21/09/2013

"Sept folles je vous dis" / Siete locas os digo

7 chapitres pour 7 femmes présentées de façon très personnelle par Lydie Salvayre.
7 capítulos para 7 mujeres presentadas por Lydie Salvayre de una manera muy personal.
 
En attendant que vous le lisiez, car vous allez le lire, vous aurez, peu à peu, quelques extraits de tranches de vie et des poèmes de: Emily Brontë, Marina Tsvetaeva, Virginia Woolf, Colette, Sylvia Plath, Ingeborg Bachmann et Djuna Barnes.
Antes de que lo leáis, ya que lo leeréis, tendréis poco a poco, algunos extractos de retazos de vida y poemas de: Emily Brontë, Marina Tsvetaeva, Virginia Woolf, Colette, Sylvia Plath, Ingeborg Bachmann y Djuna Barnes.
 
Pour toutes, écrire et vivre étaient un tout et “vivre sans écrire revenait à mourir” écrit Lydie qui fit aussi un sombre constat: “... ces femmes vécurent presque toutes un destin malheureux”.
Para todas ellas, escribir y vivir era un todo y « vivir sin escribir equivalía a morir »nos dice Lydie y al mismo tiempo hace esta constatación sombría : « ...esas mujeres vivieron, casi todas, un destino desgraciado »
 
Mais, vous verrez, les récits ne sont pas noirs, l'auteure a veillé à y mettre de la légèreté, des touches d'humour, souvent entre parenthèses.
Pero, ya veréis, los relatos no son negros; la autora se ha cuidado, con frecuencia entre paréntesis, en poner pinceladas de humor, de la levedad. 
 
 
  1. EMILY BRONTË
 
Un seul roman publié de son vivant : Les Hauts de Hurlevent.
Una sola novela publicada en vida : Cumbres Borrascosas.
 
 
 
 
« Parfois, le livre ouvert sur sa poitrine, elle s'interrompt de lire comme le font tous les lecteurs du monde et parcourt el Mundo por dentro, comme aurait dit Quevedo, à la poursuite d'un songe, ou d'une image, ou de rien, ou d'une histoire pleine de bruits et de rebonds qui ira grossir les Gondal Chronicles.
« Algunas veces, el libro abierto sobre su pecho, interrumpe la lectura como lo hacen todos los lectores del mundo y recorre el Mundo por dentro, como habría dicho Quevedo, a la búsqueda de un sueño, o de una imagen, o de nada, o de una historia llena de ruidos y sobresaltos que engordará las Gondal Chronicles.
 
 
 
Si vide d'espoir est le monde du dehors
Que deux fois précieux m'est le monde du dedans.
Et son esprit l'emporte loin, très loin des quatre murs qui l'entourent, par delà les collines du Yorkshire, dans une Italie irréelle, dans une Espagne faramineuse, ou ailleurs, ailleurs, sur la mer adriatique aux côtés de Shelley, en vertu de cette loi mystérieuse qui veut que nous n'imaginons que cela qui nous manque, élan qui l'amènera bientôt à écrire un roman, Les Hauts de Hurlevent, lequel renverra d'une gifle le réalisme à la misère : je veux dire à sa soumission à l'utile, à ses significations bien fixées et à sa fermeture totale à l'idée d'infini. »
Tan vacío de esperanza está el mundo de fuera
que dos veces preciado me parece el mundo de dentro.
Y su mente la lleva lejos, muy lejos de las cuatro paredes que la rodean, más allá de las colinas de Yorkshire, a una Italia irreal, a una España asombrosa, o más allá, más allá, sobre el mar Adriático al lado de Shelley, en virtud de esa misteriosa ley según la cual sólo nos imaginamos aquello que nos falta; ese impulso la llevará pronto a escribir una novela, Cumbres borrascosas, la cual devolverá de un golpe el realismo a la miseria: quiero decir a su sumisión a lo útil, a sus significados bien establecidos y a la incomprensión total de la idea de infinito.
 
Les Hauts de Hurlevent, et son héros, inoubliable, Haethcliff. « ...roman que je lis à quinze ans, me transporte. »

 
 
« Heathcliff, heath bruyère et cliff falaise,
Heathcliff, le ciel et l'enfer, le Bien et le Mal, la grâce et la laideur.
Heathcliff passionné, excessif, sexy à mort (dans mes imaginations lubriques, je lui prête les traits de Laurent Terzieff, mon idole du moment), dont le seul regard fait tomber les femmes en catalepsie (James Dean peut aller se rhabiller) et qui renvoie à leur fadeur tous ces personnages romanesques faits de pâte molle, comme il en pleut.
Heathcliff intransigeant, comme moi me dis-je. Solitaire, comme moi me dis-je. Dur à la douleur, comme moi. Orgueilleux, comme moi. D'une sensibilité si vive qu'elle peut sembler une arrogance.
Comme moi, comme moi.
Heathcliff c'est moi. Sa nature est la mienne,.
Révélation.
Du coup je me coiffe à la diable.
Je fais la gueule (..)
 
 
 
Cumbres borrascosas, y su héroe, inolvidable, Haethcliff, « novela que leo a los quince años, me arrebata. »
 
Heathcliff, de heath brezoy cliff acantilado.
Heatthcliff, el cielo y el infierno, el Bien y el Mal, el donaire y la fealdad.
Heatthcliff apasionado,excesivo, sexy a ultranza (en mis imaginaciones lubricas, le doy los rasgos de Laurent Terzieff, mi ídolo del momento) que con sólo su mirada hace caer a las mujeres en catalepsia (James Dean no tiene nada que hacer) y que resalta la insipidez de todos esos personajes novelescos hechos de pastaflora que tanto abundan.
Heatthcliff intransigente, como yo. Solitario, como yo. Resistente al dolor, como yo. Orgulloso, como yo. De una sensibilidad tan a flor de piel que puede parecer una arrogancia.
Como yo, como yo.
Heatthcliff soy yo. Su natura es la mía.
Revelación.
Por eso me peino a lo diablo.
Me pongo de morros (..)
 
