24/09/2016

Jouer à oui et non / Jugar al sí y al no

 

Balançoire 
 
                               Gerardo Diego 1896-1987
 
 
À cheval sur le bord du monde
un rêveur jouait à oui et non
 
Les pluies de couleurs
émigraient au pays des amours
 
 
 
Vol de fleurs
 
 
Fleurs du oui
 
 
Fleurs du non
 
 
Couteaux dans l'air
qui lui déchirent la chair
forment un pont
 
 
Oui
 
 
Non
 
 
Chevauchait le rêveur
Des oiseaux arlequins
 
 
ils chantent le oui
 
 
ils chantent le non

(Trad: Colette)
 
 
Une balançoire en Équateur, lisez ceci, c'est extraordinaire: http://voyagerloin.com/actualite/activites-sport/equateur-balancoire-flippante-du-monde-face-volcan-en-eruption/
 
 
 
 
 
Columpio 
                                                Gerardo Diego
 
A caballo en el quicio del mundo
un soñador jugaba al sí y al no

Las lluvias de colores
emigraban al país de los amores



Bandadas de flores


Flores de sí


Flores de no

Cuchillos en el aire
que le rasgan las carnes
forman un puente





No

Cabalgaba el soñador
Pájaros arlequines


cantan el sí


cantan el no

09/07/2016

Une main amicale / Una mano amiga

Du seuil d’un rêve on m'appela…
C’était la bonne voix, la voix aimée.
— Dis-moi: viendras-tu avec moi visiter l’âme?…

À mon cœur parvint une caresse.
Avec toi, toujours… Et dans mon rêve j’avançai
par une galerie longue et nue,
sentant m’effleurer la robe pure,
doucement palpiter la main amicale.
(Trad: Colette)
Antonio Machado

Desde el umbral de un sueño me llamaron...
Era la buena voz, la voz querida.
-Dime: ¿vendrás conmigo a ver el alma?...
Llego a mi corazón una caricia.
-Contigo siempre...Y avancé en mi sueño
por una larga, escueta galería
sintiendo el roce de la veste pura
y el palpitar suave de la mano amiga.
 
Antonio Machado
 
 
 
 
Luís Enrique Gómez (Cuba)

 

 

14/05/2016

Garcia Lorca, l'ombre / G. Lorca, la sombra

L'ombre de mon âme

 

 Garcia Lorca

 

 

L'ombre de mon âme
s'enfuit dans un couchant d'alphabets,
brouillard de livres
et de mots.

L'ombre de mon âme !

J'ai atteint la ligne où cesse
la nostalgie,
et là, la goutte de pleur se transforme,
albâtre de l'esprit

L'ombre de mon âme !

Le flocon de la peine
s'achève,
mais il me reste raison et substance
de mon ancien midi de lèvres,
mon ancien midi
des regards.

Un trouble labyrinthe
d'étoiles voilées
emmêle mes espoirs
presque fanés.

L'ombre de mon âme !

Une hallucination
Aspire mes regards.
Je vois le mot amour
démantelé

Rossignol !
Mon rossignol !
Chantes-tu encore ?


Mix d'une traduction trouvée sur la Toile (sans nom d'auteur) et de version personnelle-Colette.
 

"Derrière chez moi" Photo Colette

 

La sombra de mi alma
 
Federico García Lorca
 
 
La sombra de mi alma
huye por un ocaso de alfabetos,
niebla de libros
y palabras.

¡La sombra de mi alma!

He llegado a la línea donde cesa
la nostalgia,
y la gota de llanto se transforma
alabastro de espíritu.

(¡La sombra de mi alma!)

El copo del dolor
se acaba,
pero queda la razón y la sustancia
de mi viejo mediodía de labios,
de mi viejo mediodía
de miradas.

Un turbio laberinto
de estrellas ahumadas
enreda mi ilusión
casi marchita.

¡La sombra de mi alma!

Y una alucinación
me ordeña las miradas.
Veo la palabra amor
desmoronada.

