01/10/2011

La musique de Platero / La música de Platero

 

platero_dibujo2jpg.jpgIl est bien possible que le nom de Juan Ramón Jiménez ne vous dise pas grand-chose, mais il serait étonnant que vous n’ayez jamais entendu parler de Platero, son âne. Enfin son complice d’un livre, son ami, son confident.

Es posible que el nombre de Juan Ramón Jiménez no le suene mucho, pero sería extraño que nunca hubiera oido hablar de Platero, su burro. Más bien su cómplice el tiempo de un libro, su amigo, su confidente.

 

“Platero es pequeño, peludo, suave; tan blando por fuera, que se diría todo de algodón, que no lleva huesos. Sólo los espejos de azabache de sus ojos son duros cual dos escarabajos de cristal negro.

Es tierno y mimoso igual que un niño, que una niña ... pero fuerte y seco como de piedra. Cuando paso sobre él los domingos, por las últimas callejas del pueblo, los hombres del campo, vestidos de limpio y despaciosos, se quedan mirándolo:

--Tiene acero...

-Tiene acero. Acero y plata de luna, al mismo tiempo.”

 

« Platero est petit, doux, velu, si moelleux d'aspect qu'on le dirait tout en coton, sans ossature. Seuls les miroirs de jais de ses yeux sont durs comme deux escarboucles de cristal noir.

 Il est tendre et caressant comme un enfant, comme une petite fille... ; mais il est dur et sec, intérieurement, comme une pierre. Lorsque nous traversons, le dimanche, les dernières ruelles du village, les campagnards, lents et coquets, s'arrêtent pour le regarder :
- On dirait de l'acier...
De l'acier, mais oui. De l'acier mêlé d'un argent de lune. » Platero y yo (Juan Ramon  Jiménez) Traduction de Claude Couffon 

 

Juan R. Jiménez n’a pas eu d’enfant mais il les estimait grandement. Il disait qu’il n’avait jamais rien écrit spécialement pour eux car il pensait que l’enfant peut découvrir la beauté littéraire dans les mêmes livres que les adultes. Et il est vrai que les enfants lisent « Platero et moi » avec autant de plaisir que les adultes. Il traitait les enfants comme des adultes, il ne descendait pas à leur niveau, il les élevait au sien.

Juan R. Jiménez no tuvo hijos pero sentía un aprecio grande por los niños. Decía que nunca había escrito nada especialmente para ellos porque pensaba que el niño puede descubrir la belleza literaria en los mismos libros que los adultos. Y es verdad que los niños leen “Platero y yo” con el mismo placer que los adultos. Trataba a los niños como adultos, “no descendía él a su nivel, sino que los elevaba a ellos al suyo”

(http://w.w.w.aureoherrero.org/cincuentenariojanramon.)

Dessin réalisé par Ronce à qui sa grand-mère avait lu Platero. Merci!Platero Noée Ronce.JPG

De ce récit poétique composé de 138 courts chapitres, certains ont été mis en musique par Mario Castelnuovo-Tedesco.

De este relato poético compuesto de 138 capítulos cortos, algunos han sido puestos en música por Mario Castelnuevo-Tedesco.

 

 Je vous propose le morceau correspondant au chapitre   C X X X V - MELANCOLÍA 

Voici les paroles récitées par la jeune femme.

 

Esta tarde he ido con los niños a visitar la sepultura de Platero, que está en el huerto de la Piña, al pie del pino redondo y paternal. En torno, abril había adornado la tierra húmeda de grandes lirios amarillos. Cantaban los chamarices allá arriba, en la cúpula verde, toda pintada de cenit azul, y su trino menudo, florido y reidor, se iba en el aire de oro de la tarde tibia, como un claro sueño de amor nuevo. Los niños, así que iban llegando, dejaban de gritar. Quietos y serios, sus ojos brillantes en mis ojos me llenaban de preguntas ansiosas. —¡Platero, amigo!—le dije yo a la tierra—; si, como pienso, estás ahora en un prado del cielo y llevas sobre tu lomo peludo a los ángeles adolescentes, ¿me habrás, quizá, olvidado? Platero, dime: ¿te acuerdas aún de mí? , Y, cual contestando a mi pregunta, una leve mariposa blanca, que antes no había visto, revolaba insistentemente, igual que un alma, de lirio en lirio...

 

Vous pouvez trouver le texte complet en espagnol, fort joliment présenté ici :

Aquí el texto completo, agradablemente ilustrado.