Lydie Salvayre 7 femmes. édition Perrin 2013

08/09/2013

Au galop / A galopar

Voici la traduction d'un poème de Rafael Alberti, poème mis en musique par Paco Ibañez et qui est un peu devenu l'hymne des Républicains. 
Rafael Alberti, membre du Parti Communiste, s'exila en France après la guerre civile; mauvaise idée car un peu plus tard le Général Pétain lui retira le permis de travail le considérant comme “dangereux”... Il partit alors pour un long exil en Amérique du sud et ne revint en Espagne qu'en 1977, après la mort de Franco.

Au galop  Rafael Alberti

 

Les terres, les terres, les terres d’Espagne,
les grandes, solitaires, désertes étendues.
Galope, cheval balzan
cavalier du peuple
sous le soleil et la lune

Au galop, au grand galop,
jusqu’à les ensevelir dans la mer!

 Son du cœur qui sonne et résonne
résonnent sous les quatre fers les terres d’Espagne.
Galope, cavalier du peuple,
cheval balzan
cheval d’écume

 Au galop, au grand galop,
Jusqu’à les ensevelir dans la mer!

 Personne, personne, en face personne;
car la mort n’est rien si elle chevauche ta monture.
Galope, cheval balzan
cavalier du peuple
car la terre est à toi.

 Au galop, au grand galop,
jusqu’à les ensevelir dans la mer!

 (Trad: Colette)

 

 

 

A Galopar,  Rafael Alberti

 

Las tierras, las tierras, las tierras de España,

las grandes, las solas, desiertas llanuras.
Galopa, caballo cuatralbo,
jinete del pueblo,
al sol y a la luna.

 ¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!

 A corazón suenan, resuenan, resuenan
las tierras de España, en las herraduras.
Galopa, jinete del pueblo,
caballo cuatralbo,
caballo de espuma.

 ¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!

 Nadie, nadie, nadie, que enfrente no hay nadie;
que es nadie la muerte si va en tu montura.
Galopa, caballo cuatralbo,
jinete del pueblo,
que la tierra es tuya.

 ¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!

 

11/08/2013

Silences I / Silencios I

Je vous propose une série de courts poèmes sur le silence.  Le silence et les mots. Voici le premier.

Os propongo  una serie de poemas cortos sobre el silencio. El silencio y las palabras.

L'équilibre
  de Orfila Bardesio

Chaque fois que le silence
descend son escalier de pauses
vers des racines obscures,
les mots couronnent
glorieusement les tiges.
 
 (trad: Colette)
 
http://www.pxlshots.com/contest/378/stairs.html
 

El Equilibrio

de Orfila Bardesio


Cada vez que el silencio
desciende su escalera de pausas
hacia raíces oscuras,
las palabras coronan
gloriosamente los tallos.
 
 
 
NB: je n'ai rien trouvé en français sur elle, désolée. Poétesse uruguayenne, décédée en 1999, importante figure féminine de la poésie.

13/06/2013

Magnificence / Magnificencia

Félix María de Samaniego 1745-1801, fabuliste espagnol, était d'ascendance noble et argentée ce qui lui permit de fairedes études en France où on peut supposer, sans trop se tromper, qu'il a pris connaissance des fables de La Fontaine.



Félix María de Samaniego 1745-1801, fabulista español, era de familia noble y adinerada lo que le permitió estudiar en Francia donde se puede suponer sin equivocarse mucho, que supo de las fábulas de Jean de La Fontaine.


Nous poursuivons avec la même fable que dans le dernier billet: le ton est ici différent, le lion plus majestueux, magnanime, un peu pédant, le rat est devenu une souricette...


Seguimos con la misma fábula: el tono es aquí diferente, el león más majestuoso, un poco magnánimo y pedante, la rata se ha trasformado en un ratoncillo... 

 

Le Lion et la souris

  

Une petite souris était prisonnière

 des griffes d'un lion; la malheureuse

 ne fut pas attrapée dans telle souricière

 pour vol de lard ni de fromage,

 mais parce qu'avec d'autres elle dérangeait

 le lion, qui dans son antre se reposait.

 Elle demande pardon, pleurant son insolence;

 à l'entendre implorer sa royale clémence,

 le roi répond d'un ton majestueux:

 - Titus ne dirait pas mieux - “Je te pardonne”.

 Un peu plus tard le lion chassant trébuche

 sur un filet caché dans les taillis:

 il veut en sortir, mais il reste prisonnier;

 il assourdit la jungle de rugissements féroces.

 La souris, libre, qui l'entend,

 arrive en courant: diligente elle ronge

 les noeuds du filet de telle façon

 qu'enfin elle rompt les liens de la bête sauvage.

 

 
Il convient au puissant

 d'avoir pitié des malheureux;

 il se peut qu'il ait besoin

 de l'aide d'un plus nécessiteux.

 

(trad. Colette, // Traduction ardue, vos suggestions seront bienvenues.)


