16/03/2013

Combien je suis / Cuántos soy

Il est des semaines où, on ignore pourquoi, une image, une musique, un mot, une idée, s'obstinent à nous poursuivre.
Cette semaine-ci, sur une place de Palma où je me baladais avec mon appareil, j'ai photographié ce panneau. 
Ciertas semanas una imagen, una música, una palabra, une idea, se obstinan en perseguirnos.
Esta semana empezó en una plaza de Palma donde paseaba con mi cámara y fotografié esta señal.

 

 

Plaza Progreso, Palma de Mallorca

 

 
Pourquoi ce mot, là?
J'y pensais encore quand j'ai vu cette peinture illustrant je ne sais plus quoi...signée : Confusion Group. Espagnols, de Madrid*.
¿Por qué esa palabra, allí?
Todavía pensaba en ello cuando vi esta pintura ilustrando no me acuerdo qué texto...firmada: Confusion Group. Españoles, de Madrid*.

 

Confusion Group: Sólo son rostros

 

Troublée par tant de confusions je me suis mise à traduire ce poème...ce qui n'a fait qu'augmenter mon chaos mental!

Perturbada por tantas confusiones decidí publicar este poema...¡lo que no hizo más que aumentar mi caos mental!

 

Pablo Neruda –

 

Nous sommes beaucoup

 

Vaguedivague (Estravagario, 1958)

De tant d’hommes que je suis, que nous sommes,
je ne puis en trouver aucun:
ils se perdent sous mes vêtements,
ils sont partis dans une autre ville.

Lorsque tout est prêt
pour me montrer intelligent
le sot caché en moi
parle par ma bouche.

Quand une maison respectée brûle
au lieu du pompier que j’appelle
c'est l’incendiaire qui se précipite
et celui-là c’est moi. Je n'y peux rien.
Comment faire pour me choisir?
Comment me racheter?

Tous les livres que je lis
célèbrent des héros éclatants
toujours sûrs d’eux-mêmes:
je meurs de jalousie pour eux,
et dans les films de vents et de balles,
je demeure à jalouser le cavalier,
je demeure à admirer le cheval.
 
Mais lorsque j’appelle l’intrépide
c’est le vieux paresseux qui m’arrive,
et ainsi je ne sais qui je suis,
je ne sais combien je suis ou serons.

J’aimerais appuyer sur une sonnette
et faire sortir mon véritable moi
car si de moi j’ai besoin
je ne dois pas me dérober.

(...)
(Trad: Colette)


PABLO NERUDA
 Muchos somos.
Estravagario, 1958 

De tantos hombres que soy, que somos,
no puedo encontrar a ninguno:
se me pierden bajo la ropa,
se fueron a otra ciudad.

Cuando todo está preparado
para mostrarme inteligente
el tonto que llevo escondido
se toma la palabra en mi boca.

Otras veces me duermo en medio
de la sociedad distinguida
y cuando busco en mí al valiente,
un cobarde que no conozco
corre a tomar con mi esqueleto
mil deliciosas precauciones.

Cuando arde una casa estimada
en vez del bombero que llamo
se precipita el incendiario
y ése soy yo. No tengo arreglo.
Qué debo hacer para escogerme?
Cómo puedo rehabilitarme?

Todos los libros que leo
celebran héroes refulgentes
Siempre seguros de sí mismos:
me muero de envidia por ellos,
y en los films de vientos y balas
me quedo envidiando al jinete,
me quedo admirando al caballo.  

Pero cuando pido al intrépido
me sale el viejo perezoso,
y así yo no sé quién soy,
no sé cuántos soy o seremos.  

Me gustaría tocar un timbre
y sacar el mí verdadero
porque si yo me necesito
no debo desaparecerme. 

 

 

 

 

*Confusion Group es un grupo artístico que desarrolla su actividad en Madrid desde hace ocho años, en distintas disciplinas (artes plásticas, fotografía, vídeoarte, instalaciones, música, literatura…) tanto individual como colectivamente. También trabajan en colaboración con otros artistas. Confusion Group is an artistic group that develops his activity in Madrid for eight years, in different disciplines (plastic arts, photo, vídeoarte, art installations, music, literature…) both individual as collectivly. They also work incollaboration with other artists.
http://www.confusiongroup.com/paintings.html

09/03/2013

Chair et âme / Carne y alma

Aujourd'hui je vous propose une sélection personnelle d'extraits de divers poèmes de Julia de Burgos.
Hoy os propongo une selección personal de extractos de diversos poemas de Julia de Burgos.



Le mystère est-il bleu?
Penchée en moi même je contemple ma délivrance,
qui me ramène à la vie dans ton éclat...

(Du poème “ Il n'y a pas d'abandon”)



¿Es azul el misterio?

Asomada en mi misma contemplo mi rescate,
que me vuelve a la vida en tu destello...

( Del poema: No hay abandono)

 

Soy ola de abandono,
derribada, tendida,
sobre un inmenso azul de sueños y de alas.
 
Je suis vague d'abandon,
abattue, tendue,
sur un immense bleu de rêves et d'ailes.
 
DONDE COMIENZAS TÚ (extracto)

OÙ TU COMMENCES(extrait) J. de Burgos

 

 

Chanson nue (extrait) J. de Burgos

 

Réveillée des caresses,
sur mon corps je sens encore ton étreinte.
Frémissante et légère j'avance toujours dans ton image.
Si profond et instinctif fut mon simple appel!
 
 
Canción desnuda (extracto)
 
Despierta de caricias,
aún siento por mi cuerpo corriéndome tu abrazo.
Estremecido y tenue sigo andando en tu imagen.
¡Fue tan hondo de instintos mi sencillo reclamo...
 
 

 

Minuit (extrait) J. de Burgos
 
Un tremblement indécis de tropique
pénètre notre alcôve. Entretemps,
ta vie et la mienne se sont embrassées...
et nos âmes vont s'approchant!
 