¡Ruiseñor mío!
¡Ruiseñor!
¿Aún cantas?
 

16/01/2016

Sur le dos d'un violon / A lomos de un violín

Un poème surréaliste de la galicienne Blanca Andreu (La Coruña, 1959)

 

Photo Colette, port de Valldemossa
 
 
 

 

Marine

Je t'ai vu, océan
je t'ai galopé
sur le dos d'un violon
de bois poli
d'un lutrin courbe
de couleur du cerisier
et tu étais, océan
un champ
d'herbe bleue
en mouvement.

Comme si tu étais
l'oubli même
je t'ai visité
océan
empereur des eaux
miroir profond du ciel
et j'ai vu dans tes éternelles barbes d'écume
des céréales bleues et des fleurs du silence.
(trad: Colette)
"El sueño oscuro" 1994
 
Photo Colette , miroirs de lune?
 
Marina

Blanca Andreu‏


Te he visto, océano
te he galopado
a lomos de un violín
de madera pulida
de un potro alabeado
del color del cerezo
y eras, océano
un prado
de hierba azul
en movimiento.

Como si fueras
el propio olvido
te he visitado
océano
emperador de las aguas
espejo profundo del cielo
y he visto en tus eternas barbas de espuma
cereales azules y flores del silencio.

"El sueño oscuro" 1994 

 

20/12/2015

Une lumière musicale / Una luz musical

Le silence rond de la nuit
 
Federico García Lorca
 

 

Le silence rond de la nuit
Sur la portée musicale
De l'infini.
Moi je sors nu en rue,
Ivre de vers
Perdus.
Le noir,
criblé
Par le chant du grillon,
Retient ce feu follet
Mort,
Du son.
Cette lumière musicale
Que perçoit
L'esprit.
Les squelettes de mille papillons
Dorment dans mon enceinte.
 
Passe une jeunesse de brises folles
Sur la rivière.
 

(Trad: Colette) 

Feux follets / Fuegos fatuos          
 
El silencio redondo de la noche
Federico García Lorca
El silencio redondo de la noche
Sobre el pentagrama
Del infinito.
Yo me salgo desnudo a la calle,
Maduro de versos
Perdidos.
Lo negro, acribillado
Por el canto del grillo,
Tiene ese fuego fatuo,
Muerto,
Del sonido.
Esa luz musical
Que percibe
El espíritu.
Los esqueletos de mil mariposas
Duermen en mi recinto.

Hay una juventud de brisas locas
Sobre el río.

15/11/2015

Un fil de lumière doré / Un dorado hilo de luz

 
 
Aujourd'hui un poème du Majorquin Jaume Mesquida, né à Palma de Mallorca (1948) mais qui a toujours vécu à Manacor (patrie de Rafael Nadal aussi).  
 Il raconte bien l'immense amour des majorquins pour la nature, le vent, la mer, leur île.
Dans le recueil dont j'ai déjà parlé, “Majorque, l'île aux poètes”, il se trouve en Catalan, mais aussi traduit en Espagnol et en Français.
 
Je n'ai pas résisté à l'envie d'en faire une traduction très personnelle;-))
 

Obole de silence I
 
La nuit battit en retraite et laissa intacte la couleur
rouge des cerises.
L'ombre resta prisonnière dans la jarre de terre.
Le vent cacha le murmure odorant de la forêt dans la flûte
que soutenaient, alanguies, des mains blanches.

Mille petits éclats de lune étaient restés accrochés aux branches odorantes
du citronnier.
Dans les branches de l'oranger, devant le porche de bois,
se prirent les mille grains vermeils du soleil
qui approcha timidement les lèvres au bord ébréché
de la cruche, pour boire à satiété.
Les yeux des maisons s'étaient ouverts et regardaient surpris
l'azur si pur de ce jour ensoleillé.

