22/03/2014

Peintures, sur le même plan / Pinturas, en el mismo plano

Une découverte pour moi "EL planismo” qui est la modalité de la peinture Uruguayenne entre les années 1920 et 1930. Sa base consiste en des plans de couleur dont les bords interagissent et apparaissent en différentes facettes.
La figure y est aussi importante que le fond et la couleur s'emploie presque pure, sans clairs-obcurs.
Enfin, vous verrez, le dessin contient peu de détails.
Plus que des mots, une série de tableaux pour mieux comprendre leur démarche, leur art.

Un descubrimiento par mí, El Planismo. Es la modalidad de la pintura Uruguaya entre los años 1920 y 1930. Su base consiste en planos de colores cuyos bordes interactúan y aparecen más o menos "facetados". La figura tiene tanta importancia como el fondo y el color se usa casi puro. Por fin el dibujo tiene pocos detalles.
Más que unas palabras, una serie de cuadros para entender mejor su proceso y su arte.
(clic pour agrandir, of course)
Carmelo de Ardazún                                    
 

Petrona Viera        
 
 
Petrona Viera Paisaje
 
 
Petrona Viera        
Partido de Futbol Carmelo de Arzadun
 

 

   
Norberto Berdía

15/03/2014

Des dahlias frais / Dalias frescas

Juana de Ibarbourou (1889-1979). Uruguay

Une des voix les plus personnelles de la lyrique hispanoaméricaine du début de XXº siècle; la poétesse sans doute la plus connue dans cette partie du monde. 
Una de las voces más personales de la lírica hispanoamericana de principios del siglo XX; la poetisa tal vez más conocida en esta parte del mundo.
J'ai choisi deux poèmes, sensuels, entre rires et larmes.
Elegí dos poemas, sensuales, entre lágrimas y risas. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'heure

 

Prends-moi maintenant qu'il est encore tôt

 Et que je porte des dahlias frais à la main.

 Prends-moi maintenant qu'est encore sombre

 Cette taciturne chevelure qui est mienne.

 Maintenant, que j'ai la chair odorante.

 Et les yeux clairs et la peau rose.

 Maintenant que mon pied léger chausse

 La sandale vive du printemps.

 Maintenant, que sur mes lèvres carillonne le rire

 Comme une cloche à toute volée secouée.

 Après....ah, je sais

 Que rien de cela après je n'aurai! 

 

(Trad: Colette) 

 

 

Julio Alpuy Uruguay

 

 

 

La hora.

Tómame ahora que aún es temprano
Y que llevo dalias nuevas en la mano.
Tómame ahora que aún es sombría
Esta taciturna cabellera mía.
Ahora, que tengo la carne olorosa.
Y los ojos limpios y la piel de rosa.
Ahora que calza mi planta ligera
La sandalia viva de la primavera.
Ahora, que en mis labios repica la risa
Como una campana sacudida a prisa.
Después...¡ah, yo sé
Que ya nada de eso más tarde tendré
 

 

Dépit

 


 

Ah, que je suis fatiguée! J'ai tant ri,

tant, que des larmes ont jailli de mes yeux;

tant, que ce rictus qui fige ma bouche

est une étrange trace de mon fou rire.

 

Tant, que mon intense pâleur

(comme dans les portraits de haute lignée)

est dûe à la fatigue du fou rire

qui en moi infiltre sa somnolence.

 

Ah, que je suis fatiguée! Laisse-moi dormir;

car, tout comme l'angoisse, la joie blesse.

Quand m'as-tu vue plus gaie que maintenant?

 

Mensonge! Je n'ai ni doutes, ni envies,

Ni inquiétudes, ni angoisses, ni peines, ni souhaits,

Si brille dans mes yeux l'humidité des pleurs,

c'est l'effort de tant rire ...

(trad: Colette)

Julio Alpuy (Uruguay) Adan y Eva

 

DESPECHO

¡Ah, qué estoy cansada! Me he reído tanto,
tanto, que a mis ojos ha asomado el llanto;
tanto, que este rictus que contrae mi boca
es un rastro extraño de mi risa loca.

Tanto, que esta intensa palidez que tengo
(como en los retratos de viejo abolengo)
es por la fatiga de la loca risa
que en todo mi cuerpo su sopor desliza.

¡Ah, qué estoy cansada! Déjame que duerma;
pues, como la angustia, la alegría enferma.
¡Qué rara ocurrencia decir que estoy triste!
¿Cuándo más alegre que ahora me viste?

¡Mentira! No tengo ni dudas, ni celos,
Ni inquietud, ni angustias, ni penas, ni anhelos,
Si brilla en mis ojos la humedad del llanto,
es por el esfuerzo de reírme tanto..
.

 

03/03/2014

Tout en rond / Redondito

Si, vers 1600, les Espagnols ne trouvèrent aucune richesse digne de leur avidité en Uruguay, ce pays tout en rond qui semble petit sur la carte d'Amérique du sud mais fait quand même 6 fois la Belgique, réserve d'innombrables et excellentes surprises de tout genre. À vrai dire, à part Martio Benedetti et son enviable président actuel, José Mujica, sa belle capitale portuaire Montevideo, que et qui connaissons-nous là-bas? Nous allons y séjourner un temps et j'espère que cela vous plaira.

 

 
Si por los años 1600 los Españoles no encontraron ninguna riqueza digna de su avidez en Uruguay, ese país redondito que parece pequeño en el mapa de América del Sur pero que es 6 veces más extenso que Bélgica, depara múltiples y excelentes sorpresas de todo tipo. A decir verdad, aparte Mario Benedetti y su envidiable presidente actual, José Mujica, su bella capital portuaria Montevideo, qué y a quién conocemos allí? Vamos a pasar un tiempo en ese país y espero que os guste.

 

 

 

Ricardo Pascale (Montevideo 1942)      


 

Mario Benedetti 

  

Défense de la joie 1979

 

 

Défendre la joie comme une tranchée
la défendre du scandale et de la routine
de la misère et des misérables
des absences transitoires
et définitives

 

(...)

 

défendre la joie comme un drapeau
la défendre de la foudre et de la mélancolie
des naïfs et des canailles
de la rhétorique et des arrêts cardiaques
des endémies et des académies

 

 
défendre la joie comme un destin
la défendre du feu et des pompiers
des suicides et des homicides
des vacances et de l’accablement
de l’obligation d’être joyeux

 

 

défendre la joie comme une certitude
la défendre de l’oxyde et de la crasse
de la fameuse patine du temps
de la fraîcheur et de l’opportunisme
des proxénètes du rire

 

 

défendre la joie comme un droit
la défendre de dieu et de l’hiver
des majuscules et de la mort
des noms et des pitiés
du hasard
et aussi de la joie.

 

 

Mario Benedetti (1920-2009)Cotidianas (1979) – Traduit de l’espagnol par Annie Morvan

Defensa de la alegría, 1979

 

 

Defender la alegría como una trinchera
defenderla del escándalo y la rutina
de la miseria y los miserables
de las ausencias transitorias
y las definitivas

 

(...)