 
Comme je sens que je suis dans ta chair
tel un épi à l'ombre de l'astre!
Comme je sens que j'atteins ton âme
et que là-bas tu m'attends!
 
Se sont unis, mon amour, se sont unis
nos rires plus blancs que le blanc,
et, ô miracle! dans la lumière d'une larme
se sont embrassés tes pleurs et mes pleurs...
 
 
Azul de noche. Carlos E. Hergueta
 

 

Medianoche
 
Un temblor indeciso de trópico
nos penetra la alcoba. ¡Entre tanto,
se han besado tu vida y mi vida...
y las almas se van acercando!

¡Cómo siento que estoy en tu carne
cual espiga a la sombra del astro!
¡Cómo siento que llego a tu alma
y que allá tú me estás esperando!

Se han unido, mi amor, se han unido
nuestras risas más blancas que el blanco,
y ¡oh milagro! en la luz de una lágrima
se han besado tu llanto y mi llanto...
 

 

(Toutes les traductions : Colette)

19/01/2013

Page blanche fort colorée / Página en blanco muy colorada

Peut-être vous sentez-vous d'humeur vagabonde et m'accompagnerez-vous au centre de l'île, dans le village de Sineu. Cette partie de l'île s'appelle « Es pla », vous avez compris, une zone plate, dédiée à l'agriculture.
 
Voiture, route bucolique, musique douce, du jazz - flamenco, le saxophoniste et flutiste Jorge Pardo qui vient de recevoir au Châtelet, Paris, le prix du meilleur jazzman européen.
Voici un morceau de flûte-jazz.



Tal vez os sentís de humor vagabundo y os apetece acompañarme al centro de la isla, en el pueblo de Sineu. Este parte de la isla se llama « Es pla », zona llana, dedicada a la agricultura.

Coche, ruta bucólica, música suave, jazz-flamenco, el saxofonista y flautista Jorge Pardo que acaba que recibir en el Châtelet, París, el premio del mejor jazzman europeo.
 
 
 
Déjà, c'est un peu tôt, les premières fleurs sur les amandiers ; partout des moutons, des agneaux encore malhabiles.

Ya, aunque es un poco pronto, las primeras flores de almendro; ovejas por doquier, corderitos todavía patosos.

 

Le mercredi est le jour du marché à Sineu, il occupe tout le centre du village, places et rues. Un marché qui date de 1306 et où les fermiers venaient acheter et vendre des animaux vivants ; il y en a moins maintenant mais on y trouve encore poules, canards, lapins, moutons, chèvres, porcs....Concentration d'enfants, excités, suppliant leurs parents de leur offrir un jeune animal, même un petit cochon leur ferait plaisir !
 
 
Ce marché a vraiment gardé un caractère rural et artisanal, est devenu cosmopolite aussi (beaucoup d'immigrés nord-africains travaillent dans les champs). L'ambiance y est souriante, amicale. Et tout est lent, comme la vie ici ; la lenteur fait partie du caractère des insulaires et, une fois qu'on s'y habitue, elle est fort relaxante.

El miércoles es día de mercado en Sineu, ocupa todo el centro del pueblo, plazas y calles. Un mercado que data de 1306 y donde los agricultores venían a vender y compara animales vivos ; hay menos animales ahora pero todavía se encuentran gallinas y gallos, patos, conejos, ovejas, cabras, cerdos....Concentración de niños, excitados, suplicando a sus padres el regalo de un animalito, el que sea, incluso un cerdito !
 
Este mercado ha guardado realmente un carácter rural y artesanal, se ha vuelto cosmopolita (muchos inmigrantes norteafricanos trabajan en el campo). El ambiente es sonriente, amistoso. Y todo es lento, al igual que la vida aquí; la lentitud forma parte del carácter insular y, una vez que uno se acostumbra a ello, es muy relajante.
 
 
 
J'achète quelques plats en terre cuite, tout mijote si bien dans ces casseroles , un foulard rouge à un africain couleur ébène qui se fait un plaisir de se le mettre autour du cou pour me le faire admirer, des bottes d'oignons à planter et je remplis mon panier de fruits et légumes ; un beau pain majorquin, sans sel ici le pain, et quelques parts de Coca de verduras ( pâte fine recouverte d'un mélange d'oignons frais émincés et de bettes/blettes coupées).

Compro algunas fuentes de barro, la comida se hace tan bien en esas ollas, un pañuelo rojo a un africano color ébano que, con mucha gracia, se lo pone al cuello para que lo admire, unos manojos de cebollas para plantar y lleno mi cesta de fruta y verdura ; un bonito pan mallorquín, aquí el pan es sin sal, y algunos trozos de coca de verdura.
 
 
 
Retour ; je vous laisse, comme souvent avec un étrange et délicieux poème.
Vuelta ; os dejo, como muchas veces, con un extraño y delicioso poema.
 
 

Page blanche   Mario Benedetti

 

Je suis descendu au marché
 
et j'ai rapporté
 
tomates journaux averses
 
endives et envies
 
gambas croupes et amen
 
farine monosyllabes jerez
 
instantanés éternuements riz
 
artichauts et cris
 
rarissimes silences
 
 

page blanche
 
voilà, je te laisse tout
 
fais-en ce que tu veux
 
débrouille-toi
 
ou du moins organise-toi
 
 

moi je ferai une sieste
 
pourvu que tu m’éveilles
 
avec une chose originale
 
et suggestive
 
afin que je la signe.
 
 (Trad: Colette)

 

Página en blanco   Mario Benedetti
 
 

Bajé al mercado
y traje
tomates diarios aguaceros
endivias y envidias
gambas grupas y amenes
harina monosílabos jerez
instantáneas estornudos arroz
alcachofas y gritos
rarísimos silencios
 
 

página en blanco
aquí te dejo todo
haz lo que quieras
espabílate
o por lo menos organízate
 
 

yo me echaré una siesta
ojalá me despiertes
con algo original
y sugestivo
para que yo lo firme

15/12/2012

Au fil du vent /F. García Lorca / Al filo del viento

Inconnu aux mille noms,
tellement vivant,
le vent.

