça ne peut pas nous faire de mal.

 

Una solución

 

Manuel Vicent 2 DIC 2012 – El PAÍS

 

Un jour dans le bar Gijón j'ai surpris un poète maudit, plongé dans ses pensées. Je lui ai demandé si la gravité de son visage se devait à l'élaboration d'un vers brillant. “C'est ça”, m'a-t-il répondu. “En ce moment je me débats dans un doute: me tirer un coup de revolver dans la bouche ou manger une glace à la fraise”.

 Au monastère de Kopan, dans la vallée de Katmandu, un Maître Vénerable m'a dit: si tu veux savoir jusqu'à quel point tu es heureux et tu ne le sais pas, achète-toi un carnet et écris chaque nuit cinq petits faits agréables qui te sont arrivés pendant la journée. Ne note que les sensations plaisantes et insignifiantes, les joies infimes, pas les rêves démesurés.

 Ce matin le soleil à la fenêtre m'a éveillé et j'ai remarqué que cette fois je n'avais pas mal au dos. Le chien m'a salué de la queue. Le patron du bar, où j'ai l'habitude de petit déjuener en lisant le journal, a refusé de me faire payer la ration de churros. J'ai lu la chronique sportive: hier mon équipe a gagné. L'autobus est arrivé à l'heure et à l'arrêt les mots d'amour d'une mère à sa petite fille qui partait à l'école m'ont ému. (…)


Le Vénérable Maître assura qu'après un temps se formerait dans ce carnet un tissu basique d'actes heureux, de subtils plaisirs éphémères, très consistant, qui, sans que nous nous en rendions compte, soutient fermement toute notre vie et résout au passage le doute du poète.

 Pour le moment il suffira pour éviter qu'il ne se suicide.

Il se peut que ce ne soit que cette charlatanerie qui se répand tandis que brûlent les traditionnels bâtons de musc et encens et que cela ne serve qu'à oublier la terrible et injuste cruauté qui nous entoure.

 Mais le Vénérable Maître, au milieu de cet air transparent qui descendait de l'Himalaya, dit que de toutes les flèches funestes que la vie nous lance quasi aucune n'atteint son but. Elles tombent autour de nous et c'est nous qui les arrachons du sol et nous les clouons dans le coeur, l' esprit, ou dans le sexe. Peut-être cet enseignement pourrait-il servir au poète pour enfiler un de ses vers les plus éminents: paraît le soleil, je suis vivant.

(Trad: Colette)

 


          
Foto Colette, Fondation Miró                                                            Foto Colette

 Un día en el café Gijón sorprendí a un poeta maldito, absorto en sus pensamientos. Le pregunté si la gravedad de su rostro obedecía a que estaba elaborando algún verso insigne. “Así es”, me contestó. “En este momento me debato en la duda de pegarme un tiro en la boca o tomarme un helado de fresa”.

En el monasterio de Kopan, en el valle de Katmandú, me dijo un Maestro Venerable: si quieres saber hasta qué punto eres feliz y no lo sabes, cómprate una libreta y apunta en ella cada noche cinco pequeños hechos agradables que te hayan sucedido durante el día. Anota solo las sensaciones placenteras insignificantes, las alegrías ínfimas, no los sueños desmesurados.

Esta mañana me ha despertado el sol en la ventana y he comprobado que esta vez no me dolía la espalda. El perro me ha saludado con el rabo. El dueño del bar, donde suelo desayunar hojeando el periódico, hoy se ha negado a cobrarme la ración de churros. He leído la crónica deportiva: ayer ganó mi equipo. El autobús ha llegado puntual y en la parada me han conmovido las palabras de amor que una madre le dirigía a su niña que se iba al colegio. (...)

El Maestro Venerable aseguró que después de un tiempo en esa libreta se habrá formado un tejido básico de actos felices, de sutiles placeres efímeros, muy consistente, que sin darnos cuenta sustenta firmemente toda nuestra vida y de paso resuelve la duda del poeta.

 De momento bastará con un helado para evitar que se pegue un tiro.

 Puede que esto no sea más que esa charlatanería que se expande mientras arden las consabidas barritas de almizcle e incienso y que solo sirve para olvidar la terrible crueldad e injusticia que nos rodea.

 Pero el Maestro Venerable, en medio de aquel aire transparente que bajaba del Himalaya, dijo que todas las flechas aciagas que la vida nos lanza casi ninguna da en el blanco. Caen a nuestro alrededor y somos nosotros los que las arrancamos del suelo y nos las clavamos en el corazón, en la mente o en el sexo. Tal vez esta enseñanza podría servir al poeta para enhebrar uno de sus versos más excelsos: sale el sol, estoy vivo.

