15/02/2013

Si je vis, je peindrai des fleurs...

Donc nous savons que María était gravement handicapée et qu'elle possédait du talent.

 Son vrai nom est María Gutierrez Cueto y Blanchard, née à Santander, Blanchard était le nom de sa mère, française de Biarritz, et une fois installée à Paris María décida de ne garder que celui-là.

 Une chance : elle est née dans une famille aisée, « cultivée et raffinée » et son père l'encourage dès l'enfance à dessiner et peindre. Sensible, douée, elle progresse rapidement et est envoyée à Madrid dans un école d'Art. Elle y peint ses premiers tableaux : bien, pas mirobolants.

 

Tête de gitane vers 1910

 

 
Autre chance : une bourse en 1909 pour étudier à Paris. Encouragée par Anglada Camarasa et Kees van Dongen, elle libère son expression, les couleurs.
Ici je saute quelques années et nous la retrouvons, définitivement installée à Paris, en 1916, elle a 25 ans et peint ses premiers tableaux cubistes. 

L'amitié c'est celle de la peintre russe Angelina Beloff et de son amoureux, le jeune peintre mexicain Diego Rivera, mais aussi de Jacques Lipchitz, et surtout d'André Lhote et de Juan Gris qui l'entourent, la protègent, l'admirent.

À propos de Juan Gris, j'ai lu que dans les années '40 le grand marchand d'art Kahnweiler dénonça qu'on avait éliminé de certains tableaux* la signature de María pour la remplacer par celle de Juan Gris, histoire de leur donner plus de valeur ! Ha ! Il ne fait pas bon d'être femme et, comme le lui disait Picasso : « Pauvre María, tu crois qu'une carrière se fait uniquement à base de talent !

*dont le tableau que je trouve superbe : « Nature morte rouge avec lampe » (Naturaleza muerta roja con lámpara)

 

 


 
Composition cubiste
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 




Elle voyage entre Paris, Londres et Bruxelles où elle expose souvent, travaille énormément. Elle développe l'esthétique cubiste et donne à la figure humaine une place inhabituelle dans le cubisme ; elle ne souhaitait pas s'éloigner de la peinture de la vie. 
 
Le déjeuner 1919
 
L'homme à la guitare 1919      
 
 
 
  Vers 1920 elle revient à la peinture figurative et, à part un tableau, « Le buveur », je n'ai trouvé que des tableaux de femmes et d'enfants, de maternités. 
 
 

Madre e hijo 1926

 
 
 
 
 
 
 
                                                                                 
 
El niño del helado 1924
 
                   
 
La niña del brazalete 1922
 
 
La mort de Juan Gris en 1927 la plonge dans une profonde dépression. S'ajoutent de gros problèmes économiques - sa famille, sœurs et neveux sont venus la rejoindre à Paris , charges qui lui pèsent.
María cherche comme on dit « consolation dans la religion » et en 1930 Paul Claudel lui rend visite dans son atelier. Elle lui montre un tableau qui lui tient à cœur : San Tarcisius, le patron des enfants de choeur. Visiblement cela a plu à notre Claudel qui, en 1931 lui dédie un poème du même nom.
 
San Tarcisius
 

En voici un court extrait :
« Comme la myrrhe avec son parfum, comme le lys avec son odeur,
Ainsi Tarcisius au milieu des méchants ne fait plus qu’un avec Notre-Seigneur.
Comme le lys avec son odeur, il ne fait plus qu’un avec l’hostie.
Comment lui prendrait-on son Jésus alors qu’il ne fait plus qu’une seule chose avec Lui ?
– Quel est ce bruit que tu entends, Tarcisius ? un tintement comme d’une petite sonnette…
Et non point une seulement, une autre, et encore d’autres à la fois, dix ou douze, et cent mille de tous côtés, un million de petites voix, des millions de petites vierges d’argent, claires et nettes !
C’est un enfant qui fait ce petit bruit tout seul au-dessus de la Terre prosternée. »
 
María tombe gravement malade, la tuberculose la mine. 
 
La convaleciente
 
« Si je vis, je peindrai des fleurs » disait-elle...
Fin.

08/02/2013

Toute mon oeuvre...pour un peu de beauté / Toda mi obra... por un poco de belleza

María Blanchard (1881- 1932), connaissez-vous cette peintre espagnole? 

 Sans doute pas. Étrange “l'escamotage” de cette artiste du niveau de Juan Gris...

 Elle m'a passionnée, et son art, enchantée.

 Je lui consacrerai donc deux billets.

Ce n'est que l'an dernier, juin 2012, que le Musée Reina Sofía de Madrid décida qu'il était temps (plus que temps dirais-je) de parler d'elle, de lui donner cette place si méritée: “María Blanchard est une artiste d'avant-garde, pionnière de toute une future génération de femmes artistes, qui eût, comme Frida Khalo, un parallélisme vital de souffrances dû à ses déformations physiques* auxquelles s'ajouteront, dans le cas de Blanchard, à des moments de grande pénurie économique durant sa brève vie”.

 

*Suite à une chute de sa mère durant sa grossesse, María était de trop petite taille, bossue, boiteuse et myope. Elle disait: “J'échangerais toute mon œuvre...pour un peu de beauté”. (source)

 

María Blanchard (1881-1932), conocéis a esta pintora española? 

 Probablemente no. Extraño escamoteo de esa artista del nivel de Juan Gris...me apasionó la persona, y su arte me encantó.

 Le dedicaré dos entradas.

Fue tan solo el pasado año, en junio 2012, cuando el Museo Reina Sofía de Madrid decidió que era hora (más que hora diría yo) de hablar de ella, de darle un lugar tan merecido: “María Blanchard es una artista de vanguardia, pionera de toda una futura generación de mujeres artistas, que tuvo al igual que Frida Kahlo, un paralelismo vital de sufrimiento por sus deformidades físicas* al que se añadieron, en el caso de Blanchard, momentos de grandes penurias económicas en su breve vida.”

 

* Consecuencia de una caída de su madre durante su embarazo, María era enana, jorobada, coja y miope. Decía “"cambiaría toda mi obra... por un poco de belleza". (fuente)

 

 

 

Tora Vega Holmström 1921 María Blanchard

 

 
C'est pourquoi ce portrait d'elle réalisé en 1921  par la peintre suédoise Tora Vega Holmström (1880-1967) a tant de valeur à mes yeux. La délicate Tora ne laisse deviner aucune de ces tares physiques, tout au plus les  lunettes  aux verres épais tenues à la main. Nous n'avons pas de détails sur leur relation mais elles se sont plus que probablement rencontrées à Paris où María s'est définitivement installée en 1910.