 

defender la alegría como una bandera
defenderla del rayo y la melancolía
de los ingenuos y de los canallas
de la retórica y los paros cardiacos
de las endemias y las academias

 

 

 

defender la alegría como un destino
defenderla del fuego y de los bomberos
de los suicidas y los homicidas
de las vacaciones y del agobio
de la obligación de estar alegres

 

 

 

defender la alegría como una certeza
defenderla del óxido y la roña
de la famosa pátina del tiempo
del relente y del oportunismo
de los proxenetas de la risa

 

 

 

defender la alegría como un derecho
defenderla de dios y del invierno
de las mayúsculas y de la muerte
de los apellidos y las lástimas
del azar
y también de la alegría

 

08/02/2014

Véhémences

Vicente Huidobro (poète chilien)



(...)

Voilà la mer
La mer grande ouverte
Voilà la mer soudain brisée
Afin que l’œil voie le commencement du monde
Voilà la mer
D'une vague à l'autre il y a le temps de la vie
De ses vagues à mes yeux il y a la distance de la mort

(Trad: Colette)

 

(...)

He ahí el mar
El mar abierto de par en par
He ahí el mar quebrado de repente
Para que el ojo vea el comienzo del mundo
He ahí el mar
De una ola a la otra hay el tiempo de la vida
De sus olas a mis ojos hay la distancia de la muerte

  

     Monumento Al mar

De Últimos Poemas Póstumo, 1948

                            

 

La mer s'exprimait avec une véhémence angoissée, mais les hommes ne le comprenaient pas      

 

 
El Roto / El País 6/02/2014
 

 

 

Foto El País - Asturias 4/02/2014



26/01/2014

En ce temps-là / En aquel tiempo

Le poète chilien d'aujourd'hui vous le connaissez peut-être grâce à sa prose, ces deux romans: "Les détectives sauvages" ou "2666".
Roberto Bolaño...dans la revue l'Express, cet excellent article sur lui: ici


Tal vez conozcáis al poeta chileno de hoy, Roberto Bolaño a través de su prosa, sus dos novelas "Los detectives salvajes" o "2666"
Aquí mucha información sobre él.

Le peintre, chilien aussi, est Benito Rebolledo (1881-1965) 

Benito Rebolledo

 

 

 

 Mais nous parlons ici de poésie...Pero hablamos aquí de poesía...

 

Extrait de Les chiens romantiques

 

Roberto Bolaño

 


En ce temps-là j'avais vingt ans
et j'étais fou.
J'avais perdu un pays
mais j'avais gagné un rêve.
Et si j'avais ce rêve
le reste était sans importance.
Travailler, prier
ou étudier à l'aube
auprès des chiens romantiques.
Et le rêve vivait dans le vide de mon esprit.
Une chambre en bois,
dans la pénombre,
dans l'un des poumons du tropique.
Et parfois je rentrais en moi
et je rendais visite au rêve : statue qui s'éternise
en des pensées liquides,
un ver blanc qui se tord
dans l'amour.
Un amour débridé.
Un rêve dans un autre rêve.
Et le cauchemar me disait : tu grandiras.

Tu laisseras derrière toi les images de la douleur et du labyrinthe
et tu oublieras.
Mais en ce temps-là grandir aurait été un crime.
Je suis ici, dis-je, avec les chiens romantiques
et c'est ici que je vais rester.

 

 

 

(Trad: Colo)

La risa del mar / le rire de la mer B. Rebolledo

 

 

 

Extracto de Los Perros románticos

 

Roberto Bolaño

 

En aquel tiempo yo tenía veinte años  
y estaba loco.  
Había perdido un país  
pero había ganado un sueño.  
Y si tenía ese sueño  
lo demás no importaba.  
Ni trabajar ni rezar  
ni estudiar en la madrugada  
junto a los perros románticos.  

 

Y el sueño vivía en el vacío de mi espíritu./  
Una habitación de madera,  
en penumbras,  
en uno de los pulmones del trópico.  
Y a veces me volvía dentro de mí 
y visitaba el sueño: estatua eternizada  
en pensamientos líquidos,  
un gusano blanco retorciéndose  
en el amor.  
Un amor desbocado.  
Un sueño dentro de otro sueño.  
Y la pesadilla me decía: crecerás.  
Dejarás atrás las imágenes del dolor y del laberinto 
y olvidarás.  
Pero en aquel tiempo crecer hubiera sido un crimen.

 

Estoy aquí, dije, con los perros románticos

 

y aquí me voy a quedar.

 

 

 

Portrait d'enfant B. Rebolledo

 

18/01/2014

Cronos

 

Nous poursuivons, le temps d'un poème, avec Nicanor Parra.
Seguimos, durante el tiempo de un poema, con Nicanor Parra.


                                    CRONOS

 

 
À Santiago de Chile

 Les

       jours
                sont
                         interminablement
                                                          longs:
Plusieurs éternités en un jour.

 

 
Nous nous déplaçons à dos de lune
Comme les vendeurs d'algues:
On baille. On re-baille.

 

Cependant les semaines sont courtes
Les mois passent à toute allure
Etlesannéessemblentvoler.



(Trad: Colette)




                                  CRONOS  


En Santiago de Chile
Los
        días
                son
                        interminablemente
                                                              largos:

Varias eternidades en un día. 
 
Nos desplazamos a lomo de luna
Como los vendedores de cochayuyo:
Se bosteza. Se vuelve a bostezar. 

 
Sin embargo las semanas son cortas
Los meses pasan a toda carrera
Ylosañosparecequevolaran.

 

 

Illumine le temps 1975 Roberto Matta

 



Le peintre  chilien d'aujourd'hui s'appelle Roberto Matta. J'ai trouvé ce qui suit sur ce blog:


Éloge à Roberto Matta


« Roberto Sebastián Matta Echaurren, plus connu sous le nom de Matta, a pris une place majeure au sein du surréalisme. Artiste de l’exil, il vécut entre le Chili, la France, l’Italie, l’Espagne et les Etats-Unis, et côtoya bon nombre des grands artistes du XXe siècle, de Federico Garcia Lorca à Salavador Dali en passant par Jackson Pollock ou le dadaïste Marcel Duchamp. Son oeuvre est exceptionnelle et prolifique jusqu’à la démesure. Peintre à la personnalité insaisissable et singulière, qui tient autant à son caractère qu’aux événements personnels et historiques auxquels il a été mêlé, il se veut totalement ouvert au monde. Selon ses dires, c'est son exil qui a déterminé toute sa vie. Son travail est un travail de séparation. [...] De l'exil, il est passé à l'"Ex-il", quelque part entre le connu et l'inconnu, entre la réalité et l'imaginaire. Là où commence la poésie. »

 

 

 

El pintor chileno de hoy se llama Roberto Matta. Una buena biografía aquí.

 

 

 

 
Humana mente 1979 Roberto Matta

 

11/01/2014

Nicanor, l'anti...