De bon matin les vieilles se sont installées devant la mer
tissant un souvenir sur le métier rougi de leur sang,
tandis que le jour, d'un fil de lumière doré, cousait un tablier
d'écume à la brise des hautes falaises.
Là le vent du sel soufflait dans leurs cheveux gris,
longs et lisses
et les petites fleurs jaunes insulaires de camomille
réunies en bouquets sauvages et odorants
par les poings âpres des rochers.

Chacune trouvait très facilement son aiguille de douleur
dans le pailler de la tristesse.


(Trad Colette)


 
Traducción al español por el mismo Jaume Mesquida.
Clic sur les textes catalans et espagnols pour agrandir

09/11/2015

Temps et silence / Tiempo y silencio

 

Cesaria Evora, ici en espagnol avec le chanteur espagnol des îles Canaries, Pedro Guerra.


Une maison dans le ciel

Un jardin dans la mer
Une alouette sur ton cœur
Un nouveau départ

Un désir d'étoiles
Un soupir* de moineau
Une île dans ton lit
Un coucher de soleil

Temps et silence
Cris et chants
Cieux et baisers
Voix et chagrin

 Naître dans ton rire
 Grandir dans tes larmes
Vivre sur tes épaules
Mourir dans tes bras

(trad:Colette)
 
Una casa en el cielo
Un jardín en el mar
Una alondra en tu pecho
Un volver a empezar
 
Un deseo de estrellas
Un latir de gorrión
Una isla en tu cama
Una puesta de sol
 
Tiempo y silencio
Gritos y cantos
Cielos y besos
Voz y quebranto
 
Nacer en tu risa
Crecer en tu llanto
Vivir en tu espalda
Morir en tus brazos
 
* le mot exact est "battement", mais...

02/08/2015

Bribes estivales / Fragmentos veraniegos

 

Foto Colette / Golondrinas - Hirondelles  Mallorca 2015

 

Balade quotidienne à 7h du matin, avant que le soleil ne rende le plaisir vivre par trop chaleureux.
Paseo cotidiano a las 7h de la mañana, antes que el sol convierta el placer de vivir demasiado caluroso.
 
Trois femmes et un chien noir, groupe d'âges disparates. Nous rencontrons pas mal de gens qui profitent de la relative fraîcheur du matin. Marche lente dans la campagne, rien ou presque ne nous échappe. V, la plus âgée, s'arrête souvent pour parler des choses de la terre, de la vie dans le village de sa jeunesse. Son père était berger de moutons, elle raconte si bien la vie d'alors.
 
Tres mujeres y un perro negro, grupo de edades variadas. Nos encontramos con bastante gente que aprovecha el relativo frescor de la mañana. Paseo lento por el campo, nada o casi nada se nos escapa. V, la mayor, se para a menudo para hablar de cosas de la tierra, de la vida en el pueblo de su juventud. Su padre era pastor de ovejas, cuenta tan bien la vida entonces.

 

De nombreux lapins cette année, des hirondelles à foison, et l'autre jour ces cochons qui ont à peine daigné ouvrir un oeil à notre passage.
Hay numerosos conejos este año, golondrinas en abundancia y, el otro día, esos cerdos que apenas se dignaron a abrir un ojo a nuestro paso.
 

 

Sommeil de porcs / Sueño de cerdos Mallorca 2015 Foto Colette



Cette semaine, à l'ombre, j'ai lu ce poème qui résume si bien nos petites peurs et nos grands courages.
Esta semana, a la sombra, leí este poema que resume tan bien nuestros pequeños miedos y nuestras grandes valentías.

 

Valiente / Courageux

 

GRACIA IGLESIAS LODARES (Madrid 1977)

 

 

Le daban miedo las pisadas
 
las puertas entreabiertas
 
las cortinas
 
los pies de las esfinges
 
la lengua de los gatos.

 

 Il avait peur des pas
 
des portes entrouvertes
 
des rideaux
 
des pieds des sphinx
 
de la langue des chats

 

Le asustaban la risa de los viejos
 
y las fotos de niños con corbata
 
los osos de peluche
 
las gaviotas de cine
 
de los años sesenta.
 