{Écrivain prolixe, très peu de ses romans sont traduits en français, mais parmi eux La Balade de Caïn: basé sur le vieux thème du fratricide qui imprègne la culture judéo-chrétienne, et depuis la Genèse jusqu'à New York, c'est un roman sensuel, lyrique et sensible. La recherche des mots et du style, si neuf, – on a parlé de “poète de la prose” - rendent sa lecture délicieuse. }

 

{Escritor muy prolijo, me encantó la novela La Balada de Caín; basada en el viejo tema del fratricidio que impregna la cultura judeocristiana, y eso desde la Génesis hasta Nueva York, es una novela sensual, lírica y sensible. La búsqueda de palabras y de un estilo tan nuevo – se habló de un “poeta de la prosa” - hacen su lectura deliciosa.}

 

25/11/2012

Couseuses / Costureras

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Emilio Botero: Costureras

 

Últimamente me persigue la costura, o mejor dicho, las costureras. Después de haber leido « Los hilos del corazón « de Carole Martínez  en el cual la protagonista es un artista de la aguja (a leer, absolutamente), en la novela « El lector de Julio Vernes » de Almudenas Grandes se habla de hijos de Guardias Civiles, siempre vestidos de verde : sus madres les cortaban y cosían la ropa en los uniformes gastados de sus padres. M, cuyo padre estaba en la aviación, me cuenta que él, por el mismo motivo de la post-guerra, siempre iba vestido de azul...

Los trastornados ambientes actuales que nos hacen volver a nuestras agujas me han decidido ha dedicar unas lineas a las costureras.

Por todo, costuras del alma, también.

 

Dernièrement la couture me poursuit, ou plutôt les couseuses. Après la lecture de “Coeur cousu” de Carole Martínez où la protagoniste est une artiste de l'aiguille, dans le roman « Le lecteur de Jules Vernes » (pas encore traduit en français mais ce ne saurait tarder) d'Almudena Grandes, situé juste après la guerre civile dans un village andalous, il est fait état des enfants de Gardes Civiles, toujours habillés de vert : leurs mères leur coupaient et cousaient des habits dans les uniformes usés de leurs pères. M. dont le père était dans l'aviation, me dit que lui était toujours, et pour la même raison, vêtu de bleu...Finalement ce sont les bouleversements ambiants actuels qui nous font retourner à nos aiguilles qui m'ont décidée.

Et partout, des coutures de l'âme, aussi.

                                  

Les femmes et la couture est une longue histoire, où elles ont eu le plus souvent le rôle secondaire de « petites mains » puis, une fois le XIXºs et les machines à coudre commercialisées, elles sont devenues elles-mêmes des machines, ou presque.

C'est surtout en peinture que l'on trouve des portraits de ces femmes, magnifiées, vous en connaissez sûrement plus d'une ; nombreux sont les artistes de tous pays qui en ont fait le sujet d'un tableau. J'ai privilégié la peinture espagnole ou de pays hispanophones mais pas uniquement.

Des couseuses, brodeuses, le plus souvent solitaires.

Las mujeres y la costura es una larga historia donde ellas han tenido, la mayor parte del tiempo, un papel secundario. Una vez el siglo XIX y la comercialización de las máquinas de coser, las mujeres se convirtieron ellas mismas en máquinas, o poco menos.

Se encuentran en pintura muchos retratos de esas mujeres, magnificadas. Seguro que más de una os viene a la memoria ; numerosos artistas de todos los países han hecho de ellas el tema de un cuadro. He privilegiado la pintura española o de países hispanófonos, pero no unicamente.

Costureras, bordadoras, solitarias en su mayor parte.



La toile la plus connue ici est celle-ci de Velázquez. C'est un tableau inachevé (regardez la partie de son bras droit) et il pourrait s'agir de sa femme, sa fille...mais peu importe.

Aquí la más conocida es la de Velazquez. Es un cuadro inacabado (mirad la parte de su brazo derecho) y podría tratarse de su mujer, de su hija...poco importa.

 

velazquez-la-costurera.jpg



Muy diferentes son los cuadros siguientes donde el decorado es tan importante como el modelo; una bonita luz, indispensable para realizar los trabajos de aguja...y las pinturas. Escenas intimistas, apacibles. Las damas, solas, el trabajo extendido sobre sus faldas, los ojos fijados en su obra. Un decorado algo similar, cortinas y hojas de árboles.