Un séjour au Chili, ça vous dit?
Pays qui, pour une raison que j'ignore, a eu et a plus de poètes(esses) qu'aucun autre pays d'Amérique Latine. Une bonne raison pour y rester un moment, non?
J'y ai découvert d'excellents peintres aussi, ils nous accompagneront.

¡Qué os parece una estancia en Chile?
País que, por una razón que ignoro, ha tenido y tiene mas poetas (poetisas) que ningún otro país de América Latina. Una buena razón para quedarnos allí un rato, ¿no?
Descubrí también excelentes pintores, nos acompañaran.

 

Inutile de présenter Pablo Neruda, nous n'en parlerons pas cette fois, ni la très célèbre Gabriela Mistral dont je n'ai jamais publié ici aucun poème; un manque d'affinité avec sa poésie.
Inutil presentaros a Pablo Neruda, no hablaremos de él esta vez, ni de Gabriela Mistral, poeta celebre de la cual nunca presenté ningún poema aquí: una falta de afinidad con su poesía.

 

Nicanor Parra: un personnage, une poésie absolument atypiques. Il a obtenu de nombreux prix, est le frère de la célèbre Violeta Parra et aura 100 ans en septembre 2014.
Il est connu pour son “antipoesía” et le mouvement “antipoético” qui se caractérise par un style ironique, la moquerie, une vision critique des icônes de la culture et de la religion. Ce mouvement répond à une sorte d'anxiété de rupture associée, au moment où il est apparu, à l'envie d'être dissonant et de se libérer aussi de l'influence de Neruda.

 

Nicanor Parra: un personaje, una poesía absolutamente atípicos. Obtuvo numerosos premios, es el hermano de la celebre Violeta Parra y cumplirá 100 años en septiembre 2014.
Es conocido por su”antipoesía” y por el movimiento “antipoético” que se caracteriza por su estilo irónico, la burla, una visión crítica de los iconos de la cultura y de la religión. Ese movimiento respondía a un tipo de ansiedad de ruptura asociada, en el momento de su aparición, al anhelo de ser disonante y de librarse también de la influencia de Neruda.

 

 

Humberto Parada (Chile)

 

 
Aujourd'hui ce poème qui donne bien des clés pour comprendre le mouvement.
Hoy este poema que da muchas claves para entender el movimiento.

 

TEST

Qu'est un antipoète:

 un commerçant d'urnes et de cercueils?

un prêtre qui ne croit en rien?

 un général qui doute de lui-même?

 un vagabond qui rit de tout

 même de la vieillesse et de la mort?

 un interlocuteur au mauvais caractère?

 un danseur au bord de l'abîme?

 un narcisse qui aime tout le monde?

 un blagueur sanguinaire

 délibérément misérable?

 un poète qui dort sur sa chaise?

 un alchimiste des temps modernes?

 un révolutionnaire de poche?

 un petit bourgeois?

un charlatan?
                          un dieu?
                                      un innocent?

 un villageois de Santiago de Chile?

 

 Soulignez la phrase que vous considérez correcte.

 

 
Qu'est l'antipoésie:

 une tempête dans une tasse de thé?

 une tache de neige sur un rocher?

 un plateau plein d'excréments humains

 comme le croit le père Salvatierra?

 un miroir qui dit la vérité?

 une baffe à la figure

 du Président de la Société des Écrivains?

 (Que Dieu le garde dans son saint royaune)

 un avertissement aux jeunes poètes?

 un cercueil à réaction?

 un cercueil à force centrifuge?

 un cercueil à gaz de parafine?

 une chapelle ardente sans défunt?


Marquez d'une croix

 la définition qui vous semble correcte.

  

(Traduction: Colette)

 

 

TEST

 

  1. Qué es un antipoeta:
    un comerciante en urnas y ataúdes?
    un sacerdote que no cree en nada?
    un general que duda de sí mismo?
    un vagabundo que se ríe de todo
    hasta de la vejez y de la muerte?
    un interlocutor de mal carácter?
    un bailarín al borde del abismo?
    un narciso que ama a todo el mundo?
    un bromista sangriento
    deliberadamente miserable?
    un poeta que duerme en una silla?
    un alquimista de los tiempos modernos?
    un revolucionario de bolsillo?
    un pequeño burgués?
    un charlatán?
                          un dios?
                                      un inocente?
    un aldeano de Santiago de Chile?

       Subraye la frase que considere correcta.



     Qué es la antipoesía:
     un temporal en una taza de té?
     una mancha de nieve en una roca?
     un azafate lleno de excrementos humanos
     como lo cree el padre Salvatierra?
     un espejo que dice la verdad?
     un bofetón al rostro
     del Presidente de la Sociedad de Escritores?
     (Dios lo tenga en su santo reino) 
     una advertencia a los poetas jóvenes?
     un ataúd a chorro?
     un ataúd a fuerza centrífuga?
     un ataúd a gas de parafina?
     una capilla ardiente sin difunto?

     Marque con una cruz
     la definición que considere correcta.

14/12/2013

Tisser les mots / Tejer las palabras


  L'Heure des oiseaux

LUZ MARY GIRALDO (Colombienne)

                                 Insaisissable
couseuse                                       
la parole

tisse d'une toile trompeuse

la blessure de la nuit:

joue à être libre

ou rêve d'aventure.

Telle l'éternelle Pénélope
 
elle tisse la tunique de tous

défaufile le secret de l'attente

jusqu'à inventer un nouveau visage

ou un miroir sans nom.

Insaisissable couseuse

elle écoute passer le vent

fatigué par les oiseaux.
 
                                                 (Trad: Colette)
 
 

 
 

LA HORA DE LOS PÁJAROS


LUZ MARY GIRALDO (Colombiana)
 
Inasible y costurera               
la palabra

teje con tela engañosa

la herida de la noche:

juega a la libertad

o sueña la ventura.

Como eterna Penélope

teje la túnica de todos

deshilvana el secreto de la espera

hasta inventar un nuevo rostro

o un espejo sin nombre.

Inasible y costurera

oye pasar el viento

fatigado por los pájaros.

 

01/12/2013

Un verre d'eau glacée / Un vaso de agua helada

Un poème d'Odilon-Jean PÉRIER, poète belge 1901-1928.
Une fontaine à Bruxelles; sur la vasque ces mots gravés: « je t'offre un verre d'eau glacée n'y touche pas distraitement il est le prix d'une pensée sans ornement ». (source et photo ici)

Un poema de Odilon-Jean PÉRIER, poeta belga 1901-1928.

Una fuente en Bruselas; en la pila esa palabras grabadas: "Un vaso de agua helada te regalo no lo toques distraído del pensamiento es el fruto sin adornos".

