11/08/2013

Silences I / Silencios I

Je vous propose une série de courts poèmes sur le silence.  Le silence et les mots. Voici le premier.

Os propongo  una serie de poemas cortos sobre el silencio. El silencio y las palabras.

L'équilibre
  de Orfila Bardesio

Chaque fois que le silence
descend son escalier de pauses
vers des racines obscures,
les mots couronnent
glorieusement les tiges.
 
 (trad: Colette)
 
http://www.pxlshots.com/contest/378/stairs.html
 

El Equilibrio

de Orfila Bardesio


Cada vez que el silencio
desciende su escalera de pausas
hacia raíces oscuras,
las palabras coronan
gloriosamente los tallos.
 
 
 
NB: je n'ai rien trouvé en français sur elle, désolée. Poétesse uruguayenne, décédée en 1999, importante figure féminine de la poésie.

04/08/2013

Ode à l'été / Pablo Neruda / Oda al verano


L'été comme un tableau, au rythme particulier, si cher à Pablo Neruda.

El verano como un cuadro, al ritmo que Pablo Neruda tanto afeccionaba.



Ode à l'été Pablo Neruda
 
Été, violon rouge,
nuage clair,
un vrombissement
de scie
ou de cigale
te précède,
le ciel
voûté,
lisse, brillant comme
un œil,
et sous son regard,
 été,
poisson du ciel 
infini,
élytre mensonger,
paresseux
léthargie
petit ventre
d'abeille,
soleil endiablé,
soleil terrible et paternel,
suant
comme un bœuf au travail,
soleil sec
sur la tête
comme un inattendu
coup de gourdin
soleil de la soif
marchant
sur le sable,
été,
mer déserte,
le mineur
du soufre
se remplit
se remplit
de sueur jaune,
l'aviateur
parcourt
rayon par rayon
le soleil céleste,
sueur
noire
glisse
du front
aux yeux
dans la mine
de Lota,
le mineur
se frotte
le front
noir,
brûlent
les semailles,
crisse
le blé,
insectes
bleus
cherchent
ombre,
touchent
la fraîcheur,
submergent
la tête
dans un diamant.
 
Oh été
abondant,
charrette
de
pommes
mûres,
bouche
de fraise
dans la verdure, lèvres
de prune sauvage,
chemins
de légère poussière
sur la poussière,
midi,
tambour
de cuivre rouge,
et le soir
repose
le feu,
l'air
fait danser
le trèfle, entre
dans l'usine déserte
monte
une étoile
fraîche
dans le ciel
sombre,
crépite
sans brûler
la nuit
d'été.
 
(Trad: Colette)
 
Van Gogh, Été à Arles  
 
 
 
Oda al verano

Verano, violín rojo,
nube clara,
un zumbido
de sierra
o de cigarra
te precede,
el cielo
abovedado,
liso, luciente como
un ojo,
y bajo su mirada,
verano,
pez del cielo
infinito,
élitro lisonjero,
perezoso
letargo
barriguita
de abeja,
sol endiablado,
sol terrible y paterno,
sudoroso
como un buey trabajando,
sol seco
en la cabeza
como un inesperado
garrotazo,
sol de la sed
andando
por la arena,
verano,
mar desierto,
el minero
de azufre
se llena
se llena
de sudor amarillo,
el aviador
recorre
rayo a rayo
el sol celeste,
sudor
negro
resbala
de la frente
a los ojos
en la mina
de Lota,
el minero
se restriega
la frente
negra,
arden
las sementeras,
cruje
el trigo,
insectos
azules
buscan
sombra,
tocan
la frescura,
sumergen
la cabeza
en un diamante.

Oh verano
abundante,
carro
de
manzanas
maduras,
boca
de fresa
en la verdura, labios
de ciruela salvaje,
caminos
de suave polvo
encima del polvo,
mediodía,
tambor
de cobre rojo,
y en la tarde
descansa
el fuego,
el aire
hace bailar
el trébol, entra
en la usina desierta,
sube
una estrella
fresca
por el cielo
sombrío,
crepita
sin quemarse
la noche
del verano.

22/06/2013

Du frison au flamenco / Del frisón al flamenco

Il y a une semaine à peine j'ignorais tout du “Frison”, cette langue parlée...en Frise bien sûr, c'est à dire le Nord des Pays Bas, et dans une petite partie de l'Allemagne. Langue indo-européenne elle ressemble à du vieil anglais, mais aussi au néerlandais et au bas-allemand.
 
C'est beau la Frise, c'est vert, c'est surtout marin. 
 
 
 

Et puis il y a des frisons (race de chevaux) et des frisonnes (race de vaches) ;-)
 
 
 
 
 
Bon, bien, vous dites-vous, mais quel est le lien avec l'Espagne? J'y viens...
 
En Frise donc habite une jeune femme à la voix superbe, qui s'appelle Nynke Laverman et vient de sortir son quatrième album intitulé “Alter”.
La démarche originale, qu'elle avait déjà suivie avec les fados, c'est d'adapter un texte en frison à une musique étrangère, ici, le flamenco. Elle a fait appel à Javier Limón, une des figures les plus connues du flamenco en Espagne.
Celui-ci a tenu à faire le voyage en Frise pour s'imprégner de cette terre, se familiariser avec la langue.
 
Voici un extrait de la composition du dernier disque. Autant vous dire que je n'en comprends pas un mot, mais c'est si beau...
 
 
 
Hace apenas una semana ignoraba todo del “Frisón” , esa lengua hablada...en Frisia, claro, es decir el Norte de los Países Bajos, y en una pequeña parte de Alemania. Idioma indo-europeo el frisón se parece al viejo inglés pero también al neerlandés y al bajo-alemán.
 
Frisia es bonita, es verde y sobre todo es marítima.
Y hay “frisones” (raza de caballos) y “frisonas” (raza de vacas) ;-)
 
 
Bueno, bueno, pensaréis, pero ¿ cuál es el lazo con España ? Ahí voy...
 