 

EL LEÓN Y EL RATÓN


Estaba un ratoncillo aprisionado
en las garras de un león; el desdichado
en la tal ratonera no fue preso
por ladrón de tocino ni de queso,
sino porque con otros molestaba
al león, que en su retiro descansaba.
Pide perdón, llorando su insolencia;
al oír implorar la real clemencia,
responde el rey en majestuoso tono
—no dijera más Tito—: «Te perdono».
Poco después cazando el león tropieza
en una red oculta en la maleza:
quiere salir, mas queda prisionero;
atronando la selva ruge fiero.
El libre ratoncillo, que lo siente,
corriendo llega: roe diligente
los nudos de la red de tal manera,
que al fin rompió los grillos de la fiera.

 

 

Conviene al poderoso
para los infelices ser piadoso;
tal vez se puede ver necesitado
del auxilio de aquel más desdichado.

05/06/2013

Questions maritimes / Preguntas marítimas

MER DU SUD

 

Jacinta Lanusse                             

 

Est-ce furie ou passion

qui la poussent à foncer

jusqu'à se fracasser?

Bon sens ou délire

à grandir et s'effondrer?

Quel fantôme fuit-elle,

à quel mirage pense-t-elle

qui l'oblige à se dissoudre,

en écume

dans les pores du sable?

 

(Trad: Colette) 

 

 

 

MAR DEL SUR

 

 

     (La fanfarria salvaje, Botella al Mar)
  Jacinta Lanusse

¿Furia o pasión
lo mueven a arremeter
hasta estrellarse?
¿Sensatez o delirio
a crecer y desmoronarse?
¿De qué fantasma huye,
a qué espejismo acude
que lo obliga a disolverse,
sólo espuma
en los poros de la arena?

 

 

 

Jacinta Lanusse nació en Buenos Aires, ciudad en la que reside. Es cantante lírica profesional y pertenece al Coro Estable del Teatro Colón. Su temprana inclinación por las letras la llevó a realizar estudios en la Facultad de Filosofía y Letras de la UBA, además de estudios de francés e inglés.

 

En la actualidad desarrolla sus dos vocaciones: el canto y la poesía.

05/05/2013

Ces mondes qui nous vivent / Esos mundos que nos viven

 

ALICIA GHIRAGOSSIAN              Ara Malikian
       Poétesse-Poetisa                                    Violoniste/a

 Tous deux d'origine arménienne
                      Ambos de origen armenio


 


Où te mène
le mot que tu lâches?

Quelle clef inventes-tu
juste au milieu
de ton regard? 
 
Comment suspends-tu
            ton visage
                   dans le sourire
et t'échappes-tu?

Que sais-tu
          des mondes              
              qui nous vivent
sans être à nous?

Quel souvenir as-tu
de chaque vie planétaire
dans le nombre de siècles
qui précèdent
toi moi d'aujourd'hui?

Qui crois-tu devenir
en franchissant le seuil
de ceux qui peuvent voir?

Les portes du mystère
n'ont pas de cadenas.

(Traduction: Colette)

 

 

¿Dónde te lleva
la palabra que sueltas? 


¿Qué clave inventas
en la mitad exacta                    
de tu mirada?  


¿Cómo suspendes                         
         tu rostro

               en la sonrisa
y te escapas?  


¿Qué sabes          
             de los mundos 
                      que nos viven
sin ser nuestros? 


¿Qué recuerdas
de cada vida planetaria
en el número de siglos
que preceden
tu yo de hoy?  


¿Quién crees que serás
atravesando el umbral
de los que pueden ver?  


Las puertas del misterio
no tienen candado.

 

"C'est une comète, un soleil, le beau temps de la poésie", écrivait d'elle Jacques Prévert.

 

Cette définition est si lumineuse et si vraie qu'elle rend vain tout commentaire. Nous nous contenterons donc de préciser qu'Alicia Ghiragossian est une comète qui brille dans le ciel argentin, mais qu'elle vient d'ailleurs.

 

En effet, née à Cordoba (Argentine), elle est, comme son nom l'indique, fille d'immigrants ayant quitté un pays pour beaucoup d'entre nous mystérieux et légendaire : l'Arménie. Ce qu'elle dit dans ses deux langues et qu'elle a un jour appelé "poésie métadimensionnelle" surgit dans les pages de ses recueils, en particulier : "Un jour cinq voix" (1966), "Pedro amour" (1969), "En temps en amour en paix" (1970), "Etre et ponctuation" (illustré par Picasso, 1972), "Orbite de deux" (1972), "Après les cendres" et "Lettre pour l'Arménie" (1972), "Expériences arméniennes" (1970).”

Claude Couffon

  

Pour en savoir plus sur elle, en anglais, espagnol ou arménien, ici: http://www.poetalicia.com/espanol/resume.html

 

Podréis encontrar todo sobre si vida, su obra aquí: http://www.poetalicia.com/espanol/resume.html

 

28/04/2013

Intemporel / Intemporal


(Si vous comprenez un peu l'espagnol, vous n'aurez aucune peine cette fois à suivre le poème chanté par le grand J. Manuel Serrat)

 
Vaincus León de Felipe (1884-1968)
 
Dans la plaine de La Mancha
on revoit la figure
de Don Quijote passer.
 
Et maintenant, oisive et bosselée, sur le baudet va l'armure
et va oisif le chevalier, sans cuirasse ni dossière,
il va chargé d'amertume,
car là-bas trouva sépulture
son amoureux combat.
Il va chargé d'amertume
car là-bas “resta sa quête”
sur la plage de Barcino, face à la mer.
 
(…)
 
Combien de fois, Don Quijote, dans cette même plaine,
aux heures de désespoir je te regarde passer!
Et combien de fois je te crie: fais-moi une place sur ta monture
et sur tes terres emmène-moi;
fais-moi une place sur ta monture,
chevalier vaincu, fais-moi une place sur ta monture
car je suis moi aussi chargé
d'amertume
et batailler je ne peux!
 