 

 

Un beau cadeau à faire (et à vous offrir pour voyager gaiement en Andalousie !!) avec la version audio, ici par exemple :

  

 

 

Je termine ici la première partie. La seconde sera dédiée à « L’affaire Platero » qui eut lieu entre, d’un côté Luís Buñuel et Salvador Dali et de l’autre J.R. Jiménez qui ne comprit jamais le pourquoi de l’affaire…

Termino aquí la primera parte. La segunda será dedicada al “asunto Platero” que tuvo lugar entre, por una parte Luís Buñuel y Salvador Dali, y por otra J.R. Jiménez que no entendió nunca el por qué del asunto…

04/06/2011

Jouait mon âme.../ Jugaba mi alma...

Orages, coupures de courant, pluies.

Cabrioles d’escargots, absence des libellules acrobates.

 

Alors, simplement deux nocturnes, merveilleux, de F. García Lorca cette semaine.

 

Tormentas, cortes de luz, lluvias.

Cabriolas de caracoles, ausencia de las libélulas acróbatas.

 

Entonces, simplemente dos nocturnos, maravillosos, de F. García Lorca  esta semana.

 

Un brazo de la noche

entra por mi ventana.

 

Un gran brazo moreno

con pulseras de agua.

 

Sobre un cristal azul

jugaba al río mi alma.

 

Los instantes heridos

por el reloj…pasaban.

 

 

 femme pluie.jpg

 

Un  bras de la nuit

entre par ma fenêtre.

 

Un grand bras brun

avec des bracelets d’eau.

 

Sur une vitre bleue

jouait mon âme à être fleuve.

 

Les instants blessés

par l’horloge…passaient. (Trad. Colette)

 

 

 

 

 

Asomo la cabeza

por mi ventana, y veo

cómo quiere cortarla

la cuchilla del viento.

 

En esta guillotina

invisible, yo he puesto

la cabeza sin ojos

de todos mis deseos.

 

Y un olor de limón

llenó el instante inmenso,

mientras se convertía

en flor de gasa el viento.

 

 fenetre_pluie.JPG

 

Je passe la tête

par ma fenêtre, et je vois

comment veut la couper

la lame du vent.

 

Sur cette guillotine

invisible, j’ai mis

la tête sans yeux

de tous mes désirs

 

Et une odeur de citron

emplit l’instant immense,

tandis que se transformait

en fleur de gaze le vent.

 (Trad Colette)

 

Photo 1: http://vietnamblog.danthony.org/?2008/07/24/154-fenetre-sur-la-pluie

Photo 2: http://bouh.wordpress.com/tag/femme/

 

 

26/03/2011

D'île en île, le vent / De isla en isla, el viento

Hiromi2 2008.jpgLe vent s’amuse-t-il à voyager d’île en île emportant avec lui espérances et tristesses ?

 

Hiromi le croit.

Hiromi et sa famille qui vivent sur mon île depuis longtemps, qui ont la tête sous les décombres de la leur.

 

Hiromi me raconte, elle peint beaucoup pour l’instant.

Elle me parle de Haïti aussi.

Iles, îles.

 

 

Hiromi 2008.jpg

¿Se divierte el viento al viajar de isla en isla llevando consigo esperanzas y tristezas?

 

Lo cree Hiromi.

Hiromi y su familia que viven en mi isla desde hace tiempo, que tienen la cabeza bajo los escombros de la suya.

 

Hiromi me cuenta, pinta mucho en estos momentos.

También me habla de Haití.

Islas, islas.

 

 

 

 

 

 

Une chanson de Laura López Castro, les paroles en espagnol ici. La musique est belle aussi, écoutez.

 

 

 

Mon corps au vent  Laura López Castro

Trad. Colette

 

Arrive la nuit et par ma fenêtre

Entre un vent qui m’apporte tristesse

Noire ombre

Qui se couche lentement sur moi

Battements qui semblent accrus

Par l’obscurité

 

Mes yeux clos surveillent l’intérieur

Essayent de calmer le battement

J’essaye d’échapper à cette triste réalité

Que le sommeil me mène ailleurs

 

J’offre mon sommeil au vent

J’offre mon sommeil à la mer

Je voyage avec l’espoir

A la recherche de la vérité

 

J’offre mon temps au vent

J’offre mon âme à la mer

Je voyage avec l’espoir

A la recherche de la vérité

 

Arrive la nuit et par ma fenêtre

Entre un vent qui m’apporte tristesse

J’offre mon temps au vent

J’offre mon sommeil à la mer

Voyageant avec l’espoir

A la recherche de la vérité

 

…..