En Frisia, pues, vive una mujer joven con una voz preciosa que se llama Nynke Laverman y acaba de sacar su cuarto albúm titulado “Alter”..
 
El procedimiento original que ya había seguido con los fados, consiste en adaptar un texto en frisón a una música extranjera, aquí el flamenco. Llamó a Javier Limón, una de la figuras más destacadas del flamenco. Este insistió en hacer el viaje a Frisia para impregnarse de aquella tierra, familiarizarse con el idioma.
 
Aquí un extracto de la composición de su último disco. No entiendo ni una palabra, pero qué bonito...(arriba)
 
 
 
Aquí, rubia, en un fado-frisón / ici, blonde, dans un fado-frison. 
 
 

28/04/2013

Intemporel / Intemporal


(Si vous comprenez un peu l'espagnol, vous n'aurez aucune peine cette fois à suivre le poème chanté par le grand J. Manuel Serrat)

 
Vaincus León de Felipe (1884-1968)
 
Dans la plaine de La Mancha
on revoit la figure
de Don Quijote passer.
 
Et maintenant, oisive et bosselée, sur le baudet va l'armure
et va oisif le chevalier, sans cuirasse ni dossière,
il va chargé d'amertume,
car là-bas trouva sépulture
son amoureux combat.
Il va chargé d'amertume
car là-bas “resta sa quête”
sur la plage de Barcino, face à la mer.
 
(…)
 
Combien de fois, Don Quijote, dans cette même plaine,
aux heures de désespoir je te regarde passer!
Et combien de fois je te crie: fais-moi une place sur ta monture
et sur tes terres emmène-moi;
fais-moi une place sur ta monture,
chevalier vaincu, fais-moi une place sur ta monture
car je suis moi aussi chargé
d'amertume
et batailler je ne peux!
 
Mets-moi en croupe,
chevalier de l'honneur,
mets-moi en croupe avec toi,
et emmène-moi pour être berger.
avec toi.
 
Dans la plaine de La Mancha
on revoit la figure
de Don Quijote passer...
 
(Trad: Colette)
 
 

VENCIDOS Léon de Felipe (1884-1968)


Por la manchega llanura
se vuelve a ver la figura
de Don Quijote pasar.

Y ahora ociosa y abollada va en el rucio la armadura,
y va ocioso el caballero, sin peto y sin espaldar,
va cargado de amargura,
que allá encontró sepultura
su amoroso batallar.
Va cargado de amargura,
que allá «quedó su ventura»
en la playa de Barcino, frente al mar.

(...)

¡Cuántas veces, Don Quijote, por esa misma llanura,
en horas de desaliento así te miro pasar!
¡Y cuántas veces te grito: Hazme un sitio en tu montura
y llévame a tu lugar;
hazme un sitio en tu montura,
caballero derrotado, hazme un sitio en tu montura
que yo también voy cargado
de amargura
y no puedo batallar!

Ponme a la grupa contigo,
caballero del honor,
ponme a la grupa contigo,
y llévame a ser contigo
pastor.

Por la manchega llanura
se vuelve a ver la figura
de Don Quijote pasar...

06/04/2013

Douleurs et ombres / Rosalía de Castro / Dolores y sombras

Rosalia de Castro est née en 1837 en Galice, à Saint Jacques de Compostelle de “parents inconnus”. Pas si inconnus que ça, mais sa mère, fille-mère comme on disait à l'époque, n'osa pas la déclarer et son père, un prêtre, ne put pas le faire. Pas facile en effet, ni alors (sacrilège), ni aujourd'hui.
Pendant les cinq premières années de sa vie elle fut élevée par des soeurs de son père. Mais après, sa mère, affrontant la société, décida de l'éduquer elle-même.
Un lien très étroit se crée alors entre la mère et la fille. Rosalía ne reprochera jamais à sa mère de l'avoir abandonnée et a pour elle un amour sans borne, admire son courage.
Rosalía reçoit une éducation sommaire dans la campagne de Galice.

Rosalía de Castro nació en 1837 en Galicia, Santiago de Compostela, de “padres desconocidos”. No tan desconocidos pero su madre, madre soltera, no se atrevió a declararla y su padre, un sacerdote, no pudo. No era fácil, ni entonces (sacrilegio) ni ahora tal vez.
Durante los cinco primeros años de su vida fue criada por unas hermanas de su padre. Pero después, enfrentándose a la sociedad, su madre decidió educarla ella misma.
Un lazo muy estrecho se estableció entre madre e hija y Rosalía nunca le reprochó su abandono a su madre, la adora, admira.
Su educación escolar fue básica, en el campo gallego.



À 19 ans elle part à Madrid, écrit la première série de Poèmes Flores, en espagnol, d'inspiration romantique. Puis elle rencontre et se marie avec le journaliste et intellectuel connu Manuel Martínez Murguía qui l'introduit dans le monde, l'encourage à écrire, à publier. Elle écrira en galicien.
Deux malheurs successifs, la mort de sa mère adorée et celle d'un enfant d'un an, la plongent dans une douleur immense. Elle écrira des poèmes déchirants. 

A los 19 años se marcha a Madrid, escribe su primera serie de poemas Flores, en español, de inspiración romántica. Luego encuentra y se casa con el periodista e intelectual Manuel Martínez Murguía que la introduce en el mundo, la anima a escribir, a publicar.
Dos desgracias sucesivas, la muerte de su madre querida y la de un hijo de un año la sumergen en un inmenso dolor. Escribe varios poemas desgarradores.
 
Pour aujourd'hui nous en resterons là de sa vie, nous en savons assez pour comprendre le poème que j'ai choisi.
La mort déguisée en ombre noire, omniprésente.
Ce poème est devenu une des chansons les plus emblématiques de la musique galicienne car le musicien Xoán Montés Capón (1840) a uni mots et musique.
Luz Casals, Carlos Nuñoz, deux grands artistes pour interpréter ce poème-chanson en galicien.

