08/05/2016

Léve-toi et vis! / ¡Levántate y vive!

Lève-toi et vis! / ¡Levántate y vive!

 

Je crois que la vérité est parfaite pour les mathématiques, la chimie, la philosophie, mais pas pour la vie. Dans la vie, l’illusion, l’imagination, le désir, l’espoir comptent plus. (Ernesto Sabato)
(lu sur le bog de Lali)

 


Qué costumbre tan salvaje...
Quelle coutume si sauvage...


Jaime Sabines
 
     Quelle coutume si sauvage que celle d'enterrer les morts!, de les tuer, de les néantiser, de les effacer de la terre! C'est les traiter traîtreusement, c'est leur nier la possibilité de revivre.
 Moi j'attends toujours que les morts se lèvent et brisent le cercueil et disent joyeusement: pourquoi pleures-tu?
C'est pour cette raison que l'enterrement m'effraye. On assujettit le couvercle, l'introduit, lui met la pierre dessus, et puis de la terre, tras, tras, tras, pelletée après pelletée, mottes, poussière, pierres, tassant, solidifiant, tu restes là, de là tu ne sors plus.
Après, les couronnes, les fleurs, les pleurs, les baisers me font rire. C'est une moquerie: pourquoi l'ont-ils enterré?, pourquoi ne l'ont-ils pas laissé dehors jusqu'à ce qu'il sèche, jusqu'à ce que ses os nous parlent de sa mort? Ou pourquoi ne l'ont-ils pas brûlé, ou donné aux animaux, à un fleuve?

Il faudrait qu'il y ait une maison de repos pour les morts, ventilée, propre, avec de la musique et de l'eau courante. Il y en aurait au moins deux ou trois qui, chaque jour, se lèveraient pour vivre.
(Trad: Colette)


¡Qué costumbre tan salvaje esta de enterrar a los muertos!, ¡de matarlos, de aniquilarlos, de borrarlos de la tierra! Es tratarlos alevosamente, es negarles la posibilidad de revivir. 
Yo siempre estoy esperando a que los muertos se levanten, que rompan el ataúd y digan alegremente: ¿por qué lloras? 
Por eso me sobrecoge el entierro. Aseguran las tapas de la caja, la introducen, le ponen lajas encima, y luego tierra, tras, tras, tras, paletada tras paletada, terrones, polvo, piedras, apisonando, amacizando, ahí te quedas, de aquí ya no sales.
Me dan risa, luego, las coronas, las flores, el llanto, los besos derramados. Es una burla: ¿para qué lo enterraron?, ¿por qué no lo dejaron fuera hasta secarse, hasta que nos hablaran sus huesos de su muerte? ¿O por qué no quemarlo, o darlo a los animales, o tirarlos a un río? 
Había de tener una casa de reposo para los muertos, ventilada, limpia, con música y con agua corriente. Lo menos dos o tres, cada día, se levantarían a vivir.
Jaime Sabines

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Curieusement je n'ai trouvé aucune biographie online de ce grand poète mexicain du XXºs. En voici une en anglais: http://francais.agonia.net/index.php/author/0009497/index...
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01/05/2016

Poches trouées / Bolsillos rotos

La semaine dernière je vous avais parlé du mexicain Fernando del Paso; la
 
 poésie n'est pas sa spécialité, mais voici un court poème bien d'actualité ici:
 
 la déclaration annuelle des revenus doit être rentrée pour le 30 juin...
 
La semana pasada os hablé del mejicano Fernando del Paso; la poesía no es su
 
 especialidad, pero he aquí un poema corto de mucha actualidad: la 
 
declaración de la renta...
 
 
 

 

INDIGENCE

              Fernando del Paso
 
J'ai gaspillé l'arc en ciel.
Les hirondelles que j'avais destinées à divers poèmes
sont dans le rouge.
Mon compte de crépuscules est congelé.
Je dois au fisc trois mille cinq cent papillons.
(Trad Colette)
 

 

http://lifestyle.trendencias.com/shopping/bueno-bonito-y-barato-joyas-de-papel
 

Inopia 

  Fernando del Paso

He despilfarrado el arcoíris.
Las golondrinas que tenía destinadas a varios poemas
están en números rojos.
Mi cuenta de atardeceres está congelada.
Le debo al fisco tres mil quinientas mariposas.

23/04/2016

Jour du livre, Día del libro

Aujourd'hui, 23 avril, c'est Le Jour du livre. Tout comme en Catalogne, ici aux Baléares, à la Sant Jordi, la coutume est d'offrir un livre et une rose; je vous en avais parlé en 2013, c'est ici.

 

Ce matin je suis allée faire un tour sur la place de mon petit village. Je m'attendais à trouver plus de livres que de vêtements, bijoux artisanaux, fruits et légume; ce ne fut pas le cas. Seuls deux stands de livres, l'un très bien achalandé en livres pour enfants, certains pour adultes, majoritairement en catalan bien sûr, quelques uns en espagnol, et tenu par de charmants adolescents. L'autre, des livres d'occasion, par une habitante du village fort souriante. 

 
"Il est encore tôt, il y a peu de monde, vous verrez vers midi", me dit une dame qui avait raison. Mais à 10h30 j'ai été enchantée de voir de nombreux enfants, surtout des fillettes, feuilletant des livres. Quelques dames aussi, je ne me souviens pas d'y avoir vu un seul homme...

Le prix Cervantès, le prix le plus important des lettres en espagnol, attribué au Mexicain Fernando del Paso en 2015, lui a été remis aujourd'hui dans une cérémonie présidée par le Roi.
Certains de ses livres sont traduits en français aux éditions Fayard: Palinure de Mexico, Des nouvelles de l'Empire et Histoire d'un crime.
Si je n'ai pas encore lu de romans de lui, certains de ses poèmes sont très réussis, j'en traduirai!