 

 

Le citadin

 

 

Je t´offre un verre d´eau glacée
N´y touche pas distraitement
Il est le fruit d´une pensée
Sans ornement

Tous les plaisirs de l´amitié
Combien cette eau me désaltère
Je t´en propose une moitié
La plus légère

Regarde, je suis pur et vide
Comme le verre où tu as bu
Il ne fait pas d´être limpide
Une vertu

Plus d´eau mais la lumière sage
Donne à mon présent tout son prix
Tel un poète aux dieux s´engage
Et reste pris

 

 

 

Et Julos Beaucarne qui l'a mis en musique, et chanté. Amitiés.

 

 

 

 

El ciudadano

 

 

 

Un vaso de agua helada te regalo

 

No lo toques distraído

 

Del pensamiento es el fruto

 

Sin adornos

 

 

 

Todos los placeres de la amistad

 

Cuánto me desaltera esa agua

 

Te propongo la mitad

 

La más ligera

 

 

 

Mira, soy puro y vacío

 

Como el vaso en que bebiste

 

No hace de su claridad

 

Una virtud

 

 

 

No hay agua mas la luz sabia

 

es la que a mi regalo da el precio

 

Tal un poeta comprometido con los dioses

 

Y atrapado

 

 

(Trad: Colette & MAH, gracias!)

 

 

 

 

23/11/2013

Elles attendent.../ Ellas esperan...

Elena Poniatowska (Mexique) vient de recevoir le Prix Cervantes, prix littéraire attibué à des écrivains de langue espagnole, pour l'ensemble de leur oeuvre.

 

J'ai traduit un de ses courts récits.
Le style d'Elena est simple et je n'ai pas cherché à le modifier. Dans ce récit sous forme de lettre, les souvenirs sont très présents et on y trouve quelques éléments de son pays d'origine, le Mexique: la pauvreté et la délinquance, les femmes habituées, résignées à attendre l'homme tout-puissant, soumises ( problème soulevé par de nombreuses écrivaines sud-américaines ).
De belles images, dures parfois telles ces feuilles en formes d' épées, ou fort sensuelles.
La « elle » sait que cet amour est fini, ou n'a jamais existé, mais...elle attend
Bonne lecture. 
 

 

 

Elena Poniatowska acaba de recibir el premio Cervantes por el conjunto de su obra.

Os dejo aquí un relato suyo.
El estilo de Elena es simple y en este relato, en forma de carta, los recuerdos están muy presentes y se encuentran algunos elementos de su país de orígen, Mexico : la pobreza y la delincuencia, las mujeres acostumbradas, resignadas a esperar al hombre todo poderoso, sumisas (problema que abordan varias mujeres escritoras sur americanas)
Unas bellas imágenes, a veces duras tales esas hojas en forma de espadas, o muy sensuales.
La « ella » sabe que este amor ha terminado, o no ha existido nunca, pero....espera.
Buena lectura.
 
LA COMMISSION
 
 

 

Je suis venue Martín, et tu n'es pas là. Je me suis assise sur le seuil de ta maison, appuyée contre ta porte et je pense qu'en un endroit de la ville, par une onde qui traverse l'air, tu dois deviner que je suis ici. Voici ton petit bout de jardin; ton mimosa s'incline vers la rue et en passant les enfants lui arrachent les branches les plus accessibles...En terre, semées autour d'un mur, très rectilignes et sérieuses, je vois des fleurs qui ont des feuilles comme des épées. Elles sont bleu marine, elles ressemblent à des soldats. Elles sont très graves, très honnêtes. Toi aussi tu es un soldat. Tu marches dans la vie, un, deux, un, deux...Ton jardin entier est solide, il est comme toi, il a une force qui inspire confiance.
 
Me voici contre le mur de ta maison, telle que je suis parfois contre le mur de ton dos. Le soleil donne aussi contre la vitre de tes fenêtres et peu à peu il faiblit car il est tard. Le ciel rougissant a chauffé ton chèvrefeuille et son odeur se fait de plus en plus pénétrante. C'est la tombée du jour. Le jour va décliner. Ta voisine passe. Je ne sais si elle m'aura vue. Elle va arroser son bout de jardin. Je me souviens qu'elle t'apporte une soupe quand tu es malade et que sa fille te fait des piqûres...Je pense à toi très lentement, comme si je te dessinais en moi et que tu restais gravé là. Je voudrais avoir la certitude que je vais te voir demain et après-demain et toujours dans une chaîne ininterrompue de jours; que je pourrai te regarder lentement bien que je connaisse chaque petit recoin de ton visage; rien entre nous n'a été provisoire ni un accident.
 
Je suis penchée sur une feuille de papier et je t'écris tout ça et je pense que maintenant, dans un quelconque quartier où tu marches, pressé, décidé comme tu en as l'habitude, dans une de ces rues où je t'imagine toujours: Donceles et Cinco de Febrero ou Venustiano Carranza, sur une de ces banquettes grises et monocordes brisées par la foule de gens qui va prendre le camion, tu dois savoir au fond de toi que je t'attends. Je suis simplement venue te dire que je t'aime et comme tu n'es pas là je te l'écris. Je ne peux presque plus écrire parce que le soleil est déjà parti et je ne sais pas bien ce que je te mets. Dehors passent encore des enfants, en courant. Et une dame avec une casserole prévient, irritée: “ Ne me secoue pas la main, je vais renverser le lait...” Et je laisse ce crayon, Martín, et je laisse la feuille à lignes et je laisse mes bras pendre inutilement le long de mon corps et je t'attends. Je pense que j'aurais aimé t'étreindre. Parfois j'aimerais être plus vieille parce que la jeunesse porte en elle, l'impérieux, l'implacable besoin de tout relier à l'amour.
Un chien aboie; il aboie agressivement. Je crois qu'il est temps de partir. Sous peu viendra la voisine pour allumer la lumière de ta maison; elle a la clef et elle allumera l'ampoule de la chambre qui donne vers l'extérieur parce que dans cette colonie on assaille beaucoup, on vole beaucoup. On vole beaucoup aux pauvres; les pauvres se volent entre eux...Tu sais, depuis mon enfance je me suis assise ainsi à attendre, j'ai toujours été docile, parce que je t'attendais. Je sais que toutes les femmes attendent. Elles attendent la vie future, toutes ces images forgées dans la solitude, toute cette forêt qui marche vers elles: toute cette immense promesse qu'est l'homme; une grenade qui s’ouvre soudain et montre ses grains rouges, brillants; une grenade comme une bouche pulpeuse de mille grains. Plus tard ces heures vécues en imagination, devenues heures réelles, devront prendre poids et taille et dureté. Tous nous sommes – ô mon amour – si pleins de portraits intérieurs, si pleins de paysages non vécus.
La nuit est tombée et je ne vois presque plus ce que je suis en train de griffonner sur le papier ligné. Je ne distingue plus les lettres. Là où tu ne comprends pas, dans les espaces, dans les vides, mets: “Je t'aime...” Je ne sais si je vais glisser cette feuille sous la porte, je ne sais. Tu m'as donné un tel respect de toi-même....Peut-être que maintenant je vais partir, je ne suis passée que pour demander à une voisine qu'elle te fasse la commission: qu'elle te dise que je suis venue.
Trad : Colette
Un bon article de La Libre Belgique. Si vous comprenez un peu l'espagnol, un conte pour enfants écrit par E P., joliment illustré ici.
 