Si la poésie de Federico García Lorca est visuelle et nous emporte toujours vers des images fortes, celle du vent me semble être la plus frappante: le poète réussit à nous faire voir l'invisible.

Dessin F.G. LorcaFederico Garcia Lorca Drawing--Death.jpg


Voici ma traduction de:

 

Trois histoires du vent

 

I

 

 
Le vent dévalait rouge
sur le coteau allumé

et il devint vert, vert
du côté de la rivière.
Après il virera au violet,
au jaune et...
Il sera sur les semailles
un arc-en-ciel tendu.
 

 

II

 

                                   Vent dormant.                                     

En haut le soleil.
En bas
les algues frémissantes
des peupliers.
Et mon cœur
tremblant.
 

Vent dormant
à cinq heures du soir
Sans oiseaux.

 

III

 

La brise
est ondulée
comme les cheveux
de certaines filles.
Comme les veines
de vieilles planches.

La brise
jaillit comme l'eau
et se répand,
comme un baume blanc,
dans les vallons,
et s'évanouit
en cognant le dur
de la montagne.

(Trad: Colette)

 

VIENTO- RODRIGO R.PIMENTEL.jpg

Rodrigo R. Pimentel Viento

Desconocido con mil nombres,
tan vivo,
el viento.
Si la poesía de Lorca es visual y nos lleva siempre hacia imágenes fuertes, la del viento me parece particularmente significativa: el poeta consigue hacernos ver lo invisible.

Tres historias de viento
I

El viento venía rojo
por el collado encendido
y se ha puesto verde, verde
por el río.
Luego se pondrá violeta,
amarillo y...
Será sobre los sembrados
un arco iris tendido.



II


Viento estancado.
Arriba el sol.
Abajo
las algas temblorosas
de los álamos.
Y mi corazón
temblando.

Viento estancado
a las cinco de la tarde.
Sin pájaros.
 
III

La brisa
es ondulada
como los cabellos
de algunas muchachas.
Como los marecitos
de algunas viejas tablas.
La brisa
brota como el agua
y se derrama,
como un bálsamo blanco,
por las cañadas,
y se desmaya
al chocar con lo duro
de la montaña.

 

22/09/2012

Aux îles Canaries / En las islas Canarias

À l'aube d'un jour blanc / En el amanecer de un día blanco

Depuis le temps que Espaces Instants existe jamais nous n'avons débarqué sur les îles Canaries. L'année que j'y ai passée, ma première en Espagne juste après la mort de Franco, m'a laissé des souvenirs glissés dans le fond d'un tiroir, un dossier consciemment « oublié ».
Pas par la faute des îles ni de leurs habitants, mais par celle d'un dur apprentissage de la langue, des coutumes et la découverte de ce qui pour moi s'assimilait au tiers-monde. Je n'y étais pas préparée.
Alors trois billets vont rétablir cette injustice. À chaque fois une poétesse et un artiste.
Desde que existe Espaces Instants nunca hemos desembarcado en las islas Canarias. El año que pasé allí, para mi el primero en España, justo después de la muerte de Franco, me dejó unos recuerdos metidos en el fondo de un cajón, un expediente conscientemente «olvidado».
No por culpa de las islas ni de sus habitantes, sino por la de un duro aprendizaje de la lengua, de las costumbres y del descubrimiento de lo que para mí se asimilaba al tercer mundo. No estaba preparada.
Tres entradas van a reparar esa injusticia. Cada vez una poetisa y un artista.

 

 
 
Toi du haut du balcon... Josefina de la Torre (1907-2002)
 
Toi du haut du balcon de ton silence
moi dans la barque sans cap de mon mal,
tous deux perdus sur le même chemin,
toi qui attends ma voix et moi qui attends.
 
Esclave toi de l'horizon inutile,
enchaînée moi à mon passé.
Pas une silhouette de navire dans ta pupille
ni boussole et timon pour mes bras.

Debout sur la haute balustrade marine
en vain tu attendrais ma venue.
Je devrais arriver sur l'écume
à l'aube d'un jour blanc.
 
Mais le haut balcon de ton silence
oublia le signal pour mon navire.
Et je me perdis dans le brouillard de ta rencontre
-comme un oiseau aveugle- pour toujours.

(Trad: Colette)

Andrés DelgadoAndresDelgadoSintitulo7.jpg

 

Tú en el alto balcón... Josefina de la Torre

Tú en el alto balcón de tu silencio,
yo en la barca sin rumbo de mi daño,
los dos perdidos por igual camino,
tú esperando mi voz y yo esperando.

Esclavo tú del horizonte inútil,
encadenada yo de mi pasado.
Ni silueta de nave en tu pupila,
ni brújula y timón para mis brazos.

En pie en el alto barandal marino
tú aguardarías mi llegada en vano.
yo habría de llegar sobre la espuma
en el amanecer de un día blanco.

Pero el alto balcón de tu silencio
olvidó la señal para mi barco.
Y me perdí en la niebla de tu encuentro
–como un pájaro ciego– por los años.


 

07/07/2012

Une chanson de mes étés / María Dolores Pradera / Una canción de mis veranos

L'été c'était Bautista et ses chansons, toujours les mêmes, il les connaissait par cœur. Il chantait bien et ses plus de quatre-vingt ans n'avaient pas altéré sa voix.
La chanson espagnole de toujours, des airs dansants, et soudain, ¡hop ! il faisait un petit pas de côté.
En boucle passaient “Los Panchos” que je n'appréciais que très modérément, et la merveilleuse María Dolores Pradera, une grande dame de la chanson espagnole. C'est sur l'une de ses chansons, sublime,  écrite par Mario Cavagnaro dans les années '60, « Le chapelet de ma mère » que nos vues divergeaient.
Histoire d'une femme abandonnée/trompée par son mari qui fait preuve d'une fierté peu commune. Je vous laisse d'abord l'écouter en suivant, si vous voulez, la traduction.