Hoy, 23 de abril es el día del Libro. Al igual que en Cataluña, aquí en Baleares, el día de Sant Jordi, existe la costumbre de regalar un libro y una rosa; os había hablado de ello en 2013, es aquí.


Esta mañana fui a dar una vuelta por la Plaza de mi pequeño pueblo. Esperaba encontrar más libros que ropa, joyas artesanales, frutas y verduras; no fue el caso. Sólo dos puestos de libros, el primero lleno de libros para niños, algunos para adultos, la mayoría en catalán, claro, algunos en español y atendido por unos encantadores adolescentes. El otro, libros de segunda mano, por una habitante del pueblo muy sonriente.
"Todavía es muy pronto, hay poca gente, ya verá sobre las doce" me dijo una señora. Tenía razón. Pero a las 10h30 estuve encantada de ver numerosos niños, bueno más bien niñas, hojeando libros. Unas señoras también, y no me acuerdo haber visto ningún hombre...

 

Fernando del Paso


El premio Cervantes, máximo galardón de la letras en español, atribuido al Mexicano Fernando del Paso en 2015, le fue entregado hoy en una ceremonia presidida por el Rey.
Todavía no he leído ninguna novela suya pero sí algunos poemas son muy conseguidos. Publicaré unos.

09/04/2016

Une femme si légère.../ Una mujer tan ligera...

 

Oliverio Girondo ((Buenos Aires, 1881 – 1967), poète argentin qui révolutiona l'esthétique de son pays, à travers une oeuvre qui incorpora les principaux courants vangardistes.
(Nous retrouvons ici l'ultraïsme; c'est promis, mon prochain billet vous expliquera ce mouvement!)
Dans ses recueils, dont Épouvantails d'où est extrait le poème d'aujourd'hui, il démontre qu'il est passé maître dans le maniement de la métaphore ainsi qu' une confiance absolue dans le pouvoir de l'image poétique pour atteindre l'essence des choses.
Il possédait une étonnante habilité pour le maniement de l'ironie, ceci doublé d'une attitude irrévérencieuse du point de vue moral et esthétique. De plus son sens de l'humour, que vous pourrez apprécier dans le poème, était réjouissant.
 
 
Oliverio Girondo (Buenos Aires, 1881 - 1967), poeta argentino que revolucionó la estética de su país a través de una obra que incorpora las principales corrientes vanguardistas.
(Encontraremos aquí el ultraísmo; como prometí, en mi próxima entrega explicaré ese movimiento)
En sus libros, como Espantapájaros del cual he extraído el poema de hoy, demuestra que se ha convertido en un maestro en el manejo de la metáfora y adquirido una absoluta confianza en el poder de la imagen poética para alcanzar la esencia de las cosas.
Posee una sorprendente habilidad para el manejo de la ironía acompañada de una actitud irreverente desde el punto de vista moral y estético. Por otra parte, su sentido del humor, que podréis apreciar en el poema, resulta regocijante.
Fuente: http://www.biografiasyvidas.com/biografia/g/girondo.htm

 

 

 

Agatha Belaya "Following an umbrella"
 
 

 

Je me fiche éperdument que les femmes
aient des seins comme des magnolias ou comme des figues sèches;
un cutis de pêche ou de papier de verre.
Je donne une importance égale à zéro,
à ce qu'elles se lèvent avec une haleine aphrodisiaque
ou une haleine d'insecticide.
Je suis parfaitement capable de supporter chez elles
un nez qui obtiendrait le premier prix
dans une exposition de carottes;

 

Mais ça oui! -et sur ce point je suis irréductible- je ne leur pardonne,
sous aucun prétexte, de ne pas savoir voler.
Si elles ne savent pas voler, celles qui prétendent me séduire perdent leur temps!
Ceci fut- et pas une autre- la raison de tomber si follement
amoureux de María Luisa.

 

Que m'importaient ses lèvres intermittentes et ses chaleurs sulfureuses?
Que m'importaient ses extrémités de palmipède
et ses regards de pronostic réservé?
María Luisa était une vraie plume!
Dès l'aube elle volait de la chambre à la cuisine,
de la salle à manger à la réserve.
C'est en volant qu'elle me préparait le bain, la chemise.
 
Elle réalisait ses courses, son ménage en volant...
Avec quelle impatience j'attendais qu'elle revienne, en volant,
d'une promenade dans les environs!
Au loin, perdu entre les nuages, un petit point rose.
María Luisa! María Luisa!”...et quelques secondes plus tard,
elle m’enlaçait de ses jambes de plume,
pour m'emmener, tout volant, n'importe où.
Pendant des kilomètres de silence nous projetions une caresse
qui nous rapprochait du paradis;
des heures entières nous nichions dans un nuage,
comme deux anges, et soudain,
en vrille, en feuille morte,
l’atterrissage forcé d'un spasme.
 
*Quel délice d’avoir une femme aussi légère…,
même si elle nous fait voir trente-six chandelles, de temps en temps!
Quelle volupté de passer ses journées dans les nuages
et ses nuits dans un vol sans escale!
Après avoir connu une femme éthérée,
Quelle sorte d’attrait une femme terrestre peut-elle offrir?
Il n’y a pas de différence substantielle, n’est-ce pas?
 
entre vivre avec une vache ou  avec une femme 
qui a les fesses à soixante-dix huit centimètres au-dessus du sol.
Moi, du moins, je suis incapable de comprendre
la séduction d’une femme pédestre,
et pour autant que je m’efforce de le concevoir,
je ne peux même pas imaginer
qu’on puisse faire l’amour autrement qu’en volant.
 
* Cette dernière partie de la traduction est empruntée à Juliette Gheerbrant et Olivier Favier sur l'excellent site
http://dormirajamais.org/girondo/
Le reste est de moi.