Mets-moi en croupe,
chevalier de l'honneur,
mets-moi en croupe avec toi,
et emmène-moi pour être berger.
avec toi.
 
Dans la plaine de La Mancha
on revoit la figure
de Don Quijote passer...
 
(Trad: Colette)
 
 

VENCIDOS Léon de Felipe (1884-1968)


Por la manchega llanura
se vuelve a ver la figura
de Don Quijote pasar.

Y ahora ociosa y abollada va en el rucio la armadura,
y va ocioso el caballero, sin peto y sin espaldar,
va cargado de amargura,
que allá encontró sepultura
su amoroso batallar.
Va cargado de amargura,
que allá «quedó su ventura»
en la playa de Barcino, frente al mar.

(...)

¡Cuántas veces, Don Quijote, por esa misma llanura,
en horas de desaliento así te miro pasar!
¡Y cuántas veces te grito: Hazme un sitio en tu montura
y llévame a tu lugar;
hazme un sitio en tu montura,
caballero derrotado, hazme un sitio en tu montura
que yo también voy cargado
de amargura
y no puedo batallar!

Ponme a la grupa contigo,
caballero del honor,
ponme a la grupa contigo,
y llévame a ser contigo
pastor.

Por la manchega llanura
se vuelve a ver la figura
de Don Quijote pasar...

23/04/2013

Roses et livres en fête / Rosas y libros de fiesta

 

Le 23 avril a été choisi par L'Unesco en 1995 comme jour du livre et de la défense des droits d' auteurs et fut célébré pour la première fois en 1996. Ce jour correspond au jour de la mort de Cervantes, de Shakespeare et d'autres écrivains. C'est aussi la fête de saint Jorge (Sant Jordi), patron de la Catalogne.
La coutume (qui s'est étendue aux Baléares) veut qu'on offre à ses proches et amis un livre et une rose, rouge de préférence.
Partout dans les villes, villages, des stands de livres, des auteurs qui les signent, les dédicacent.
Un beau jour! Je reviens de la ville, déjà des amateurs, des écoliers à 10h30. Un rayon de soleil.

 
 
 

 

J'ai acheté, pour l'offrir car je l'ai déjà, le dernier livre de Rosa Montero, “La ridícula idea de no volver a verte.” (L'idée ridicule de ne plus te revoir). La vie de Marie Curie mais pas que...je vous en parlerai quand il sera traduit en français. 
Et puis des livres d'occasion, de poésie et du/de la parfait(e) cultivateur/trice bien sûr.
 
 
 

 

El 23 de abril fue elegido por la Unesco en 1995 como día del libro y de la defensa del derecho de autor y fue celebrado por primera vez en 1996. Este día corresponde al día de la muerte de Cervantes, Shakespeare y otros escritores. También es la San Jorge (Sant Jordi), patrón de Catalina.
La costumbre (que se extendió a las Baleares) es ofrecer un libro y una rosa (si roja, mejor) a sus amigos, su familia. Vuelvo de la ciudad,
compré “La ridícula idea de no volver a verte.” de Rosa Montero, unos libros de poesía y del perfecto horticultor. ¿Y vosotros?
 

06/04/2013

Douleurs et ombres / Rosalía de Castro / Dolores y sombras

Rosalia de Castro est née en 1837 en Galice, à Saint Jacques de Compostelle de “parents inconnus”. Pas si inconnus que ça, mais sa mère, fille-mère comme on disait à l'époque, n'osa pas la déclarer et son père, un prêtre, ne put pas le faire. Pas facile en effet, ni alors (sacrilège), ni aujourd'hui.
Pendant les cinq premières années de sa vie elle fut élevée par des soeurs de son père. Mais après, sa mère, affrontant la société, décida de l'éduquer elle-même.
Un lien très étroit se crée alors entre la mère et la fille. Rosalía ne reprochera jamais à sa mère de l'avoir abandonnée et a pour elle un amour sans borne, admire son courage.
Rosalía reçoit une éducation sommaire dans la campagne de Galice.

Rosalía de Castro nació en 1837 en Galicia, Santiago de Compostela, de “padres desconocidos”. No tan desconocidos pero su madre, madre soltera, no se atrevió a declararla y su padre, un sacerdote, no pudo. No era fácil, ni entonces (sacrilegio) ni ahora tal vez.
Durante los cinco primeros años de su vida fue criada por unas hermanas de su padre. Pero después, enfrentándose a la sociedad, su madre decidió educarla ella misma.
Un lazo muy estrecho se estableció entre madre e hija y Rosalía nunca le reprochó su abandono a su madre, la adora, admira.
Su educación escolar fue básica, en el campo gallego.



À 19 ans elle part à Madrid, écrit la première série de Poèmes Flores, en espagnol, d'inspiration romantique. Puis elle rencontre et se marie avec le journaliste et intellectuel connu Manuel Martínez Murguía qui l'introduit dans le monde, l'encourage à écrire, à publier. Elle écrira en galicien.
Deux malheurs successifs, la mort de sa mère adorée et celle d'un enfant d'un an, la plongent dans une douleur immense. Elle écrira des poèmes déchirants. 

A los 19 años se marcha a Madrid, escribe su primera serie de poemas Flores, en español, de inspiración romántica. Luego encuentra y se casa con el periodista e intelectual Manuel Martínez Murguía que la introduce en el mundo, la anima a escribir, a publicar.
Dos desgracias sucesivas, la muerte de su madre querida y la de un hijo de un año la sumergen en un inmenso dolor. Escribe varios poemas desgarradores.
 