Picasso, mujer sentada

Elena Poniatowska, El Recado

Vine Martín, y no estás. Me he sentado en el peldaño de tu casa, recargada en tu puerta y pienso que en algún lugar de la ciudad, por una onda que cruza el aire, debes intuir que aquí estoy. Es este tu pedacito de jardín; tu mimosa se inclina hacia afuera y los niños al pasar le arrancan las ramas más accesibles... En la tierra, sembradas alrededor del muro, muy rectilíneas y serias veo unas flores que tienen hojas como espadas. Son azul marino, parecen soldados. Son muy graves, muy honestas. Tú también eres un soldado. Marchas por la vida, uno, dos, uno, dos... Todo tu jardín es sólido, es como tú, tiene una reciedumbre que inspira confianza.

Aquí estoy contra el muro de tu casa, así como estoy a veces contra el muro de tu espalda. El sol da también contra el vidrio de tus ventanas y poco a poco se debilita porque ya es tarde. El cielo enrojecido ha calentado tu madreselva y su olor se vuelve aún más penetrante. Es el atardecer. El día va a decaer. Tu vecina pasa. No sé si me habrá visto. Va a regar su pedazo de jardín. Recuerdo que ella te trae una sopa cuando estás enfermo y que su hija te pone inyecciones... Pienso en ti muy despacio, como si te dibujara dentro de mí y quedaras allí grabado. Quisiera tener la certeza de que te voy a ver mañana y pasado mañana y siempre en una cadena ininterrumpida de días; que podré mirarte lentamente aunque ya me sé cada rinconcito de tu rostro; que nada entre nosotros ha sido provisional o un accidente.

Estoy inclinada ante una hoja de papel y te escribo todo esto y pienso que ahora, en alguna cuadra donde camines apresurado, decidido como sueles hacerlo, en alguna de esas calles por donde te imagino siempre: Donceles y Cinco de Febrero o Venustiano Carranza, en alguna de esas banquetas grises y monocordes rotas sólo por el remolino de gente que va a tomar el camión, has de saber dentro de tí que te espero. Vine nada más a decirte que te quiero y como no estás te lo escribo. Ya casi no puedo escribir porque ya se fue el sol y no sé bien a bien lo que te pongo. Afuera pasan más niños, corriendo. Y una señora con una olla advierte irritada: "No me sacudas la mano porque voy a tirar la leche..." Y dejo este lápiz, Martín, y dejo la hoja rayada y dejo que mis brazos cuelguen inútilmente a lo largo de mi cuerpo y te espero. Pienso que te hubiera querido abrazar. A veces quisiera ser más vieja porque la juventud lleva en sí, la imperiosa, la implacable necesidad de relacionarlo todo con el amor.
Ladra un perro; ladra agresivamente. Creo que es hora de irme. Dentro de poco vendrá la vecina a prender la luz de tu casa; ella tiene llave y encenderá el foco de la recámara que da hacia afuera porque en esta colonia asaltan mucho, roban mucho. A los pobres les roban mucho; los pobres se roban entre sí... Sabes, desde mi infancia me he sentado así a esperar, siempre fui dócil, porque te esperaba. Sé que todas las mujeres aguardan. Aguardan la vida futura, todas esas imágenes forjadas en la soledad, todo ese bosque que camina hacia ellas; toda esa inmensa promesa que es el hombre; una granada que de pronto se abre y muestra sus granos rojos, lustrosos; una granada como una boca pulposa de mil gajos. Más tarde esas horas vividas en la imaginación, hechas horas reales, tendrán que cobrar peso y tamaño y crudeza. Todos estamos —oh mi amor— tan llenos de retratos interiores, tan llenos de paisajes no vividos.
Ha caído la noche y ya y casi no veo lo que estoy borroneando en la hoja rayada. Ya no percibo las letras. Allí donde no le entiendas en los espacios blancos, en los huecos, pon: "Te quiero..." No sé si voy a echar esta hoja debajo de la puerta, no sé. Me has dado un tal respeto de ti mismo...Quizá ahora que me vaya, sólo pase a pedirle a la vecina que te dé el recado: que te diga que vine.

Un bonito cuento para niños escrito por ella, con ilustraciones preciosas aquí:

10/11/2013

Il y a cent ans....A. Camus / Hace cien años...A. Camus

 

 
 

 

Lettre à René Char / Carta a René Char

 

 

Albert Camus

 

 

 Paris 26 octobre 1951 

 

Mon cher René,

(...) 
 
J'ai beaucoup pensé à notre dernière conversation, à vous, à mon désir de vous aider. Mais il y a en vous de quoi soulever le monde. Simplement, vous recherchez, nous recherchons le point d'appui. Vous savez du moins que vous n'êtes pas seul dans cette recherche. Ce que vous savez peut-être mal c'est à quel point vous êtes un besoin pour ceux qui vous aiment et, qui sans vous, ne vaudraient plus grand chose. Je parle d'abord pour moi qui ne me suis jamais résigné à voir la vie perdre de son sens, et de son sang. A vrai dire, c'est le seul visage que j'aie jamais connu à la souffrance. On parle de la douleur de vivre. Mais ce n'est pas vrai, c'est la douleur de ne pas vivre qu'il faut dire. Et comment vivre dans ce monde d'ombres ? Sans vous, sans deux ou trois êtres que je respecte et chéris, une épaisseur manquerait définitivement aux choses.

 

(…)

 


Revenez bien vite, en tous cas. Je vous envie l'automne de Lagnes, et la Sorgue, et la terre des Atrides. L'hiver est déjà là et le ciel de Paris a déjà sa gueule de cancer. Faites provisions de soleil et partagez avec nous.
Très affectueusement à vous
A.C.


(Albert Camus: 7 novembre 1913 - 4 janvier 1960)



París, al 26 de octubre 1951

 

Mi querido René, 
 
(…)

He pensado mucho en nuestra última conversación, en usted, en mi deseo de ayudarle. Pero en usted hay algo para levantar el mundo. Simplemente, usted busca, buscamos el punto de apoyo. Por lo menos sabe que no está solo en esta búsqueda. Lo que probablemente sabe mal es hasta qué punto es usted una necesidad para los que le aman y que, sin usted, no valdrían gran cosa. Hablo por mí, en primer lugar, que nunca me resigné a ver la vida perder de su sentido y de su sangre. A decir verdad, es la única cara que jamás he visto al sufrimiento. Se habla del dolor de vivir. Pero no es verdad, es el dolor de no vivir lo que toca decir. ¿Y cómo vivir en este mundo de sombras? Sin usted, sin dos o tres seres a las que respeto y quiero, a las cosas les faltaría definitivamente un espesor.

(…)

Vuelva usted pronto, en todo caso. Le envidio el otoño de Lagnes, y la Sorgue, y la tierra de las Atrides. El invierno ya está aquí y el cielo de París ya tiene su cara de cáncer. Haga provisiones de sol y compártalas con nosotros.