No se me importa un pito que las mujeres
tengan los senos como magnolias o como pasas de higo;
un cutis de durazno o de papel de lija.
Le doy una importancia igual a cero,
al hecho de que amanezcan con un aliento afrodisíaco
o con un aliento insecticida.
Soy perfectamente capaz de sorportarles
una nariz que sacaría el primer premio
en una exposición de zanahorias;
¡pero eso sí! -y en esto soy irreductible- no les perdono,
bajo ningún pretexto, que no sepan volar.
Si no saben volar ¡pierden el tiempo las que pretendan seducirme!
Ésta fue -y no otra- la razón de que me enamorase,
tan locamente, de María Luisa.
¿Qué me importaban sus labios por entregas y sus encelos sulfurosos?
¿Qué me importaban sus extremidades de palmípedo
y sus miradas de pronóstico reservado?
¡María Luisa era una verdadera pluma!
Desde el amanecer volaba del dormitorio a la cocina,
volaba del comedor a la despensa.
Volando me preparaba el baño, la camisa.
Volando realizaba sus compras, sus quehaceres…
¡Con qué impaciencia yo esperaba que volviese, volando,
de algún paseo por los alrededores!
Allí lejos, perdido entre las nubes, un puntito rosado.
« ¡María Luisa! ¡María Luisa! »… y a los pocos segundos,
ya me abrazaba con sus piernas de pluma,
para llevarme, volando, a cualquier parte.
Durante kilómetros de silencio planeábamos una caricia
que nos aproximaba al paraíso;
durante horas enteras nos anidábamos en una nube,
como dos ángeles, y de repente,
en tirabuzón, en hoja muerta,
el aterrizaje forzoso de un espasmo.
¡Qué delicia la de tener una mujer tan ligera…,
aunque nos haga ver, de vez en cuando, las estrellas!
¡Que voluptuosidad la de pasarse los días entre las nubes…
la de pasarse las noches de un solo vuelo!
Después de conocer una mujer etérea,
¿puede brindarnos alguna clase de atractivos una mujer terrestre?
¿Verdad que no hay diferencia sustancial
entre vivir con una vaca o con una mujer
que tenga las nalgas a setenta y ocho centímetros del suelo?
Yo, por lo menos, soy incapaz de comprender
la seducción de una mujer pedestre,
y por más empeño que ponga en concebirlo,
no me es posible ni tan siquiera imaginar
que pueda hacerse el amor más que volando.


Una biografía http://www.biografiasyvidas.com/biografia/g/girondo.htm
Más poemas de Girondo: http://amediavoz.com/girondo.htm

 

02/04/2016

Un souffle / Un soplo

 

 
Souffle
(La fanfare sauvage)

Pressée par le temps,
à chaque instant je donne son rythme.
Comme je ne suis qu'un souffle
dans le présent des jours,
je ne recherche plus un seul chemin.
Marcher, sauter, ou courir,
m'est indifférent.
Parfois je m'arrête.
Je peux savoir, je peux ignorer.
Parfois je doute.
Certitudes et obscurités,
passent comme moi,
comme un souffle
de vie et de sens.
Mais je ne me rends pas.
(Trad: Colette)
 
Agatha Belaya, A Puff, un soplo, un souffle
 
 
 
 
SOPLO 
 
(La fanfarria salvaje) 

Asediada por el tiempo,
a cada momento le doy su ritmo.
Como soy nada más que un soplo
en el ahora de los días,
ya no busco un solo camino.
Caminar, o saltar, o correr,
me da lo mismo.
A veces me detengo.
Puedo saber, puedo ignorar.
A veces dudo.
Certezas y  oscuridades,
transcurren como yo,
como un soplo
de vida y de sentido.
Pero no me rindo

 

 
*Jacinta Lanusse nació en Buenos Aires, ciudad en la que reside. Es cantante lírica
 
profesional y pertenece al Coro Estable del Teatro Colón. Su temprana inclinación
 
por las letras la llevó a realizar estudios en la Facultad de Filosofía y Letras de la UBA,
 
además de estudios de francés e inglés.
 
Jacinta Lanusse est née à Buenos Aires, ville où elle vit. Elle est cantatrice lyrique
 
professionnelle et appartient au Choeur Permanent du Théâtre Colón.
 
Son attrait pour les Lettres lui fit réaliser des études à la Faculté de Philosophie et
 
Lettres; de plus elle a étudia le français et l'anglais.

 

27/03/2016

L'odeur du jasmin / El olor del jazmín

 

Le Sud

Du fond d’un de tes patios avoir regardé
les antiques étoiles,
d’un banc de l’ombre avoir regardé
ces lumières éparses
que mon ignorance n’a pas appris à nommer
ni à ordonner en constellations,
avoir senti le cercle d’eau
dans la secrète citerne,
l’odeur du jasmin et du chèvrefeuille,
le silence de l’oiseau endormi,
la voûte du vestibule, l’humidité
– ces choses, peut-être, sont le poème.

Jorge Luis Borges, Ferveur de Buenos Aires [1923], in Éloge de l’ombre [1967-1969], L’Or des tigres, Gallimard, Collection Poésie, 1976, page 158.
( traduction trouvée sur Terre de femmes http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/)
 
 

EL SUR

Desde uno de tus patios haber mirado
las antiguas estrellas,
desde el banco de
la sombra haber mirado
esas luces dispersas
que mi ignorancia no ha aprendido a nombrar
ni a ordenar en contelaciones,
haber sentido el circulo del agua
en el secreto aljibe,
el olor del jazmin y la madreselva,
el silencio del pájaro dormido,
el arco del zanguán, la hemedad
–esas cosas, acaso, son el poema.

Jorge Luis Borges, Fervor de Buenos Aires.

 

 

26/03/2016

Norah Borges


 

De trois ans plus jeune que son frère Jorge Luis Borges, son vrai nom est Leonor Fanny Borges Acevedo (1901-1998) et c'est ce même frère qui la surnomma Norah.
 
Tres años más joven que su hermano Jorge Luis Borges, en realidad se llamaba Leonor Fanny Borges Acevedo (1901-1998) y fue el mismo quien le llamó Norah.
 