El verano era Bautista y sus canciones, siempre las mismas, se las sabía de memoria. Cantaba bien y sus más de ochenta años no habían alterado su voz.
La canción española de siempre, aires para bailar y de repente, ¡hop! daba un pasito de lado.
Enlazaba sin pausa “Los Panchos”, que me gustaban muy moderadamente con la maravillosa María Dolores Pradera. Es sobre una de sus sublime canciones, “El rosario de mi madre”, escrita en los años '60 por Mario Cavagnaro, donde nuestros puntos de vista divergían. Historia de una mujer abandonada/ engañada por su marido que demuestra una dignidad poco común.
Primero os dejo escucharla.







El rosario de mi madre / Le chapelet de ma mère

Aunque no creas tú
Como que me oye Dios
Esta será la última cita de los dos
Comprenderás que es por demás
Que te empeñes en fingir
Même si tu le crois pas
Dieu m'est témoin
Ce sera notre dernière rencontre
Tu comprendras qu'il est inutile
Que tu t'obstines à feindre

Porque el dolor de un mal amor
No es como para morir
Pero desecha ya
Mi más bella ilusión
A nadie ya en el mundo
Daré mi corazón
Car la douleur d'un mauvais amour
N'est pas mortelle
Mais détruit
Ma plus belle illusion
À personne au monde
Je ne donnerai plus mon coeur

Devuélveme mi amor
Para matarlo
Devuélveme el cariño que te di
Tú no eres quien merece conservarlo
Tú ya no vales nada para mí
Rends-moi mon amour
Pour le tuer
Rends-moi l'affection donnée
Ce n'est pas toi qui mérites de la conserver
Tu ne vaux plus rien pour moi.

Devuélveme el rosario de mi madre
Y quédate con todo lo demás
Lo tuyo te lo envío cualquier tarde
No quiero que me veas nunca más
Rends-moi le chapelet de ma mère
Et garde tout le reste
Tes biens, je te les renvoie un de ces jours
Je veux que tu ne me voies jamais plus.

.(Répétitions)
(Trad: Colette)

rosario+en+palo+de+rosa.jpg


« Rends-moi mon amour pour le tuer » , n'imagine-t-on pas ce vers déclamé avec emphase dans une grande tragédie classique ?

Mais c'est arrivée à ce couplet que je partais immanquablement d'un grand fou rire.
« Rends-moi le chapelet de ma mère et garde tout le reste ». Quelle dignité ! Tragiquement parfait.
Autres temps, autres mœurs.
Le coté tragique des chansons - j'imagine que chacun de vous, en votre langue, pense à l'une ou l'autre- devient-il souvent comique avec le temps ?

Devuélveme mi amor para matarlo” ¿No nos imaginamos este verso declamado con énfasis en una tragedia clásica?

Y con el siguiente verso, siempre me entraba una carcajada.
Devuélveme el rosario de mi madre y quédate con todo lo demás.” ¡Qué dignidad! Trágicamente perfecto. Otros tiempos, otras costumbres.

El lado trágico de las canciones -me imagino que cada uno, en su idioma, piensa en algunas - ¿se vuelve a menudo cómico con el tiempo?

28/05/2012

Sans vent / Sin viento


Ce matin à l'aube, et cela va durer quelques mois, régnait un calme plat, le vent sommeillait encore...

Le mot « Calme » date du XVº et signifiait cessation de vent ; il ne prendra le sens d'absence d'agitation ou tranquillité que vers 1670.

Du grec ancien χαῦμα, khaûma « forte chaleur » par l’intermédiaire de calma dans une langue ibérique (castillan, catalan, aragonais) où, dans le langage des marins, on associa cette chaleur suffocante à l'absence de vent. .

C'est l'absence de vent, celle qui contrarie les navigateurs à voile mais apaise les esprits qui va faire l'objet de deux billets. Commençons en poésie, nous poursuivrons par le surnom de Mallorca, «  la isla de la calma ».

islas.jpg


Esta mañana, al alba, y durará unos meses, reinaba una calma chica, aún reposaba el viento...
La palabra Calma:

Lo interesante comienza con las sorpresas que encierra la palabra calma.
De la voz griega karma surgió la palabra latina cauma, ambas con el significado de ‘calor sofocante’.
En el naciente castellano se dijo calma, y en el argot de los marineros, la palabra se asoció con la ausencia de viento, que hacía sentir un calor abrasador.
Entonces, se empezó a hablar de «la mar en calma», cuando la naturaleza no cedía el viento indispensable para navegar.”
(fuente:
http://www.illac.com.mx/profiles/blogs/2062895:BlogPost:375.)

Es la ausencia de viento, la que contraria a los navegadores a vela pero tranquiliza la mente que será el objeto de dos entradas. Empecemos con un poema, proseguiremos por el apodo de Mallorca, isla de la calma.

barco.jpg




Calme

José María Hinojosa


À Luís Buñuel

Où finit la mer?

Où commence le ciel?

Les bateaux s'en vont flottant

ou prennent leur envol?

L'horizon s'est perdu

dans le jeu mimétique

du ciel et des eaux.

Le mouvement s'est fondu,

en une seule couleur

bleu, le bleu calme.

Le couleurs se fondent;

le mouvement s'éteint.

Ne reste qu'une seule couleur;

aucun vent.

Où finit la mer?

Où commence le ciel?

Trad: Colette


IMG_0905.JPG


Calma


José María Hinojosa

A Luis Buñuel


¿Dónde se acaba el mar?

¿Dónde comienza el cielo?

¿Los barcos van flotando

o remontan el vuelo?

Se perdió el horizonte,

en el juego mimético

del cielo y de las aguas.

Se fundió el movimiento,

en un solo color

azul, el azul quieto.

Se funden los colores;

se apaga el movimiento.

Un solo color queda;

no existe barlovento.

¿Dónde se acaba el mar?

¿Dónde comienza el cielo?