 

Por eso este retrato de ella realizado en 1921 por la pintora sueca Tora Vega Holmström (1880-1967) tiene tanto valor a mis ojos. La delicada Tora no deja adivinar ninguna de esas taras físicas, solo sus gafas en la mano. No tenemos detalles sobre su relación pero se encontraron, mas que probablemente, en París donde María se instaló definitivamente en 1910.

 

Nous commencerons par la fin, c'est à dire après sa mort, avec un article dans le journal l' Intransigeant - Paris qui résume bien sa vie. “ L'artiste espagnole est morte hier soir, après une douloureuse maladie. La place qu'elle occupait dans l'art contemporain était prépondérante. Son art, puissant, fait de mysticisme et d'un amour passionné pour la profession, restera comme celui d'un des artistes authentiques et les plus significatifs de notre époque. Sa vie de recluse et malade avait d'autre part contribué à développer et aiguiser singulièrement une des plus belles intelligences de notre temps.”

 

Empezaremos por el final, es decir después de su muerte, con un artículo del periódico L'Intransigeant de París que resume bien su vida: "La artista española, ha muerto anoche, después de una dolorosa enfermedad. El sitio que ocupaba en el arte contemporáneo era preponderante. Su arte, poderoso, hecho de misticismo y de un amor apasionado por la profesión, quedará como el de un auténtico artista y uno de los más significativos de nuestra época. Su vida de reclusa y enferma, había por otro lado contribuido a desarrollar y a agudizar singularmente una de las más bellas inteligencias de nuestro tiempo".

 

Et puis quelques courts extrait de l'Élégie de García Lorca à la mort de María:

 

He aquí unos cortos extractos de la Elegía de García Lorca a la muerte de María:

 


“...
La lucha de María Blanchard fue dura, áspera, pinchosa, como rama de encina, y sin embargo no fue nunca una resentida, sino todo lo contrario, dulce, piadosa, y virgen.

 

...La lutte de María Blanchard fut dure, âpre, épineuse, comme branche de chêne vert, et pourtant elle ne fut jamais rancunière, tout au contraire, douce, pieuse, et vierge.

 


- Aguantaba la lluvia de risas que causaba, sin querer, su cuerpo de bufón de ópera, y la risa que causaban sus primeras exposiciones, con la misma serenidad que aquel otro gran pintor, Barradas, muerto y ángel, a quien la gente rompía sus cuadros y él contestaba con un silencio recóndito de trébol o de criatura perseguida.

 

 

M. Blanchard "La primera comunión"

 

- Elle supportait la pluie de rires que causait, sans le vouloir, son corps de bouffon d'opéra, et le rire que causèrent ses premières expositions, avec la même sérénité que cet autre grand peintre, Barradas, mort et ange, à qui les gens cassaient les tableaux et auxquels il répondait par un silence abstrus de trèfle ou de créature poursuivie.
- Y a medida que avanzaba el tiempo, su alma se iba purificando y sus actos adquirían mayor trascendencia y responsabilidad. Su pintura llevaba el mismo camino magistral, desde el cuadro famoso de "La primera comunión" hasta sus últimos niños y maternidades, pero atormentada por una moral superior daba sus cuadros por la mitad del precio que le ofrecían, y luego ella misma componía sus zapatos con una bella humildad.

- Au fil du temps, son âme se purifiait et ses actes acquiéraient une plus grande transcendance et responsabilité. Sa peinture prenait le même chemin magistral, depuis le tableau “La première communion” jusqu'à ses derniers enfants et maternité, mais tourmentée par une morale supérieure elle donnait ses tableaux pour la moitié du prix qu'on lui offrait, même si après elle devait confectionner ses propres souliers avec une belle humilité.

 

Et la fin, si belle.
Y el final, precioso.

  

Te he llamado jorobada constantemente y no he dicho nada de tus hermosos ojos, que se llenaban de lágrimas, con el mismo ritmo que sube el mercurio por el termómetro, ni he hablado de tus manos magistrales. Pero hablo de tu cabellera y la elogio, y digo aquí que tenías una mata de pelo tan generosa y tan bella que quería cubrir tu cuerpo, (…). Porque eras jorobada, ¿y qué? Los hombres entienden poco las cosas y yo te digo, María Blanchard, como amigo de tu sombra, que tú tenías la mata de pelo más hermosa que ha habido en España."

 

Je t'ai constamment appelée bossue et je n'ai rien dit de tes beaux yeux, qui s'emplissaient de larmes, au même rythme que monte le mercure dans le thermomètre, rien dit non plus de tes mains magistrales. Mais je parle de ta chevelure et j'en fais l'éloge, et je dis ici que tu avais une masse de cheveux si généreuse et si belle qu'elle voulait couvrir ton corps, (…). Parce que tu étais bossue, et alors? Les hommes comprennent peu les choses et je te dis, María Blanchard, comme ami de ton ombre, que tu avais la masse de cheveux la plus belle qu'il y a eu en Espagne.” (Trad: Colette)
Extrait de la conférence prononcée par F. García Lorca à Madrid en 1932 (texte entier ici)

 

 
M. Blanchard La toilette

 

Dans le prochain billet je vous raconterai sa vie, à travers ses oeuvres, d'abord cubistes puis plus expresionnistes. Je vous parlerai de ses rencontres aussi.

 

La próxima vez os contaré su vida, a través de sus obras, primero cubistas luego más expresionistas. Os hablaré también de sus encuentros.

 

02/02/2013

Un "voyage enchanteur" / Un "viaje encantador"

Le 2 Novembre 1892, le jour, précisément, des Morts, bon augure, je partis par la gare du Nord* dans, grâces à des fonds miraculeusement venus des Pays-Bas, un wagon spécial de première classe, sinon en vrai souverain, du moins en prince encore très sortable - :”
*(Paris)
El 2 de Noviembre 1892, el día, precisamente, de los Muertos, buen auguro, salí por la estación del Norte* en, gracias a unos fondos milagrosamente venidos de los Países Bajos, un vagón especial de primera clase, si no es en verdadero soberano, por lo menos en príncipe todavía muy presentable -:”
* (París)
Ce “je” est Paul Verlaine, invité par un groupe d'artistes et de littérateurs pour donner une série de conférences à Den Haage (La Haye), Leyde et Amsterdam. Il accepta volontiers ”ayant toujours été curieux de ce pays que l'ingrat Voltaire, son hôte de corps et d'esprit, dénonce comme plein “de canaux, de canards et de canailles”, de ce pays qu'à mon tour je proclame plein, évidemment de canaux et de canards, mais plus encore de talent héréditaire et de traditionnelle histoire restée.”
Este “Yo” es Paul Verlaine, invitado por un grupo de artistas y literatos para dar une serie de conferencias en La Haya, Leyde y Amsterdam. Acepta con mucho gusto “habiendo siempre sido curioso de este país que el ingrato Voltaire, su huésped de cuerpo y espíritu, denuncia como lleno “ de canales, patos y canallas”, de ese país que a mi vez proclamo lleno, evidentemente de canales y patos, pero aún más de talento hereditario y de tradicional historia permanecida.”
 