Pour aujourd'hui nous en resterons là de sa vie, nous en savons assez pour comprendre le poème que j'ai choisi.
La mort déguisée en ombre noire, omniprésente.
Ce poème est devenu une des chansons les plus emblématiques de la musique galicienne car le musicien Xoán Montés Capón (1840) a uni mots et musique.
Luz Casals, Carlos Nuñoz, deux grands artistes pour interpréter ce poème-chanson en galicien.

Llegados a este punto de su vida, nos pararemos, sabemos bastante para entender el poema que elegí.
La muerte disfrazada de sombra negra, omnipresente.
Este poema se ha convertido en una de las canciones más emblemáticas gallegas ya que el músico  Xoán Montés Capón (1840) unió palabras y música.

 



Voici le poème en espagnol et ma traduction en français. 

Negra sombra Rosalía de Castro

 

 

Cuando pienso que te fuiste,
negra sombra que me asombras,
a los pies de mis cabezales,
tornas haciéndome mofa.

 

Quand je pense que tu es partie,
ombre noire qui m'inquiètes,
à mon chevet,
tu reviens te moquer de moi.

 

Cuando imagino que te has ido,
en el mismo sol te me muestras,
y eres la estrella que brilla,
y eres el viento que zumba.

 

Quand j'imagine que tu t'en es allée,
en plein soleil tu te montres,
et tu es l'étoile qui brille,
et tu es le vent qui bruit.

 

 
Si cantan, eres tú que cantas,
si lloran, eres tú que lloras,
y eres el murmullo del río
y eres la noche y eres la aurora.

 

S'ils chantent, c'est toi qui chantes,
s'ils pleurent, c'est toi qui pleures,
et tu es le murmure du ruisseau,
et tu es la nuit et l'aurore.

 

En todo estás y tú eres todo,
para mí y en mi misma moras,
ni me abandonarás nunca
sombra que siempre me asombras.

 

Tu es en tout et tu es tout,
pour moi et en moi tu vis,
jamais tu ne m'abandonneras
ombre qui toujours m'inquiètes.  

 

 (Trad en français: Colette)

 

 

 

30/03/2013

L'éternel printemps de Rosalía / La eterna primavera de Rosalía

Comment aborder l'oeuvre poétique de Rosalía de Castro (1837-1885)? Je vous parlerai d'elle dans le prochain billet, mais aujourd'hui j'ai traduit ce poème qui semble si simple.

¿Cómo abordar la obra poética de Rosalía de Castro? Os hablaré 
de ella en la próxima nota, pero os dejo hoy con este poema que
 parece tan simple.

 

 

Mallorca, ce matin, près de Raixa

(clic sur les photos, elles bien plus belles en grand)

 

 

 

On dit que les plantes ne parlent pas

 

Rosalía de Castro

  

On dit que ni les plantes, ni les sources, ni les oiseaux ne parlent,

Non plus la vague et ses grondements, ni les astres et leur brillance,

On le dit, mais c'est faux, car toujours quand je passe,

 Ils murmurent et s'exclament:

 - Voilà la folle rêvant

 De l'éternel printemps de la vie et des champs,

 Et déjà bien vite, bien vite, elle aura les cheveux blancs,

 Et tremblante, gelée, elle voit que le givre couvre le champ.

  

- Il y a des cheveux blancs sur ma tête, et du givre dans les champs,

Mais je continue à rêver, pauvre, incurable somnambule,

À l'éternel printemps de la vie qui s'éteint

Et à la persistante fraîcheur des champs et des âmes,

Bien que les uns se fanent et les autres s'embrasent.

 

 Astres et sources et fleurs, ne médisez pas de mes rêves,

 Sans eux, comment vous admirer et comment vivre sans eux?

(Trad: Colette) 

 

Mallorca, Cala Gamba

 

 

 

Dicen que no hablan las plantas

 

Rosalía de Castro

 



Dicen que no hablan las plantas, ni las fuentes, ni los pájaros,
Ni el onda con sus rumores, ni con su brillo los astros,
Lo dicen, pero no es cierto, pues siempre cuando yo paso,
De mí murmuran y exclaman:
—Ahí va la loca soñando
Con la eterna primavera de la vida y de los campos,
Y ya bien pronto, bien pronto, tendrá los cabellos canos,
Y ve temblando, aterida, que cubre la escarcha el prado.

—Hay canas en mi cabeza, hay en los prados escarcha,
Mas yo prosigo soñando, pobre, incurable sonámbula,
Con la eterna primavera de la vida que se apaga
Y la perenne frescura de los campos y las almas,
Aunque los unos se agostan y aunque las otras se abrasan.

Astros y fuentes y flores, no murmuréis de mis sueños,
Sin ellos, ¿cómo admiraros ni cómo vivir sin ellos?

 

23/03/2013

Joan Miró et Ubu

Ubu, Alfred Jarry et puis cette chanson de Dick Annegard qu'ados on chantait à tue-tête, enchantés par le petit zizi et le gros cul, la femme infâme...et le roi-tyran qui “est mouru”.
 
 

 

 

JoanMiró fut fasciné par ce tyran: " Maintenant tout le monde voit clairement que ce que Alfred Jarry a imaginé était en fait Franco et les siens. C'est la raison pour laquelle Ubu m'a fasciné pendant les années de franquisime, et c'est la raison pour laquelle je l'ai dessiné si souvent”.

Un aspect peu connu de Miró celui de résistant au franquisme, de sa lutte contre le dictateur, pour la liberté.

Il l'a illustrée abondamment dans trois séries de dessins: Ubu Roi, L'enfance d'Ubu, Ubu aux Baléares.