Llegados a este punto de su vida, nos pararemos, sabemos bastante para entender el poema que elegí.
La muerte disfrazada de sombra negra, omnipresente.
Este poema se ha convertido en una de las canciones más emblemáticas gallegas ya que el músico  Xoán Montés Capón (1840) unió palabras y música.

 



Voici le poème en espagnol et ma traduction en français. 

Negra sombra Rosalía de Castro

 

 

Cuando pienso que te fuiste,
negra sombra que me asombras,
a los pies de mis cabezales,
tornas haciéndome mofa.

 

Quand je pense que tu es partie,
ombre noire qui m'inquiètes,
à mon chevet,
tu reviens te moquer de moi.

 

Cuando imagino que te has ido,
en el mismo sol te me muestras,
y eres la estrella que brilla,
y eres el viento que zumba.

 

Quand j'imagine que tu t'en es allée,
en plein soleil tu te montres,
et tu es l'étoile qui brille,
et tu es le vent qui bruit.

 

 
Si cantan, eres tú que cantas,
si lloran, eres tú que lloras,
y eres el murmullo del río
y eres la noche y eres la aurora.

 

S'ils chantent, c'est toi qui chantes,
s'ils pleurent, c'est toi qui pleures,
et tu es le murmure du ruisseau,
et tu es la nuit et l'aurore.

 

En todo estás y tú eres todo,
para mí y en mi misma moras,
ni me abandonarás nunca
sombra que siempre me asombras.

 

Tu es en tout et tu es tout,
pour moi et en moi tu vis,
jamais tu ne m'abandonneras
ombre qui toujours m'inquiètes.  

 

 (Trad en français: Colette)

 

 

 

16/03/2013

Combien je suis / Cuántos soy

Il est des semaines où, on ignore pourquoi, une image, une musique, un mot, une idée, s'obstinent à nous poursuivre.
Cette semaine-ci, sur une place de Palma où je me baladais avec mon appareil, j'ai photographié ce panneau. 
Ciertas semanas una imagen, una música, una palabra, une idea, se obstinan en perseguirnos.
Esta semana empezó en una plaza de Palma donde paseaba con mi cámara y fotografié esta señal.

 

 

Plaza Progreso, Palma de Mallorca

 

 
Pourquoi ce mot, là?
J'y pensais encore quand j'ai vu cette peinture illustrant je ne sais plus quoi...signée : Confusion Group. Espagnols, de Madrid*.
¿Por qué esa palabra, allí?
Todavía pensaba en ello cuando vi esta pintura ilustrando no me acuerdo qué texto...firmada: Confusion Group. Españoles, de Madrid*.

 

Confusion Group: Sólo son rostros

 

Troublée par tant de confusions je me suis mise à traduire ce poème...ce qui n'a fait qu'augmenter mon chaos mental!

Perturbada por tantas confusiones decidí publicar este poema...¡lo que no hizo más que aumentar mi caos mental!

 

Pablo Neruda –

 

Nous sommes beaucoup

 

Vaguedivague (Estravagario, 1958)

De tant d’hommes que je suis, que nous sommes,
je ne puis en trouver aucun:
ils se perdent sous mes vêtements,
ils sont partis dans une autre ville.

Lorsque tout est prêt
pour me montrer intelligent
le sot caché en moi
parle par ma bouche.

Quand une maison respectée brûle
au lieu du pompier que j’appelle
c'est l’incendiaire qui se précipite
et celui-là c’est moi. Je n'y peux rien.
Comment faire pour me choisir?
Comment me racheter?

Tous les livres que je lis
célèbrent des héros éclatants
toujours sûrs d’eux-mêmes:
je meurs de jalousie pour eux,
et dans les films de vents et de balles,
je demeure à jalouser le cavalier,
je demeure à admirer le cheval.
 
Mais lorsque j’appelle l’intrépide
c’est le vieux paresseux qui m’arrive,
et ainsi je ne sais qui je suis,
je ne sais combien je suis ou serons.

J’aimerais appuyer sur une sonnette
et faire sortir mon véritable moi
car si de moi j’ai besoin
je ne dois pas me dérober.

(...)
(Trad: Colette)


PABLO NERUDA
 Muchos somos.
Estravagario, 1958 

De tantos hombres que soy, que somos,
no puedo encontrar a ninguno:
se me pierden bajo la ropa,
se fueron a otra ciudad.

Cuando todo está preparado
para mostrarme inteligente
el tonto que llevo escondido
se toma la palabra en mi boca.

Otras veces me duermo en medio
de la sociedad distinguida
y cuando busco en mí al valiente,
un cobarde que no conozco
corre a tomar con mi esqueleto
mil deliciosas precauciones.

Cuando arde una casa estimada
en vez del bombero que llamo
se precipita el incendiario
y ése soy yo. No tengo arreglo.
Qué debo hacer para escogerme?
Cómo puedo rehabilitarme?

Todos los libros que leo
celebran héroes refulgentes
Siempre seguros de sí mismos:
me muero de envidia por ellos,
y en los films de vientos y balas
me quedo envidiando al jinete,
me quedo admirando al caballo.  

Pero cuando pido al intrépido
me sale el viejo perezoso,
y así yo no sé quién soy,
no sé cuántos soy o seremos.  

Me gustaría tocar un timbre
y sacar el mí verdadero
porque si yo me necesito
no debo desaparecerme. 