 
 
Quinze jours en Hollande” de Paul Verlaine; une série de lettres à un ami qui lui a demandé de lui relater son séjour.
L'édition que je possède est magnifique, illustrée à la main, des aquarelles de Van Teyne. Un héritage “de grand-mère, en mère, en fille” sans prix donc.
C'est avec délicatesse (pour en pas l'abimer) et curiosité que je me suis immergée dans ce récit. La prose de Verlaine m'était inconnue, elle m'a surprise par sa variété; un style très vivant fait de rapprochements, d'incises et de digressions. Ces dernières sont souvent des vers, des réflexions, quelques souvenirs. Aucune mention de sa tumultueuse vie passée pourtant.
Reçu et partout traité, c'est vrai, comme un prince, il s'attache au peintre symboliste Toorop, au poète Albert Verwey, au peintre Joseph Israëls, à l'écrivain Willem Kloos...des artistes très connus dit-il, mais dont j'ai à peine entendu le nom.
Quinze días en Holanda” de Paul Verlaine; una serie de cartas a un amigo que le pidió que le contara su estancia allí. Fue con gran curiosidad con la que me metí en ese relato. La prosa de Verlaine me era desconocida, me sorprendió por su variedad; un estilo muy vivo hecho de aproximaciones, incisas y digresiones. Estas últimas son a menudo versos, reflexiones, recuerdos. Sin embargo no hace ninguna referencia a su tumultuosa vida anterior.
Recibido y, es cierto, tratado como un príncipe por todas partes, establece amistad con el pintor simbolista Toorop, con el poeta Albert Verwey, con el pintor Joseph Israëls, el escritor Willem Kloos...todos artistas muy conocidos dice, pero yo apenas he oído su nombre.
 
 
Enchanté, il visite les villes, des musées, il détaille tout avec grand intérêt; il passe pas mal de temps aussi, entouré d' un aéropage, dans des cafés et restaurants où les cigares et l'alcool, surtout les amer-Schiedam (sorte d'eau de vie) trouvent chez Verlaine un gosier fort accueillant.
Avant chaque conférence, et pour s'éclaircir la voix, il gobe un oeuf cru. Être le centre de l'intérêt et l'attention lui plaît énomément.
Quant au sujet de ses conférences:
...J'ai bien assez de mon symbolisme à moi, - j'entends, grands dieux, non pas le mien qui n'a jamais existé, - je veux dire celui, feu d'ailleurs, de Jean Moréas aujourd'hui Chef de l'École romane.
Ce sacré, les anglais diraient “bloody”, symbolisme dont je dois encore parler ici.”
Alors il alterne et lit/récite, à la demande du public, beaucoup de ses propres poèmes.
Encantado, visita las ciudades, unos museos, detalla todo con gran interés; pasa mucho tiempo también, rodeado de un aerópago, en cafés y restaurantes donde los puros y el alcohol, sobre todo los “amer-Schiedam” (un tipo de aguardiente) encuentran en Verlaine un cliente más que acogedor.
Antes de cada conferencia, y para aclarase la voz, traga un huevo crudo. Ser el centro del interés y de la atención le encanta.
En cuanto al tema de sus conferencias:
...Me basta con mi propio simbolismo, - entiendo, dios mío, no el mío que nunca existió, - sino el del ya fallecido Jean Moréas hoy Jefe de la Escuela románica.
Este maldito, los ingleses dirían “bloody”, simbolismo del cual tengo que hablar de nuevo aquí.”
También lee/recita, a la demanda de su público, muchos de sus propios poemas.
 
 
 
 
 
Tour à tour émerveillé, attentif à tout et à tous, attendrissant dans sa relation avec la fillette de son hôte, Monsieur Zilcken, Verlaine se révèle à moi comme épistolier-voyageur hors pair.
 
Trouverez-vous chez un bouquiniste cette balade hollandaise? Est-il réédité?
Je vous le souhaite.

NB: Il existe sur Gallica la possibilité de le lire et/ou feuilleter: http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=...



Portrait de Verlaine par Ph. Zilcken


Alternativamente maravillado, atento a todo y a todos, enternecedor en su relación con la joven hija de su huésped, el Señor Zilcken, Verlaine se me revela como un viajero-epistolar fuera de serie.
No sé si lo encontraréis, tal vez una edición antigua...os lo deseo.

30/12/2012

Diversité et musique / Diversidad y música

Une collaboration unique celle de Ablaye Cissoko le griot, vocaliste et extraordinaire joueur de kora Sénégalais et du trompettiste de jazz allemand Volker Goetze qui dure depuis 2008. 
 
 


 

Transcendant les frontières géographiques et musicales, c'est une synthèse musicale qui unit les traditions intemporelles de conteur-griot avec une perspective moderne.

 

Leur second album, (mai 2012) Amanke Dionti (qui peut se traduire “Elle n'est pas ton esclave”) est, disent-ils, un long voyage spirituel et musical.

 

L'improvisation est la clé de l'essence méditative de leurs chants, et l'endroit où ils enregistrent (dans ce cas Notre Dame du Bon Secours à Paris) ou donnent un concert, sont d'une grande importance “pour laisser entrer en nous ces moments de paix et méditation qui, vous le savez, ne peuvent s'installer longtemps dans l'instant” dit Goetze.
 
 


 

Una colaboración única la de Ablaye Cissoko el griot, vocalista y extraordinario músico de kora Senegalés y del trompetista de jazz alemán Volker Goetze que dura desde 2008.

 

Transcendiendo las fronteras geográficas y musicales, es una síntesis musical que une las tradiciones intemporales de contador/griot con una perspectiva moderna.

 

Su segundo álbum, (mayo 2012) Amanke Dionti (que se puede traducir por “Ella no es tu esclava”) es, dicen, un largo viaje espiritual y musical.