 
Il était effrayé par les rires des vieux
 
et par les photos d'enfants en cravate
 
par les ours en peluche
 
par les mouettes au cinéma
 
des années soixante

 

Temía sobre todo
 
ver llorar a su padre
 
recorrer un pasillo
 
cortarse con papel
 
y morir cada noche.

  

Il craignait surtout de
 
voir pleurer son père
 
de parcourir un couloir
 
de se couper avec du papier
 
et de mourir chaque nuit

 

Pero era tan valiente
 
que miraba a los ojos
 
y derramaba el alma
 
y decía te amo
 
y era cierto.

 

 

Mais il était si courageux
 
qu'il regardait dans les yeux
 
et qu'il épanchait son âme

et disait je t'aime

et c'était vrai.
 

 

Trad: Colette

 

Source / Fuente: http://trianarts.com/gracia-iglesias-valiente/

28/03/2015

Poètes, travaillons / Poetas, trabajemos

Voici ma contribution au 17º printemps des poètes...un peu en retard mais ni les poètes ni le printemps ne m'en tiendront rigueur je pense.

L'insurrection poétique

Une poétesse espagnole, Gloria Fuertes García (Madrid, 28 juillet 1917 - 27 novembre 1998)

 

Una contribución, con algo de retraso, al movimiento francés “La primavera de los poetas”. Este año el tema era “La insurrección poética”.

 

 

 

 

NO PERDAMOS EL TIEMPO
Ne perdons pas de temps

 

Gloria Fuertes

 

 

Si el mar es infinito y tiene redes,
si su música sale de la ola,
si el alba es roja y el ocaso verde,
si la selva es lujuria y la luna caricia,
si la rosa se abre y perfuma la casa,
si la niña se ríe y perfuma la vida,
si el amor va y me besa y me deja temblando...

 

Si la mer est infinie et a des filets,
si sa musique sort de la vague,
si l'aube est rouge et le crépuscule vert,
si la jungle est luxure et la lune caresse,
si la rose s'ouvre et parfume la maison,
si la fillette rit et parfume la vie,
si l'amour va et me baise et me laisse tremblante....

 

¿Qué importancia tiene todo eso,
mientras haya en mi barrio una mesa sin patas,
un niño sin zapatos o un contable tosiendo,
un banquete de cáscaras,
un concierto de perros,
una ópera de sarna?

 

Quelle importance revêt tout cela,
tant qu'il y aura dans mon quartier une table sans pattes,
un enfant sans souliers ou un comptable qui tousse,
un banquet de déchets,
un concert de chiens,
un opéra de gale?

 

Debemos inquietarnos por curar las simientes,
por vendar corazones y escribir el poema
que a todos nos contagie.
Y crear esa frase que abrace todo el mundo;
los poetas debiéramos arrancar las espadas,
inventar más colores y escribir padrenuestros.
Ir dejando las risas en la boca del túnel
y no decir lo íntimo, sino cantar al corro;
no cantar a la luna, no cantar a la novia,
no escribir unas décimas, no fabricar sonetos.

 

Il faut nous en soucier et guérir les semences,
panser les cœurs et écrire le poème
qui nous contamine tous.
Et créer cette phrase qui embrasse le monde entier;
nous les poètes nous devrions arracher les épées,
inventer plus de couleurs et écrire des Notre Père.
Laisser les rires à l'entrée du tunnel
et ne pas dire l'intime, mais chanter en chœur;
ne pas chanter la lune, ni la fiancée,
ne pas écrire des dizains, ni fabriquer des sonnets.

 

Debemos, pues sabemos, gritar al poderoso,
gritar eso que digo, que hay bastantes viviendo
debajo de las latas con lo puesto y aullando
y madres que a sus hijos no peinan a diario,
y padres que madrugan y no van al teatro.

 

Nous devons, car nous savons, huer le puissant,
crier ce que je dis, car il y en a assez qui vivent
sous des tôles et mal vêtus et hurlant
et des mères qui ne peignent pas leurs enfants tous les jours
et des pères qui se lèvent tôt et ne vont pas au théâtre.