28/01/2012

Herbiers de F. Garcia Lorca / Herbarios, Lorca

 

En 2011 pas moins de cinq billets, tous fort différents, ont été consacrés ici au maestro García Lorca.

Vous avez ainsi pu lire un texte en prose où il nous parle de son enfance, de la nature, pleurer avec les lézards qui ont perdu leur anneau de mariage, vous immerger dans ses poèmes «Nocturnes», humer la brume d'automne et les rêves perdus et finalement, il y a peu, cette Romance de la Peine Noire, vous vous en souvenez? (Clic sur les mots si l'envie vous prend de les relire)

En 2011 no menos de cinco notas, muy diferentes, han sido dedicadas aquí al maestro García Lorca.

Así habéis podido leer un texto en prosa donde nos habla de su infancia, de la naturaleza, llorar con los lagartos que han perdido su anillo de boda, hundiros en sus poemas «Nocturnos», oler la bruma de otoño y los sueños perdidos y finalmente, hace poco, ese Romance de la Pena Negra, ¿os acordaís?

 

Aujourd'hui, dans une catégorie par lui appelée Herbiers, ces textes un peu mystérieux et pleins d'imagination; herbiers des rêves, des bruits...

Hoy, en una categoría por él llamada Herbarios, estos textos un poco misteriosos y llenos de imaginación: herbarios de los sueños, de los ruidos...

 

lll

 

En grand secret, un ami

me montre l'herbier des bruits.

 

(Chut...silence!

La nuit pend du ciel!)

 

À la lumière d'un port perdu

arrivent les échos de tous les siècles.

 

(Chut...silence!

La nuit oscille dans le vent!)

 

(Chut...silence!

De vieilles colères s'enroulent à mes doigts.

 

1927 (Trad: Colette)

 

puesta de sol malgrats 021.jpg

lll


En mucho secreto, un amigo

me enseña el herbario de los ruidos.


(¡Chist...silencio!

¡La noche cuelga del cielo!)


A la luz de un puerto perdido

vienen los ecos de todos los siglos.


(¡Chist...silencio!

¡La noche oscila en el viento!)


(¡Chist...silencio !

Viejas iras se enroscan en mis dedos.


1927

 

ÉCOLE

 

Maitre

 

Quelle jeune fille se marie

avec le vent?

 

Enfantdanzarina despeinada J gonzalez.jpg

 

La jeune fille de tous

les désirs

 

Maitre

Que lui offre

le vent?

 

Enfant

Tourbillons d'or

et cartes superposées.

Maitre

 

Elle lui offre quelque chose?

 

Enfant

 

Son cœur ouvert.

 

Maitre

 

Dites comment elle s'appelle.

 

Enfant

 

Son nom est un secret.

 

(la fenêtre de l'école a un rideau d'étoiles brillantes)

 

 

1927 (Trad: Colette)

 

ESCUELA


Maestro


¿Qué doncella se casa

con el viento?


Niño


La doncella de todos

los deseos.


Maestro


¿Qué le regala

el viento?


Niño


Remolinos de oro

y mapas superpestos.


Maestro


Ella ¿le ofrece algo?


Niño


Su corazón abierto.


Maestro


Decid cómo se llama.


Niño


Su nombre es un secreto.


(La ventana del colegio tiene una cortina de luceros.)

Photo: Colette

Sculpture: Julio González, danzarina despeinada

 

 

 

03/12/2011

Croquer un soupir / Dibujar un suspiro

A part les doux appels de la pluie, tout était silencieux: elle lisait, le chien, couché sur le canapé interdit, dormait, paisible.

Soudain un long soupir.

Qui?

Excepto las dulces llamadas de la lluvia, todo estaba en silencio: ella leía, el perro, tumbado en el sofá prohibido, dormía, apacible.

De repente un largo suspiro.

¿Quién?

 

 

Oubliant l’obligation de passer inaperçu et pouvoir ainsi prolonger son confortable somme, ce souffle lui avait échappé.

Bien-être ? Ennui ?

Elle écarta, peut-être à tort, l’idée d’un mal d’amour ou de mélancolie.

Olvidándose de la obligación de pasar desapercibido y poder así prolongar su confortable sueño, ese soplo le había escapado.

¿Bienestar? ¿Aburrimiento?

Descartó, tal vez sin razón, la idea de un mal de amores o de melancolía.

 

Musique de la pluie ; notes, silences, soupirs.

Música de la lluvia; notas, silencios, suspiros.

Le soupir entendu semblait plutôt léger….El suspiro parecía mas bien ligero….

CLARA MONTES - A PIÉ VAN MIS SUSPIROS poème d’Antonio Gala

 

À pied vont mes soupirs

chemin de mon bien


 Avant qu’ils n’arrivent

J’arriverai.


 Tiens la porte ouverte

et ouverte l’âme aussi.


 Avant qu’ils n’arrivent

J’arriverai.


 Mon cœur avec des ailes

Mes soupirs à pied…

Mes soupirs

Mes soupirs à pied. (...)


Tant de soupirs, exaspérés ou satisfaits. Quand, pourquoi soupirons-nous ? Y faisons-nous attention, parfois ?

Tantos suspiros, exasperados o satisfechos. ¿Cuándo, por qué suspiramos? ¿A veces les prestamos atención a esos suspiros?

Plongée dans mes réflexions j’en oubliais presque de vous donner ma  recette de biscuits secs de Manacor, village de Rafael Nadal, appelés Suspiros, un délice.

Ingrédients:

Farine

150gr de sucre blanc ou brun

le zeste d’un citron râpé

1 cuillère à soupe de cannelle en poudre

1 pincée de bicarbonate

1 œuf.

 

Allumer le four (180º)

Battre l’œuf entier avec le sucre, le zeste râpé, le bicarbonate et la cannelle jusqu’à ce que l’ensemble soit crémeux. Y ajouter peu à peu la farine jusqu’à obtenir une pâte bien ferme.

Avec une cuillère à café, mettre sur la plaque du four beurrée des lignes (moi je fais des petites boules) de pâte.