 

 

 

 

 

 

 Une partie, celle que j'ai vue, les dessins sont fort amusants, se trouve au Musée Es Baluard, Palma de Majorque. 

 

 
(clic pour agrandir)

 

Il existe une pièce de théâtre, “Mori y Merma” sur le même thème: les décors et marionnettes sont été entièrement réalisés par Miró.

 

 

 
Ubú, Alfred Jarry, y esta canción en francés del holandés Dick Annegarn que, niña, canturreaba porque habla del pito pequeño y del culo gordo del tirano, de su mujer, infame, y del rey “que ha morido”.

 

Joan Miró fue fascinado por ese tirano: “Ahora todo el mundo ve claro que aquello que Alfred Jarry imaginó era en realidad Franco y los suyos. Esta es la razón por la cual Ubú me ha fascinado durante los años del franquismo, y es la razón por la cual lo he dibujado tan a menudo".

 

Un aspecto poco conocido el del artista resistente al franquismo, de su lucha contra el dictador, por la libertad.

 

La ilustró en numerosos dibujos de tres series: Ubú Rey, La infancia de Ubú, Ubú en las Baleares. Una parte de ellos, los que ví, son muy divertidos, se encuentra en el Museo es Baluard, Palma de Mallorca.

 

 

Existe una obra de teatro, “Mori y Merma” que trata del mismo tema: el decorado y las marionetas fueron realizados por Miró.

16/03/2013

Combien je suis / Cuántos soy

Il est des semaines où, on ignore pourquoi, une image, une musique, un mot, une idée, s'obstinent à nous poursuivre.
Cette semaine-ci, sur une place de Palma où je me baladais avec mon appareil, j'ai photographié ce panneau. 
Ciertas semanas una imagen, una música, una palabra, une idea, se obstinan en perseguirnos.
Esta semana empezó en una plaza de Palma donde paseaba con mi cámara y fotografié esta señal.

 

 

Plaza Progreso, Palma de Mallorca

 

 
Pourquoi ce mot, là?
J'y pensais encore quand j'ai vu cette peinture illustrant je ne sais plus quoi...signée : Confusion Group. Espagnols, de Madrid*.
¿Por qué esa palabra, allí?
Todavía pensaba en ello cuando vi esta pintura ilustrando no me acuerdo qué texto...firmada: Confusion Group. Españoles, de Madrid*.

 

Confusion Group: Sólo son rostros

 

Troublée par tant de confusions je me suis mise à traduire ce poème...ce qui n'a fait qu'augmenter mon chaos mental!

Perturbada por tantas confusiones decidí publicar este poema...¡lo que no hizo más que aumentar mi caos mental!

 

Pablo Neruda –

 

Nous sommes beaucoup

 

Vaguedivague (Estravagario, 1958)

De tant d’hommes que je suis, que nous sommes,
je ne puis en trouver aucun:
ils se perdent sous mes vêtements,
ils sont partis dans une autre ville.

Lorsque tout est prêt
pour me montrer intelligent
le sot caché en moi
parle par ma bouche.

Quand une maison respectée brûle
au lieu du pompier que j’appelle
c'est l’incendiaire qui se précipite
et celui-là c’est moi. Je n'y peux rien.
Comment faire pour me choisir?
Comment me racheter?

Tous les livres que je lis
célèbrent des héros éclatants
toujours sûrs d’eux-mêmes:
je meurs de jalousie pour eux,
et dans les films de vents et de balles,
je demeure à jalouser le cavalier,
je demeure à admirer le cheval.
 
Mais lorsque j’appelle l’intrépide
c’est le vieux paresseux qui m’arrive,
et ainsi je ne sais qui je suis,
je ne sais combien je suis ou serons.

J’aimerais appuyer sur une sonnette
et faire sortir mon véritable moi
car si de moi j’ai besoin
je ne dois pas me dérober.

(...)
(Trad: Colette)


PABLO NERUDA
 Muchos somos.
Estravagario, 1958 

De tantos hombres que soy, que somos,
no puedo encontrar a ninguno:
se me pierden bajo la ropa,
se fueron a otra ciudad.

Cuando todo está preparado
para mostrarme inteligente
el tonto que llevo escondido
se toma la palabra en mi boca.

Otras veces me duermo en medio
de la sociedad distinguida
y cuando busco en mí al valiente,
un cobarde que no conozco
corre a tomar con mi esqueleto
mil deliciosas precauciones.

Cuando arde una casa estimada
en vez del bombero que llamo
se precipita el incendiario
y ése soy yo. No tengo arreglo.
Qué debo hacer para escogerme?
Cómo puedo rehabilitarme?

Todos los libros que leo
celebran héroes refulgentes
Siempre seguros de sí mismos:
me muero de envidia por ellos,
y en los films de vientos y balas
me quedo envidiando al jinete,
me quedo admirando al caballo.  

Pero cuando pido al intrépido
me sale el viejo perezoso,
y así yo no sé quién soy,
no sé cuántos soy o seremos.  

Me gustaría tocar un timbre
y sacar el mí verdadero
porque si yo me necesito
no debo desaparecerme. 

 

 

 

 

*Confusion Group es un grupo artístico que desarrolla su actividad en Madrid desde hace ocho años, en distintas disciplinas (artes plásticas, fotografía, vídeoarte, instalaciones, música, literatura…) tanto individual como colectivamente. También trabajan en colaboración con otros artistas. Confusion Group is an artistic group that develops his activity in Madrid for eight years, in different disciplines (plastic arts, photo, vídeoarte, art installations, music, literature…) both individual as collectivly. They also work incollaboration with other artists.
http://www.confusiongroup.com/paintings.html

09/03/2013

Chair et âme / Carne y alma

Aujourd'hui je vous propose une sélection personnelle d'extraits de divers poèmes de Julia de Burgos.
Hoy os propongo une selección personal de extractos de diversos poemas de Julia de Burgos.