Afin de comprendre son œuvre, son art, il faut savoir qu'elle a été élevée dans la bonne société Argentine où, comme le disait son frère, “dans ma famille la religion est l'affaire des femmes” et où les codes d'éducation sont fort strictes. Elle va naviguer entre cette obligation d'être une femme rangée, douce, pieuse...et des moments de liberté si créatifs.
 
Con el fin de entender su obra, su arte, hay que saber que fue educada en la buena sociedad argentina donde, como decía su hermano, “en mi familia la religión es un asunto de mujeres” y donde los códigos de educación eran muy estrictos. Navegará así entre la obligación de ser una mujer formal, dulce, piadosa...y momentos de libertad muy creativos.
L'autre point important, c'est qu'elle a eu, jeune, la chance de beaucoup voyager et de pouvoir profiter des rencontres et relations de Jorge Luis. La littérature et l'art vont exister de pair.
 
Otro punto importante es que pudo, joven, viajar mucho y poder aprovechar los encuentros y relaciones de Jorge Luis. La literatura y el arte existirán al mismo tiempo.
Son premier voyage fut pour la Suisse où sa famille se rendit pour soigner les yeux de son père. Elle était adolescente. Une aubaine pour elle car elle y suivit des cours artistiques et y rencontra des graveurs allemands avant-gardistes et y apprendra la xylographie qui fera son succès dans l'illustration de nombreux livres ultraïstes*, dont certains de son frère.
 
Illustration Norah Borges
 
 
Su primer viaje fue a Suiza donde su familia se trasladó para tratar los ojos de su padre. Aún era una adolescente. Allí siguió cursos de arte, encontró grabadores alemanes vanguardistas y aprendió la xilografía que será la base de su éxito en las ilustraciones de numerosos libros ultraísta*, algunos de su hermano.
 
Après la Suisse, la famille se rendit en Espagne et, pour une raison inconnue, à Majorque. Et c'est ici que nous allons nous attarder car cette époque est pour moi la plus intéressante de sa création, de son caractère libre et avant-gardiste, avant de se marier et de retomber dans un style plus conventionnel. Dommage!
 
Después de Suiza su familia se trasladó a España y, por una razón desconocida, a Mallorca. Fue esta época la que parece más interesante de su creación, de su carácter libre, antes de casarse y recaer en un estilo, desgraciadamente, más convencional.
 
 
Une balade en canoë
 
Majorque fut pour elle la découverte de la campagne, mais contrairement à tous les artistes qui ont vécu ici, ce ne fut pas le paysage qui l’impressionna mais les gens, les paysans à qui elle conféra noblesse et humilité. Cette gravure de la “payesa” est devenue comme une icône. 
 
Mallorca fue, para ella, el descubrimiento del campo, pero contrariamente a la mayor parte de los artistas que han vivido aquí, lo que la impresiono no fue el paisaje sino las gentes, los campesinos a quien ella les otorgó nobleza y humildad. El grabado “la payesa” es como un icono.
 
Payesas,
 
En suivant cette voie, Norah arriva à une rénovation artistique basée sur des formes de plus en plus simplifiées et schématiques qui lui valurent tant de succès.(*).
Siguiendo esta vía, Norah llega a una renovación artística basada en formas cada vez mas simplificadas y esquemáticas que la procuraron gran éxito.(*)
 
La catedral de Palma
 
Nous en restrons ici pour aujourd'hui, un autre jour je vous parlerai de l'ultraïsme, mouvement mené en grande partie par JLBorges et qui eut de l'importance en Argentine et en Espagne au XXºs.
 
Lo dejaremos aquí por hoy. Otro día hablaremos del ultraísmo, movimiento dirigido en gran parte
por JL Borges y que tuvo importancia en Argentina y en España en el siglo XX.
 

 

Paysage de Majorque

 

23/03/2016

Découverte / Descubrimiento

 

Cette semaine j'ai découvert une peintre dans un article de El País*:
"Il ne doit pas être facile de grandir à l'ombre d'un géant. Encore moins si cet écrivain s'appelle Jorge Luis Borges et est ton frère.
Il n'est pas non plus facile d'être l'épouse d'une personnalité remarquable de la Génération de '27, Guillermo de Torre. Ce fut le cas de l'artiste connue comme Norah Borges. Peu de gens s'en souviennent en Espagne- où elle résida quelques années avec sa famille- et dans le pays où elle naquit, l'Argentine. Là-bas il n'y a d'espace que pour vénérer un des frères Borges." (Trad: Colette)

Le week-end prochain je vous raconterai sa vie, sa soit-disant modestie qui expliquerait son effacement, son séjour en Europe, à Majorque aussi.
Mais aujourd'hui vous découvrirez, presque en même temps que moi, la multiplicité de ses talents, styles.




Esta semana descubrí una pintora en un artículo de El País*:
"No debe ser sencillo crecer bajo la sombra de un gigante. Y menos si ese escritor se llama Jorge Luis Borges y es tu hermano. Tampoco debe ser fácil ser la esposa de una relevante personalidad de la Generación del 27, Guillermo de Torre. Fue el caso de la artista conocida como Norah Borges. Pocos la recuerdan en España —donde residió unos años junto a su familia— y en el país donde nació, Argentina. Allí sólo hay espacio para venerar a uno de los hermanos Borges."

Os contaré el próximo fin de semana su vida, su pretendida modestia que explicaría su discreción, su estancia en Europa, en Mallorca también.
Pero hoy descubriréis, casi al mismo tiempo que yo, la multiplicidad de sus talentos, estilos.



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 

05/03/2016

Le xylophone / El xilófono


Jeune poète cubain, un texte insolite...sans majuscules.
Joven poeta cubana, un texto insólito...sin mayúsculas.