 

 
Adornar al humilde poniéndole en el hombro nuestro verso;
cantar al que no canta y ayudarle es lo sano.
Asediar usureros y con rara paciencia convencerles sin asco.
Trillar en la labranza, bajar a alguna mina;
ser buzo una semana, visitar los asilos,
las cárceles, las ruinas; jugar con los párvulos,
danzar en las leproserías.

 

Poetas, no perdamos el tiempo, trabajemos,
que al corazón le llega poca sangre.

 

Orner l'humble d'un de nos vers sur l'épaule;
chanter pour celui qui ne chante pas et l'aider est bien.
Assiéger les usuriers et avec une patience infinie, les convaincre sans dégoût.
Battre le grain dans les champs, descendre dans une mine;
être plongeur une semaine, visiter les asiles,
les prisons, les ruines; jouer avec les enfants,
danser dans les lazarets.

 

Poètes, ne perdons pas de temps, travaillons,
car peu de sang arrive au cœur.

(Trad:Colette)

23/11/2014

La guitare de F. García Lorca

 

Le piano et la guitare furent les inséparables compagnons de vie de Frederico.
Voici deux poèmes dédiés à la guitare: pleurs et sanglots, images...reflets d'une époque.

El piano y la guitarra fueron los inseparables compañeros de vida de Federico.
Aquí dos poemas dedicados a la guitarra: llantos y sollozos, imágenes...reflejos de una época.

 

 

Las seis cuerdas, F, García Lorca

La guitarra
hace llorar a los sueños.
El sollozo de las almas
perdidas
se escapa por su boca
redonda.
Y como la tarántula,
teje una gran estrella
para cazar suspiros,
que flotan en su negro
aljibe de madera.


1924

 

 

 

Les six cordes

  

La guitare
fait pleurer les songes.
Le sanglot des âmes
perdues
s'échappe par sa bouche
ronde.

Et comme la tarentule,
elle tisse une grande étoile
pour chasser les soupirs
qui flottent dans sa noire
citerne en bois.

(Federico Garcia Lorca, Poème du Cante jondo.
Poésies 1921-1927)

 

(trad: Colette)

 

 

 

Dessins de Lorca

 

 

 

La guitarra

Empieza el llanto
de la guitarra.
Se rompen las copas de la madrugada.
Empieza el llanto de la guitarra.


Es inútil callarla.
Es imposible callarla.
Llora monótona
como llora el agua,
como llora el viento
sobre la nevada.
Es imposible callarla.
Llora por cosas
lejanas.
Arena del Sur caliente
que pide camelias blancas.
Llora flecha sin blanco,
la tarde sin mañana,
y el primer pájaro muerto
sobre la rama.
!Oh guitarra!
Corazón malherido
por cinco espadas. 

 

 

 Celui-ci me fait sourire...este me hace sonreir

 

 

La guitare, Federico García Lorca




Commence la plainte
de la guitare.
Les cimes de l'aube se brisent.
Commence la plainte de la guitare. 
 
Inutile de la faire taire.
Impossible de la faire taire.
Plainte monotone,
comme le pleur de l'eau,
comme le pleur du vent
sur la neige.
Impossible de la faire taire.
Elle pleure sur des choses
lointaines.
Sable du Sud brûlant
qui désire de blancs camélias.
Elle pleure la flèche sans but,
le soir sans lendemain,
et le premier oiseau mort
sur la branche.
O guitare !
Coeur transpercé
par cinq épées.



(Poème du cante jondo)Trad: Colette

Un site qui explique la relation de Lorca avec la guitare

09/11/2014

La Terre Promise / La Tierra prometida

 

Souvent, très souvent je pense à tous les Africains qui jour après jour tentent de franchir les trois dangereuses clôtures (dont une “garnie” de lames soi-disant dissuasives mais qui entaillent profondément leurs chairs) qui séparent Melilla (enclave espagnole) du Maroc.