(Répétitions)

 

Bonne nuit ma vérité (bis)

 

 

19/03/2011

Larmes de lézards / Lágrimas de lagartos

el largarto y la lagarta.jpg

 

 

C’est une chanson, un poème pour enfants écrit par Garcia Lorca.

Pour ceux d’entre vous qui apprenez ou consolidez votre espagnol, pas de problème, niveau facile, ne regardez pas plus bas.

Et interprétez l’histoire comme bon vous semblera….

 

 

 

A Mademoiselle Teresita Guillén...tocando su piano de seis notas.

El lagarto está llorando
(Federico García Lorca)


El lagarto está llorando.
La lagarta está llorando.

El lagarto y la lagarta
con delantaritos blancos.

Han perdido sin querer
su anillo de desposados.

¡Ay, su anillito de plomo,
ay, su anillito plomado!

Un cielo grande y sin gente
monta en su globo a los pájaros.

El sol, capitán redondo,
lleva un chaleco de raso.

¡Miradlos qué viejos son!
¡Qué viejos son los lagartos!

¡Ay cómo lloran y lloran.
¡ay! ¡ay!, cómo están llorando!
À Mademoiselle Teresita Guillèn
qui joue sur son piano à six notes

Le lézard est tout en larmes…

Le lézard est tout en larmes
La lézarde est tout en larmes.

Le lézard et la lézarde
en petits tabliers blancs.

Ils ont perdu par mégarde
leur anneau de mariage.

Aïe, leur anneau de plomb
aïe leur joli anneau  plombé!

Un grand ciel solitaire
embarque à son bord les oiseaux.

Le soleil, gros capitaine,
porte un gilet de satin.

Regardez comme ils sont vieux!
Comme ils sont vieux, les lézards!

Aïe comme ils pleurent, et pleurent!
aïe, aïe, comme ils pleurent!

Federico GARCIA LORCA Chansons pour enfants, trad. Colette

 

 

 

Voici la superbe adaptation musicale et vocale de Paco Ibañez.

 

                                  

13/11/2010

Un berceuse de Lorca / Una canción de cuna de Lorca

JUAN CARDONA Llados Mi espacio Flamenco.jpg
Joan Cardona Llados 1877-1957 (soliloquiosflamencos.blogspot.com)

García Lorca avait observé que, contrairement aux berceuses européennes qui sont douces et tendres, les « chansons de berceau »  espagnoles, du nord au sud (excepté au Pays Basque) étaient tristes :

Gracía Lorca había observado que, al contrario que las nanas europeas que son dulces y tiernas, las canciones de cuna españolas, del norte al sur (excepto en el País Vasco), eran tristes:

“Il y a quelques années, me promenant dans les alentours de Granada, j’entendis chanter une femme du village qui endormait son enfant. J’avais toujours remarqué la tristesse aiguë des berceuses de notre pays ; mais jamais je n’avais ressenti cette vérité si concrète comme ce jour-là. En m’approchant de la chanteuse pour noter la chanson j’ai observé que c’était un belle andalouse, gaie et sans le moindre tic de mélancolie ; mais une tradition vive travaillait en elle et elle exécutait fidèlement l’ordre, comme si elle écoutait les vieilles voix impérieuses qui glissaient dans son sang. Depuis lors j’ai essayé de recueillir des berceuses de partout en Espagne ; j’ai voulu savoir comment les femmes de mon pays endormaient leurs enfants, et après un temps j’ai eu l’impression que l’Espagne emploie ses mélodies pour imprégner le premier sommeil de ses enfants. »

"Hace unos años, paseando por las inmediaciones de Granada, oí cantar a una mujer del pueblo mientras dormía a su niño. Siempre había notado la aguda tristeza de las canciones de cuna de nuestro país; pero nunca como entonces sentí esta verdad tan concreta. Al acercarme a la cantora para anotar la canción observé que era una andaluza guapa, alegre sin el menor tic de melancolía; pero una tradición viva obraba en ella y ejecutaba el mandado fielmente, como si escuchara las viejas voces imperiosas que patinaban por su sangre. Desde entonces he procurado recoger canciones de cuna de todos los sitios de España; quise saber de qué modo dormían a sus hijos las mujeres de mi país, y al cabo de un tiempo recibí la impresión de que España usa sus melodías para teñir el primer sueño de sus niños"

Federico García Lorca -Conferencias
Las nanas infantiles 1930.

 

 

Avec Lorca au piano! En voici les paroles. "Galapaguito" que j'ai traduit par "petite tortue" est
ici, un terme affectueux.