 

Fort différents sont les deux tableaux suivants où le décor est aussi

important que le modèle; une belle lumière, indispensable pour réaliser les

travaux d'aiguille...et les toiles. Scènes intimistes, paisibles. Les dames,

seules, le travail étalé sur leurs jupes, les yeux fixés sur leur ouvrage. Un

décor un peu similaire, rideaux et feuilles d'arbres.

 

 

Manuel Gómez-Moreno González 1873

Salvador Tuset: Valencia 1883

30/10/2012

Un matin d'automne presque banal / Una mañana de otoño casi banal

Tout semblait normal ce matin: ciel mi-nuageux, température douce, la vigne vierge rougissante. 
Todo parecía normal esta mañana: cielo medio nublado, temperatura suave, la parra virgen enrojeciendo.


Un jour d'automne comme un autre.
Plaisir de constater que mes avocats s'arrondissent (pourquoi n'en cultive-t-on pas ici? Ils poussent parfaitement sur mon terrain où il fait plus froid qu'en bien des endroits de l'île), les grenades imitent les avocats mais en rosissant.



Un día de otoño como cualquier otro.
El placer de constatar que mis aguacates redondean (¿por qué no se cultivan aquí? Crecen perfectamente en mi terreno donde hace bastante más frío que en muchos sitios de la isla), las granadas imitan a los aguacates pero coloreándose de rosa.


Il était tôt et les seules rencontres furent animales. Je flâne donc parmi les bosquets, le nez en l'air j'observe un chat qui fait de même. 
 
Era pronto y sólo me encontré con unos animales. Vago por el sotobosque, levanto la vista para observar a un gato que hace lo mismo.
Total, nada que señalar hasta que a la vuelta, pasando por el cercado-prado de cabras, la vi que me miraba.
 
Bref, rien à signaler jusqu'à ce qu'au retour, passant devant l'enclos-prairie aux chèvres, je l'ai vue qui me regardait.



Un regard...ce regard. Una mirada...esa mirada.
 
Je suis rentrée inquiète, ruminant cette phrase lue dans L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera:
“La vraie bonté ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu'il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux.”

Volví, inquieta, rumiando esta frase leída en “La insoportable levedad del ser” de Milan Kundera:
“La verdadera bondad sólo se puede manifestar con toda pureza y en toda libertad hacia los que no representan ninguna fuerza. El verdadero test de la humanidad (el más radical, que se sitúa a un nivel tan profundo que escapa a nuestra mirada), son las relaciones con los que están a su merced: los animales.”
(Trad: Colette)
 

01/10/2012

Aux îles Canaries II / En las islas Canarias II

 

Sept îles d'origine volcanique, les Canaries. Non, leur nom ne vient pas de ces charmants plumés mais, apparemment, de Cane, chien...une race de grands chiens autochtones , voyez plutôt ici.

Ces îles n'ont bien entendu pas toujours appartenu aux Espagnols. (si le coeur vous en dit lisez leur histoire ici)

Avant le XVº, elles étaient habitées par les guanches, d'origine berbère. Car ces îles, spécialement Lanzarote, se trouvent à un jet de pierre du sud du Maroc. 

 

 

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                                                Carte sur tissu XVIª

 

Siete islas de origen volcánico, las Canarias. No, su nombre no viene de los encantadores plumados, sino, al parecer, de Cane, perro...una raza autóctona de perros grandes. Para verlos, aquí.

Esas islas no pertenecieron desde siempre, claro está, a España: antes del siglo XV, estaban habitadas por los guanches, de origen berebere. Esas islas, especialmente Lanzarote, se encuentran a tiro de piedra del sur de Marruecos. 

 

La plupart des touristes y recherchent les plages, les vagues pour le surf, la douceur du climat, rarement trop chaud ou trop froid, je me souviens de m' y être baignée en mer un 25 décembre...mais, si le paysage est aride et rocailleux au niveau de la mer, ces îles montagneuses, possèdent des trésors de végétation dans les hauteurs. Les très nombreuses réserves naturelles dissiminées sur les îles sont de merveilleux endroits d'excursion. En cliquant ici, vous pourrez les admirer.

 

La mayor parte de los turistas buscan las playas, los olas para el surf, el clima suave, raras veces demasiado cálido o frío, me acuerdo haberme bañado en el mar un 25 de diciembre...pero, si el paisaje es árido y rocoso al nivel del mar, esas islas montañosas poseen tesoros de vegetación en las alturas. Las numerosas reservas naturales diseminadas en las islas son maravillosos lugares para el excursionismo.