 

Muchas, muchas veces pienso en todos los Africanos que día tras día, intentan franquear las tres peligrosas vallas (una de ellas “decorada” con cuchillas que se dicen disuasivas pero que cortan sus carnes) que separan Melilla de Marruecos.

 

 

 

 

 

 

Leopoldo Díaz , fragmento Inmigración

El viejo mundo se desploma y cruje...
El odio, entre la sombra acecha y ruge...
Una angustia mortal tiene la vida...

Y como leve arena que alza el viento,
a ti vendrán el paria y el hambriento
soñando con la Tierra Prometida.

 

 

 

Leopoldo Díaz, fragment
 
Le vieux monde s'écroule et craque...
La haine, dans l'ombre tend des pièges et rugit...
Une angoisse mortelle tient la vie...

 

 
Et comme un sable léger que le vent soulève,
vers toi viendront le paria et l'affamé
rêvant de la Terre Promise.
(Trad: Colette)

 

 

 

 

Fragmento de "El Sur y después" de Roberto Cossa

..."Allá murió la infancia,
una caricia, una canción,
una plaza, una fragancia.
Los brazos viajaron, el corazón quedó.
Pero una estrella nos llama del sur.
Y un barco de esperanzas cruza el mar.
Allí, a la tierra del sueño azul.
Es un vaso de vino, es un trozo de pan."...



 Roberto Cossa, fragment

 

...”Là mourut l'enfance,

 une caresse, une chanson,

une place, une odeur.

 Les bras voyagent, le cœur resta.

 Mais une étoile nous appelle du sud.

 Et un bateau d'espoirs traverse la mer.

 

Là, sur la terre du rêve bleu.

C'est un verre de vin, c'est un morceau de pain.”


(Trad: Colette)


 

Souce poèmes. http://haciadondeiremos.blogspot.com.es/2008/03/fragmentos-de-poemas-sobre-inmigracin.html

27/07/2014

La plage / La playa

Manuel Altolaguirre (Málaga1905 - Burgos1959)

La poésie, comme toute manifestation amoureuse, est un désir et une création, et le poète, comme tout amoureux, doit regarder d'un oeil bienveillant la vie, qui est la meilleure muse et avec qui il réalisera son oeuvre.” Fin d'un amour 1949
"La poesía puede ser, como toda manifestación amorosa, un deseo y una creación, y el poeta, como todo enamorado tiene que mirar con buenos ojos a la vida, que es la mejor musa y con la que, al fin y al cabo, realizará su obra." 
 
 
A Federico García Lorca
 
PLAGE

Deux par deux les barques
comme sandales du vent
mises à sécher au soleil.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.

Couché sur le sable
comme une dépouille de la mer
un enfant endormi.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.

Et plus loin, des pêcheurs
tirant des amarres
jaunes et saumâtres.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.
(Trad: Colette)
 
 
 
Sorolla 1863-1923


A Federico García Lorca

PLAYA

Las barcas de dos en dos,
como sandalias del viento
puestas a secar al sol.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.

Sobre la arena tendido
como despojo del mar
se encuentra un niño dormido.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.


Y más allá, pescadores
tirando de las maromas
amarillas y salobres.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.
 
 
PS: Le peintre Valencien Sorolla sera le sujet du prochain billet. 

17/09/2013

Pour Julia / Para Julia

Nous avons tous dans notre entourage des jeunes à encourager, à essayer de conseiller, guider.
Ce poème a été écrit par José Agustín Goytisolo pour sa fille et adapté par Paco Ibañez. Il est généreux et sonne mieux en espagnol, c'est clair, mais …

 

Todos tenemos cerca, claro está, unos jóvenes para animar, para intentar de aconsejar, guiar. El texto escrito por José Agustín Goytisolo para su hija y adaptado por Paco Ibañez no tiene pérdida, es generoso, da ánimos.