 

 

 

 

*Confusion Group es un grupo artístico que desarrolla su actividad en Madrid desde hace ocho años, en distintas disciplinas (artes plásticas, fotografía, vídeoarte, instalaciones, música, literatura…) tanto individual como colectivamente. También trabajan en colaboración con otros artistas. Confusion Group is an artistic group that develops his activity in Madrid for eight years, in different disciplines (plastic arts, photo, vídeoarte, art installations, music, literature…) both individual as collectivly. They also work incollaboration with other artists.
http://www.confusiongroup.com/paintings.html

09/03/2013

Chair et âme / Carne y alma

Aujourd'hui je vous propose une sélection personnelle d'extraits de divers poèmes de Julia de Burgos.
Hoy os propongo une selección personal de extractos de diversos poemas de Julia de Burgos.



Le mystère est-il bleu?
Penchée en moi même je contemple ma délivrance,
qui me ramène à la vie dans ton éclat...

(Du poème “ Il n'y a pas d'abandon”)



¿Es azul el misterio?

Asomada en mi misma contemplo mi rescate,
que me vuelve a la vida en tu destello...

( Del poema: No hay abandono)

 

Soy ola de abandono,
derribada, tendida,
sobre un inmenso azul de sueños y de alas.
 
Je suis vague d'abandon,
abattue, tendue,
sur un immense bleu de rêves et d'ailes.
 
DONDE COMIENZAS TÚ (extracto)

OÙ TU COMMENCES(extrait) J. de Burgos

 

 

Chanson nue (extrait) J. de Burgos

 

Réveillée des caresses,
sur mon corps je sens encore ton étreinte.
Frémissante et légère j'avance toujours dans ton image.
Si profond et instinctif fut mon simple appel!
 
 
Canción desnuda (extracto)
 
Despierta de caricias,
aún siento por mi cuerpo corriéndome tu abrazo.
Estremecido y tenue sigo andando en tu imagen.
¡Fue tan hondo de instintos mi sencillo reclamo...
 
 

 

Minuit (extrait) J. de Burgos
 
Un tremblement indécis de tropique
pénètre notre alcôve. Entretemps,
ta vie et la mienne se sont embrassées...
et nos âmes vont s'approchant!
 
 
Comme je sens que je suis dans ta chair
tel un épi à l'ombre de l'astre!
Comme je sens que j'atteins ton âme
et que là-bas tu m'attends!
 
Se sont unis, mon amour, se sont unis
nos rires plus blancs que le blanc,
et, ô miracle! dans la lumière d'une larme
se sont embrassés tes pleurs et mes pleurs...
 
 
Azul de noche. Carlos E. Hergueta
 

 

Medianoche
 
Un temblor indeciso de trópico
nos penetra la alcoba. ¡Entre tanto,
se han besado tu vida y mi vida...
y las almas se van acercando!

¡Cómo siento que estoy en tu carne
cual espiga a la sombra del astro!
¡Cómo siento que llego a tu alma
y que allá tú me estás esperando!

Se han unido, mi amor, se han unido
nuestras risas más blancas que el blanco,
y ¡oh milagro! en la luz de una lágrima
se han besado tu llanto y mi llanto...
 

 

(Toutes les traductions : Colette)

19/01/2013

Page blanche fort colorée / Página en blanco muy colorada

Peut-être vous sentez-vous d'humeur vagabonde et m'accompagnerez-vous au centre de l'île, dans le village de Sineu. Cette partie de l'île s'appelle « Es pla », vous avez compris, une zone plate, dédiée à l'agriculture.
 
Voiture, route bucolique, musique douce, du jazz - flamenco, le saxophoniste et flutiste Jorge Pardo qui vient de recevoir au Châtelet, Paris, le prix du meilleur jazzman européen.
Voici un morceau de flûte-jazz.



Tal vez os sentís de humor vagabundo y os apetece acompañarme al centro de la isla, en el pueblo de Sineu. Este parte de la isla se llama « Es pla », zona llana, dedicada a la agricultura.

Coche, ruta bucólica, música suave, jazz-flamenco, el saxofonista y flautista Jorge Pardo que acaba que recibir en el Châtelet, París, el premio del mejor jazzman europeo.
 
 
 
Déjà, c'est un peu tôt, les premières fleurs sur les amandiers ; partout des moutons, des agneaux encore malhabiles.

Ya, aunque es un poco pronto, las primeras flores de almendro; ovejas por doquier, corderitos todavía patosos.

 

Le mercredi est le jour du marché à Sineu, il occupe tout le centre du village, places et rues. Un marché qui date de 1306 et où les fermiers venaient acheter et vendre des animaux vivants ; il y en a moins maintenant mais on y trouve encore poules, canards, lapins, moutons, chèvres, porcs....Concentration d'enfants, excités, suppliant leurs parents de leur offrir un jeune animal, même un petit cochon leur ferait plaisir !
 
 
Ce marché a vraiment gardé un caractère rural et artisanal, est devenu cosmopolite aussi (beaucoup d'immigrés nord-africains travaillent dans les champs). L'ambiance y est souriante, amicale. Et tout est lent, comme la vie ici ; la lenteur fait partie du caractère des insulaires et, une fois qu'on s'y habitue, elle est fort relaxante.

El miércoles es día de mercado en Sineu, ocupa todo el centro del pueblo, plazas y calles. Un mercado que data de 1306 y donde los agricultores venían a vender y compara animales vivos ; hay menos animales ahora pero todavía se encuentran gallinas y gallos, patos, conejos, ovejas, cabras, cerdos....Concentración de niños, excitados, suplicando a sus padres el regalo de un animalito, el que sea, incluso un cerdito !
 
Este mercado ha guardado realmente un carácter rural y artesanal, se ha vuelto cosmopolita (muchos inmigrantes norteafricanos trabajan en el campo). El ambiente es sonriente, amistoso. Y todo es lento, al igual que la vida aquí; la lentitud forma parte del carácter insular y, una vez que uno se acostumbra a ello, es muy relajante.
 
 
 
J'achète quelques plats en terre cuite, tout mijote si bien dans ces casseroles , un foulard rouge à un africain couleur ébène qui se fait un plaisir de se le mettre autour du cou pour me le faire admirer, des bottes d'oignons à planter et je remplis mon panier de fruits et légumes ; un beau pain majorquin, sans sel ici le pain, et quelques parts de Coca de verduras ( pâte fine recouverte d'un mélange d'oignons frais émincés et de bettes/blettes coupées).