 

La improvisación es la clave de la esencia meditativa de sus cantos, y el lugar donde gravan (en este caso Notre Dame du Bon Secours en París) o donde dan un concierto, son de gran importancia “ para dejar entrar en nosotros esos momentos de paz y meditación que, como saben ustedes, no se pueden instalar por mucho tiempo en el instante” dice Goetze.

 

Méditation, fraternité. 
Je vous laisse écouter, savourer une des 7 chansons de l'album dédiée à Haïti.
 
Sublime cette voix, sublime la trompette. Fort le message.
 
Meditación, fraternidad. 
Os dejo escuchar, saborear una de las 7 canciones dedicada a Haïti.
 
Sublime esta voz, sublime la trompeta. Fuerte el mensaje.


              Bonne Année - Feliz Año

 
écouter d'autres chansons de Ablaye Cissoko http://www.myspace.com/ablayecissoko

25/12/2012

Memoria shout love

J'ai admiré  ces oeuvres de Pep Llambías dans la Fundació Lichter Alaró.
He admirado estas obras de Pep Llambías en la Fundació Lichter Alaró.

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  Cri, grito

 
 
 

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  Joyeux Noël     Feliz Navidad

02/12/2012

Recoudre / Recoser

"La marche permet de recoudre pas à pas l'évidence dissipée qui longtemps a tenu ensemble l'homme et le sol; elle permet de reprendre pied dans une époque où chacun a la sensation de se noyer dans un torrent de bouleversements.
L'homme a tracé des chemins, autant de coutures qui composent l'étoffe d'un monde humain. Chaque marcheur parcourant ces chemins repique la tunique qui protège l'homme et le monde d'un oubli réciproque"

Christophe Lamoure - Petite philosophie du marcheur.  extrait du chapitre "Les pieds sur terre"

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                                                     Michael Peter Anchel

La marcha permite recoser paso a paso la evidencia disipada que durante largo tiempo ha tenido juntos al hombre y al suelo; permite hacer pie en una época en la que cada uno tiene la sensación de ahogarse en un torrente de cambios radicales.
El hombre ha trazado caminos que son las costuras del tejido de un mundo humano.
Cada caminante, al andar esos caminos, repara la túnica que protege al hombre y al mundo de un olvido recíproco.”
(Trad: Colette)

25/11/2012

Couseuses / Costureras

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Emilio Botero: Costureras

 

Últimamente me persigue la costura, o mejor dicho, las costureras. Después de haber leido « Los hilos del corazón « de Carole Martínez  en el cual la protagonista es un artista de la aguja (a leer, absolutamente), en la novela « El lector de Julio Vernes » de Almudenas Grandes se habla de hijos de Guardias Civiles, siempre vestidos de verde : sus madres les cortaban y cosían la ropa en los uniformes gastados de sus padres. M, cuyo padre estaba en la aviación, me cuenta que él, por el mismo motivo de la post-guerra, siempre iba vestido de azul...

Los trastornados ambientes actuales que nos hacen volver a nuestras agujas me han decidido ha dedicar unas lineas a las costureras.

Por todo, costuras del alma, también.

 

Dernièrement la couture me poursuit, ou plutôt les couseuses. Après la lecture de “Coeur cousu” de Carole Martínez où la protagoniste est une artiste de l'aiguille, dans le roman « Le lecteur de Jules Vernes » (pas encore traduit en français mais ce ne saurait tarder) d'Almudena Grandes, situé juste après la guerre civile dans un village andalous, il est fait état des enfants de Gardes Civiles, toujours habillés de vert : leurs mères leur coupaient et cousaient des habits dans les uniformes usés de leurs pères. M. dont le père était dans l'aviation, me dit que lui était toujours, et pour la même raison, vêtu de bleu...Finalement ce sont les bouleversements ambiants actuels qui nous font retourner à nos aiguilles qui m'ont décidée.

Et partout, des coutures de l'âme, aussi.

                                  

Les femmes et la couture est une longue histoire, où elles ont eu le plus souvent le rôle secondaire de « petites mains » puis, une fois le XIXºs et les machines à coudre commercialisées, elles sont devenues elles-mêmes des machines, ou presque.

C'est surtout en peinture que l'on trouve des portraits de ces femmes, magnifiées, vous en connaissez sûrement plus d'une ; nombreux sont les artistes de tous pays qui en ont fait le sujet d'un tableau. J'ai privilégié la peinture espagnole ou de pays hispanophones mais pas uniquement.

Des couseuses, brodeuses, le plus souvent solitaires.

Las mujeres y la costura es una larga historia donde ellas han tenido, la mayor parte del tiempo, un papel secundario. Una vez el siglo XIX y la comercialización de las máquinas de coser, las mujeres se convirtieron ellas mismas en máquinas, o poco menos.

Se encuentran en pintura muchos retratos de esas mujeres, magnificadas. Seguro que más de una os viene a la memoria ; numerosos artistas de todos los países han hecho de ellas el tema de un cuadro. He privilegiado la pintura española o de países hispanófonos, pero no unicamente.

Costureras, bordadoras, solitarias en su mayor parte.



La toile la plus connue ici est celle-ci de Velázquez. C'est un tableau inachevé (regardez la partie de son bras droit) et il pourrait s'agir de sa femme, sa fille...mais peu importe.

Aquí la más conocida es la de Velazquez. Es un cuadro inacabado (mirad la parte de su brazo derecho) y podría tratarse de su mujer, de su hija...poco importa.

 

velazquez-la-costurera.jpg



Muy diferentes son los cuadros siguientes donde el decorado es tan importante como el modelo; una bonita luz, indispensable para realizar los trabajos de aguja...y las pinturas. Escenas intimistas, apacibles. Las damas, solas, el trabajo extendido sobre sus faldas, los ojos fijados en su obra. Un decorado algo similar, cortinas y hojas de árboles.

 

Fort différents sont les deux tableaux suivants où le décor est aussi

important que le modèle; une belle lumière, indispensable pour réaliser les

travaux d'aiguille...et les toiles. Scènes intimistes, paisibles. Les dames,

seules, le travail étalé sur leurs jupes, les yeux fixés sur leur ouvrage. Un

décor un peu similaire, rideaux et feuilles d'arbres.