 
La mère

    ma mère s'attendrit en écoutant le xylophone. selon le dictionnaire: instrument musical de percussion, fait de planchettes de bois. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient un instrument, elle devient musicale, elle devient percussion, elle arrache une planchette et me donne une raclée qui m'attendrit. il suffit de se le proposer comme le père de Beethoven, qui ne devait pas être si mauvais vu que son fils était si bon. le dada de Beethoven était le piano; celui de son père, l'éducation musicale. un xylophone ressemble à un piano. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient entièrement piano et elle me laisse tomber sur les doigts le couvercle du clavier pour que je file doux, pour que je ne me remette jamais de l’attendrissement, comme le ferait le père de Beethoven: comme le fait la mère du poète.
 
Trad: Colette

 

 



Sergio García Zamora, nació en Cuba en 1986. Né à Cuba. Poeta de la llamada Generación Cero. Poète de la génération appellée Cero
 
 
 
 

 

 
LA MADRE


    mi madre se enternece oyendo un xilófono. según el diccionario: instrumento musical de percusión, hecho de tablillas de madera. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve un instrumento, se vuelve musical, se vuelve de percusión, se arranca una tablilla y me da una zurra que me enternece. todo está en proponérselo como el padre de Beethoven, que no debió ser tan malo cuando el hijo fue tan bueno. lo de Beethoven era el piano; lo de su padre, la educación musical. un xilófono parece un piano. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve toda piano y me deja caer sobre los dedos la tapa del teclado para que ande piano, para que nunca me recupere del enternecimiento, como lo haría el padre de Beethoven. o acaso mejor: como lo hace la madre del poeta.

27/02/2016

Au bord de la paupière / Al borde del párpado

                            Photo : http://www.bombfu.com/art/des-pierres-et-de-lequilibre/

 
 
Chaque fois que tu me traverses
tu abandonnes sur les os une fleur sèche
je suis un pays jonché de tes signes
pourtant je joue à brouiller ton nom
jetant à l'écho de tes falaises
mes phrases tremblantes
 
peut-être es-tu assise juste au bord de la paupière
adossée à ma seule larme
 
Poème de Rabah Belamri extrait de “Pierres d'équilibre” p. 26
 
Cada vez que me traspasas
abandonas en los huesos una flor seca
soy un país cubierto de tus signos
pero juego a confundir tu nombre
tirando en el eco de tus barrancos
mis frases temblorosas
 
 
tal vez estés sentada justo al borde del párpado
reclinada en mi única lágrima
(Trad: Colette)

 

20/02/2016

Les lettres / Las cartas

Si envoyer et recevoir des lettres ou e-mails à/de ceux qu'on aime (un peu, beaucoup, tendrement...) est un réel plaisir, parfois les mots envoyés ou attendus génèrent une sorte de frustration.
On n'a pas osé écrire ce qu'on pense ou on s'attendait à plus d'empathie, de tendresse, à une missive plus personnelle, une réponse...
 
Enviar o recibir cartas o e-mails es un verdadero placer a/de aquellos que queremos (un poco, mucho, con ternura...), pero a veces las palabras enviadas o esperadas dan lugar a una especie de frustración.
No nos atrevemos a escribir lo que pensamos o nos esperábamos a más empatia, más ternura, a una misiva más personal, una respuesta...
 
Pierre Bonnard

 

Je viens de terminer la lecture de "Les boîtes en carton" de Tom Lanoye, et j'ai souligné ceci, (il parle des lettres reçues):

"Mais s'il est parfois malaisé d'oublier ce qui est écrit, combien plus difficile est d'oublier ce qu'on espérait voir écrit. Et ce qui reste à jamais non écrit."
 
Acabo de terminar la lectura de “Las cajas de cartón” de Tom Lanoye, y he subrayado esto, (habla de las cartas recibidas):
Pero si a veces es complicado olvidar lo que está escrito, cuánto más difícil es olvidar aquello que esperábamos ver escrito. Y aquello que queda para siempre no escrito.”
 
Ceci m'amène, presque inévitablement, à citer Kafka et ses lettres à Milena.
"Tout le malheur de ma vie - je ne le dis pas pour me plaindre, mais pour en tirer une leçon d’intérêt général - vient, si l’on veut, des lettres ou de la possibilité d’en écrire. Je n’ai pour ainsi dire jamais été trompé par les gens, par des lettres toujours ; et cette fois ce n’est pas par celles des autres mais par les miennes."

 Franz Kafka, avril 1922
 
 
Todo esto me lleva, casi inevitablemente a citar a Kafka y sus cartas a Milena.
 
Toda la desdicha de mi vida proviene, si se quiere, de las cartas o de la posibilidad de escribirlas. Y con esto no me quiero quejar, sino formular una observación instructiva. Muy pocas veces me ha engañado una persona; las cartas siempre me engañan. Y no sólo las de otros, sino
también las mías.”

 

 
 
Trouvé sans réf. sur la Toile
Enfin ce passage:
 
 
Comment a pu naître l’idée que des lettres donneraient aux hommes le moyen de communiquer ? On peut penser à un être lointain, on peut saisir un être proche : le reste passe la force humaine. Écrire des lettres, c’est se mettre nu devant les fantômes ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route. C’est grâce à cette copieuse nourriture qu’ils se multiplient si fabuleusement. L’humanité le sent et lutte contre le péril ; elle a cherché à éliminer le plus qu’elle le pouvait le fantomatique entre les hommes, elle a cherché à obtenir entre eux des relations naturelles, à restaurer la paix des âmes en inventant le chemin de fer, l’auto, l’aéroplane ; mais cela ne sert plus de rien (ces inventions ont été faites une fois la chute déclenchée) ; l’adversaire est tellement plus calme, tellement plus fort ; après la poste, il a inventé le télégraphe sans fil. Les esprits ne mourront pas de faim, mais nous, nous périrons.”
 