 

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Comme promis, une poétesse locale, Victoria Bridoux 1835-1862 et un extrait de “Je veux partir!
Si moderne...

 Como prometido, una poetisa, Victoria Bridoux 1835-1862, y un fragmento de “¡Quiero partir!

Tan moderno...

 

Je veux partir!

 

 
  Je ressens un malaise indéfinissable
l'air que je respire m'asphyxie...
Le cœur a une corde sensible,
et à la sentir vibrer, je deviens folle!!
 
  C'est un désir sans couleur, sans nom:
C'est la vaine inquiétude d'une pensée;
jamais l'homme ne pourra comprendre
toute l'angoisse qu'en moi je ressens!
 
  En contemplant la mer, qui doucement gémitt
je tends mes bras avec profond chagrin,
et de peine s'évanouit l'âme
à chercher dans le monde cette chose perdue!

  Je voudrais voler, voler légère
laissant derrière monts, Iles, vergers,
et découvrir de loin un autre rivage,
tel une douce corbeille d’œillets...

 

(trad: Colette) 

 


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Manolo Millares / Puerto de la luz 1952

    (source: http://www.absolutmalaga.com/espacios-intimos-coleccion-ramirez-navarro/) 


 

 
 ¡Quiero partir!
 
 
    Yo siento un malestar indefinible
  el aire que respiro me sofoca..
  Hay una cuerda al corazón sensible
  ¡¡y al sentirla vibrar, me vuelvo loca!!
 
   Es un anhelo sin color, sin nombre:
Es la vana inquietud de un pensamiento;
¡mas comprender jamás pudiera el hombre

toda la angustia que en mi pecho siento!

 

   Al contemplar el mar, que gime en calma,
tiendo mis brazos con dolor profundo,
¡y se desmaya de pesar el alma
por buscar algo que perdió en el mundo!
 
   Yo quisiera volar, volar ligera
dejar montes atrás,Islas,vergeles,
y divisar lejana otra ribera,
cual blando canastillo de claveles...

22/09/2012

Aux îles Canaries / En las islas Canarias

À l'aube d'un jour blanc / En el amanecer de un día blanco

Depuis le temps que Espaces Instants existe jamais nous n'avons débarqué sur les îles Canaries. L'année que j'y ai passée, ma première en Espagne juste après la mort de Franco, m'a laissé des souvenirs glissés dans le fond d'un tiroir, un dossier consciemment « oublié ».
Pas par la faute des îles ni de leurs habitants, mais par celle d'un dur apprentissage de la langue, des coutumes et la découverte de ce qui pour moi s'assimilait au tiers-monde. Je n'y étais pas préparée.
Alors trois billets vont rétablir cette injustice. À chaque fois une poétesse et un artiste.
Desde que existe Espaces Instants nunca hemos desembarcado en las islas Canarias. El año que pasé allí, para mi el primero en España, justo después de la muerte de Franco, me dejó unos recuerdos metidos en el fondo de un cajón, un expediente conscientemente «olvidado».
No por culpa de las islas ni de sus habitantes, sino por la de un duro aprendizaje de la lengua, de las costumbres y del descubrimiento de lo que para mí se asimilaba al tercer mundo. No estaba preparada.
Tres entradas van a reparar esa injusticia. Cada vez una poetisa y un artista.

 

 
 
Toi du haut du balcon... Josefina de la Torre (1907-2002)
 
Toi du haut du balcon de ton silence
moi dans la barque sans cap de mon mal,
tous deux perdus sur le même chemin,
toi qui attends ma voix et moi qui attends.
 
Esclave toi de l'horizon inutile,
enchaînée moi à mon passé.
Pas une silhouette de navire dans ta pupille
ni boussole et timon pour mes bras.

Debout sur la haute balustrade marine
en vain tu attendrais ma venue.
Je devrais arriver sur l'écume
à l'aube d'un jour blanc.
 
Mais le haut balcon de ton silence
oublia le signal pour mon navire.
Et je me perdis dans le brouillard de ta rencontre
-comme un oiseau aveugle- pour toujours.

(Trad: Colette)

Andrés DelgadoAndresDelgadoSintitulo7.jpg

 

Tú en el alto balcón... Josefina de la Torre

Tú en el alto balcón de tu silencio,
yo en la barca sin rumbo de mi daño,
los dos perdidos por igual camino,
tú esperando mi voz y yo esperando.

Esclavo tú del horizonte inútil,
encadenada yo de mi pasado.
Ni silueta de nave en tu pupila,
ni brújula y timón para mis brazos.