Au four 10-15 minutes. Attention, ils brûlent facilement !)

 

05/11/2011

García Lorca, La peine noire / Romance de la pena negra

Federico García Lorca, j’y reviens encore et encore...

Aujourd’hui ce poème qui réunit ses thèmes de prédilection : les gitans,  les chevaux, la nature, la mer, la tristesse…

 

Siempre vuelvo a Federico García Lorca.

Hoy este poema que reúne sus temas de predilección: los gitanos, los caballos, la naturaleza, el mar, la tristeza…

 

 

 

Romance de la peine noire

 

Les coups de bec des coqs
creusent, cherchent l’aurore,
quand de la colline sombre
descend Soledad Montoya.
De cuivre jaune, sa chair
sent le cheval et l’ombre.
Ses seins, noires enclumes,
gémissent des chansons rondes.

Soledad: Qui cherches-tu
seule et à cette heure?
Je cherche qui je veux,

dis-moi, si cela t’importe?
Je chercher ce que je cherche,
ma joie et ma personne.
Soledad de mes chagrins,
cheval qui s’emballe,
finit par trouver la mer
et les vagues le dévorent.
Ne me rappelle pas la mer
car la peine noire pousse
au pays des olives
sous la rumeur des feuilles.
Soledad, comme tu es triste !
Quelle peine désolante !
Tu pleures du jus de citron
si aigre à l’attente et à la bouche.
Que ma peine est grande ! Je traverse
ma maison comme une folle

traînant mes nattes,

de la cuisine à l’alcôve.

Quelle tristesse ! Ma chair

et mon linge deviennent noir jais.
Aïe ! Mes chemises de fil !
Aïe ! Mes cuisses de pavot !
Dans la source aux alouettes
Soledad lave ton corps
et laisse ton cœur
en paix, Soledad Montoya.

****

Tout en bas chante le fleuve:
volant de ciel et de feuilles.
De fleurs de citrouille,
l’aube se couronne.
Oh ! Peine des gitans !
Peine pure et toujours seule.
Oh ! Peine de source occulte
et d’aurore lointaine !

(traduction CM/ MAH)

 

 

Voici une version chantée, flamenco ; émotions.

 

 

 

 

Romance de la pena negra

 

Las piquetas de los gallos
cavan buscando la aurora,
cuando por el monte oscuro
baja Soledad Montoya.
Cobre amarillo, su carne,
huele a caballo y a sombra.
Yunques ahumados sus pechos,
gimen canciones redondas.
Soledad, ¿por quién preguntas
sin compaña y a estas horas?
Pregunte por quien pregunte,
dime: ¿a ti qué se te importa?
Vengo a buscar lo que busco,
mi alegría y mi persona.
Soledad de mis pesares,
caballo que se desboca,
al fin encuentra la mar
y se lo tragan las olas.
No me recuerdes el mar,
que la pena negra, brota
en las tierras de aceituna
bajo el rumor de las hojas.
¡Soledad, qué pena tienes!
¡Qué pena tan lastimosa!
Lloras zumo de limón
agrio de espera y de boca.
¡Qué pena tan grande! Corro
mi casa como una loca,
mis dos trenzas por el suelo,
de la cocina a la alcoba.
¡Qué pena! Me estoy poniendo
de azabache carne y ropa.
¡Ay, mis camisas de hilo!
¡Ay, mis muslos de amapola!
Soledad: lava tu cuerpo
con agua de las alondras,
y deja tu corazón
en paz, Soledad Montoya.
***
Por abajo canta el río:
volante de cielo y hojas.
Con flores de calabaza,
la nueva luz se corona.
¡Oh pena de los gitanos!
Pena limpia y siempre sola.
¡Oh pena de cauce oculto
y madrugada remota!

 

 

01/10/2011

La musique de Platero / La música de Platero

 

platero_dibujo2jpg.jpgIl est bien possible que le nom de Juan Ramón Jiménez ne vous dise pas grand-chose, mais il serait étonnant que vous n’ayez jamais entendu parler de Platero, son âne. Enfin son complice d’un livre, son ami, son confident.

Es posible que el nombre de Juan Ramón Jiménez no le suene mucho, pero sería extraño que nunca hubiera oido hablar de Platero, su burro. Más bien su cómplice el tiempo de un libro, su amigo, su confidente.

 

“Platero es pequeño, peludo, suave; tan blando por fuera, que se diría todo de algodón, que no lleva huesos. Sólo los espejos de azabache de sus ojos son duros cual dos escarabajos de cristal negro.

Es tierno y mimoso igual que un niño, que una niña ... pero fuerte y seco como de piedra. Cuando paso sobre él los domingos, por las últimas callejas del pueblo, los hombres del campo, vestidos de limpio y despaciosos, se quedan mirándolo:

--Tiene acero...

-Tiene acero. Acero y plata de luna, al mismo tiempo.”

 

« Platero est petit, doux, velu, si moelleux d'aspect qu'on le dirait tout en coton, sans ossature. Seuls les miroirs de jais de ses yeux sont durs comme deux escarboucles de cristal noir.

 Il est tendre et caressant comme un enfant, comme une petite fille... ; mais il est dur et sec, intérieurement, comme une pierre. Lorsque nous traversons, le dimanche, les dernières ruelles du village, les campagnards, lents et coquets, s'arrêtent pour le regarder :
- On dirait de l'acier...
De l'acier, mais oui. De l'acier mêlé d'un argent de lune. » Platero y yo (Juan Ramon  Jiménez) Traduction de Claude Couffon 

 

Juan R. Jiménez n’a pas eu d’enfant mais il les estimait grandement. Il disait qu’il n’avait jamais rien écrit spécialement pour eux car il pensait que l’enfant peut découvrir la beauté littéraire dans les mêmes livres que les adultes. Et il est vrai que les enfants lisent « Platero et moi » avec autant de plaisir que les adultes. Il traitait les enfants comme des adultes, il ne descendait pas à leur niveau, il les élevait au sien.