 

 

Manuel Gómez-Moreno González 1873

Salvador Tuset: Valencia 1883

18/11/2012

Cuba III et / y fin

Ce dernier billet sur les Cubains est un pêle-mêle de lectures, musiques, photos, poèmes qui ont croisé mon chemin, dont j'ai retenu le nom, la voix, l'image. Que j'ai beaucoup aimés.
Esta última página sobre los Cubanos es una mezcla de lecturas, músicas, poemas que han cruzado mi camino y cuyos nombres, voces, imágenes han quedado en mi memoria. Que me han gustado mucho.

                                                                        Foto: José Julián Martí
 
Parmi les films il y a évidemment “Buena vista social club” 1998, à voir et revoir.
Dans un tout autre genre, “Fresa y chocolate” 1994. Un film culte et délicat, politique et humain, la relation entre deux hommes sur base du communisme et de l'homosexualité-amitié. Vous pouvez le voir en entier en espagnol avec sous-titres anglais ici.
Comment ne pas citer le film “Guantanamera”? Ici, une vieille histoire d'amour et le transport d'un cercueil du nord au sud de l'île donnent lieu à une critique, souvent hilarante, du système cubain.
Pour découvrir des musiques cubaines contemporaines, un film plus récent, 2005, "Habana blues". Excellent aussi. À voir/écouter ici
Entre las películas hay, claro está, "Buena vista social club” 1998, para ver una y otra vez.
En un estilo totalmente distinto, “Fresa y chocolate” 1994. Una película culta y delicada, política y humana, la relación entre dos hombres con los temas del comunismo y de la homosexualidad-amistad. Se puede ver entero aquí.
¿Cómo no mencionar la peli “Guantanamera”? Aquí, una vieja historia de amor y el trasporte de un ataúd del norte al sur de la isla dan lugar a un crítica a menudo hilarante, del sistema cubano.
Para descubrir músicas cubanas contemporáneas, una película más reciente, 2005, Habana Blues. Aquí.
Excelente.
 
Dans le groupe “Buena vista social club”il y a deux chanteurs qui m'émeuvent particulièrement: Omara Portuondo, la diva du groupe, et Ibrahim Ferrer Planas, un homme timide et talentueux. J'ai choisi, pour la simplicité et l'émotion, ce duo d'une chanson si connue”Quizás, quizás, quizás”. Peut-être, peut-être vous donnera-t-elle, comme à moi, la chair de poule.


En el grupo “Buena vista social club” hay dos cantantes que me conmueven especialmente: Omara Portuondo, la diva del grupo, e Ibrahim Ferrer Planas, un hombre tímido y talentuoso. Elegí, por la simplicidad y la emoción, este dúo del tan conocido “Quizás, quizás, quizás”. Me pone la carne de gallina.


J'aimerais vous recommander des romans, mais à part 3 auteurs que je connais bien, ma libraire me l'a confirmé, la diffusion n'est pas trop bonne et puis j'ignore ceux qui sont traduits en français. Mais lisez ce monument qu'est “Le siècle des lumières” d'Alejo Carpentier. Roman historique passionnant, la Révolution française, les Caraïbes. Il existe en livre de poche et en voici déjà un court passage.
 
 






















Me gustaría recomendaros unas novelas. La difusión no es muy buena me dice la librera, así que solo os animo a leer “El siglo de las luces” de Alejo Carpentier, una novela histórica apasionante, la Revolución Francesa, el Caribe.


  Terminons avec un poème érotique de Zoé Valdés. Elle, vous la connaissez, non? Elle vit à Paris, ses romans sont traduits.
  Acabemos con un poema erótico de Zoé Valdés. ¿La conocéis, verdad? Vive en Paris.
 
GRANDIT

Grandit le rêve
tu t'es transformé en arbre
des branches coule du miel.
Grandit le silence
le poème est la nuit
qui t'offre un portail.
Grandit la pluie
je me mouille à peine
dans ton corps.
Grandit la lumière
tu es son reflet
sur ma robe.
Grandit la respiration
et nous voltigeons nus
dans l'ombre.
(Trad: Colette)
 

CRECE

Crece el sueño
te has convertido en árbol
de las ramas gotea miel.
Crece el silencio
el poema es la noche
que te brinda un portal.
Crece la lluvia
apenas me mojo
dentro de tu cuerpo.
Crece la luz
tú eres su reflejo
sobre mi vestido.
Crece la respiración
y nos volteamos desnudos
en la sombra.

11/11/2012

À Cuba II / En Cuba II

 

Alma música

Yo soy borracho. Me seduce el vino

luminoso y azul de la Quimera

que pone una explosión de Primavera

sobre mi corazón y mi destino.

Tengo el alma hecha ritmo y armonía;

todo en mi ser es música y es canto,

desde el réquiem tristísimo de llanto

hasta el trino triunfal de la alegría. (…)

 

Âme musique


Je suis un saoulard. Me séduit le vin

lumineux et bleu de la Chimère

 qui dépose une explosion de Printemps

 sur mon coeur et mon destin.

 J'ai l'âme faite de rythme et d'harmonie;

 tout en mon être est musique et chant,

 depuis le réquiem tristissime de pleurs

 au trille triomphal de la joie. (…)

(Trad: Colette)

 

 

 

 

Les poèmes d'aujourdui sont de Nicolas Guillén, un cubain très attachant

(1902-1989) connu surtout pour avoir introduit en poésie la coexistence de

noirs et blancs, africains et espagnols, et des mulâtres. “Quelle joie d'être

ainsi deux histoires dans un conte“. Pour cette raison on parle de poésie

noire à son propos. Il fut un ambassadeur culturel, révolutionnaire et

enthousiaste. Un article fort intéressant sur lui et sa poésie ici.

 

Los poemas de hoy son de Nicolás Guillen, un cubano muy entrañable (1902-1989)

conocido por haber introducido en la poesía la coexistencia de negros y blancos,

africanos y españoles, y de mulatos.”¡Qué alegría ser así dos historias en un

cuento!”. Por esa razón se habla de poesía negra cuando se le nombra. Fue un

embajador cultural, revolucionario y entusiasta.



Un son para niños antillanos /...pour enfants
 
antillais
 
 

 


Por el Mar de las Antillas
anda un barco de papel:
Anda y anda el barco barco,
sin timonel.

De La Habana a Portobelo,       
de Jamaica a Trinidad,
anda y anda el barco barco
sin capitán.

Una negra va en la popa,
va en la proa un español:
Anda y anda el barco barco,
con ellos dos.

Pasan islas, islas, islas,
muchas islas, siempre más;
anda y anda el barco barco,
sin descansar.

Un cañón de chocolate
contra el barco disparó,
y un cañón de azúcar, zúcar,
le contestó.