Lettres a Milena, Prague,  avril 1922.
 Franz Kafka 
 

 

 
 
Para terminar este párrafo:
 
A quién se le ocurrió que la gente puede mantener relaciones por correspondencia! Uno puede pensar en una persona ausente y puede tocar a una persona presente; todo lo demás supera las fuerzas humanas. Pero escribir cartas significa desnudarse ante los fantasmas, cosa que ellos
aguardan con avidez. Los besos escritos no llegan a destino, son bebidos por los fantasmas en el camino. Y esa abundante alimentación hace que los fantasmas se multipliquen en forma tan
desmesurada. La humanidad lo percibe y lucha contra eso; para eliminar en lo posible todo lo fantasmal que se interpone entre los hombres y para lograr una comunicación natural, para recuperar la paz de las almas, ha inventado el ferrocarril, el automóvil, el aeroplano. Pero ya es tarde; es obvio que esos inventos han surgido en plena caída. La otra parte es mucho más serena y fuerte: después del correo inventó el telégrafo, el teléfono, la telegrafía sin hilo. Los
fantasmas no morirán de hambre, pero nosotros sucumbiremos.”

 

 
 

13/02/2016

Lettre à Ulysse / Carta a Ulises

Ah l'Odyssée! Le nom grec de l’œuvre Odusseus est aussi celui du héros, ce cher Ulysse dont on raconte les aventures.
Pénélope, on le sait, est un personnage secondaire qui l'aime et l'attend et attend...
¡Ah la Odisea! El nombre griego de la obra Odusseus es también el de su héroe, el famoso Ulises del que se cuentan sus aventuras.
Penélope, es bien sabido, es un personaje secundario que le ama y le espera y espera...
 
John William Waterhouse / Penelope
 
Ce mythe, comme tous les mythes, a été mille fois interprété, réécrit et ce personnage s'est un peu éloigné de la version initiale. Des centaines de Pénélope parcourent la poésie, le roman et le théâtre contemporains, principalement en Europe et sur le continent américain. La reine d’Ithaque s’est échappée de son manoir pour voyager jusqu’en Amérique Centrale. Elle y habite l’imaginaire de nombreuses poétesses, (…) dont...Claribel Alegría”*
 
Ese mito, como todos los mitos ha sido mil veces interpretado y reescrito y el personaje se ha alejado un poco de la versión inicial. “Cientos de Penélopes recorren la poesía, la novela y el teatro contemporáneo, principalmente en Europa y en el continente americano. La reina de Itaca se ha escapado de su mansión para viajar hasta América Central donde habita el imaginario de numerosas poetisas, (…) entre ellas...Claribel Alegría
 
 

 


Homère qualifie Pénélope de “la plus sage des femmes”, et on la trouve presque toujours en larmes.
Cependant, elle ne cherche pas à se consoler de sa peine, en acceptant l’un de ses prétendants, par exemple. Pénélope semble faire preuve de presque toutes les caractéristiques de l’idéal machiste de la femme décrit par la mexicaine Rosario Castellanos. Cette pionnière du féminisme latino-américain décline les vertus de la parfaite épouse, qui seraient rien moins que : « la constancia, la lealtad, la paciencia, la castidad, la sumisión, la humildad, el recato, la abnegación, el espíritu de sacrificio ». Pour les poétesses centre-américaines, bien souvent en lutte contre le machisme, il s’agit d’un modèle à bannir.” ( la constance, la loyauté, la patience, la chasteté, la soumission, l'humilité, la pudeur, l'abnégation, l'esprit de sacrifice)*
 
Homero califica a Penélope como “la mujer más sensata” y casi siempre nos la encontramos llorando.
Sin embargo no trata de consolar su pena aceptando, por ejemplo, uno de sus pretendientes. Penélope parece poseer casi todas casi todas las características del ideal machista de la mujer descritas por la mejicana Rosario Castellanos. Esta pionera del feminismo latinoamericano desgrana las virtudes de la esposa perfecta, a saber:«la constancia, la lealtad, la paciencia, la castidad, la sumisión, la humildad, el recato, la abnegación, el espíritu de sacrificio».Para las poetisas centroamericanas, que luchan con frecuencia contra el machismo, se trata de un modelo que hay que desterrar.
 
                                      Pénélope et ses prétendants, John W. Waterhouse
 
 
Alors voilà ce que Claribel Alegría a imaginé: une Pénélope libre, qui veut vivre sa vie.
Le ton du poème est dur, puis ironique, sarcastique.
Por eso he aquí lo que Claribel Alegría ha imaginado: una Penélope libre, que quiere vivir su vida.
El tono de la obra es duro, finalmente irónico, sarcástico.
 
La traduction n'est pas de moi, elle est inclue dans l' excellente analyse citée en bas de page.
 