Berceuse de Séville (F.G. Lorca)

Cette petite tortue
n’a pas de mère ;
l’a enfanté un gitane,
l’a jeté à la rue.
N’a pas de mère, oui,
n’a pas de mère, non ;
n’a pas de mère,
l’a jeté à la rue.

Ce petit enfant
n’a pas de berceau ;
son père est menuisier
et lui en fera un.

Nana de Sevilla (F.G. Lorca)

Este galapaguito
no tiene mare;

lo parió una gitana,

lo echó a la calle.

No tiene mare, sí,

no tiene mare, no;

no tiene mare,
lo echó a la calle.


Este niño chiquito

no tiene cuna;

su padre es carpintero
y le hará una.

11/09/2010

La cigale et la fourmi /La cigarra y la hormiga

Aucun doute, vous connaissez cette fable de La Fontaine inspirée d’Esope, mais la version de Samaniego (1745-1801), l’aviez-vous déjà lue ? En voici la traduction, vous pourrez constater…qu’il y a vraiment peu de différences.

Conocen sin duda la fábula de Samaniego, casi copiada de J. de La Fontaine que, a su vez, se inspiró mucho de Esopo.

 

La Cigale et la Fourmi (Samaniego)

 

La Cigale passa

tout l’été à chanter,

sans faire de provisions

là, pour l’hiver ;

les froids l’obligèrent

à garder le silence

et à s’abriter

en son étroite demeure.cigarra hormiga.jpg

Se voyant dépourvue

d’aliments nécessaires ;

sans mouches, ni vers,

sans blé et sans orge.

La Fourmi vivait

là, juste à côté,

et avec mille expressions

d’attention et de respect

elle lui dit : « Dame Fourmi,

comme dans votre grenier

vous avez trop de provisions

pour vous alimenter,

prêtez quelque chose

pour que vive cet hiver

cette pauvre Cigale,

qui, joyeuse en d’autres temps,

ne connût jamais le mal,

ne sût jamais le craindre.

N’hésitez pas à me prêter

fidèlement je promets

sur le nom que je porte

vous payer avec intérêts ».

La Fourmi cupide

répondit prestement

cachant derrière son dos

les clés du grenier :

« Moi, prêter ce que je gagne

avec un immense travail !

Dis-moi donc, paresseuse,

qu’as-tu fait par beau temps ? »

« Moi, dit la Cigale,

à tout passant

je chantais allègrement

sans cesser ni un moment ».

« Ho là ! ainsi tu chantais

tandis que je travaillais !

Et bien maintenant que je mange

Danse, à ton corps défendant » (Trad. Colo)

 

La cigarra y la hormiga

de Félix María Samaniego

 

Cantando la Cigarra
pasó el verano entero,
sin hacer provisiones
allá para el invierno;
los fríos la obligaron
a guardar el silencio
y a acogerse al abrigo
de su estrecho aposento.
Viose desproveída
del preciso sustento:
sin mosca, sin gusano,
sin trigo y sin centeno.
Habitaba la Hormigala-cigale-et-la-fourmi.jpg
allí tabique en medio,
y con mil expresiones
de atención y respeto
le dijo: "Doña Hormiga,
pues que en vuestro granero
sobran las provisiones
para vuestro alimento,
prestad alguna cosa
con que viva este invierno
esta triste Cigarra,
que, alegre en otro tiempo,
nunca conoció el daño,
nunca supo temerlo.
No dudéis en prestarme,
que fielmente prometo
pagaros con ganancias,
por el nombre que tengo"
La codiciosa Hormiga
respondió con denuedo,
ocultando a la espalda
las llaves del granero:
"¡Yo prestar lo que gano
con un trabajo inmenso!
Dime, pues, holgazana,
¿qué has hecho en el buen tiempo?"
"Yo, dijo la Cigarra,
a todo pasajero
cantaba alegremente,
sin cesar ni un momento"
"¡Hola! ¿con que cantabas
cuando yo andaba al remo?
Pues ahora, que yo como,
baila, pese a tu cuerpo"

 

Ce conte moral a-t-il encore un sens en 2010 ? Si on est né cigale, peut-on devenir fourmi ? Qui sont les fourmis aujourd’hui… ?

De là la magnifique colère de Javier Bardem dans le film « Les lundis au soleil ». Lui, comme tant d’autres,est sans travail suite à la fermeture d’usines sidérurgiques dans le nord de l’Espagne…chômage, galère.