Compro algunas fuentes de barro, la comida se hace tan bien en esas ollas, un pañuelo rojo a un africano color ébano que, con mucha gracia, se lo pone al cuello para que lo admire, unos manojos de cebollas para plantar y lleno mi cesta de fruta y verdura ; un bonito pan mallorquín, aquí el pan es sin sal, y algunos trozos de coca de verdura.
 
 
 
Retour ; je vous laisse, comme souvent avec un étrange et délicieux poème.
Vuelta ; os dejo, como muchas veces, con un extraño y delicioso poema.
 
 

Page blanche   Mario Benedetti

 

Je suis descendu au marché
 
et j'ai rapporté
 
tomates journaux averses
 
endives et envies
 
gambas croupes et amen
 
farine monosyllabes jerez
 
instantanés éternuements riz
 
artichauts et cris
 
rarissimes silences
 
 

page blanche
 
voilà, je te laisse tout
 
fais-en ce que tu veux
 
débrouille-toi
 
ou du moins organise-toi
 
 

moi je ferai une sieste
 
pourvu que tu m’éveilles
 
avec une chose originale
 
et suggestive
 
afin que je la signe.
 
 (Trad: Colette)

 

Página en blanco   Mario Benedetti
 
 

Bajé al mercado
y traje
tomates diarios aguaceros
endivias y envidias
gambas grupas y amenes
harina monosílabos jerez
instantáneas estornudos arroz
alcachofas y gritos
rarísimos silencios
 
 

página en blanco
aquí te dejo todo
haz lo que quieras
espabílate
o por lo menos organízate
 
 

yo me echaré una siesta
ojalá me despiertes
con algo original
y sugestivo
para que yo lo firme

15/12/2012

Au fil du vent /F. García Lorca / Al filo del viento

Inconnu aux mille noms,
tellement vivant,
le vent.

Si la poésie de Federico García Lorca est visuelle et nous emporte toujours vers des images fortes, celle du vent me semble être la plus frappante: le poète réussit à nous faire voir l'invisible.

Dessin F.G. LorcaFederico Garcia Lorca Drawing--Death.jpg


Voici ma traduction de:

 

Trois histoires du vent

 

I

 

 
Le vent dévalait rouge
sur le coteau allumé

et il devint vert, vert
du côté de la rivière.
Après il virera au violet,
au jaune et...
Il sera sur les semailles
un arc-en-ciel tendu.
 

 

II

 

                                   Vent dormant.                                     

En haut le soleil.
En bas
les algues frémissantes
des peupliers.
Et mon cœur
tremblant.
 

Vent dormant
à cinq heures du soir
Sans oiseaux.

 

III

 

La brise
est ondulée
comme les cheveux
de certaines filles.
Comme les veines
de vieilles planches.

La brise
jaillit comme l'eau
et se répand,
comme un baume blanc,
dans les vallons,
et s'évanouit
en cognant le dur
de la montagne.

(Trad: Colette)

 

VIENTO- RODRIGO R.PIMENTEL.jpg

Rodrigo R. Pimentel Viento

Desconocido con mil nombres,
tan vivo,
el viento.
Si la poesía de Lorca es visual y nos lleva siempre hacia imágenes fuertes, la del viento me parece particularmente significativa: el poeta consigue hacernos ver lo invisible.

Tres historias de viento
I

El viento venía rojo
por el collado encendido
y se ha puesto verde, verde
por el río.
Luego se pondrá violeta,
amarillo y...
Será sobre los sembrados
un arco iris tendido.



II


Viento estancado.
Arriba el sol.
Abajo
las algas temblorosas
de los álamos.
Y mi corazón
temblando.

Viento estancado
a las cinco de la tarde.
Sin pájaros.
 
III

La brisa
es ondulada
como los cabellos
de algunas muchachas.
Como los marecitos
de algunas viejas tablas.
La brisa
brota como el agua
y se derrama,
como un bálsamo blanco,
por las cañadas,
y se desmaya
al chocar con lo duro
de la montaña.

 

22/09/2012

Aux îles Canaries / En las islas Canarias

À l'aube d'un jour blanc / En el amanecer de un día blanco

Depuis le temps que Espaces Instants existe jamais nous n'avons débarqué sur les îles Canaries. L'année que j'y ai passée, ma première en Espagne juste après la mort de Franco, m'a laissé des souvenirs glissés dans le fond d'un tiroir, un dossier consciemment « oublié ».
Pas par la faute des îles ni de leurs habitants, mais par celle d'un dur apprentissage de la langue, des coutumes et la découverte de ce qui pour moi s'assimilait au tiers-monde. Je n'y étais pas préparée.
Alors trois billets vont rétablir cette injustice. À chaque fois une poétesse et un artiste.
Desde que existe Espaces Instants nunca hemos desembarcado en las islas Canarias. El año que pasé allí, para mi el primero en España, justo después de la muerte de Franco, me dejó unos recuerdos metidos en el fondo de un cajón, un expediente conscientemente «olvidado».
No por culpa de las islas ni de sus habitantes, sino por la de un duro aprendizaje de la lengua, de las costumbres y del descubrimiento de lo que para mí se asimilaba al tercer mundo. No estaba preparada.
Tres entradas van a reparar esa injusticia. Cada vez una poetisa y un artista.

 

 
 
Toi du haut du balcon... Josefina de la Torre (1907-2002)
 
Toi du haut du balcon de ton silence
moi dans la barque sans cap de mon mal,
tous deux perdus sur le même chemin,
toi qui attends ma voix et moi qui attends.
 
Esclave toi de l'horizon inutile,
enchaînée moi à mon passé.
Pas une silhouette de navire dans ta pupille
ni boussole et timon pour mes bras.