 

 

 

 

 

 

Paroles pour Julia

 

 
Tu ne peux revenir sur tes pas
car déjà la vie te pousse
comme un cri interminable

Tu te sentiras traquée
Tu te sentiras perdue ou seule
ou voudras-tu ne pas être née

 

Alors toujours souviens-toi
de ce qu'un jour j'écrivis
pensant à toi, comme maintenant.

  

La vie est belle, tu verras
comment, malgré les chagrins
tu auras des amis, de l'amour

 

Un homme seul, une femme
pris comme ça, un à un
c'est de la poussière, ils ne sont rien.

 

D'autres attendent que tu résistes
que ta joie les aide
que ta chanson soit parmi leurs chants.

  

Ne te rends pas, ne t'écarte pas
sur le chemin ne dis jamais
je n'en peux plus, je reste là.

 

Alors toujours souviens-toi
de ce qu'un jour j'écrivis
pensant à toi, comme maintenant.

 

 

(...)

                                 (Trad: Colette)

 Pour écouter Goytisolo réciter son poème entier: ici

 

Para escuchar al poeta recitar su poema entero: aquí

 

 

 

08/09/2013

Au galop / A galopar

Voici la traduction d'un poème de Rafael Alberti, poème mis en musique par Paco Ibañez et qui est un peu devenu l'hymne des Républicains. 
Rafael Alberti, membre du Parti Communiste, s'exila en France après la guerre civile; mauvaise idée car un peu plus tard le Général Pétain lui retira le permis de travail le considérant comme “dangereux”... Il partit alors pour un long exil en Amérique du sud et ne revint en Espagne qu'en 1977, après la mort de Franco.

Au galop  Rafael Alberti

 

Les terres, les terres, les terres d’Espagne,
les grandes, solitaires, désertes étendues.
Galope, cheval balzan
cavalier du peuple
sous le soleil et la lune

Au galop, au grand galop,
jusqu’à les ensevelir dans la mer!

 Son du cœur qui sonne et résonne
résonnent sous les quatre fers les terres d’Espagne.
Galope, cavalier du peuple,
cheval balzan
cheval d’écume

 Au galop, au grand galop,
Jusqu’à les ensevelir dans la mer!

 Personne, personne, en face personne;
car la mort n’est rien si elle chevauche ta monture.
Galope, cheval balzan
cavalier du peuple
car la terre est à toi.

 Au galop, au grand galop,
jusqu’à les ensevelir dans la mer!

 (Trad: Colette)

 

 

 

A Galopar,  Rafael Alberti

 

Las tierras, las tierras, las tierras de España,

las grandes, las solas, desiertas llanuras.
Galopa, caballo cuatralbo,
jinete del pueblo,
al sol y a la luna.

 ¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!

 A corazón suenan, resuenan, resuenan
las tierras de España, en las herraduras.
Galopa, jinete del pueblo,
caballo cuatralbo,
caballo de espuma.

 ¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!

 Nadie, nadie, nadie, que enfrente no hay nadie;
que es nadie la muerte si va en tu montura.
Galopa, caballo cuatralbo,
jinete del pueblo,
que la tierra es tuya.

 ¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!

 

26/08/2013

Silences III / Silencios III

 Regarder par terre...Mirar al suelo



Le silence F. García Lorca

Écoute, mon fils, le silence.
C'est un silence ondulé,
un silence,
où glissent vallées et échos
et qui incline les fronts
vers le sol.
 
(Trad: Colette)
 
El silencio  F.García Lorca
 
Oye, hijo mío, el silencio.
Es un silencio ondulado,
un silencio,
donde resbalan valles y ecos
y que inclina las frentes
hacia el suelo. 
 
 
 
 

Après avoir beaucoup hésité, j'ai fini par aller voir la zone sinistrée. Certains endroits reverdiront vite, d'autres ne respirent que le silence: aucune cigale, pas un oiseau, odeur de feu et de tristesse.

Después de muchas dudas, acabé yendo a la zona siniestrada. Algunas partes reverdecerán pronto, otras no respiran más que el silencio: ni una cigarra, ni un pájaro, olor a fuego y a tristeza.