¿Tiene este cuento moral algún sentido en 2010? ¿Si se nace cigarra, es posible hacerse hormiga? ¿Quiénes son las hormigas hoy en día?

De allí la magnífica cólera de Javier Bardem en la película “Los lunes al sol”. Él, como otros tantos, está sin trabajo después del cierre de las fábricas  siderúrgicas en el norte de España…paro, infierno.

Regardez la vidéo!

http://www.youtube.com/watch?v=1uJ17NHnbZI

 

Voici la traduction du texte de la vidéo.

Voyons, voyons.

« Il y avait une fois un pays où vivaient une cigale et une fourmi. La fourmi était travailleuse et la cigale non ; elle aimait chanter et dormir pendant que la fourmi réalisait se travaux.

La temps passa et la fourmi travailla et travailla tout l’été, épargna autant qu’elle put et quand l’hiver arriva la cigale mourait de faim et de froid tandis que la fourmi avait de tout. »

-Quelle fille de p…..la fourmi.

« La cigale frappa à la porte de la fourmi qui lui dit : « petite cigale, si tu avais travaillé comme moi, tu n’aurais ni faim ni froid » et elle ne lui ouvrit pas la porte. »

-Qui a écrit ça ? C’est pas comme ça, c’est pas comme ça ! Cette fourni est une grande fille de p….et une spéculatrice.

De plus ils ne disent pas ici pourquoi certains naissent cigales et d’autres fourmis. Parce que si tu nais cigale, t’es foutu. Et ici ils ne le disent pas, ils ne le disent pas !

(Trad. Colo)

 

26/06/2010

Merci poétique /Gracias poético

 

 

lechugas isra.JPGDepuis septembre 2006 MAH trouve, chaque semaine, un poème, un billet avec cette note : « Tu veux bien regarder ma traduction … avec bienveillance ? »

Lui, c’est mon complice linguistique, un solitaire espagnol plus très jeune maintenant qui, avec patience et sans complaisance aucune,- il prend son rôle très au sérieux et il a raison-, me conseille, suggère, barre, me renvoie la copie avec ces mots : « à retravailler ».

Le « cultivons notre jardin » de Candide prend tout son sens avec lui  car il m’offre également des  laitues, haricots, oignons, tomates,….du superbe potager auquel il apporte autant de soins et de rigueur qu’à mes traductions.

 

Pour le remercier, ce poème de Rafael Alberti.

 

Desde septiembre 2006 MAH encuentra cada semana un poema o un texto con esta nota: « ¿Me miras la traducción…con buen ojo, por favor?”

Él es mi cómplice lingüístico, un solitario español ya no muy joven que, con paciencia y sin ninguna complacencia,- se toma su papel muy en serio y tiene razón,- me aconseja, sugiere, tacha y me devuelve la copia con esas palabras:”hay que trabajarlo más”.

La frase “cultivemos nuestro jardín” de Cándido toma con él todo su sentido ya que también me regala lechugas, judías, cebollas, tomates,…de su preciosa huerta a la cual aporta tanto cuidado y rigor como a mis traducciones.

 

Para agradecérselo un poema de Rafael Alberti.

 

La solitude II

 

Elle viendra.

Elle viendra.

Elle l’a écrit.

Ça fait déjà une semaine.

Elle vient de très loin…

De là du nord…En train…

Près de deux mille kilomètres…

Très loin….Mauvais trains…

Et la chaleur…Et la poussière

qui entre de partout…

La maison est déjà prête : une blanche colombe

de chaux pure…Luisants,

plus brillants que l’or,

la poêle, le poêlon, la casserole…Et  puis,

le lit, grand, grand…avec un couvre-lit

de couleur, avec des oiseaux…

Mais tant de kilomètres sans personne….C’est ce qu’on m’a dit….

Et la chaleur…Et la poussière…

Elle aura soif…Ici, l’eau

ne manque presque jamais…Elle va bien aimer ça…

Peu de travail pour elle…Je

ferai tout. Je suis encore fort…

Elle ? Bon, on verra.

C’est ma femme…je ne veux pas qu’elle se fatigue.

« Apporte ces tomates…Regarde, celles-là

si colorées… » Elle n’en a jamais vu de pareilles.

Elle dira non. « Des laitues comme celles-là,

si blanches ? Et les radis ? » Non plus !

Allons, femme…Les poules t’attendent…

Que veux-tu encore ? Le dessert

il est là, il pend du prunier.

Elle déploie son tablier et secoue une branche…

« Il est déjà fort tard ». Je la prends par la taille…

Elle sourit…Qu’elle est belle !