Muy afectuosamente,

A.C.


Trad: Colette


 

27/10/2013

Pieds nus / Pies descalzos

Parmi les photos de Toni Catany il y en a une que ma mémoire avait gravée.

Ensuite  j'ai lu ce poème de la Colombienne Elvira Alejandra Quintero. ..

 

 

Toni Catany

 

Fouler la terre pieds nus

Elvira Alejandra Quintero‏


Ni vertiges astraux ni pierres précieuses inconnues.
Pas d'étonnements poétiques forcés, de faux rites.
Je parlerai de la terre consacrée par le grand-père dans le centre de mon enfance.
De son odeur de pluie ou de vie quand l'aube m'appelle à la fenêtre,
et que l'éclat du monde me renvoie sa phrase:
Foule-la à pieds nus.
L'énergie qui monte dans ton corps te rapproche du reste de l'univers.

Et encore, quand je parcours les quais solitaires et sombres
et que le vent frôle mes oreilles rafraîchissant le monologue échauffé,
une lointaine odeur de poissons me rappelle la mer.

Et je cherche un bout de chemin et je veux le humer.
Et je veux le fouler.
Et bien que ce ne soit pas la terre, la peau de mes pieds touche le monde.
Et mon sang fait à nouveau partie du sang de l'univers.


(Trad: Colette)

 

 

Pisar la tierra con los pies descalzos

Elvira Alejandra Quintero‏
 
Nada de vértigos astrales y desconocidas piedras preciosas.
Nada de forzosos extrañamientos poéticos, de falsos ritos.
Hablaré de la tierra consagrada por el abuelo en el centro de mi infancia.
De su olor a lluvia o a vida cuando el amanecer me llama a la ventana,
y el brillo del mundo me devuelve su frase:
Písala con los pies descalzos.
La energía que asciende por tu cuerpo te hermana con el resto del universo.
Y aún, cuando recorro los andenes solos y oscuros
y el viento acecha en mis oídos refrescando el acalorado monólogo,
un lejano olor a peces me recuerda el mar.
 
Y busco un pedazo de camino y quiero olerlo.
Y quiero pisarlo.
Y aunque no es de tierra, la piel de mis pies toca el mundo.
Y mi sangre vuelve a ser parte de la sangre del universo.

20/10/2013

Comme des poèmes / Como poemas


 

 
 
Chacune de ses photos possède une ambiance, un peu ou assez mystérieuse, vivante, onirique, loin des “ Natures Mortes” qui est pourtant le titre qu'il a donné à cette série. Toni Catany vient de mourir. Il vivait à Barcelone, pensait passer ses vieux jours dans sa maison de Majorque, dans son village, Lluchmayor. Et transformer sa maison en Fondation. Il ne s'attendait pas à cette fin subite et son village n'a pas les moyens, en ce moment, de réaliser son rêve.
Ses expositions ont voyagé de par le monde et il est reconnu internationalement avec un travail photographique basé sur l'utilisation d'un procédé ancien : le calotype
Il a réalisé d'autres séries bien sûr, entre autres de nus masculins, de portraits, de reportages...vous les trouverez sans problème sur la toile.
 
C'est avec délice que je me suis plongée dans l'observation attentive de ses photos, que je me suis laissée envahir par une athmosphère colorée, diffuse.
Dans la beauté.
Chaque photo, un poème.
 
 
 
 

 


© Toni Catany
 
Cada una de sus fotos posee un ambiente, un poco o bastante misterioso, onírico, lejos de lo que llaman “ Naturalezas muertas” que es sin embargo el título que le dió a esa serie. Toni Catany acaba de morir. Vivía en Barcelona, pensaba pasar su vejez en su casa de Mallorca, en su pueblo, Lluchmayor. Y trasformar su casa en Fundación. No esperaba este final súbito y su pueblo no tiene los medios en este momento para realizar su sueño.
Sus exposiciones han viajado por el mundo y es reconocido internacionalmente con un trabajo fotográfico basado en la utilización de un procedimiento antiguo: el calotipo.
Ha realizado, claro está, otras series, entre las cuales desnudos masculinos, retratos, reportajes...
 
Me sumergí con delicia en la observación atenta de sus fotos, me deje invadir por une atmósfera coloreada, difusa.
En la belleza.
Cada foto, un poema.
 

 

 
 

 

© Toni Catany
 
 
 
 
 
 

 

 
 
 

© Toni Catany
 
 
 
 
 
 
© Toni Catany
 
 
© Toni Catany
 
© Toni Catany

12/10/2013

Marina Tsvetaeva, femme d'aucun compromis / Marina Tsvetaeva, mujer de ningún compromiso

Dans “7 femmes” Lydie Salvayre consacre 43 pages à Marina Tsvetaeva (1892 - 1941). J'ai délibérément omis beaucoup d'éléments dont la Révolution russe ainsi que la biographie commentée de Marina.
Voici des extraits qui, j'espère, vous feront comprendre sa personnalité.
 
En “ 7 mujeres” Lydie Salvayre le dedica 43 páginas a Marina Tsvetaeva (1892 - 1941). Omití deliberadamente muchos elementos entre los cuales la Revolución rusa, así como la biografía comentada de Marina.
Aquí unos extractos que, espero, os harán comprender su personalidad.
 
Pour accompagner la lecture, la voix d' Elena Frolova chante un poème de Marina
Para acompañar la lectura, la voz de Elena Frolova canta un poema de Marina


Ce cri qui donne le frisson fut celui d'une écorchée vive qui affirma, avec une intransigeance folle, que là où il y avait la poésie, il y avait le monde.
Une femme qui (…) ne céda jamais à l'accouplement effroyable du conformisme et de la terreur qui sévissaient alors dans sa Russie natale.
Et qui décida d'en finir lorsque la misère ajoutée à la déréliction et à une politique meurtrière étranglèrent définitivement sa parole poétique, indéfectiblement liée à sa capacité d'aimer”
Ese grito estremecedor fue el de una despellejada viva capaz de afirmar, con una total intransigencia, que allí donde existe la poesía, existe el mundo.
Una mujer que (…) no cedió nunca al espantoso apareamiento entre el conformismo y el terror que reinaba entonces en su Rusia natal. Eso la decidió a poner fin a su vida cuando la miseria, añadida al desamparo y a una política asesina, estrangularon definitivamente su palabra poética, unida indefectiblemente a su capacidad de amar.”
 