Debout sur la haute balustrade marine
en vain tu attendrais ma venue.
Je devrais arriver sur l'écume
à l'aube d'un jour blanc.
 
Mais le haut balcon de ton silence
oublia le signal pour mon navire.
Et je me perdis dans le brouillard de ta rencontre
-comme un oiseau aveugle- pour toujours.

(Trad: Colette)

Andrés DelgadoAndresDelgadoSintitulo7.jpg

 

Tú en el alto balcón... Josefina de la Torre

Tú en el alto balcón de tu silencio,
yo en la barca sin rumbo de mi daño,
los dos perdidos por igual camino,
tú esperando mi voz y yo esperando.

Esclavo tú del horizonte inútil,
encadenada yo de mi pasado.
Ni silueta de nave en tu pupila,
ni brújula y timón para mis brazos.

En pie en el alto barandal marino
tú aguardarías mi llegada en vano.
yo habría de llegar sobre la espuma
en el amanecer de un día blanco.

Pero el alto balcón de tu silencio
olvidó la señal para mi barco.
Y me perdí en la niebla de tu encuentro
–como un pájaro ciego– por los años.


 

07/07/2012

Une chanson de mes étés / María Dolores Pradera / Una canción de mis veranos

L'été c'était Bautista et ses chansons, toujours les mêmes, il les connaissait par cœur. Il chantait bien et ses plus de quatre-vingt ans n'avaient pas altéré sa voix.
La chanson espagnole de toujours, des airs dansants, et soudain, ¡hop ! il faisait un petit pas de côté.
En boucle passaient “Los Panchos” que je n'appréciais que très modérément, et la merveilleuse María Dolores Pradera, une grande dame de la chanson espagnole. C'est sur l'une de ses chansons, sublime,  écrite par Mario Cavagnaro dans les années '60, « Le chapelet de ma mère » que nos vues divergeaient.
Histoire d'une femme abandonnée/trompée par son mari qui fait preuve d'une fierté peu commune. Je vous laisse d'abord l'écouter en suivant, si vous voulez, la traduction.

El verano era Bautista y sus canciones, siempre las mismas, se las sabía de memoria. Cantaba bien y sus más de ochenta años no habían alterado su voz.
La canción española de siempre, aires para bailar y de repente, ¡hop! daba un pasito de lado.
Enlazaba sin pausa “Los Panchos”, que me gustaban muy moderadamente con la maravillosa María Dolores Pradera. Es sobre una de sus sublime canciones, “El rosario de mi madre”, escrita en los años '60 por Mario Cavagnaro, donde nuestros puntos de vista divergían. Historia de una mujer abandonada/ engañada por su marido que demuestra una dignidad poco común.
Primero os dejo escucharla.







El rosario de mi madre / Le chapelet de ma mère

Aunque no creas tú
Como que me oye Dios
Esta será la última cita de los dos
Comprenderás que es por demás
Que te empeñes en fingir
Même si tu le crois pas
Dieu m'est témoin
Ce sera notre dernière rencontre
Tu comprendras qu'il est inutile
Que tu t'obstines à feindre

Porque el dolor de un mal amor
No es como para morir
Pero desecha ya
Mi más bella ilusión
A nadie ya en el mundo
Daré mi corazón
Car la douleur d'un mauvais amour
N'est pas mortelle
Mais détruit
Ma plus belle illusion
À personne au monde
Je ne donnerai plus mon coeur

Devuélveme mi amor
Para matarlo
Devuélveme el cariño que te di
Tú no eres quien merece conservarlo
Tú ya no vales nada para mí
Rends-moi mon amour
Pour le tuer
Rends-moi l'affection donnée
Ce n'est pas toi qui mérites de la conserver
Tu ne vaux plus rien pour moi.

Devuélveme el rosario de mi madre
Y quédate con todo lo demás
Lo tuyo te lo envío cualquier tarde
No quiero que me veas nunca más
Rends-moi le chapelet de ma mère
Et garde tout le reste
Tes biens, je te les renvoie un de ces jours
Je veux que tu ne me voies jamais plus.

.(Répétitions)
(Trad: Colette)

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« Rends-moi mon amour pour le tuer » , n'imagine-t-on pas ce vers déclamé avec emphase dans une grande tragédie classique ?

Mais c'est arrivée à ce couplet que je partais immanquablement d'un grand fou rire.
« Rends-moi le chapelet de ma mère et garde tout le reste ». Quelle dignité ! Tragiquement parfait.
Autres temps, autres mœurs.
Le coté tragique des chansons - j'imagine que chacun de vous, en votre langue, pense à l'une ou l'autre- devient-il souvent comique avec le temps ?

Devuélveme mi amor para matarlo” ¿No nos imaginamos este verso declamado con énfasis en una tragedia clásica?

Y con el siguiente verso, siempre me entraba una carcajada.
Devuélveme el rosario de mi madre y quédate con todo lo demás.” ¡Qué dignidad! Trágicamente perfecto. Otros tiempos, otras costumbres.

El lado trágico de las canciones -me imagino que cada uno, en su idioma, piensa en algunas - ¿se vuelve a menudo cómico con el tiempo?

28/05/2012

Sans vent / Sin viento


Ce matin à l'aube, et cela va durer quelques mois, régnait un calme plat, le vent sommeillait encore...

Le mot « Calme » date du XVº et signifiait cessation de vent ; il ne prendra le sens d'absence d'agitation ou tranquillité que vers 1670.

Du grec ancien χαῦμα, khaûma « forte chaleur » par l’intermédiaire de calma dans une langue ibérique (castillan, catalan, aragonais) où, dans le langage des marins, on associa cette chaleur suffocante à l'absence de vent. .

C'est l'absence de vent, celle qui contrarie les navigateurs à voile mais apaise les esprits qui va faire l'objet de deux billets. Commençons en poésie, nous poursuivrons par le surnom de Mallorca, «  la isla de la calma ».