En pie en el alto barandal marino
tú aguardarías mi llegada en vano.
yo habría de llegar sobre la espuma
en el amanecer de un día blanco.

Pero el alto balcón de tu silencio
olvidó la señal para mi barco.
Y me perdí en la niebla de tu encuentro
–como un pájaro ciego– por los años.


 

16/09/2012

Transformation

Fable de Samaniego (1745-1801)

Les fourmis
 
Ce qu'aujourd'hui sont les fourmis,
Étaient les hommes d'antan:
De leurs biens propres et de ceux d'autrui
Ils faisaient leur provision.
Jupiter, qui depuis des siècles
Observait cette passion,
N'en pouvant plus,
En fourmis les transforma:
Ils changèrent de forme;
Et d'habitudes? Jamais.
(Trad: Colette)


En quoi Jupiter nous transformait-il aujourd'hui?

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Las hormigas 

Lo que hoy las hormigas son,
 
Eran los hombres antaño:
 De lo propio y de lo extraño
 
Hacían su provisión.
 
Júpiter, que tal pasión
 
Notó de siglos atrás,
 No pudiendo aguantar más,
 
En hormigas los trasforma:
 
Ellos mudaron de forma;
 
¿Y de costumbres? Jamás.
Fábulas, Samaniego

¿En qué nos trasformaría Jupiter hoy en día?


08/09/2012

Un pied, léger, au Japon / Un pie, ligero, en Japón

 

Mine Kawakami, pianiste, compositrice, est une muscienne tout à fait spéciale. Elle traverse, transporte la musique classique en innovant. Quelques légères touches de jazz, des silences, un joué minimaliste, intime.

Née au Japon en 1969, elle a fait ses études de musique à Munich et Madrid, enseigné un an à Cuba, et vit entre le Japon et Córdoba, Espagne.

 Je l'ai découverte il y a peu dans une émission de radio espagnole,  à écouter ici.
Elle parle parfaitement l'espagnol et s'est prêtée au jeu de réaliser des improvisations au piano; des idées, de sentiments mais aussi...le vin de la Rioja par exemple, magique.

 

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 Mine Kawakami, pianista y compositora es una artista muy especial. Atraviesa, trasporta la música clásica, innovando. Algunos toques de jazz, silencios, una manera de tocar minimalista, íntima.

Nacida en Japón en 1969, estudió música en Munich y Madrid, enseñó un año en Cuba, y vive entre Japón y Córdoba.

La descubrí hace poco en una emisión de la cadena Ser:aquí.

 Habla perfectamente español y se prestó al juego de improvisar al piano ideas, sentimientos, ¡hasta del vino Rioja! Mágico!

Son dernier CD s'appelle O Meu Camiño, un album composé de 10 pièces pour piano seul inspiré du Chemin de Saint-Jacques jusqu'à arriver à Compostelle. Il constitue comme un portrait, une description musicale des beautés rencontrées.

Le piano peut exprimer une infinité de sons possibles, de rythmes et de tons. Je désire que mes compositions et ma façon de jouer transmettent l'émotion que peuvent provoquer les arbres dans la jungle, le son du vent ou la voix de la terre” (Mine Kawakami)

Su último CD se llama O Meu Camiño, un álbum compuesto de 10 piezas para piano solo inspirado en el Camino hasta Santiago de Compostela. Constituye como un retrato, una descripción musical de las bellezas encontradas.

"El piano puede expresar infinidad de posibles sonidos, ritmos y tonos. Deseo que mis composiciones y mi forma de tocar transmitan lo conmovedor que pueden resultar los arboles en la jungla, el sonido del viento o la voz de la tierra" (Mine Kawakami).

Je vous laisse l'écouter. D'abord ce morceau “Santiago de Compostela”.

Primero os dejo escuchar esta pieza.

 

 

Si cela vous a plu, voici un site où vous pourrez en écouter d'autres. J'aime beaucoup “Ave María Stella”.

Si os ha gustado, podéis escuchar más piezas del CD aquí. Me gusta mucho “Ave María Stella”
http://www.myspace.com/minekawakami/music

Et si vous pensez vous rendre au Japon,son prochain récital, et pour célébrer les échanges culturels entre le Japon et l'Espagne, aura lieu dans le temple Kiyomizu Dera de Kyoto le 29 septembre

El próximo 29 de septiembre dará un recital en el precioso templo Kiyomizu Dera (清水寺) de Kyoto para conmemorar el intercambio cultural entre España y Japón.