¡Ay, mi barco marinero,
con su casco de papel!
¡Ay, mi barco negro y blanco
sin timonel!

Allá va la negra negra,
junto junto al español;
anda y anda el barco barco
con ellos dos. 

 
 
 
Dans la mer des Antilles
vogue un bateau en papier:
Vogue et vogue le bateau bateau
sans timonier.
 
De La Havane à Portobello
de la Jamaïque à Trinidad,
vogue et vogue le bateau bateau
sans capitaine.
 
Une noire va en poupe
à la proue un espagnol:
vogue et vogue le bateau bateau
avec eux deux.
 
Passent les îles, îles,
beaucoup d'îles, toujours plus;
vogue et vogue le bateau bateau
sans repos.
 
Un canon en chocolat,
contre le bateau tira,
et un canon en sucre, sucre,
lui répondit.
 
Ah, mon bateau marinier,
avec sa coquille de papier!
Ah, mon bateau noir et blanc
sans timonier.!
 
Par là va la noire noire
avec avec l'espagnol;
vogue et vogue le bateau bateau
avec eux deux.

(Trad: Colette)
 
 

 

Le groupe Orishas est formé de cubains résidant à Paris. Musique hip hop, je ne recule devant rien; cette chanson "Mujer" mélange de force et de douceur et, ce qui ne gâche rien, ils ne sont pas mal du tout, isnt'it?
El grupo Orishas es compuesto de cubanos residentes en París. Música hip hop, no me privo de nada; esta canción "Mujer" una mezcla de fuerza y dulzura, y, ¿no están nada mal, verdad?

 

 

04/11/2012

Quelques semaines à Cuba / Unas semanas en Cuba

L'annonce n'a pas fait la Une des journaux mais n'en est pas moins d'une grande importance pour les Cubains: à partir du 14 janvier 2013 le permis de sortie de l'île, connu aussi comme “la carte blanche”, disparaîtra (avec quelques restrictions pour certains groupes non précisés).
Cuba, une longue histoire de colonisations, d'esclavagisme, de corruption et prostitution, de révolutions et de blocus... Mais aussi de musiques et couleurs, d'exils et de poèmes, d'artistes de tout genre. À découvrir pour beaucoup.
Je vous propose quelques billets variés, et pour commencer mettons-nous dans l'ambiance, música maestro!
 
La noticia no ha hecho la portada de los periódicos pero no por eso no tiene una gran importancia para los cubanos: a partir del 14 de enero 2013 el permiso para salir de la isla,“la carta blanca”, desaparecerá (con algunas restricciones para ciertos grupos sin determinar).
Cuba es una larga historia de colonizaciones, de esclavitud,de corrupción y de prostitución, de revoluciones y de bloqueo... También de música y de colores, de exilios y de poemas, de artistas diversos. Para muchos será un descubrimiento.
Os propongo algunos escritos variados, y para comenzar ambientémonos, ¡música maestro!



Quelques cartes postales des années 1900-1950
Algunas postales antiguas.
 
 
 
 
 
 
 
Terminons aujourd’hui avec un poème de Lourdes Casal.
Terminemos por hoy con un poema de Lourdes Casal.
 
 
Columbia. Sorbona. (primavera 1968)
 
 
Soyons superbes,
insolents
maintenant!

Soyons impatients
intransigeants,
intolérants,
maintenant!

En ces jours
où nous pouvons encore
nous lancer vers le futur
sans pesants lests aux chevilles,
sans ventres trop arrondis,
ou patine dorée sur les cils,
car seul celui qui ne respecte pas la réalité
peut la changer.

La réalité est comme une vieille prostituée,
qu'il faut connaître et payer à son prix
pour l'avoir pour ce qu'elle est,
et l'écarter quand arrive le moment,
ou la reconstruire et en faire une princesse en imagination
et peut-être, miracle!, en faire une vraie princesse.

Voici le moment d'être audacieux.
Après un certain âge,
tout devient pornographique.
(Trad: Colette)
 
Seamos soberbios,
insolentes
¡ahora!
 
 
Seamos impacientes
intransigentes,
intolerantes,
¡ahora!
 
 
En estos días
en que aun podemos
lanzarnos hacia el futuro
sin pesados lastres en los tobillos
sin vientres demasiado abombados,
o la pátina de oro sobre las pestañas,
pues sólo el que no respeta la realidad
puede cambiarla.
 
La realidad es como un vieja prostituta,
a la hay que conocer y pagar su precio
pero tenerla por lo que es,
y desecharla cuando llegue el momento,
o reconstruirla y hacerla princesa con la imaginación
y hasta quizás ¡milagro!, hacerla princesa de veras.
 
Este es el tiempo de ser osados.
Después de cierta edad,
todo se vuelve pornográfico.
 
Postcards:
 

01/10/2012

Aux îles Canaries II / En las islas Canarias II

 

Sept îles d'origine volcanique, les Canaries. Non, leur nom ne vient pas de ces charmants plumés mais, apparemment, de Cane, chien...une race de grands chiens autochtones , voyez plutôt ici.

Ces îles n'ont bien entendu pas toujours appartenu aux Espagnols. (si le coeur vous en dit lisez leur histoire ici)

Avant le XVº, elles étaient habitées par les guanches, d'origine berbère. Car ces îles, spécialement Lanzarote, se trouvent à un jet de pierre du sud du Maroc. 

 

 

mapa tela siglo XVI.png

                                                Carte sur tissu XVIª

 

Siete islas de origen volcánico, las Canarias. No, su nombre no viene de los encantadores plumados, sino, al parecer, de Cane, perro...una raza autóctona de perros grandes. Para verlos, aquí.

Esas islas no pertenecieron desde siempre, claro está, a España: antes del siglo XV, estaban habitadas por los guanches, de origen berebere. Esas islas, especialmente Lanzarote, se encuentran a tiro de piedra del sur de Marruecos. 

 

La plupart des touristes y recherchent les plages, les vagues pour le surf, la douceur du climat, rarement trop chaud ou trop froid, je me souviens de m' y être baignée en mer un 25 décembre...mais, si le paysage est aride et rocailleux au niveau de la mer, ces îles montagneuses, possèdent des trésors de végétation dans les hauteurs. Les très nombreuses réserves naturelles dissiminées sur les îles sont de merveilleux endroits d'excursion. En cliquant ici, vous pourrez les admirer.