CARTA A UN DESTERRADO
LETTRE À UN EXILÉ
Mi querido Odiseo: Mon cher Ulysse,
ya no es posible más
il n’est plus possible
esposo mío mon époux
que el tiempo pase y vuele que le temps passe et vole
y no te cuente yo et que je ne te dise rien
de mi vida en Ítaca. de ma vie à Ithaque.
Hace ya muchos años Il y a bien des années déjà
que te fuiste que tu es parti
tu ausencia nos pesó ton absence fut douloureuse
a tu hijo y a mí. pour ton fils et pour moi.
Empezaron a cercarme Des prétendants
pretendientes ont commencé à m’encercler
eran tantos ils étaient si nombreux
tan tenaces sus requiebros et leur cour si pressante
que apiadándose un dios qu’un dieu a eu pitié
de mi congoja de ma peine
me aconsejó tejer et m’a conseillé de tisser
una tela sutil une toile fine
interminable interminable
que te sirviera a ti qui te servirait
como sudario. de suaire.
Si llegaba a concluirla Si je parvenais à l’achever
tendría yo sin mora je devrais sans délai
que elegir un esposo. choisir un époux.
Me cautivó la idea L’idée m’a captivée
al levantarse el sol au lever du soleil
me ponía a tejer je me mettais à tisser
y destejía por la noche. et défaisais mon ouvrage la nuit.
Así pasé tres años J’ai ainsi passé trois ans
pero ahora, Odiseo, mais désormais, Ulysse,
mi corazón suspira por un joven
mon cœur soupire pour un jeune homme
tan bello como tú cuando eras mozo
aussi beau que toi dans ta jeunesse
tan hábil con el arco
aussi habile à l’arc
y con la lanza. et de sa lance.
Nuestra casa está en ruinas
Notre maison est en ruines
y necesito un hombre et j’ai besoin d’un homme
que la sepa regir. qui sache la gouverner.
Telémaco es un niño todavía
Télémaque est encore un enfant
y tu padre un anciano.
et ton père est un vieil homme.
Preferible, Odiseo, Il est préférable, Ulysse
que no vuelvas que tu ne reviennes pas
de mi amor hacia ti
de mon amour pour toi
no queda ni un rescoldo
ne restent que des cendres
Telémaco está bien Télémaque va bien
ni siquiera pregunta por su padre
il ne réclame même pas son père
es mejor para ti mieux vaut pour toi
que te demos por muerto. que nous te considérions mort.
Sé por los forasteros J’ai su par les voyageurs
de Calipso pour Calypso
y de Circe. et pour Circé.
Aprovecha, Odiseo, Profite, Ulysse,
si eliges a Calipso, si tu choisis Calypso,
recobrarás la juventud tu retrouveras la jeunesse
si es Circe la elegida
si Circé est l’élue
serás entre sus cerdos tu seras parmi ses pourceaux
el supremo. le plus auguste.
Espero que esta carta J’espère que cette lettre
no te ofenda ne t’offensera pas
no invoques a los dioses n’invoque pas les dieux
será en vano ce serait en vain
recuerda a Menelao souviens-toi de Ménélas
con Helena et d’Hélène
por esa guerra loca à cause de cette guerre folle
han perdido la vida les meilleurs de nos hommes
nuestros mejores hombres ont perdu la vie
y estás tú donde estás. et te voilà là où tu es.
No vuelvas, Odiseo, Ne reviens pas, Ulysse,
te suplico. je t’en supplie.
Tu discreta Penélope Ta discrète Pénélope

Claribel Alegría
© Cahiers d’études romanes
 
**Article : Sandra Gondouin, « Quand Claribel Alegría retisse le mythe de Pénélope : les enjeux d’une réécriture », Cahiers
 
d’études romanes [En ligne], 20 | 2009, mis en ligne le 15 janvier 2013, consulté le 08 février 2016. 

07/02/2016

Baiser raté / Beso fallido

Ne parlons pas du premier, mais de celui, ou ceux, ratés.
Promesse de délice
puis...
C'est si fragile un baiser: un éternuement, une porte qui claque, un fou rire..

No hablemos del primero, sino del o de los  totalmente fallidos.
Promesa de delicia luego...
Es tan frágil un beso: un estornudo, una puerta golpeada, una risa...

 
Il y a toujours un intrus
Claribel Alegría (Nicaragua 1924-    )

Un regard parfois
un geste engourdi
une phrase
une odeur
le baiser qui en nous unissant
nous sépare
(Trad: Colette)
Détail du baiser de E. Munch
 
 
Siempre hay un intruso
 Claribel Alegría (Nicaragua 1924-   )

Una mirada a veces
un gesto entorpecido
una frase
un olor
el beso que al unirnos
nos separa.

30/01/2016

Mais l'espoir persistait / Pero persistía la esperanza

D'abord la lecture du “Convoi de l'eau” d'Akira Yoshimura. Emballée, j'ai voulu lire un autre titre de lui, “Naufrages”.
Ce roman (certains parlent de conte) m'a marquée, bien plus que le premier je crois; du moins j'y ai repensé, et y pense encore souvent. Peut-être est-ce dû au fait que je vis sur une île mais en pleine campagne (éléments omniprésents, mer et montagne), au rythme des saisons, du potager...
Couleur du ciel, de la mer, des feuilles d'arbres.
L'histoire en (très) bref. (vous trouverez un résumé plus détaillé sur le blog de Dominique, ici)
Un village isolé, extrêmement pauvre, entre la mer et la montagne; Isaku âgé de 9 ans, devient pour trois ans chef de famille et il va découvrir l'explication de secrets, de rites, il apprendra à pêcher, à survivre.
Roman dur, parfois cruel, loin des doux rites du thé, mais la forme simple, la beauté de l'écriture nous emportent...
 
 
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Primero leí “Le convoi de l'eau”(todavía no traducido al español) de Akira Yoshimura. Me encantó y quise seguir con este autor. “Naufragios” me ha marcado más que el primero; al menos seguí y sigo pensando en esta novela que algunos llaman cuento. Vivir al ritmo de las estaciones, de lo que proveen el mar y la montaña....y a veces algo más.
Color del cielo, del mar, de la hojas de los árboles.
La historia, en muy breve: Un pueblo aislado, extremadamente pobre, entre el mar y la montaña; Isaku se ve, con 9 años, nombrado para 3 años jefe de familia. Descubrirá la explicación de secretos, ritos, aprenderá a pescar, a sobrevivir.
Novela dura, a veces cruel, lejos de los ritos del té...
Aquí un largo extracto que no desvela la historia pero la sugiere.
 

En voici un long extrait qui ne dévoile pas l'histoire mais la suggère fort bien.

"Les sommets brillaient dans les rayons du soleil, mais sur un pic plus haut que les autres, on apercevait un peu de rouge délavé. Il avait plu deux jours de suite, si bien que la brume dissimulait le feuillage automnal.
Isaku regardait le pic.
C'est à partir de ce sommet que les feuilles rouges, comme les autres années, faisaient leur apparition avant de s'étendre progressivement aux autres le long des crêtes et déferler soudain, avec la rapidité d'une avalanche, sur les pentes qui se coloraient de vermillon. Et la vague franchisait ensuite les profondes vallées pour recouvrir les collines et arriver enfin à la montagne derrière le village. À ce moment-là, d'habitude, les feuilles mortes avaient déjà fait leur apparition sur les sommets dans le lointain.
 