Elle s'appelait Marina Tsvetaeva, et la poésie, disaient ses proches, sourdait d'elle et jaillissait comme l'eau vive des fontaines.
Une poésie (…) qui procédait d'un sentiment d'exil fondamental (…) doublé d'un goût de la vérité dont elle ne pouvait ou ne voulait diluer la violence. “Et maintenant je vous avoue une de mes vilaines passions, écrivit-elle à Pasternak: tenter les gens (les éprouver) par une sincérité excessive, sans précédent...La tentation par la vérité. Qui la supportera?
Ils furent rares ceux qui la supportèrent, et là fut en partie son malheur.”
Se llamaba Marina Tsvetaeva, y la poesía, decían sus allegados, manaba de ella y brotaba como el agua viva de las fuentes.
Una poesía (…) que procedía de un sentimiento de exilio fundamental (…) añadido a una inclinación por la verdad de la cual no podía o no quería diluir la violencia. “Ahora os confieso una de mis feas pasiones, le escribía a Pasternak: tentar a la gente (ponerlos a prueba) por una sinceridad excesiva, sin precedentes... La tentación por la verdad. ¿Quien lo soportará?
Pocos fueron los que lo soportaron, y de allí vino, en parte, su desgracia.”
 
 
Elle disait qu'elle était condamnée aux mots (…) condamnée à vouloir l'impossible qui émane du domaine des mots.
Elle disait qu'elle ne tenait pas la plume, que c'était la plume qui la tenait”
Decía que estaba condenada a las palabras(...) condenada a querer el imposible que emana del mundo de las palabras.
Decía que no era ella quien sostenía la pluma, que era la pluma la que la sostenía a ella.”
 
Cette écriture, de son vivant, se heurta à une surdité quasi totale et qui, d'une certaine façon, la tua.
Toutes les lettres qu'elle envoya aux écrivains lors de son exil français demeurèrent sans réponse, et presque tous ses manuscrits refusés.
Elle en éprouva un désespérant sentiment d'exclusion. C'est, à n'en pas douter, ce sentiment, joint à des conditions d'existence effroyables, qui la poussa à regagner, avec au cœur un terrible pressentiment, la Russie soviétique qu'elle avait fuie en 1920 et où elle finit par se pendre en 1941, deux ans après son retour.”
Esta escritura, durante su vida, tropezó con una sordera casi total que, de alguna manera, la mató.
Todas las cartas que envió a los escritores, durante su exilio francés, permanecieron sin respuesta, y casi todos sus manuscritos fueron rechazados.
Todo eso hizo que sufriera un desesperante sentimiento de exclusión. Es ese sentimiento el que, sin duda, unido a unas condiciones de existencia espantosas, la empujó a regresar, con un intimo y terrible presentimiento, a la Rusia soviética de la cual había huido en 1920 y en la que acabaría por ahorcarse en 1941, dos años después de su vuelta.” 
 
Marina et Sergueï Efron - leur mariage
 
Femme d'aucun compromis “..son refus, par exemple, de répondre aux attentes des cercles parisiens de l'émigration russe, malades d'une nostalgie qui n'était pas la sienne. (…)
Et son même refus d'adresser un compliment à Staline comme la plupart s'y pliaient.”
Tsvetaeva était de cette poignée d'insensés pour qui vivre se confondait avec le refus farouche de prendre un quelconque parti, et ce aux fins de protéger une liberté intérieure qui leur était précieux, leur unique, leur inestimable bien.”
Mujer de ningún compromiso “..su negativa, por ejemplo, a responder a las expectativas de los círculos parisinos de la emigración rusa, enfermos de una nostalgia que no era la suya. (…)
Como el rechazo a enviar algún cumplido a Stalin, a lo que la mayoría se había sometido.”
Tsvetaeva pertenecía a ese puñado de insensatos para los que vivir se confundía con el rechazo feroz a tomar cualquier partido, y eso a fin de proteger una libertad interior que les era preciosa, su única, su inestimable fortuna.”
 
Lydie voue une admiration sans borne à la correspondance entre Marina et Pasternak: “(...) une des plus belles correspondances qu'il m'ait été donné de lire (…).
Correspondance d'âme à âme, de rêve à rêve,
" De mon rêve j'ai
Sauté dans le tien.”
Une correspondance Où chacun devient meilleur, le plus juste, le plus sensible lecteur de l'autre, dans une complicité telle qu'elle les fait égaux.
Où les deux, descendant jusqu'aux grands fonds d'eux-mêmes, finissent par se joindre et, amoureusement, s'entre-influencer.”
Lydie profesa una admiración sin limites a la correspondencia entre Marina y Pasternak: “(...) una de las más bellas correspondencias que he podido leer (…)
Correspondencia de alma a alma, de sueño a sueño,
De mi sueño
al tuyo he saltado.”
Una correspondencia “En la que cada uno se vuelve mejor, el más certero, el más sensible lector del otro, en tal complicidad que les hace iguales.
Donde los dos, bajando hasta tocar el fondo de ellos mismos, acaban por encajarse y, amorosamente influenciarse.”
 
Marina, Rilke , Pasternak
 
Ce qui n'empêche nullement Tsvetaeva d'aimer d'un amour inentamable son mari Sergueï Efron et de s'enticher à intervalles très réguliers d'un homme ou d'une femme sur qui elle a jeté son dévolu.
(…) Amours qui sont courtes folies.
(…) Aventures où elle se jette, se rue, à bride abattue, Cheval ruant rompt l'attache.
Grâce auxquelles, perdant toute mesure, elle s'exalte jusqu'au délire. Mais c'est un bien. Car l'homme, écrit-elle, ne voit correctement le monde que dans la suprême exaltation”
Eso no impide a Tsvetaeva amar de un amor sin merma a su marido Sergueï Efron ni encapricharse a intervalos muy regulares de un hombre o una mujer en los que ella se hubiera fijado.
(…) Amores que son cortas locuras.
(…) Aventuras en las que se echa, se abalanza, desenfrenada, Caballo encabritado rompe las bridas.
Gracias a esos amores, desmesurada, se exalta hasta el delirio. Pero no se daña. La persona, escribe, tansolo en la suprema exaltación ve correctamente el mundo.”
 
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Des liens en français:
 
 - Une biographie, une bibliographie, des extraits, un forum, des liens : http://tsvetaeva.free.fr/index.html

-  Un dossier sur le site esprits nomades
- Deux blogs-amis qui y font mention:
 
  En español: una dirección con muchos poemas de ella, una corta biografía






05/10/2013

Djuna Barnes la baroque / Djuna Barnes la baroca

Qui était Djuna Barnes? Avant de lire le deuxième chapitre de “7 femmes” de Lydie Salvayre je n'en avais aucune idée. Tour à tour raffinée ou grossière, riche ou pauvre, sociable ou recluse, amoureuse d'un homme ou d'une femme, Djuna était une américaine qui vécut à Paris dans les années '20 et dont le meilleur roman, semble-t-il, Le Bois de la Nuit, retrace l'histoire de son amour désespéré pour Thelma Wood.
 
Une grande partie du chapitre consiste en des anecdotes passionnantes sur ses rencontres à Paris. On y retrouve tous les “grands”, bien sûr: Joyce, Hemingway, Becket, Man Ray...des femmes aussi: Gertude Stein (qu'elle déteste), Sylvia Beach, Berenice Abbot, Peggy Guggenheim, Solita Solano...”toutes singulières et talentueuses, toutes indépendantes et assoiffés de liberté, et toutes, ou presque, lesbiennes.”
Quelques extraits.
 