Éteignons la lumière…

Comme ça. Tant de kilomètres !

Déjà mercredi…Elle viendra ce soir.(trad. Colette)

 

La soledad II

Vendrá.
Vendrá.
Lo ha escrito.
Ya pasó una semana.
Viene desde muy lejos…
De allá del norte… En tren…
Casi dos mil kilómetros…
Muy lejos… Malos trenes…
Y el calor… Y el polvo
que entra por todas partes…
La casa está ya lista: una paloma blanca
de cal pura… Lucientes,
más brillantes que el oro,
la sartén, el perol, la cacerola… Y luego,
la cama grande, grande… cubierta de una colcha
de colores, con pájaros…
Pero muchos kilómetros sin nadie… Eso me han
dicho…
Y el calor… Y el polvo…
Tendrá sed… Aquí, el agua
no falta casi nunca… Va a gustarle esto mucho…
Poco trabajo para ella… Yo
lo haré todo. Soy fuerte todavía…
¿Ella? Bueno. Veremos.
Es mi mujer… no quiero que se canse.
"Trae aquí esos tomates... Mira, aquéllos de allá,
tan colorados…" Nunca los ha visto.
Dirá que no… "¿Lechugas como éstas,
tan blancas? ¿Y los rábanos? ¡Tampoco!
Vamos, mujer… Te esperan las gallinas…
¿Qué más quieres? El postre
ahí lo tienes colgado del ciruelo.
Extiende el delantal y sacude una rama…"
ya es muy tarde. Le tomo la cintura…
Se sonríe… ¡Qué hermosa!
Apagamos la luz…
Así. ¡Cuántos kilómetros!
Hoy es miércoles ya… Vendrá esta noche.

 

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29/05/2010

Définir l'amour , un poème de Quevedo

ceci n'est pas un rossignolIMG_7368.JPG

 

 

Mai, mois des amours. Mayo, mes de los amores.

Aujourd’hui un poème sur l’amour, amour qu’ont chanté à tue-tête les rossignols mâles et noctambules qui perchent derrière chez moi durant ces nuits de mai.

Passez un bonne semaine et, comme on dit en espagnol, soyez sages, et sinon, discrets.

Hoy un poema sobre el amor, amor que cantaron a viva voz los ruiseñores machos noctámbulos que habitan detrás de mi casa.

Les deseo una buena semana: sed buenos, y si no podéis, discretos.

 

Francisco de Quevedo 1580-1645

 

 

DEFINIENDO EL AMOR  Soneto

 

Es hielo abrasador, es fuego helado,

es herida, que duele y no se siente,

es un soñado bien, un mal presente,

es un breve descanso muy cansado.

 

Es un descuido, que nos da cuidado,

un cobarde, con nombre de valiente

un andar solitario entre la gente,

un amar solamente ser amado.

 

Es una libertad encarcelada,

que dura hasta el postrero parasismo,

enfermedad que crece si es curada.

 

Este es el niño Amor, este es tu abismo:

mirad cuál amistad tendrá con nada,

el que en todo es contrario de sí mismo.


 

POUR DÉFINIR L'AMOUR Sonnet

 

Il est glace brûlante, feu gelé,

une plaie douloureuse qu’on ne sent,

il est un bien rêvé, un mal présent,

un bref repos très fatigué.

 

Il est abandon, qui nous tient occupés,

un lâche au nom de vaillant

une marche solitaire parmi les gens,

un vouloir absolu d’être aimé.

 

Il est liberté prise en ses liens,

qui dure jusqu’au délire ultime,

maladie qui croît si on en prend soin.

 

Tel est l’enfant Amour, tel est ton abîme:

voyez quelle amitié il aura avec rien,

lui qui est tout le contraire de lui-même.

 

Traduction Colette Museur (inspirée de celle de Jacques Ancet pour quelques rimes). Pour la métrique, bon, c'est pas vraiment ça...

 

 

01/05/2010

Equivoques /Equívocos

30-4-10 002.jpgRecevoir un livre est souvent une joie. Celui-ci m’a fait un plaisir immense, m’a replongée dans un passé récent, me fait sourire et rire : Tout Mafalda.

Cette fillette des vignettes crée par l’Argentin Quino, si connue dans le monde latino-américain, hispanique et ailleurs (traduit en 30 langues).

Attachante, touchante, souvent drôle cette gamine qui vit dans une famille de classe moyenne, se préoccupe pour l’Humanité et la paix mondiale, déteste la soupe, se rebelle contre le monde laissé par les adultes.