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Esta mañana, al alba, y durará unos meses, reinaba una calma chica, aún reposaba el viento...
La palabra Calma:

Lo interesante comienza con las sorpresas que encierra la palabra calma.
De la voz griega karma surgió la palabra latina cauma, ambas con el significado de ‘calor sofocante’.
En el naciente castellano se dijo calma, y en el argot de los marineros, la palabra se asoció con la ausencia de viento, que hacía sentir un calor abrasador.
Entonces, se empezó a hablar de «la mar en calma», cuando la naturaleza no cedía el viento indispensable para navegar.”
(fuente:
http://www.illac.com.mx/profiles/blogs/2062895:BlogPost:375.)

Es la ausencia de viento, la que contraria a los navegadores a vela pero tranquiliza la mente que será el objeto de dos entradas. Empecemos con un poema, proseguiremos por el apodo de Mallorca, isla de la calma.

barco.jpg




Calme

José María Hinojosa


À Luís Buñuel

Où finit la mer?

Où commence le ciel?

Les bateaux s'en vont flottant

ou prennent leur envol?

L'horizon s'est perdu

dans le jeu mimétique

du ciel et des eaux.

Le mouvement s'est fondu,

en une seule couleur

bleu, le bleu calme.

Le couleurs se fondent;

le mouvement s'éteint.

Ne reste qu'une seule couleur;

aucun vent.

Où finit la mer?

Où commence le ciel?

Trad: Colette


IMG_0905.JPG


Calma


José María Hinojosa

A Luis Buñuel


¿Dónde se acaba el mar?

¿Dónde comienza el cielo?

¿Los barcos van flotando

o remontan el vuelo?

Se perdió el horizonte,

en el juego mimético

del cielo y de las aguas.

Se fundió el movimiento,

en un solo color

azul, el azul quieto.

Se funden los colores;

se apaga el movimiento.

Un solo color queda;

no existe barlovento.

¿Dónde se acaba el mar?

¿Dónde comienza el cielo?

28/01/2012

Herbiers de F. Garcia Lorca / Herbarios, Lorca

 

En 2011 pas moins de cinq billets, tous fort différents, ont été consacrés ici au maestro García Lorca.

Vous avez ainsi pu lire un texte en prose où il nous parle de son enfance, de la nature, pleurer avec les lézards qui ont perdu leur anneau de mariage, vous immerger dans ses poèmes «Nocturnes», humer la brume d'automne et les rêves perdus et finalement, il y a peu, cette Romance de la Peine Noire, vous vous en souvenez? (Clic sur les mots si l'envie vous prend de les relire)

En 2011 no menos de cinco notas, muy diferentes, han sido dedicadas aquí al maestro García Lorca.

Así habéis podido leer un texto en prosa donde nos habla de su infancia, de la naturaleza, llorar con los lagartos que han perdido su anillo de boda, hundiros en sus poemas «Nocturnos», oler la bruma de otoño y los sueños perdidos y finalmente, hace poco, ese Romance de la Pena Negra, ¿os acordaís?

 

Aujourd'hui, dans une catégorie par lui appelée Herbiers, ces textes un peu mystérieux et pleins d'imagination; herbiers des rêves, des bruits...

Hoy, en una categoría por él llamada Herbarios, estos textos un poco misteriosos y llenos de imaginación: herbarios de los sueños, de los ruidos...

 

lll

 

En grand secret, un ami

me montre l'herbier des bruits.

 

(Chut...silence!

La nuit pend du ciel!)

 

À la lumière d'un port perdu

arrivent les échos de tous les siècles.

 

(Chut...silence!

La nuit oscille dans le vent!)

 

(Chut...silence!

De vieilles colères s'enroulent à mes doigts.

 

1927 (Trad: Colette)

 

puesta de sol malgrats 021.jpg

lll


En mucho secreto, un amigo

me enseña el herbario de los ruidos.


(¡Chist...silencio!

¡La noche cuelga del cielo!)


A la luz de un puerto perdido

vienen los ecos de todos los siglos.


(¡Chist...silencio!

¡La noche oscila en el viento!)


(¡Chist...silencio !

Viejas iras se enroscan en mis dedos.


1927

 

ÉCOLE

 

Maitre

 

Quelle jeune fille se marie

avec le vent?

 

Enfantdanzarina despeinada J gonzalez.jpg

 

La jeune fille de tous

les désirs

 

Maitre

Que lui offre

le vent?

 

Enfant

Tourbillons d'or

et cartes superposées.

Maitre

 

Elle lui offre quelque chose?

 

Enfant

 

Son cœur ouvert.

 

Maitre

 

Dites comment elle s'appelle.

 

Enfant

 

Son nom est un secret.

 

(la fenêtre de l'école a un rideau d'étoiles brillantes)

 

 

1927 (Trad: Colette)

 

ESCUELA


Maestro


¿Qué doncella se casa

con el viento?


Niño


La doncella de todos

los deseos.


Maestro


¿Qué le regala

el viento?


Niño


Remolinos de oro

y mapas superpestos.


Maestro


Ella ¿le ofrece algo?


Niño


Su corazón abierto.


Maestro


Decid cómo se llama.


Niño


Su nombre es un secreto.


(La ventana del colegio tiene una cortina de luceros.)

Photo: Colette

Sculpture: Julio González, danzarina despeinada

 

 

 

03/12/2011

Croquer un soupir / Dibujar un suspiro

A part les doux appels de la pluie, tout était silencieux: elle lisait, le chien, couché sur le canapé interdit, dormait, paisible.

Soudain un long soupir.

Qui?

Excepto las dulces llamadas de la lluvia, todo estaba en silencio: ella leía, el perro, tumbado en el sofá prohibido, dormía, apacible.

De repente un largo suspiro.

¿Quién?

 

 

Oubliant l’obligation de passer inaperçu et pouvoir ainsi prolonger son confortable somme, ce souffle lui avait échappé.