¿Quién era Djuna Barnes? Antes de leer el segunda capítulo de “7 Mujeres” de Lydie Salvayre no tenía ni la más mínima idea. A su vez refinada o basta, rica o pobre, sociable o recluida, enamorada de un hombre o de una mujer, Djuna fue una americana que vivió en París en las años '20 y cuya mejor novela, al parecer, El Bosque de la Noche relata la historia de su amor desperado por Thelma Wood.
 
Una gran parte del capítulo consiste en anécdotas apasionantes sobre sus encuentros en París. Allí están todos los “grandes”: Joyce, Hemingway, Becket, Man Ray...mujeres también: Gertrude Stein (que ella odia), Sylvia Beach, Berenice Abbot, Peggy Guggenheim, Solita Solano..”todas singulares y talentuosas, todas independientes y sedientas de libertad, y todas, o casi todas, lesbianas.”
Algunos extractos.
 
 
 
Belle comme la nuit, élégante et sombre, toujours enveloppée de sa fameuse cape noire, elle séduisit les hommes en nombre et finit par épouser un journaliste acquis aux idées socialistes, Courtenay Lemon, avec lequel elle éleva un perroquet. Mais ce ciment parental ne suffit pas à préserver la relation conjugale.(...)”
 
Bella como la noche, elegante y sombría, siempre envuelta en su famosa capa negra, seduce gran cantidad de hombres y termina por casarse con un periodista ganado a las ideas socialistas, Courtenay Lemon, con el que cría un papagayo. Pero ese cemento familiar no alcanza a preservar la relación conyugal,(...)”
Drawing, Joyce by Djuna Barnes
 
 
 
(…) “Elle se lia d'amitié avec Hemingway, qui jouait les durs au Dingo Bar, lui qui était, selon Joyce, un coeur doux et sensible.” Hemingway “...quant à lui, trouva de son vivant que son amie Djuna était une grande dame.
C'est très précisément parce qu'elle l'était que Djuna eut le privilège insigne de se promener au Bois de Boulogne en compagnie de Nora et James Joyce (lequel souffrait d'une peur phobique des chiens – ce détail, je ne sais pourquoi, m'enchante).”
(…) “Trabó amistad con Hemingway, que se hacía el duro en el Dingo Bar, aún cuando tenía, según Joyce, un corazón dulce y sensible. Hemingway, por su parte, siempre pensó que su amiga Djuna era una gran dama.
Y es porque lo era por lo que Djuna tuvo el privilegio insigne de pasearse en el Bois de Boulogne en compañía de Nora y James Joyce (el cual sufría un miedo fóbico a los perros – ese detalle, no se por que, me encanta).”
 
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 André Kertesz: “En el café”, “Bar”, “Le café du Dôme ”, París, 1927.
 
La vie des Américains était, en ce temps-là, (…) des plus trépidantes.” “Les surréalistes, Aragon en tête, n'étaient jamais en reste et, s'ils occupaient une table au Dôme, elle était, inévitablement, la plus tapageuse. Car, à l'époque (j'en pleurerais de nostalgie), les jeunes écrivains faisaient de la liberté des abus divers et précieux."
La vida de los americanos era, en ese tiempo,(...) de lo más trepidante.” “Los surrealistas, Aragon a la cabeza, no se quedaban atrás y, si ocupaban una mesa en el Dôme, era ella, inevitablemente, la más escandalosa, ya que en aquella época (yo lloraría de nostalgia), los jóvenes escritores abusaban de la libertad de maneras diversas y rebuscadas."
 
 
"Quant à Djuna, c'est par son élégance qu'elle attirait les yeux, une élégance qui ne l'empêchait nullement de jurer, à l'occasion, comme un charretier, de repousser les avances masculines avec une vulgarité déconcertante et de viser les crachoirs à plus de trois mètres avec une diabolique précision.
Djuna était intacte et fruste, disait Natalie Barney, autant que follement élégante, et ces deux mondes s'affrontaient en elle, se juxtaposaient, se défiaient et s'entrelaçaient constamment.
Djuna était baroque.
Son écriture idem, merveille des merveilles.”
Por lo que se refiere a Djuna, era su elegancia lo que atraía las miradas, una elegancia que no la impedía en absoluto jurar, a veces, como un carretero, rechazar las insinuaciones masculinas con una vulgaridad desconcertante y apuntar a las escupideras a más de tres metros con una precisión diabólica.
Djuna era intacta y basta, decía Natalie Barney, tanto como locamente elegante, y esos dos mundos se afrontaban en ella, se yuxtaponían, se desafiaban y se enlazaban constantemente.
Djuna era barroca.
Su escritura ídem, maravilla de las maravillas.”
 
Djuna and Thelma
 
Le malheur est ce que nous cherchons tous, dit le Dr O'Connor dans Le Bois de la nuit.
Djuna trouva-t-elle dans sa relation à Thelma le malheur qu'elle cherchait? Je serais assez portée à le croire.
Le comportement de son amante, en tout cas, la ruina.
Elle se mit à boire avec outrance. A oublier de manger, dormir, d'écrire, à tout oublier excepté son amante. (…) A ne rien faire d'autre que l'attendre et l'attendre. (…)
Ma vie est devenue un enfer, confia-t-elle un soir de désespoir à son ami Robert Mc Almon.”
La desdicha es lo que todos buscamos, dice el Dr. O'Connor en Le Bois de la nuit.
¿Encontró Djuna la desdicha que buscaba en su relación con Thelma? Me inclino a creerlo.
En todo caso, el comportamiento de su amante la quebró.
Empezó a beber en demasía. Se olvido de comer, de dormir, de escribir, de todo aquello que no fuese su amante. (…) A no hacer nada que no fuera esperarla y esperarla.(...)
Mi vida se ha convertido en un infierno, le dice a su amigo Robert Mc Amon una tarde de desesperación."
 
Solita Solano and Djuna Barnes in Paris
 
A dater des années 50, Djuna Barnes vécut claquemurée dans son petit appartement”
Elle mourut définitivement le 18 juin 1982.
Elle avait quatre-vingt-dix ans.
Longévité sur laquelle j'attire l'attention, afin de mettre mon lecteur, bouleversé par l'annonce que je fis des destins tragiques qui frappèrent ces femmes, afin de mettre mon lecteur, disais-je, de bonne humeur et mieux le disposer ainsi en ma faveur.”
A partir de los años 50, Djuna Barnes vivió emparedada en su pequeño piso”.
Murió definitivamente el 18 de junio de 1982.
Tenia entonces noventa años.
Longevidad sobre la cual llamo la atención, a fin de poner al lector, trastornado por el anuncio, que hice, del destino trágico de esas mujeres, a fin de poner al lector, decía, de buen humor y mejor disponerle así en mi favor.”
 
Extraits de "7 femmes", Lydie Salvayre. Traducción: Colette y MAH.