 

La mayor parte de los turistas buscan las playas, los olas para el surf, el clima suave, raras veces demasiado cálido o frío, me acuerdo haberme bañado en el mar un 25 de diciembre...pero, si el paisaje es árido y rocoso al nivel del mar, esas islas montañosas poseen tesoros de vegetación en las alturas. Las numerosas reservas naturales diseminadas en las islas son maravillosos lugares para el excursionismo.

 

Parque-Natural-de-Tamadaba-en-Gran-Canaria.jpg

 

Comme promis, une poétesse locale, Victoria Bridoux 1835-1862 et un extrait de “Je veux partir!
Si moderne...

 Como prometido, una poetisa, Victoria Bridoux 1835-1862, y un fragmento de “¡Quiero partir!

Tan moderno...

 

Je veux partir!

 

 
  Je ressens un malaise indéfinissable
l'air que je respire m'asphyxie...
Le cœur a une corde sensible,
et à la sentir vibrer, je deviens folle!!
 
  C'est un désir sans couleur, sans nom:
C'est la vaine inquiétude d'une pensée;
jamais l'homme ne pourra comprendre
toute l'angoisse qu'en moi je ressens!
 
  En contemplant la mer, qui doucement gémitt
je tends mes bras avec profond chagrin,
et de peine s'évanouit l'âme
à chercher dans le monde cette chose perdue!

  Je voudrais voler, voler légère
laissant derrière monts, Iles, vergers,
et découvrir de loin un autre rivage,
tel une douce corbeille d’œillets...

 

(trad: Colette) 

 


manolo-millares-el-puerto-de-la-luz-1952.jpg

Manolo Millares / Puerto de la luz 1952

    (source: http://www.absolutmalaga.com/espacios-intimos-coleccion-ramirez-navarro/) 


 

 
 ¡Quiero partir!
 
 
    Yo siento un malestar indefinible
  el aire que respiro me sofoca..
  Hay una cuerda al corazón sensible
  ¡¡y al sentirla vibrar, me vuelvo loca!!
 
   Es un anhelo sin color, sin nombre:
Es la vana inquietud de un pensamiento;
¡mas comprender jamás pudiera el hombre

toda la angustia que en mi pecho siento!

 

   Al contemplar el mar, que gime en calma,
tiendo mis brazos con dolor profundo,
¡y se desmaya de pesar el alma
por buscar algo que perdió en el mundo!
 
   Yo quisiera volar, volar ligera
dejar montes atrás,Islas,vergeles,
y divisar lejana otra ribera,
cual blando canastillo de claveles...

22/09/2012

Aux îles Canaries / En las islas Canarias

À l'aube d'un jour blanc / En el amanecer de un día blanco

Depuis le temps que Espaces Instants existe jamais nous n'avons débarqué sur les îles Canaries. L'année que j'y ai passée, ma première en Espagne juste après la mort de Franco, m'a laissé des souvenirs glissés dans le fond d'un tiroir, un dossier consciemment « oublié ».
Pas par la faute des îles ni de leurs habitants, mais par celle d'un dur apprentissage de la langue, des coutumes et la découverte de ce qui pour moi s'assimilait au tiers-monde. Je n'y étais pas préparée.
Alors trois billets vont rétablir cette injustice. À chaque fois une poétesse et un artiste.
Desde que existe Espaces Instants nunca hemos desembarcado en las islas Canarias. El año que pasé allí, para mi el primero en España, justo después de la muerte de Franco, me dejó unos recuerdos metidos en el fondo de un cajón, un expediente conscientemente «olvidado».
No por culpa de las islas ni de sus habitantes, sino por la de un duro aprendizaje de la lengua, de las costumbres y del descubrimiento de lo que para mí se asimilaba al tercer mundo. No estaba preparada.
Tres entradas van a reparar esa injusticia. Cada vez una poetisa y un artista.

 

 
 
Toi du haut du balcon... Josefina de la Torre (1907-2002)
 
Toi du haut du balcon de ton silence
moi dans la barque sans cap de mon mal,
tous deux perdus sur le même chemin,
toi qui attends ma voix et moi qui attends.
 
Esclave toi de l'horizon inutile,
enchaînée moi à mon passé.
Pas une silhouette de navire dans ta pupille
ni boussole et timon pour mes bras.

Debout sur la haute balustrade marine
en vain tu attendrais ma venue.
Je devrais arriver sur l'écume
à l'aube d'un jour blanc.
 
Mais le haut balcon de ton silence
oublia le signal pour mon navire.
Et je me perdis dans le brouillard de ta rencontre
-comme un oiseau aveugle- pour toujours.

(Trad: Colette)

Andrés DelgadoAndresDelgadoSintitulo7.jpg

 

Tú en el alto balcón... Josefina de la Torre

Tú en el alto balcón de tu silencio,
yo en la barca sin rumbo de mi daño,
los dos perdidos por igual camino,
tú esperando mi voz y yo esperando.

Esclavo tú del horizonte inútil,
encadenada yo de mi pasado.
Ni silueta de nave en tu pupila,
ni brújula y timón para mis brazos.

En pie en el alto barandal marino
tú aguardarías mi llegada en vano.
yo habría de llegar sobre la espuma
en el amanecer de un día blanco.

Pero el alto balcón de tu silencio
olvidó la señal para mi barco.
Y me perdí en la niebla de tu encuentro
–como un pájaro ciego– por los años.


 

16/09/2012

Transformation

Fable de Samaniego (1745-1801)

Les fourmis
 
Ce qu'aujourd'hui sont les fourmis,
Étaient les hommes d'antan:
De leurs biens propres et de ceux d'autrui
Ils faisaient leur provision.
Jupiter, qui depuis des siècles
Observait cette passion,
N'en pouvant plus,
En fourmis les transforma:
Ils changèrent de forme;
Et d'habitudes? Jamais.
(Trad: Colette)


En quoi Jupiter nous transformait-il aujourd'hui?

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Las hormigas 

Lo que hoy las hormigas son,
 
Eran los hombres antaño:
 De lo propio y de lo extraño
 
Hacían su provisión.
 
Júpiter, que tal pasión
 
Notó de siglos atrás,
 No pudiendo aguantar más,
 
En hormigas los trasforma:
 
Ellos mudaron de forma;
 
¿Y de costumbres? Jamás.
Fábulas, Samaniego

¿En qué nos trasformaría Jupiter hoy en día?


08/09/2012

Un pied, léger, au Japon / Un pie, ligero, en Japón

 

Mine Kawakami, pianiste, compositrice, est une muscienne tout à fait spéciale. Elle traverse, transporte la musique classique en innovant. Quelques légères touches de jazz, des silences, un joué minimaliste, intime.