Juan R. Jiménez no tuvo hijos pero sentía un aprecio grande por los niños. Decía que nunca había escrito nada especialmente para ellos porque pensaba que el niño puede descubrir la belleza literaria en los mismos libros que los adultos. Y es verdad que los niños leen “Platero y yo” con el mismo placer que los adultos. Trataba a los niños como adultos, “no descendía él a su nivel, sino que los elevaba a ellos al suyo”

(http://w.w.w.aureoherrero.org/cincuentenariojanramon.)

Dessin réalisé par Ronce à qui sa grand-mère avait lu Platero. Merci!Platero Noée Ronce.JPG

De ce récit poétique composé de 138 courts chapitres, certains ont été mis en musique par Mario Castelnuovo-Tedesco.

De este relato poético compuesto de 138 capítulos cortos, algunos han sido puestos en música por Mario Castelnuevo-Tedesco.

 

 Je vous propose le morceau correspondant au chapitre   C X X X V - MELANCOLÍA 

Voici les paroles récitées par la jeune femme.

 

Esta tarde he ido con los niños a visitar la sepultura de Platero, que está en el huerto de la Piña, al pie del pino redondo y paternal. En torno, abril había adornado la tierra húmeda de grandes lirios amarillos. Cantaban los chamarices allá arriba, en la cúpula verde, toda pintada de cenit azul, y su trino menudo, florido y reidor, se iba en el aire de oro de la tarde tibia, como un claro sueño de amor nuevo. Los niños, así que iban llegando, dejaban de gritar. Quietos y serios, sus ojos brillantes en mis ojos me llenaban de preguntas ansiosas. —¡Platero, amigo!—le dije yo a la tierra—; si, como pienso, estás ahora en un prado del cielo y llevas sobre tu lomo peludo a los ángeles adolescentes, ¿me habrás, quizá, olvidado? Platero, dime: ¿te acuerdas aún de mí? , Y, cual contestando a mi pregunta, una leve mariposa blanca, que antes no había visto, revolaba insistentemente, igual que un alma, de lirio en lirio...

 

Vous pouvez trouver le texte complet en espagnol, fort joliment présenté ici :

Aquí el texto completo, agradablemente ilustrado.

 

 

Un beau cadeau à faire (et à vous offrir pour voyager gaiement en Andalousie !!) avec la version audio, ici par exemple :

  

 

 

Je termine ici la première partie. La seconde sera dédiée à « L’affaire Platero » qui eut lieu entre, d’un côté Luís Buñuel et Salvador Dali et de l’autre J.R. Jiménez qui ne comprit jamais le pourquoi de l’affaire…

Termino aquí la primera parte. La segunda será dedicada al “asunto Platero” que tuvo lugar entre, por una parte Luís Buñuel y Salvador Dali, y por otra J.R. Jiménez que no entendió nunca el por qué del asunto…

04/06/2011

Jouait mon âme.../ Jugaba mi alma...

Orages, coupures de courant, pluies.

Cabrioles d’escargots, absence des libellules acrobates.

 

Alors, simplement deux nocturnes, merveilleux, de F. García Lorca cette semaine.

 

Tormentas, cortes de luz, lluvias.

Cabriolas de caracoles, ausencia de las libélulas acróbatas.

 

Entonces, simplemente dos nocturnos, maravillosos, de F. García Lorca  esta semana.

 

Un brazo de la noche

entra por mi ventana.

 

Un gran brazo moreno

con pulseras de agua.

 

Sobre un cristal azul

jugaba al río mi alma.

 

Los instantes heridos

por el reloj…pasaban.

 

 

 femme pluie.jpg

 

Un  bras de la nuit

entre par ma fenêtre.

 

Un grand bras brun

avec des bracelets d’eau.

 

Sur une vitre bleue

jouait mon âme à être fleuve.

 

Les instants blessés

par l’horloge…passaient. (Trad. Colette)

 

 

 

 

 

Asomo la cabeza

por mi ventana, y veo

cómo quiere cortarla

la cuchilla del viento.

 

En esta guillotina

invisible, yo he puesto

la cabeza sin ojos

de todos mis deseos.

 

Y un olor de limón

llenó el instante inmenso,

mientras se convertía

en flor de gasa el viento.

 

 fenetre_pluie.JPG

 

Je passe la tête

par ma fenêtre, et je vois

comment veut la couper

la lame du vent.

 

Sur cette guillotine

invisible, j’ai mis

la tête sans yeux

de tous mes désirs

 

Et une odeur de citron

emplit l’instant immense,

tandis que se transformait

en fleur de gaze le vent.

 (Trad Colette)

 

Photo 1: http://vietnamblog.danthony.org/?2008/07/24/154-fenetre-sur-la-pluie

Photo 2: http://bouh.wordpress.com/tag/femme/

 

 

26/03/2011

D'île en île, le vent / De isla en isla, el viento

Hiromi2 2008.jpgLe vent s’amuse-t-il à voyager d’île en île emportant avec lui espérances et tristesses ?

 

Hiromi le croit.

Hiromi et sa famille qui vivent sur mon île depuis longtemps, qui ont la tête sous les décombres de la leur.

 

Hiromi me raconte, elle peint beaucoup pour l’instant.

Elle me parle de Haïti aussi.

Iles, îles.

 

 

Hiromi 2008.jpg

¿Se divierte el viento al viajar de isla en isla llevando consigo esperanzas y tristezas?

 

Lo cree Hiromi.

Hiromi y su familia que viven en mi isla desde hace tiempo, que tienen la cabeza bajo los escombros de la suya.

 

Hiromi me cuenta, pinta mucho en estos momentos.

También me habla de Haití.

Islas, islas.

 

 

 

 

 

 

Une chanson de Laura López Castro, les paroles en espagnol ici. La musique est belle aussi, écoutez.