Sujets intemporels, universels.

Ces vignettes furent publiées entre 1964 et 1973.

Recibir un libro es a menudo una alegría. Este me ha dado un placer inmenso, me ha recordado un pasado reciente, me hace reír y sonreír: Todo Mafalda.

Esta chiquilla de las viñetas creadas por el Argentino Quino, tan conocida en el mundo latino-americano, hispánico y en otras partes (está traducido en 30 idiomas).

Entrañable, emocionante, a menudo divertida esta niña que vive en una familia de clase media, se preocupa por la Humanidad y la paz mundial, odia la sopa, se rebela contra el mundo que le dejan los adultos.

Temas intemporales, universales.

Estas viñetas fueron publicadas entre 1964 y 1973.

Celle-ci est une de mes préférées:

Esta es una de mis preferidas:

mafalda 2 002.jpg(click pour agrandir)

Et oui, la cigogne s’est trompée !

Pourquoi Mafalda chante-t-elle ? «  La cigogne s’est trompée » fait référence à « La colombe s’est trompée », sujet d’un poème de Rafael Alberti publié en 1941 et mis en musique la même année par l’argentin Carlos Guastavino.

Pues si, ¡la cigüeña se ha equivocado!

¿Por qué canta Mafalda? “Se equivocó la cigüeña” hace referencia à “Se equivocó la paloma”, tema de un poema de Rafael Alberti publicado en 1941 y puesto en música el mismo año por el argentino Carlos Guastavino.

 

SE EQUIVOCÓ LA PALOMA

Se equivocó la paloma.
Se equivocaba.

Por ir al Norte, fue al Sur.IMG_5320 [].JPG
Creyó que el trigo era agua;
Se equivocaba.

Creyó que el mar era el cielo;
que la noche la mañana.
Se equivocaba.

Que las estrellas eran rocío;
que la calor, la nevada.
Se equivocaba.

Que tu falda era tu blusa;
que tu corazón su casa.
Se equivocaba.

(Ella se durmió en la orilla.
Tú, en la cumbre de una rama.)

Rafael Alberti, (n. 1902).

La Colombe

La colombe se trompa.

Se trompait.

Pour aller au Nord, alla au Sud.

Elle crut que le blé était de l’eau ;

Elle se trompait.

Elle crut que la mer était le ciel ;aube noire 001.jpg

La nuit, le matin.

Elle se trompait.

Que les étoiles étaient la rosée ;

Que la chaleur, la neige.

Elle se trompait.

Que ta jupe était ta blouse ;

Que ton cœur, sa maison.

Elle se trompait.

(Elle dormit sur la berge.

Toi, sur le haut d’une branche.) (trad. Colo)

 

 

La version chantée la plus connue est celle de J, Manuel Serrat.

La version récitée par Rafael Alberti lui-même est magnifique, écoutez-la ici.

La versión cantada más conocida es la de J. Manuel Serrat.

La versión recitada por el mismo Rafael Alberti es magnífica, escuchadla aquí.

 

 

Se tromper dans l’interprétation du monde qui nous entoure, ne serait-ce pas l’explication de tant et tant de malheurs, d’injustice

Equivocarse en la interpretación del mundo que nos rodea, ¿no sería la explicación de tantas y tantas desgracias, injusticias?

 

 

02/04/2010

La sympathie de Lorca pour les gitans

Lorca.jpgL’Andalousie, terre multiculturelle ; phéniciens, grecs, romains, juifs, arabes, gitans…Malheureusement dès 1492 l’histoire s’est chargée d’en réduire la riche diversité par des persécutions et en forçant l’assimilation dans le but de faire une Espagne unie, homogène. (historique fort intéressant ici)

Je vous traduis les mots de F.G. Lorca lus sur un excellent blog  (en espagnol).

Lorca parle de la chute de Granada en 1492 : « Ce fut un très mauvais moment, même si l’on dit le contraire dans les écoles. On a perdu une civilisation admirable, une poésie, une astronomie, une architecture, une délicatesse uniques au monde, pour céder le pas à une ville pauvre, humiliée ; à une « terre du chavico » où s’agite actuellement la pire bourgeoisie de l’Espagne. » (Journal El Sol, le 10 juin 1936)

 L’auteur du blog  explique qu’on ne sait pas trop pourquoi Lorca s’est toujours senti proche des marginaux : « cette vision dénuée de préjugés qu’a Lorca sur le noirs et les gitans, cette affinité et solidarité avec ceux qui sont persécutés était due, selon lui (Lorca) au fait d’être né à Granada.