 
Miscanthus
 
Au village, l'automne était déjà bien avancé. Les épis des miscanthes étaient en fleur et on commençait à trouver les petits poulpes qui se rapprochaient de la côte à cette saison. Ils étaient délicieux et l'on pouvait les manger crus ou bouillis. Dans les maisons, les enfants les ouvraient en deux avant de les enfiler pour les suspendre entre deux poteaux afin de les faire sécher. 
 
 
 
Le rougeoiement des feuilles annonçait la saison de la pêche au poulpe et apportait l'espoir.
 
Dès que les feuilles perdaient leur couleur et commençaient à tomber, la mer s'agitait. Après une brève accalmie, les flots déchaînés venaient battre les rochers pendant quelques jours, propulsant des paquets d'écume jusque sur les maisons. La mer démontée faisait don, parfois, des richesses insoupçonnées qui n’avaient rien à voir avec les maigres récoltes ou la pêche habituelle.
Dans ce cas-là, et pour plusieurs années, les villageois n'étaient plus obligés de se vendre. Cela arrivait rarement, mais l'espoir persistait. Le rougeoiement des feuilles annonçait l'imminence de cette période."
 
 

 

"Las crestas resplandecían iluminadas por el sol poniente. Una de ellas, que destacaba por su altura, había adquirido un tenue color rojizo, como si algo la hubiera descolorido. Durante los dos días de lluvia, que había cubierto las crestas de niebla, las hojas de los árboles habían empezado a mudar de color.
Isaku contempló la cresta. Año tras año, los colores del otoño aparecía en primero en aquella cresta y se extendían progresivamente por todas las demás. Cada vez avanzaban más deprisa, como una avalancha que teñía de rojo las laderas de las montañas a medida que se precipitaba hacia abajo. Cruzaba los profundos valles y envolvía las colinas hasta alcanzar los bosques detrás de la aldea. Cuando llegaba ese momentos, las hojas de las crestas más lejanas ya no eran rojas sino amarillas.
En la aldea se respiraba un ambiente otoñal. Cuando crecieran las espigas de chamiza, empezaría la temporada de pesca de los pulpitos que se acercaban a la costa rocosa. Tenían un sabor delicioso, y se podían comer directamente crudos o hervidos. Los niños los abrían y los colgaban de una cuerda tendida entre dos postes para secarlos.
Después de la pesca del pulpo, las hojas se teñirían de rojo y los habitantes del pueblo presenciarían llenos de esperanza el cambio de color en las montañas.
 
Cuando las hojas se secaran y empezaran a caer, el mar empezaría a estar más alterado. Habría un par de días de calma y luego rugiría embravecido unos días más, y las olas llegarían incluso a salpicar los tejados de las casas. De vez en cuando, el mar encrespado traía regalos inesperados al pueblo. Dejaba riquezas incomparables que no se podían cultivar en los campos ni encontrar en la playa. Cuando eso ocurría, nadie tenía que venderse como esclavo a lo largo de los próximos años. La aldea raras veces tenía esa suerte, pero sus habitantes vivían con la esperanza de que sucediera. Las hojas rojas indicaban que se acercaba la época en la que el mar podía regalarles sus tesoros."

 

 

10/01/2016

Les pompons du catafalque / Los pompones del catafalco

Explorons encore le recueil de poètes belges, cette fois avec un homme aux multiples talents et activités.(clic sur son nom)
Seguimos con esa breve antología de poetas belgas, esta vez con un hombre de muchos talentos y actividades. ¡Era arquitecto, poeta, ensayista y crítico de arte y de arquitectura!
 
Pierre Puttemans 1936 - 2013, un poète surréaliste / un poeta surrealista
 
 
Ces deux courts textes, que vous qualifierez comme bon vous semble, m'ont fait monter le rire aux yeux.
Estos dos textos, que calificareis como queráis, me pusieron risa en los ojos.
 
 
Tartares
 
À l'exacte jonction des voûtes et du soleil, dans le parfum duveteux des prairies, les coureurs harassés reprennent le collier. Un beignet se gonfle au son du violoncelle, les couturières baissent les yeux à temps: voici l'athlète! Il se mouche bruyamment, le catafalque ébroue ses pompons, les chevaux s'abattent dans les abreuvoirs, le montgolfier monte au-dessus des bois...
 
Tártaros
 
En la exacta unión de las bóvedas y del sol, en el sedoso perfume de los prados, los corredores agotados vuelven al tajo. Un buñuelo se hincha al son del violonchelo, las costureras bajan los ojos a tiempo: ¡aquí está el atleta! Se suena ruidosamente, el catafalco sacude sus pompones, los caballos se desploman en los abrevaderos, el globo* se iza encima de los bosques...
(Trad: Colo) 
 
 
Paul Whitehead, surrealist painter and graphic designer
 
Beau comme
 
En pleine forêt dense, une machine à coudre de type manuel attend le passage de Geneviève. Mais l'hallali se rue à travers elle. Des cavaliers rougeauds ahanent vers la meute et s'arrêtent au bord du ravin. Là, dans le silence retrouvé, ils boivent enfin la bonne baf*, tandis que le plus vieux, à la machine à coudre, achève un coulis de feston.
 
Guapo como
 
En medio de un bosque denso, una máquina de coser de tipo manual espera el paso de Geneviève. Pero el “hallali” se precipita a través de ella. Jinetes rubicundos jadean hacia la jauría y se paran al borde del barranco. Allí, en el silencio recobrado, beben por fin la buena baf*, mientras el más viejo, en la máquina de coser, acaba un jugo de festón.
(Trad: Colo)
 
Paul Whitehead, pochettes de disques pour Genesis
 
 
* Montgolfière es un globo aerostático
 
*BAF, bière artisanale, cerveza artesanal 
 
* Hallali, grito de victoria en la caza al zorro, o la montería