 

 

 

Mon corps au vent  Laura López Castro

Trad. Colette

 

Arrive la nuit et par ma fenêtre

Entre un vent qui m’apporte tristesse

Noire ombre

Qui se couche lentement sur moi

Battements qui semblent accrus

Par l’obscurité

 

Mes yeux clos surveillent l’intérieur

Essayent de calmer le battement

J’essaye d’échapper à cette triste réalité

Que le sommeil me mène ailleurs

 

J’offre mon sommeil au vent

J’offre mon sommeil à la mer

Je voyage avec l’espoir

A la recherche de la vérité

 

J’offre mon temps au vent

J’offre mon âme à la mer

Je voyage avec l’espoir

A la recherche de la vérité

 

Arrive la nuit et par ma fenêtre

Entre un vent qui m’apporte tristesse

J’offre mon temps au vent

J’offre mon sommeil à la mer

Voyageant avec l’espoir

A la recherche de la vérité

 

…..

(Répétitions)

 

Bonne nuit ma vérité (bis)

 

 

19/03/2011

Larmes de lézards / Lágrimas de lagartos

el largarto y la lagarta.jpg

 

 

C’est une chanson, un poème pour enfants écrit par Garcia Lorca.

Pour ceux d’entre vous qui apprenez ou consolidez votre espagnol, pas de problème, niveau facile, ne regardez pas plus bas.

Et interprétez l’histoire comme bon vous semblera….

 

 

 

A Mademoiselle Teresita Guillén...tocando su piano de seis notas.

El lagarto está llorando
(Federico García Lorca)


El lagarto está llorando.
La lagarta está llorando.

El lagarto y la lagarta
con delantaritos blancos.

Han perdido sin querer
su anillo de desposados.

¡Ay, su anillito de plomo,
ay, su anillito plomado!

Un cielo grande y sin gente
monta en su globo a los pájaros.

El sol, capitán redondo,
lleva un chaleco de raso.

¡Miradlos qué viejos son!
¡Qué viejos son los lagartos!

¡Ay cómo lloran y lloran.
¡ay! ¡ay!, cómo están llorando!
À Mademoiselle Teresita Guillèn
qui joue sur son piano à six notes

Le lézard est tout en larmes…

Le lézard est tout en larmes
La lézarde est tout en larmes.

Le lézard et la lézarde
en petits tabliers blancs.

Ils ont perdu par mégarde
leur anneau de mariage.

Aïe, leur anneau de plomb
aïe leur joli anneau  plombé!

Un grand ciel solitaire
embarque à son bord les oiseaux.

Le soleil, gros capitaine,
porte un gilet de satin.

Regardez comme ils sont vieux!
Comme ils sont vieux, les lézards!

Aïe comme ils pleurent, et pleurent!
aïe, aïe, comme ils pleurent!

Federico GARCIA LORCA Chansons pour enfants, trad. Colette

 

 

 

Voici la superbe adaptation musicale et vocale de Paco Ibañez.

 

                                  

13/11/2010

Un berceuse de Lorca / Una canción de cuna de Lorca

JUAN CARDONA Llados Mi espacio Flamenco.jpg
Joan Cardona Llados 1877-1957 (soliloquiosflamencos.blogspot.com)

García Lorca avait observé que, contrairement aux berceuses européennes qui sont douces et tendres, les « chansons de berceau »  espagnoles, du nord au sud (excepté au Pays Basque) étaient tristes :

Gracía Lorca había observado que, al contrario que las nanas europeas que son dulces y tiernas, las canciones de cuna españolas, del norte al sur (excepto en el País Vasco), eran tristes:

“Il y a quelques années, me promenant dans les alentours de Granada, j’entendis chanter une femme du village qui endormait son enfant. J’avais toujours remarqué la tristesse aiguë des berceuses de notre pays ; mais jamais je n’avais ressenti cette vérité si concrète comme ce jour-là. En m’approchant de la chanteuse pour noter la chanson j’ai observé que c’était un belle andalouse, gaie et sans le moindre tic de mélancolie ; mais une tradition vive travaillait en elle et elle exécutait fidèlement l’ordre, comme si elle écoutait les vieilles voix impérieuses qui glissaient dans son sang. Depuis lors j’ai essayé de recueillir des berceuses de partout en Espagne ; j’ai voulu savoir comment les femmes de mon pays endormaient leurs enfants, et après un temps j’ai eu l’impression que l’Espagne emploie ses mélodies pour imprégner le premier sommeil de ses enfants. »

"Hace unos años, paseando por las inmediaciones de Granada, oí cantar a una mujer del pueblo mientras dormía a su niño. Siempre había notado la aguda tristeza de las canciones de cuna de nuestro país; pero nunca como entonces sentí esta verdad tan concreta. Al acercarme a la cantora para anotar la canción observé que era una andaluza guapa, alegre sin el menor tic de melancolía; pero una tradición viva obraba en ella y ejecutaba el mandado fielmente, como si escuchara las viejas voces imperiosas que patinaban por su sangre. Desde entonces he procurado recoger canciones de cuna de todos los sitios de España; quise saber de qué modo dormían a sus hijos las mujeres de mi país, y al cabo de un tiempo recibí la impresión de que España usa sus melodías para teñir el primer sueño de sus niños"

Federico García Lorca -Conferencias
Las nanas infantiles 1930.

 

 

Avec Lorca au piano! En voici les paroles. "Galapaguito" que j'ai traduit par "petite tortue" est
ici, un terme affectueux.

Berceuse de Séville (F.G. Lorca)

Cette petite tortue
n’a pas de mère ;
l’a enfanté un gitane,
l’a jeté à la rue.
N’a pas de mère, oui,
n’a pas de mère, non ;
n’a pas de mère,
l’a jeté à la rue.

Ce petit enfant
n’a pas de berceau ;
son père est menuisier
et lui en fera un.

Nana de Sevilla (F.G. Lorca)

Este galapaguito
no tiene mare;

lo parió una gitana,

lo echó a la calle.

No tiene mare, sí,

no tiene mare, no;

no tiene mare,
lo echó a la calle.


Este niño chiquito

no tiene cuna;

su padre es carpintero
y le hará una.