Le mystère est-il bleu?
Penchée en moi même je contemple ma délivrance,
qui me ramène à la vie dans ton éclat...

(Du poème “ Il n'y a pas d'abandon”)



¿Es azul el misterio?

Asomada en mi misma contemplo mi rescate,
que me vuelve a la vida en tu destello...

( Del poema: No hay abandono)

 

Soy ola de abandono,
derribada, tendida,
sobre un inmenso azul de sueños y de alas.
 
Je suis vague d'abandon,
abattue, tendue,
sur un immense bleu de rêves et d'ailes.
 
DONDE COMIENZAS TÚ (extracto)

OÙ TU COMMENCES(extrait) J. de Burgos

 

 

Chanson nue (extrait) J. de Burgos

 

Réveillée des caresses,
sur mon corps je sens encore ton étreinte.
Frémissante et légère j'avance toujours dans ton image.
Si profond et instinctif fut mon simple appel!
 
 
Canción desnuda (extracto)
 
Despierta de caricias,
aún siento por mi cuerpo corriéndome tu abrazo.
Estremecido y tenue sigo andando en tu imagen.
¡Fue tan hondo de instintos mi sencillo reclamo...
 
 

 

Minuit (extrait) J. de Burgos
 
Un tremblement indécis de tropique
pénètre notre alcôve. Entretemps,
ta vie et la mienne se sont embrassées...
et nos âmes vont s'approchant!
 
 
Comme je sens que je suis dans ta chair
tel un épi à l'ombre de l'astre!
Comme je sens que j'atteins ton âme
et que là-bas tu m'attends!
 
Se sont unis, mon amour, se sont unis
nos rires plus blancs que le blanc,
et, ô miracle! dans la lumière d'une larme
se sont embrassés tes pleurs et mes pleurs...
 
 
Azul de noche. Carlos E. Hergueta
 

 

Medianoche
 
Un temblor indeciso de trópico
nos penetra la alcoba. ¡Entre tanto,
se han besado tu vida y mi vida...
y las almas se van acercando!

¡Cómo siento que estoy en tu carne
cual espiga a la sombra del astro!
¡Cómo siento que llego a tu alma
y que allá tú me estás esperando!

Se han unido, mi amor, se han unido
nuestras risas más blancas que el blanco,
y ¡oh milagro! en la luz de una lágrima
se han besado tu llanto y mi llanto...
 

 

(Toutes les traductions : Colette)

03/03/2013

Les horizons appris / Julia de Burgos / Los horizontes aprendidos

Une poésie peu et mal connue celle de la portoricaine Julia de Burgos (1914-1953), une langue rythmée, à lire, écouter, chanter.

  

Una poesía poco y mal conocida la de la portorriqueña Julia de Burgos (1914-1953), una lengua con ritmo para leer, escuchar, cantar.

 

 

 

 

 


 

JE FUS MA PROPRE ROUTE

 

Julia de Burgos

 

 

 

Je voulus être comme les hommes voulaient que je sois:

 

une tentative de vie;

 

un jeu de cache-cache avec mon être.

 

Mais j'étais faite de présents,

 

et mes pieds plats sur la terre prometteuse

 

ne souffraient pas de marcher en arrière,

 

et ils poursuivaient vers l'avant, vers l'avant,

 

trompant les cendres pour atteindre le baiser

 

de nouveaux sentiers.

 

 

 

À chaque pas sur ma route vers le front

 

déchirait mes épaules le battement désespéré

 

des vieux troncs.

 

 

 

Mais la branche était à jamais libérée,

 

et à chaque nouveau coup mon regard

 

se séparait encore, encore et encore des lointains

 

horizons appris:

 

et mon visage prenait une expression qui montait de l'intérieur,

 

l'expression définie qui montrait un sentiment

 

de libération intime;

 

un sentiment qui surgissait

 

de l'équilibre entretenu entre ma vie

 

et la vérité du baiser des nouveaux sentiers.

  

(...)

 

Je voulus être comme les hommes voulurent que je sois:

 

Une tentative de vie;

 

un jeu de cache-cache avec mon être.

 

Mais j'étais faite de présents;

 

quand les hérauts m'annonçaient déjà

 

dans le défilé royal des vieux troncs

 

mon désir de suivre les hommes s'est brisé,

 

et l'hommage est resté là à m'attendre.

 

Trad: Colette

 

 

 

 

 

 

 
YO MISMA FUI MI RUTA 

 

Julia de Burgos

 

Yo quise ser como los hombres quisieron que yo fuese:

 

un intento de vida;

 

un juego al escondite con mi ser.

 

Pero yo estaba hecha de presentes,

 

y mis pies planos sobre la tierra promisora

 

no resistían caminar hacia atrás,

 

y seguían adelante, adelante,

 

burlando las cenizas para alcanzar el beso

 

de los senderos nuevos.

 

 

 

A cada paso adelantado en mi ruta hacia el frente

 

rasgaba mis espaldas el aleteo desesperado

 

de los troncos viejos.

 

 
Pero la rama estaba desprendida para siempre,

 

y a cada nuevo azote la mirada mía

 

se separaba más y más y más de los lejanos

 

horizontes aprendidos:

 

y mi rostro iba tomando la expresión que le venía de adentro,

 

la expresión definida que asomaba un sentimiento

 

de liberación íntima;

 

un sentimiento que surgía

 

del equilibrio sostenido entre mi vida

 

y la verdad del beso de los senderos nuevos.