« Je crois qu’être de Granada m’incline à la compréhension sympathique des persécutés. Du gitan, du noir, du juif….de maure, que nous portons tous en nous » (Garcia Lorca, 1936 : 503)

Et l’auteur termine son analyse par ces mots auxquels je souscris entièrement : « Au XXI siècle, Lorca continue à donner des leçons de solidarité, justice et humilité »

 

Para saber más sobre la relación privilegiada que existía entre Lorca y los gitanos, negro,…los excluidos, os recomiendo la lectura de un análisis en un blog muy interesante sobre el tema: aquí.

 

Voici un poème magnifique, plein d’érotisme, d’images poétiques, de vie gitane. Il est un peu long, mais n’en perdez pas une miette !

 

 

La femme adultère de Frederico Garcia Lorca   (éditions Gallimard) Traduction : Jean Prévost

Je la pris près de la rivière,
Car je la croyais sans mari
Tandis qu'elle était adultère.


gitana con flor picasso.jpg

 

Ce fut la Saint-Jacques, la nuit,
Par rendez-vous et compromis
Quand s'éteignirent les lumières
Et s'allumèrent les cri-cris
Au coin des dernières enceintes,
Je touchai ses seins endormis ;
Sa poitrine pour moi s'ouvrit
Comme des branches dejacinthes. 
Et dans mes oreilles l'empois   
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par douze couteaux à la fois.
Les cimes d'arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivière

 


Quand nous avons franchi les ronces
Les épines et les ajoncs
Sous elle son chignon s'enfonce
Et fait un trou dans le limon.
Quand ma cravate fut ôtée,
Elle retira ses jupons
Puis (quand j'ôtai mon ceinturon)
Quatre corsages d'affilée
Ni le nard ni les escargots
N'eurent jamais la peau si fine,
Ni, sous la lune, les cristaux
N'ont de lueurs si cristalline
Ses cuisses s'enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
Une moitié toute embrasée,                                                             
L'autre moitié pleine de froid.                                                     
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée,
Sur une pouliche nacrée,
Sans brides et sans étriers
Je suis homme et ne peux redire
Les choses qu'elle me disait ;
Le clair entendement m'inspire
De me montrer fort circonspect,
Sale de baisers et de sable
Du bord de l'eau je la sortis ;
Les iris balançaient leur sabre
Contre les brises de la nuit.

Pour agir en pleine droiture
Comme fait un loyal gitan,
Je lui fis don en la quittant,
D'un beau grand panier à couture
Mais sans vouloir en être épris ;
Parce qu'elle était adultère
Et se prétendait sans mari
Quand nous allions vers la rivière.

 

lorcadibujo.jpg 

La casada infiel

Y que yo me la llevé al río
creyendo que era mozuela,
pero tenía marido.

 

Fue la noche de Santiago
y casi por compromiso.
Se apagaron los faroles
y se encendieron los grillos.
En las últimas esquinas
toqué sus pechos dormidos,
y se me abrieron de pronto
como ramos de jacintos. 

 

El almidón de su enagua
me sonaba en el oído,
como una pieza de seda
rasgada por diez cuchillos.
Sin luz de plata en sus copas
los árboles han crecido,
y un horizonte de perros
ladra muy lejos del río.

*

Pasadas las zarzamoras,
los juncos y los espinos,
bajo su mata de pelo
hice un hoyo sobre el limo.
Yo me quité la corbata.
Ella se quitó el vestido.
Yo el cinturón con revólver.
Ella sus cuatro corpiños.
Ni nardos ni caracolas
tienen el cutis tan fino,
ni los cristales con luna
relumbran con ese brillo.
Sus muslos se me escapaban
como peces sorprendidos,
la mitad llenos de lumbre,
la mitad llenos de frío.
Aquella noche corrí
el mejor de los caminos,
montado en potra de nácar
sin bridas y sin estribos.
Lorca dibujo.jpgNo quiero decir, por hombre,
las cosas que ella me dijo.
La luz del entendimiento
me hace ser muy comedido.
Sucia de besos y arena
yo me la llevé del río.
Con el aire se batían
las espadas de los lirios.

Me porté como quien soy.
Como un gitano legítimo.
Le regalé un costurero
grande de raso pajizo,
y no quise enamorarme
porque teniendo marido
me dijo que era mozuela
cuando la llevaba al río.


 Les dessins sont de Lorca et le tableau de Picasso; gitana con flor