Bien-être ? Ennui ?

Elle écarta, peut-être à tort, l’idée d’un mal d’amour ou de mélancolie.

Olvidándose de la obligación de pasar desapercibido y poder así prolongar su confortable sueño, ese soplo le había escapado.

¿Bienestar? ¿Aburrimiento?

Descartó, tal vez sin razón, la idea de un mal de amores o de melancolía.

 

Musique de la pluie ; notes, silences, soupirs.

Música de la lluvia; notas, silencios, suspiros.

Le soupir entendu semblait plutôt léger….El suspiro parecía mas bien ligero….

CLARA MONTES - A PIÉ VAN MIS SUSPIROS poème d’Antonio Gala

 

À pied vont mes soupirs

chemin de mon bien


 Avant qu’ils n’arrivent

J’arriverai.


 Tiens la porte ouverte

et ouverte l’âme aussi.


 Avant qu’ils n’arrivent

J’arriverai.


 Mon cœur avec des ailes

Mes soupirs à pied…

Mes soupirs

Mes soupirs à pied. (...)


Tant de soupirs, exaspérés ou satisfaits. Quand, pourquoi soupirons-nous ? Y faisons-nous attention, parfois ?

Tantos suspiros, exasperados o satisfechos. ¿Cuándo, por qué suspiramos? ¿A veces les prestamos atención a esos suspiros?

Plongée dans mes réflexions j’en oubliais presque de vous donner ma  recette de biscuits secs de Manacor, village de Rafael Nadal, appelés Suspiros, un délice.

Ingrédients:

Farine

150gr de sucre blanc ou brun

le zeste d’un citron râpé

1 cuillère à soupe de cannelle en poudre

1 pincée de bicarbonate

1 œuf.

 

Allumer le four (180º)

Battre l’œuf entier avec le sucre, le zeste râpé, le bicarbonate et la cannelle jusqu’à ce que l’ensemble soit crémeux. Y ajouter peu à peu la farine jusqu’à obtenir une pâte bien ferme.

Avec une cuillère à café, mettre sur la plaque du four beurrée des lignes (moi je fais des petites boules) de pâte.

Au four 10-15 minutes. Attention, ils brûlent facilement !)

 

05/11/2011

García Lorca, La peine noire / Romance de la pena negra

Federico García Lorca, j’y reviens encore et encore...

Aujourd’hui ce poème qui réunit ses thèmes de prédilection : les gitans,  les chevaux, la nature, la mer, la tristesse…

 

Siempre vuelvo a Federico García Lorca.

Hoy este poema que reúne sus temas de predilección: los gitanos, los caballos, la naturaleza, el mar, la tristeza…

 

 

 

Romance de la peine noire

 

Les coups de bec des coqs
creusent, cherchent l’aurore,
quand de la colline sombre
descend Soledad Montoya.
De cuivre jaune, sa chair
sent le cheval et l’ombre.
Ses seins, noires enclumes,
gémissent des chansons rondes.

Soledad: Qui cherches-tu
seule et à cette heure?
Je cherche qui je veux,

dis-moi, si cela t’importe?
Je chercher ce que je cherche,
ma joie et ma personne.
Soledad de mes chagrins,
cheval qui s’emballe,
finit par trouver la mer
et les vagues le dévorent.
Ne me rappelle pas la mer
car la peine noire pousse
au pays des olives
sous la rumeur des feuilles.
Soledad, comme tu es triste !
Quelle peine désolante !
Tu pleures du jus de citron
si aigre à l’attente et à la bouche.
Que ma peine est grande ! Je traverse
ma maison comme une folle

traînant mes nattes,

de la cuisine à l’alcôve.

Quelle tristesse ! Ma chair

et mon linge deviennent noir jais.
Aïe ! Mes chemises de fil !
Aïe ! Mes cuisses de pavot !
Dans la source aux alouettes
Soledad lave ton corps
et laisse ton cœur
en paix, Soledad Montoya.

****

Tout en bas chante le fleuve:
volant de ciel et de feuilles.
De fleurs de citrouille,
l’aube se couronne.
Oh ! Peine des gitans !
Peine pure et toujours seule.
Oh ! Peine de source occulte
et d’aurore lointaine !

(traduction CM/ MAH)

 

 

Voici une version chantée, flamenco ; émotions.

 

 

 

 

Romance de la pena negra

 

Las piquetas de los gallos
cavan buscando la aurora,
cuando por el monte oscuro
baja Soledad Montoya.
Cobre amarillo, su carne,
huele a caballo y a sombra.
Yunques ahumados sus pechos,
gimen canciones redondas.
Soledad, ¿por quién preguntas
sin compaña y a estas horas?
Pregunte por quien pregunte,
dime: ¿a ti qué se te importa?
Vengo a buscar lo que busco,
mi alegría y mi persona.
Soledad de mis pesares,
caballo que se desboca,
al fin encuentra la mar
y se lo tragan las olas.
No me recuerdes el mar,
que la pena negra, brota
en las tierras de aceituna
bajo el rumor de las hojas.
¡Soledad, qué pena tienes!
¡Qué pena tan lastimosa!
Lloras zumo de limón
agrio de espera y de boca.
¡Qué pena tan grande! Corro
mi casa como una loca,
mis dos trenzas por el suelo,
de la cocina a la alcoba.
¡Qué pena! Me estoy poniendo
de azabache carne y ropa.
¡Ay, mis camisas de hilo!
¡Ay, mis muslos de amapola!
Soledad: lava tu cuerpo
con agua de las alondras,
y deja tu corazón
en paz, Soledad Montoya.
***
Por abajo canta el río:
volante de cielo y hojas.
Con flores de calabaza,
la nueva luz se corona.
¡Oh pena de los gitanos!
Pena limpia y siempre sola.
¡Oh pena de cauce oculto
y madrugada remota!