 

 

 

(...)

 

Yo quise ser como los hombres quisieron que yo fuese:

 

un intento de vida;

 

un juego al escondite con mi ser.

 

Pero yo estaba hecha de presentes;

 

cuando ya los heraldos me anunciaban

 

en el regio desfile de los troncos viejos,

 

se me torció el deseo de seguir a los hombres,

 

y el homenaje se quedó esperándome.

 

 

 

23/02/2013

Un prrrt ironique / Un prrrt irónico

Relire, un plaisir ou une déconfiture. Le Notaire Du Havre de Duhamel, lecture obligée à l'école, m'avait barbée. Pourquoi m'a-t-il tendu ses mots l'autre jour? J'en suis enchantée. Comme vous en connaissez l'histoire ou la trouverez sans peine, en voici un extrait que j'intitulerais “doutes existentiels”.
 
Releer, un placer o una desilusión. El Notario de Le Havre de Duhamel, lectura obligada en la escuela, me había aburrido. ¿Por qué me tendió sus palabras el otro día ? Estoy encantada. Ya que conocéis la historia o la encontraréis sin pena, he aquí une extracto que titularía “dudas existenciales ».
 
 
Je crois, commençait-il, que je vais abandonner à quelque esprit moins agile que le mien la comptabilité des Galeries du Maine. J'ai eu, ce matin, avec mon chef, cet homme remarquable, un entretien qui, je pense, va le faire rêver pendant toute la fin de sa vie. Imaginez qu'au début de la matinée cet homme remarquable entreprend de me vanter les avantages de mon emploi:
 
Monsieur Wasselin, dit-il, vous jouissez ici d'une position stable.
Moi: Assurément, monsieur Duchnoque. (Il ne s'appelle pas Duchnoque, c'est un nom d'amitié.) Assurément. Et c'est, si j'ose l'avouer, ce qui m'attriste.
Lui: Ce qui vous attriste?
Moi: Comprenez, monsieur Duchnoque. Tant que je cherchais une place, j'avais de l'espoir.
Lui : Comment ? Quel espoir ?
Moi : L'espoir de trouver une place, monsieur Duchnoque.
Lui : Pas possible ! Et maintenant ?
Moi : J'ai la place, monsieur Duchnoque. Mais je n'ai plus d'espoir. C'est infiniment triste.
Lui : Qu'est-ce qui est triste, monsieur Wasselin ? Je ne comprends pas.
Moi : Je me demande toute la journée ce que j'aime le mieux de l'espoir ou de la place. Ça devient une idée fixe monsieur Duchnoque. Je finirai par m'en aller.
Lui : Vous en aller ? Vous parlez de vous en aller ! Enfin qu'est-ce que tout cela signifie ?
Moi : M'en aller ! Hélas, oui ! monsieur le directeur. Quand je serai parti, je serai sûr de n'être pas resté. Vous comprenez bien que je ne peux pas vivre dans l'indécision.
Lui : L'indécision ! Quelle indécision ?
Moi : L'indécision de savoir si je resterai ici, monsieur Duchnoque... "
 
Mme Wasselin levait les bras au ciel. Papa riait, l'air dédaigneux. Le bouffon modulait, le bec en sifflet, un prrrt ironique. De telles conversations avaient lieu, le plus souvent, sur le palier, à la faveur d'une rencontre. Les portes refermées, papa riait sans retenue (...) »
 (Le notaire du Havre, Duhamel, folio p.78 - 79)
 
M.C. Escher Humanity
 
 
Creo, comenzó, que abandonaré a algún espíritu menos ágil que el mio la contabilidad de las Galerias del Maine. Esta mañana he tenido, con mi jefe, ese hombre notable, una conversación que en mi opinión le hará soñar durante el resto de su vida. Imaginad que al principio de la mañana ese hombre notable comienza a alabar las ventajas de mi empleo:
Señor Wasselin, dijo, Usted disfruta aquí de una posición estable.
Yo : En efecto, señor Alcornoque. (No se llama Alcornoque, es tan solo un sobrenombre amistoso.) En efecto. Y es eso lo que me entristece.
El : ¿Lo que le entristece? Explíquese, señor Wasselin.
Yo : Compréndame, señor Alcornoque. Mientras buscaba un empleo, tenia la esperanza.
El : ¿Cómo? ¿Qué esperanza?
Yo : La esperanza de encontrar un empleo, señor Alcornoque.
El : ¡Increíble! ¿Y ahora?
Yo : Ahora tengo el empleo, señor Alcornoque. Pero ya no tengo la esperanza. Es infinitamente triste.
El : ¿Qué es lo que es triste, señor Wasselin?. No le entiendo.
Yo : Todo el día me he preguntado que es lo que prefiero: la esperanza o el empleo. Se está volviendo una idea fija, señor Alcornoque. Si esto continua acabaré por irme.
El : ¡Irse! ¡Usted habla de irse! Pero ¿qué significa todo esto?
Yo : ¡Irme! Por desgracia, ¡si! Señor director. Cuando me haya ido estaré seguro de no haberme quedado. Usted comprenderá que no puedo vivir en la indecisión.
El : ¡La indecisión! ¿Qué indecisión?
Yo : La indecisión de saber si me quedaré aquí, señor Alcornoque...”
La señora Wasselin levantaba los brazos al cielo. Papa se reía, desdeñoso. El bufón modulaba, con los labios en silbato, un prrrt irónico.
Tales conversaciones tenían lugar, la mayor parte del tiempo, en el descansillo.(...). Una vez las puertas cerradas, mi padre se reía a carcajadas.”.
 
Trad: MAH y Colette