Née au Japon en 1969, elle a fait ses études de musique à Munich et Madrid, enseigné un an à Cuba, et vit entre le Japon et Córdoba, Espagne.

 Je l'ai découverte il y a peu dans une émission de radio espagnole,  à écouter ici.
Elle parle parfaitement l'espagnol et s'est prêtée au jeu de réaliser des improvisations au piano; des idées, de sentiments mais aussi...le vin de la Rioja par exemple, magique.

 

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 Mine Kawakami, pianista y compositora es una artista muy especial. Atraviesa, trasporta la música clásica, innovando. Algunos toques de jazz, silencios, una manera de tocar minimalista, íntima.

Nacida en Japón en 1969, estudió música en Munich y Madrid, enseñó un año en Cuba, y vive entre Japón y Córdoba.

La descubrí hace poco en una emisión de la cadena Ser:aquí.

 Habla perfectamente español y se prestó al juego de improvisar al piano ideas, sentimientos, ¡hasta del vino Rioja! Mágico!

Son dernier CD s'appelle O Meu Camiño, un album composé de 10 pièces pour piano seul inspiré du Chemin de Saint-Jacques jusqu'à arriver à Compostelle. Il constitue comme un portrait, une description musicale des beautés rencontrées.

Le piano peut exprimer une infinité de sons possibles, de rythmes et de tons. Je désire que mes compositions et ma façon de jouer transmettent l'émotion que peuvent provoquer les arbres dans la jungle, le son du vent ou la voix de la terre” (Mine Kawakami)

Su último CD se llama O Meu Camiño, un álbum compuesto de 10 piezas para piano solo inspirado en el Camino hasta Santiago de Compostela. Constituye como un retrato, una descripción musical de las bellezas encontradas.

"El piano puede expresar infinidad de posibles sonidos, ritmos y tonos. Deseo que mis composiciones y mi forma de tocar transmitan lo conmovedor que pueden resultar los arboles en la jungla, el sonido del viento o la voz de la tierra" (Mine Kawakami).

Je vous laisse l'écouter. D'abord ce morceau “Santiago de Compostela”.

Primero os dejo escuchar esta pieza.

 

 

Si cela vous a plu, voici un site où vous pourrez en écouter d'autres. J'aime beaucoup “Ave María Stella”.

Si os ha gustado, podéis escuchar más piezas del CD aquí. Me gusta mucho “Ave María Stella”
http://www.myspace.com/minekawakami/music

Et si vous pensez vous rendre au Japon,son prochain récital, et pour célébrer les échanges culturels entre le Japon et l'Espagne, aura lieu dans le temple Kiyomizu Dera de Kyoto le 29 septembre

El próximo 29 de septiembre dará un recital en el precioso templo Kiyomizu Dera (清水寺) de Kyoto para conmemorar el intercambio cultural entre España y Japón.

 

 


 

 

21/07/2012

Lumière des tomates / Luz de tomates

Lui seul pouvait chanter la tomate, lui dédier une ode. Je parle de Pablo Neruda bien sûr. Voici ma traduction, le style est haché, je vous recommande, pour en goûter toute la saveur, de la lire un peu vite, en rythme...

Sólo él podía cantar el tomate, dedicarle un oda. Hablo de Pablo Neruda, claro.
Para disfrutar de todo su sabor os recomiendo leerla un poco rápido, con ritmo.
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Récolte du jour / Cosecha del día



ODE À LA TOMATE

La rue
s'est emplie de tomates,
midi,
été,
la lumière
se sépare
en deux
moitiés
de tomate,

coule
le jus
dans les rues .
En décembre
la tomate
se déchaîne,
envahit
les cuisines,
s'introduit dans les repas
s'assied
calmement
sur les buffets,
parmi les verres,
les beurriers,
les salières bleues.
Elle a
sa lumière propre,
la majesté bénigne.
Nous devons,
par malheur,
l'assassiner :
le couteau
plonge
dans sa pulpe vivante,
c'est un rouge
viscère,
un soleil
frais,
profond,
inépuisable,
inonde les salades
du Chili,
elle se marie allégrement
avec le clair oignon
et pour fêter ça
on laisse
tomber
l'huile,
fille
essentielle de l'olivier,
sur ses hémisphères entrouverts,
le poivre
ajoute
sa fragrance
le sel son magnétisme :
ce sont les noces
du jour,
le persil
plante
ses banderilles
les patates
bouillent vigoureusement,
l' arôme
du rôti
frappe
à la porte,
c'est l'heure,
vamos!
Et sur
la table, à la ceinture
de l'été,
la tomate,
astre de terre,
étoile
répétée
et féconde,
nous montre
ses circonvolutions,
ses canaux,
l'insigne plénitude
et l'abondance
sans noyau,
sans cuirasse,
sans écailles
ni arêtes,
nous livre
le cadeau
de sa chaleur fougueuse
et la totalité de sa fraîcheur.

Pablo Neruda (Trad: Colette)

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Variété coeur de boeuf / corazón de buey (délicieuse)

Oda al Tomate

La calle
se llenó de tomates,
mediodía,
verano,
la luz
se parte
en dos
mitades
de tomate,
corre
por las calles
el jugo.
En diciembre
se desata
el tomate,
invade
las cocinas,
entra por los almuerzos,
se sienta
reposado
en los aparadores,
entre los vasos,
las matequilleras,
los saleros azules.
Tiene
luz propia,
majestad benigna.
Debemos, por desgracia,
asesinarlo:
se hunde
el cuchillo
en su pulpa viviente,
es una roja
víscera,
un sol
fresco,
profundo,
inagotable,
llena las ensaladas
de Chile,
se casa alegremente
con la clara cebolla,
y para celebrarlo
se deja
caer
aceite,
hijo
esencial del olivo,
sobre sus hemisferios entreabiertos,
agrega
la pimienta
su fragancia,
la sal su magnetismo:
son las bodas
del día
el perejil
levanta
banderines,
las papas
hierven vigorosamente,
el asado
golpea
con su aroma
en la puerta,
es hora!
vamos!
y sobre
la mesa, en la cintura
del verano,
el tomate,
astro de tierra,
estrella
repetida
y fecunda,
nos muestra
sus circunvoluciones,
sus canales,
la insigne plenitud
y la abundancia
sin hueso,
sin coraza,
sin escamas ni espinas,
nos entrega
el regalo
de su color fogoso
y la totalidad de su frescura.
Pablo Neruda

Ce sont mes photos. / Son mis fotos.